Catégorie : GÉOPOLITIQUE

  • Syrie : la poudrière du Moyen-Orient et le jeu dangereux des grandes puissances
    La crise syrienne atteint un point de non-retour avec l’utilisation présumée d’armes chimiques. Les États-Unis et la France préparent une intervention militaire tandis que la Russie se positionne en défenseur du régime Assad, créant les conditions d’une confrontation directe entre grandes puissances.

    Je regarde avec effroi ce qui se déroule en Syrie. Deux ans et demi après le début du conflit, nous voici au bord d’une escalade militaire internationale qui pourrait bien dépasser tout ce que nous avons connu depuis la guerre froide. Les récentes accusations d’utilisation d’armes chimiques dans la banlieue de Damas ont mis le feu aux poudres diplomatiques. Obama et Hollande, respectivement Prix Nobel de la paix et ancien maire de Tulle, déploient une énergie considérable pour justifier une intervention militaire. La situation me rappelle étrangement les prémices de la guerre en Irak en 2003.

    L’équation syrienne : un conflit aux multiples visages

    Le conflit syrien n’est pas une simple rébellion contre un dictateur. C’est devenu un enchevêtrement complexe d’intérêts divergents où s’affrontent l’armée régulière syrienne, des groupes rebelles hétéroclites, des milices islamistes radicales et, en coulisses, les grandes puissances mondiales. La ligne de fracture ne passe plus simplement entre Assad et l’opposition, mais entre des visions géopolitiques radicalement opposées.

    D’un côté, les États-Unis et la France brandissent la menace d’une intervention « limitée et ciblée » pour punir l’utilisation présumée d’armes chimiques. De l’autre, la Russie de Poutine maintient son soutien indéfectible au régime de Damas, considéré comme un allié stratégique crucial au Moyen-Orient. Entre les deux, une population syrienne prise en otage qui paie le prix fort de cette guerre par procuration.

    Ce qui me frappe, c’est l’absence totale de réflexion sur l’après. Qui pourrait remplacer Assad ? Les rebelles « modérés » tant vantés par les chancelleries occidentales ? Permettez-moi d’en douter. Sur le terrain, ce sont de plus en plus les groupes islamistes radicaux qui prennent le contrôle des zones « libérées ». Le chaos libyen post-Kadhafi devrait pourtant nous servir de leçon.

    Les armes chimiques : prétexte ou ligne rouge ?

    L’attaque chimique présumée du 21 août dans la Ghouta orientale a changé la donne. Les images terribles d’enfants gazés ont bouleversé l’opinion mondiale. Mais au-delà de l’émotion légitime, plusieurs questions restent sans réponse. Qui a vraiment utilisé ces armes ? Le régime syrien avait-il intérêt à franchir cette « ligne rouge » alors que les inspecteurs de l’ONU étaient présents à Damas ?

    Le marketing militaire bat son plein. On nous présente désormais « Bachar le chimique », une marque soigneusement construite pour justifier l’intervention. Cette rhétorique me rappelle furieusement les « armes de destruction massive » de Saddam Hussein. La manipulation de l’opinion publique suit toujours les mêmes recettes.

    Les frappes envisagées sont présentées comme « chirurgicales » et « limitées ». Mais soyons clairs : la Syrie ne restera pas sans réagir. Assad dispose encore de moyens militaires conséquents et surtout, il bénéficie du soutien actif de la Russie et de l’Iran. Une attaque occidentale pourrait déclencher une réaction en chaîne aux conséquences imprévisibles.

    Le piège de l’escalade militaire

    Ce qui m’inquiète le plus, c’est la logique d’escalade dans laquelle nous sommes engagés. Si les États-Unis et la France frappent, Poutine sera obligé de riposter pour maintenir sa crédibilité. La flotte russe est déjà positionnée en Méditerranée orientale. Un accrochage, même accidentel, entre forces occidentales et russes pourrait dégénérer rapidement.

    Nous sommes face à un scénario de type « piège de Thucydide » où deux puissances, par une série d’actions et de réactions, se retrouvent entraînées dans un conflit qu’aucune ne souhaite vraiment. La Syrie pourrait devenir le Sarajevo du XXIe siècle, le détonateur d’un conflit bien plus large.

    L’objectif réel d’une frappe occidentale reste flou. S’agit-il simplement de « punir » l’utilisation d’armes chimiques ? D’affaiblir le régime Assad ? Ou, comme je le soupçonne, l’objectif ultime est-il l’élimination physique du président syrien ? Dans ce cas, sa mise sous protection en Iran serait un coup de maître qui compliquerait singulièrement la tâche des stratèges occidentaux.

    Les acteurs régionaux et leurs agendas cachés

    La Syrie est devenue le théâtre d’une guerre par procuration où s’affrontent les ambitions régionales. L’Arabie Saoudite et le Qatar financent généreusement les groupes rebelles, y compris les plus radicaux, dans l’espoir de briser l’axe chiite Téhéran-Damas-Hezbollah. La Turquie d’Erdogan joue sa propre partition, oscillant entre soutien aux rebelles et crainte d’un Kurdistan autonome à sa frontière.

    Israël observe avec attention, partagé entre la satisfaction de voir s’affaiblir un ennemi historique et l’inquiétude face à la montée des groupes djihadistes. Le Liban voisin tremble sur ses bases, les tensions confessionnelles syriennes menaçant de raviver ses propres démons.

