Réformons les retraites, avec nos amis les robots!

Je dois expliquer ma position sur le sujet de la réforme des #Retraites de Président #Macron car on me demande souvent pourquoi « je suis contre » au pretexte que « je ne devrais pas me sentir concerné, étant privilégié ».

En ma qualité de (petit) acteur économique et de (petit) syndicaliste patronal #MEDEF, je critique ouvertement la réforme #Macron #Borne car je la trouve ridiculeusement simpliste, naïve, pauvre, dénuée d’intelligence, bâclée, non concertée, vite expédiée, pas du tout à la hauteur des enjeux.

Clairement ce projet est tiré d’un travail de branquignoles « petits faiseux ».

Les raisons de mon engagement contre cette réforme là sont multiples, déjà parce que je considère que mes ancêtres ont beaucoup œuvré pour des acquis sociaux qui inspirent partout sur la planète, parce que « tout est politique » et que « la politique est au centre de tout », parce que j’ai beaucoup d’empathie pour mes semblables qui vivent dans la même communauté que moi, parce que je sais ce qu’apporte une communauté apaisée et parce que je me considère comme un « patron social », la vie des salariés et des retraités en général m’importe beaucoup, une communauté de gens qui ont une vie stable, apaisée, libérée des tensions financières quotidiennes, équilibrée n’a pas de prix, et finalement tout le monde en profite (bien-être au quotidien, prospérité, sécurité).

Réformer le système de retraite, je suis bien sûr d’accord et je l’appelle de mes vœux, il faut effectivement vite « repenser l’algorithme » car de nos jours les fonds destinés au paiement des retraites, générés par les travailleurs actifs, ne vont probablement pas suffire à couvrir les besoins pour des retraités qui sont toujours plus nombreux à vivre toujours plus longtemps. N’importe qui peut comprendre ça.Je vois les dirigeants politiques qui se succèdent, je vois leur incompétence, je vois leurs échecs qui s’accumulent et surtout les conséquences de ces échecs.Une bonne réforme des retraites doit prendre en compte deux choses à mes yeux, d’une part « la pénibilité au travail humain » et d’autre part « la productivité technologique ».

J’estime en effet qu’il est absolument essentiel de mesurer la pénibilité au travail (et du travail), de la quantifier, de la catégoriser, de la mesurer et de la considérer. Qui peut penser qu’un homme qui travaille au fond d’un trou depuis l’âge de 16 ans puisse partir à la retraite dans le même état et quasiment au même âge qu’une femme qui a été secrétaire depuis ses 23 ans?

Surtout, ma casquette de technologue me fait dire que les technologies d’industrialisation mécanisée et automatisée, l’automatisation industrielle, l’automatisation logicielle, la robotique industrielle, la robotique logicielle, et surtout l’intelligence artificielle d’une manière générale détruisent et remplacent indiscutablement des emplois en très grand nombre, et donc réduisent considérablement les revenus des caisses de retraite, il me paraît évident qu’il faut maintenant considérer que tous les systèmes de production automatisés doivent « contribuer » d’une manière ou d’une autre au paiement d’un revenu aux humains dans leur ensemble.

Une communauté dans laquelle « le travail » est très automatisé (par des machines ou des logiciels) doit pouvoir en vivre de façon générale, donc oui Monsieur Elon #Musk (qui vient, honte à lui, de se prononcer en faveur de la réforme française) il faut que « les robots paient », non pas seulement les actionnaires des entreprises qui font des profits à partir de l’automatisation, mais surtout les humains de toute la communauté globalement doivent pouvoir en profiter.

Je sais parfaitement de quoi je parle, je conçois à mon humble niveau des machines automatiques et de la robotique logicielle, clairement ces systèmes remplacent des travailleurs et des opérateurs humains, clairement avec beaucoup moins de gens on peut produire beaucoup plus de richesses. Le discours qui consiste à dire « les nouveaux métiers tirés des nouvelles technologies ouvrent de nouvelles perspectives d’emplois » est un discours très hypocrite, car la réalité c’est que les systèmes de traitement automatisés détruisent des emplois humains dans une proportion nettement supérieure aux emplois nouveaux créés dans les nouvelles branches « digitales » et installent un écosystème pyramidal où les quelques personnes qui contrôlent les technologies tout en haut, profitent de toutes les richesses quand tout en bas de plus en plus de pauvres s’apauvrissent.

D’autant que nous savons tous qu’à partir de 50 ans il est vraiment très difficile de trouver du #travail (surtout en #France) et donc si on prolonge l’âge de départ à la retraite à 64, 67 ou 68 ans dans les faits, d’innombrables personnes vont se trouver en situation très compliquée sur les 10 ou 15 dernières années avant leur retraite officielle, c’est inacceptable et honteux.

Une bonne réforme des retraites pour l’avenir de notre #civilisation moderne et technologique « à la française » c’est donc une réforme qui prendra en compte d’une part la #pénibilité au travail et d’autre part la #productivité automatisée.

L’expression libre du plus Français de tous les esclaves nègres.

Dieudonné ne laisse personne indifférent, il est à mes yeux l’artiste humoriste dramatique subversif le plus intelligent de ces 40 dernières années.

Je vous propose d’écouter ce qui est probablement l’un de ses meilleurs textes, vous aurez ensuite toujours le temps de vous faire votre propre idée.

L’apparition soudaine de vaccins doit surprendre.

Les scientifiques étaient formels il n’y a pas si longtemps, selon eux il n’est pas possible de mettre au point un vaccin contre le COVID-19 en moins de 18 mois, dans le meilleur des cas.

Fin novembre 2020 on nous explique désormais que des pays comme l’Angleterre seraient en mesure de vacciner leur population à partir du 1er décembre, les États-Unis assurent pouvoir démarrer en décembre et même en France on parle de fin décembre.

Plusieurs laboratoires pharmaceutiques communiquent, c’est la course, ils affirment avoir un vaccin et attendent les autorisations des autorités sanitaires pour les distribuer.

