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  • La France de 2013 : entre colère fiscale et espoir entrepreneurial
    La France de 2013 vit une période de tensions extrêmes entre un État qui taxe toujours plus et des entrepreneurs qui fuient massivement. Les Bonnets rouges bretons incarnent cette colère populaire face à une fiscalité devenue insupportable, pendant que le gouvernement peine à convaincre de sa capacité à redresser l’économie.

    Je regarde la France de cette fin 2013 avec un mélange de tristesse et de colère. Après des décennies passées à entreprendre dans ce pays, je constate que nous avons atteint un point de non-retour. Les entrepreneurs français ne manifesteront pas. Ne demanderont plus rien. Vous ne les trouverez simplement plus ici demain.

    L’exode silencieux des forces vives

    Chaque semaine, je croise des entrepreneurs qui préparent leurs valises. Pas des exilés fiscaux millionnaires dont parlent les médias, non. Des patrons de PME, des créateurs de startups, des artisans qui n’en peuvent plus. Le phénomène est massif mais invisible : contrairement aux Bonnets rouges bretons qui manifestent bruyamment, les entrepreneurs partent en silence.

    Les chiffres officiels minimisent l’ampleur du désastre. Mais sur le terrain, la réalité est brutale : les plus dynamiques, les plus innovants, les plus courageux s’en vont. Direction la Belgique, le Luxembourg, Londres, Singapour. Partout sauf en France.

    Ce qui me frappe, c’est que ces Français qui s’expatrient ne sont pas des lâches mais des héros, des aventuriers, des courageux. Il faut du cran pour tout quitter, recommencer ailleurs, affronter l’inconnu. Mais ils n’ont plus le choix : les charges sociales, patronales et les coûts salariaux additionnels sont devenus insupportables en France.

    Le poids écrasant de la fiscalité

    Prenons un exemple concret. Un entrepreneur qui veut embaucher un salarié à 2000 euros nets devra débourser près de 4000 euros. Entre les charges patronales, les charges salariales, les taxes diverses, le coût du travail a explosé. Comment être compétitif face à nos voisins européens dans ces conditions ?

    L’État français prélève désormais plus de 46% du PIB en impôts et cotisations diverses. Un record européen. Et ce n’est pas fini : Benoît Hamon veut « verdir l’impôt ». Traduction : de nouvelles taxes écologiques qui vont noircir la vie des Français les plus actifs.

    Les Bonnets rouges : symbole d’une France qui craque

    La Bretagne peut jouer un rôle historique dans le destin de la France si les Bretons sont prêts au sacrifice ultime. Les manifestations contre l’écotaxe ne sont que la partie émergée de l’iceberg. C’est tout un peuple qui dit stop.

    L’écotaxe, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Une taxe de plus, imposée par Bruxelles, appliquée aveuglément par Paris, qui va achever de tuer ce qui reste de notre compétitivité. Les transporteurs bretons l’ont compris : c’est leur survie qui est en jeu.

    Ce que les Bretons obtiennent comme résultats en Bretagne, les Français partout ailleurs peuvent l’obtenir aussi. Le mouvement des Bonnets rouges montre la voie : face à un État sourd aux revendications légitimes, seule la révolte paye.

    Un gouvernement déconnecté des réalités

    François Hollande ose parler de reprise économique. Il affirme même que chez nous en France c’est plus rapide qu’ailleurs ! De qui se moque-t-on ? La réalité c’est que la France est en décroissance et qu’en décroissance on ne croît plus, sauf à se défaire de ce qui plombe.

    Les politiciens ne peuvent rien comprendre des problèmes des Français. Au-dessus de 8000 euros de salaire mensuel, ils ne sont pas impactés par les mesures qu’ils prennent. Ils vivent dans une bulle dorée, complètement déconnectés de la France réelle.

    L’espoir Montebourg : dernier rempart avant le naufrage ?

    Pour tous les entrepreneurs français, le dernier espoir dans le gouvernement actuel, c’est Arnaud Montebourg. C’est beaucoup pour un seul homme. Mais reconnaissons son travail pour la sauvegarde du tissu économique, pour les entreprises.

    Avec ses 34 plans pour la nouvelle France industrielle, Montebourg offre une vision. À nous entrepreneurs de développer l’activité par la recherche et l’innovation. L’autorisation donnée pour l’exploration des mines en France va dans le bon sens. Il faut aller plus loin, avec le charbon notamment.

    En 2004, la France a fermé sa dernière mine de charbon. C’est la fin de son industrie minière, l’une de ses plus grandes erreurs stratégiques. Pendant que l’Allemagne exploite encore ses ressources, nous importons massivement. Quelle aberration !

    Réindustrialiser par étapes

    Pour réindustrialiser la France, procédons par étapes. Favorisons d’abord la création d’unités d’assemblage de produits importés. C’est ainsi que la Chine a commencé avant de devenir l’usine du monde.

    Mais attention : la France ne protège absolument pas assez ses entreprises technologiques, innovantes, performantes, exportatrices dans le jeu international. Nos fleurons industriels sont rachetés les uns après les autres par des groupes étrangers.

    La montée inexorable du Front National

    Beaucoup de Français rêvent d’être Brignolais aujourd’hui. La victoire du FN à Brignoles n’est que le début. Le Front National de Marine Le Pen est potentiellement le premier parti politique de France, et c’est un immense mouvement des patriotes.

    L’UMP se trompe en tapant sur le FN. Les Français sont nettement moins dupes. Ils voient bien que les partis traditionnels n’ont plus de solutions. Le pertinent éminent géopoliticien français Aymeric Chauprade rejoint le FN. Des wagons d’experts devraient suivre.

    Comprenez bien que la France n’est pas raciste, la France est méfiante ! En France nous avons le peuple patriote le moins raciste du monde, c’est plus de 20 années de voyages qui me permettent de l’affirmer.

    La question de l’immigration

    Ceux qui traitent les Français de racistes savent que la France n’est pas raciste, mais c’est le meilleur moyen d’atteindre le FN. La vérité c’est que les Français n’aiment pas les gens irrespectueux et incivilisés. Point.

    Je suis convaincu que de nos jours les Français font parfaitement la distinction entre les immigrés intégrés assimilés et la racaille. Claude Goasguen casse le tabou de l’immigration, des frontières, des faiblesses de la France. Il valide l’argumentation du FN. C’est courageux.

    Au risque de choquer, la France aurait énormément à gagner en ouvrant un peu ses portes aux immigrés philippins. Travailleurs, respectueux, catholiques, ils s’intègrent parfaitement. Mais nous préférons subir une immigration subie plutôt que choisie.

