Catégorie : GÉOPOLITIQUE

  • Entre Charlie et Daesh, l’Europe face à la radicalisation des extrêmes
    Entre Charlie et Daesh, l’Europe face à la radicalisation des extrêmes
    Les attentats de janvier 2015 ont révélé une Europe prise entre deux radicalisations : la montée de mouvements anti-musulmans d’un côté, l’instrumentalisation terroriste de l’islam de l’autre. Cette polarisation dessine un avenir inquiétant où les communautés musulmanes européennes se retrouvent prises en étau.

    Les images de janvier 2015 resteront gravées dans nos mémoires. Charlie Hebdo, l’Hyper Cacher, les frères Kouachi, Amedy Coulibaly. Mais au-delà du choc immédiat, ces événements révèlent une Europe confrontée à une double radicalisation qui menace son équilibre démocratique.

    D’un côté, les mouvements anti-musulmans et anti-arabes s’organisent très vite partout en Europe. En toute légalité. De l’autre, l’État Islamique perfectionne sa propagande de terreur, avec ces films « montrant des décapitations » qui exacerbent le sentiment anti-arabe et anti-musulman.

    Cette double spirale dessine un piège mortel pour nos démocraties.

    Pegida et la normalisation de l’islamophobie

    Le mouvement Pegida, ouvertement anti-arabes et anti-musulmans, prend de l’ampleur en Europe. Il se développe dans plusieurs pays désormais, surfant sur une peur savamment entretenue.

    Cette montée n’est pas spontanée. Elle s’appuie sur un terreau fertile : l’absence de réponse politique forte qui s’explique par la stupeur des dirigeants politiques vis-à-vis de l’islamisme radical.

    Les Européens musulmans gardent leur sang-froid et se font très humbles et discrets. Combien de temps ? Personne ne le sait. Mais cette situation n’est pas tenable indéfiniment.

    L’islamophobie atteint déjà des niveaux jamais vus en Europe. Pour revenir en arrière si tout s’arrête maintenant, il faudrait déjà 30 ans. Les Français musulmans ne peuvent pas sortir dans la rue, ils seraient automatiquement dévisagés, surtout s’ils sont voilés ou barbus.

    La stratégie du chaos

    Je suis convaincu que les films de propagande ISIS ont été élaborés pour créer ce mouvement anti-arabes et anti-musulmans. Cette stratégie de polarisation n’est pas nouvelle dans l’histoire du terrorisme.

    L’objectif ? Pousser les sociétés européennes vers la radicalisation, créer un climat de défiance généralisée qui rende impossible toute coexistence pacifique. Une stratégie qui, malheureusement, fonctionne.

    Des commerces tenus par des Français musulmans et des mosquées vont être attaqués. C’est malheureusement prévisible dans ce climat de tension exacerbée.

    L’instrumentalisation de l’islam par Daesh

    Arrêtons de parler de « terroristes islamistes » et ne parlons que de « terroristes », tout court. Car ces assassins qui agissent « au nom de l’Islam » ne sont rien d’autre que des membres de l’extrême droite radicale dans la religion politique.

    L’État Islamique va jusqu’à décapiter des fumeurs de cigarettes, considérant que fumer est un « long suicide ». Cette radicalisation extrême n’a plus rien à voir avec la spiritualité musulmane traditionnelle.

    Dans l’Islam, il est pourtant proscrit de représenter le Prophète, son image est sacrée selon Al-Bukhârî. Pour un musulman, absolument rien n’est plus sacré que le Prophète, d’ailleurs il respecte équitablement Mohammed, Jésus et Moïse.

    La loi du Talion instrumentalisée

    Comme l’a déclaré Coulibaly : « Chez nous, c’est la loi du Talion, vous ne savez pas ce qui se passe dans les pays musulmans. Laissez les musulmans tranquilles. »

    Cette phrase révèle la logique terroriste : transformer l’injustice ressentie en violence aveugle. Car pour moi, une seule chose peut motiver des terroristes illuminés, et cette chose c’est l’injustice. Nier ça, c’est renoncer à la paix.

    Ces combattants ont muté en criminels et appliquent la loi du Talion, ils vengeront toutes les injustices, réelles ou fantasmées.

    Les musulmans européens pris en étau

    Les Français musulmans sincères ne peuvent pas faire preuve d’hypocrisie. Je suis convaincu que l’immense majorité des gens de la communauté des Français musulmans n’ira pas manifester, ni aujourd’hui, ni demain.

    Comment leur en vouloir ? Comment défiler derrière des dirigeants qui, hier encore, cautionnaient des politiques qu’ils jugent injustes au Moyen-Orient ?

    Je pense que les Français musulmans sont très conscients des raisons qui conduisent les musulmans égarés radicaux à agir abominablement. Cette lucidité les honore, mais elle les place dans une position impossible.

    L’émergence politique nécessaire

    La réponse des musulmans qui me semble la plus intelligente sera de s’organiser, et de se constituer politiquement. Je crois que le mouvement politique des Européens musulmans va émerger à un moment, une future très grande force politique.

    Au rythme où vont les choses, c’est crédible de voir émerger des leaders politiques ouvertement Européens musulmans. L’émergence d’un mouvement politique de patriotes musulmans n’implique pas nécessairement que tous ses cadres soient immigrés maghrébins.

    Ces femmes et ces hommes de progrès dans la Oumma, qui portent en eux la vision du futur spirituel de l’Islam, doivent se manifester. C’est une urgence démocratique.

    Les limites de la réponse sécuritaire

    J’ai une admiration totale pour les hommes du RAID et de la BRI, du point de vue du sacrifice et de la technicité déployée. Mais éliminer les frères Kouachi et Coulibaly ne résoudra pas le problème de fond.

    D’autres attaques meurtrières flash vont se produire même si les commandos d’aujourd’hui sont identifiés et éliminés rapidement. Si vous voulez régler le problème du terrorisme islamiste, vous devez vous attaquer à la cause des causes.

    Si une grosse organisation terroriste existe quelque part, avec des moyens, comme on nous le dit toujours, c’est demain qu’elle frappera. Si rien ne se passe demain, vous aurez la preuve qu’Al-Qaida et ISIS c’est peanuts et surtout entièrement sous contrôle.

    La spirale de la violence

    Le terrorisme, c’est répandre la terreur par l’action criminelle sur des civils innocents, de façon tout à fait aléatoire. Mais classer l’attaque comme un « attentat islamiste » plutôt qu’un « attentat politique » participe de cette confusion dangereuse.

    Comment on va empêcher les gens normaux devenus dingues de pousser les musulmans à la mer ? Cette question hante nos sociétés européennes.

    Sortir du piège de la polarisation

    L’Islam n’est pas une secte mais une religion légale, d’ailleurs la première religion au monde depuis 2013. On va l’intégrer à un moment ? Cette question n’est plus théorique, elle est devenue existentielle pour l’Europe.

    Les JeSuisCharlie prônent la loi libertaire extrême, les ISIS veulent la loi islamique extrême. Entre ces deux radicalisations, il faut trouver un chemin démocratique.

    Je recommande aux Français musulmans de poser une affiche #JeSuisCharlie sur leur porte et fenêtres pour tenter de retarder l’échéance. Mais cette solution de fortune ne peut être qu’temporaire.

    En Israël, une loi interdit strictement les illustrations caricaturales des Prophètes Moïse, Jésus et Mohammed. Faut-il s’en inspirer ? Le débat mérite d’être posé sans tabou.

    Si Marine Le Pen arrive d’ici 2 ans à construire les bonnes solutions contre l’islamisme en préservant les Français musulmans, elle gagne. Mais cette équation semble impossible à résoudre dans le climat actuel.

    Nous avons probablement 2 millions de Syriens, qui vivaient aussi bien, voire mieux que la moyenne des Français, en très grave détresse. Cette réalité géopolitique pèse sur tous nos équilibres intérieurs.

    L’Europe de 2015 se trouve face à un défi existentiel : éviter que la double radicalisation ne la déchire définitivement. L’avenir de nos démocraties en dépend.

    Pour aller plus loin

    Photo : Assad Tanoli / Unsplash

  • Drones sur centrales nucléaires, la France découvre sa vulnérabilité
    Drones sur centrales nucléaires, la France découvre sa vulnérabilité
    Depuis octobre 2014, des survols mystérieux de drones au-dessus des centrales nucléaires françaises révèlent les failles béantes de notre système de protection. Entre déni des autorités et réalité des menaces, l’hexagone découvre brutalement sa vulnérabilité face à ces nouveaux engins volants.

    Je l’avoue, quand j’ai entendu parler des premiers survols de drones au-dessus de nos centrales nucléaires fin octobre, j’ai d’abord pensé à des gamins qui s’amusaient. Quelques semaines plus tard, face à la multiplication des incidents et au silence des autorités, je me rends à l’évidence : nous sommes clairement entrés dans l’ère de la guerre des drones.

    Et franchement, on n’était pas prêts.

    Une série d’intrusions qui défie toute logique

    Depuis le 30 octobre, les survols s’enchaînent avec une régularité troublante. Cattenom, Marcoule, et d’autres sites sensibles voient régulièrement passer ces engins non identifiés. Le 20ème survol recensé lundi soir vers 23h30 sur Cattenom confirme qu’on n’a pas affaire à des incidents isolés.

    Ce qui m’inquiète le plus ? L’absence totale de transparence des autorités. Pas une seule photo publiée, pas une vidéo, aucun détail technique sur ces aéronefs. Le gouvernement nous assure qu’il s’agit de « jouets du commerce », mais refuse obstinément de montrer les preuves.

    Cette opacité pose une question fondamentale : que cachent-ils exactement ?

    Des témoignages qui contredisent la version officielle

    Car les témoignages de terrain racontent une tout autre histoire. Des témoins affirment avoir vu des drones de 2 mètres d’envergure. Si c’est exact, on ne parle plus du tout de « jouets » mais d’aéronefs sophistiqués nécessitant des compétences techniques élevées.

    Un drone de cette taille peut emporter une charge utile conséquente. Il peut voler plus longtemps, plus loin, et surtout embarquer des équipements de surveillance ou de cartographie électromagnétique particulièrement avancés.

    Quand la DGAC confirme qu’il est « formellement interdit de tirer ou d’abattre des engins qui volent à plus d’un mètre », on comprend mieux pourquoi ces intrusions se multiplient en toute impunité.

    La menace réelle des drones civils détournés

    Faire tomber un drone léger équipé d’un dispositif incendiaire au beau milieu d’un transformateur aurait des conséquences dramatiques. Cette réalité, beaucoup refusent encore de l’admettre.

    De nos jours, il est enfantin de faire le repérage d’un lieu sensible, de nuit ou au lever du jour, avec un simple drone équipé d’une GoPro. Les images obtenues permettent d’identifier les points faibles, les systèmes de sécurité, les zones de passage du personnel.

    L’exemple inquiétant de l’incident Merkel

    Pour ceux qui doutent encore du potentiel offensif des drones civils, je rappelle cet incident passé largement inaperçu en 2013 : un drone s’est approché dangereusement d’Angela Merkel durant un meeting électoral. L’engin portait un message de protestation, mais il aurait tout aussi bien pu transporter autre chose.

    Plus récemment, la Chine a déployé 1200 hommes et des avions de chasse après qu’un drone ait survolé illégalement l’aéroport de Beijing. Leur réaction tranche avec notre passivité hexagonale.

    La modification artisanale, une réalité documentée

    On trouve déjà sur internet des exemples de drones civils modifiés et équipés de lanceurs artisanaux. Ces bricolages, loin d’être anecdotiques, démontrent la facilité avec laquelle un drone commercial peut être transformé en arme.

    Un essaim de drones kamikazes coordonnés représente une menace que nos systèmes de défense actuels ne sont pas conçus pour contrer. Et ce scénario n’appartient plus à la science-fiction.

    L’espionnage électromagnétique, la menace invisible

    Au-delà de l’aspect spectaculaire des survols, une menace plus insidieuse se dessine : l’espionnage électromagnétique. Un drone pourrait avoir pour mission de cartographier toutes les informations électromagnétiques au-dessus d’une centrale.

    Ces engins peuvent enregistrer toute l’activité électromagnétique en masse, puis transmettre les données pour analyse en back-office. Imaginez les renseignements qu’on peut extraire sur le fonctionnement interne d’une installation nucléaire grâce à cette signature électronique.

    L’exemple iranien qui fait froid dans le dos

    L’Iran a récemment revendiqué avoir piraté le système informatique d’un drone militaire américain RQ-170 pour le forcer à se poser dans un désert en 2011. Ce drone, réputé furtif, était considéré comme inviolable par les experts américains.

