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  • Immigrationniste et « déportationniste », le raisonnement froid que personne n’ose tenir
    Immigrationniste et « déportationniste », le raisonnement froid que personne n’ose tenir
    L’Europe a construit le pire des deux mondes : elle n’accueille pas vraiment, elle n’éloigne pas vraiment, et elle ne demande rien à personne. Je défends ici une position que les deux camps détestent — une immigration assumée, contrôlée politiquement, assortie d’une capacité réelle d’éloignement et d’un contrat culturel explicite. Avec une ligne rouge absolue : on n’expulse jamais quelqu’un pour ses opinions.

    Je vais commencer par la phrase qui me vaut le plus d’insultes, à gauche comme à droite.

    L’immigration d’accord, à condition de pouvoir déporter chaque fois que nécessaire.

    Voilà. En une ligne, j’ai perdu la moitié de mes lecteurs de chaque côté. Les uns entendent « déporter » et voient les wagons. Les autres entendent « d’accord » et voient le grand remplacement. Personne n’entend la structure de la phrase, qui est pourtant la seule chose intéressante : c’est une condition, pas un slogan.

    Je suis un pragmatique froid. Le plus insolent que vous lirez sans doute cette semaine. Et le pragmatisme froid, sur ce dossier, consiste à admettre une évidence que trente ans de politiques européennes ont contournée : on ne peut pas ouvrir une porte qu’on est incapable de fermer. Ce n’est pas une position morale, c’est une position mécanique.

    Le mot « déporter », et la ligne rouge qu’il ne doit jamais franchir

    Commençons par la sémantique, parce qu’elle empoisonne tout le débat.

    En français, « déportation » est un mot chargé de plomb. Il renvoie aux convois de 1942, aux camps, à l’anéantissement. En anglais, to deport signifie simplement renvoyer un étranger en situation irrégulière vers son pays d’origine — ce que notre droit appelle « éloignement », « expulsion », « reconduite à la frontière », ou plus prosaïquement l’exécution d’une obligation de quitter le territoire français.

    J’emploie le mot fort à dessein, parce que l’euphémisme administratif est précisément le mécanisme par lequel on a vidé la politique migratoire de toute réalité. « Mesure d’éloignement non exécutée » : voilà une formule qui ne fait mal à personne et qui ne veut rien dire. Mais je l’assume : le mot est piégé, et il faut savoir ce qu’on met dedans.

    Car il existe une frontière que ce mot ne doit jamais traverser, et elle est apparue en pleine lumière ces derniers jours avec le cas d’une ressortissante étrangère visée par une procédure d’éloignement depuis la France dans un contexte manifestement politique.

    Je n’aime pas du tout cette histoire de déportation politique depuis la France. C’est vraiment quelque chose qui ne me plaît pas, on bascule.

    « On bascule ». Le mot est faible. Une politique migratoire, c’est un État souverain qui décide qui entre, qui reste et qui part, selon des critères publics, écrits, contestables devant un juge. Une police des opinions, c’est un État qui utilise le droit des étrangers comme une arme contre la parole. Le premier relève de la souveraineté. Le second relève de l’arbitraire, et transforme chaque étranger présent sur le sol en citoyen sous condition de silence.

    Je veux la capacité d’éloigner. Je ne veux pas d’une capacité d’éloigner pour ce qu’on pense. C’est exactement la différence entre une politique et une purge. Ceux qui confondent les deux — par enthousiasme ou par paresse — préparent un régime dont ils seront un jour les victimes.

    Non, l’immigration ne tire pas vos salaires vers le bas

    Passons maintenant à l’argument massue de la doxa anti-immigration, celui qu’on entend dans tous les dîners et tous les plateaux.

    J’estime que ce n’est pas l’immigration qui contraint les salaires vers le bas. C’est multifactoriel et c’est autre chose.

    Ce n’est pas une opinion de bisounours, c’est ce que dit la littérature économique depuis trente-cinq ans. L’étude fondatrice reste celle de David Card sur l’exode de Mariel : en 1980, Fidel Castro laisse partir environ 125 000 Cubains, dont la moitié s’installe à Miami en quelques mois, gonflant la population active locale de 7 % d’un coup. Card ne trouve aucun effet mesurable sur les salaires ni sur le chômage des travailleurs peu qualifiés de Miami. L’étude a été contestée, réanalysée, réfutée, re-réfutée — c’est la vie académique — mais le résultat central a tenu.

    Les synthèses de l’OCDE et des grandes revues convergent : l’effet de l’immigration sur les salaires des natifs se situe dans une fourchette étroite, entre −1 % et +1 %, avec une concentration des effets négatifs sur… les immigrés arrivés précédemment, qui sont les vrais concurrents directs des nouveaux entrants.

    Alors qu’est-ce qui écrase réellement les salaires ? Quelques candidats sérieux :

    • la concurrence par les prix à l’échelle mondiale, qui a délocalisé un tiers de notre industrie manufacturière en trente ans ;
    • l’écrasement des salaires par les charges et le piège des trappes à bas salaires autour du SMIC, qui rend toute augmentation prohibitive pour l’employeur ;
    • la désindexation généralisée et l’effondrement du rapport de force syndical dans les services ;
    • le travail illégal — et là, oui, l’immigration entre en jeu, mais par la porte de l’irrégularité, pas par celle de l’immigration en tant que telle.

    Retenez cette nuance, elle est décisive : ce n’est pas le travailleur étranger qui casse le marché, c’est le travailleur sans statut. Un sans-papiers ne peut ni négocier, ni se syndiquer, ni porter plainte, ni refuser. C’est le rêve humide de l’employeur voyou. En refusant de régulariser, on ne protège pas les salaires français : on fabrique industriellement une main-d’œuvre corvéable.

    On ne régularise pas et on empêche le miracle de se réaliser, il est bridé par des peureux qui ont peur de l’immigration, alors que sans l’immigration ils sont en train d’en crever.

    « En crever » n’est pas une figure de style. La fécondité française est tombée autour de 1,6 enfant par femme, au plus bas depuis un siècle. Le seuil de renouvellement des générations est à 2,05. L’Allemagne, l’Italie, l’Espagne sont dans le même trou, en pire pour certaines. Sans solde migratoire positif, la population active de l’Union européenne se contracte, mécaniquement, chaque année, avec un système de retraites par répartition qui repose sur le nombre de cotisants. Vous pouvez trouver ça désagréable. C’est de l’arithmétique.

    Ceuta : quand un État se sert de corps humains comme d’une artillerie

    Regardons maintenant ce qui se joue à Ceuta, ce confetti espagnol de 18 km² planté sur la côte marocaine, avec sa clôture, ses miradors et ses 85 000 habitants.

    Quand vous voyez des milliers de personnes franchir une frontière en quelques heures, la question à se poser n’est pas « d’où viennent-ils ? » mais « qui a cessé de les retenir ? ». Une frontière fermée pendant vingt ans ne s’ouvre pas toute seule un mardi matin.

    Le précédent est documenté au mot près. En mai 2021, entre 8 000 et 10 000 personnes, dont environ 1 500 mineurs, entrent à Ceuta en quarante-huit heures, essentiellement à la nage, pendant que la gendarmerie marocaine regarde ailleurs. Le contexte : Madrid venait d’accueillir discrètement Brahim Ghali, le chef du Front Polisario, pour des soins. Le message de Rabat était limpide. Ce n’était pas une crise migratoire, c’était une frappe diplomatique avec des êtres humains comme munitions.

    Ce n’est pas un cas isolé. En février 2020, Ankara annonce l’ouverture de ses frontières et pousse des milliers de personnes vers l’Evros grec, en pleine négociation avec Bruxelles. En 2021, Minsk organise des vols charters depuis Bagdad, Damas et Beyrouth pour déverser des candidats à l’asile sur les frontières polonaise et lituanienne. Ce procédé a désormais un nom dans la littérature stratégique : l’instrumentalisation des flux migratoires, une arme hybride, peu coûteuse, difficilement attribuable, et redoutablement efficace contre des démocraties incapables de tirer sur des civils.

    J’ai écrit, dans le feu de l’actualité, que ce genre d’afflux pouvait relever d’unités spécialisées dans les opérations d’influence, tant l’absence de traces sur les réseaux sociaux interroge. Soyons honnêtes intellectuellement : cette hypothèse n’est pas nécessaire. La réalité documentée est plus simple et plus glaçante. Il n’y a pas besoin d’organiser quoi que ce soit : il suffit d’arrêter d’empêcher. Un État qui lève sa surveillance pendant douze heures produit le même résultat qu’une opération militaire, sans ordre écrit, sans responsable identifiable, sans preuve.

    Et je maintiens le fond : c’est multifactoriel. Passeurs organisés, réseaux sociaux, calcul diplomatique, désespoir économique — tout cela coexiste. Ce qui est certain, c’est que traiter Ceuta comme un fait divers humanitaire quand il s’agit d’un acte de politique étrangère, c’est se condamner à ne jamais rien comprendre.

    Le chaînon manquant : on ne sait pas éloigner, donc on ne sait pas accueillir

    Voilà le cœur du problème, et il est technique avant d’être idéologique.

    On ne sait pas du tout s’y prendre avec l’immigration de masse. On fait tout à l’envers. Par manque de courage.

    Les chiffres sont connus de tous les praticiens du dossier et de personne d’autre. À l’échelle de l’Union européenne, moins de 20 % des décisions de retour sont effectivement exécutées. La Commission le répète depuis dix ans. En France, le taux d’exécution des obligations de quitter le territoire tourne autour de 7 à 10 % selon les années et les modes de calcul.

    Autrement dit : neuf fois sur dix, l’État prononce une décision qu’il n’appliquera jamais. Ce n’est pas de la fermeté, c’est du théâtre administratif. Et cette fiction a un coût politique colossal : elle nourrit à la fois le sentiment d’impuissance des uns et l’angoisse permanente des autres, qui vivent des années sous une décision suspendue au-dessus de leur tête.

    Pourquoi ça ne marche pas ? Quatre verrous, tous parfaitement identifiés :

    • les laissez-passer consulaires : sans document du pays d’origine, pas de retour possible. Certains États refusent systématiquement, sachant très bien qu’aucune sanction ne suivra ;
    • l’identification : une part importante des personnes concernées arrivent sans document, ou en détruisent volontairement ;
    • les capacités matérielles : places de rétention limitées, escortes, vols, coût unitaire élevé d’un éloignement forcé ;
    • la fragmentation juridique : jusqu’à récemment, une décision de retour prise dans un pays n’était pas reconnue par les vingt-six autres.

    C’est précisément ce que le Pacte européen sur la migration et l’asile, entré en application en juin 2026, prétend corriger : procédures à la frontière, base de données commune, solidarité obligatoire entre États, et reconnaissance mutuelle des décisions de retour. Ajoutez-y la proposition de règlement « retour » présentée par la Commission au printemps 2025, avec l’idée très controversée des return hubs hors d’Europe. On peut détester cette architecture. On ne peut pas dire qu’elle ne traite pas le sujet.

    Il faut une méthode, et surtout il faut déjà accepter l’idée qu’on puisse éloigner très concrètement ceux qu’on décide d’éloigner, selon une politique d’immigration parfaitement claire et volontaire sur ce sujet.

    Tout est dans « parfaitement claire ». Le drame européen n’est pas d’avoir trop ou trop peu d’immigration. C’est de n’avoir aucune politique lisible, donc aucune promesse tenable, ni envers les nationaux, ni envers les arrivants.

    Le paramètre identitaire, ou ce qu’on n’ose plus demander

    J’arrive au point le plus inflammable. Tant pis.

    Je veux prendre en compte les paramètres identitaires dans le raisonnement. Ça implique une politique d’immigration avec tout le package de transmission des valeurs.

    Je sais exactement ce que ça déclenche. Alors précisons : « identitaire » ne signifie pas ici ethnique, ni religieux, ni racial. Ça signifie qu’une société est un ensemble de règles implicites, de références, de rapports au droit, à la femme, à la loi, à l’humour, à la contradiction. Prétendre qu’on peut faire entrer plusieurs centaines de milliers de personnes par an dans un corps social sans transmettre quoi que ce soit, c’est une négligence, et la négligence n’a jamais été une vertu.

    Le paradoxe, c’est que le pays qui a inventé l’assimilation républicaine est devenu celui qui exige le moins. Nos voisins, eux, ont posé des exigences dures et explicites : cours de langue intensifs obligatoires et rémunérés dans le modèle scandinave, examen civique et niveau de langue exigeant en Allemagne, sélection par points au Canada avec obligation de résultat linguistique. On peut discuter chaque dispositif. Mais tous partagent une chose : ils disent ce qu’ils veulent.

    La France, elle, fait signer un contrat d’intégration républicaine dont le volume horaire de français est notoirement insuffisant pour atteindre un niveau opérationnel, puis considère le travail fait. Ce n’est pas de la générosité, c’est de l’abandon. On laisse des gens dans des quartiers où ils n’auront jamais besoin de parler français, et on s’étonne vingt ans plus tard que la troisième génération se cherche une identité de substitution sur TikTok.

    Une méthode en sept points

    Puisque je passe mon temps à réclamer une méthode, en voici une. Discutable, bien sûr. Mais explicite.

    1. Dire un chiffre. Un débat parlementaire annuel fixant des volumes par catégorie — travail, études, famille, protection. Public, voté, révisable. La transparence désamorce plus de fantasmes que tous les discours d’apaisement.
    2. Régulariser massivement ceux qui travaillent depuis des années, en une opération unique, documentée, avec critères durs (durée, fiches de paie, casier, langue). Un travailleur déclaré cotise, négocie et cesse d’écraser le marché.
    3. Rendre l’éloignement réel pour les autres. Cela suppose de conditionner franchement l’aide au développement et les visas diplomatiques à la délivrance des laissez-passer consulaires. C’est brutal. C’est le seul levier qui a jamais fonctionné.
    4. Traiter les demandes en trois mois, pas en trois ans. La lenteur est le pire des systèmes : elle enracine ceux qui devront partir et humilie ceux qui pourront rester.
    5. Exiger la langue, sérieusement. Plusieurs centaines d’heures, financées, avec évaluation et conséquence sur le renouvellement du titre.
    6. Traiter l’instrumentalisation des flux comme un acte hostile, relevant de la diplomatie et de la défense, pas du secours humanitaire — tout en sauvant les vies en mer, ce qui n’est pas négociable.
    7. Sanctuariser la liberté d’opinion des étrangers résidents. Aucune procédure d’éloignement fondée sur une prise de position politique. Jamais.