Mais de quoi s’agit-il ? Comment est-il possible de mettre soudainement au point un vaccin contre le COVID-19 en si peu de temps, aussi largement, sur la base de quoi ? Quel est le mécanisme biologique de la protection vaccinale, qu’est-ce que les chercheurs ont découvert à propos de ce virus qu’on nous a présenté comme très sophistiqué ? Comment peut-on offrir sur le marché des vaccins « efficaces à 70% » ? Qu’est-ce qu’on vaccin efficace à 70% peut apporter ? Qu’est-ce qui se cache derrière ce vaccin miraculeux ? Comment peut-on savoir ce qui va être injecté dans les corps des candidats au vaccin ? Quels sont les risques, et quels sont les effets indésirables qu’on ne connaît forcément pas puisqu’il n’y a pas d’études scientifiques pour documenter les conséquences de ces vaccinations ?

Bref. Ces vaccins miracles qui apparaissent soudainement sur le marché, très opportunément, sont très suspects et doivent intriguer, tout ceci est véritablement surprenant.

J’ai une question supplémentaire, récurrente, à laquelle personne n’a jamais le courage de répondre. Vers où remonte l’argent de l’industrie pharmaceutique ?

Est-ce que nous sortirons un jour de la crise sanitaire globale?

C’est une question que tout le monde se pose. L’angoisse de persister dans une spirale infernale, qui alterne confinements et déconfinements, est bien réelle.

Alors? Sortirons-nous de la crise sanitaire globale qui débute en mars 2020 et de son emprise liberticide sur nos vies?

La réponse est assez simple, oui nous sortirons de la crise sanitaire déclenchée par ce que j’appelle « l’opération Covid-19 », mais certainement pas pour retrouver la vie d’avant.

Oui, nous sortirons à un moment de ce cauchemar.

Non, il est fantaisiste de croire que nous pourrions revivre la vie d’avant, tout indique au contraire que la vie d’après s’annonce être un nouveau cauchemar.

Nous aurons à nous confronter aux réalités sociales et économiques, il est improbable que nous puissions surmonter la suite sans d’autres drames époustouflants.

Au final, rester confiné en état stable pourrait s’avérer plus sûr et sain que de vivre déconfiné de manière très instable. Ceux qui nous dirigent et qui sont à l’origine de toute cette histoire seront ainsi parvenus à leurs fins, quelle que soit l’issue.

Qui fera le lien entre les Gilets Jaunes et l’opération Covid-19?

J’ai été l’un des premiers lanceurs d’alertes sur les réseaux sociaux à m’intéresser publiquement au virus SARSCoV2.

J’ai évoqué une première fois ce dossier durant la soirée du 31 décembre 2019 en demandant aux spécialistes (et aux journalistes) de s’intéresser à cette curiosité troublante qui nous venait de Wuhan, en langues française et anglaise, sur Twitter.

J’ai ensuite été, très rapidement, en février 2020, l’un des premiers objecteurs de conscience à désigner publiquement la pandémie comme « l’opération Covid-19 », toujours sur Twitter.

Je sous-entendais donc que cette pandémie n’était pas d’origine naturelle et qu’il s’agissait d’une opération contrôlée, et donc organisée.

À cette époque, le mouvement de révolte populaire révolutionnaire « Gilets Jaunes » fait peser une menace réelle et critique sur les Gouvernements occidentaux à partir de la France depuis près de 18 mois.

Dans le même temps en Asie, le mouvement de révolte populaire révolutionnaire « Anti-Extradition Bill Protests » fait peser une menace réelle et critique sur le Gouvernement chinois, première vraie puissance mondiale, à partir de Hong Kong depuis près de 12 mois.

L’opportune opération Covid-19 a presque instantanément éteint les mouvements sociaux massifs inspirés et motivés qui émergeaient un peu partout sur la planète, en France, en Chine, aux États-Unis, au Canada, en Australie, au Japon, à Macao, à Taïwan, au Royaume-Uni, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark, en Belgique, en République tchèque, etc.

Combien de temps faudra-t-il aux gens pour voir et comprendre qu’il s’agit d’une guerre biologique « de classes » organisée contre le terrorisme populaire, qui menaçait le Système de l’élite mondialiste?

J’ai fais le lien, à vous de le faire maintenant.

L’expérience secrète Twitter.

En septembre 2011, j’ai décidé de microbloguer en 140 caractères.

Ceci correspondait à une envie d’exprimer des idées et des points de vue, de les exposer au public, mais aussi à mes possibilités pratiques. Je voulais écrire mais je n’avais pas de temps pour ça. Twitter apportait une solution à ma problématique.

Très vite, en quelques semaines, j’ai compris est cerné le potentiel politique réel de cet outil de communication instantanée, que je regardais du coin de l’œil depuis quelques années.

J’ai pu constater la puissance d’un outil d’influence inégalé. J’ai rapidement vu l’emprise psychologique de certaines personnalités, les leaders (d’opinion) et j’ai vu les réactions provoquées sur les suiveurs.

Le fonctionnement logique (simpliste) de Twitter m’a immédiatement beaucoup intrigué, je l’ai examiné en détail, j’ai compris l’algorithmie (notamment le fonctionnement chronologique des liens entre les comptes d’utilisateurs, les messages publiés, les « Like » et les « RT ») et j’ai eu une incroyable idée.

Je me suis mis en tête de suivre « intelligemment » des comptes d’utilisateurs, toujours plus nombreux, et de regarder « intelligemment » ce qu’ils publient et ce qui se passe ensuite sur le réseau Twitter, notamment les interactions (très visibles ou peu visibles) et les évènements sur les comptes d’utilisateurs liés.

Twitter fournit directement et indirectement d’innombrables données pour peu qu’on sache les identifier, les exploiter et les interpréter. Je sais identifier, exploiter et interpréter ces données. J’ai donc construit en quelques années une technologie de supervision globale pour mon propre compte, en amateur, qui m’a permis de déterminer les tendances, les groupes d’utilisateurs en fonction de certaines idées précises, d’identifier les leaders, de les catégoriser, de savoir qui connait qui et qui influence qui, avec quelles idées, dans à peu près tous les domaines intellectuels.