    Résultat : Téhéran a procédé à une méticuleuse ingénierie inversée et développe aujourd’hui ses propres drones furtifs opérationnels. Si l’Iran y arrive, d’autres puissances hostiles peuvent y parvenir également.

    Une défense française défaillante

    Face à cette menace grandissante, nos moyens de défense font pâle figure. L’armée a fini par déployer des radars de détection Aladin très basse altitude, mais c’est un aveu d’impuissance plus qu’une solution durable.

    Probabilistiquement parlant, il y a moins de 3% de chance qu’on capture le prochain drone qui survolera une centrale nucléaire en France. Cette statistique révèle l’ampleur de notre impréparation.

    Des solutions existent pourtant

    Il n’est pourtant pas question de refaire la technologie Iron Dome. Un système automatique de défense contre les drones, c’est techniquement réalisable et financièrement abordable.

    Pour protéger efficacement les centrales nucléaires contre les drones sans se ruiner, il faut :

    • Un système de détection radar adapté aux très petites cibles
    • Des moyens d’alerte automatique lors de pénétration dans l’espace aérien surveillé
    • Des dispositifs de neutralisation proportionnés (brouillage, capture par filet)
    • Une doctrine d’emploi claire pour les forces de sécurité

    Mais cela nécessite une volonté politique que je ne vois pas aujourd’hui.

    L’internationalisation probable de la menace

    Ce qui se passe en France ne restera pas confiné à l’hexagone. Probabilistiquement parlant, il est désormais impossible d’exclure un prochain survol par drone de centrales nucléaires chez nos voisins européens.

    Cette internationalisation de la menace drone sur les sites sensibles s’explique par la banalisation de ces technologies. Dans moins de 40 ans, on verra des drones évoluer absolument partout et tout le temps au-dessus de nos têtes.

    La question n’est plus de savoir si d’autres pays seront touchés, mais quand et avec quelle intensité.

    Un réveil nécessaire

    Si j’ai un pays en guerre partout, qui fonctionne au nucléaire et qu’on vient faire voler des drones de 2 mètres sur mes centrales, je me bouge. Notre réaction molle envoie un signal désastreux à tous ceux qui nous observent.

    Il est temps de sortir du déni. Ces survols ne sont pas l’œuvre de « jeunes boutonneux qui s’éclatent avec leur quadcopter ». Nous avons affaire à une opération coordonnée dont les objectifs restent à déterminer.

    Très calmement, si un pays annonce posséder une arme qui carbonise un drone, qu’est-ce qu’il a d’autre qu’il ne dit pas ? Cette question mérite qu’on s’y attarde sérieusement.

    En attendant, je continue de réclamer la publication des photos et vidéos de ces fameux drones. C’est quand même pas compliqué à comprendre : dans une démocratie, les citoyens ont le droit de savoir à quoi ressemble la menace qui plane au-dessus de leurs centrales nucléaires.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Jonas Denil / Unsplash

  • L’incompréhension politique en 2014
    L’incompréhension politique en 2014
    Entre juillet et octobre 2014, la France vit une période d’incompréhension politique majeure, marquée par des événements internationaux troublants et des recompositions internes. Cette analyse décrypte les mécanismes de cette confusion collective et explore les tentatives de reconstruction du paysage politique français.

    « C’est quoi ces conneries encore ? » Cette question, je me la pose presque quotidiennement depuis juillet 2014. Et je ne suis manifestement pas le seul. Nous traversons une période où l’incohérence politique semble être devenue la norme, où chaque jour apporte son lot d’incompréhensions et de revirements.

    Prenons du recul. Depuis le début de l’été, nous assistons à une succession d’événements qui défient l’entendement : des crises internationales qui s’enchaînent, des décisions politiques qui se contredisent, des personnalités qui changent de cap du jour au lendemain. Comment en sommes-nous arrivés là ?

    L’été de toutes les confusions

    L’été 2014 restera dans les mémoires comme celui de tous les paradoxes. D’un côté, nous avons la Coupe du Monde au Brésil qui passionne les foules – « Les GERARG du foot ce soir ou quoi ? » me suis-je demandé un soir de juillet. De l’autre, des crises géopolitiques majeures éclatent simultanément.

    Le conflit à Gaza reprend de plus belle, avec des manifestations prévues « à la tombée de la nuit » – timing audacieux quand on connaît les risques de débordements. Pendant ce temps, la crise ukrainienne s’aggrave, culminant avec la tragédie du vol MH17. « J’ai honte pour chacun d’entre nous », ai-je écrit après cette catastrophe.

    Ces événements révèlent une incapacité croissante des dirigeants occidentaux à anticiper et gérer les crises. Chaque réaction semble improvisée, chaque déclaration contredit la précédente. Le public, lui, assiste médusé à ce spectacle d’incompétence.

    La recomposition politique française en marche

    Pendant que le monde s’embrase, la France vit sa propre révolution silencieuse. Le paysage politique traditionnel vole en éclats, et de nouvelles alliances émergent. « Je ne peux pas imaginer l’avenir sans un rassemblement des meilleurs de Gauche, des meilleurs de Droite et désolé, des meilleurs du FN & DLR. »

    Cette phrase, je l’ai écrite en septembre, et elle reflète une conviction profonde : l’ancien clivage gauche-droite ne correspond plus aux enjeux actuels. Nous assistons à l’émergence d’un nouveau paradigme politique, où les compétences et la cohérence comptent plus que les étiquettes partisanes.

    Marine Le Pen incarne parfaitement cette nouvelle donne. « Ce que j’aime bien chez elle, c’est qu’elle est carrée, le moindre dérapage est recadré et vite tranché, ça rigole pas, c’est net. » Dans un paysage politique où l’à-peu-près règne, cette fermeté détonne.

    François Bayrou, de son côté, continue de porter une vision transpartisane qui résonne de plus en plus. Florian Philippot impressionne par sa maîtrise des dossiers. Michel Onfray apporte sa réflexion philosophique au débat public. Tous participent, à leur manière, à cette recomposition en cours.

    Les symptômes d’un système à bout de souffle

    L’affaire Thevenoud illustre parfaitement l’état de déliquescence du système. « Combien de Thevenoud d’après vous ? On va bien rigoler, le moment venu. » Cette question, posée début septembre, révèle une vérité dérangeante : les dysfonctionnements ne sont pas des accidents isolés, mais les symptômes d’un mal plus profond.

    Le problème n’est pas seulement français. Partout en Occident, les élites politiques semblent déconnectées des réalités. Elles naviguent à vue, multipliant les annonces sans cohérence d’ensemble. Le public, lui, perd confiance et se tourne vers des alternatives.

    Cette crise de confiance s’accompagne d’une mutation des modes de consommation de l’information. « Une heure passée à regarder des trucs sur Netflix, c’est une heure pas consacrée ni à produire ni à s’instruire ni à s’informer ni au sport. » Ce constat révèle un enjeu majeur : comment maintenir un niveau d’information et de réflexion suffisant dans une société de divertissement permanent ?

    Les signaux faibles d’un changement profond

    Derrière le chaos apparent, des signaux faibles annoncent des transformations profondes. L’émergence de nouveaux médias, la montée des réseaux sociaux, l’apparition de figures politiques atypiques : tout concourt à redessiner le paysage.

    « Nous avons ce qu’ils n’ont pas. Et réciproquement. » Cette observation, faite en septembre, souligne l’importance des complémentarités dans la construction d’un nouveau projet politique. Chaque sensibilité apporte ses forces et ses faiblesses. L’enjeu est de savoir les articuler.

    Les événements internationaux accélèrent cette prise de conscience. La montée de l’État islamique, les tensions avec la Russie, l’instabilité au Moyen-Orient : autant de défis qui exigent une approche renouvelée. « Scénario Maidan », ai-je noté en octobre, en référence aux événements ukrainiens qui pourraient se reproduire ailleurs.

    Vers une nouvelle cohérence ?

    Face à cette confusion généralisée, une question s’impose : comment retrouver de la cohérence ? La réponse ne viendra pas des partis traditionnels, trop englués dans leurs contradictions. Elle émergera de la société civile, des entrepreneurs, des intellectuels indépendants.

    « Ce qui m’importe, c’est l’avenir en nous projetant sur 40 ans, et voir ce que ça donne. » Cette vision de long terme est indispensable. Trop de décisions sont prises dans l’urgence, sans vision d’ensemble. Il faut retrouver une capacité de projection, une ambition collective.

    Les « coming-out » de personnalités comme Ivan Rioufol montrent que les lignes bougent. Des figures respectées osent sortir du politiquement correct pour dire ce qu’elles pensent vraiment. Cette libération de la parole est un préalable nécessaire à tout changement.

    « Tout est déjà dans les tuyaux », ai-je écrit début octobre. Les transformations en cours ne sont pas visibles pour tous, mais elles sont bien réelles. Les acteurs du changement se mettent en place, les idées nouvelles circulent, les alliances se dessinent.

    Nous vivons une époque charnière. Les anciennes certitudes s’effondrent, les nouveaux équilibres se cherchent. « C’est quoi ces conneries encore ? » Cette question, loin d’être un simple agacement, exprime une demande légitime de cohérence et de vérité.

    L’avenir appartient à ceux qui sauront répondre à cette attente. Non pas en proposant de nouvelles illusions, mais en construisant une vision authentique et réaliste de ce que peut être la France de demain. Bref, en remplaçant enfin les conneries par du sens.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Khamkéo / Unsplash

  • France, Israël, musulmans : les fractures de 2014
    France, Israël, musulmans : les fractures de 2014
    L’opération « Bordure protectrice » menée par Israël à Gaza durant l’été 2014 révèle les tensions croissantes entre communautés en France. Avec près de 8 millions de musulmans français, les réactions face au conflit israélo-palestinien dessinent de nouvelles lignes de fracture dans la société française.

    Nous sommes en octobre 2014. Les images de Gaza sont encore fraîches dans toutes les mémoires. Cinquante jours d’opération militaire israélienne, plus de 2000 morts palestiniens, des quartiers entiers détruits. Et en France, quelque chose a basculé.

    Je l’écris sans détour : ce conflit a révélé des fractures profondes dans notre société française. Des fractures qu’on préférait ignorer, qu’on espérait voir cicatriser avec le temps. Mais l’été 2014 a remis les compteurs à zéro.

    La réalité démographique française

    Commençons par poser les chiffres. Il y a probablement pas loin de 10 millions de compatriotes musulmans en France. C’est un fait, pas une opinion. Et ces 10 millions de Français ne vivent pas dans un vide politique.

    Quand on compte leurs familles, leurs amis, leurs collègues de travail, on arrive facilement à 20 millions de personnes au bas mot qui sont sensibles à la cause palestinienne. Vingt millions. C’est un tiers de la population française.

    Cette réalité démographique, certains font mine de la découvrir. Moi, entrepreneur depuis plus de vingt ans, je côtoie cette France-là au quotidien. Dans mes équipes, chez mes clients, dans mes partenariats. Cette France musulmane existe, elle travaille, elle entreprend, elle vote.

    Et elle a regardé les images de Gaza avec ses yeux de citoyens français.

    Gaza : un laboratoire des tensions françaises

    L’opération « Bordure protectrice » lancée par Israël en juillet 2014 n’est pas qu’un conflit lointain pour la France. C’est un révélateur de nos propres tensions internes.

    Gaza, c’est 360 km². Une prison à ciel ouvert, comme je l’ai écrit cet été. Avec 1,8 million d’habitants coincés entre la mer et les barbelés. Quand Israël y mène une opération de cette ampleur, ça ne peut pas laisser indifférent.

    Le gouvernement Valls a choisi sa ligne : interdire les manifestations pro-palestiniennes. Officiellement pour « maintenir l’ordre public ». En réalité, par peur de voir exploser une France qu’on ne contrôle plus.

    Mais interdire l’expression, c’est produire l’effet inverse de celui recherché. En France, si vous empêchez les pro-palestiniens de s’exprimer, vous créez une cocotte-minute. Et les cocotte-minute, ça finit par exploser.

    Les calculs politiques à courte vue

    Manuel Valls aux commandes, c’était l’assurance qu’il n’y aurait aucune manifestation pro-palestinienne autorisée. Pour « maintenir le pays apaisé », selon la formule consacrée.

    Mais apaiser qui, exactement ? Et au détriment de qui ?