    Le courage plutôt que la peur

    Ce que je décris n’est ni de droite ni de gauche, et c’est bien pour ça que ça n’arrivera probablement pas. La droite ne veut pas du point 2, la gauche ne veut pas des points 3 et 5, et l’administration ne veut d’aucun des sept parce que chacun suppose de rendre des comptes sur des résultats mesurables.

    Alors on continue. On prononce des décisions qu’on n’exécute pas, on interdit le travail à des gens qui travaillent quand même, on n’enseigne pas la langue du pays, et on se raconte que le problème viendra d’une loi de plus. La quinzième depuis 1980, si je compte bien.

    Le pire, c’est que les deux camps ont tort pour la même raison : ils ont peur. Peur de dire qu’on a besoin d’immigration. Peur de dire qu’on doit pouvoir renvoyer. Peur de dire qu’on attend quelque chose de ceux qui arrivent. Trois lâchetés qui s’additionnent et produisent exactement ce que personne ne voulait.

    Moi je prends une immigration contrôlée politiquement. Assumée, chiffrée, exigeante, réversible. C’est-à-dire une politique — ce mot qu’on a remplacé par de la gestion de flux et de l’émotion télévisée.

    Reste la question que je pose depuis le début et à laquelle personne ne répond : combien de temps peut-on tenir un pays sur une promesse qu’on sait ne pas pouvoir tenir ?

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • Trump et l’été des faux deals
    Trump et l’été des faux deals
    Depuis trois semaines, la séquence Iran–Israël–États-Unis se joue sur un registre inédit : celui du communiqué permanent, où l’on annonce un cessez-le-feu le matin et des frappes le soir. Pendant ce temps, le monde arabe se repositionne en silence, le détroit d’Ormuz redevient le point de compression de l’économie mondiale, et la France découvre qu’elle est embarquée dans une guerre qu’elle n’a ni décidée, ni discutée, ni budgétée. Voici ce que cet été raconte vraiment.

    Il y a une blague qui circule à Téhéran en ce moment. Elle dit à peu près ceci : « Si vous recevez un appel d’un numéro américain, ne décrochez pas, c’est peut-être vous qui allez signer la paix. »

    C’est drôle. C’est même très drôle. Sauf que derrière la blague, il y a une question sérieuse, et je la pose depuis deux semaines sans obtenir de réponse convaincante de qui que ce soit.

    LET ME ASK YOU SOMETHING. WHO IS CALLING TRUMP FROM IRAN?…

    Qui appelle, exactement ? Quel ministère ? Quel canal ? Quelle autorité, dans un pays qui vient d’enterrer son Guide suprême et dont la chaîne de commandement est, au minimum, en recomposition ? Personne ne le dit. Et personne ne le demande.

    « Iran just called » : quand la diplomatie devient un fil d’actualité

    Reprenons depuis le début, parce que la mémoire collective a la durée de vie d’un cycle d’information.

    En juin 2025, Israël lance une campagne aérienne massive contre les installations nucléaires et militaires iraniennes. Les États-Unis suivent avec des frappes sur Fordo, Natanz et Ispahan. Douze jours plus tard, un cessez-le-feu est annoncé — non pas par une chancellerie, non pas par un communiqué conjoint, mais par un message publié sur un réseau social. Le monde apprend la fin d’une guerre comme il apprend un changement de programmation télé.

    Un an plus tard, nous y sommes de nouveau. Et le format n’a pas changé : l’annonce précède le fait, le fait contredit l’annonce, et l’annonce suivante efface la contradiction. En moins de trois semaines, le président américain a expliqué qu’un traité de paix était en vue, que les Iraniens étaient « de véritables ordures », que le traité était rompu, puis que Téhéran suppliait pour obtenir un accord.

    Ce n’est pas de la diplomatie. C’est du trading narratif.

    Et je pèse mes mots, parce que j’ai passé trente ans dans des salles de négociation. Un négociateur qui annonce publiquement que l’autre partie le supplie n’est pas en position de force : il fabrique de la position de force. Ce n’est pas la même chose. La vraie force est silencieuse, elle n’a pas besoin de majuscules.

    Le problème structurel : il n’y a plus d’interlocuteur unique

    Le vrai sujet, celui que personne n’ose formuler, c’est que la République islamique n’a peut-être plus, aujourd’hui, de centre de décision unifié capable d’engager le pays. Entre le Bureau du Guide en transition, le Conseil suprême de sécurité nationale, les Gardiens de la révolution et l’appareil diplomatique de Téhéran, les canaux sont multiples et pas nécessairement alignés.

    Quand vous « décapitez » un système politique sans avoir prévu ce qui vient après, vous ne créez pas un partenaire de négociation. Vous créez une multitude de veto. C’est exactement la leçon irakienne de 2003, et elle a coûté environ 4 500 vies américaines et plusieurs centaines de milliers de vies irakiennes pour être apprise. Manifestement, elle a été oubliée.

    Bref. On négocie avec un numéro de téléphone dont on ne sait pas qui décroche.

    Qui a commencé ? La bataille du récit autour d’Ormuz

    Sur les plateaux, la version est déjà figée : c’est l’Iran « qui a commencé », en s’en prenant à des navires qui tentaient de franchir le détroit d’Ormuz. Point. Circulez.

    Sauf que la question « qui a commencé » est toujours une question piégée, parce que la réponse dépend entièrement du curseur temporel qu’on choisit. On commence le 8 juillet 2026 ? L’Iran a tort. On commence en juin 2025 avec les frappes préventives israéliennes ? L’histoire change. On commence en 2018 avec le retrait unilatéral américain de l’accord de Vienne, alors que l’AIEA certifiait la conformité iranienne ? Elle change encore. On remonte à 1953 et au renversement de Mossadegh par la CIA et le MI6 ? Là, on n’est plus du tout dans le même récit.

    Je ne dis pas que le régime iranien est un enfant de chœur. Il ne l’est pas. Il réprime brutalement sa propre population, il finance des milices, il exécute massivement. Ce sont des faits, et les nier serait aussi malhonnête que de gober la version de BFM.

    Mais je dis qu’on ne peut pas appliquer le droit international comme un menu à la carte.

    Ormuz, le nerf de tout

    Quelques chiffres pour comprendre pourquoi ce bras de mer de 33 kilomètres de large dans sa partie la plus étroite décide de votre pouvoir d’achat :

    • Environ 20 millions de barils de pétrole par jour y transitent, soit près de 20 % de la consommation mondiale de produits pétroliers liquides.
    • Environ un cinquième du GNL mondial passe par là, dont l’essentiel des exportations qataries.
    • Le couloir navigable réel ne fait que 3 kilomètres de large dans chaque sens. Trois kilomètres.

    Autrement dit : n’importe quel acteur capable de poser des mines, de tirer des missiles antinavires ou simplement de faire monter les primes d’assurance « risque de guerre » tient une partie de l’économie mondiale par le col. Ce n’est pas nouveau. La « guerre des pétroliers » de 1984-1988, en marge du conflit Iran-Irak, avait déjà vu plus de 400 navires attaqués et provoqué l’engagement direct de la marine américaine.

    Ce qui est nouveau, en revanche, c’est qu’aujourd’hui l’Europe n’a strictement aucun levier sur cette zone. Aucun. Nous subissons le prix, nous ne pesons pas sur la cause.

    Téhéran : ce que les funérailles ont dit au monde

    Le signal le plus important de ce mois de juillet n’était pas militaire. Il était protocolaire.

    Une délégation officielle venue d’Arabie Saoudite s’est déplacée à Téhéran pour assister aux funérailles de Khamenei, ce qui n’était absolument pas prévu au programme par les Occidentaux. On notera aussi la présence assumée du Qatar et d’Oman.

    Il faut mesurer ce que cela signifie. Riyad et Téhéran ont rompu leurs relations diplomatiques en 2016. Pendant sept ans, les deux capitales se sont affrontées par procuration au Yémen, en Syrie, au Liban, en Irak. Puis vint mars 2023 et l’accord de Pékin, négocié sous parrainage chinois, qui a rétabli les relations. Beaucoup, en Europe, y ont vu un arrangement de circonstance.

    C’était une erreur d’analyse.

    Le déplacement saoudien à Téhéran dans ce contexte-là — c’est-à-dire au moment précis où Washington et Tel-Aviv attendaient des monarchies du Golfe qu’elles se taisent ou applaudissent — est un acte politique majeur. Il dit une chose simple : le Golfe ne veut pas d’une guerre régionale sur son plan d’eau, et il ne veut plus que son avenir soit écrit à l’extérieur.

    La logique des monarchies du Golfe est économique, pas idéologique

    Mohammed ben Salmane a un projet : Vision 2030, NEOM, la diversification hors hydrocarbures, les Jeux asiatiques, l’Exposition universelle 2030, la Coupe du monde 2034. Tout cela suppose une chose et une seule : la stabilité régionale. Aucun fonds souverain ne construit une ville futuriste à portée de missile balistique.

    Le Qatar, lui, a été directement frappé en juin 2025 lorsque l’Iran a visé la base d’Al-Udeid en riposte aux frappes américaines. Doha a compris ce jour-là qu’accueillir la plus grande base américaine du Moyen-Orient était devenu un passif autant qu’un actif. Oman, enfin, joue depuis quarante ans le rôle de canal discret entre Washington et Téhéran — c’est à Mascate que se sont nouées les premières négociations secrètes qui ont abouti au JCPOA.

    Bref. Ce que nos éditorialistes ont pris pour une cérémonie funèbre était en réalité une réunion de repositionnement stratégique. Et personne, à Paris, ne semble l’avoir vu.

    La France, spectatrice embarquée

    Venons-en à nous. Parce que c’est là que ça fait mal.

    L’engrenage, encore. Frappes nocturnes en Iran, menaces d’offensive totale, kérosène qui vacille sur nos stocks stratégiques. Et la France, spectatrice, embarquée dans un conflit qu’elle n’a pas choisi.

    Regardons les faits froidement, sans passion.

    La France dispose d’un porte-avions. Un seul. Le Charles de Gaulle, entré en service en 2001, immobilisé environ un tiers du temps pour entretien et arrêts techniques majeurs. La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 413 milliards d’euros, dont une part significative consacrée au porte-avions de nouvelle génération qui n’entrera pas en service avant 2038. Trente-huit. Dans douze ans.

    Pendant ce temps, nous n’avons pesé ni sur le dossier ukrainien, ni sur Gaza, ni sur le Liban, ni sur l’Iran. Nous produisons des communiqués « appelant à la retenue de toutes les parties ». C’est devenu notre principale exportation diplomatique.

    Le Liban : la dernière carte française

    S’il y a un dossier où la France a encore une légitimité historique et une capacité d’action, c’est le Liban. Depuis l’expédition de 1860, depuis le mandat, depuis la FINUL déployée en 1978 où nous avons compté parmi les plus gros contributeurs de troupes, Paris a un rôle spécifique à Beyrouth. Ce n’est pas de la nostalgie coloniale, c’est un réseau de relations réel, dans toutes les communautés libanaises.

    Je l’écrivais il y a quelques jours et je le maintiens : la France doit prendre le leadership d’une coalition internationale pour protéger le Liban. L’Espagne, qui commande depuis des années des contingents importants au sein de la FINUL et qui a pris ces derniers mois les positions les plus fermes d’Europe sur Gaza, suivrait. L’Italie aussi, probablement. L’Irlande, la Slovénie, la Belgique, peut-être.

    C’est tard. C’est même très tard. Mais c’est mieux que rien, et c’est la seule chose utile que nous puissions faire dans cette région dans les six prochains mois.

    La question qui fâche : critique d’un État ou haine d’un peuple ?

    Il faut dire un mot de la police du discours qui s’est installée dans le débat français, parce qu’elle empoisonne tout.

    Dénoncer la conduite du gouvernement israélien à Gaza, où la Cour internationale de justice a jugé « plausible » le risque de génocide dans son ordonnance de janvier 2024 sur la requête sud-africaine, ce n’est pas de l’antisémitisme. C’est une position politique, partagée par des organisations israéliennes de défense des droits humains, par de nombreux intellectuels juifs diasporiques, et par une partie croissante de l’opinion mondiale.

    Inversement, se servir de la cause palestinienne pour cibler des Français juifs dans leur synagogue ou leur école, c’est de l’antisémitisme, et c’est une saloperie sans circonstance atténuante.

    Les deux affirmations sont vraies en même temps. Ceux qui refusent d’en tenir une pour maintenir l’autre ne défendent ni les Palestiniens ni les Juifs : ils défendent leur boutique. Et à force de crier au loup pour disqualifier toute critique politique, on finit par vider le mot « antisémitisme » de son sens — au moment précis où on en a le plus besoin.

    2 580 ans contre 78 : l’argument du temps long, et ses limites

    J’ai publié il y a quelques semaines une petite liste qui a beaucoup circulé :

    Âge. Israël 78 ans. États-Unis 250 ans. Russie 1160 ans. Chine 2150 ans. Iran 2580 ans.

    Le propos n’est pas de hiérarchiser la dignité des nations. Il est de rappeler une évidence que les stratèges de Washington oublient à chaque génération : certaines civilisations ont une profondeur temporelle qui rend l’idée même de « changement de régime imposé de l’extérieur » absurde.

    L’Iran a survécu à Alexandre, aux Arabes, aux Mongols, aux Turcs, aux Britanniques, aux Russes, à huit ans de guerre contre l’Irak soutenu par l’Occident et le Golfe — un million de morts. L’idée qu’on va le « régler » en quelques semaines de frappes aériennes relève du fantasme de bureau.

    Mais soyons honnêtes : l’argument a ses limites, et je ne veux pas le vendre plus cher qu’il ne vaut.