En presque 10 ans, avec beaucoup d’automatisation, de robotique logicielle, d’intelligence artificielle, je suis parvenu à dessiner toutes les tendances, dans tous les domaines d’intérêts, et d’être en mesure de catégoriser n’importe quel compte d’utilisateur en fonction de ses connaissances, de ses idées et des liens logiques qui existent.

Je peux profiler en quelques secondes n’importe quel compte d’utilisateur, et donc profiler l’utilisateur, souvent anonyme, qui se cache derrière.

Évidemment, l’utilisation d’un système perfectionné d’analyse syntaxique est l’une des clés mais j’ai poussé le vice jusqu’à internationaliser l’outil en analysant d’autres langues que le français, comme l’anglais bien sûr mais aussi l’arabe et le russe.

J’ai secrètement et opportunément accumulé des quantités de données disponibles dans le domaine public, toutes de sources ouvertes. L’interprétation de ces données m’a appris énormément sur la sociologie et sur les logiques communautaires, sur les idées qui se dégagent et sur leur force.

Pendant de nombreuses années j’ai pu tester des idées très fortes et très pointues sur Twitter, en explorant la sociologie humaine, et constater les réactions et les interactions. J’ai été l’un des leaders d’opinion les plus controversés sur Twitter, j’ai provoqué de très nombreux débats sur de très nombreux sujets, généralement très sensibles.

Pour ce qui concerne la France, je pense avoir globalement identifié tous les thèmes centraux, les zones de crispation, les limites, les problématiques communautaires, leurs acteurs, leurs leaders. Les amis et les ennemis de chaque groupe.

J’estime que rien ne m’a échappé.

Je n’aime pas du tout ce que j’ai découvert, j’ai toutes les informations nécessaires pour me faire une idée très précise des problématiques qui concernent la France, des résistances, des limites, des anomalies, des injustices et de la façon dont les choses évoluent, en temps réel.

Les réseaux d’influences, les groupuscules, les corporations, les lobbies, les communautés, notamment en matière politique, puisque c’est le plus intéressant, et puisque tout est politique, n’ont plus vraiment de secrets pour moi.

Je suis inquiet car j’ai pu observer que l’évolution de la législation sur la liberté d’expression en France est très dangereuse, sous la pression de certaines petites communautés très bien identifiées, très puissantes.

J’ai cessé l’expérience secrète Twitter sous la forme que je lui avais donnée le 4 septembre 2020, très exactement 9 ans plus tard.

Précisément le jour du 150ème anniversaire de la République.

a couple of people standing next to each other holding signs

La Grèce au bord du gouffre : quand l’Europe joue avec le feu géopolitique

En bref : Le référendum grec du 5 juillet 2015 sur l’acceptation du plan d’austérité européen révèle les failles profondes de l’Union. Face à l’intransigeance de la troïka, la Grèce pourrait se tourner vers la Russie, redessinant la carte géopolitique européenne.

Le 5 juillet 2015, le peuple grec est appelé aux urnes pour répondre à une question qui dépasse largement ses frontières. Derrière l’apparente technicité du référendum se cache un enjeu civilisationnel : l’Europe peut-elle continuer à imposer l’austérité à ses peuples au nom de dogmes économiques ? Et surtout, que se passera-t-il si la Grèce dit non ?

Une question référendaire qui révèle tout

La formulation même de la question soumise aux Grecs est édifiante : « Acceptez-vous le projet d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international lors de l’Eurogroupe du 25 juin 2015 ? » Une question si complexe et technique que le Conseil d’État grec a failli la rejeter.

Franchement, si des Grecs répondent oui à ça, ils sont balaises. Car derrière ce jargon bureaucratique se cache une réalité brutale : accepter de s’enfoncer encore plus dans la pauvreté pour rembourser une dette qui ne fait qu’enrichir les créanciers. Avec un taux d’intérêt à 3%, la dette grecque de 340 milliards d’euros rapporte 10 milliards par an aux créanciers. Vous comprenez ? 10 milliards d’euros de rente annuelle sur la misère d’un peuple.

L’image de Giorgos Chatzifotiadis, 77 ans, effondré devant une banque fermée, restera comme le symbole de cette Europe qui lamine ses citoyens les plus fragiles. C’est ça, le visage humain de l’austérité imposée par Bruxelles.

Le piège de l’austérité perpétuelle

Si les Grecs disent oui, ils resteront pauvres et endettés sur plusieurs générations. S’ils disent non, ils resteront pauvres et endettés. Voilà l’équation infernale dans laquelle la troïka a enfermé la Grèce. Un délai de grâce de 20 années avant de débuter le remboursement de la dette ? Ça me paraît équilibré, c’est ce qu’il faut pour rebondir. Mais non, l’Europe préfère la punition à la reconstruction.

Le paradoxe est criant : 34 milliards d’euros de la dette sont détenus par des « investisseurs privés », des personnes physiques ou morales qui se croyaient au casino. Pourquoi les peuples devraient-ils payer pour les paris perdus des spéculateurs ?

Cette logique mortifère n’est pas propre à la Grèce. En France, malgré une hausse insupportable des impôts, des prélèvements et des taxes depuis trois ans, le déficit ne cesse de s’aggraver. L’austérité ne résout rien, elle aggrave tout. Comme pour le Japon et les USA, l’Europe devra injecter davantage de sa monnaie de singe dans la lessiveuse, contre les Peuples.

La tentation russe : le grand basculement géopolitique

C’est là que le jeu devient vraiment dangereux pour l’Europe. S’ils disent non, il y a une probabilité élevée que la Russie finance allègrement la Grèce, ce qui pourrait changer leur destin sombre. Bien entendu, Tsipras ne peut pas le dire comme ça, mais ça ne fait aucun doute qu’un axe gréco-russe va prendre une nouvelle dimension.