    Car pendant ce temps, les images continuaient d’arriver de Gaza. Les enfants morts, les écoles bombardées, les hôpitaux détruits. Et chaque image renforçait le sentiment d’injustice chez ces millions de Français qui se reconnaissent dans le sort des Palestiniens.

    L’impossible équation israélienne

    Israël sait très bien que le « moment » était idéal pour mener cette opération. L’été 2014, c’était le timing parfait : l’Europe en vacances, les États-Unis concentrés sur l’Irak, la Russie empêtrée en Ukraine.

    Netanyahu et le Likoud ont fait ce qu’ils pensaient devoir faire. Rien ne pouvait les arrêter. Ni l’ONU, ni les appels européens, ni les protestations mondiales.

    Mais ils ont sous-estimé l’effet boomerang. Israël apparaît désormais comme injuste et criminel à un niveau quasi définitif. Non pas aux yeux des « antisémites » traditionnels, mais aux yeux d’une opinion publique mondiale de plus en plus large.

    En France, cette perception touche particulièrement les citoyens d’origine musulmane. Et c’est là que le bât blesse.

    La stratégie de l’isolement

    Israël peut faire la grosse misère à n’importe quel pays qui se met sur son chemin, militairement et économiquement. Il peut paralyser les marchés financiers, influencer les cours des matières premières. C’est sa force.

    Mais cette force devient une faiblesse quand elle isole. Quand Air France suspend ses vols vers Tel-Aviv, quand d’autres compagnies suivent, ce n’est pas que technique. C’est politique.

    Et en France, cet isolement résonne différemment selon les communautés.

    Les musulmans français face à l’Histoire

    Je m’adresse directement aux musulmans de France : réveillez-vous. Ne laissez pas se créer un amalgame qui vous sera longtemps préjudiciable. Vous serez tenus responsables de tout ce qui dérape.

    C’est injuste ? Complètement. Mais c’est comme ça que fonctionne la mécanique française des boucs émissaires.

    Ceux qui s’étonnent que les musulmans les plus violents se rebellent sont souvent les mêmes qui ont ruiné tous les pays de leurs frères. L’Irak, la Libye, la Syrie, l’Afghanistan… La liste est longue.

    Mais la violence n’est jamais la solution. Et surtout pas en France, où elle ne ferait que renforcer les préjugés et justifier les discriminations.

    L’impossible neutralité

    Le problème, c’est qu’on demande aux musulmans français d’être neutres sur un conflit qui les touche au cœur. Comme si on pouvait être neutre face aux images d’enfants morts à Gaza.

    Cette neutralité imposée crée une frustration énorme. Et cette frustration, mal canalisée, peut devenir dangereuse.

    D’autant que critiquer la politique actuelle d’Israël n’implique pas d’être antisémite. Jamais. Mais ce distinguo, pourtant évident, devient de plus en plus difficile à faire entendre.

    Vers une France fracturée ?

    Ça me fait rigoler, tous ces gens en France qui ont peur de « la population musulmane ». Le problème n’est évidemment pas à ce niveau.

    Le problème, c’est qu’on refuse de voir la réalité en face. On a une France diverse, multiculturelle, multireligieuse. Et cette France-là a des sensibilités différentes face aux conflits internationaux.

    Faire semblant que ça n’existe pas, c’est préparer les explosions de demain.

    Car les vraies questions sont ailleurs : comment fait-on cohabiter des mémoires différentes ? Comment construit-on un récit national qui inclut toutes les composantes de la nation ? Comment évite-t-on que les conflits du Proche-Orient se rejouent dans nos banlieues ?

    L’extrême droite à l’affût

    L’extrême droite nationale sioniste française observe tout cela avec gourmandise. Chaque tension communautaire, chaque incident, chaque amalgame nourrit son discours.

    Une France sans musulmans, fantasment-ils. Mais cette France-là n’existe plus. Et ne peut plus exister.

    La vraie question, c’est : comment construit-on une France avec ses musulmans ? Comment fait-on pour que cette composante essentielle de la nation ne se sente pas constamment mise en accusation ?

    Les leçons de l’été 2014

    L’été 2014 restera comme un tournant. Pas seulement à cause de Gaza, mais à cause de ce que Gaza a révélé de la France.

    Nous avons une société fracturée le long de lignes communautaires. Ces fractures existaient avant, mais elles sont désormais béantes.

    Le choix politique d’interdire l’expression plutôt que de la canaliser a montré les limites de notre modèle républicain. On ne peut pas indéfiniment faire comme si 10 millions de citoyens n’existaient pas.

    Et surtout, on ne peut pas leur demander de renier leurs émotions, leurs solidarités, leurs indignations légitimes face aux injustices du monde.

    Le défi pour les années qui viennent, c’est de construire un espace politique où toutes ces sensibilités peuvent s’exprimer sans violence, sans haine, sans amalgame.

    Bref, de construire enfin cette République inclusive qu’on nous promet depuis si longtemps.

    Parce que l’alternative, c’est la guerre civile froide. Et ça, personne n’en veut. Vraiment personne.

    Pour aller plus loin

    Photo : Alice Triquet / Unsplash

  • MH17 et MH370, deux tragédies aériennes révèlent l’impuissance des versions officielles
    MH17 et MH370, deux tragédies aériennes révèlent l’impuissance des versions officielles
    L’analyse des débris du vol MH17 révèle des incohérences majeures avec la thèse du missile BUK avancée par les autorités américaines. Les similitudes troublantes avec l’affaire MH370 soulèvent des questions sur la crédibilité des versions officielles dans ces deux catastrophes aériennes.

    Trois jours après la chute du vol MH17 de Malaysia Airlines en Ukraine, les certitudes affichées par les autorités américaines contrastent violemment avec la réalité technique du terrain. Pendant que Washington pointe du doigt un missile BUK tiré par les séparatistes pro-russes, l’analyse des débris raconte une tout autre histoire.

    Je vais vous expliquer pourquoi la version officielle ne tient pas la route. Et pourquoi cette affaire rappelle étrangement celle du vol MH370, disparu quatre mois plus tôt.

    L’impossible missile BUK : quand la physique contredit la politique

    Un Boeing 777 qui vole à Mach 0,8 à 35 000 pieds, touché par un missile sol-air de type BUK, devrait logiquement se disloquer intégralement. C’est de la physique élémentaire.

    Or, que constate-t-on sur le terrain ? Les deux trains d’atterrissage du MH17 ont été retrouvés solidarisés, à quelques mètres l’un de l’autre. Cette structure, la plus rigide de l’avion, est restée intacte. Comment un missile capable d’abattre un appareil à cette altitude peut-il laisser la partie la plus solide de l’avion en un seul morceau ?

    Plus troublant encore : l’absence totale de traînée de fumée caractéristique. Un Boeing 777 long-courrier transporte des tonnes de kérosène hautement inflammable. L’impact d’un gros missile comme le SA-11 Gadfly (que possèdent effectivement les séparatistes) ou le SA-17 Grizzly devrait provoquer une boule de feu visible à des kilomètres.

    Aucun témoin sur le réseau social russe VKontakte n’a signalé la trace blanche caractéristique du missile BUK, pourtant visible pendant une vingtaine de secondes en plein jour. Étrange pour un événement qui s’est déroulé dans une zone densément peuplée.

    La logistique oubliée : un système BUK ne fonctionne pas seul

    Les médias occidentaux présentent le système BUK comme un simple char lance-missiles. C’est une simplification dangereuse qui révèle une méconnaissance technique crasse.

    Un système BUK opérationnel nécessite en réalité plusieurs équipements coordonnés : un véhicule de commandement, une station radar de surveillance, une station radar de poursuite, et enfin le lanceur proprement dit. Sans cette chaîne complète, impossible d’identifier, de poursuivre et d’abattre un avion commercial à plus de 30 000 pieds.

    Tout militaire formé sur ce système sait pertinemment qu’à cette altitude, il n’y a que du trafic aérien civil. La confusion avec un appareil militaire, avancée par certains, ne tient pas : les écrans radar distinguent clairement les profils de vol.

    Les séparatistes auraient-ils eu accès à l’ensemble de cette logistique militaire complexe ? Et si oui, de qui ? Ces questions restent soigneusement évitées par les enquêteurs officiels.

    Les preuves qui dérangent : une analyse des débris révélatrice

    L’examen attentif des photos du site de crash révèle des détails troublants. Les impacts de shrapnels sur la carlingue sont compatibles avec un missile air-air plutôt qu’avec un missile sol-air de forte puissance.

    L’état des corps retrouvés confirme une décompression explosive en altitude : la plupart sont désarticulés et décapités, signe d’une rupture brutale de la pressurisation cabine. Mais cette décompression semble avoir affecté uniquement la partie haute de l’appareil, la cabine passagers, tandis que la structure basse est restée relativement intacte.

    Cette séparation en deux parties distinctes – cabine fragile détruite, structure basse préservée – évoque plutôt l’effet d’un petit explosif localisé qu’un impact de missile de guerre.

    Autre détail significatif : après plus de 48 heures, aucune photo de la queue de l’appareil ni du cockpit n’a circulé. Ces éléments, cruciaux pour déterminer la nature de l’impact, semblent avoir été rapidement sécurisés.

    MH370 et MH17 : la troublante synchronicité Malaysia Airlines

    Quatre mois séparent la disparition mystérieuse du vol MH370 et la destruction du vol MH17. Deux Boeing 777 de la même compagnie, deux catastrophes aux circonstances exceptionnelles, deux enquêtes qui piétinent.

    Cette coïncidence n’échappe pas aux familles de victimes. Ghyslain Wattrelos, qui a perdu sa femme et ses deux enfants dans le MH370, établit publiquement des similitudes entre les deux affaires. Son intuition de parent endeuillé vaut tous les rapports d’experts.

    Le Premier Ministre malaisien Najib Razak, lui-même touché personnellement par la perte d’un membre de sa famille dans le crash du MH17, se retrouve confronté à une situation sans précédent : deux catastrophes majeures de sa compagnie nationale en quelques mois.

    Malaysia Airlines, déjà fragilisée par l’affaire MH370, devient la cible d’une série noire qui défie les probabilités statistiques. Hasard ou synchronicité ? La question mérite d’être posée.

    Les services de renseignement américains : que savent-ils vraiment ?

    Les États-Unis affirment détenir des preuves satellitaires de l’utilisation d’un missile BUK. Leurs systèmes SBIRS (Space-Based Infrared System) et STSS (Space Tracking and Surveillance System) sont effectivement capables de détecter les signatures thermiques de lancements de missiles.

    Mais ces systèmes détectent les explosions, pas nécessairement leur origine précise. Washington a-t-il vraiment filmé la trajectoire complète du missile, ou dispose-t-il seulement des signatures de l’explosion finale ?

    Cette nuance est cruciale. Confirmer qu’il y a eu explosion ne prouve pas qu’elle provient d’un missile sol-air tiré par les séparatistes. D’autres scénarios restent techniquement possibles : missile air-air, charge explosive embarquée, défaillance technique catastrophique.

    Le refus américain de publier les images satellitaires complètes entretient le doute. Dans une affaire de cette ampleur géopolitique, la transparence technique devrait primer sur les considérations diplomatiques.

    L’hypothèse alternative : un missile air-air ?

    Si l’on écarte le missile BUK pour les raisons techniques évoquées, quelle alternative reste crédible ? L’analyse des dégâts suggère un impact par missile air-air, probablement sur l’arrière gauche ou droit de l’appareil.

    Cette hypothèse expliquerait plusieurs anomalies : l’absence de boule de feu massive, la préservation partielle de la structure, les traces de shrapnels compatibles avec un petit missile de chasse, et surtout l’impact localisé qui a provoqué la décompression explosive sans désintégrer totalement l’appareil.

    Un chasseur militaire aurait pu approcher le Boeing 777 sans être détecté par les radars civils, particulièrement dans cette zone de conflit où les systèmes de contrôle aérien sont perturbés. L’interception d’un avion de ligne par erreur ou par confusion reste dans le domaine du possible.

    Cette piste implique nécessairement l’intervention d’une force aérienne équipée de chasseurs modernes. Une responsabilité autrement plus lourde que celle d’un groupe de séparatistes mal encadrés.

    Vers une vérité confisquée ?

    Comme pour le MH370, je pressens que nous n’obtiendrons jamais la vérité complète sur le MH17. Les enjeux géopolitiques sont trop importants, les responsabilités potentielles trop lourdes.

    L’enquête officielle s’orientera vers la confirmation de la thèse du missile BUK, malgré les incohérences techniques. Les preuves gênantes seront écartées, les témoignages contradictoires ignorés, les questions dérangeantes éludées.