    L’Iran, de son côté, ne peut se permettre de perdre son allié syrien, vital pour son influence régionale et sa connexion avec le Hezbollah libanais. Téhéran a déjà engagé des conseillers militaires et des milices chiites pour soutenir Assad. Une intervention occidentale pourrait pousser l’Iran à intensifier son implication, avec le risque d’un embrasement régional.

    L’opinion publique et le spectre de l’Irak

    Les opinions publiques occidentales restent largement hostiles à une nouvelle aventure militaire au Moyen-Orient. Le souvenir cuisant de l’Irak et de l’Afghanistan pèse lourd. Les mensonges sur les armes de destruction massive irakiennes ont laissé des traces profondes. Comment croire aujourd’hui les mêmes gouvernements qui nous ont menti hier ?

    Au Royaume-Uni, le Parlement a déjà dit non à Cameron. Aux États-Unis, Obama hésite et cherche l’aval du Congrès. En France, Hollande semble plus déterminé mais l’opinion publique ne suit pas. Cette guerre annoncée manque cruellement de légitimité démocratique.

    Les médias mainstream jouent leur partition habituelle, relayant sans recul la propagande de guerre. Mais les réseaux sociaux et les médias alternatifs offrent aujourd’hui un contre-récit qui complique la tâche des va-t-en-guerre. La manipulation de l’opinion n’est plus aussi aisée qu’en 2003.

    Vers l’Armageddon ?

    Je ne peux m’empêcher de penser que nous marchons les yeux grands ouverts vers une catastrophe. Deux dirigeants occidentaux, l’un Prix Nobel de la paix, l’autre ancien maire de Tulle, semblent déterminés à déclencher ce qui pourrait devenir un Armageddon moderne. L’hubris occidental se heurte à la détermination russe et iranienne. Entre les deux, c’est le peuple syrien qui continue de souffrir.

    Une intervention militaire occidentale en Syrie ne résoudra rien. Au contraire, elle risque d’aggraver le chaos, de renforcer les extrémistes et de créer les conditions d’une confrontation directe entre grandes puissances. N’avons-nous rien appris de nos échecs passés ?

    La solution en Syrie ne peut être que politique et diplomatique. Elle passe par une négociation incluant tous les acteurs, y compris ceux que nous n’aimons pas. Elle nécessite de reconnaître que Assad, aussi détestable soit-il, reste pour l’instant le seul rempart contre une prise de pouvoir par les djihadistes. Elle exige surtout que l’Occident abandonne ses fantasmes de changement de régime et accepte la complexité du monde multipolaire qui émerge.

    Mais j’ai peu d’espoir. La machine de guerre semble lancée. Les faucons l’emportent sur les colombes. Nous fonçons vers l’abîme avec l’assurance des somnambules. Puissions-nous nous réveiller avant qu’il ne soit trop tard.

    Pour aller plus loin

    • « La Question syrienne » de Georges Corm – Une analyse historique et géopolitique du conflit syrien
    • Le blog « Un oeil sur la Syrie » – Analyses quotidiennes de la situation sur le terrain
    • Les rapports de l’International Crisis Group – Des analyses détaillées et nuancées du conflit
    • « Syrie, l’État de barbarie » de Michel Seurat – Pour comprendre les racines du régime Assad
    • Les dépêches de l’agence SANA – Le point de vue officiel syrien, à lire avec distance critique

    Sources et références

    • Rapport de Human Rights Watch sur les violations des droits de l’homme en Syrie (juin 2013)
    • Données du HCR sur les réfugiés syriens (août 2013)
    • Analyses de l’Institut français du Proche-Orient (IFPO)
    • Rapports du Centre Carnegie pour le Moyen-Orient
    • Statistiques de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH)
  • Syrie : l’équation impossible d’une intervention occidentale
    Syrie : l’équation impossible d’une intervention occidentale
    L’intervention militaire envisagée en Syrie suite aux attaques chimiques présumées risque de déclencher une escalade incontrôlable. Face à un Assad soutenu par la Russie et l’Iran, et des rebelles infiltrés par les islamistes, l’Occident n’a que des mauvais choix.

    Le tambour de guerre résonne de plus en plus fort. Depuis les images terribles en provenance de la Ghouta orientale le 21 août dernier, montrant des centaines de victimes d’une attaque chimique présumée, la machine diplomatico-militaire occidentale s’est mise en branle. François Hollande martèle sa détermination, Barack Obama hésite mais se prépare, David Cameron a déjà essuyé un camouflet au Parlement britannique. Et pendant ce temps, Bachar el-Assad continue de bombarder son peuple, fort du soutien indéfectible de Moscou et Téhéran.

    Mais au-delà des postures morales et des déclarations martiales, une question fondamentale demeure : que peut réellement accomplir une intervention militaire en Syrie ? Et surtout, sommes-nous prêts à en assumer toutes les conséquences ?

    Le piège de la « frappe chirurgicale »

    L’option privilégiée par les stratèges occidentaux serait une série de frappes « limitées et ciblées » visant les capacités chimiques du régime. Un scénario à la libyenne, en somme, mais sans engagement au sol. Cette approche, séduisante sur le papier, relève pourtant de l’illusion dangereuse.