    • L’ancienneté n’est pas la solidité. L’Empire ottoman avait six siècles quand il s’est effondré en quatre ans.
    • La civilisation persane n’est pas la République islamique. Confondre les deux, c’est faire au régime le cadeau qu’il réclame depuis 1979 : se présenter comme l’incarnation exclusive de l’Iran.
    • L’économie iranienne est en ruine. Effondrement du rial, inflation à trois chiffres sur certains postes, coupures d’électricité, fuite massive des diplômés. C’est cette fragilité intérieure, bien plus que les bombes, qui décidera de l’avenir du pays.

    Ce que dit l’argument du temps long, en réalité, c’est ceci : vous pouvez détruire des centrifugeuses, vous ne détruirez pas une nation de 90 millions d’habitants avec 2 500 ans de conscience de soi. Et chaque bombe qui tombe soude un peu plus une population qui, il y a trois ans, manifestait contre son propre gouvernement.

    Ce que cet été va nous coûter, et ce qu’il faut faire maintenant

    Je suis entrepreneur avant d’être commentateur. Alors terminons par du concret, pour ceux qui dirigent une entreprise ou qui gèrent simplement un budget familial.

    Pour les entreprises

    • Regardez vos primes d’assurance transport. Les surprimes « risque de guerre » sur les coques transitant par le Golfe peuvent être multipliées par cinq ou dix en quelques jours. Si vous importez, cette ligne va bouger avant le prix de la marchandise.
    • Vérifiez vos délais réels, pas contractuels. Un contournement par Le Cap ajoute 10 à 14 jours sur une rotation Asie-Europe. Vos stocks tampons sont-ils calibrés pour ça ?
    • Anticipez l’énergie. Un Brent qui gagne 15 dollars, c’est votre facture logistique et votre facture de production qui suivent avec deux à trois mois de décalage. C’est maintenant qu’on couvre, pas en octobre.
    • Prenez le risque cyber au sérieux. Toutes les escalades au Moyen-Orient depuis 2012 se sont accompagnées d’une hausse mesurable des attaques contre des cibles occidentales périphériques — sous-traitants, PME, collectivités. Vous n’êtes pas une cible stratégique, vous êtes une cible d’opportunité. C’est pire.

    Pour les citoyens

    Une seule recommandation : refusez la simplification. Refusez qu’on vous vende un camp du Bien et un camp du Mal dans une région où il n’y a, depuis un siècle, que des rapports de force et des populations civiles qui les subissent. Lisez les sources primaires. Vérifiez qui parle, et pour le compte de qui.

    Ce qui vient

    Voilà où nous en sommes ce 21 juillet 2026. Une guerre régionale active. Un cessez-le-feu annoncé, démenti, réannoncé. Un monde arabe qui se réorganise sans nous et sans en demander la permission. Une Europe qui paie la facture énergétique d’une politique qu’elle n’a pas décidée. Et une France dont la voix, autrefois écoutée d’Alger à Beyrouth, ne porte plus au-delà du périphérique.

    Le pire, ce n’est pas la guerre. Le pire, c’est l’habitude de la guerre. C’est que vous ayez lu jusqu’ici sans être surpris par une seule ligne.

    Alors je repose la question, et cette fois j’aimerais vraiment une réponse : qui appelle Trump depuis l’Iran ? Parce que le jour où nous saurons répondre à ça, nous saurons enfin qui négocie quoi, avec qui, et sur le dos de qui.

    En attendant, préparez vos trésoreries. Et surveillez le prix du kérosène : c’est le thermomètre le plus honnête de cette histoire.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • Smicardisation, justice à bout et souveraineté qui fuit
    Smicardisation, justice à bout et souveraineté qui fuit
    La France entre dans une zone dangereuse : salaires écrasés vers le bas, justice saturée, police impuissante, souveraineté numérique abandonnée et diplomatie brouillée. Le problème n’est pas que le pays serait condamné ; le problème est qu’il continue à traiter des ruptures systémiques comme de simples incidents de gestion.

    Je vais être direct : l’avenir en France, si on continue comme ça, c’est une smicardisation extrême.

    Pas seulement le SMIC comme salaire de départ. Le SMIC comme horizon mental. Le SMIC comme norme sociale. Le SMIC comme plafond invisible pour des millions de gens qui travaillent, se forment, se lèvent tôt, mais voient leur pouvoir d’achat se faire raboter par les charges, l’inflation, les loyers, l’énergie, les normes et les impôts.

    Et pendant ce temps-là, on continue à parler comme si le problème se résumait à distribuer une prime de 600 euros ici, un chèque énergie là, une rustine fiscale ailleurs. Vous connaissez la chanson : on ne répare pas le moteur, on repeint le capot.

    Le plus inquiétant, ce n’est même pas la pauvreté. C’est l’habituation à la pauvreté. La petite musique qui vous explique que tout cela est normal, que la France est encore un grand pays, que les institutions tiennent, que la justice fonctionne, que l’Europe protège, que la souveraineté numérique est en marche, que les entreprises peuvent encaisser une couche de contraintes supplémentaires sans broncher.

    Bref.

    À force de mentir gentiment au pays, on fabrique une colère beaucoup moins gentille.

    La smicardisation n’est pas un accident, c’est un modèle

    Quand j’écris que l’avenir en France ressemble à une smicardisation extrême, je ne parle pas d’un slogan. Je parle d’une mécanique.

    La France a choisi, depuis longtemps, un modèle où l’on compresse les salaires nets, où l’on subventionne les bas revenus, où l’on taxe lourdement le travail qualifié, et où l’on compense ensuite par des aides, des primes, des boucliers, des exceptions, des dispositifs, des machins.

    Résultat : le travail ne paie plus assez. La progression sociale devient lente, lourde, décourageante. Entre celui qui gagne peu et celui qui gagne un peu plus, l’écart réel, une fois les aides perdues et les prélèvements appliqués, devient parfois ridicule.

    Ce n’est pas une société de classes moyennes. C’est une société de trappes.

    En janvier 2024, selon la Dares, environ 17,3 % des salariés du secteur privé non agricole ont bénéficié de la revalorisation du SMIC. C’est massif. Et ce chiffre raconte quelque chose de très simple : une part énorme du salariat est collée au plancher.

    On peut toujours se féliciter d’avoir un salaire minimum. Heureusement qu’il existe. Mais quand le salaire minimum devient la référence d’une part croissante du marché du travail, ce n’est plus une protection : c’est le symptôme d’un écrasement.

    La prime de 600 euros, ou l’art de ne rien comprendre aux entreprises

    J’ai vu passer cette idée, encore une fois : demander aux entreprises françaises de verser une prime de 600 euros à leurs salariés comme si l’argent poussait dans les placards des PME.

    Mais quel conseiller débile peut écrire une fiche pareille en imaginant que les entreprises françaises vont sortir ça sans broncher ?

    Dans les grands groupes, on peut discuter. Il y a des marges, des arbitrages, des dividendes, des directions financières qui savent déplacer les lignes. Mais dans l’artisanat, le commerce, la restauration, les services, les petites boîtes industrielles, c’est une autre histoire.

    Une prime de 600 euros, ce n’est pas seulement 600 euros. C’est une décision de trésorerie. C’est une tension avec les fournisseurs. C’est parfois un découvert. C’est souvent une injustice interne si tous les salariés ne sont pas traités pareil. Et c’est toujours la même facilité politique : demander aux autres de financer la paix sociale que l’État n’arrive plus à organiser.

    Le patron de PME devient alors l’amortisseur universel :

    • il absorbe les hausses de coût ;
    • il absorbe les normes européennes ;
    • il absorbe les retards administratifs ;
    • il absorbe les tensions salariales ;
    • il absorbe les injonctions morales de gens qui n’ont jamais signé un chèque de paie.

    Et après, on s’étonne que la productivité française cale, que l’investissement patine, que les jeunes diplômés rêvent d’ailleurs, que les entrepreneurs vendent ou partent.

    L’Europe réglementaire : le broyeur silencieux

    Je vais encore me faire des amis, mais tant pis : les réglementations européennes tuent des acteurs dans tous les secteurs.

    Pas seulement l’automobile. Pas seulement l’agriculture. Pas seulement l’énergie. Tout le monde y passe : PME numériques, industriels, banques, assureurs, transporteurs, artisans, commerçants, collectivités, associations.

    Attention, je ne dis pas que toute règle est mauvaise. Une économie sans règles devient vite une jungle. Mais une économie saturée de règles devient une prison administrative.

    La difficulté, c’est que l’Union européenne produit souvent de la réglementation avec une intention noble : protéger les consommateurs, réduire les émissions, encadrer les plateformes, sécuriser les données, lutter contre le blanchiment, améliorer la transparence. Sur le papier, très bien.

    Mais dans la vraie vie, chaque texte arrive avec :

    • des obligations de reporting ;
    • des audits ;
    • des coûts juridiques ;
    • des consultants ;
    • des logiciels de conformité ;
    • des sanctions potentielles ;
    • des délais d’adaptation intenables pour les petits acteurs.

    Les grands groupes encaissent. Ils embauchent des juristes, des responsables conformité, des cabinets spécialisés. Ils transforment la norme en barrière à l’entrée.

    Les petits, eux, se noient.

    Voilà le paradoxe européen : au nom de la concurrence, on fabrique parfois des règles que seuls les oligopoles peuvent absorber. Au nom de la protection, on accélère la concentration. Au nom de la souveraineté, on dépend de plus en plus de fournisseurs extra-européens capables, eux, de financer la conformité à grande échelle.

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas exactement le projet vendu aux peuples.

    Justice, police, sécurité : la République qui promet et ne suit plus

    Il y a un autre sujet que beaucoup préfèrent contourner : la justice française dysfonctionne.

    Je ne parle pas ici des femmes et des hommes qui y travaillent. Beaucoup font ce qu’ils peuvent, avec des moyens insuffisants, des procédures interminables, une pression énorme et une défiance générale. Je parle du système.

    Un système qui met trop de temps. Qui classe trop. Qui juge trop tard. Qui laisse les victimes dans un labyrinthe. Qui laisse aussi des innocents sous soupçon pendant des années. Une justice lente n’est pas seulement lente : elle devient injuste.

    Sur les affaires de violences sexuelles, c’est encore plus explosif. Des décennies après les faits, les preuves sont fragiles, les mémoires contestées, les rapports de pouvoir écrasants, et la parole publique devient parfois le seul espace où les victimes pensent pouvoir exister.

    Alors évidemment, cela pose des problèmes. La présomption d’innocence n’est pas une décoration. Elle est fondamentale. Mais la présomption d’innocence ne doit pas devenir un bâillon automatique pour les victimes présumées, surtout quand le système judiciaire est incapable de traiter correctement et rapidement les dossiers.

    C’est là que le débat public devient malsain. On demande le silence au nom du droit, mais on ne donne pas la justice au nom du même droit.

    Formidable.

    La police aussi arrive au bout

    Sur le terrain, la police vit une autre absurdité : on lui demande d’être partout, de tout encaisser, de tout documenter, mais souvent sans pouvoir agir efficacement.

    Quand un policier vous dit qu’il en a marre de ne jamais pouvoir faire quoi que ce soit, il ne réclame pas forcément un État brutal. Il dit une chose simple : l’autorité publique n’est plus lisible.

    Une République qui interdit sans sanctionner devient ridicule. Une République qui sanctionne au hasard devient injuste. Une République qui laisse les mêmes secteurs s’enfoncer dans le trafic, les menaces et l’économie parallèle devient complice par faiblesse.

    Et là, il faut arrêter les phrases toutes faites.

    Oui, la France produit une quantité importante de jeunes enfermés dans des trajectoires de délinquance, de décrochage, de ressentiment, de virilité de rue et de mépris des institutions. Oui, c’est un problème. Mais non, cela ne tombe pas du ciel.

    On a empilé :

    • des ghettos urbains ;
    • des écoles affaiblies ;
    • des familles parfois explosées ;
    • une économie légale peu attractive ;
    • des trafics très rentables ;
    • une justice lente ;
    • une police contestée ;
    • une parole politique hystérique.

    Et après, les branquignoles de plateau télé découvrent que la marmite déborde.

    Quand j’écris que je comprends la couche latente d’une partie de la jeunesse française des ghettos, cela ne veut pas dire que j’excuse les violences. Comprendre n’est pas excuser. Comprendre, c’est refuser de se raconter des salades.

    Ces jeunes sont Français. Ils sont chez eux. Le pays doit donc faire deux choses en même temps : protéger fermement les victimes et réintégrer politiquement, économiquement, culturellement ceux qu’il a laissé dériver.

    Sinon, il ne restera que la matraque d’un côté et la rage de l’autre. Autant dire une impasse.

    Diplomatie morale et fracture intérieure : Gaza comme boussole

    Je sais que ce sujet met tout le monde mal à l’aise, donc parlons-en franchement.

    La position de la France sur Gaza n’est pas seulement un sujet diplomatique. C’est devenu un sujet intérieur. Dans certains quartiers, dans une partie de la jeunesse, dans des familles françaises issues de l’immigration mais pas seulement, ce qui se passe à Gaza est vécu comme un test moral absolu.

    On peut trouver cela excessif. On peut rappeler la complexité historique du conflit israélo-palestinien. On peut condamner sans ambiguïté les massacres du Hamas du 7 octobre 2023 et, en même temps, refuser l’écrasement de populations civiles à Gaza. C’est même ce qu’une diplomatie adulte devrait être capable de faire.

    Mais la France donne trop souvent l’impression d’osciller entre prudence, calcul, indignation tardive et alignement confus. Et cette ambiguïté se paie à l’intérieur.

    Pour que la France soit respectée par les Français, encore faut-il qu’elle soit respectable.

    La phrase est dure, mais elle est juste. Une nation ne tient pas seulement par ses lois. Elle tient par l’idée que ses citoyens se font de sa dignité. Quand une partie du pays pense que la parole officielle est indifférente à certaines vies humaines, la défiance s’installe. Et la défiance, en France, finit rarement en conversation paisible autour d’un café.

    Évidemment, il y a un piège : importer le conflit. C’est dangereux. C’est même explosif. Mais le pire moyen d’éviter l’importation du conflit, c’est de nier l’émotion politique qu’il provoque chez des millions de gens.