    Cette confiscation de la vérité est d’autant plus révoltante qu’elle prive 298 familles de leur droit à comprendre ce qui est réellement arrivé à leurs proches. Au-delà de la géopolitique, il y a des êtres humains qui méritent mieux que des versions officielles bâclées.

    La coïncidence troublante entre MH370 et MH17 soulève des questions qui dépassent le cadre de simples accidents aériens. Deux Boeing 777 de Malaysia Airlines, deux mystères non élucidés, deux enquêtes qui tournent en rond.

    Que cache cette synchronicité ? Nous ne le saurons probablement jamais. Mais refuser de poser la question, c’est accepter que la vérité soit définitivement confisquée.

    Sources et références

    Space-Based Infrared System (SBIRS) – Wikipedia

    Space Tracking and Surveillance System – Wikipedia

    Measurement and Signature Intelligence – Wikipedia

    Pour aller plus loin

    Système de missiles Buk – Wikipédia

    Vol 17 Malaysia Airlines – Wikipédia

    Vol 370 Malaysia Airlines – Wikipédia

    Boeing 777 – Wikipédia

  • Ebola, la fièvre hémorragique qui fait trembler l’Europe
    Ebola, la fièvre hémorragique qui fait trembler l’Europe
    L’épidémie d’Ebola qui frappe l’Afrique de l’Ouest depuis février 2014 constitue la plus grave crise sanitaire de ce type jamais observée. Avec plus de 100 soignants déjà infectés malgré les équipements de protection, un taux de mortalité proche de 90% et l’absence de traitement curatif, cette fièvre hémorragique virale menace désormais de franchir les frontières africaines.

    Pendant que nous débattons de sujets politiques ou économiques, un ennemi invisible progresse inexorablement en Afrique de l’Ouest. Depuis février 2014, la fièvre hémorragique virale Ebola dessine une carte de la terreur qui s’étend jour après jour, défiant tous les modèles épidémiologiques connus.

    Je ne vais pas vous mentir : ce que nous observons aujourd’hui n’a rien à voir avec les précédentes épidémies. Les spécialistes réunis à Londres le résument crûment : « This is the worst Ebola outbreak the world has ever seen. » Et ils ont raison d’être inquiets.

    Une épidémie sans précédent qui échappe à tout contrôle

    Commençons par les faits. Cette souche d’Ebola, apparue en février 2014, se révèle être la plus puissante et résistante jamais observée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un taux de létalité avoisinant les 90%, soit neuf personnes sur dix qui meurent dans d’atroces souffrances.

    La mort par Ebola n’est pas une fin paisible. Le virus provoque des diarrhées massives, une insuffisance rénale et hépatique aiguë, des hémorragies internes et externes. Les victimes se vident littéralement de leur sang par tous les orifices. C’est une agonie que même les médecins les plus expérimentés peinent à décrire.

    Plus inquiétant encore : les épidémiologistes avouent ne plus voir la « chaîne de transmission » dans de nombreux cas. Autrement dit, le virus se propage désormais dans les zones urbaines sans que l’on puisse identifier comment les victimes ont été contaminées. C’est le signe d’une épidémie qui échappe totalement au contrôle sanitaire.

    L’hécatombe du personnel soignant

    Le plus dramatique dans cette crise, c’est l’effondrement du système de santé africain. Plus de 100 soignants, pourtant équipés de matériel de protection moderne, ont déjà été infectés. Parmi eux, le Dr Sheik Umar Khan, seul spécialiste des fièvres hémorragiques de Sierra Leone et responsable de la lutte contre l’épidémie. Il vient de mourir du virus qu’il combattait.

    Quand les médecins meurent, qui soigne les malades ? Au Libéria, par peur de contracter le virus et faute de moyens, des corps sont abandonnés dans les rues. L’effondrement sanitaire entraîne un effondrement social.

    L’impuissance thérapeutique face au virus

    Soyons clairs : à ce jour, il n’existe absolument aucun antidote ni traitement curatif contre Ebola. Aucun. Les équipes médicales ne peuvent que tenter de maintenir les fonctions vitales – hydratation, dialyse, transfusion – en espérant que l’organisme survive assez longtemps pour développer des anticorps.

    Cette impuissance thérapeutique contraste étrangement avec l’annonce récente qu’un vaccin expérimental va être testé sur un patient américain rapatrié. Que les États-Unis disposent soudainement d’un antidote à Ebola, alors qu’aucun traitement efficace n’existe contre le SIDA depuis son apparition, constituerait une « sublime coïncidence » pour reprendre mes propres termes.

    D’ailleurs, certains experts s’interrogent : tester des vaccins expérimentaux sur l’humain pourrait avoir l’effet inverse et aggraver la pandémie. Le risque de manipulation génétique – comme l’hypothèse d’un virus de la grippe modifié pour transporter le matériel génétique d’Ebola – n’est pas à écarter.

    Des modèles mathématiques terrifiants

    Les projections sont glaçantes. Des modèles mathématiques simples donnent le seuil de 1000 morts dans les 12 jours, 10000 morts dans les 72 jours. Ces chiffres, aussi abstraits soient-ils, reflètent une progression exponentielle qui dépasse tout ce que nous avons connu.

    Mais le plus inquiétant n’est pas le nombre de morts en Afrique. C’est la probabilité croissante qu’un porteur du virus franchisse les frontières européennes.

    L’Europe dans la ligne de mire

    Je l’ai écrit et je le maintiens : la probabilité pour qu’un porteur du virus Ebola entre en Europe est à son maximum sur toutes les modélisations prédictives. Et elle ne cesse d’augmenter.

    Chaque jour, j’estime qu’il y a entre 40 et 80 vols au départ des pays touchés par Ebola, transportant potentiellement 10 à 20000 passagers. Parmi eux, combien sont des porteurs sains ? Combien développeront les symptômes en vol ou à l’arrivée ?

    Le scénario cauchemardesque, c’est un passager contaminé dans un avion avec 250 autres personnes confinées dans le même espace pendant des heures. Une fois l’appareil à destination, ces 250 passagers se dispersent dans la nature avant même que les premiers symptômes n’apparaissent.

    L’impossible quarantaine continentale

    Pour garantir zéro contamination Ebola en dehors de l’Afrique, il faudrait mettre le continent en quarantaine. Cela n’arrivera évidemment pas. Le compartimentage sécurisé des pays touchés est absolument impossible en pratique.

    L’Organisation Internationale de l’Aviation Civile envisage certes des restrictions de vols commerciaux, mais ces mesures arrivent tard et restent insuffisantes. Au Nigeria, 30000 personnes ayant transité par l’un des quatre aéroports du pays vont être analysées. Une opération titanesque qui illustre l’ampleur du défi.

    À Hong Kong, une femme en provenance d’Afrique est en quarantaine depuis plusieurs jours, présentant tous les symptômes d’Ebola. À New York, un patient s’est présenté spontanément aux urgences du Mount Sinai Hospital avec une forte fièvre et des troubles gastro-intestinaux après un voyage en Afrique de l’Ouest. Un avion en provenance de Sierra Leone a été placé en quarantaine à Gatwick après la mort subite d’une passagère.

    Ces alertes se multiplient. Certaines sont de fausses alarmes. D’autres pas.

    Le double défi : pandémie et bioterrorisme

    Cette crise soulève deux problématiques distinctes mais liées. D’une part, contenir la pandémie naturelle. D’autre part, prévenir les risques de bioterrorisme que cette situation génère.

    Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le risque de contamination naturelle pourrait être plus faible que le risque bioterroriste qu’il induit. Un virus aussi létal qu’Ebola représente une arme biologique potentielle d’une efficacité redoutable.

    D’ailleurs, New York vient de réaliser la plus importante simulation de risque bioterroriste de son histoire. Une simulation « non programmée » impliquant tous les services d’urgence de la ville. On ne mobilise pas autant de moyens de façon inopinée s’il n’y a pas quelque chose de concret à craindre.

    La sécurisation des laboratoires, enjeu critique

    Les gouvernements doivent absolument maîtriser la sécurisation des laboratoires, sites de décontamination et centres de soins intensifs. Un rapport confidentiel du CBP (Customs and Border Protection) américain montre déjà la porosité des frontières et les risques que cela représente dans le contexte actuel.

    La manipulation d’échantillons d’Ebola à des fins d’étude ou de développement de vaccins multiplie les points de vulnérabilité. Chaque laboratoire devient un risque potentiel de fuite accidentelle ou de détournement malveillant.

    Parallèles troublants avec l’émergence du SIDA

    Une coïncidence me frappe : Ebola est officiellement apparu le 1er septembre 1976 au Zaïre. L’émergence du SIDA est survenue dans les cinq années qui ont suivi. Deux virus mortels, apparus à quelques années d’intervalle sur le même continent.

    Si Ebola devait se comporter à l’avenir comme le SIDA – c’est-à-dire se propager tranquillement dans le monde entier en devenant endémique – nous aurions alors une maladie virale planétaire sans traitement curatif et avec un taux de mortalité de 90%. Le SIDA tue à terme, Ebola tue en quelques jours.

    Officiellement, Ebola n’est pas un virus élaboré par l’homme dans un laboratoire africain et inoculé accidentellement à des chauves-souris. Officiellement. Mais les zones d’ombre persistent sur l’origine exacte de cette souche particulièrement virulente.

    L’Europe face à ses responsabilités

    La première victime de la fièvre hémorragique Ebola, c’est l’Afrique. Dans la foulée, juste derrière, ce sera l’Europe. Cette affirmation n’est pas du catastrophisme, c’est de l’analyse factuelle basée sur les données de propagation disponibles.

    Si Ebola contamine les pays urbanisés d’Europe, nous serons confrontés à des semaines, voire des mois de paralysie profonde. Les systèmes de santé, même les plus développés, ne sont pas dimensionnés pour gérer une épidémie de cette ampleur avec ce niveau de létalité.

    Je préfère personnellement l’application de mesures de précaution très rigoureuses et contraignantes pendant quelques mois, plutôt qu’un carnage. Avec une pandémie au virus Ebola, nous n’avons pas le droit à l’erreur. Le moindre écart sera fatal dans nos sociétés urbanisées et interconnectées.

    Peut-être que nos gouvernements ont raison. Peut-être que la France et l’Europe ont les moyens de faire face une fois que le virus sera là. Mais je préfère ne pas avoir à le vérifier.

    Les gouvernements doivent prendre des mesures immédiates pour aider les héros qui luttent contre Ebola en Afrique. Il faut des moyens, beaucoup de moyens. Car c’est là-bas, maintenant, que se joue notre avenir sanitaire à tous.

    À ce stade, il n’y a officiellement aucun cas de contamination au virus Ebola en Europe. Tout va bien jusqu’à présent. Mais pour combien de temps encore ?

    Sources et références

    Pour aller plus loin

  • Putin face à l’Ukraine, la stratégie russe
    Putin face à l’Ukraine, la stratégie russe
    La crise ukrainienne révèle la stratégie calculée de Putin qui exploite les failles européennes et américaines. L’analyse des événements depuis février montre une Russie qui anticipe et manœuvre, pendant que l’Occident réagit sans vision d’ensemble.

    Je suis très énervé, obligé de reporter tous mes projets de développement vers la Russie. On y travaillait depuis 4 ans. Cette phrase résume parfaitement l’impact concret de la crise ukrainienne sur nos relations avec Moscou. Mais au-delà de la frustration personnelle, c’est toute une architecture géopolitique qui bascule sous nos yeux.

    Depuis l’annexion de la Crimée en mars, nous assistons à un jeu d’échecs grandeur nature où Putin semble toujours avoir un coup d’avance. La question n’est plus de savoir si la Russie va agir, mais comment l’Europe va réagir à une stratégie qui la dépasse manifestement.

    La machine de guerre informationnelle russe

    Putin donne des ordres très précis et surtout sans ambiguité à ses services de renseignement extérieur. Cette observation, faite début avril, prend tout son sens quand on analyse la sophistication de l’opération russe en Ukraine.

    Les révélations sur Maidan sont édifiantes. De nombreux manifestants étaient payés entre 40 et 100 dollars par jour pour « protester ». Les témoignages affluent désormais, décrivant un système organisé de recrutement et de briefing. Certains manifestants se sont retrouvés hospitalisés, intoxiqués par des drogues dans la nourriture distribuée sur la place.

    Cette révolution de Maidan apparaît comme une terrible supercherie. Les manifestants recrutés pour crier « nous voulons l’Europe » ont été briefés en même temps qu’ils étaient payés. Les derniers jours, le prix pour convaincre les manifestants de rester atteignait les 100 dollars.