Et si vraiment la Russie, avec la puissance des BRICS derrière elle, vient en soutien de la Grèce, la géopolitique européenne va changer de visage. Imaginez : un pays membre de l’UE et de l’OTAN qui bascule dans l’orbite russe. Ce serait un séisme politique majeur, une brèche béante dans le dispositif occidental.

Les signaux sont déjà là. Moscou observe attentivement, prête à saisir l’opportunité. Pour Poutine, ce serait une revanche éclatante sur les sanctions occidentales et un pied-de-biche idéal pour fracturer l’unité européenne.

L’aveuglement des élites européennes

Ce qui se passe en Grèce est expérimental. Il faut absolument qu’on observe tout ça avec beaucoup d’attention. Ça pourrait surprendre. Si la troïka laisse faire le référendum, c’est peut-être qu’elle pense que les conséquences ne sont pas si graves que ça. Erreur monumentale.

Les prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et Paul Krugman appellent le peuple grec à voter non. Des soutiens de poids pour Tsipras qui montrent que l’opposition à l’austérité n’est pas le fait de quelques gauchistes illuminés, mais d’économistes reconnus mondialement.

Si le oui l’emporte dimanche, ça va déclencher des violences urbaines généralisées dans les rues d’Athènes. Un scénario qui pourrait nécessiter l’intervention des pays européens « amis », comme l’Allemagne ou la France, pour ramener le calme. On imagine déjà les images : des soldats européens dans les rues grecques pour imposer l’austérité. Le symbole serait désastreux.

Les leçons pour la France

Cette crise grecque devrait nous faire réfléchir sur notre propre situation. En France, tout ce qui est en rapport avec l’argent est sclérosé. Pour très, très longtemps. Bordel, c’est quand même pas compliqué de relancer un pays comme la France. Virez-moi tous ces branleurs et ces branquignoles.

Il faut des freezones industrielles, des freezones commerciales, des villes nouvelles, des centaines de gratte-ciels. Mais non, on préfère s’enfermer dans des dogmes économiques mortifères et regarder notre industrie partir en lambeaux.

Le rejet de la demande d’asile d’Assange par la France me fait honte. C’est symptomatique de notre alignement servile sur des intérêts qui ne sont pas les nôtres. Pour lancer des alertes, si vous êtes un mec célibataire, il faut absolument aller en Russie. Vous me remercierez plus tard.

Un dimanche qui pourrait tout changer

Mardi ou mercredi, il n’y aura plus un rond dans l’immense majorité des banques grecques. Elles cesseront de fournir leurs clients. Jeudi ou vendredi, des tas de gens ne pourront plus subvenir à leurs besoins élémentaires. D’ici une semaine, les supermarchés seront vides.

C’est dans ce contexte apocalyptique que les Grecs doivent choisir. Entre la soumission à une Europe qui les écrase et le saut dans l’inconnu. Peuple de Grèce, s’il vous plaît, dites NON à l’austérité demain, et ouvrez la boîte de Pandore pour nous tous.

En vérité, il n’est pas certain que le peuple grec dise non dimanche. La peur de l’inconnu est puissante. Mais qu’ils votent oui ou non, une chose est certaine : l’Europe telle que nous la connaissons est en train de mourir. Et peut-être est-ce une bonne chose. Car de ses cendres pourrait naître quelque chose de plus juste, de plus humain, de plus respectueux des peuples.

Vous pouvez tourner le problème dans tous les sens pendant 107 ans si vous voulez, ça m’est égal. La réalité finira par s’imposer : on ne peut pas construire une union sur la misère et le mépris des peuples. La Grèce nous le rappelle brutalement. Reste à savoir si nous saurons entendre la leçon.

Pour aller plus loin

  • « La stratégie du choc » de Naomi Klein – Pour comprendre comment les crises sont utilisées pour imposer des politiques néolibérales
  • « Conversations entre adultes » de Yanis Varoufakis – Le témoignage de l’ex-ministre grec des Finances sur les négociations avec la troïka
  • Les analyses de Joseph Stiglitz sur la crise grecque dans ses tribunes du New York Times
  • « Dette : 5000 ans d’histoire » de David Graeber – Pour une perspective historique sur la dette

Sources et références

  • Données sur la dette grecque : Eurostat, juin 2015
  • Déclarations de Stiglitz et Krugman : Financial Times, 3 juillet 2015
  • Analyse des taux d’intérêt : Banque de Grèce, rapport trimestriel Q2 2015
  • Sondages pré-référendaires : Public Issue, 2-4 juillet 2015

Photo : Evita Paraskevopoulou / Unsplash

Ocean waves gently lap a rocky shore at dusk.

2015 : Quand l’Europe découvrait sa vulnérabilité migratoire

Des cargos remplis de centaines de migrants arrivent sur les côtes européennes début 2015, révélant une nouvelle stratégie des passeurs : saturer les capacités de réponse européennes. Face à ce phénomène inédit, l’Europe semble totalement démunie.

Trois navires. Cinq jours. Des milliers de migrants. Ce qui se passe en ce début janvier 2015 sur les côtes européennes n’est pas un accident isolé. C’est le début de quelque chose de beaucoup plus grand, de beaucoup plus organisé. Et l’Europe, dans sa grande naïveté – ou son aveuglement volontaire – n’a absolument rien vu venir.

La nouvelle stratégie des passeurs : le cargo fantôme

Oubliez les petites embarcations surchargées qui font régulièrement naufrage en Méditerranée. Les passeurs ont changé de braquet. Ils utilisent désormais de vieux cargos, des bâtiments de marine marchande en fin de vie, achetés pour une bouchée de pain dans des ports obscurs.

Le mode opératoire est d’une simplicité redoutable. On entasse plusieurs centaines de personnes dans la cale. On met le cap sur l’Europe. Une fois proche des côtes, l’équipage abandonne le navire en laissant le pilote automatique enclenché. Les garde-côtes européens n’ont alors pas d’autre choix que d’intervenir pour éviter un naufrage.