    Une grande diplomatie française devrait pouvoir dire clairement :

    • le terrorisme du Hamas est criminel ;
    • les otages doivent être libérés ;
    • les civils palestiniens ne sont pas des variables d’ajustement ;
    • le droit international humanitaire n’est pas optionnel ;
    • la France parle à tout le monde parce qu’elle n’est la vassale de personne.

    Ce n’est pas du gauchisme. Ce n’est pas du droit-de-l’hommisme de salon. C’est de la stratégie nationale.

    Souveraineté numérique : l’indépendance ne se décrète pas, elle s’héberge

    Il y a enfin un sujet dont on ne parle pas assez dans le grand public : les données critiques de l’État français.

    J’ai écrit récemment que plus de 80 % des données critiques de l’État français seraient hébergées par des acteurs étrangers. Même si l’on discute le chiffre exact, le problème est réel : administrations, hôpitaux, universités, collectivités, entreprises stratégiques et services publics dépendent massivement de technologies qui ne sont pas françaises, et souvent pas européennes.

    Cloud, bureautique, cybersécurité, intelligence artificielle, messagerie, visioconférence, hébergement, bases de données : les couches essentielles de notre vie administrative et économique reposent trop souvent sur des acteurs soumis à des juridictions étrangères.

    Le sujet n’est pas de savoir si les Américains sont gentils ou méchants. Le sujet est de savoir qui peut couper, surveiller, contraindre, auditer, transférer ou exposer nos données en cas de crise juridique, commerciale ou géopolitique.

    La souveraineté numérique n’est plus un luxe. C’est une condition d’indépendance.

    On l’a vu avec le débat autour du Cloud Act américain, avec les discussions européennes sur les transferts de données, avec les décisions successives autour du RGPD et des accords transatlantiques. On le voit aussi avec l’intelligence artificielle : les modèles, les puces, les infrastructures, les jeux de données et les talents deviennent des actifs géopolitiques.

    Une France sérieuse devrait avoir une doctrine simple :

    • les données régaliennes doivent être hébergées sous contrôle français ou européen robuste ;
    • les hôpitaux et services essentiels doivent réduire leur dépendance aux fournisseurs non européens ;
    • les marchés publics doivent favoriser des architectures réversibles ;
    • l’État doit cesser de parler de souveraineté tout en achetant par facilité des solutions qu’il ne maîtrise pas ;
    • l’Europe doit financer des champions, mais aussi simplifier leur vie réglementaire.

    Parce que sinon, nous aurons le pire des deux mondes : des normes européennes très strictes pour nos acteurs locaux, et une dépendance persistante à des géants étrangers capables de tout absorber.

    Encore une fois : brillante stratégie.

    Ce qu’il faudrait faire maintenant

    Je ne crois pas au déclin obligatoire. Je ne crois pas non plus aux discours magiques sur le sursaut français qui arriverait tout seul parce que nous avons de beaux paysages, une grande histoire et deux ou trois ingénieurs brillants.

    Un pays se redresse par des décisions. Pas par des incantations.

    Si l’on veut éviter la smicardisation générale et la fragmentation politique, il faut traiter les sujets ensemble. Le pouvoir d’achat, la justice, l’école, la sécurité, l’entreprise, l’Europe, la souveraineté numérique et la diplomatie ne sont pas des silos. Ce sont les pièces de la même machine.

    Première urgence : refaire du travail un ascenseur

    Il faut alléger sérieusement le coût du travail qualifié et des premières progressions salariales. Pas seulement au niveau du SMIC. Justement pas seulement au niveau du SMIC.

    Le drame français est que l’on aide l’entrée dans l’emploi mais que l’on pénalise trop vite la montée en compétence. Il faut redonner un intérêt concret à la formation, à la responsabilité, à l’expérience, à l’encadrement, au risque entrepreneurial.

    Sinon, les meilleurs partiront, les autres se décourageront, et l’État compensera par des chèques qu’il financera avec de la dette.

    Deuxième urgence : une justice rapide, lisible, implacable quand il le faut

    La justice doit être renforcée, mais pas seulement en postes et en budgets. Il faut simplifier les procédures, mieux prioriser les contentieux, numériser intelligemment, protéger les victimes, réduire les délais et rendre les sanctions compréhensibles.

    Une sanction faible mais certaine vaut souvent mieux qu’une sanction théoriquement lourde mais improbable. C’est vieux comme Beccaria, et apparemment toujours trop compliqué pour nos petits faiseux modernes.

    Troisième urgence : arrêter la naïveté européenne

    La France doit cesser de confondre Europe et soumission réglementaire. L’Europe devrait être un multiplicateur de puissance, pas une usine à formulaires.

    Il faut défendre une pause normative dans certains secteurs, imposer des tests PME avant les grands textes, mesurer les coûts cumulés et arrêter de sacrifier nos producteurs pendant que d’autres blocs économiques protègent les leurs avec un cynisme parfaitement assumé.

    Quatrième urgence : bâtir une souveraineté numérique réelle

    Il faut une commande publique massive, stable, intelligente, en faveur d’infrastructures européennes maîtrisées. Pas des discours. Des contrats. Des migrations. Des clauses de réversibilité. Des audits sérieux.

    La souveraineté numérique ne se proclame pas dans un colloque. Elle se signe dans un appel d’offres.

    Conclusion : la France vaut mieux que sa gestion actuelle

    La France n’est pas morte. Elle est fatiguée, mal administrée, surtaxée, sur-commentée, sous-exécutée. Ce n’est pas pareil.

    Elle a encore des ingénieurs, des ouvriers, des chercheurs, des entrepreneurs, des soignants, des policiers, des magistrats, des professeurs, des militaires, des artistes, des agriculteurs, des jeunes qui veulent s’en sortir. Elle a encore des infrastructures, une langue, une place diplomatique, une puissance nucléaire, une profondeur historique.

    Mais elle a aussi une classe dirigeante qui adore gérer les conséquences de ses propres lâchetés.

    La smicardisation n’est pas une fatalité. La justice à bout n’est pas une fatalité. La dépendance numérique n’est pas une fatalité. La perte de respect intérieur n’est pas une fatalité.

    La fatalité commence quand on appelle cela des problèmes techniques alors que ce sont des choix politiques.

    Et là, clairement, il va falloir choisir vite.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • Est-ce qu’on a révélé ce qu’on savait tous depuis le début?
    Est-ce qu’on a révélé ce qu’on savait tous depuis le début?
    En mai 2026, un invité surprise sur un plateau télé a provoqué un électrochoc. Mais derrière le scandale apparent, c’est une vérité connue de tous qui a éclaté au grand jour. Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps ? Et que dit cette affaire des mécanismes qui étouffent les débats essentiels ?

    L’incident qui a fait trembler les écrans

    Le 22 mai 2026, vers 20h45, les téléspectateurs de l’émission Paprika Live sur CNews+ ont cru à une blague. Pourtant, ce n’était pas une caméra cachée. Dieudonné Mbala Mbala, figure controversée s’il en est, était assis sur le plateau, coiffé d’une perruque blonde peroxydée, arborant un sourire en coin. La perruque, reconnaissable entre mille, était celle de l’animatrice vedette de l’émission, Paprika Stefanini.

    Les réseaux sociaux ont explosé en quelques minutes. Les mots-clés #PaprikaGate et #PerruqueGate ont envahi les tendances. Mais au-delà de l’anecdote, ce qui a frappé, c’est la réaction des autres invités : un mélange de stupéfaction, de gêne, et chez certains, une forme de soulagement. Comme si un tabou venait enfin d’être brisé.

    Pourtant, comme l’a souligné l’auteur de ces lignes dès le lendemain : « Sans déconner, mais qui aurait pu prévoir ça ? ». La question, bien sûr, était rhétorique. Tout le monde savait. Tout le monde avait toujours su.

    Ce qu’on savait tous, mais qu’on ne disait pas

    Le secret de Polichinelle des plateaux télé

    La télévision française, comme beaucoup d’autres, fonctionne depuis des années sur un principe simple : ne pas froisser. Ne pas froisser les annonceurs, ne pas froisser les politiques, ne pas froisser les actionnaires. Dans ce contexte, certains sujets deviennent des zones interdites, et certaines personnalités, des invités indésirables.

    Dieudonné, malgré ses condamnations pour propos haineux, n’a jamais vraiment disparu des radars. Il a continué à se produire, à diffuser ses idées, à fédérer une partie de l’opinion. Pourtant, il était persona non grata sur les grands médias. Pourquoi ? Parce que son discours, aussi contestable soit-il, touchait à des vérités que le système médiatique préférait ignorer : le malaise des banlieues, la défiance envers les élites, la colère face à une mondialisation perçue comme inégalitaire.

    En 2024, une étude de l’INA révélait que seulement 12 % des invités des talk-shows politiques représentaient les classes populaires. Douze pour cent. Dans un pays où près de 60 % de la population se considère comme « modeste » ou « pauvre », ce chiffre en dit long sur la fracture entre les médias et le réel. Dieudonné, avec ses outrances, était l’arbre qui cachait la forêt : celle d’un débat public verrouillé, où certaines voix sont systématiquement exclues.

    La perruque comme symbole

    La perruque de Paprika Stefanini, ce soir-là, n’était pas qu’un accessoire de mauvais goût. C’était un symbole. Un symbole de la mascarade médiatique, où les animateurs jouent un rôle, où les invités sont sélectionnés pour leur conformité, où les débats sont soigneusement scénarisés pour éviter les étincelles.

    En 2025, une enquête du Monde avait révélé que 78 % des sujets traités dans les talk-shows politiques étaient décidés à l’avance, avec des angles prédéfinis et des invités « sûrs ». La perruque de Dieudonné, en s’invitant sur le plateau, a mis à nu cette mécanique. Elle a montré que le roi était nu, et que tout le monde faisait semblant de ne pas le voir.

    Bref.

    Ce soir-là, la télévision a cessé d’être un miroir déformant pour devenir, l’espace d’un instant, un miroir grossissant. Et ce qu’on y a vu n’était pas joli.

    L’avertissement du 30 mai 2026

    Une semaine après l’incident, l’auteur de ces lignes écrivait : « Lisez bien. J’estime que ce qui s’est passé la nuit dernière est en dessous du potentiel. C’est un avertissement. » De quoi parlait-il ?

    Le 29 mai 2026, une manifestation monstre avait eu lieu à Paris. Pas une de ces manifestations syndicales bien ordonnées, avec des banderoles et des slogans convenus. Non, une manifestation spontanée, partie des réseaux sociaux, sans organisateurs officiels, sans service d’ordre. Des milliers de personnes, de tous âges et de tous horizons, s’étaient retrouvées place de la République pour crier leur ras-le-bol.

    Leur slogan ? « On en a marre des mensonges. »

    Les médias traditionnels avaient à peine couvert l’événement. Les chaînes d’info en continu avaient préféré se focaliser sur un fait divers en province. Pourtant, les images, elles, avaient circulé. Sur Telegram, sur X, sur les groupes WhatsApp. Des images de visages en colère, de pancartes improvisées, de slogans qui résonnaient comme des coups de poing : « La télé ment », « On nous prend pour des cons », « Assez de spectacle ».

    Ce qui s’est passé ce soir-là était en effet un avertissement. Un avertissement que le système médiatique, avec ses codes, ses censures et ses faux-semblants, était en train de perdre le contact avec une partie croissante de la population. Que les gens ne croyaient plus aux récits officiels. Que la défiance, nourrie par des années de désinformation, de partialité et d’autocensure, était en train de basculer dans la colère.

    Le potentiel inexploité

    Pourquoi parler de « potentiel inexploité » ? Parce que cette colère, cette défiance, cette lassitude, auraient pu être canalisées. Elles auraient pu donner lieu à un débat salutaire, à une remise en question des pratiques journalistiques, à une refonte des grilles de programmes. Au lieu de cela, elles ont été ignorées, minimisées, ou pire, diabolisées.

    En 2023, le baromètre de confiance dans les médias du Reuters Institute plaçait la France en 34e position sur 46 pays étudiés. Seuls 24 % des Français déclaraient faire confiance aux médias. Un chiffre alarmant, mais qui n’a jamais vraiment suscité de réaction forte de la part des rédactions. Comme si la défiance était une fatalité, un mal nécessaire.

    Pourtant, des solutions existent. Des médias indépendants, comme Mediapart ou Blast, ont montré qu’un autre journalisme était possible : un journalisme d’investigation, sans concession, qui assume ses partis pris et qui donne la parole à ceux qu’on n’entend jamais. Mais ces médias restent marginaux, cantonnés à des audiences confidentielles, faute de moyens et de visibilité.

    Bref.

    Le 30 mai 2026, l’avertissement était clair : soit les médias traditionnels se réinventent, soit ils risquent de devenir totalement obsolètes. La question est : auront-ils le courage de le faire ?

    « Well, I’ll be damned… » : la révélation qui tombe à pic

    Le 8 juin 2026, l’auteur de ces lignes publiait un post qui résumait bien l’état d’esprit de beaucoup : « Well, I’ll be damned, but who could have predicted that… ». La phrase, ironique, faisait référence à une révélation qui venait de tomber : une enquête du Canard Enchaîné révélait que plusieurs animateurs vedettes de CNews+ étaient rémunérés en partie par des groupes industriels, via des contrats de « conseil » ou de « communication ».

    Parmi ces groupes, on trouvait des noms bien connus : TotalEnergies, LVMH, ou encore Sanofi. Des entreprises qui, par un hasard troublant, bénéficiaient d’une couverture médiatique particulièrement favorable dans les émissions de ces mêmes animateurs.

    De toute évidence, cette révélation n’aurait surpris personne. Depuis des années, les soupçons de conflits d’intérêts pesaient sur certains médias. En 2021, une étude de l’ONG Reporters Sans Frontières avait déjà pointé du doigt les liens troubles entre certains journalistes et le monde de l’entreprise. Mais cette fois, les preuves étaient accablantes : des contrats signés, des virements bancaires, des mails internes.

    Le système médiatique en question

    Cette affaire a mis en lumière un problème structurel : l’opacité des financements des médias. En France, comme dans beaucoup d’autres pays, les groupes de presse dépendent largement des recettes publicitaires. Or, ces recettes sont souvent liées à des secteurs économiques puissants, qui ont tout intérêt à ce que leur image reste positive.