    Où sont nos reporters internationaux ? Pas un seul n’a réussi à retrouver des témoignages de manifestants achetés à Maidan. Cette absence de contre-enquête journalistique révèle soit une incompétence, soit une complaisance qui interroge sur l’indépendance de nos médias.

    L’Europe prise au piège de ses contradictions

    La position de la France et par extension, de l’Europe, est intenable entre les USA et la Russie. Nous sommes piégés au milieu. Cette analyse se vérifie quotidiennement dans les décisions contradictoires de nos dirigeants.

    Notre président et sa copine Merkel sont rigolos : ils menacent Putin mais nous allons lui fournir les Mistral, deux gros bâtons pour nous taper dessus. Cette contradiction illustre parfaitement l’incohérence européenne face à la crise.

    La France va-t-elle regretter d’avoir été réintégrée à l’OTAN ? La question se pose sérieusement. Les USA et l’OTAN pourraient nous faire glisser vers un point de bascule où tout va nous échapper. Les Américains font monter la pression d’un cran, dans la mesure où la guerre ne se fera pas chez eux.

    Cette asymétrie géographique change tout. Washington peut se permettre d’escalader car les conséquences militaires directes toucheront l’Europe, pas l’Amérique. Une logique cynique mais compréhensible du point de vue américain.

    Putin : calculateur ou opportuniste ?

    Admettez tout de même que Putin manœuvre à merveille. Son interview sur TF1 du 4 juin en est l’illustration parfaite. Face à Jean-Pierre Elkabbach et Gilles Bouleau, il assure, droit dans les yeux, que les USA et Obama mentent sur la situation en Ukraine. Ni plus, ni moins.

    Putin parle d’un coup d’État inconstitutionnel à Kiev en février. Qui peut honnêtement le contredire ? La destitution de Ianoukovitch s’est faite dans des conditions juridiquement douteuses, même si politiquement compréhensible.

    Le président russe a des informations très complètes et très précises sur la situation de l’Europe. Donc il pense qu’elle est prenable. Cette évaluation froide explique l’audace russe. Putin voit une Europe divisée, affaiblie économiquement, dépendante énergétiquement.

    L’essentiel de l’Asie et du Moyen-Orient sera directement ou indirectement derrière la Russie le moment venu. Cette alliance de circonstance change la donne géopolitique mondiale. La Chine, l’Iran, une partie du monde arabe : autant de soutiens potentiels face à un Occident isolé.

    Les signes avant-coureurs d’une escalade

    Chaque jour qui passe nous rapproche du point de non retour entre Europe et Russie, moment où tout va basculer pour de bon. Cette observation d’avril 2014 prend une résonance particulière avec les événements d’Odessa début mai.

    Odessa était une ville totalement calme et pacifique. C’est une honte d’aller y mettre le feu. Les affrontements du 2 mai, qui ont fait plusieurs dizaines de morts, marquent une escalade dramatique dans la violence.

    En cas de guerre en Europe contre la Russie, nous devrons aussi nous préoccuper, pour notre défense, du front syrien. Cette dimension multi-théâtres complique considérablement la donne stratégique. La Russie peut ouvrir plusieurs fronts simultanément.

    Si les Ukrainiens ne gagnent pas, les Européens combattront, puis in fine, les Américains finiront le job. Cette escalade programmée suit une logique implacable que personne ne semble vouloir interrompre.

    L’impasse diplomatique

    N’espérez rien des « accords » du 17 avril. Cette prédiction s’est malheureusement vérifiée. Les accords de Genève entre les États-Unis, la Russie, l’Ukraine et l’Union européenne n’ont produit aucun effet concret sur le terrain.

    C’est vraiment moche qu’Obama ne veuille pas rencontrer Putin à Paris. Totalement ridicule à ce niveau. Indigne des USA. Cette absence de dialogue au plus haut niveau lors des commémorations du 6 juin illustre l’impasse diplomatique.

    Dans les médias, ils parlent d’un « tête à tête » entre Obama et Putin, mais c’est faux. Ils se sont plus ou moins échangé des politesses. Même les quelques minutes d’échange lors du déjeuner officiel n’ont produit aucune avancée substantielle.

    Les conséquences économiques et technologiques

    La crise ukrainienne redessine aussi les alliances technologiques et économiques. Je vais demander à mes équipes d’intégrer la technologie cartes bancaires russe à ma technologie de paiement dans la zone Euro et au Moyen-Orient.

    Cette décision illustre une réalité : les sanctions occidentales poussent la Russie vers l’autonomie technologique et de nouveaux partenariats. Un effet boomerang qui pourrait affaiblir à long terme la domination technologique occidentale.

    Plein d’entrepreneurs m’écrivent pour me demander si je pense vraiment que le risque de guerre contre la Russie est sérieux. Oui il l’est. Si nous étions amenés à devoir faire la guerre à la Russie, même « courte et chirurgicale », inutile de dire que la vie va changer.

    Cette inquiétude du monde économique révèle une prise de conscience tardive mais réelle des enjeux. Les entreprises commencent à intégrer le risque géopolitique dans leurs stratégies, ce qui était impensable il y a encore six mois.

    Vers une recomposition géopolitique

    Nous sommes tous un peu plus près de la prochaine Guerre Européenne Globale. Cette formulation dramatique reflète une réalité : l’ordre européen né en 1989 vole en éclats.

    Comprenez bien que si nous parvenons à éviter une guerre entre la grande Europe et la grande Russie, nous aurons eu beaucoup de chance. Cette phrase résume l’enjeu fondamental : préserver la paix sur le continent européen.

    On ne gagne pas une seule guerre depuis 40 ans mais on pense qu’on va gagner la prochaine contre la Russie. Cette observation cinglante pointe les illusions occidentales. L’Afghanistan, l’Irak, la Libye : autant d’échecs qui devraient inspirer plus d’humilité.

    Le défilé militaire du 9 mai à Moscou a donné l’occasion de voir les nouveaux équipements lourds de l’armée russe. Nul doute, ils se sont modernisés. Cette démonstration de force n’est pas que symbolique : elle reflète un réel effort de modernisation militaire.

    La crise ukrainienne révèle finalement l’inadéquation entre les ambitions géopolitiques occidentales et les moyens disponibles. Putin l’a compris et en tire parti avec un cynisme redoutable mais efficace. L’Europe, prise entre ses valeurs et ses intérêts, ses alliés américains et ses voisins russes, cherche encore sa voie dans ce nouveau monde qui se dessine.

    Ce soir, Putin va donner une leçon aux donneurs de leçon. Quoi qu’on en pense, force est de reconnaître que le maître du Kremlin mène son jeu avec une cohérence stratégique qui fait défaut à ses adversaires occidentaux.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Tong Su / Unsplash

  • MH370, vers une disparition non conventionnelle?

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    Ma passion pour l’aéronautique, l’électronique, l’informatique et mes activités dans le domaine des drones et des systèmes de contrôles et de pilotage automatiques, mais aussi mon insatiable curiosité dès lors qu’il s’agit de problématiques technologiques m’ont naturellement fait m’intéresser au dossier MH370, le Boeing 777-200ER disparu le 8 mars 2014 quelques heures après son décollage depuis Kuala Lumpur, Malaisie vers Pékin, Chine.

    Dès les premières minutes, je n’ai pas cessé de suivre de près toutes les évolutions dans le dossier, ayant conscience de ses lourdes conséquences à venir dans l’industrie aéronautique, probablement en matière de sécurité, mais pas uniquement.

    L’intrigue ne cessant pas de s’amplifier, les contradictions des autorités toujours grandissantes, j’ai alors décidé de me rendre en Asie dès le 25 mars 2014, j’étais à Dubai échanger des points de vue avec des pilotes de 777-200ER, puis le 4 avril 2014 à Bangkok pour rencontrer d’autres passionnés et j’ai aussi passé du temps là bas avec des spécialistes chinois pour obtenir leur feed-back et les traductions de toutes les communications originales des médias et des officiels. Par chance, mes amis ingénieurs à Kuala Lumpur sont restés étroitement en contact avec moi pour évoquer la moindre information qui ne serait pas parvenue jusqu’à moi.

    On nous explique que le Boeing 777-200ER de la Malaysia Airlines aurait « disparu de tous les radars » civils, mais également militaires.

    Immédiatement après avoir entendu que l’avion avait disparu des radars militaires, j’ai conclu auprès de mon entourage et dans mes réseaux qu’il en était fini de cet avion.

    En effet, qu’un avion « disparaisse » d’un écran radar civil est assez plausible dès lors que le transpondeur ait été intentionnellement ou accidentellement coupé et cesse de communiquer son identification et ses coordonnées, mais que dans le même temps les militaires ne le localisent soudainement plus rend la situation terriblement plus dramatique en général.

    Quelle surprise quand on nous apprenait ensuite que l’avion avait été détecté ultérieurement à d’autres endroits géographiques, ce qui laissait entendre qu’il aurait continué sa route « de façon furtive », sans aucune détection militaire vers une destination inconnue, avec plusieurs changements de route au passage.

    Quand on connaît le fonctionnement des radars militaires, on ne peut que douter de tout ce qu’on nous raconte ensuite.

    Le fonctionnement d’un radar militaire est le même partout sur la planète, la technologie est largement éprouvée, le système radar émet une puissante impulsion électrique dans l’espace par un balayage intelligent et bien ordonné, qui va potentiellement à la rencontre de tout objet dans l’air « ayant une réaction électromagnétique avec le signal émit depuis le radar », le rebond de l’impulsion électromagnétique sur la matière de l’objet va alors renvoyer le signal vers le radar, qui va pouvoir calculer (à partir de l’effet dit « Doppler-Fizeau » et de quelques autres paramètres) ses coordonnées précises, on va également pouvoir évaluer la nature de l’objet rencontré (est-ce un avion, petit ou gros, un missile, ou autre chose). Ce fonctionnement est la base commune de tous les radars, tous les objets volants de fabrication humaine sont considérés avoir une résonance à ce type d’impulsion électrique (puisqu’ils sont tous fabriqués avec un minimum de matériaux réagissant électromagnétiquement), on est certain de pouvoir détecter absolument tout dans l’espace autour d’un radar, même un petit missile qui évoluerait à grande vitesse.

    Les appareils volants qui résistent aux radars militaires sont appelés « avions furtifs », ils sont conçus pour que les ondes électromagnétiques des radars « glissent » sur eux ou soient « absorbés électroniquement ou dynamiquement », et ne raisonnent pas, les ondes ne peuvent à priori pas y rebondir, il a fallu des dizaines de milliards de dollars aux Américains pour mettre au point quelques appareils furtifs (F-117, B-2 et F-22 par exemple). Ces avions ne sont d’ailleurs pas invisibles, ils ne font qu’atténuer énormément leurs émissions électromagnétiques (qu’on appelle aussi « signature électromagnétique »), ce qui les rend potentiellement indétectables électroniquement à l’immense majorité des radars.

    En ce qui concerne notre Boeing 777, non seulement l’avion n’a naturellement aucune capacité furtive, mais en plus il est l’un des objets les plus facile à identifier par un radar militaire, même de technologie ancienne, compte tenu de son énormité (environ 70m de long, 540m2 de surface et 300 tonnes) et des matériels utilisés qui ont une « signature électromagnétique » vraiment très spécifique.

    En plus de la Malaisie et sans compter les moyens de surveillance satellitaire des grandes puissances militaires, les autres pays voisins (tels que la Chine, le Vietnam, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge, l’Indonésie) disposent de radars militaires dont les technologies sont largement suffisantes pour identifier un 777 même si son transpondeur avait été coupé (un avion de ligne, même si son transpondeur est coupé, reste bien entendu détecté et suivi par les radars militaires, les routes empruntées étant récurrentes, figées et connues, les militaires comprendraient immédiatement ce qui se passe lorsqu’un avion civil quitte une route habituelle, et l’alerte serait quasiment immédiate, puis après quelques minutes, des intercepteurs en alerte permanente et dont c’est la mission seraient envoyés au contact, c’est une procédure appliquée dans tous les pays modernes).

    L’administration de la Défense Aérienne au Vietnam confirmait d’ailleurs dès le 9 mars 2014 avoir bien enregistré le vol MH370 sur ses radars aériens (l’avion était sensé suivre normalement sa route dans l’espace aérien Vietnamien, au contact avec Ho Chi Minh Airport) avant qu’il ne fasse un changement de cap et retourne supposément vers Kuala Lumpur. Il entrait alors à nouveau dans l’espace aérien supervisé par les militaires Malaisiens, où le droit de regard ne peut pas être Vietnamien théoriquement, et légalement.