Ces navires ne sont pas traçables. Pas d’AIS, pas de pavillon clair, des noms repeints à la va-vite. Des fantômes flottants qui surgissent de nulle part. Et le pire, c’est que ça marche.

Un business model imparable

Faisons un peu d’arithmétique. Un vieux cargo acheté 200 000 euros. 500 passagers à 5 000 dollars la place. Recette : 2,5 millions de dollars. Bénéfice net après avoir payé l’équipage et le carburant : plus de 2 millions. Pour une seule traversée.

Et quand la demande à 5 000 dollars faiblira ? Le prix baissera. À 2 500 dollars. Puis 1 000. Même à 500 dollars la place, avec 500 personnes à bord, c’est encore 250 000 dollars de recette. Le business reste rentable.

Les mafieux ont compris quelque chose de fondamental : il ne s’agit plus de faire passer quelques dizaines de personnes discrètement. Il s’agit de saturer complètement notre capacité de réponse. De nous submerger.

L’Europe face à son impuissance

Que peut faire l’Europe ? Techniquement, trois options existent :

  • Intercepter et arraisonner les navires en haute mer avant qu’ils n’atteignent nos eaux
  • Les escorter jusqu’à un port sûr et traiter les demandes d’asile
  • Les refouler vers leur port d’origine

La première option nécessite des moyens considérables et une volonté politique d’acier. Envoyer des commandos héliportés prendre le contrôle de navires en mer ? Les mafieux se défendront. Il y aura des morts. Quel dirigeant européen assumera ?

La deuxième option, c’est celle qu’on applique actuellement. Par défaut. Par lâcheté. On accueille, on traite, on est débordé. Les passeurs le savent et en profitent.

La troisième ? Juridiquement complexe, humainement discutable, pratiquement impossible quand on ne sait même pas d’où vient le navire.

Le cas particulier des Syriens

Dans ce flux migratoire, les Syriens occupent une place particulière. Ils fuient une guerre civile atroce qui a déjà fait plus de 200 000 morts. Pour eux, le danger de la traversée n’est « rien comparé à ce qui se passe en Syrie ».

Et contrairement à d’autres nationalités, les Syriens ont souvent les moyens. Classe moyenne éduquée, ils peuvent payer les 5 000 dollars demandés. Certains s’organisent même entre eux, court-circuitant les mafieux traditionnels. Une forme d’auto-organisation de la fuite.

J’estime qu’il y a facilement plusieurs dizaines de milliers de Syriens prêts à payer ce prix pour atteindre l’Europe. Et ce n’est que le début.

Le syndrome de l’autruche européen

Ce qui me sidère le plus dans cette affaire, c’est l’aveuglement volontaire de nos dirigeants. Ils voient ces navires arriver. Ils comprennent que c’est organisé. Ils savent que ce n’est que le début. Et pourtant, ils laissent faire.

Pourquoi ? Parce qu’agir vraiment, c’est prendre le risque d’images terribles. Des garde-côtes qui tirent sur des embarcations. Des migrants qui se noient. L’opinion publique qui s’indigne.

Alors on préfère subir. On gère la crise au jour le jour. On espère que ça va s’arrêter tout seul. Spoiler alert : ça ne va pas s’arrêter.

La pression démographique africaine

Soyons clairs : je ne dis pas que toute l’Afrique va se déverser en Europe. Ce serait absurde. Mais la pression existe, elle est énorme, et elle ne va faire que croître.

L’Afrique subsaharienne compte aujourd’hui près d’un milliard d’habitants. La moitié a moins de 20 ans. Le chômage des jeunes dépasse souvent 50%. L’Europe, c’est l’eldorado à portée de Méditerranée.

Sur ce milliard, combien sont prêts à tout risquer pour tenter leur chance ? Un pour cent ? C’est 10 millions de personnes. Un pour mille ? C’est encore un million.

Les passeurs l’ont compris. La demande est là, gigantesque. Il suffit d’organiser l’offre.

Les conséquences prévisibles

Ce qui se passe en ce début 2015 n’est qu’un avant-goût. Si l’Europe ne réagit pas – et tout indique qu’elle ne réagira pas – nous allons assister à une industrialisation du passage clandestin.

Des dizaines de navires. Des centaines de milliers de migrants. Une saturation complète de nos capacités d’accueil. Des tensions sociales exacerbées. Une montée de l’extrême droite partout en Europe.

Et pendant ce temps, les mafieux s’enrichissent. Sans risque. Les bateaux sont abandonnés, les équipages disparaissent, l’argent est blanchi dans des paradis fiscaux. Business as usual.

L’échec du système Dublin

Le règlement Dublin III, qui veut que les demandeurs d’asile soient traités dans le premier pays européen où ils arrivent, est une vaste blague. L’Italie et la Grèce, submergées, laissent filer les migrants vers le Nord.

L’Allemagne accueille. La France tergiverse. L’Angleterre se barricade. L’Europe de l’Est refuse. La solidarité européenne ? Une fiction.

Chaque pays joue sa partition, espérant que le problème ira chez le voisin. Pendant ce temps, les passeurs rigolent. Ils ont trouvé la faille.

Pour aller plus loin

  • « Mare Nostrum » vs « Triton » : Comprendre la différence entre l’opération italienne de sauvetage et l’opération européenne de surveillance
  • Le règlement Dublin III : Pourquoi ce système est inadapté à la crise migratoire actuelle
  • Les routes migratoires : De la Libye à l’Italie, de la Turquie à la Grèce, cartographie des flux
  • Le business des passeurs : Enquête sur les réseaux criminels qui profitent de la misère humaine
  • La guerre en Syrie : Comprendre pourquoi des millions de personnes fuient leur pays

Sources et références

  • Frontex Risk Analysis 2014
  • UNHCR Global Trends 2014
  • Règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen (Dublin III)
  • Rapports de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM)
  • Missing Migrants Project – Données sur les décès en Méditerranée

Photo : Jeffrey Zhang / Unsplash

a woman using a machine to check out a product

Ebola 2014 : Quand j’ai vu venir la tempête que personne ne voulait regarder

En juillet 2014, j’alertais sur la gravité de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest et le risque de propagation mondiale. L’OMS mettra des mois à réagir, confirmant mes pires prédictions avec plus de 17 000 cas et 7 000 morts fin 2014.