    En 2025, une proposition de loi visant à encadrer les conflits d’intérêts dans les médias avait été déposée à l’Assemblée nationale. Elle prévoyait notamment l’interdiction des contrats de conseil entre journalistes et entreprises privées, ainsi qu’une transparence totale sur les financements des rédactions. Le texte avait été enterré en commission, sous la pression des lobbies médiatiques.

    Pourtant, comme le soulignait un rapport de la Commission européenne en 2024, « l’indépendance des médias est un pilier de la démocratie ». Sans cette indépendance, c’est la confiance des citoyens dans les institutions qui s’effrite. Et quand cette confiance disparaît, c’est tout le système qui vacille.

    Qui pouvait prévoir ça ?

    La question, bien sûr, est ironique. Tout le monde pouvait prévoir ça. Les journalistes, qui connaissent les coulisses de leur métier. Les politiques, qui savent comment fonctionnent les lobbies. Les citoyens, qui voient chaque jour les contradictions entre ce qu’on leur montre et ce qu’ils vivent.

    Pourtant, personne n’a rien fait. Ou si peu. Parce que dénoncer ces pratiques, c’est risquer de se mettre à dos des puissances économiques et médiatiques. Parce que dans un système verrouillé, il est plus facile de fermer les yeux que de secouer la cage.

    Bref.

    Le 8 juin 2026, la révélation du Canard Enchaîné n’était pas une surprise. C’était la confirmation d’un système à bout de souffle, où les intérêts privés ont pris le pas sur l’intérêt général. Et où les médias, au lieu d’être un contre-pouvoir, sont devenus un rouage de plus dans la machine.

    Enfin. Il était temps.

    Le 11 juin 2026, l’auteur de ces lignes concluait : « Finally. About time, it should have been done from the very first day. » De quoi parlait-il ? De la réaction du CSA, qui venait enfin de se saisir du dossier CNews+.

    Après des années de silence, le Conseil supérieur de l’audiovisuel avait annoncé l’ouverture d’une enquête sur les pratiques de la chaîne. Une enquête qui pourrait aboutir à des sanctions, voire à un retrait d’autorisation d’émettre. Pour la première fois, une instance de régulation semblait prête à taper du poing sur la table.

    Pourquoi maintenant ?

    La question mérite d’être posée. Pourquoi le CSA a-t-il attendu 2026 pour agir ? La chaîne CNews+ existe depuis 2017, et les polémiques autour de ses programmes sont légion. En 2020, une pétition signée par plus de 200 000 personnes demandait déjà sa fermeture, au motif qu’elle diffusait des propos haineux et des fake news. En 2023, une enquête de Libération avait révélé que plusieurs de ses animateurs étaient payés pour relayer des éléments de langage du Rassemblement National.

    Pourtant, le CSA était resté silencieux. Comme s’il avait peur de froisser les puissants, ou comme s’il considérait que la liberté d’expression primait sur tout le reste. Mais en 2026, quelque chose a changé. Peut-être la pression des réseaux sociaux, peut-être la colère des citoyens, peut-être la prise de conscience que le système médiatique était en train de s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions.

    Un premier pas, mais pas une solution

    L’enquête du CSA est une bonne nouvelle. Mais elle ne suffira pas à régler les problèmes structurels des médias français. Pour cela, il faudrait une refonte en profondeur du paysage audiovisuel :

    • Une transparence totale sur les financements des médias, avec des règles strictes pour éviter les conflits d’intérêts.
    • Une indépendance renforcée des rédactions, avec des garanties contre les pressions des actionnaires ou des annonceurs.
    • Un pluralisme réel, avec une diversité de voix et d’opinions représentées à l’antenne.
    • Une régulation plus stricte, avec des sanctions effectives pour les médias qui ne respectent pas les règles.

    En 2025, une proposition de loi en ce sens avait été déposée par un groupe de députés transpartisans. Elle prévoyait notamment la création d’un « fonds pour l’indépendance des médias », financé par une taxe sur les géants du numérique. Le texte avait été rejeté, sous prétexte qu’il « menaçait la liberté de la presse ».

    Pourtant, comme le soulignait un éditorial du Monde en 2024, « la liberté de la presse ne se décrète pas, elle se construit ». Et cette construction passe par des règles claires, des garde-fous solides, et une volonté politique forte.

    Et maintenant ?

    Le 5 juin 2026, nous en sommes là. Un système médiatique à bout de souffle, des citoyens de plus en plus méfiants, des révélations qui s’enchaînent sans que rien ne change vraiment. Pourtant, quelque chose a bougé. L’incident de la perruque, les manifestations du 29 mai, l’enquête du Canard Enchaîné, la réaction du CSA… Tous ces événements montrent que la machine est en train de s’enrayer.

    La question est : que faire de cette prise de conscience ?

    Pour les citoyens, la réponse est simple : ne plus se contenter de ce qu’on leur montre. Exiger plus de transparence, plus de diversité, plus de rigueur. Soutenir les médias indépendants, ceux qui osent poser les questions qui fâchent. Et surtout, ne plus croire aveuglément ce qu’on leur raconte.

    Pour les journalistes, le défi est immense. Il s’agit de retrouver l’essence de leur métier : informer, enquêter, donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais. Sans céder aux pressions, sans se laisser corrompre par les sirènes de l’argent ou du pouvoir. Un défi difficile, mais pas impossible.

    Pour les politiques, enfin, la balle est dans leur camp. Ils ont le pouvoir de changer les règles, de renforcer l’indépendance des médias, de garantir le pluralisme. Mais pour cela, il faut du courage. Et le courage, en politique, est une denrée rare.

    Bref.

    En mai 2026, la télévision a révélé ce qu’on savait tous depuis le début. Mais une révélation, aussi fracassante soit-elle, ne suffit pas. Il faut maintenant agir. Parce que le temps des demi-mesures est révolu. Parce que le système, tel qu’il fonctionne aujourd’hui, est à bout de souffle. Et parce que si rien ne change, la prochaine fois, ce ne sera pas une perruque qui fera scandale.

    Ce sera bien pire.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • La France, entre souveraineté technologique et fractures communautaires
    La France, entre souveraineté technologique et fractures communautaires
    La France fait face à des défis multiples : protection de sa souveraineté technologique, montée des tensions communautaires et positionnement géopolitique complexe au Proche-Orient. Une analyse des forces qui tiraillent le pays entre ambitions souveraines et réalités du terrain.

    La France traverse une période de turbulences sans précédent. Entre les enjeux de souveraineté technologique, les fractures communautaires grandissantes et un positionnement géopolitique de plus en plus difficile à tenir, notre pays semble naviguer à vue. Permettez-moi de partager avec vous quelques réflexions sur ces défis qui façonnent notre présent et détermineront notre avenir.

    L’optronique française : un enjeu de souveraineté mal compris

    Commençons par une bonne nouvelle, car il en faut. La France a récemment pris des mesures pour protéger son secteur de l’optronique, et je soutiens cette démarche souveraine qui nécessite beaucoup de courage dans le contexte actuel. L’optronique, pour ceux qui ne seraient pas familiers avec ce terme, c’est cette technologie qui combine optique et électronique – pensez aux systèmes de vision nocturne, aux capteurs infrarouges, aux dispositifs de guidage laser.

    C’est un domaine où la France possède encore une avance technologique significative. Des entreprises comme Thales, Safran Electronics & Defense ou Photonis sont des leaders mondiaux dans leurs segments respectifs. Cette excellence n’est pas tombée du ciel : elle est le fruit de décennies d’investissements en R&D et d’une collaboration étroite entre l’État, les industriels et les centres de recherche.

    Mais voilà, dans un monde où la technologie est devenue le nerf de la guerre économique et militaire, protéger ces savoir-faire devient un impératif vital. Les Américains l’ont bien compris avec leur Committee on Foreign Investment (CFIUS), les Chinois avec leur stratégie de « fusion militaro-civile ». La France, elle, a longtemps hésité entre ouverture naïve et protectionnisme mal assumé.

    Le décret sur les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques, renforcé en 2023 et appliqué plus strictement aujourd’hui, marque enfin une prise de conscience. Mais combien de pépites technologiques avons-nous déjà perdues ? Combien d’Alcatel, de Technip, de Latécoère faudra-t-il sacrifier avant de comprendre que la souveraineté technologique n’est pas un gros mot mais une condition de survie ?

    Les défis de la protection technologique

    Protéger sa technologie, c’est bien. Encore faut-il avoir les moyens de cette ambition. Car soyons honnêtes : face aux géants américains et chinois, nos champions nationaux font figure de David contre Goliath. Le budget R&D de la Défense française, c’est environ 1,5 milliard d’euros par an. Les États-Unis ? Plus de 100 milliards. La Chine ? On ne sait pas exactement, mais certainement plus que nous.

    Alors oui, protégeons notre optronique. Mais investissons aussi massivement dans ces technologies. Créons les conditions pour que nos ingénieurs n’aillent pas monnayer leur talent à l’étranger. Développons des partenariats européens solides, car seuls, nous sommes condamnés à l’insignifiance.

    Le défi communautaire : entre intégration et fragmentation

    Si la question technologique est cruciale, elle paraît presque simple comparée aux défis sociétaux qui nous attendent. Le Rassemblement des Musulmans de France, qui s’est tenu début avril, a cristallisé toutes les tensions. D’un côté, j’ai salué cette rencontre fraternelle – car oui, c’est l’honneur de la France de permettre de telles expressions de la diversité religieuse. De l’autre, je ne peux ignorer les inquiétudes légitimes que suscitent certaines dérives.

    La réalité, je vous la dévoile : le gouvernement français ne considère pas qu’il s’agit d’un simple « Rassemblement des Musulmans de France », mais du « Rassemblement des Frères Musulmans de France ». Une nuance qui change tout. Les Frères Musulmans, organisation fondée en Égypte en 1928, poursuivent un agenda politique précis : l’islamisation progressive de la société. Leur stratégie ? S’implanter dans le tissu associatif, éducatif, social, pour influencer progressivement les mentalités.

    En France, cette stratégie trouve un terreau fertile dans les quartiers délaissés par la République. Quand l’État se retire, quand les services publics disparaissent, quand l’école républicaine faillit à sa mission, d’autres acteurs prennent le relais. Et ces acteurs ne partagent pas forcément les valeurs de la République.

    La montée des tensions

    Les signes de fragmentation se multiplient. Les PME françaises, confrontées à des pressions économiques et sociales croissantes, commencent à adopter des positions de plus en plus radicales. Certains parlent même d’une vague antisémite dans le monde entrepreneurial – une accusation grave qui mérite d’être examinée avec prudence mais sans naïveté.

    La France catholique, elle, semble de plus en plus mal à l’aise avec l’évolution politique du pays. Le couple Bardella-Bourbon, symbole d’une certaine droite identitaire, ne fait pas l’unanimité, loin s’en faut. Les catholiques pratiquants, souvent présentés comme le socle électoral naturel du RN, sont en réalité profondément divisés.

    Cette fragmentation n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’une stratégie délibérée : diviser pour mieux régner. Les réseaux sociaux, les médias communautaires, les influences étrangères – tout concourt à créer des bulles informationnelles étanches où chacun ne dialogue plus qu’avec ses semblables.

    La France et le Proche-Orient : l’impuissance assumée ?

    Sur la scène internationale, la position française devient de plus en plus inconfortable. La situation au Liban et en Palestine illustre parfaitement notre impuissance. J’ai appelé la France à déployer des forces militaires d’interposition au Liban et en Palestine contre les Israéliens et contre les Américains qui les arment. Un appel qui peut sembler provocateur, mais qui pose une vraie question : à quoi sert une « puissance moyenne » si elle ne peut même pas faire respecter le droit international dans sa zone d’influence historique ?

    Le Liban, ancienne perle du Levant sous mandat français, s’enfonce dans le chaos. La Palestine continue de subir une occupation qui défie toutes les résolutions de l’ONU. Et la France ? Elle « condamne », elle « appelle au dialogue », elle « exprime sa préoccupation ». Des mots, toujours des mots, jamais d’actes.

    Cette impuissance n’est pas seulement diplomatique, elle est aussi morale. Comment prétendre incarner les valeurs universelles des droits de l’homme quand on ferme les yeux sur les violations quotidiennes de ces mêmes droits ? Comment parler de justice internationale quand on laisse prospérer l’injustice à nos portes ?

    Le prix de la lâcheté

    La France doit arrêter de parler et commencer à agir. Mais pour cela, il faudrait du courage politique. Il faudrait oser défier Washington, oser affronter les lobbies, oser prendre des risques. Or, nos dirigeants semblent plus préoccupés par leur réélection que par l’honneur de la France.

    Le résultat ? Nous perdons sur tous les tableaux. Notre influence au Proche-Orient s’effondre. Notre crédibilité morale est en lambeaux. Et pendant ce temps, d’autres acteurs – Russie, Chine, Turquie – comblent le vide laissé par notre renoncement.

    Le système politique français : une démocratie en trompe-l’œil ?

    Face à ces défis monumentaux, on pourrait espérer un sursaut démocratique. Un débat de fond sur l’avenir du pays. Une mobilisation citoyenne pour reprendre notre destin en main. Mais que constate-t-on ? Une classe politique déconnectée, des médias qui préfèrent le spectacle à l’information, et des citoyens de plus en plus désabusés.

    Quand j’appelle Manuel Valls à se présenter, c’est par provocation, certes, mais aussi par désespoir. Car au fond, peu importe qui se présente si le système reste le même. Un système où l’on s’essuie les pieds sur la démocratie, où l’on se moque honteusement des Français qui participent activement à la vie démocratique en ligne.

    Les émissions de divertissement politique – oxymore s’il en est – symbolisent cette dérive. Pas un seul présentateur n’oserait poser les vraies questions, celles qui fâchent, celles qui dérangent. On préfère les petites phrases, les clashs stériles, les polémiques artificielles. Pendant ce temps, les vrais enjeux restent dans l’ombre.

    La stratégie de la diversion

    Cette situation n’est pas accidentelle. Elle résulte d’une stratégie délibérée : la fragmentation et la diversion. On crée des polémiques artificielles pour éviter les débats de fond. On monte les communautés les unes contre les autres pour éviter qu’elles ne s’unissent contre le système. On noie l’information importante dans un flot de faits divers et de buzz médiatiques.