    Un pays au bord de la rupture

    Les Français doivent comprendre qu’il n’existe qu’une seule solution objective pour que la situation s’améliore. Elle sera politique et dure. Le système actuel est à bout de souffle.

    L’abaissement de la note de la France à AA par Standard & Poor’s va annuler tous les efforts fiscaux des Français. Nous payons le prix de décennies de gabegie. La France doit absolument disposer d’agences de notation concurrentes comme les Russes avec RusRating et les Chinois avec Dagong.

    Les touristes chinois, japonais, russes, arabes sont consternés, ébranlés par ce qu’ils ont vu de la France en rentrant chez eux. Notre image internationale s’effondre. Le pays des Lumières est devenu celui des grèves et de l’insécurité.

    2013, année charnière

    Une chanson va bientôt revenir à la mode en France… « Le Chant des Partisans ». Ce n’est pas une boutade. Le niveau de tension sociale atteint des sommets. Entre l’affaire Leonarda qui ridiculise notre administration et les Bonnets rouges qui défient l’État, le pouvoir vacille.

    En 2013, en France, toujours pas d’e-Government digne de ce nom. Pendant que l’Estonie dématérialise tous ses services publics, nous en sommes encore aux formulaires papier en trois exemplaires. Comment s’étonner de notre décrochage ?

    Le deal proposé à Leonarda résume tout : « soit la France, soit ta famille ». Que tous les Français qui le peuvent quittent le pays avant qu’il ne soit trop tard, parce que là, c’est plus possible !

    Quel avenir pour la France ?

    Je souhaite de tout cœur que la France retrouve la croissance et que les choses s’équilibrent et se stabilisent. Mais soyons lucides : sans changement radical de politique économique et fiscale, nous fonçons dans le mur.

    Si on continue, la France sera Marseille, mais avant ce sera Nice, Lyon, Paris et d’autres. Des zones de non-droit qui s’étendent, une économie qui s’effondre, une population qui se divise.

    Les entrepreneurs français ont longtemps rêvé de la réussite de Bernard Tapie qui était leur modèle. Ironiquement, ce modèle était socialiste ! Aujourd’hui, ils ne rêvent plus. Ils partent.

    Ni la France et encore moins l’Europe ne céderont sur l’implémentation de l’écotaxe. Nous entrons dans un très long conflit. Les Bonnets rouges ne sont que l’avant-garde d’une révolte plus large qui gronde.

    Bref. La France de 2013 est à un tournant historique. Soit nous prenons conscience de l’urgence et nous changeons radicalement de cap. Soit nous continuons dans le déni et nous courons à la catastrophe. Le choix est entre nos mains. Pour combien de temps encore ?

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • La démocratie française à la croisée des chemins : entre tyrannie douce et renouveau politique
    La démocratie française à la croisée des chemins : entre tyrannie douce et renouveau politique
    La démocratie française traverse une crise profonde où la tentation de l’autojustice côtoie l’acceptation résignée d’une forme de tyrannie modérée. Entre désillusion démocratique et émergence de nouvelles propositions politiques, notre République cherche un second souffle.

    Je regarde notre démocratie se débattre dans ses contradictions et je ne peux m’empêcher d’y voir les symptômes d’une maladie plus profonde. Nous sommes en septembre 2013, et la France politique ressemble à un navire sans capitaine, où chacun rame dans sa direction en prétendant sauver le bateau.

    Gilbert Collard a récemment évoqué cette notion troublante d’ »échelle tyranique », suggérant qu’un tyran modéré vaudrait mieux que des tyrans plus brutaux. Cette réflexion, aussi provocatrice soit-elle, touche un point sensible : sommes-nous en train d’accepter l’inacceptable par peur du pire ?

    La tentation de la tyrannie modérée

    Voilà où nous en sommes : à débattre des degrés acceptables de tyrannie plutôt que de défendre la liberté. Cette résignation progressive face à l’autoritarisme soft révèle l’épuisement démocratique qui frappe notre pays.

    Depuis l’élection de François Hollande en mai 2012, le désenchantement n’a fait que croître. Les promesses de changement se sont heurtées à la réalité du pouvoir, et les citoyens oscillent entre colère et résignation. Le taux d’abstention aux dernières élections municipales partielles dépasse régulièrement les 60%, signe d’un divorce consommé entre le peuple et ses représentants.

    Ce que certains appellent pudiquement une « démocratie apaisée » ressemble de plus en plus à une dictature douce où l’on gouverne par la communication plutôt que par l’action. Les décisions importantes se prennent dans des cercles fermés, loin du débat public, pendant qu’on amuse la galerie avec des polémiques secondaires.

    L’acceptation de cette situation par une partie croissante de la population est le véritable danger. Quand on commence à trouver acceptable qu’un pouvoir soit « modérément tyrannique », on a déjà perdu une bataille essentielle : celle des principes républicains.

    La dérive vers l’autojustice : un symptôme républicain alarmant

    Plus inquiétant encore, je constate que la population glisse lentement vers un sentiment d’acceptation de l’autojustice. C’est l’un des pires scénarios républicains qui puisse se produire.

    Les affaires récentes de lynchages populaires dans certains quartiers, les appels à la justice expéditive sur les réseaux sociaux, les mouvements de « citoyens vigilants » qui se multiplient : tout cela témoigne d’une perte de confiance absolue dans les institutions judiciaires.

    Quand les citoyens n’ont plus confiance dans la justice de leur pays, quand ils estiment que les tribunaux sont soit trop laxistes, soit trop corrompus, soit trop lents, ils cherchent d’autres voies. Et ces voies mènent invariablement au chaos.

    L’histoire nous l’enseigne : les périodes où l’autojustice prévaut sont toujours des périodes sombres. La Révolution française elle-même, malgré ses idéaux nobles, a sombré dans la Terreur quand la justice populaire a remplacé la justice institutionnelle.

    Les signes avant-coureurs

    • Multiplication des patrouilles citoyennes dans les quartiers
    • Appels récurrents au rétablissement de la peine de mort sur les forums
    • Glorification médiatique des « justiciers » autoproclamés
    • Défiance record envers la magistrature (moins de 40% de confiance selon les derniers sondages)

    La démocratie véritable : un horizon qui s’éloigne ?

    Face à ce constat, certains m’interpellent : « Soyons démocrates ! » Chiche, leur dis-je. Mais alors allons au bout et créons les conditions d’une démocratie véritable, et non cette dictature douce qui se pare des atours de la République !

    Une démocratie véritable suppose plusieurs conditions fondamentales que nous avons progressivement abandonnées :

    La transparence réelle du pouvoir. Aujourd’hui, les décisions importantes se prennent dans l’opacité la plus totale. Les lobbies dictent les lois, les intérêts privés phagocytent l’intérêt général, et le citoyen n’est consulté que pour valider des choix déjà faits.