    D’abord, parce que la Syrie n’est pas la Libye. Le régime de Damas dispose d’une défense anti-aérienne sophistiquée, fournie et modernisée par la Russie. Les S-300 et autres systèmes Pantsir-S1 ne sont pas des jouets. Toute opération aérienne comportera des risques significatifs pour les pilotes occidentaux.

    Ensuite, et c’est là le point crucial : Assad ne restera pas les bras croisés. Contrairement à ce que semblent croire nos stratèges en chambre, la Syrie ne répliquera pas de façon mesurée à une intervention internationale précise et limitée. Au contraire. Le régime dispose de multiples moyens de riposte :

    • Activation du Hezbollah libanais contre Israël
    • Frappes de missiles balistiques sur les bases occidentales en Turquie
    • Actions terroristes via ses réseaux dormants en Europe
    • Escalade chimique massive contre les populations rebelles

    Et les Occidentaux le savent parfaitement. C’est d’ailleurs pourquoi l’hésitation est si palpable dans les chancelleries.

    L’objectif inavoué : éliminer Assad

    Soyons clairs : une attaque ciblée en Syrie aura forcément pour objectif l’élimination physique d’Assad. C’est la seule façon de « gagner » rapidement sans s’enliser. Mais là encore, le régime a anticipé. La mise sous protection du président syrien en Iran serait un coup de maître stratégique.

    Imaginez la scène : Assad réfugié à Téhéran, continuant de diriger ses troupes à distance, transformé en martyr de la résistance arabe face à l’impérialisme occidental. L’effet sur l’opinion publique régionale serait dévastateur pour nos intérêts.

    Sans compter la réaction russe. Vladimir Poutine a investi trop de capital politique et militaire en Syrie pour laisser tomber son allié sans réagir. Pour rester crédible, Poutine sera obligé de riposter en engageant le combat contre la marine et l’aviation française et américaine. Sommes-nous prêts à risquer une confrontation directe avec la Russie pour la Syrie ?

    Le dilemme des rebelles islamistes

    Mais le tableau se complique encore quand on examine qui nous soutiendrions de facto en attaquant Assad. L’Armée syrienne libre, ce fantasme médiatique d’une opposition modérée et démocratique, a largement cédé la place sur le terrain à des groupes islamistes radicaux.

    Le Front al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, contrôle des pans entiers du territoire rebelle. L’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) impose sa loi brutale dans les zones « libérées ». Ces groupes profitent du chaos pour imposer leur vision totalitaire de l’islam.

    Paradoxalement, il serait peut-être temps de venir en aide militairement à la Syrie en combattant le terrorisme islamiste aux côtés de l’armée syrienne. Oui, vous avez bien lu. Car entre un dictateur laïc et des fanatiques religieux qui décapitent, lapident et réduisent les femmes en esclavage, le choix du moindre mal s’impose.

    Mais cette option est politiquement impossible. Après avoir diabolisé Assad pendant deux ans, comment expliquer un tel revirement ? La propagande a ses limites.

    La guerre de communication fait rage

    D’ailleurs, en parlant de propagande, avez-vous remarqué comment nos médias ont soudainement introduit l’expression « Bachar le chimique » ? Un joli coup de marketing militaire qui prépare psychologiquement l’opinion à l’intervention. Plus facile de bombarder un monstre chimique qu’un président, fût-il autoritaire.

    Cette manipulation sémantique révèle la faiblesse de notre position. Si nos arguments étaient solides, aurions-nous besoin de ces artifices rhétoriques ? La vérité, c’est que nous n’avons toujours aucune preuve irréfutable de la responsabilité d’Assad dans l’attaque chimique. Les inspecteurs de l’ONU n’ont pas rendu leurs conclusions.

    Rappelons-nous l’Irak et les fameuses « armes de destruction massive » de Saddam Hussein. Colin Powell agitant sa fiole devant le Conseil de sécurité. Les « preuves irréfutables » qui se sont révélées être des fabrications. Allons-nous répéter les mêmes erreurs ?

    L’impossible équation militaire

    Au final, on ne mène pas une guerre seul contre un pays comme la Syrie. C’est une évidence que nos dirigeants semblent oublier. La Syrie, c’est :

    • Une armée de 300 000 hommes aguerris par deux ans de guerre civile
    • Des milliers de missiles balistiques pointés sur Israël et la Turquie
    • Un arsenal chimique dispersé sur des dizaines de sites
    • Le soutien logistique et militaire de l’Iran et du Hezbollah
    • La protection diplomatique et militaire de la Russie

    Face à cela, que peuvent quelques frappes aériennes ? Au mieux, elles affaibliront temporairement le régime. Au pire, elles déclencheront une escalade régionale incontrôlable.

    Et puis, admettons que par miracle nous parvenions à faire tomber Assad. Qui pour le remplacer ? Les Frères musulmans ? Les salafistes ? Un gouvernement de coalition ingouvernable comme en Irak ? Le chaos libyen ?

    La Syrie est un pays complexe, avec ses minorités alaouites, chrétiennes, druzes, kurdes. Assad, malgré tous ses crimes, garantissait un certain équilibre confessionnel. Sa chute risque de déclencher un bain de sang intercommunautaire qui fera passer la guerre civile actuelle pour une aimable plaisanterie.

    Le prix de l’inaction est-il acceptable ?

    Mais alors, me direz-vous, faut-il laisser Assad gazer son peuple en toute impunité ? C’est là tout le dilemme moral de cette crise. L’usage d’armes chimiques constitue une ligne rouge absolue depuis la Première Guerre mondiale. Ne pas réagir créerait un dangereux précédent.