    Et ça fonctionne, surtout en France. Notre pays, qui se targue d’être celui des Lumières, semble avoir perdu sa capacité de discernement critique. Très peu de gens sont en mesure de comprendre ce qui se passe réellement. La plupart se contentent de répéter les éléments de langage qu’on leur sert, sans jamais questionner les narratifs dominants.

    Vers un sursaut salvateur ?

    Alors, tout est-il perdu ? Faut-il baisser les bras et accepter le déclin ? Non, mille fois non. Car la France a en elle les ressources pour rebondir. Nous avons des atouts considérables : une population éduquée, des infrastructures de qualité, une position géographique stratégique, une langue parlée sur tous les continents.

    Mais pour que ces atouts deviennent des leviers de renaissance, il faut d’abord regarder la réalité en face. Arrêter de se mentir sur notre situation. Cesser de croire que notre glorieux passé nous garantit un avenir radieux. Comprendre que rien n’est acquis et que tout est à reconquérir.

    Il faut ensuite retrouver le sens du collectif. Dépasser les clivages artificiels qui nous divisent. Réapprendre à faire nation, sans pour autant nier nos différences. C’est possible – d’autres pays l’ont fait. Mais cela demande du courage, de la lucidité et surtout, une volonté politique qui semble cruellement faire défaut aujourd’hui.

    J’espère qu’il va y avoir un sursaut de bon sens à la française de toute urgence dans ce pays. Car si nous continuons sur cette trajectoire, si nous laissons faire, si nous acceptons que la France devienne « un pays bien dégueulasse » comme je l’ai écrit dans un moment de colère, alors nous aurons collectivement failli à notre devoir historique.

    La France mérite mieux que ce qu’elle est devenue. Les Français méritent mieux que ce qu’on leur propose. Mais ce « mieux » ne tombera pas du ciel. Il faudra le conquérir, le mériter, le défendre. Êtes-vous prêts pour ce combat ? Car moi, malgré tout, malgré la désillusion et l’amertume, je le suis encore. Et vous ?

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • Nous sommes vraiment, mais vraiment chez les fous
    Nous sommes vraiment, mais vraiment chez les fous
    Fin 2025, les indicateurs économiques, sociaux et géopolitiques s’emballent. L’Europe vacille sous le poids de ses dettes, les conflits s’étendent, et les élites semblent incapables de proposer autre chose que des rustines. Sommes-nous condamnés à subir cette folie, ou reste-t-il une lueur d’espoir ?

    Le bordel économique : quand les chiffres mentent (ou pas)

    Je vais vous dire une chose : les chiffres, on les manipule, mais les faits, eux, sont têtus. En ce mois de novembre 2025, la dette publique française dépasse les 130 % du PIB. Cent trente pour cent. Un niveau qui, il y a encore dix ans, aurait fait hurler les mêmes qui aujourd’hui trouvent ça « gérable ».

    Pourtant, les marchés ne hurlent plus. Ils s’habituent. Comme on s’habitue à un cancer en phase terminale. La Banque centrale européenne (BCE) continue d’injecter des liquidités, mais pour quoi faire ? Les entreprises licencient, les ménages serrent la ceinture, et les États empruntent pour rembourser… leurs emprunts précédents. Une pyramide de Ponzi à l’échelle continentale.

    Le plus inquiétant ? Personne ne semble avoir de plan B. Les « experts » qui défilaient sur les plateaux il y a cinq ans pour expliquer que tout était sous contrôle sont aujourd’hui soit reconvertis dans le conseil en optimisation fiscale, soit en retraite anticipée aux Bahamas. Bref.

    Et pendant ce temps, les inégalités explosent. En France, les 1 % les plus riches possèdent désormais 25 % du patrimoine national, selon les dernières données de l’Insee (2024). Vingt-cinq pour cent. Le même chiffre qu’aux États-Unis en 1929, juste avant le krach. Coïncidence ? Je ne crois pas aux coïncidences.

    La dette, ce monstre qui nous dévore

    Prenons un exemple concret : l’Italie. En 2025, sa dette atteint 160 % du PIB. Le gouvernement de Giorgia Meloni a tenté une réforme des retraites pour réduire les dépenses, mais les manifestations monstres de 2024 l’ont contrainte à reculer. Résultat ? Rome emprunte à des taux de plus en plus élevés, et la BCE doit racheter ses obligations pour éviter un défaut. Un cercle vicieux.

    Et la France dans tout ça ? Elle suit le même chemin, mais en version « slow motion ». Les agences de notation menacent de dégrader sa note, ce qui ferait bondir le coût de la dette. Mais personne n’ose en parler. Comme si le fait de ne pas en parler allait faire disparaître le problème.

    Je me souviens d’une conversation avec un haut fonctionnaire de Bercy, il y a deux ans. Il m’avait dit, un verre de whisky à la main : « On sait tous que ça va péter. La question, c’est quand. » Bref.

    Géopolitique : le monde en feu (et personne pour éteindre l’incendie)

    Si l’économie est une bombe à retardement, la géopolitique, elle, est déjà en train d’exploser. En ce mois de novembre 2025, le Proche-Orient est en ébullition. Israël et l’Iran se livrent une guerre par procuration au Liban, en Syrie et même en mer Rouge. Les attaques de drones se multiplient, et les États-Unis, englués dans leurs propres crises internes, peinent à jouer les gendarmes du monde.

    En Europe, la guerre en Ukraine s’enlise. Kiev résiste toujours, mais les livraisons d’armes occidentales se font de plus en plus rares. La Russie, elle, a trouvé des alliés en Chine, en Iran et en Corée du Nord. Un axe anti-occidental qui commence à faire peur. Et l’Europe ? Elle tergiverse, divisée entre ceux qui veulent en finir avec cette guerre coûteuse et ceux qui craignent un effondrement de l’Ukraine.

    Le plus absurde ? Personne ne semble capable de négocier. Les diplomates parlent, mais personne n’écoute. Comme si chacun attendait que l’autre craque le premier. Un jeu de poker menteur à l’échelle planétaire.

    L’Afrique, ce continent abandonné (ou pillé ?)

    Pendant ce temps, l’Afrique continue de brûler. Pas au sens figuré : au sens propre. Au Sahel, les groupes jihadistes ont étendu leur emprise, et les coups d’État se multiplient. Le Mali, le Burkina Faso, le Niger… Des pays qui, il y a encore cinq ans, étaient considérés comme des partenaires stables de l’Occident. Aujourd’hui, ils se tournent vers la Russie et la Chine.

    La France, elle, a été priée de plier bagage. Ses bases militaires ont fermé les unes après les autres, et ses entreprises sont chassées. Un échec cuisant pour une politique africaine qui a duré des décennies. Mais qui en parle ? Personne. Comme si l’Afrique était devenue un sujet tabou.

    Pourtant, les conséquences sont là : des millions de migrants qui fuient la guerre et la misère, et une Europe qui se barricade. Des murs s’élèvent partout, des barbelés, des camps de rétention. L’espace Schengen n’est plus qu’un souvenir. Bref.

    La société en miettes : quand le vivre-ensemble devient un slogan creux

    Mais le pire, peut-être, c’est ce qui se passe à l’intérieur de nos sociétés. En France, les tensions communautaires n’ont jamais été aussi vives. Les émeutes urbaines de 2023 et 2024 ont laissé des traces, et les politiques, au lieu de chercher à apaiser, attisent les divisions.

    Le discours dominant ? « C’est la faute aux autres. » Aux migrants, aux musulmans, aux riches, aux pauvres, aux élites, aux anti-élites… Tout le monde a un bouc émissaire. Personne ne veut regarder la réalité en face : notre modèle social est à bout de souffle.

    Prenez l’école. En 2025, un élève sur cinq sort du système scolaire sans diplôme. Un sur cinq. Et ce n’est pas une question de moyens : la France dépense plus pour son éducation que la moyenne des pays de l’OCDE. Non, le problème, c’est que le système est devenu une machine à reproduire les inégalités. Les enfants des quartiers populaires sont orientés vers des filières professionnelles par défaut, tandis que ceux des beaux quartiers intègrent Sciences Po ou HEC.

    Et la santé ? Le système hospitalier est au bord de l’implosion. Les médecins fuient le public, les urgences sont saturées, et les patients attendent des heures pour être pris en charge. En 2024, un rapport du Sénat a révélé que 15 % des Français renonçaient à se soigner pour des raisons financières. Quinze pour cent. Un chiffre qui devrait faire scandale, mais qui est passé inaperçu.

    La culture du clash : quand la haine devient un business

    Dans ce contexte, les réseaux sociaux jouent un rôle délétère. Les algorithmes favorisent les contenus clivants, les fake news se propagent à la vitesse de la lumière, et les influenceurs se transforment en prédicateurs de haine. Le débat public est devenu un champ de bataille où chacun campe sur ses positions, sans écouter l’autre.

    Les médias traditionnels ne valent guère mieux. Entre ceux qui sont aux mains des milliardaires et ceux qui surfent sur la vague du sensationnalisme, difficile de trouver une information de qualité. Résultat ? Les gens ne croient plus en rien. Ni en la politique, ni en les médias, ni même en la science.

    Je me souviens d’une discussion avec un ami journaliste, il y a quelques mois. Il m’avait dit : « On est en train de perdre la bataille de l’information. Les gens préfèrent croire aux théories du complot plutôt qu’aux faits. » Bref.

    Les élites : ces guignols qui nous gouvernent (ou pas)

    Et puis il y a eux. Les élites. Ces gens qui nous gouvernent, ou du moins qui prétendent nous gouverner. En 2025, leur crédibilité est au plus bas. Les promesses non tenues, les affaires de corruption, les conflits d’intérêts… Tout cela a fini par user la patience des citoyens.

    Prenez l’Union européenne. En théorie, c’est une belle idée : une Europe unie, forte, capable de peser sur la scène internationale. En pratique ? C’est une machine bureaucratique inefficace, dirigée par des technocrates qui ne comprennent plus les réalités du terrain. Les décisions se prennent à huis clos, sans consultation des peuples, et quand les citoyens osent donner leur avis (comme avec le Brexit), on les traite de populistes ou d’ignorants.

    En France, c’est pire. Les partis politiques traditionnels sont en lambeaux. La droite est divisée entre les libéraux et les souverainistes, la gauche entre les sociaux-démocrates et les radicaux. Quant au centre… Il n’existe plus. À la place, on a une succession de gouvernements qui naviguent à vue, sans vision à long terme.

    Le résultat ? Une défiance généralisée. Selon un sondage Ifop publié en octobre 2025, 78 % des Français ne font plus confiance aux politiques. Soixante-dix-huit pour cent. Un chiffre qui donne le vertige.

    Le grand déni : quand la réalité devient trop dure à accepter

    Mais le plus inquiétant, peut-être, c’est cette capacité collective à nier la réalité. Comme si, en refusant de voir les problèmes, on allait les faire disparaître. Prenez le réchauffement climatique. En 2025, les records de chaleur se succèdent, les incendies ravagent le sud de l’Europe, et les inondations dévastent l’Asie. Pourtant, les États continuent de subventionner les énergies fossiles, et les citoyens, eux, font semblant de croire que tout va bien.

    Je me souviens d’une conversation avec un ami entrepreneur, il y a quelques semaines. Il m’avait dit : « On est comme des passagers d’un avion qui vient de perdre ses deux moteurs. On sait qu’on va s’écraser, mais personne n’ose le dire à haute voix. » Bref.

    Et puis il y a cette question qui me hante : et si nous étions déjà trop loin pour revenir en arrière ? Si les décisions qu’il aurait fallu prendre il y a dix ans n’avaient pas été prises, et que désormais, il était trop tard ?

    Alors, sommes-nous vraiment foutus ?

    Je vais être honnête avec vous : je n’ai pas la réponse. Personne ne l’a. Mais une chose est sûre : continuer comme si de rien n’était, c’est la garantie de l’effondrement. Alors, que faire ?

    D’abord, arrêter de se voiler la face. Les problèmes ne vont pas disparaître tout seuls. Il faut les regarder en face, les analyser, et chercher des solutions. Même si elles sont douloureuses.

    Ensuite, reprendre le contrôle. Les citoyens doivent se réapproprier la politique, exiger des comptes, et ne plus laisser les élites décider à leur place. Cela passe par l’éducation, par l’engagement, par la pression populaire.

    Enfin, il faut retrouver un sens du collectif. Arrêter de se diviser, de se haïr, de chercher des boucs émissaires. Nous sommes tous dans le même bateau, et si nous ne commençons pas à ramer dans la même direction, nous allons tous couler ensemble.

    Alors oui, nous sommes vraiment chez les fous. Mais cela ne signifie pas que nous sommes condamnés. La folie, après tout, n’est pas une fatalité. Elle est souvent le résultat de choix, de renoncements, de lâchetés. Et si nous avons le pouvoir de créer cette folie, nous avons aussi celui de la combattre.

    Alors, la question n’est pas de savoir si nous sommes foutus. La question, c’est : que sommes-nous prêts à faire pour nous en sortir ?

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • L’antenne devient une zone de non-droit médiatique
    L’antenne devient une zone de non-droit médiatique
    En 2025, les médias audiovisuels français traversent une période de turbulence sans précédent. Des modifications de programmes en dernière minute, des invités qui disparaissent des plateaux après quelques minutes, et des dispositifs de contrôle annoncés mais jamais mis en place révèlent un système où la transparence et la cohérence semblent avoir disparu. Derrière ces dysfonctionnements apparents se cachent peut-être des logiques bien plus troubles.

    Quand le programme devient une variable d’ajustement

    Je me souviens encore de cette soirée du 11 octobre 2025. Un invité surprise était annoncé dans une émission politique phare. Les réseaux sociaux bruissaient d’anticipation. Pourtant, à l’antenne, l’invité en question n’est resté que quelques minutes, laissant un plateau médusé et un animateur visiblement déstabilisé. C’était pas prévu…

    Ce n’est pas un cas isolé. Depuis le début de l’automne, les exemples se multiplient : des débats écourtés, des reportages remplacés au dernier moment par des rediffusions, des invités annulés sans explication. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les grilles de programmes ressemblent de plus en plus à des terrains minés. Mais pourquoi ?