Je me souviens parfaitement de ce 15 juillet 2014. Alors que la France se passionnait pour la Coupe du Monde de football au Brésil, j’observais avec une inquiétude croissante les premiers rapports sur une flambée épidémique en Guinée. « Le virus Ebola continue tranquillement son petit bonhomme de chemin », avais-je alors écrit. Avec le recul, cette formulation presque légère contraste terriblement avec ce qui allait devenir la pire épidémie d’Ebola de l’histoire de l’humanité.

Une épidémie hors de contrôle dès le départ

Ce qui m’alarmait dès juillet 2014, c’était la conjonction de plusieurs facteurs catastrophiques. D’abord, le virus touchait pour la première fois des zones urbaines densément peuplées d’Afrique de l’Ouest. Contrairement aux précédentes épidémies, généralement confinées dans des villages isolés d’Afrique centrale, celle-ci se propageait dans des capitales comme Conakry, Freetown et Monrovia.

Les chiffres parlaient d’eux-mêmes : en février 2014, on comptait quelques dizaines de cas. En juillet, on dépassait déjà le millier. Le taux de létalité avoisinait les 90%. Pour comprendre l’horreur de cette maladie, il faut savoir qu’Ebola provoque une mort atroce : fortes diarrhées, insuffisances rénales et hépatiques, hémorragies internes et externes. Les malades se vident littéralement de leur sang par tous les orifices.

Mais le plus dramatique, c’était l’effondrement des systèmes de santé locaux. Le 29 juillet, j’apprenais la mort du Dr Sheik Umar Khan, le seul spécialiste des fièvres hémorragiques de Sierra Leone. Imaginez : le médecin censé diriger la lutte contre l’épidémie venait de succomber au virus. C’était le signal que la situation était totalement hors de contrôle.

Des modes de transmission sous-estimés

Ce qui m’inquiétait particulièrement, c’était la méconnaissance des modes de transmission réels du virus. Les autorités sanitaires répétaient en boucle qu’Ebola se transmettait uniquement par contact direct avec les fluides corporels. Mais sur le terrain, les témoignages racontaient autre chose. Le virus survivait dans l’environnement : sur les poignées de porte, les draps, les vêtements. À quelle distance un environnement contaminé pouvait-il infecter ? 2 mètres ? 10 mètres ? 50 mètres ? Personne n’avait de réponse claire.

La durée d’incubation, variant de 2 à 21 jours, rendait le traçage des contacts quasi impossible. Un malade pouvait parcourir des milliers de kilomètres avant de développer les premiers symptômes. C’est exactement ce qui s’est passé avec Patrick Sawyer, le consultant libéro-américain qui a introduit le virus au Nigeria en juillet 2014.

L’aveuglement criminel des autorités européennes

Face à cette menace, quelle a été la réaction de nos gouvernements ? Un déni total. Alors que je réclamais dès le 31 juillet la suspension immédiate de tous les vols en provenance des pays touchés, les autorités européennes refusaient toute mesure de précaution. Leur argument ? Il ne fallait pas « stigmatiser » l’Afrique ni entraver les échanges commerciaux.

Cette posture m’exaspérait. Nous n’avions pas le droit à l’erreur. Le moindre écart serait fatal dans les pays urbanisés du Nord. Un seul passager contaminé dans un avion avec 250 autres personnes, et c’était la catastrophe assurée. Le confinement d’un tube métallique volant à 10 000 mètres d’altitude créait les conditions parfaites pour une contamination massive.

Les modélisations prédictives que je consultais étaient formelles : fin juillet 2014, la probabilité qu’un porteur du virus entre en Europe était à son maximum. Et en hausse constante. Pour garantir zéro contamination hors d’Afrique, il aurait fallu mettre le continent entier en quarantaine. Évidemment impossible. Mais entre l’impossible et le laxisme total, il y avait une marge de manœuvre que personne ne voulait exploiter.

L’hypocrisie du « cas par cas »

La France se gargarisait d’avoir « les moyens de faire face » si le virus arrivait sur son territoire. Quelle naïveté ! Ou quelle hypocrisie, je ne sais pas ce qui est pire. Les hôpitaux français étaient-ils prêts à gérer des dizaines de patients hautement contagieux nécessitant des soins intensifs en isolement total ? Avions-nous les combinaisons de protection en nombre suffisant ? Le personnel formé ? Les protocoles rodés ?

La réponse était non, évidemment non. Mais il était plus confortable de se bercer d’illusions que de prendre des mesures impopulaires. J’ai toujours préféré des mesures de précaution rigoureuses et contraignantes pendant quelques mois plutôt qu’un carnage.

Le spectre du bioterrorisme : l’angle mort de la crise

Mais au-delà de la propagation naturelle du virus, un autre danger me hantait : le bioterrorisme. C’est un sujet que peu osaient aborder, mais qui me semblait évident. Des groupes terroristes pouvaient facilement infiltrer les équipes de soignants sous prétexte de porter secours aux malades. Une fois sur place, rien de plus simple que de prélever des échantillons du virus.

Contrairement à ce qu’on imagine, le risque de contamination bioterroriste était potentiellement plus élevé que le risque de propagation naturelle en Europe. Pourquoi ? Parce qu’un virus weaponisé peut être disséminé de manière ciblée et massive. Les laboratoires de fortune installés en Afrique de l’Ouest étaient des passoires en termes de sécurité. N’importe qui avec un minimum de formation pouvait y accéder et repartir avec de quoi contaminer des milliers de personnes.