    Pourtant, réagir militairement sans stratégie claire, sans objectif atteignable, sans plan pour l’après, c’est reproduire les erreurs de l’Irak et de la Libye. C’est risquer d’aggraver une situation déjà catastrophique.

    Il existe d’autres options : renforcement des sanctions, isolement diplomatique total, soutien massif aux réfugiés, création de zones humanitaires protégées aux frontières. Moins spectaculaires, certes, mais potentiellement moins destructrices.

    La vraie question est : sommes-nous prêts à assumer un nouvel Afghanistan, version moyen-orientale ? Car c’est bien ce qui nous attend si nous intervenons. Des années d’enlisement, des milliers de morts, des milliards dépensés, et au final un pays en ruines livré aux extrémistes.

    Bref. La Syrie nous place face à nos contradictions. Nous voulons la démocratie mais refusons d’accepter qu’elle puisse porter les islamistes au pouvoir. Nous dénonçons les massacres mais rechignons à accueillir les réfugiés. Nous exigeons la justice internationale mais contournons l’ONU quand elle ne va pas dans notre sens.

    Peut-être est-il temps d’admettre que nous n’avons pas de solution miracle pour la Syrie. Que parfois, l’humilité consiste à reconnaître ses limites. Avant qu’il ne soit trop tard.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    • Données sur l’armée syrienne : Institut international d’études stratégiques (IISS), 2013
    • Chiffres sur les réfugiés : Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), septembre 2013
    • Informations sur les groupes rebelles : Centre Carnegie pour le Moyen-Orient, août 2013
    • Analyse des capacités militaires russes en Syrie : Jane’s Defence Weekly, 2013

    Photo : ‪Salah Darwish / Unsplash

  • Syrie : La dangereuse escalade vers l’intervention militaire
    Syrie : La dangereuse escalade vers l’intervention militaire
    Les États-Unis et la France se préparent à frapper la Syrie suite aux accusations d’utilisation d’armes chimiques. Cette intervention militaire risque de déclencher une spirale incontrôlable dans une région déjà explosive.

    L’été 2013 marque un tournant décisif dans le conflit syrien. Après deux ans et demi de guerre civile qui a déjà fait plus de 100 000 morts selon l’ONU, nous voici au bord d’une internationalisation majeure du conflit. Les accusations d’utilisation d’armes chimiques le 21 août dernier dans la banlieue de Damas ont mis le feu aux poudres diplomatiques.

    Le piège de l’intervention « chirurgicale »

    François Hollande et Barack Obama nous vendent une intervention « limitée », « précise », « chirurgicale ». Ces termes rassurants cachent mal la réalité : toute frappe occidentale en Syrie ouvrira une boîte de Pandore. Je suis convaincu que la Syrie ne répliquera pas de façon mesurée à une intervention internationale. Au contraire.

    Les dirigeants occidentaux le savent parfaitement. Ils savent que Bachar el-Assad dispose encore de moyens de riposte considérables : missiles balistiques, arsenal chimique intact, soutien de l’Iran et du Hezbollah. Une « frappe limitée » pourrait rapidement dégénérer en conflit régional.

    L’objectif réel de ces frappes pose question. S’agit-il vraiment de « punir » l’utilisation d’armes chimiques ? Ou vise-t-on directement l’élimination physique d’Assad ? Dans ce cas, sa mise sous protection en Iran serait un coup de maître de Téhéran, compliquant singulièrement les plans occidentaux.

    La France en première ligne : le retour du bellicisme socialiste

    Quelle ironie amère de voir les socialistes français, historiquement pacifistes, se transformer en va-t-en-guerre ! Hollande semble vouloir endosser les habits de chef de guerre, peut-être pour faire oublier ses déboires intérieurs. Mais à quel prix ?

    Dans les prochaines heures, la France, à la queue des USA et avec à sa tête les socialistes hollandais, risque de nous envoyer en enfer. Cette formulation peut paraître excessive, mais regardons les faits :

    • Aucune preuve irréfutable sur l’auteur des attaques chimiques n’a été présentée
    • L’ONU n’a pas donné son feu vert
    • Le Parlement britannique a déjà dit non à Cameron
    • L’opinion publique française est majoritairement hostile

    Malgré tout cela, Paris persiste. On ne mène pas une guerre seul contre un pays comme la Syrie, c’est de la folie pure.

    Le jeu dangereux des alliances : vers une confrontation Est-Ouest ?

    La dimension la plus inquiétante de cette crise reste l’implication des grandes puissances. La Russie de Vladimir Poutine a clairement choisi son camp en soutenant Assad. Pour rester crédible, Poutine sera obligé de riposter en engageant potentiellement le combat contre la marine et l’aviation française et américaine.

    Nous sommes face à un scénario cauchemardesque :

    • Les États-Unis et la France frappent la Syrie
    • Assad riposte (contre Israël ? contre les bases occidentales au Moyen-Orient ?)
    • La Russie intervient pour protéger son allié
    • L’Iran entre dans la danse
    • Le conflit s’embrase

    Est-ce vraiment ce que nous voulons ? Une nouvelle guerre mondiale pour la Syrie ?