    Le dernier contact radar (par l’aviation civile) était à 01:21MYT 6°55’15″N 103°34’43″E.

    Deux choses. L’avion ne communiquait déjà plus à ce moment avec les autorités, le contact était totalement rompu, il représentait potentiellement une menace pour la Malaisie où il semblait se diriger. Les autorités Vietnamiennes ont indiqué avoir capté un signal de détresse très caractéristique d’un ELB « Emergency Locator System » alors que l’avion était loin au sud-ouest de la pointe du Vietnam (potentiellement au milieu du Golfe de Thaïlande, pas forcément dans une zone où le Vietnam avait une autorisation de surveillance légale). Le Vietnam s’est d’ailleurs rétracté assez rapidement et on n’a plus entendu parler de ce signal d’urgence, cette information était pourtant tellement importante. Nous avons appris très tardivement (vers le 19 avril 2014) que l’avion était équipé de 4 balises ELB autonomes situées à 4 endroits différents à bord (pour s’assurer qu’au moins une balise déclenche un signal en cas d’avarie sur l’appareil en vol), toutes opérationnelles, et non pas une seule comme il avait été évoqué.

    Le dernier contact radar (militaire) était à 02:15MYT, 200 miles au nord-ouest de Penang.

    Je considérais donc qu’à ce stade, et compte tenu des éléments dont nous disposions, la disparition du vol MH370 des radars militaires était un élément suffisant pour considérer que l’avion avait été matériellement détruit au dernier point connu d’un radar militaire (donc vraisemblablement dans la zone de contrôle Malaisienne), ce qui explique l’absence totale de traces sur les radars militaires à posteriori de la dernière trace connue, et qui explique également le signal de détresse émit par au moins une balise ELB détectée par le Vietnam, même si ce dernier s’est rétracté officiellement.

    C’était sans compter sur la société Britannique Inmarsat (opérateur de satellites privés de communication) et le AAIB qui ont, quant à eux, sur la base de leurs informations incomplètes et de calculs algorithmiques audacieux jamais ni éprouvés ni validés par le passé, conclu que le 777 avait continué son vol de façon automatique (sur pilote automatique donc), soit sur une « route du Nord vers l’Afghanistan » ou sur une « route du Sud vers l’Océan Indien ».

    Personne n’a officiellement remis en question ces fameux « pings » satellitaires captés par Inmarsat qui pourtant ne sont à priori « pas signés », pas indiscutablement identifiés et pouvaient donc en toute logique provenir d’autres avions.

    Inmarsat n’a en effet jamais confirmé que le signal électronique détecté était un message du type « je suis le système de communication satellitaire ACARS du vol MH370, d’ailleurs vous pouvez m’identifier à l’aide de mon identifiant unique inviolable et faire le lien avec l’avion Boeing 777-200ER immatriculé 9M-MRO, système ACARS qui d’ailleurs est déconnecté et ne va rien vous transmettre mais je suis toujours en veille, et je suis toujours actif à bord, la preuve » mais plutôt du type «  je suis un système ACARS en veille à bord d’un avion quelque part ».

    Rapidement, la route du Sud a tout de même été privilégiée par les Malaisiens et les Américains (la route du Nord étant considérée très étroitement surveillée, l’avion n’aurait pas pu passer inaperçu or il n’y a aucune trace).

    Les recherches en mer se sont rapidement concentrées exclusivement et massivement sur une toute petite zone cible, supposée être la meilleure option pour y retrouver l’avion (option basée exclusivement sur les calculs réalisés par les ingénieurs de chez Inmarsat qui ont élaboré seuls ce fameux algorithme qui n’avait à priori jamais été utilisé auparavant et jamais validé scientifiquement, à partir de « pings » satellitaires, leur raisonnement est séduisant, mais plein d’incertitudes mathématiques et physiques).

    Des « pings » acoustiques ont ensuite été captés par les Chinois et les Australiens à deux endroits différents dans la zone cible, puis d’autres, tous mobiles. Les autorités, confortées, ont alors très rapidement communiqué sur le fait qu’il s’agissait des boîtes noires, sans trop de précaution, les militaires étaient très sûrs d’eux, Chinois et Australiens menaient la chasse en mer et le premier qui trouvait l’avion était sûr d’être un grand champion technologique.

    J’ai été le premier a remettre en question l’authentification de ces « pings » des boîtes noires compte tenu de l’énorme risque de les confondre bien malencontreusement avec des signaux spécifiques de Grands Cachalots de l’Océan Indien dont l’habitat naturel était précisément à l’endroit des recherches en mer (théorie d’ailleurs reprise et partagée par le Professeur Hervé Glotin, CNRS, Université de Toulon, spécialiste mondial en bioacoustique, voir http://glotin.univ-tln.fr/mh370whale).

    Le 21 avril 2014 ma thèse initiale de la disparition de l’avion au dernier point de contact radar militaire est donc potentiellement confortée par le fait que depuis la disparition de l’avion, aucun débris n’a jamais été retrouvé dans l’Océan Indien, pas même dans la zone cible, et il n’existe absolument aucune trace de l’avion, ni immatérielle, ni matérielle en dehors du dernier point de contact entre le Golfe de Thaïlande et la Mer d’Andaman (et dans la partie sous contrôle Malaisien) qui remonte à quelques heures après le décollage de l’avion le 8 mars 2014.

    Très actif sur Twitter où j’y commente en temps réel l’évolution du dossier, j’ai depuis été contacté par certains spécialistes en électronique qui suivent l’actualité de l’armement et des contre-mesures et qui considèrent qu’il existe peut-être une technologie qui pourrait rendre furtif n’importe quel appareil civil, à partir d’un « brouillage électronique des signaux radars » et un contrôle électromagnétique des signaux renvoyés par l’avion aux radars conventionnels terrestres et aériens. Selon moi, si cette technologie existe, elle repose nécessairement sur un dispositif très conséquent qui aurait dû être embarqué dans l’avion, constitué d’ordinateurs très puissants, des systèmes de contre-mesures électromagnétiques, des systèmes d’antennes, de nombreux éléments seraient visibles de l’extérieur de l’avion et auraient nécessité des installations très spécifiques et du personnel hautement qualifié à bord de l’avion, à l’insu du commandant de bord.

    Je n’ai jamais pu me résoudre à la furtivité de l’avion et je me suis résolu à penser que rien de conventionnel n’était arrivé.

    Qu’est-ce qui peut faire disparaître un Boeing 777 instantanément ?

    Nous savons qu’il n’y a pas eu d’explosion au sens habituel du terme (détonation depuis l’intérieur de l’avion qui aurait endommagé la structure au point de le faire se disloquer et s’écraser), il n’y a officiellement pas d’enregistrement d’une explosion sur les radars acoustiques aériens de plusieurs pays et de plusieurs institutions (dont les installations spécifiques de l’ONU qui surveillent l’espace aérien dans le cadre du « TNP » traité sur la non-prolifération des armes nucléaires). Aucun débris n’a par ailleurs été repêché en mer.

    Le scénario d’un missile qui aurait détruit l’avion est peu probable également car il laisserait une signature radar spécifique, des traces chez les militaires dans toute la région, au point d’origine, et au point d’impact, et surtout également des débris auraient été repêchés. Les Américains n’auraient pas pu ne rien observer. Une telle attaque criminelle aurait probablement été d’origine terroriste (bien que l’avion aurait été détruit à plus de 30000 pieds, hors d’atteinte des missiles terrestres mobiles), faisant les choux gras de tous les gouvernements agressés et de leurs médias respectifs.

    De toute évidence, plus de 6 semaines après la disparition du 777, je considère que la disparition de l’avion n’est pas due à une action conventionnelle.

    Ce que je veux dire c’est que, quelque soit l’évènement qui a permis à l’avion de disparaître furtivement, qu’il soit resté intègre ou qu’il ait été désintégré, les moyens déployés pour obtenir un tel résultat ne peuvent pas être conventionnels et ne correspondent à rien d’habituel.

    Deux grandes thèses deviennent alors plausibles, bien que très spectaculaires elles ne doivent pas être considérées comme conspirationnistes, leurs explications sont rationnelles, je vais les évoquer sans pour autant entrer dans les détails compte tenu de l’extrême sensibilité des domaines associés.

    La thèse de la prise de contrôle total de l’avion.

    Le Boeing 777 n’est pas n’importe quel avion. C’est le premier Boeing à être entièrement contrôlé par un logiciel à bord (comme Airbus d’ailleurs, qui a fait ce choix stratégique en premier dans l’histoire de l’aéronautique), un système de pilotage entièrement électronique et informatique, il n’y a plus de commandes directes, tout est numérique, toutes les commandes mécaniques sont pilotées par des systèmes informatiques, et une seule fibre optique est utilisée à bord pour transporter toutes les informations numériques de tous les éléments de l’avion sans exception, c’est d’ailleurs la fierté de Boeing.

    Pour faire simple, le pilotage d’un avion tel que le 777 est réalisé entièrement à partir d’un logiciel, et le cockpit intègre toutes les interfaces de ce logiciel, dont les commandes numériques de tous ses différents modules (moniteurs, claviers, sticks, pads, interrupteurs, etc.).

    Tout miser sur l’électronique et l’informatique rend en principe l’avion très vulnérable à une défaillance logicielle, accidentelle, involontaire, mais aussi volontaire, et Boeing a toujours insisté sur le fait que de « puissants pare-feux » sur les ordinateurs à bord, leur « multiplexage » et leur « redondance » permettent une sécurité absolue et totale. L’informaticien que je suis depuis plus de 25 ans, et ancien hacker, sait bien qu’un tel discours ne passe pas auprès des spécialistes en sécurité informatique, mais admettons.

    En principe, et officiellement, Boeing et Airbus conçoivent leurs systèmes de sorte que le pilote est en mode « superadmin » dans le système, c’est à dire qu’à aucun moment l’ordinateur ne décide in fine, le pilote reste maître de toutes les décisions, jamais l’ordinateur n’a de droits supérieurs au pilote, même en pilotage automatique, en cas d’anomalie soudaine, l’ordinateur rend spontanément la main au pilote humain, et dans toutes les phases sensibles (décollage et atterrissage notamment), le pilote reste maître des commandes et des décisions.

    Une façon « simple et logique » de prendre le contrôle d’un avion serait envisageable avec ce qu’on appelle le mode « override ». Pour faire simple, le logiciel du système de vol accepterait des ordres d’un niveau supérieur « ayant des droits supérieurs » à ceux du pilote et du copilote qui pourtant étaient considérés comme les seuls « maîtres à bord ». Ce mode aurait la faculté d’outrepasser tous les ordres et commandes du pilote, voir même de ne plus du tout ni les prendre en compte, ni les considérer. Le pilote et son copilote seraient face à un logiciel qui ne leur répond plus, qui ne leur permet plus d’avoir le moindre contrôle sur le moindre module de commande de l’avion, quoi qu’ils tentent, quoi qu’ils fassent sur l’interface, et ils assisteraient, complètement frustrés et paniqués à quelque chose qui se déroule seul sous leurs yeux, qu’ils n’ont jamais envisagé et à quoi ils n’ont jamais été formés. Un tel scénario n’est tout simplement pas prévu dans les formations de pilotage sur 777.

    Ces « ordres de pilotage » qui outrepassent le pilotage humain pourraient être transmis depuis l’intérieur de l’avion (logiciel malveillant spécifiquement élaboré pour l’occasion et préchargé dans le système de vol par exemple) ou depuis l’extérieur (liaison informatique satellitaire), la reprogrammation du système de vol serait alors un jeu d’enfant pour qui sait comment « dialoguer » avec le « core system » (le cœur informatique, le système central) de l’avion.

    Ce n’est pas de la science fiction… Pour s’en convaincre, il suffit de s’intéresser au programme ASTRAEA (http://astraea.aero) ou aux programmes Européens, Américains ou Anglais (sur les innovations liées aux UAV (systèmes sans pilotes) et de voir le niveau de réflexion très avancé (et je parle là des informations accessibles au grand public, c’est dire où ils en sont en réalité) de certaines organisations internationales en 2014 sur le sujet.

    Dites-vous bien que le système de pilotage automatique d’un Boeing 777 est tellement technologiquement abouti qu’il peut faire atterrir l’avion absolument seul sans aucune intervention humaine et même dans des conditions dégradées. Cette technologie d’atterrissage automatique n’est validée dans aucun pays au monde, c’est pourquoi elle n’est jamais utilisée, mais c’est totalement au point, et déjà depuis plus de 15 ans !