    L’éducation politique des citoyens. On ne peut avoir de démocratie sans citoyens éclairés. Or, l’éducation civique a disparu des programmes, remplacée par un vague « vivre ensemble » qui n’apprend rien des mécanismes du pouvoir.

    La responsabilité des élus. Quand un élu peut mentir, trahir ses promesses, détourner l’argent public sans jamais rendre de comptes, la démocratie n’est plus qu’une façade.

    La liberté d’expression réelle. Entre politiquement correct et lois liberticides, l’espace du débat public se rétrécit comme peau de chagrin. On ne peut plus rien dire sans risquer le procès ou l’ostracisme social.

    L’émergence de nouvelles propositions politiques

    Dans ce contexte morose, je note avec intérêt l’émergence de ce que certains appellent la « Nouvelle Politique ». Le Front National, sous l’impulsion de Marine Le Pen, propose un concept démocratique audacieux, un changement de paradigme complet.

    Qu’on soit d’accord ou non avec leurs idées, force est de constater qu’ils posent les bonnes questions : souveraineté nationale, démocratie directe, référendum d’initiative populaire, limitation des mandats, révocabilité des élus… Autant de propositions qui visent à redonner le pouvoir au peuple.

    D’autres mouvements émergent également, à gauche comme à droite, porteurs de propositions de refondation démocratique. Le Mouvement Démocrate de Bayrou, malgré ses déboires électoraux, continue de porter l’idée d’une VIe République. À gauche, le Front de Gauche de Mélenchon propose une Constituante.

    Les propositions qui émergent

    • Référendum d’initiative citoyenne
    • Révocabilité des élus en cours de mandat
    • Limitation stricte du cumul des mandats
    • Transparence totale des revenus et patrimoines des élus
    • Tirage au sort pour certaines fonctions

    Ces propositions, qu’elles viennent du FN, du MoDem ou du Front de Gauche, témoignent d’une même aspiration : en finir avec la confiscation du pouvoir par une caste politique déconnectée du réel.

    La politique de conviction : notre dernière chance ?

    Au final, je reste persuadé que la politique est toujours plus forte que tout dès lors qu’elle est mise en œuvre par des hommes et des femmes de conviction. C’est ce qui manque cruellement aujourd’hui : des politiques qui croient vraiment en ce qu’ils disent et font.

    Nous avons trop de gestionnaires et pas assez de visionnaires. Trop de communicants et pas assez de bâtisseurs. Trop de carriéristes et pas assez de serviteurs de l’État.

    La conviction politique n’est pas l’extrémisme. C’est la capacité à porter une vision, à la défendre contre vents et marées, à accepter l’impopularité temporaire pour le bien commun à long terme. De Gaulle en 1940, Mendès France en 1954, même Mitterrand en 1981 : tous ont incarné cette politique de conviction qui transforme les sociétés.

    Aujourd’hui, où sont ces femmes et ces hommes de conviction ? Se cachent-ils dans l’ombre, attendant leur heure ? Ou notre système politique les a-t-il définitivement broyés, ne laissant la place qu’aux médiocres et aux opportunistes ?

    Conclusion : l’urgence d’un sursaut républicain

    Nous sommes à la croisée des chemins. D’un côté, la pente douce vers une tyrannie molle acceptée par résignation. De l’autre, le chaos de l’autojustice et de la violence sociale. Entre les deux, un chemin étroit mais vital : celui de la refondation démocratique.

    Cette refondation ne viendra pas d’en haut. Elle ne viendra pas non plus de la rue et de la violence. Elle viendra d’un sursaut citoyen, d’une prise de conscience collective que nous méritons mieux que cette démocratie dévitalisée.

    Il nous faut retrouver le goût du débat, le courage de la confrontation d’idées, la passion de la chose publique. Il nous faut exiger de nos élus qu’ils rendent des comptes, de nos institutions qu’elles servent le peuple, de nous-mêmes que nous soyons des citoyens dignes de ce nom.

    La France a connu des heures plus sombres et s’en est toujours relevée. Mais elle ne s’en est jamais relevée par la résignation ou la violence. Elle s’en est relevée par la politique, la vraie, celle qui transforme les colères en projets et les espoirs en réalités.

    C’est ce défi qui nous attend. À nous de le relever.

    Pour aller plus loin

    • « La France en miettes » de Benjamin Stora et Thierry Fabre (2012) – Une analyse de la fragmentation de la société française
    • « Le Coup d’État permanent » de François Mitterrand (1964) – Pour comprendre les dérives du pouvoir présidentiel
    • « Qu’est-ce que la démocratie ? » de Alain Touraine (1994) – Une réflexion fondamentale sur les conditions de la démocratie
    • « La Nouvelle Question française » de Laurent Bouvet (2011) – Sur les mutations de l’identité républicaine

    Sources et références

    • Sondage IFOP sur la confiance dans la justice (juillet 2013)
    • Rapport du Ministère de l’Intérieur sur l’abstention électorale (2013)
    • Étude du CEVIPOF sur le désenchantement démocratique (2012)
    • Baromètre de la confiance politique – Sciences Po (janvier 2013)

    Photo : Marco Oriolesi / Unsplash

  • La France à la dérive : entre violences urbaines, exil fiscal et poudrière syrienne
    La France à la dérive : entre violences urbaines, exil fiscal et poudrière syrienne
    L’été 2013 marque un tournant avec les émeutes de Trappes, la faillite historique de Detroit et l’escalade militaire en Syrie. La France, tiraillée entre ses idéaux républicains et ses réalités sociales, peine à trouver sa voie face à ces défis multiples qui annoncent des temps troubles.

    L’été 2013 restera dans les mémoires comme celui où les illusions se sont fracassées sur le mur du réel. De Trappes à Detroit, de Brétigny-sur-Orge à la Syrie, les événements s’enchaînent avec une brutalité qui laisse peu de place aux discours lénifiants. Je regarde cette France que j’aime se débattre dans ses contradictions, incapable de regarder en face les défis qui s’accumulent.

    Trappes : le miroir brisé de l’intégration républicaine

    Les émeutes de Trappes du 20 juillet 2013 révèlent l’ampleur du fossé qui sépare désormais deux France. D’un côté, celle de Benoît Hamon qui affirme sur BFMTV qu’il fait « bon vivre » à Trappes, une ville qui aurait « beaucoup changé ». De l’autre, la réalité crue d’une commune où l’application de la loi sur le voile intégral déclenche des affrontements violents.