    La propagande médiatique bat son plein

    Le marketing militaire fonctionne à plein régime. On nous présente désormais « Bachar le chimique », une marque soigneusement construite pour justifier l’intervention. Cette diabolisation systématique d’Assad – aussi critiquable soit-il – sert à préparer l’opinion publique.

    Mais cette propagande occulte des questions essentielles :

    • Qui sont vraiment les « rebelles » que nous soutenons ?
    • Quelle est la part des groupes islamistes radicaux dans l’opposition ?
    • Que deviendrait la Syrie sans Assad ?
    • Les chrétiens et autres minorités seraient-ils protégés ?

    Il serait peut-être temps de venir en aide militairement à la Syrie en combattant le terrorisme islamiste aux côtés de l’armée syrienne, plutôt que de chercher à renverser le régime. Cette position peut choquer, mais regardons la Libye post-Kadhafi : est-ce vraiment un modèle de réussite ?

    L’hypocrisie britannique et le jeu d’attente de Cameron

    David Cameron a essuyé un camouflet historique au Parlement. Mais ne nous y trompons pas : une fois que les USA et la France auront démarré les frappes en Syrie, si Assad réplique, on verra combien de temps Cameron va rester spectateur.

    La pression politique et médiatique sera énorme. Les images de « représailles syriennes » tourneront en boucle. L’opinion publique britannique, aujourd’hui réticente, pourrait basculer. Et Cameron pourrait revenir devant son Parlement avec de « nouveaux éléments ».

    Qui pour remplacer Assad ?

    C’est LA question que personne ne veut vraiment poser. Très concrètement, qui pourrait remplacer Assad en Syrie ? L’opposition est fragmentée, divisée entre :

    • L’Armée syrienne libre, affaiblie et divisée
    • Les Frères musulmans, bien organisés mais peu représentatifs
    • Les groupes salafistes et jihadistes, de plus en plus puissants
    • Les Kurdes, qui poursuivent leur propre agenda

    Aucune figure consensuelle n’émerge. Aucun plan crédible pour l’après-Assad n’existe. Nous fonçons tête baissée vers le chaos, comme en Irak, comme en Libye.

    Les vraies motivations : pétrole, gaz et géopolitique

    Derrière les grands discours humanitaires se cachent des intérêts bien plus prosaïques. La Syrie est un verrou stratégique au Moyen-Orient :

    • Allié de l’Iran, elle brise l’axe sunnite pro-occidental
    • Base navale russe à Tartous, seul accès de Moscou en Méditerranée
    • Projets de gazoducs concurrents (Qatar vs Iran) transitant par son territoire
    • Frontière avec Israël et soutien au Hezbollah libanais

    La chute d’Assad modifierait radicalement l’équilibre régional. Est-ce vraiment dans notre intérêt ? Ou jouons-nous les apprentis sorciers pour le compte d’autres puissances ?

    Conclusion : le spectre de Sarkozy plane sur la Syrie

    « On va mettre la Syrie à feu et à sang ! » Cette phrase attribuée à Sarkozy s’adressant à Assad résume parfaitement l’hubris occidental. Nous croyons pouvoir remodeler le Moyen-Orient à notre guise, par la force si nécessaire.

    Mais l’Histoire nous enseigne l’humilité. L’Afghanistan, l’Irak, la Libye… Autant d’interventions « humanitaires » qui ont accouché du chaos. La Syrie sera-t-elle différente ? J’en doute fortement.

    Alors que les missiles sont armés et les avions prêts à décoller, une dernière chance existe peut-être. Celle de la raison, du dialogue, de la négociation. Mais qui écoute encore la voix de la sagesse quand les tambours de guerre résonnent si fort ?

    Dans quelques heures, quelques jours tout au plus, nous saurons si nos dirigeants ont choisi la voie de l’escalade. Si c’est le cas, préparez-vous. Car ce qui nous attend dépasse largement le cadre syrien. C’est tout l’équilibre mondial qui pourrait vaciller.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : ‪Salah Darwish / Unsplash

  • La France à la dérive : entre violences urbaines, exil fiscal et poudrière syrienne
    La France à la dérive : entre violences urbaines, exil fiscal et poudrière syrienne
    L’été 2013 marque un tournant avec les émeutes de Trappes, la faillite historique de Detroit et l’escalade militaire en Syrie. La France, tiraillée entre ses idéaux républicains et ses réalités sociales, peine à trouver sa voie face à ces défis multiples qui annoncent des temps troubles.

    L’été 2013 restera dans les mémoires comme celui où les illusions se sont fracassées sur le mur du réel. De Trappes à Detroit, de Brétigny-sur-Orge à la Syrie, les événements s’enchaînent avec une brutalité qui laisse peu de place aux discours lénifiants. Je regarde cette France que j’aime se débattre dans ses contradictions, incapable de regarder en face les défis qui s’accumulent.

    Trappes : le miroir brisé de l’intégration républicaine

    Les émeutes de Trappes du 20 juillet 2013 révèlent l’ampleur du fossé qui sépare désormais deux France. D’un côté, celle de Benoît Hamon qui affirme sur BFMTV qu’il fait « bon vivre » à Trappes, une ville qui aurait « beaucoup changé ». De l’autre, la réalité crue d’une commune où l’application de la loi sur le voile intégral déclenche des affrontements violents.