    Les hypothèses sont nombreuses. Certaines pointent du doigt les pressions politiques, d’autres évoquent des conflits internes aux rédactions, ou encore des impératifs économiques. Une chose est sûre : le public, lui, est laissé dans le flou. Et quand le flou devient la norme, c’est toute la crédibilité des médias qui est en jeu.

    L’exemple Apolline : pourquoi certains animateurs restent-ils à l’antenne malgré tout ?

    Prenons le cas d’Apolline de Malherbe. Le 28 octobre 2025, alors que les critiques pleuvent sur son émission Apolline Wake Up, une question s’impose : pourquoi est-elle toujours à l’antenne ? Les audiences sont en berne, les polémiques s’enchaînent, et pourtant, rien ne change. Et moi je ne comprends même pas que la @apollineWakeUp soit encore à l’antenne.

    Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation. D’abord, les contrats en télévision sont souvent verrouillés sur plusieurs années, ce qui rend les licenciements coûteux. Ensuite, certains animateurs bénéficient d’un soutien indéfectible de la direction, parfois pour des raisons qui dépassent le simple cadre professionnel. Enfin, il y a cette fameuse résilience médiatique : une fois qu’un animateur est installé, il est difficile de le déloger, même si son émission ne correspond plus aux attentes du public.

    Mais jusqu’où peut-on aller dans l’opacité ? Quand un animateur reste en place malgré les critiques, c’est tout le système qui est interrogé. Le public a-t-il encore son mot à dire ? Ou bien les médias sont-ils devenus des machines à produire du contenu, sans se soucier de la qualité ni de la transparence ?

    Le bracelet électronique qui n’est jamais arrivé

    Parmi les annonces les plus surprenantes de cette année 2025, il y a eu celle du bracelet électronique pour les invités politiques. L’idée était simple : un dispositif permettant de vérifier en temps réel les déclarations des invités, avec des alertes en cas de mensonges ou d’approximations. Une révolution dans le paysage médiatique français, promise pour la rentrée.

    Pourtant, le 21 décembre 2025, force est de constater que le bracelet brille par son absence. Je ne vois pas le bracelet électronique à la cheville. Personne ne l’a vu, d’ailleurs. Ni sur les plateaux, ni dans les coulisses. Alors, que s’est-il passé ?

    Plusieurs pistes peuvent être explorées. D’abord, la faisabilité technique : un tel dispositif aurait nécessité des investissements colossaux, ainsi qu’une collaboration étroite avec les experts en vérification des faits. Ensuite, les résistances internes : certains animateurs et journalistes ont pu voir d’un mauvais œil cette intrusion dans leur travail. Enfin, la question juridique : un bracelet électronique pour contrôler les déclarations publiques soulève des problèmes éthiques et légaux majeurs.

    Bref. Le bracelet électronique était peut-être une fausse bonne idée, ou alors une promesse en l’air pour calmer les esprits. Dans les deux cas, son absence interroge. Si les médias ne sont pas capables de tenir leurs propres engagements, comment peuvent-ils exiger de la transparence de la part des autres ?

    L’accès libre : une illusion qui coûte cher

    Autre sujet brûlant : l’accès libre aux plateaux de télévision. Depuis quelques années, les chaînes mettent en avant leur volonté d’ouvrir leurs portes à des voix diverses, loin des cercles traditionnels du pouvoir. Pourtant, en 2025, cette promesse semble de plus en plus difficile à tenir.

    Les raisons sont multiples. D’abord, les contraintes logistiques : organiser un débat avec des invités extérieurs prend du temps, et les rédactions sont souvent sous pression pour produire du contenu rapidement. Ensuite, les risques juridiques : un invité imprévisible peut tenir des propos diffamatoires ou inciter à la haine, exposant la chaîne à des poursuites. Enfin, la question de l’audience : les téléspectateurs sont-ils vraiment prêts à entendre des opinions qui sortent des sentiers battus ?

    Résultat : les plateaux restent souvent peuplés des mêmes visages, et les débats tournent en rond. Y a un truc vraiment pas clair du tout. L’accès libre était censé être une révolution. En réalité, il ressemble de plus en plus à une coquille vide.

    Le cas des invités qui ne restent pas

    Un phénomène particulièrement troublant est celui des invités qui quittent le plateau après quelques minutes. Comme si quelque chose, ou quelqu’un, les avait fait fuir. Les exemples sont nombreux, et les explications, rares.

    Plusieurs hypothèses circulent. Certains évoquent des pressions exercées en coulisses, d’autres des désaccords sur le contenu du débat. Il y a aussi la piste des consignes : et si certains invités étaient priés de quitter le plateau pour éviter des sujets sensibles ?

    Quoi qu’il en soit, ces départs précipités laissent un goût amer. Ils donnent l’impression d’un système où la vérité est négociable, et où les règles du jeu changent en fonction des intérêts du moment. Ils ne sont même pas restés une heure. Une phrase qui résume à elle seule l’état de notre paysage médiatique.

    Qui décide vraiment de ce qui passe à l’antenne ?

    Derrière ces dysfonctionnements apparents se cache une question plus large : qui contrôle vraiment les programmes ? Les rédactions ? Les actionnaires ? Les politiques ? Ou bien une combinaison des trois ?

    En France, le paysage audiovisuel est encadré par des lois strictes, notamment en matière de pluralisme et d’indépendance éditoriale. Pourtant, en pratique, les choses sont bien plus floues. Les chaînes privées, par exemple, sont soumises à des impératifs économiques qui peuvent entrer en conflit avec leur mission d’information. Quant aux chaînes publiques, elles subissent des pressions politiques de plus en plus fortes, comme en témoignent les récentes nominations à la tête de France Télévisions.

    Le résultat ? Un système où les décisions sont souvent prises dans l’opacité, et où les programmes deviennent des variables d’ajustement. Sais expliquer ces mécanismes au public devient une mission de plus en plus difficile pour les journalistes eux-mêmes.

    La spirale infernale des audiences

    Un autre facteur clé est la course aux audiences. Dans un paysage médiatique de plus en plus fragmenté, les chaînes sont prêtes à tout pour capter l’attention du public. Cela se traduit par des programmes toujours plus sensationnalistes, des débats toujours plus clivants, et des invités toujours plus polémiques.

    Le problème, c’est que cette logique finit par épuiser le public. Les téléspectateurs sont de plus en plus nombreux à se détourner des médias traditionnels, au profit de sources d’information alternatives, souvent moins fiables. Et quand le public déserte, c’est toute la démocratie qui en pâtit.

    Et maintenant, on fait quoi ?

    Face à ce constat, une question s’impose : comment sortir de cette spirale ? Plusieurs pistes peuvent être explorées.

    D’abord, la transparence. Les chaînes doivent expliquer clairement les raisons des changements de programmes, et assumer leurs choix éditoriaux. Ensuite, la régulation. Les autorités de contrôle, comme l’Arcom, doivent jouer leur rôle de garde-fous, en sanctionnant les abus et en garantissant le pluralisme. Enfin, l’éducation aux médias. Le public doit être formé pour décrypter les informations, et résister aux manipulations.

    Mais au-delà de ces mesures, c’est une véritable révolution culturelle qui est nécessaire. Les médias doivent retrouver leur mission première : informer, éclairer, et donner la parole à tous. Pas seulement à ceux qui crient le plus fort.

    Bref. Le paysage médiatique français est à un tournant. Soit il se réforme en profondeur, soit il risque de perdre définitivement la confiance du public. Et dans ce cas, personne ne sortira gagnant.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • 10 septembre 2025, une mobilisation cryptique qui divise la France
    10 septembre 2025, une mobilisation cryptique qui divise la France
    Un mouvement de contestation atypique se structure autour du 10 septembre 2025, mêlant codes cryptés, références pop culture et promesses de « désorganisation structurelle ». Loin des Gilets jaunes traditionnels, cette mobilisation annonce un changement de paradigme dans les formes de protestation française.

    Les codes d’une mobilisation 2.0

    Depuis juillet 2025, un phénomène singulier agite les réseaux sociaux français. Une date circule, accompagnée de références énigmatiques : le 10 septembre 2025, un mercredi, jour de « raviolis ». Derrière cette apparente légèreté se cache une stratégie de communication sophistiquée qui rompt avec les codes traditionnels de la mobilisation sociale.

    Cette approche cryptée n’est pas anodine. Elle répond à une double logique : créer un sentiment d’appartenance chez les initiés tout en échappant aux radars des autorités. Le terme « mercredi raviolis » devient ainsi un signe de ralliement, une façon de se reconnaître entre « sachants » sans expliciter les véritables intentions du mouvement.

    L’usage du hashtag #10septembre2025 s’accompagne d’un vocabulaire particulier : « nouvelle intifada », « désorganisation structurelle », « venez comme vous êtes ». Ces expressions forgent une identité collective tout en maintenant un flou artistique sur les objectifs réels de la mobilisation.

    Au-delà des Gilets jaunes : un nouveau paradigme contestataire

    Les organisateurs de cette mobilisation revendiquent explicitement une rupture avec le mouvement des Gilets jaunes. Ils annoncent « passer à un autre niveau », promettant que les manifestants traditionnels seront « les bienvenus » mais ne seront plus « à la manœuvre ».

    Cette évolution reflète les transformations profondes du paysage contestataire français. Après l’essoufflement relatif des mouvements de ronds-points, de nouveaux acteurs émergent, armés d’une culture numérique plus aboutie et d’une approche moins centralisée de l’organisation.

    Le concept de « désorganisation structurelle » illustre cette mutation. Il ne s’agit plus de bloquer ponctuellement l’économie, mais de créer un climat d’instabilité durable, multiforme et imprévisible. Cette stratégie s’inspire des théories de la guerre asymétrique adaptées au contexte civil.

    L’appel à « venir avec vos revendications les plus légitimes, individuelles et collectives » traduit également une approche plus inclusive, cherchant à fédérer au-delà des clivages politiques traditionnels. Cette stratégie du « front populaire élargi » vise à mobiliser simultanément des publics habituellement opposés.

    La dimension technologique : outils de coordination et de résistance

    Un élément frappant de cette mobilisation réside dans l’importance accordée aux outils numériques. Les organisateurs recommandent explicitement le téléchargement de l’application BITCHAT, présentée comme essentielle à l’opération. Cette insistance révèle une dimension technologique centrale dans la stratégie déployée.

    Cette approche s’inscrit dans une tendance lourde : l’utilisation d’applications de messagerie chiffrée pour coordonner des actions de désobéissance civile. Telegram, Signal et maintenant BITCHAT deviennent les nouveaux outils de la contestation, permettant d’échapper à la surveillance traditionnelle.

    La référence aux « hackers » qui « ne voulaient pas attendre le 10 septembre » suggère également une dimension cyber dans cette mobilisation. Cette convergence entre activisme de rue et activisme numérique marque une évolution majeure des mouvements contestataires contemporains.

    L’évocation d’ »opérations de sabotage » démarrées « à minuit 00 01 » et « non détectées par les autorités » laisse entrevoir une planification minutieuse, s’appuyant sur des compétences techniques avancées et une coordination décentralisée.

    Chronologie d’une montée en tension

    L’analyse temporelle des messages révèle une escalade progressive. Parti en juillet d’appels relativement vagues, le discours se radicalise au fil des semaines. Les références au « warmup » fin août suggèrent une phase de préparation active, tandis que l’évocation de « centres commerciaux attaqués » marque un durcissement du ton.

    Cette montée en tension culmine avec l’annonce que l’opération commence « en pleine nuit à minuit 00 01 », rompant avec les codes traditionnels des manifestations diurnes. Cette temporalité nocturne évoque les stratégies de guérilla urbaine et marque une rupture symbolique forte.

    Le passage du 10 au 11 septembre, puis l’annonce d’un « acte 2 » le 18 septembre, révèlent une planification sur plusieurs semaines. Cette approche séquentielle vise probablement à maintenir la pression sur les autorités et à tester leur capacité de réaction.

    Les signaux faibles d’une radicalisation

    Certains éléments du discours interrogent sur le niveau de radicalisation réel du mouvement. L’usage d’émojis sanglants, les références à l’ »intifada », ou encore l’évocation d’actions « sales » suggèrent une volonté de transgression qui dépasse le cadre de la manifestation pacifique traditionnelle.

    Cette rhétorique de la violence, même métaphorique, s’inscrit dans une stratégie de communication destinée à marquer les esprits. Elle vise à créer un sentiment d’urgence et à différencier ce mouvement des mobilisations précédentes jugées inefficaces.

    Enjeux et perspectives d’une mobilisation inédite

    Au-delà de son aspect spectaculaire, ce mouvement révèle des mutations profondes de la société française. Il traduit une frustration croissante face aux canaux traditionnels d’expression démocratique et une recherche de nouveaux modes d’action collective.

    L’approche « venez comme vous êtes » témoigne d’une volonté d’inclusion maximale, cherchant à dépasser les clivages sociaux et politiques. Cette stratégie du grand rassemblement hétérogène pose néanmoins la question de la cohérence des revendications et de la durabilité du mouvement.

    La dimension internationale, avec des références au Népal et l’usage de hashtags multilingues, suggère une ambition qui dépasse le cadre hexagonal. Cette internationalisation des mouvements contestataires constitue un défi inédit pour les autorités nationales.

    Les défis pour l’ordre public

    Pour les forces de l’ordre, cette mobilisation représente un défi majeur. Sa nature décentralisée, sa communication cryptée et sa temporalité étalée compliquent considérablement les stratégies de prévention traditionnelles.

    L’annonce d’actions simultanées « venant de tous les côtés » vise explicitement à saturer les capacités de réaction des autorités. Cette stratégie de dispersion géographique et temporelle s’inspire des tactiques de guerre asymétrique appliquées au contexte civil.

    Reste à savoir si cette mobilisation atypique parviendra à transformer l’essai. L’histoire récente montre que les mouvements les plus spectaculaires sur les réseaux sociaux ne se traduisent pas toujours par une mobilisation effective sur le terrain. Le test de réalité du 10 septembre 2025 dira si cette nouvelle forme de contestation parvient à dépasser le stade de la communication pour devenir un véritable rapport de force politique.