    Mon dieu Benoît, y êtes-vous déjà allé ? Cette déconnexion des élites face à la réalité des banlieues n’est pas nouvelle, mais elle atteint des sommets d’aveuglement volontaire. Les limites de l’application de la loi anti-niqab éclatent au grand jour, et j’en reviens toujours à cette nécessité : ÉQUIPEZ LES POLICIERS DE CAMÉRAS INDIVIDUELLES ! Sans transparence, sans preuves visuelles, comment départager les versions dans ces situations explosives ?

    La solution qui s’imposera avant 20 ans face aux populations nomades inintégrables ? Des checkpoints à toutes les entrées des villes. Je sais, c’est choquant. Mais regardons la réalité en face : si la situation du pays n’évolue pas radicalement en matière sociale et sécuritaire, ces dispositifs deviendront inévitables. C’est déjà le cas dans de nombreux pays, et nous fermons les yeux sur cette dérive sécuritaire qui nous guette.

    L’échec du modèle d’intégration français

    La culture seule ne sauvera que moins de 5% des jeunes en banlieue. C’est illusoire de croire qu’on réglera ces problèmes avec des MJC et des ateliers théâtre. La solution est multiple, complexe, et nécessite une refonte totale de notre approche. Mais qui a le courage politique de le dire ? Qui ose affronter ces réalités sans tomber dans les extrêmes ?

    Detroit : le canari dans la mine de charbon

    Le 19 juillet 2013, Detroit dépose le bilan. La Motor City, symbole de la puissance industrielle américaine, devient la plus grande ville américaine à se déclarer en faillite. Plus de 100 000 créanciers ne seront jamais payés. Ce n’est que le début d’une cascade de faillites municipales qui menacent l’ensemble du système occidental.

    Cette faillite n’est pas qu’un événement économique isolé. C’est le symptôme d’un mal plus profond : la désindustrialisation massive, la fuite des capitaux, l’effondrement de la base fiscale. Detroit aujourd’hui, c’est peut-être Roubaix ou Saint-Étienne demain. Les mêmes causes produisent les mêmes effets, et nous refusons de voir les signaux d’alarme.

    Le juge qui refuse dans un premier temps la procédure de faillite, la jugeant anticonstitutionnelle, illustre parfaitement notre déni collectif. Comme si le droit pouvait suspendre les lois économiques. Comme si les mots pouvaient remplacer les dollars manquants.

    L’exil fiscal : héros ou traîtres ?

    « Pourquoi moi, tout petit chef d’entreprise, je quitte la France ? » Cette question, posée dans Les Échos, résonne comme un cri du cœur. Les Français qui s’expatrient ne sont pas des lâches mais des héros, des aventuriers, des courageux ! Il faut avoir vécu l’enfer administratif et fiscal français pour comprendre ce qui pousse des entrepreneurs à tout quitter.

    Mes salariés sont ma première richesse, sûrement pas mes esclaves. Mais quand le coût total d’un employé devient prohibitif, quand les charges et taxes s’accumulent au point d’étouffer l’activité, que reste-t-il comme option ? Je suis contre les bas salaires NETS, je suis pour l’augmentation des salaires NETS par la baisse des charges ! Mais qui m’écoute ?

    L’exil fiscal opéré dans le seul but de blanchir, frauder, dissimuler est criminel. Mais l’exil de survie économique, celui de l’entrepreneur qui veut simplement continuer à créer de la valeur, c’est autre chose. C’est le symptôme d’un pays qui tue ses forces vives.

    Le modèle Tapie : la fin d’un rêve entrepreneurial

    Bernard Tapie représentait le summum des non-conformistes qui partent de tout en bas pour arriver tout en haut. Des millions d’entrepreneurs français ont rêvé de sa réussite, lui qui était leur modèle (socialiste) il n’y a pas très longtemps ! Aujourd’hui, ce modèle est mort et enterré. La France n’aime plus ses entrepreneurs, elle les suspecte, les taxe, les pousse à l’exil.

    La Syrie : la poudrière du Moyen-Orient

    En cette fin août 2013, les tambours de guerre résonnent. La France, à la queue des USA et avec à sa tête les socialistes hollandais, s’apprête à nous envoyer en enfer. L’intervention militaire en Syrie se profile, et personne ne semble mesurer les conséquences catastrophiques qui nous attendent.

    Si vous combattez contre l’armée syrienne aux côtés des rebelles, vous renforcez et armez Al-Qaïda. À moyen terme : conséquences terribles ! Le conflit syrien va produire et disséminer des milliers de combattants potentiels terroristes formés à égorger et violer. Ces hommes reviendront un jour en Europe, et nous paierons le prix de notre aveuglement.

    La Syrie ne répliquera pas de façon mesurée à une intervention internationale précise et limitée. Au contraire. Et les occidentaux le savent ! Une attaque ciblée aura forcément pour objectif l’élimination physique d’Assad. Sa mise sous protection en Iran est un joli coup qui complique encore la donne.

    L’impasse stratégique

    Je vois deux solutions, toutes deux utopiques : exterminer Assad ou exterminer les terroristes rebelles. Entre ces deux extrêmes, nous naviguons dans un océan d’incertitudes. L’Égypte, la Tunisie, la Libye, la Syrie : leurs désastreuses situations respectives ne seront pas stabilisées avant des dizaines d’années, minimum !

    Il est temps de venir en aide militairement à la Syrie en combattant le terrorisme islamiste aux côtés de l’armée syrienne ! Je sais, c’est politiquement incorrect. Mais entre deux maux, ne faut-il pas choisir le moindre ? Entre un dictateur laïc et des terroristes islamistes, le choix devrait être évident.

    Les signaux faibles d’un monde en mutation

    Au-delà de ces crises majeures, d’autres signaux annoncent les bouleversements à venir. Snowden, le plus courageux de tous les lanceurs d’alertes de l’histoire, est lâché par les alignés. Même par le pays des droits de l’Homme. Avec PRISM et XKeyscore, il montre le niveau de surveillance automatique des USA. La France doit absolument investir dans ces technologies, sous peine d’être définitivement larguée.

    Fukushima continue de contaminer silencieusement toute la côte ouest des États-Unis, depuis l’Alaska jusqu’au Mexique. Gardons un œil sur cette catastrophe au ralenti, on ne va pas être déçu des informations à venir.

    Le Bitcoin commence à attirer l’attention des régulateurs. C’est peut-être le début de la fin pour cette cryptomonnaie qui promettait de révolutionner la finance.

    Même le monde des transports semble frappé par la malédiction : Lac-Mégantic, Brétigny-sur-Orge, Saint-Jacques-de-Compostelle… La fameuse loi des séries frappe, même si statistiquement c’est improbable.

    Conclusion : la France au carrefour

    L’été 2013 marque un tournant. La France se trouve à un carrefour historique. D’un côté, le maintien d’un modèle social et républicain à bout de souffle, incapable de répondre aux défis du XXIe siècle. De l’autre, le saut dans l’inconnu d’une refonte totale de notre système.