    Mon dieu Benoît, y êtes-vous déjà allé ? Cette déconnexion des élites face à la réalité des banlieues n’est pas nouvelle, mais elle atteint des sommets d’aveuglement volontaire. Les limites de l’application de la loi anti-niqab éclatent au grand jour, et j’en reviens toujours à cette nécessité : ÉQUIPEZ LES POLICIERS DE CAMÉRAS INDIVIDUELLES ! Sans transparence, sans preuves visuelles, comment départager les versions dans ces situations explosives ?

    La solution qui s’imposera avant 20 ans face aux populations nomades inintégrables ? Des checkpoints à toutes les entrées des villes. Je sais, c’est choquant. Mais regardons la réalité en face : si la situation du pays n’évolue pas radicalement en matière sociale et sécuritaire, ces dispositifs deviendront inévitables. C’est déjà le cas dans de nombreux pays, et nous fermons les yeux sur cette dérive sécuritaire qui nous guette.

    L’échec du modèle d’intégration français

    La culture seule ne sauvera que moins de 5% des jeunes en banlieue. C’est illusoire de croire qu’on réglera ces problèmes avec des MJC et des ateliers théâtre. La solution est multiple, complexe, et nécessite une refonte totale de notre approche. Mais qui a le courage politique de le dire ? Qui ose affronter ces réalités sans tomber dans les extrêmes ?

    Detroit : le canari dans la mine de charbon

    Le 19 juillet 2013, Detroit dépose le bilan. La Motor City, symbole de la puissance industrielle américaine, devient la plus grande ville américaine à se déclarer en faillite. Plus de 100 000 créanciers ne seront jamais payés. Ce n’est que le début d’une cascade de faillites municipales qui menacent l’ensemble du système occidental.

    Cette faillite n’est pas qu’un événement économique isolé. C’est le symptôme d’un mal plus profond : la désindustrialisation massive, la fuite des capitaux, l’effondrement de la base fiscale. Detroit aujourd’hui, c’est peut-être Roubaix ou Saint-Étienne demain. Les mêmes causes produisent les mêmes effets, et nous refusons de voir les signaux d’alarme.

    Le juge qui refuse dans un premier temps la procédure de faillite, la jugeant anticonstitutionnelle, illustre parfaitement notre déni collectif. Comme si le droit pouvait suspendre les lois économiques. Comme si les mots pouvaient remplacer les dollars manquants.

    L’exil fiscal : héros ou traîtres ?

    « Pourquoi moi, tout petit chef d’entreprise, je quitte la France ? » Cette question, posée dans Les Échos, résonne comme un cri du cœur. Les Français qui s’expatrient ne sont pas des lâches mais des héros, des aventuriers, des courageux ! Il faut avoir vécu l’enfer administratif et fiscal français pour comprendre ce qui pousse des entrepreneurs à tout quitter.

    Mes salariés sont ma première richesse, sûrement pas mes esclaves. Mais quand le coût total d’un employé devient prohibitif, quand les charges et taxes s’accumulent au point d’étouffer l’activité, que reste-t-il comme option ? Je suis contre les bas salaires NETS, je suis pour l’augmentation des salaires NETS par la baisse des charges ! Mais qui m’écoute ?

    L’exil fiscal opéré dans le seul but de blanchir, frauder, dissimuler est criminel. Mais l’exil de survie économique, celui de l’entrepreneur qui veut simplement continuer à créer de la valeur, c’est autre chose. C’est le symptôme d’un pays qui tue ses forces vives.

    Le modèle Tapie : la fin d’un rêve entrepreneurial

    Bernard Tapie représentait le summum des non-conformistes qui partent de tout en bas pour arriver tout en haut. Des millions d’entrepreneurs français ont rêvé de sa réussite, lui qui était leur modèle (socialiste) il n’y a pas très longtemps ! Aujourd’hui, ce modèle est mort et enterré. La France n’aime plus ses entrepreneurs, elle les suspecte, les taxe, les pousse à l’exil.

    La Syrie : la poudrière du Moyen-Orient

    En cette fin août 2013, les tambours de guerre résonnent. La France, à la queue des USA et avec à sa tête les socialistes hollandais, s’apprête à nous envoyer en enfer. L’intervention militaire en Syrie se profile, et personne ne semble mesurer les conséquences catastrophiques qui nous attendent.

    Si vous combattez contre l’armée syrienne aux côtés des rebelles, vous renforcez et armez Al-Qaïda. À moyen terme : conséquences terribles ! Le conflit syrien va produire et disséminer des milliers de combattants potentiels terroristes formés à égorger et violer. Ces hommes reviendront un jour en Europe, et nous paierons le prix de notre aveuglement.

    La Syrie ne répliquera pas de façon mesurée à une intervention internationale précise et limitée. Au contraire. Et les occidentaux le savent ! Une attaque ciblée aura forcément pour objectif l’élimination physique d’Assad. Sa mise sous protection en Iran est un joli coup qui complique encore la donne.

    L’impasse stratégique

    Je vois deux solutions, toutes deux utopiques : exterminer Assad ou exterminer les terroristes rebelles. Entre ces deux extrêmes, nous naviguons dans un océan d’incertitudes. L’Égypte, la Tunisie, la Libye, la Syrie : leurs désastreuses situations respectives ne seront pas stabilisées avant des dizaines d’années, minimum !

    Il est temps de venir en aide militairement à la Syrie en combattant le terrorisme islamiste aux côtés de l’armée syrienne ! Je sais, c’est politiquement incorrect. Mais entre deux maux, ne faut-il pas choisir le moindre ? Entre un dictateur laïc et des terroristes islamistes, le choix devrait être évident.