    En adhérant à la thèse de la prise de contrôle, et compte tenu des technologies qui sont mises en œuvre, on devra également accepter l’idée que d’autres technologies permettent cette « relative mais objective furtivité » de l’avion ainsi contrôlé. La finalité dans le cadre du dossier MH370 qui nous occupe sera alors soit d’envoyer l’avion au beau milieu de l’Océan Indien mais pas là où tout le monde l’a cherché (laissant ainsi tous les passagers et les pilotes à leur triste sort sans aucun moyen de communiquer avec l’extérieur ni de ne jamais plus pouvoir reprendre le contrôle de l’appareil) ou de le faire atterrir quelque part (sans que les pilotes n’aient eu à aucun moment le contrôle de quoi que ce soit sur les opérations), mais dans ce cas, quid des passagers et de l’équipage…

    La thèse de la désintégration (« atomisation ») de l’avion.

    Dans le monde de la Défense et des technologies d’Armement, il y a un sujet absolument verrouillé et classifié, c’est celui des « armes à énergie dirigée » (les « DEW » pour Directed-Energy Weapons dans le jargon). Depuis un peu plus de 10 ans, de nombreux pays (dont les USA, l’Angleterre, Israël, la France, la Russie et même la Chine) travaillent d’arrache-pied pour mettre au point de nouveaux jouets militaires qui permettent d’envoyer une quantité absolument hallucinante d’énergie électromagnétique en un point plus ou moins large, à très grande distance, et de façon dynamique.

    Ces énergies prennent généralement la forme d’un laser ou de micro-ondes et sont toujours électromagnétiques et de très forte intensité. Elles sont « dirigées » car leur « canon émetteur » est techniquement en mesure de pointer une cible avec une très haute précision, même si cette cible est mobile, le canon est alors associé à un radar de suivi en temps réel qui réajuste automatiquement le dispositif sur la cible.

    On dit que les « armes à énergie dirigée » sont plus prometteuses que l’armement nucléaire (qu’elles sont amenées à remplacer à terme). De telles armes sont indétectables, ne laissent aucune trace au point d’origine, sont invisibles à priori, sont souvent compactes et donc mobiles, inoffensives pour leurs opérateurs, sont silencieuses et leurs dégâts ne ressemblent pas à ce qui est connu jusqu’à présent.

    Le champ d’application des armes à énergie dirigée est très vaste, le terme « DEW » regroupe tous les types de systèmes, de telles technologies, selon la nature et la puissance énergétique, peuvent aller de l’incapacité d’un groupe d’humains (dont on veut avoir le contrôle), sans aucune action létale, jusqu’à la « carbonisation » (je préfère le terme « atomisation », mais les deux termes sont très forts et seront mal acceptés) d’un immense objet constitué de matière, dont l’action est létale à 100%.

    Selon les usages, les armes à énergie dirigée peuvent être très petites, mais peuvent aussi être de très gros canons électromagnétiques. Ils sont généralement mobiles, embarqués dans des éléments militaires maritimes ou aériens, rarement terrestres à ce jour et à ma connaissance.

    Là non plus, ce n’est pas de la science fiction… Pour s’en convaincre encore une fois, et à l’heure où j’écris ces lignes, un bâtiment Américain (l’USS Ponce) embarque officiellement l’une des toutes premières armes à énergie dirigée au monde, il s’agit d’un « LaWS » (pour « Laser Weapon System ») qui est spécialement conçu pour désintégrer un objet en vol, comme un drone par exemple (annonce officielle http://navylive.dodlive.mil/2013/04/10/solid-state-laser-gun-to-be-placed-aboard-uss-ponce). Pour l’USS Ponce, il ne s’agit pas de faire des essais, l’arme est de notoriété publique désormais, en opération au large du Golfe Arabique officiellement. Personne dans le public ne connaît le potentiel ni la puissance maximale de cette arme.

    La caractéristique des dégâts causés par les plus puissantes armes à énergie dirigée est véritablement saisissante. La matière est « carbonisée », « atomisée », l’impact électromagnétique est tel qu’il « désintègre » la matière à très grande vitesse, un peu comme la réaction physique d’une mèche de pétard, sans flamme, sans explosion, sans trace, sans réaction particulière autre qu’une sorte de combustion spontanée. Les éléments matériels sont réduits à l’état primaire, probablement de petits résidus de matière carbonique. Si l’objet est en l’air et en mouvement, on peut parfaitement imaginer que même à très grande vitesse, le rayonnement électromagnétique de l’arme pouvait « suivre » son objet ciblé jusqu’à l’avoir très largement désintégré, et plus il est éloigné, plus c’est facile…

    Je n’ai aucune difficulté à imaginer qu’une arme à énergie dirigée puisse permettre la désintégration d’un avion de ligne en vol. Je suis même convaincu qu’un tel dispositif existe déjà quelque part même si je ne sais pas quelle armée dispose de telles technologies.

    J’ai beaucoup de mal à accepter l’idée qu’une telle arme puisse être utilisée, même par erreur.

    Objectivement, je ne pense pas qu’une organisation terroriste puisse mettre en œuvre une telle technologie.

    Mes thèses ne sont pas fantaisistes et ceux qui s’intéressent à toutes ces questions seront d’accord avec moi, mais j’espère me tromper, j’espère que l’Histoire me donne tort, j’espère qu’on va retrouver très vite des débris de l’avion et qu’on puisse résoudre l’énigme du vol MH370 avec un dénouement plus acceptable pour l’opinion publique, par un cheminement d’évènements beaucoup plus habituels et conventionnels qui pourront être expliqués, documentés et permettre d’améliorer la sécurité du transport aérien.

  • L’Europe des technocrates : chronique d’une désillusion annoncée
    L’Europe des technocrates : chronique d’une désillusion annoncée
    L’Union européenne traverse sa pire crise existentielle depuis sa création, coincée entre des technocrates déconnectés et des peuples en colère. La révolte des Bonnets rouges en Bretagne n’est que la partie émergée d’un iceberg de mécontentement qui menace de faire imploser le projet européen tel qu’on le connaît.

    Dans la première minute de son allocution du 31 décembre, notre Président nous assure que la crise financière européenne est enfin réglée. Bordel, mais on est chez les fous. Cette déclaration surréaliste résume parfaitement le fossé abyssal qui sépare nos dirigeants de la réalité vécue par les citoyens européens. Pendant que l’Élysée célèbre une victoire imaginaire, la Bretagne brûle, les entreprises fuient et l’euro agonise.

    Les Bonnets rouges : le symptôme d’un mal européen profond

    La révolte des Bonnets rouges qui secoue la Bretagne depuis octobre n’est pas qu’une simple jacquerie locale contre l’écotaxe. C’est le cri de désespoir d’une région étranglée par des décisions technocratiques prises à Bruxelles sans aucune considération pour les réalités économiques locales. Les portiques écotaxe ? Une idée brillante sur le papier des eurocrates, une catastrophe pour les transporteurs bretons déjà asphyxiés par la concurrence déloyale des pays de l’Est.

    Ce qui se passe en Bretagne devrait servir d’exemple à tous les peuples d’Europe. Les Bretons ont compris que face à l’absurdité des directives européennes, il ne reste qu’une solution : la résistance active. Pas de négociations stériles, pas de suppliques aux technocrates : l’action directe. Et ça marche. Le gouvernement recule, les portiques tombent.

    Mais au-delà de la victoire tactique, les Bonnets rouges révèlent une vérité plus profonde : l’Union européenne, dans sa forme actuelle, est devenue l’ennemie des peuples qu’elle prétend servir. Chaque nouvelle directive, chaque nouveau règlement, chaque nouvelle taxe « harmonisée » étrangle un peu plus les économies locales au profit d’une vision abstraite et désincarnée de l’Europe.

    Le mirage de la « protection » européenne

    L’Europe a une obligation constitutionnelle, celle de protéger à tous prix ses citoyens. Le prix est élevé, certes, mais où est cette protection promise ? Les agriculteurs bretons voient leurs exploitations mourir sous le poids des normes. Les industriels délocalisent en masse vers l’Asie. Les jeunes diplômés fuient vers Londres ou New York.

    La vérité crue, c’est que tout ce qui est fait au niveau européen est à peu près contre-productif. Prenons l’exemple de la PAC (Politique Agricole Commune). Censée protéger nos agriculteurs, elle les a transformés en assistés dépendants de subventions complexes et changeantes. Résultat : suicide record dans le monde agricole, disparition des petites exploitations, industrialisation forcée de l’agriculture.

    Ou regardons la politique monétaire de la BCE. L’euro fort, vanté comme une protection contre l’inflation, asphyxie nos exportations pendant que l’Allemagne, grâce à ses réformes Hartz IV qui ont créé une armée de travailleurs pauvres, rafle tous les marchés. C’est ça, la solidarité européenne ?

    Le projet européen actuel n’a aucune chance d’aboutir à quelque chose de satisfaisant. Il est devenu trop destructeur, trop éloigné des préoccupations réelles des citoyens. Les technocrates de Bruxelles vivent dans une bulle, persuadés que leur vision d’une Europe fédérale est le seul horizon possible. Ils ne voient pas – ou refusent de voir – que leur construction artificielle est en train de s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions.

    La fuite des capitaux : le vote silencieux des entrepreneurs

    Toute personne, morale ou physique, qui envisageait de réussir financièrement en Europe doit désormais fuir au risque de tout perdre. Cette phrase peut sembler excessive, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les délocalisations s’accélèrent. Les entrepreneurs français s’exilent en masse vers la Belgique, le Luxembourg, la Suisse. Les grandes fortunes ont déjà quitté le navire.

    Ce n’est pas de l’évasion fiscale, c’est de la survie économique. Entre les charges sociales délirantes, la fiscalité confiscatoire et l’instabilité réglementaire chronique, entreprendre en Europe – et particulièrement en France – relève du masochisme. Un entrepreneur qui crée de la valeur, des emplois, de l’innovation, est traité comme un délinquant en puissance qu’il faut surveiller, contrôler, taxer jusqu’à l’asphyxie.

    Les exemples concrets abondent. Un ami entrepreneur dans le digital vient de transférer sa société à Londres. Économie immédiate : 40% sur ses charges. Un autre, dans l’industrie, délocalise sa production en Pologne. Coût du travail divisé par trois. Un troisième abandonne purement et simplement, écœuré par deux ans de bataille administrative pour obtenir un simple permis de construire.

    Cette hémorragie silencieuse est le véritable baromètre de la santé européenne. Quand les créateurs de richesse fuient, c’est que le système est pourri jusqu’à la moelle.

    Le dilemme infernal de nos dirigeants

    Je comprends le dilemme infernal de nos dirigeants politiques. Pour le bien-être et la prospérité des peuples, il faut démonter l’Europe et l’euro. Mais comment avouer qu’on s’est trompé depuis 30 ans ? Comment expliquer que des milliards ont été engloutis dans une construction vouée à l’échec ? Comment justifier les sacrifices imposés au nom d’un idéal qui n’a jamais existé que dans l’esprit de quelques idéologues ?

    Alors ils persistent. Ils mentent. Ils nous assurent que tout va bien, que la crise est derrière nous, que l’Europe est notre avenir. Pendant ce temps, le chômage explose, la pauvreté gagne du terrain, les services publics s’effondrent. Mais tout va bien, circulez, il n’y a rien à voir.

    Le plus tragique, c’est que des solutions existent. Nous n’avons pas besoin de casser l’Europe ou de sortir de l’Europe. Il suffit que l’Europe rende les pouvoirs aux nations. Subsidiarité, vous connaissez ? Ce principe fondateur de l’UE qui dit que les décisions doivent être prises au niveau le plus proche possible des citoyens ? Oublié, enterré sous des tonnes de directives uniformisatrices.

    Imaginez une Europe qui se contenterait de gérer ce qui doit vraiment l’être au niveau continental : la défense, les grands réseaux d’infrastructure, la recherche fondamentale. Tout le reste – fiscalité, droit du travail, protection sociale – reviendrait aux nations. Chacun pourrait expérimenter, innover, s’adapter à ses spécificités locales. La concurrence entre modèles sociaux créerait une émulation positive, pas cette course au moins-disant social actuelle.