    Les émeutes de Trappes ne sont qu’un symptôme. L’exil fiscal n’est qu’une conséquence. L’intervention en Syrie n’est qu’une fuite en avant. Derrière ces événements se cache une réalité plus profonde : la France n’a plus de projet, plus de vision, plus de direction.

    Nous sommes dans un mouvement de réduction généralisée : réduction des effectifs, réduction des ambitions, réduction des espoirs. C’est horrible et ça me déchire le cœur. Mais tant que nous refuserons de regarder la réalité en face, tant que nous préférerons les discours lénifiants aux diagnostics lucides, nous continuerons cette lente descente aux enfers.

    La question n’est plus de savoir si nous allons dans le mur. La question est de savoir à quelle vitesse, et si nous aurons le courage de donner le coup de volant salvateur avant l’impact.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Amin Zabardast / Unsplash

  • La France à la dérive : entre hypocrisie diplomatique et aveuglement stratégique
    La France à la dérive : entre hypocrisie diplomatique et aveuglement stratégique
    Alors que la France refuse l’asile à Edward Snowden et se prépare à frapper la Syrie, le pays s’enfonce dans ses contradictions. Entre tensions communautaires explosives et élites déconnectées, l’été 2013 révèle un pays qui a perdu ses repères moraux et stratégiques.

    Cet été 2013 restera dans les annales comme celui où la France a définitivement tourné le dos à ses principes. Pays des droits de l’Homme ? Laissez-moi rire. Phare de la diplomatie internationale ? Une blague de mauvais goût. Ce que je vois, moi, c’est un pays qui se couche devant les Américains, qui ferme les yeux sur ses propres fractures et qui s’apprête à déclencher une guerre dont personne ne mesure les conséquences.

    L’affaire Snowden : quand la France renonce à son âme

    Commençons par le commencement. Edward Snowden. Le lanceur d’alerte le plus courageux de l’histoire moderne vient de révéler au monde entier l’ampleur de la surveillance de masse américaine. PRISM, XKeyscore… Des programmes qui espionnent chaque citoyen, chaque communication, chaque mouvement numérique. Et que fait la France ? Rien. Pire : elle détourne le regard.

    Ce serait pourtant un signal très fort et courageux que de donner à Snowden l’asile politique en Europe et une résidence en France. Mais non. Nos dirigeants préfèrent lécher les bottes de Washington plutôt que de défendre les libertés fondamentales. Pendant ce temps, c’est le Venezuela de Maduro qui offre l’asile à Snowden. Le Venezuela ! Voilà où nous en sommes : les dictatures sud-américaines sont devenues plus courageuses que la patrie de Voltaire.

    Le plus pathétique dans cette affaire, c’est notre ministre Fleur Pellerin qui nous parle d’investir dans la cybersécurité. Investir dans quoi exactement ? Dans des systèmes pour mieux surveiller nos propres citoyens ? Parce que protéger les lanceurs d’alerte qui dénoncent ces dérives, visiblement, ce n’est pas à l’ordre du jour.

    Cette lâcheté diplomatique n’est que le symptôme d’un mal plus profond : nous sommes devenus les vassaux des États-Unis. Incapables de penser par nous-mêmes, incapables d’avoir une politique étrangère indépendante. De Gaulle doit se retourner dans sa tombe.

    Trappes : le miroir de nos fractures

    Mais pourquoi regarder à l’international quand notre propre maison brûle ? Les émeutes de Trappes en juillet dernier ont révélé ce que tout le monde refuse de voir : l’échec total de notre modèle d’intégration. Un simple contrôle d’identité lié à la loi sur le niqab, et voilà qu’une ville entière s’embrase.

    Le plus risible ? Benoît Hamon qui nous explique sur BFMTV qu’il fait « bon vivre » à Trappes. Mon dieu Benoît, y êtes-vous allé déjà ? Parce que moi, ce que je vois, c’est une ville où les forces de l’ordre sont attaquées, où des communautés entières vivent en vase clos, où la République a depuis longtemps baissé pavillon.

    On voit là les limites de l’application de la loi anti-niqab. Mais surtout, on voit l’urgence absolue d’équiper les policiers de caméras individuelles. Pourquoi ? Parce que dans ce genre de situation, il faut pouvoir établir les faits, protéger les policiers des accusations mensongères, mais aussi protéger les citoyens des bavures éventuelles.

    Christian Estrosi a raison sur un point : si on continue comme ça, dans moins de vingt ans, on aura des checkpoints à toutes les entrées des villes. C’est triste à dire, mais face à des populations qui refusent de s’intégrer, qui vivent selon leurs propres lois, quelle autre solution restera-t-il ?

    La folie guerrière syrienne

    Et comme si tout cela ne suffisait pas, voilà que François Hollande, notre ancien maire de Tulle reconverti en chef de guerre, veut nous entraîner dans le bourbier syrien. Avec son copain Obama, prix Nobel de la paix (quelle ironie !), ils déploient une énergie folle pour déclencher ce qui pourrait bien être l’Armageddon.

    Réfléchissons deux secondes. Assad est-il un dictateur ? Oui. A-t-il utilisé des armes chimiques ? Peut-être. Mais qui sont ses opposants ? Des démocrates épris de liberté ? Non. Des terroristes islamistes qui coupent les testicules de leurs ennemis et égorgent les chrétiens. Comme le dit très justement Gilbert Collard, un tyran modéré vaut mieux que des tyrans coupeurs de testicules.

    Le pire dans cette affaire, c’est l’aveuglement total de nos dirigeants. Ils croient vraiment qu’on peut faire des « frappes ciblées » sans conséquences ? La Syrie ne répliquera pas de façon mesurée à une intervention internationale. Au contraire. Et que fera Poutine, qui a déployé sa marine en Méditerranée ? Il restera les bras croisés ?

    Pour rester crédible, Poutine sera obligé de riposter. Et pour rester crédibles, Obama et Hollande seront obligés d’ouvrir le feu sur la marine russe. Voilà comment on déclenche la Troisième Guerre mondiale. Pour quoi ? Pour renverser Assad et le remplacer par des djihadistes ?

    Un pays sans boussole

    Ce qui ressort de cet été 2013, c’est l’image d’un pays qui a perdu tous ses repères. Nous avons renoncé à nos principes en refusant l’asile à Snowden. Nous fermons les yeux sur l’explosion de nos banlieues. Et nous nous préparons à une guerre dont personne ne veut, sauf quelques va-t-en-guerre de salon.