    Les signaux faibles d’un monde en mutation

    Au-delà de ces crises majeures, d’autres signaux annoncent les bouleversements à venir. Snowden, le plus courageux de tous les lanceurs d’alertes de l’histoire, est lâché par les alignés. Même par le pays des droits de l’Homme. Avec PRISM et XKeyscore, il montre le niveau de surveillance automatique des USA. La France doit absolument investir dans ces technologies, sous peine d’être définitivement larguée.

    Fukushima continue de contaminer silencieusement toute la côte ouest des États-Unis, depuis l’Alaska jusqu’au Mexique. Gardons un œil sur cette catastrophe au ralenti, on ne va pas être déçu des informations à venir.

    Le Bitcoin commence à attirer l’attention des régulateurs. C’est peut-être le début de la fin pour cette cryptomonnaie qui promettait de révolutionner la finance.

    Même le monde des transports semble frappé par la malédiction : Lac-Mégantic, Brétigny-sur-Orge, Saint-Jacques-de-Compostelle… La fameuse loi des séries frappe, même si statistiquement c’est improbable.

    Conclusion : la France au carrefour

    L’été 2013 marque un tournant. La France se trouve à un carrefour historique. D’un côté, le maintien d’un modèle social et républicain à bout de souffle, incapable de répondre aux défis du XXIe siècle. De l’autre, le saut dans l’inconnu d’une refonte totale de notre système.

    Les émeutes de Trappes ne sont qu’un symptôme. L’exil fiscal n’est qu’une conséquence. L’intervention en Syrie n’est qu’une fuite en avant. Derrière ces événements se cache une réalité plus profonde : la France n’a plus de projet, plus de vision, plus de direction.

    Nous sommes dans un mouvement de réduction généralisée : réduction des effectifs, réduction des ambitions, réduction des espoirs. C’est horrible et ça me déchire le cœur. Mais tant que nous refuserons de regarder la réalité en face, tant que nous préférerons les discours lénifiants aux diagnostics lucides, nous continuerons cette lente descente aux enfers.

    La question n’est plus de savoir si nous allons dans le mur. La question est de savoir à quelle vitesse, et si nous aurons le courage de donner le coup de volant salvateur avant l’impact.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Amin Zabardast / Unsplash

  • La France à la dérive : entre hypocrisie diplomatique et aveuglement stratégique
    La France à la dérive : entre hypocrisie diplomatique et aveuglement stratégique
    Alors que la France refuse l’asile à Edward Snowden et se prépare à frapper la Syrie, le pays s’enfonce dans ses contradictions. Entre tensions communautaires explosives et élites déconnectées, l’été 2013 révèle un pays qui a perdu ses repères moraux et stratégiques.

    Cet été 2013 restera dans les annales comme celui où la France a définitivement tourné le dos à ses principes. Pays des droits de l’Homme ? Laissez-moi rire. Phare de la diplomatie internationale ? Une blague de mauvais goût. Ce que je vois, moi, c’est un pays qui se couche devant les Américains, qui ferme les yeux sur ses propres fractures et qui s’apprête à déclencher une guerre dont personne ne mesure les conséquences.

    L’affaire Snowden : quand la France renonce à son âme

    Commençons par le commencement. Edward Snowden. Le lanceur d’alerte le plus courageux de l’histoire moderne vient de révéler au monde entier l’ampleur de la surveillance de masse américaine. PRISM, XKeyscore… Des programmes qui espionnent chaque citoyen, chaque communication, chaque mouvement numérique. Et que fait la France ? Rien. Pire : elle détourne le regard.

    Ce serait pourtant un signal très fort et courageux que de donner à Snowden l’asile politique en Europe et une résidence en France. Mais non. Nos dirigeants préfèrent lécher les bottes de Washington plutôt que de défendre les libertés fondamentales. Pendant ce temps, c’est le Venezuela de Maduro qui offre l’asile à Snowden. Le Venezuela ! Voilà où nous en sommes : les dictatures sud-américaines sont devenues plus courageuses que la patrie de Voltaire.

    Le plus pathétique dans cette affaire, c’est notre ministre Fleur Pellerin qui nous parle d’investir dans la cybersécurité. Investir dans quoi exactement ? Dans des systèmes pour mieux surveiller nos propres citoyens ? Parce que protéger les lanceurs d’alerte qui dénoncent ces dérives, visiblement, ce n’est pas à l’ordre du jour.

    Cette lâcheté diplomatique n’est que le symptôme d’un mal plus profond : nous sommes devenus les vassaux des États-Unis. Incapables de penser par nous-mêmes, incapables d’avoir une politique étrangère indépendante. De Gaulle doit se retourner dans sa tombe.

    Trappes : le miroir de nos fractures

    Mais pourquoi regarder à l’international quand notre propre maison brûle ? Les émeutes de Trappes en juillet dernier ont révélé ce que tout le monde refuse de voir : l’échec total de notre modèle d’intégration. Un simple contrôle d’identité lié à la loi sur le niqab, et voilà qu’une ville entière s’embrase.