J’alertais sur la nécessité absolue de sécuriser les laboratoires, les sites de décontamination et les zones de soins intensifs. Mais qui m’écoutait ? Les gouvernements étaient trop occupés à minimiser la menace pour envisager ses implications sécuritaires.

La course désespérée aux traitements expérimentaux

L’épisode du rapatriement du Dr Kent Brantly, médecin américain contaminé au Liberia, illustrait parfaitement notre impréparation. Les États-Unis ont déployé des moyens extraordinaires pour le ramener à Atlanta dans une « bulle » d’isolement aéromédical. Pourquoi ? Pour tester sur lui un vaccin expérimental dont un seul exemplaire existait.

Pensez-y : la première puissance mondiale n’avait qu’une seule dose d’un traitement non testé sur l’homme. Le patient devenait un cobaye, probablement condamné de toute façon. C’était l’aveu de notre impuissance face à un virus connu depuis 1976 mais négligé car il ne touchait « que » l’Afrique.

Les leçons non apprises d’une catastrophe annoncée

Fin novembre 2014, l’OMS reconnaissait enfin la gravité de la situation : 17 145 cas confirmés. Début décembre, le bilan s’alourdissait brutalement avec l’annonce de 7 000 morts, après des semaines de stagnation artificielle à 5 000. Mes estimations s’avéraient exactes à 8 morts près, soit 0,5% d’erreur. Non pas que je m’en réjouisse, bien au contraire. J’aurais préféré me tromper.

Cette épidémie d’Ebola aura coûté la vie à plus de 11 000 personnes avant d’être jugulée mi-2016. Elle aura révélé l’incurie de l’OMS, la lâcheté des gouvernements occidentaux et notre vulnérabilité face aux menaces pandémiques. Les experts réunis à Londres avaient raison : « This is the worst Ebola outbreak the world has ever seen. »

Mais avons-nous appris ? Quand je vois comment nous avons géré le Covid-19 en 2020, j’ai mes doutes. Les mêmes erreurs, les mêmes dénis, les mêmes retards. Comme si l’histoire se répétait, en pire. Ebola nous avait pourtant montré la voie : réagir vite, fort, sans états d’âme. Fermer les frontières, isoler les foyers, protéger les populations. Simple ? Oui. Fait ? Non.

Aujourd’hui, alors que de nouvelles menaces virales émergent régulièrement, je repense à cet été 2014. À mes alertes tombées dans le vide. Aux morts évitables. Et je me dis qu’on n’est pas sortis de l’auberge. Parce que fondamentalement, rien n’a changé. Les virus mutent et s’adaptent. Nos bureaucraties, elles, restent désespérément les mêmes.

Pour aller plus loin :

Sources et références :

  • OMS – Rapports de situation Ebola 2014-2015
  • CDC Atlanta – Données épidémiologiques et protocoles de traitement
  • MSF – Témoignages de terrain et bilans opérationnels
  • The Lancet – Articles sur les modes de transmission d’Ebola
  • Reuters/AP – Couverture médiatique de la crise 2014

Photo : Soweto Graphics / Unsplash

The french flag is waving in the wind.

La France de 2014 : entre justice spectacle et géopolitique du chaos

2014 restera comme l’année où la France a révélé ses failles profondes : une justice instrumentalisée, une classe politique déconnectée et une perte d’influence internationale dramatique. L’affaire Sarkozy n’était que la partie visible d’un iceberg bien plus inquiétant.

Juillet 2014. Je me souviens parfaitement de cette journée où Nicolas Sarkozy était placé en garde à vue. Les chaînes d’information en continu tournaient en boucle, les réseaux sociaux s’enflammaient. Mais derrière ce spectacle médiatique, c’est toute une mécanique institutionnelle qui se révélait au grand jour. Une mécanique qui, sept ans plus tard, continue de gangrener notre République.

L’affaire Sarkozy : quand la justice devient spectacle

Ce qui m’a frappé à l’époque, c’est moins l’affaire elle-même que ce qu’elle révélait de notre système. Les écoutes téléphoniques d’un ancien président de la République, la notion de « corruption active » brandie comme un étendard… Soyons clairs : ce qu’on reprochait à Sarkozy, c’est ce qui se pratique quotidiennement dans les couloirs du pouvoir.

Je ne dis pas que c’est bien. Je dis que c’est la réalité. Si demain vous placez des micros dans les bureaux de n’importe quel politique ou homme d’affaires d’envergure, vous découvrirez des pratiques similaires. La question n’est pas là. La question, c’est : pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ? Et surtout : au service de qui ?

Car enfin, parlons-en de cette justice « indépendante ». Deux magistrates instruisant l’affaire, jamais venues s’expliquer devant les Français. Des méthodes dignes des pires régimes autoritaires, avec des écoutes dont la légalité même pose question. Et pendant ce temps, des milliers d’entrepreneurs subissaient l’acharnement fiscal, des familles voyaient leur vie détruite par un système devenu fou.

« En toute chose il y a une vérité mais surtout il y a une réalité. Les gens ne verront hélas que la vérité… »

Cette phrase que j’écrivais alors résume parfaitement le piège. La vérité médiatique – Sarkozy corrompu – contre la réalité d’un système où la corruption est structurelle. Mais qui oserait le dire ?

Les conséquences internationales d’une justice spectacle

Ce que beaucoup n’ont pas compris, c’est que cette affaire a eu des répercussions bien au-delà de nos frontières. « La garde à vue de Sarkozy fait la Une de toutes les chaînes d’informations dans le monde », notais-je alors. Et ce n’était pas anodin.

Comment négocier avec Poutine, Obama ou Xi Jinping quand vos anciens dirigeants sont traînés dans la boue ? Comment prétendre au leadership européen quand votre justice ressemble à un règlement de comptes ? La France perdait alors ce qui lui restait de crédibilité internationale.

2014 : l’année du basculement géopolitique

Mais l’affaire Sarkozy n’était qu’un symptôme. 2014, c’est surtout l’année où le monde a basculé dans une nouvelle ère, et où la France s’est retrouvée spectatrice de sa propre marginalisation.