    Pendant ce temps, nos entrepreneurs croulent sous les charges. Nos policiers et pompiers se font agresser. Fukushima continue de déverser sa radioactivité dans le Pacifique (l’ancien directeur de la centrale vient de mourir d’un cancer à 58 ans, mais chut, il ne faut pas en parler). Et nos politiques ? Ils jouent aux apprentis sorciers.

    François Fillon a raison : les feux sont au rouge depuis bientôt dix ans. On est même passé au pourpre, puis à l’écarlate. On est dans le mur. Le 14 juillet, Hollande s’est fait huer tout le long des Champs-Élysées. Ce n’est pas un hasard. C’est le signe que les Français en ont marre de cette classe politique déconnectée, de ces élites qui nous mènent droit dans le précipice.

    Bref. La France de 2013, c’est un pays qui se couche devant les puissants, qui ferme les yeux sur ses problèmes internes et qui joue avec le feu sur la scène internationale. Si on continue comme ça, dans dix ans, on ne reconnaîtra plus notre pays. Mais peut-être est-ce déjà trop tard ?

    Pour aller plus loin

    • Les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance de masse (The Guardian)
    • Analyse des émeutes urbaines en France (Institut Montaigne)
    • La crise syrienne et ses enjeux géopolitiques (IFRI)
    • L’évolution du communautarisme en France (Fondation Jean Jaurès)
    • Les relations franco-américaines sous Hollande (Diploweb)

    Sources et références

    • Données sur les émeutes de Trappes – Ministère de l’Intérieur, juillet 2013
    • Révélations PRISM – Documents Snowden publiés par The Guardian, juin 2013
    • Sondages sur la popularité de François Hollande – IFOP, août 2013
    • Rapport sur la situation en Syrie – ONU, août 2013

    Photo : KOBU Agency / Unsplash

  • L’exode silencieux des entrepreneurs français : quand le talent fuit sans manifester
    L’exode silencieux des entrepreneurs français : quand le talent fuit sans manifester
    Les entrepreneurs français ne manifestent plus, ils votent avec leurs pieds. Face à la politique fiscale du nouveau gouvernement, l’exode des créateurs d’entreprise s’accélère dans un silence assourdissant. Un phénomène qui pourrait coûter très cher à l’économie française.

    Vous savez ce qui me frappe le plus dans la France d’octobre 2012 ? Ce n’est pas le matraquage fiscal annoncé. Ce n’est pas la diabolisation systématique de ceux qui créent de la richesse. Non, c’est le silence. Le silence assourdissant des entrepreneurs qui, un à un, plient bagage sans faire de bruit.

    Je viens de passer deux semaines à Londres et à Genève. À chaque fois, le même constat : des dizaines d’entrepreneurs français fraîchement débarqués, le regard à la fois soulagé et amer. Ils ne manifestent pas. Ils ne signent pas de pétitions. Ils partent, c’est tout.

    Le syndrome #geonpi : quand les entrepreneurs votent avec leurs pieds

    Le hashtag #geonpi (« Gens Entrepreneurs Oubliés Non Pris en considération par l’Intelligentsia ») fait fureur sur Twitter ces derniers jours. Il cristallise le sentiment d’abandon d’une génération d’entrepreneurs face à un gouvernement qui semble considérer la réussite économique comme suspecte par nature.

    Contrairement aux agriculteurs qui bloquent les routes ou aux syndicats qui défilent dans les rues, les entrepreneurs ont choisi une forme de protestation bien plus radicale : l’exil fiscal et entrepreneurial. Pas de banderoles, pas de slogans. Juste des valises et un billet d’avion.

    Les chiffres commencent à donner le vertige. Selon les estimations officieuses (car évidemment, Bercy se garde bien de communiquer là-dessus), le nombre de départs d’entrepreneurs français aurait doublé depuis mai 2012. Les destinations privilégiées ? Londres, Genève, Bruxelles, mais aussi Singapour et les États-Unis pour les plus ambitieux.

    La goutte d’eau fiscale qui fait déborder le vase entrepreneurial

    Le projet de budget 2013 présenté fin septembre a sonné comme un tocsin pour beaucoup. Taxe à 75% sur les hauts revenus, plafonnement du quotient familial, hausse de l’ISF, taxation accrue des plus-values… La liste est longue et douloureuse.

    Mais au-delà des chiffres, c’est le discours ambiant qui fait mal. Quand un ministre du Budget comme Jérôme Cahuzac semble considérer que les entrepreneurs sont des vaches à lait corvéables à merci, comment s’étonner qu’ils cherchent des pâturages plus cléments ?

    Un ami entrepreneur me confiait la semaine dernière : « Je ne suis pas parti pour payer moins d’impôts. Je suis parti parce qu’en France, on me fait sentir que je suis un salaud de gagner de l’argent en créant des emplois. »

    Les signaux d’alarme ignorés

    Depuis des mois, les signaux s’accumulent pourtant :

    • Les incubateurs parisiens voient leurs meilleurs éléments partir à Londres ou Berlin
    • Les business angels français investissent de plus en plus à l’étranger
    • Les jeunes diplômés des grandes écoles créent directement leur startup hors de France
    • Les success stories françaises (Criteo, Dailymotion, PriceMinister) installent leur siège social ailleurs

    Mais visiblement, rue de Bercy, on préfère compter les recettes fiscales à court terme plutôt que s’inquiéter de l’hémorragie de talents à long terme.

    Le piège de l’idéologie : quand la France tue sa poule aux œufs d’or

    Ce qui se joue actuellement, c’est bien plus qu’une simple optimisation fiscale. C’est une rupture profonde entre la France et ses forces vives entrepreneuriales. Une rupture qui risque de coûter très cher.

    Car contrairement à ce que semblent croire nos dirigeants, les entrepreneurs ne sont pas des rentiers parasites. Ce sont eux qui créent les emplois de demain, qui innovent, qui prennent des risques. Les faire fuir, c’est hypothéquer l’avenir économique du pays.

    L’effet domino entrepreneurial

    Le plus inquiétant, c’est l’effet d’entraînement. Quand un entrepreneur part, il emmène souvent avec lui :

    • Ses meilleurs collaborateurs
    • Son réseau de fournisseurs
    • Ses projets de développement
    • Les emplois qu’il aurait créés
    • Les impôts qu’il aurait payés (et oui, même taxés « normalement », les entrepreneurs paient des impôts !)

    C’est tout un écosystème qui se délite, pierre par pierre.

    Le réveil sera douloureux

    Je suis convaincu que nos gouvernants actuels sont sincèrement persuadés que les entrepreneurs français ne partiront pas vraiment. Qu’ils bluffent. Qu’au final, l’attachement à la France l’emportera sur les considérations économiques.