    Détruire pour reconstruire : l’inévitable reset européen

    Tous ceux qui vous assurent qu’on peut construire l’Europe sans la détruire d’abord avant de recommencer vous mentent. C’est dur à entendre, mais c’est la réalité. Le système actuel est irréformable. Trop d’intérêts en jeu, trop de postes à défendre, trop d’ego à ménager. Les technocrates ne lâcheront jamais leur pouvoir volontairement.

    Il faudra donc que le système s’effondre de lui-même. Et les signes avant-coureurs sont là. La Grèce au bord du gouffre. L’Espagne avec 50% de chômage des jeunes. L’Italie ingouvernable. La France qui s’enfonce dans la récession. Même l’Allemagne commence à sentir le vent tourner avec ses banques gorgées de dettes pourries.

    Le reset viendra. Par le chaos ou par la raison, mais il viendra. La question est : serons-nous prêts ? Aurons-nous des leaders capables de reconstruire sur des bases saines ? Ou retomberons-nous dans les mêmes erreurs, les mêmes illusions fédéralistes ?

    Une chose est sûre : le modèle actuel a vécu. L’Union européenne telle qu’elle existe aujourd’hui est condamnée. Pas par les « populistes » ou les « eurosceptiques », mais par sa propre incapacité à répondre aux besoins élémentaires des peuples : prospérité, sécurité, identité.

    Et maintenant ?

    Alors que 2013 touche à sa fin, le bilan est accablant. L’Europe promise – celle de la paix, de la prospérité partagée, du progrès social – n’existe pas. À la place, nous avons une bureaucratie tentaculaire au service des lobbies et des grandes entreprises, un euro qui enrichit les uns et appauvrit les autres, des peuples qui ne se reconnaissent plus dans ce projet désincarné.

    Les Bonnets rouges ont montré la voie. Face à l’absurdité technocratique, la résistance populaire. Face aux mensonges officiels, l’action directe. Face à la destruction programmée de nos économies locales, la solidarité territoriale.

    2014 sera l’année de tous les dangers. Les élections européennes de mai seront un moment de vérité. Les peuples enverront-ils un message clair aux technocrates ? Ou se laisseront-ils encore endormir par les promesses creuses et les peurs agitées ?

    Une chose est certaine : le statu quo n’est plus tenable. L’Europe doit changer ou mourir. Et franchement, vu l’état du patient, l’euthanasie serait peut-être le geste le plus charitable. Pour renaître ensuite, espérons-le, sous une forme plus respectueuse des nations et des peuples qui la composent.

    En attendant, un conseil : si vous avez des économies, diversifiez. Si vous avez une entreprise, préparez des plans B. Si vous êtes jeune et ambitieux, apprenez l’anglais et regardez au-delà de nos frontières. L’Europe des technocrates n’a pas d’avenir. À nous de préparer l’après.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : John Cameron / Unsplash

  • L’Afrique après Mandela : entre mythe et réalité d’un continent en mutation
    L’Afrique après Mandela : entre mythe et réalité d’un continent en mutation
    La disparition de Nelson Mandela ouvre une période de questionnement sur l’héritage réel de son action en Afrique du Sud. Derrière l’icône mondiale se cache une réalité sociale complexe : chômage massif des populations noires, insécurité croissante et persistance des inégalités.

    La mort de Nelson Mandela, le 5 décembre 2013, marque la fin d’une époque. Mais au-delà de l’émotion planétaire et des hommages unanimes, c’est le moment de regarder la vérité en face. L’Afrique du Sud que laisse Mandela est-elle vraiment celle dont il rêvait ? Et plus largement, que nous dit cette icône sur notre rapport à l’Afrique et ses réalités ?

    Le mythe Mandela face aux réalités sud-africaines

    Impossible de ne pas reconnaître les sublimes valeurs morales et le message universel de Mandela. L’homme incarne la réconciliation, le pardon, la résistance pacifique. Mais il faut regarder toute la vérité, aussi dérangeante soit-elle.

    L’écrasante majorité des gens n’ont jamais mis les pieds en Afrique du Sud. Ils n’ont donc aucune idée de la situation sur place. Le chiffre est brutal : le chômage des noirs atteint 50%. Oui, vous avez bien lu. Un noir sur deux est sans emploi dans le pays de la « nation arc-en-ciel ».

    Plus troublant encore : en réalité, c’est pire maintenant qu’avant Mandela sur de nombreux aspects. Le chômage a explosé. L’insécurité est devenue endémique. Les townships restent des zones de non-droit où la violence règne. Les inégalités économiques, loin de se résorber, se sont même creusées dans certains secteurs.

    Comment expliquer ce paradoxe ? La transition démocratique a créé des attentes immenses. Mais les structures économiques héritées de l’apartheid sont restées largement intactes. Les grandes entreprises, les terres, les richesses minières demeurent aux mains d’une minorité. La majorité noire a obtenu le pouvoir politique, mais pas le pouvoir économique.

    Les chiffres qui dérangent

    Prenons quelques statistiques pour mesurer l’ampleur du problème :

    • Le taux de chômage officiel dépasse les 25%, mais atteint 50% chez les jeunes noirs des townships
    • L’Afrique du Sud compte parmi les pays les plus inégalitaires au monde selon le coefficient de Gini
    • Le taux de criminalité reste l’un des plus élevés de la planète avec plus de 50 meurtres par jour
    • L’espérance de vie a chuté de 62 ans en 1990 à 52 ans en 2013, principalement à cause du sida

    Ces chiffres dessinent une réalité bien éloignée du conte de fées de la « réconciliation réussie » vendu au monde entier.

    La construction d’un mythe politique

    Le système a besoin de préserver le mythe qu’il a créé – et qui a d’ailleurs dépassé les espoirs de Mandela lui-même. Pourquoi ? Parce que ce mythe sert des intérêts multiples.

    D’abord, il permet aux anciennes élites blanches de maintenir leur position économique tout en se drapant dans la respectabilité morale de la « réconciliation ». Ensuite, il offre à l’ANC un capital symbolique inépuisable pour justifier son maintien au pouvoir malgré la corruption et l’incompétence. Enfin, il donne bonne conscience à la communauté internationale qui peut ainsi ignorer les problèmes structurels du pays.

    Mais rappelons-nous aussi que la trajectoire de Mandela ne commence pas par des discours pacifistes. Elle démarre par les armes et ce que beaucoup qualifiaient alors de terrorisme. L’Umkhonto we Sizwe, la branche armée de l’ANC cofondée par Mandela, a mené des actions violentes pendant des années. C’est seulement après 27 ans de prison que Mandela est devenu l’apôtre de la non-violence.

    Cette amnésie sélective est révélatrice. On préfère l’image du sage réconciliateur à celle du combattant armé. Pourtant, les deux sont indissociables. Sans la lutte armée, y aurait-il eu négociation ? Sans la menace de la guerre civile, les Blancs auraient-ils accepté de partager le pouvoir ?

    Les leçons oubliées

    Ce que nous enseigne vraiment Mandela, c’est que les changements profonds nécessitent parfois la force. Que les oppresseurs ne cèdent que contraints. Que la paix n’est possible qu’après avoir montré sa détermination au combat. Des leçons que notre époque, obsédée par le consensus mou, préfère oublier.

    L’Afrique, éternelle terra incognita

    Le cas sud-africain illustre notre méconnaissance profonde du continent africain. Nous projetons nos fantasmes, nos peurs, nos espoirs sur une Afrique largement imaginaire. Tour à tour continent maudit ou terre d’avenir, l’Afrique réelle nous échappe.

    Cette ignorance n’est pas neutre. Elle justifie des politiques désastreuses. Prenez l’intervention militaire en Centrafrique qui se prépare. On nous vend de l’ingérence humanitaire, mais ce genre d’opération est juste ingérable. Sauf, bien sûr, si l’objectif réel est de protéger nos intérêts économiques et stratégiques.

    Car comprenez bien que pour préserver nos intérêts en Afrique noire, il faudra engager des dizaines de milliers de nos militaires pendant des décennies. La France maintient déjà plusieurs milliers d’hommes sur le continent. Les bases militaires se multiplient. Les opérations s’enchaînent : Serval au Mali, Sangaris en Centrafrique…

    Le piège néocolonial

    Nous sommes pris dans une spirale infernale. Plus nous intervenons pour « stabiliser », plus nous créons de l’instabilité. Plus nous soutenons des régimes corrompus au nom de la « stabilité », plus nous alimentons les ressentiments. Plus nous pillons les ressources au nom du « développement », plus nous appauvrissons les populations.

    L’Afrique du Sud post-Mandela n’est qu’un exemple parmi d’autres de cette contradiction fondamentale. On célèbre la démocratie tout en maintenant les structures de domination économique. On applaudit la liberté politique tout en perpétuant l’asservissement économique.

    Les migrations à venir : le grand déni

    Face à cette situation explosive, que se passera-t-il ? La réponse est évidente : des migrations massives. Quand la moitié de la jeunesse est au chômage, quand la violence règne, quand l’espoir s’éteint, que reste-t-il sinon partir ?

    Mais nos dirigeants refusent de voir cette réalité. Ils continuent à croire qu’on peut maintenir l’Afrique dans la misère tout en fermant nos frontières. Ils s’imaginent qu’on peut piller les ressources sans en payer le prix. Ils rêvent d’une Afrique docile et lointaine.

    Cette illusion ne durera pas. Les boat-people de Lampedusa ne sont que l’avant-garde d’un mouvement historique inéluctable. Face à l’explosion démographique africaine et à l’absence de perspectives économiques, les migrations vont s’intensifier. C’est mathématique.

    L’hypocrisie européenne

    L’Europe veut le beurre et l’argent du beurre. Elle veut les matières premières africaines mais pas les Africains. Elle veut les marchés africains mais pas la concurrence africaine. Elle veut la stabilité africaine mais sans investir dans le développement réel.

    Cette schizophrénie atteint des sommets grotesques. D’un côté, on finance des projets de « co-développement » ridicules. De l’autre, on érige des murs toujours plus hauts. D’un côté, on prêche les droits de l’homme. De l’autre, on laisse mourir des milliers de migrants en Méditerranée.

    Que faire de l’héritage de Mandela ?

    Maintenant que Mandela est vraiment mort, on va pouvoir ouvrir sa boîte de Pandore. Ou pas. Le plus probable est qu’on continuera à entretenir le mythe tout en ignorant les leçons.

    Pourtant, le véritable hommage à Mandela serait de regarder la réalité en face. D’admettre que la réconciliation sans justice économique est un leurre. Que la paix sans partage équitable des richesses est précaire. Que la démocratie sans développement est une coquille vide.

    Le véritable impact du rayonnement de Mandela sur l’Humanité va se mesurer dans les années à venir. Hélas, beaucoup vont déchanter. Car derrière l’icône se cache une réalité bien plus complexe et bien moins reluisante que le conte de fées officiel.

    L’Afrique du Sud nous tend un miroir. Elle nous montre les limites de nos bons sentiments. Elle révèle l’hypocrisie de notre « aide au développement ». Elle expose la brutalité de nos rapports économiques. Elle dévoile notre incapacité à penser un autre modèle que celui de la domination.

    Les vraies questions

    Alors, que faire ? D’abord, arrêter de se mentir. Reconnaître que nos politiques africaines sont un échec. Admettre que nous sommes partie du problème, pas de la solution. Accepter que l’Afrique n’a pas besoin de notre pitié mais de justice.

    Ensuite, repenser radicalement notre rapport au continent. Cesser le pillage des ressources. Arrêter de soutenir les dictateurs. Investir massivement dans l’éducation et les infrastructures. Ouvrir nos marchés aux produits africains. Faciliter les transferts de technologie.

    Enfin, se préparer aux migrations inévitables. Non pas en érigeant des murs, mais en organisant des filières légales. Non pas en criminalisant les migrants, mais en reconnaissant notre responsabilité historique. Non pas en fantasmant sur une Europe bunker, mais en construisant un espace euro-africain viable.

    Bref, faire exactement l’inverse de ce qu’on fait actuellement.

    La mort de Mandela marque la fin d’une époque. Celle des illusions lyriques sur une Afrique qui se développerait toute seule grâce à la démocratie et au marché. La réalité est plus crue : sans changement radical de paradigme, l’Afrique restera le continent de toutes les tragédies. Et ces tragédies, tôt ou tard, frapperont à nos portes.

    Mandela nous laisse un héritage ambigu. D’un côté, l’espoir qu’un autre monde est possible. De l’autre, la preuve que les bonnes intentions ne suffisent pas. À nous de tirer les vraies leçons de son parcours. Si nous en sommes capables.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Tembinkosi Sikupela / Unsplash