Ukraine, Syrie, Irak : la redistribution des cartes

Souvenez-vous : Maïdan, l’annexion de la Crimée, l’émergence de l’État islamique… Pendant que nous jouions aux apprentis justiciers avec nos anciens présidents, le monde redessinait ses frontières dans le sang.

J’écrivais alors : « Ce ne seront ni l’Europe ni les USA qui vont reconstruire la Syrie et l’Irak mais la Russie et la Chine… » Sept ans plus tard, force est de constater que j’avais raison. La Russie est devenue incontournable au Moyen-Orient, la Chine étend son influence partout, et nous ? Nous en sommes réduits à suivre les directives américaines.

Poutine lui-même pointait du doigt notre soumission, évoquant le « chantage exercé par les USA sur la France » dans l’affaire BNP Paribas. 9 milliards de dollars d’amende pour avoir commercé avec des pays sous embargo américain. Notre souveraineté financière ? Une illusion.

L’Europe des technocrates

Et pendant ce temps, à Bruxelles, on nous imposait Juncker et Schulz. « Les boss, c’est eux! Mais quelle farce quand même », écrivais-je. Une farce qui continue aujourd’hui avec une Commission européenne toujours plus déconnectée des peuples.

L’Europe de 2014, c’était déjà celle des dettes impayables – « Comprenez bien que les dettes des pays occidentaux ne sont pas remboursables » – et du chômage de masse. 1,5 million d’emplois à créer en trois ans ? Une plaisanterie. La réalité, c’était 500 000 emplois supplémentaires perdus.

Les leçons non apprises

Ce qui me frappe rétrospectivement, c’est notre incapacité collective à tirer les leçons de cette période. Nous avons continué sur la même trajectoire : justice politisée, soumission internationale, déni économique.

La question du leadership

En 2014, je prédisais que Sarkozy ne ferait pas plus de 13 à 19% en 2017. J’ai eu tort sur les chiffres (il a fait 20% à la primaire), mais raison sur le fond : il était grillé. « Même si Sarkozy revient sur le plan national, au niveau international c’est absolument cuit. »

Le problème, c’est que derrière lui, il n’y avait personne. Pas de « homme (ou femme) fort, providentiel, avec du charisme et rassembleur ». Résultat : Macron, le candidat du système par excellence.

L’immigration : le sujet tabou

Autre sujet que 2014 mettait en lumière : l’immigration. L’affaire Leonarda, vous vous souvenez ? Cette collégienne rom expulsée, dont le père menaçait : « La France, on va la faire payer! »

J’écrivais alors que notre position devrait être : « ouverts aux immigrants, mais aux meilleurs ». Une position de bon sens, celle d’Obama lui-même qui déclarait accueillir les immigrants tout en précisant « nous ne voulons que les meilleurs ».

Mais en France ? Impossible d’avoir ce débat sereinement. Résultat : on n’a « même pas travaillé sur le fond du problème avec les pays à la source, depuis 40 ans ».

2014-2024 : qu’est-ce qui a changé ?

Dix ans après, le constat est amer. La justice reste instrumentalisée – regardez les affaires récentes. Notre influence internationale continue de s’éroder – voyez notre absence dans les grandes négociations mondiales. Le chômage reste massif malgré les manipulations statistiques.

Pire : les problèmes identifiés en 2014 se sont aggravés. La dette a explosé, passant de 2 000 à 3 000 milliards. L’immigration incontrôlée génère des tensions de plus en plus vives. Et « l’extrême droite » que je ne voyais pas vraiment émerger en 2014 est aujourd’hui aux portes du pouvoir.

« Depuis que je me passionne pour la politique, absolument TOUTES les élections ont été gagnées sur des mensonges et des promesses non tenues », écrivais-je. Rien n’a changé. Macron en 2017, c’était le mensonge du « ni droite ni gauche ». En 2022, celui du « barrage républicain ».

La fuite des cerveaux et des entreprises

Un détail de 2014 me revient : « Voler avec Emirates et se rendre compte que tous les crews sont français y compris les pilotes, ça présage du futur d’Air France… »

Prémonitoire. Aujourd’hui, nos meilleurs talents fuient. Nos entreprises sont rachetées (souvenez-vous d’Alstom). Notre industrie est moribonde. Et Air France ? Une compagnie en survie artificielle.

Et maintenant ?

« Je ne sais pas vous, mais moi je rêve d’un combat de femmes en 2017 », écrivais-je, imaginant Le Pen, Royal et Lagarde. Nous avons eu Macron contre Le Pen. Deux fois.

La vraie question aujourd’hui, c’est : combien de temps encore allons-nous accepter ce système ? Combien de temps avant que les Français comprennent que le problème n’est pas tel ou tel politique, mais le système lui-même ?

Car la réalité, c’est que nous sommes gouvernés par des « branquignoles » (pour reprendre mon expression favorite) qui ont transformé la France en succursale de Bruxelles et Washington. Des dirigeants qui préfèrent la justice spectacle à la justice tout court, les effets d’annonce aux vraies réformes.

Bref. 2014 était l’année où tout était encore possible. 2024 est celle où il ne reste plus grand-chose à sauver. Entre les deux, dix années de déni, de lâcheté et de soumission.

Mais bon, comme disait le proverbe africain que je citais alors : « La pluie n’efface pas les rayures du zèbre. » Les tares de notre système étaient déjà visibles en 2014. Nous avons juste préféré fermer les yeux.

La question maintenant : jusqu’à quand ?

Pour aller plus loin

Sources et références

  • Données INSEE sur le chômage 2014-2024
  • Rapports de la Banque de France sur l’évolution de la dette publique
  • Archives judiciaires de l’affaire Sarkozy-Bismuth
  • Statistiques Eurostat sur les flux migratoires 2014-2024
  • Analyse géopolitique : repositionnement russe au Moyen-Orient (IFRI, 2015-2020)

Photo : Michael McKay / Unsplash