    Quelle naïveté ! Les entrepreneurs d’aujourd’hui sont nés avec l’Europe, ont grandi avec Internet, travaillent avec le monde entier. Pour eux, s’installer à Londres ou à Genève n’est pas plus compliqué que de déménager de Paris à Lyon.

    Le réveil va être brutal. D’ici quelques mois, quand les recettes fiscales s’effondreront faute de contributeurs, quand le chômage explosera faute de créateurs d’emplois, quand l’innovation française sera définitivement délocalisée… il sera trop tard pour pleurer.

    Les premiers signes du désastre

    Les indicateurs avancés sont déjà au rouge :

    • Les créations d’entreprises innovantes chutent depuis juin
    • Les levées de fonds se raréfient
    • Les projets d’embauche sont gelés
    • Les investissements sont reportés ou annulés

    Mais qui s’en soucie ? Certainement pas ceux qui pensent qu’on peut relancer l’économie en embauchant des fonctionnaires et en taxant ceux qui créent de la richesse.

    Changer de cap avant le naufrage

    Il est encore temps d’éviter le pire. Mais cela suppose un changement radical de perspective. Arrêter de considérer les entrepreneurs comme des ennemis de classe. Comprendre que leur réussite est notre réussite collective. Créer un environnement fiscal et réglementaire qui encourage la prise de risque plutôt que de la punir.

    Bref, il faudrait une révolution culturelle. Or, avec le gouvernement actuel, on en prend exactement le chemin inverse. La fuite des cerveaux et des entrepreneurs ne fait que commencer.

    Vous savez quoi ? En écrivant ces lignes, je réalise que moi aussi, pour la première fois de ma vie, je commence à regarder ailleurs. Pas par cupidité. Par lassitude. Lassitude de me battre dans un pays qui semble ne plus vouloir de ses entrepreneurs.

    Alors oui, il est urgent de changer de gouvernement, et de président. Avant qu’il ne soit définitivement trop tard. Avant que la France ne devienne un musée économique, belle mais stérile, vivant de ses souvenirs de grandeur passée pendant que le monde avance sans elle.

    Les entrepreneurs français ne manifesteront pas. Ils partiront. En silence. Et leur absence fera plus de bruit que toutes les manifestations du monde.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    • Données sur les créations d’entreprises : INSEE, octobre 2012
    • Estimations des départs d’entrepreneurs : compilation de sources bancaires privées
    • Projet de loi de finances 2013 : documents officiels du gouvernement
    • Témoignages d’entrepreneurs : entretiens directs, octobre 2012

    Photo : Xuewen Qing / Unsplash

  • France : la spirale infernale d’un pays qui se saborde
    France : la spirale infernale d’un pays qui se saborde
    La France accumule les décisions économiques contre-productives : hausse du plafond du Livret A qui assèche l’économie réelle, suppression des exonérations sur les heures supplémentaires et rigidité du marché du travail. Résultat : le chômage explose et les entreprises suffoquent.

    Trois millions de chômeurs officiels. Voilà où nous en sommes en septembre 2012. Et franchement, ce n’est qu’un début. À ce rythme, je parie sur 3,5 millions d’ici 2014. Pourquoi ? Parce que nos dirigeants accumulent les décisions économiques aberrantes avec une constance qui forcerait presque l’admiration si elle n’était pas si tragique.

    Prenez le relèvement du plafond du Livret A. Une mesure présentée comme sociale, populaire même. En réalité ? Une bombe à retardement pour notre économie. Je vais vous expliquer pourquoi cette décision, comme tant d’autres, révèle l’incompréhension profonde de nos élites face aux mécanismes économiques de base.

    Le Livret A : quand l’épargne devient un piège mortel pour l’économie

    Le gouvernement vient d’augmenter le plafond du Livret A. Bravo. Vraiment, bravo. Vous savez ce que cela signifie concrètement ? Que des milliards d’euros supplémentaires vont être soustraits à l’économie réelle pour dormir tranquillement sur des comptes défiscalisés.

    Comprenons-nous bien : le Livret A, c’est de l’argent qui ne finance ni les entreprises, ni l’innovation, ni l’emploi. C’est de l’argent stérilisé, neutralisé, castré. Dans un pays qui compte déjà 3 millions de chômeurs, encourager les Français à planquer encore plus leur épargne relève soit de l’incompétence crasse, soit du sabotage délibéré.

    Les chiffres sont édifiants : l’encours total des Livrets A et LDD dépasse déjà les 350 milliards d’euros. C’est l’équivalent de 17% du PIB français qui dort au lieu de travailler. Et on en rajoute une couche ?

    Pendant ce temps, les PME crèvent faute de financement. Les banques, gavées de liquidités dormantes, n’ont aucune incitation à prêter aux entreprises. Résultat : l’investissement productif s’effondre, l’innovation se meurt, et les emplois disparaissent. Mais rassurez-vous, l’épargne des Français est bien au chaud.

    La double peine des heures supplémentaires : comment tuer le pouvoir d’achat

    Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement s’apprête à porter un coup fatal au pouvoir d’achat des salariés. La suppression des exonérations sur les heures supplémentaires, c’est 1 à 12% de salaire net en moins pour des millions de Français. Je répète : 1 à 12% EN MOINS.

    Vous imaginez l’impact ? Un ouvrier qui complétait ses fins de mois avec quelques heures sup va voir son revenu fondre. Une caissière qui acceptait des horaires décalés pour boucler son budget va devoir faire des choix cornéliens. Et tout ça pourquoi ? Pour récupérer quelques milliards qui seront immédiatement engloutis dans le tonneau des Danaïdes de la dépense publique.

    L’ironie, c’est que cette mesure va mécaniquement réduire la consommation, donc l’activité économique, donc les recettes fiscales. C’est ce qu’on appelle scier la branche sur laquelle on est assis. Mais visiblement, à Bercy, on préfère les symboles idéologiques aux réalités économiques.

    L’effet domino sur la consommation

    Moins de revenus pour les salariés, c’est moins de consommation. Moins de consommation, c’est moins de chiffre d’affaires pour les entreprises. Moins de chiffre d’affaires, c’est moins d’embauches, voire des licenciements. Et la boucle est bouclée : on fabrique du chômage en prétendant le combattre.

    Les économistes appellent ça le multiplicateur keynésien inversé. Moi j’appelle ça de la connerie pure et simple.

    Carburants : la taxe invisible qui étrangle l’économie

    Ah, et j’oubliais le meilleur : les carburants. On frôle déjà les 2 euros le litre dans certaines stations. Ma prédiction ? 2,50 euros avant 2015. Et Moscovici qui fait comme si de rien n’était.

    Vous savez ce que représente le carburant dans l’économie française ? Tout. Les camions qui livrent vos magasins roulent au gazole. Les commerciaux qui démarchent les clients roulent à l’essence. Les artisans qui se déplacent sur les chantiers carburent au sans-plomb. Augmenter le prix du carburant, c’est augmenter le coût de TOUT.