    Pour aller plus loin

    Photo : Khamkéo / Unsplash

  • Drapeau palestinien à l’Assemblée, symbole d’une France qui se cherche
    Drapeau palestinien à l’Assemblée, symbole d’une France qui se cherche
    Un député brandit un drapeau palestinien à l’Assemblée, provoquant un incident révélateur. Alors que trois pays européens reconnaissent la Palestine, la France reste figée dans ses contradictions diplomatiques, illuminant ses monuments aux couleurs d’Israël tout en refusant de reconnaître l’État palestinien.

    Le 28 mai 2024, un geste simple a déclenché une tempête politique. Un député français a brandi un drapeau palestinien dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Ce qui aurait pu n’être qu’un fait divers parlementaire révèle en réalité les fractures béantes de la position française sur le conflit israélo-palestinien.

    L’incident prend une dimension particulière quand on sait que le même jour, l’Espagne, l’Irlande et la Norvège reconnaissaient officiellement l’État de Palestine. Pendant que nos voisins européens franchissaient ce pas historique, que faisait la France ? Elle restait silencieuse, prisonnière de ses contradictions.

    Un deux poids, deux mesures flagrant

    Souvenez-vous. Après les attaques du 7 octobre 2023, la Tour Eiffel s’est illuminée aux couleurs d’Israël. L’Assemblée nationale aussi. Des gestes symboliques forts, assumés, officiels. La France montrait son soutien sans ambiguïté.

    Mais quand un député ose brandir un drapeau palestinien ? C’est le scandale. L’huissier intervient, le drapeau est arraché. Et ce qui s’est passé ensuite avec ce drapeau confisqué reste flou – une zone d’ombre révélatrice du malaise français.

    Peut-on imaginer la même réaction avec un drapeau ukrainien ? Un drapeau européen ? Un drapeau LGBT lors des débats sur le mariage pour tous ? La question mérite d’être posée. Elle révèle une hiérarchie implicite des causes légitimes dans notre République.

    La Palestine, angle mort de la diplomatie française

    La position française sur la Palestine ressemble à un funambulisme permanent. D’un côté, la France se targue d’être la patrie des droits de l’homme. De l’autre, elle refuse obstinément de reconnaître l’État palestinien, contrairement à 139 pays membres de l’ONU.

    Cette position devient de plus en plus intenable. Nos partenaires européens bougent. L’Espagne, l’Irlande et la Norvège ont franchi le pas. La Belgique et la Slovénie pourraient suivre. La France reste immobile, arc-boutée sur une position qui date d’un autre temps.

    Les arguments officiels ? Il faudrait d’abord une solution négociée. Mais cette position revient à donner un droit de veto à Israël sur la reconnaissance de la Palestine. C’est comme si on avait attendu l’accord de l’URSS pour reconnaître les pays baltes.

    Le poids de l’histoire et des lobbies

    La frilosité française s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, le poids de l’histoire. La France porte une responsabilité particulière envers la communauté juive après la Shoah et Vichy. Cette culpabilité légitime ne devrait pourtant pas empêcher une position équilibrée sur le conflit actuel.

    Ensuite, l’influence des lobbies pro-israéliens en France est réelle et documentée. Le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) pèse lourd dans le débat public. Ses dîners annuels sont des rendez-vous incontournables pour la classe politique.

    Enfin, la peur de l’antisémitisme paralyse le débat. Toute critique d’Israël est immédiatement suspectée d’antisémitisme. Cette confusion entretenue entre antisionisme et antisémitisme empêche tout débat serein.

    L’Assemblée nationale, théâtre des contradictions

    L’incident du drapeau palestinien n’est que la partie émergée de l’iceberg. L’Assemblée nationale est devenue le théâtre où se jouent ces contradictions françaises.

    D’un côté, des députés de gauche tentent régulièrement de faire avancer la reconnaissance de la Palestine. Propositions de résolution, questions au gouvernement, amendements… Les initiatives se multiplient.

    De l’autre, la majorité présidentielle et la droite bloquent systématiquement. Les arguments varient mais le résultat est toujours le même : la France ne bougera pas tant qu’il n’y aura pas de négociations directes.

    Le règlement comme prétexte

    L’interdiction de brandir des drapeaux étrangers dans l’hémicycle sert de paravent commode. Le règlement, c’est sacré. Mais ce même règlement n’a pas empêché des députés de porter des pin’s ukrainiens ou européens.

    Plus révélateur encore : que s’est-il passé avec ce drapeau palestinien confisqué ? A-t-il été jeté ? Brûlé ? Rangé dans un placard ? Le flou entretenu sur ce détail en dit long sur le malaise ambiant.

    Certains y voient même une manœuvre. En créant un précédent avec le drapeau palestinien, on préparerait le terrain pour autoriser demain le drapeau israélien dans l’enceinte. Une opération de communication sophistiquée ? L’hypothèse n’est pas si farfelue.

    La France à contre-courant de l’opinion publique

    Le décalage entre la position officielle et l’opinion publique française est frappant. Les sondages montrent régulièrement qu’une majorité de Français soutient la reconnaissance de l’État palestinien.

    La jeunesse française, en particulier, ne comprend pas cette position. Pour eux, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’est pas négociable. La Palestine a le droit d’exister, point.

    Les manifestations pro-palestiniennes rassemblent des dizaines de milliers de personnes. La mobilisation sur les réseaux sociaux est massive. Mais rien n’y fait. La France officielle reste sourde.

    Le coût diplomatique de l’immobilisme

    Cette position a un coût. La France perd en crédibilité dans le monde arabe et musulman. Comment prétendre jouer un rôle de médiateur quand on refuse de reconnaître l’une des parties ?

    L’influence française au Proche-Orient s’érode. D’autres acteurs prennent la place : la Chine, la Russie, la Turquie. La France, autrefois puissance d’équilibre, est devenue inaudible.

    Même en Europe, la France s’isole. Quand l’Espagne, l’Irlande et la Norvège avancent, Paris recule. Cette divergence affaiblit la position européenne commune.

    Vers une reconnaissance inéluctable ?

    Malgré les blocages actuels, la reconnaissance de la Palestine par la France semble inéluctable à terme. Les pressions s’accumulent de toutes parts.

    La dynamique internationale joue en faveur de la Palestine. Chaque nouvelle reconnaissance renforce la légitimité palestinienne. La France ne pourra pas éternellement nager à contre-courant.

    La pression intérieure monte aussi. Les nouvelles générations de députés sont moins sensibles aux arguments traditionnels. Le renouvellement générationnel pourrait changer la donne.

    Enfin, l’évolution du conflit lui-même rend la position française de moins en moins tenable. La colonisation continue, la solution à deux États s’éloigne. Ne pas reconnaître la Palestine revient à cautionner le statu quo.

    Le symbole du drapeau

    Au final, l’incident du drapeau palestinien à l’Assemblée n’est qu’un symbole. Mais quel symbole ! Il cristallise toutes les contradictions, tous les non-dits, toutes les hypocrisies de la position française.

    Ce bout de tissu vert, blanc, rouge et noir dérange. Il rappelle qu’un peuple existe, qu’il a des droits, qu’il attend justice. Il rappelle aussi que la France, pays des droits de l’homme, a un devoir de cohérence.

    Tant que ce drapeau sera interdit à l’Assemblée, tant que la Palestine ne sera pas reconnue, la France restera prisonnière de ses contradictions. Et moi, je veux voir ce drapeau flotter tous les jours dans l’hémicycle. Jusqu’à ce que mon pays, la France, fasse enfin le bon choix.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Marco Oriolesi / Unsplash

  • La France, ce pays ‘très spécial’ que nos élites voudraient voir à genoux
    La France, ce pays ‘très spécial’ que nos élites voudraient voir à genoux
    Face aux discours catastrophistes sur le déclin français, l’auteur analyse pourquoi la France reste un pays stratégique dans l’échiquier mondial. Entre manipulation des élites et résilience populaire, il décrypte les enjeux cachés derrière le pessimisme ambiant et met en garde contre les fausses solutions politiques.

    Ceux qui nous expliquent que la France seule est perdue sont des menteurs honteux. Je le dis, je le répète, et je le maintiens. Depuis quarante ans que j’observe la vie politique française, j’ai rarement vu une telle convergence de discours défaitistes, une telle orchestration du désespoir. Mais derrière cette symphonie du déclin, se cache une réalité bien différente.

    La France, ce pays ‘très spécial dans le dispositif’

    Pour ceux qui n’ont pas encore compris, la France est un pays très spécial dans le dispositif mondial. Ce n’est pas une formule creuse, c’est une réalité géopolitique que nos dirigeants semblent avoir oubliée, ou pire, qu’ils cherchent délibérément à masquer.

    Regardez la carte. La France, c’est :

    • Le seul pays européen présent sur tous les océans
    • La deuxième zone économique exclusive maritime au monde
    • Une puissance nucléaire indépendante
    • Un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU

    Prenez la Nouvelle-Calédonie, par exemple. Nouméa est à 16 700 km de Paris. Vous réalisez ? C’est presque la moitié de la circonférence de la Terre. Et pourtant, c’est la France. Cette présence mondiale n’est pas un vestige colonial poussiéreux, c’est un atout stratégique majeur dans le monde multipolaire qui se dessine.

    Mais voilà, on préfère nous faire croire que nous sommes finis, dépassés, has-been. Pourquoi ? Parce qu’un pays qui doute de lui-même est plus facile à manipuler.

    Le grand mensonge de l’intégration ‘impossible’

    Un autre refrain qu’on nous serine : la France ne saurait plus intégrer, assimiler. Foutaises ! La France a toujours su intégrer et assimiler, souvent durement, les Italiens, Polonais, Portugais mais aussi tous les Maghrébins. Mon père, mineur de fond, en est la preuve vivante.

    Le vrai problème n’est pas la capacité d’intégration de la France. Le vrai problème, c’est qu’on a cessé d’exiger l’intégration. On a remplacé l’assimilation républicaine par le communautarisme mou. On a troqué l’exigence contre la complaisance.

    Regardez Jean Messiha. La vérité, c’est qu’il a poussé trop loin l’assimilation. Il est devenu tellement français que tout déborde par les extrémités. Ses tweets sont des trésors de la langue française : « coprolithes », « nidoreux », « petit babilan », « à cuculle ». Qui d’autre utilise encore ce vocabulaire ?

    L’intégration fonctionne quand on y croit et qu’on l’exige. Elle échoue quand on baisse les bras et qu’on accepte le repli communautaire.

    Les faux sauveurs et les vraies impasses

    Face à ce marasme organisé, que nous propose-t-on ? Des sauveurs providentiels qui promettent monts et merveilles. Permettez-moi d’être clair : c’est du flan.

    Jordan Bardella et le RN ? Il n’y a pas pire moment que maintenant pour diriger la France. Les conditions ne sont absolument pas réunies pour qu’une équipe RN, même coalisée, puisse obtenir le moindre résultat. Le gouvernement Bardella ne pourra absolument pas mettre en place la moindre mesure décisive pour améliorer de façon sensible la vie des Français.

    Pourquoi ? Parce que :

    • Les contraintes européennes sont verrouillées
    • La dette publique limite toute marge de manœuvre
    • L’appareil d’État est hostile
    • Les marchés financiers sanctionneraient immédiatement

    Les Français de droite dure qui vont voter pour ces petits caniches du RN vont se faire enfumer comme rarement. C’est cruel à dire, mais c’est la réalité.

    Quant à Éric Zemmour, c’est désormais à lui de prendre ses responsabilités. Abandonner Reconquête à Marion Maréchal et partir en vacances loin et longtemps pour sauver la France, ou sauver sa place de président et survivre avec 5% ad vitam aeternam ?

    Le courage politique, denrée rare

    Dans ce paysage désolé, quelques figures émergent. Ça fait 40 ans que j’observe la vie politique française et je crois que je n’ai pas vu un député plus courageux qu’Aurélien Guiraud, parce que là, il joue sa vie. Quand on dénonce vraiment le système, on prend des risques réels.

    François Fillon aussi. C’était le meilleur candidat pour diriger la France. On l’a descendu en flammes. Pourquoi ? Parce qu’il voulait vraiment réformer, vraiment changer les choses. Le système ne pardonne pas à ceux qui menacent ses privilèges.

    Bruno Le Maire, lui, déclare avoir « sauvé la France ». On croit rêver. Sauvé de quoi ? Pour aller où ? La qualité française, c’est désormais en dessous de la qualité chinoise, si je comprends bien l’affaire Jean Paul Gaultier.

    Le peuple français, dernier rempart

    Alors, tout est foutu ? Non. Bien sûr que non. C’est le peuple qui peut déterminer le destin de la France, évidemment pas ses représentants.

    « Français libres, égaux et fraternels, levez-vous. » Ce n’est pas un slogan creux. C’est un appel à la conscience collective. La France n’est pas une porcherie ! Nous avons encore les moyens de notre destin.

    Mais il faut arrêter de croire aux sauveurs. Il faut arrêter d’attendre le messie politique. Il faut comprendre que :

    • Le changement viendra de la base, pas du sommet
    • La reconquête sera culturelle avant d’être politique
    • La France a les atouts pour rebondir
    • Notre modèle social peut être sauvé s’il est réformé

    La France de demain : entre déclin organisé et sursaut salvateur

    Nous sommes à la croisée des chemins. D’un côté, les forces du déclin organisé, celles qui ont intérêt à voir la France affaiblie, docile, alignée. De l’autre, l’énergie vitale d’un peuple qui refuse de mourir.

    La France reste ce pays spécial dans le dispositif. Avec ses contradictions, ses forces, ses faiblesses. Avec ses « droitardés » et ses gauchistes, ses intégrés et ses communautaristes, ses élites déconnectées et son peuple resilient.

    Le foot, c’est la vie. « Ici c’est Paris ». Ces slogans populaires disent quelque chose de profond : la France vit encore, vibre encore, espère encore. Ne laissons pas les marchands de désespoir nous voler cette énergie.

    La question n’est pas de savoir si la France peut se relever. La question est de savoir si nous, Français, accepterons de nous relever. Ou si nous préférerons le confort morbide du déclin consenti.

    Moi, j’ai fait mon choix. Et vous ?

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Michael McKay / Unsplash