    Un transporteur routier m’expliquait récemment que le gazole représentait 35% de ses charges. 35% ! Comment voulez-vous qu’il reste compétitif face à ses concurrents polonais ou roumains ? Comment voulez-vous qu’il maintienne ses emplois ?

    L’impact sur les zones rurales

    Et je ne parle même pas des zones rurales, où la voiture n’est pas un luxe mais une nécessité vitale. Des millions de Français n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler. Pour eux, l’explosion du prix des carburants, c’est une amputation pure et simple de leur pouvoir d’achat.

    Mais bon, nos élites parisiennes qui prennent le métro ne voient pas le problème.

    Le marché du travail : quand la rigidité tue l’emploi

    Arnaud Montebourg, notre ministre du Redressement productif (quelle blague ce titre), devrait écouter les entrepreneurs au lieu de pontifier. Nous avons besoin de flexibilité. F-L-E-X-I-B-I-L-I-T-É.

    Laissez-nous embaucher librement. Laissez-nous désembaucher quand c’est nécessaire. C’est la condition sine qua non pour créer de l’emploi durable. Vous savez pourquoi les patrons n’embauchent pas ? Parce qu’ils ont peur de ne pas pouvoir ajuster leurs effectifs en cas de retournement de conjoncture.

    Résultat : on préfère l’intérim, les CDD, la sous-traitance. Tout sauf le CDI qui est devenu un boulet. C’est ça que vous voulez ? Une économie de précarité généralisée ?

    L’exemple des pays qui ont réussi

    Regardez le Danemark avec sa flexisécurité. Regardez l’Allemagne avec ses réformes Hartz. Ces pays ont compris qu’un marché du travail fluide créait plus d’emplois qu’un marché rigide. Mais en France, on préfère l’immobilisme idéologique.

    Un patron de PME me confiait récemment : « J’ai trois postes à pourvoir, mais j’hésite. Si ça se passe mal, je suis coincé. » Trois emplois non créés à cause de la peur. Multipliez ça par des milliers d’entreprises, et vous comprenez pourquoi le chômage explose.

    Le nucléaire : symbole de notre déclin industriel

    Et que dire de notre filière nucléaire ? Montebourg parle de filière d’avenir. Mais de quel avenir parle-t-il ? Du démantèlement des centrales ? Parce que c’est bien la seule perspective qui se dessine.

    La France avait un avantage compétitif énorme avec son parc nucléaire. Une électricité abondante et bon marché. Un savoir-faire reconnu mondialement. Et qu’est-ce qu’on fait ? On saborde tout ça sur l’autel de l’idéologie verte.

    Pendant ce temps, la Chine construit des centrales à tour de bras. L’Inde aussi. Même les Émirats arabes unis s’y mettent. Mais nous, on préfère fermer Fessenheim et planter des éoliennes qui ne tournent que quand il y a du vent.

    La liberté d’expression : jusqu’où peut-on aller ?

    L’affaire Charlie Hebdo de cette semaine pose une vraie question. Jusqu’où peut aller la liberté d’expression ? Est-ce intelligent de publier des caricatures qui vont mettre le feu aux poudres dans le monde musulman ?

    Je défends la liberté d’expression. C’est un principe non négociable. Mais la liberté, c’est aussi la responsabilité. Quand on sait qu’une publication va déclencher des violences, des morts peut-être, est-ce vraiment le moment de jouer les provocateurs ?

    On me dira que céder à la menace, c’est renoncer à nos valeurs. Certes. Mais opposer systématiquement les communautés, est-ce vraiment défendre nos valeurs ? Ou est-ce juste remuer la merde pour le plaisir ?

    Les Roms : l’hypocrisie à son paroxysme

    Et pour finir, parlons des Roms. Tout le monde a un avis, tout le monde veut qu’ils soient « intégrés en douceur ». Très bien. J’ai une solution simple : que ceux qui prônent l’intégration les hébergent chez eux.

    C’est facile d’être généreux avec l’argent des autres. C’est facile de prôner l’accueil quand on habite un quartier protégé. Mais quand il s’agit de passer à l’acte, bizarrement, il n’y a plus personne.

    L’hypocrisie de notre société n’a jamais été aussi criante. On veut le beurre et l’argent du beurre. On veut être humaniste sans en payer le prix. On veut la bonne conscience sans les contraintes.

    David contre Goliath : quand les citoyens se rebellent

    Heureusement, certains citoyens ne se laissent pas faire. Prenez Bruno Boulefkhad. Ce type mène un combat incroyable contre les banques. Son site bruno-boulefkhad.fr est une mine d’informations pour tous ceux qui en ont marre de se faire plumer.

    C’est ça dont on a besoin. Des citoyens qui se lèvent, qui disent non, qui refusent la fatalité. Des « Boulefkhad » partout en France qui reprennent le pouvoir sur leur vie.

    Parce que si on attend que nos dirigeants nous sauvent, on peut attendre longtemps. Ils sont trop occupés à creuser le trou dans lequel ils nous enterrent.

    Conclusion : le réveil ou la chute

    Voilà où nous en sommes. Un pays qui s’autodétruit méthodiquement. Des dirigeants qui accumulent les erreurs. Une population qui subit.

    Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à quand allons-nous accepter cette descente aux enfers ? Jusqu’à quand allons-nous laisser des incompétents décider de notre avenir ?

    La France a tous les atouts pour réussir. Des entrepreneurs brillants, des salariés compétents, des ressources abondantes. Il ne manque qu’une chose : du bon sens au sommet de l’État.

    Remettez l’entrepreneur au centre du jeu. Libérez les énergies. Arrêtez de taxer, de réglementer, d’entraver. Faites confiance aux Français au lieu de les infantiliser.

    Bref. Soit on se réveille maintenant, soit on continue la descente. À vous de choisir.

    Pour aller plus loin

    • Les Échos – Analyses économiques quotidiennes sur la situation française
    • INSEE – Statistiques officielles sur le chômage et l’économie
    • Rapport Gallois – État des lieux de la compétitivité française (à paraître)
    • OCDE – Comparaisons internationales des politiques économiques
    • Bruno-boulefkhad.fr – Combat citoyen contre les dérives bancaires

    Sources et références

    • INSEE – Chiffres du chômage août 2012
    • Banque de France – Encours Livret A et LDD 2012
    • Ministère de l’Économie – Réforme de la défiscalisation des heures supplémentaires
    • Union Française des Industries Pétrolières – Prix moyens des carburants
    • Eurostat – Comparaisons européennes du marché du travail

    Photo : KOBU Agency / Unsplash