    Le plus risible ? Benoît Hamon qui nous explique sur BFMTV qu’il fait « bon vivre » à Trappes. Mon dieu Benoît, y êtes-vous allé déjà ? Parce que moi, ce que je vois, c’est une ville où les forces de l’ordre sont attaquées, où des communautés entières vivent en vase clos, où la République a depuis longtemps baissé pavillon.

    On voit là les limites de l’application de la loi anti-niqab. Mais surtout, on voit l’urgence absolue d’équiper les policiers de caméras individuelles. Pourquoi ? Parce que dans ce genre de situation, il faut pouvoir établir les faits, protéger les policiers des accusations mensongères, mais aussi protéger les citoyens des bavures éventuelles.

    Christian Estrosi a raison sur un point : si on continue comme ça, dans moins de vingt ans, on aura des checkpoints à toutes les entrées des villes. C’est triste à dire, mais face à des populations qui refusent de s’intégrer, qui vivent selon leurs propres lois, quelle autre solution restera-t-il ?

    La folie guerrière syrienne

    Et comme si tout cela ne suffisait pas, voilà que François Hollande, notre ancien maire de Tulle reconverti en chef de guerre, veut nous entraîner dans le bourbier syrien. Avec son copain Obama, prix Nobel de la paix (quelle ironie !), ils déploient une énergie folle pour déclencher ce qui pourrait bien être l’Armageddon.

    Réfléchissons deux secondes. Assad est-il un dictateur ? Oui. A-t-il utilisé des armes chimiques ? Peut-être. Mais qui sont ses opposants ? Des démocrates épris de liberté ? Non. Des terroristes islamistes qui coupent les testicules de leurs ennemis et égorgent les chrétiens. Comme le dit très justement Gilbert Collard, un tyran modéré vaut mieux que des tyrans coupeurs de testicules.

    Le pire dans cette affaire, c’est l’aveuglement total de nos dirigeants. Ils croient vraiment qu’on peut faire des « frappes ciblées » sans conséquences ? La Syrie ne répliquera pas de façon mesurée à une intervention internationale. Au contraire. Et que fera Poutine, qui a déployé sa marine en Méditerranée ? Il restera les bras croisés ?

    Pour rester crédible, Poutine sera obligé de riposter. Et pour rester crédibles, Obama et Hollande seront obligés d’ouvrir le feu sur la marine russe. Voilà comment on déclenche la Troisième Guerre mondiale. Pour quoi ? Pour renverser Assad et le remplacer par des djihadistes ?

    Un pays sans boussole

    Ce qui ressort de cet été 2013, c’est l’image d’un pays qui a perdu tous ses repères. Nous avons renoncé à nos principes en refusant l’asile à Snowden. Nous fermons les yeux sur l’explosion de nos banlieues. Et nous nous préparons à une guerre dont personne ne veut, sauf quelques va-t-en-guerre de salon.

    Pendant ce temps, nos entrepreneurs croulent sous les charges. Nos policiers et pompiers se font agresser. Fukushima continue de déverser sa radioactivité dans le Pacifique (l’ancien directeur de la centrale vient de mourir d’un cancer à 58 ans, mais chut, il ne faut pas en parler). Et nos politiques ? Ils jouent aux apprentis sorciers.

    François Fillon a raison : les feux sont au rouge depuis bientôt dix ans. On est même passé au pourpre, puis à l’écarlate. On est dans le mur. Le 14 juillet, Hollande s’est fait huer tout le long des Champs-Élysées. Ce n’est pas un hasard. C’est le signe que les Français en ont marre de cette classe politique déconnectée, de ces élites qui nous mènent droit dans le précipice.

    Bref. La France de 2013, c’est un pays qui se couche devant les puissants, qui ferme les yeux sur ses problèmes internes et qui joue avec le feu sur la scène internationale. Si on continue comme ça, dans dix ans, on ne reconnaîtra plus notre pays. Mais peut-être est-ce déjà trop tard ?

    Pour aller plus loin

    • Les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance de masse (The Guardian)
    • Analyse des émeutes urbaines en France (Institut Montaigne)
    • La crise syrienne et ses enjeux géopolitiques (IFRI)
    • L’évolution du communautarisme en France (Fondation Jean Jaurès)
    • Les relations franco-américaines sous Hollande (Diploweb)

    Sources et références

    • Données sur les émeutes de Trappes – Ministère de l’Intérieur, juillet 2013
    • Révélations PRISM – Documents Snowden publiés par The Guardian, juin 2013
    • Sondages sur la popularité de François Hollande – IFOP, août 2013
    • Rapport sur la situation en Syrie – ONU, août 2013

    Photo : KOBU Agency / Unsplash

  • La France de 2013 : entre chaos politique et surveillance généralisée
    La France de 2013 : entre chaos politique et surveillance généralisée
    La France de 2013 vit une crise politique et sociétale majeure, marquée par des scandales à répétition, des divisions profondes sur le mariage pour tous et la montée d’une défiance généralisée envers nos institutions. Cette période révèle l’ampleur du fossé entre les élites et le peuple, dans un contexte de surveillance globalisée qui remet en question notre souveraineté même.

    Nous sommes fin mai 2013, et je regarde la France se déchirer comme rarement. Entre les scandales politiques qui s’accumulent, les manifestations massives qui divisent le pays et les révélations sur la surveillance généralisée, j’ai le sentiment que nous vivons un tournant historique. Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement les clivages traditionnels gauche-droite. C’est l’âme même de notre République qui vacille.

    L’effondrement de la confiance politique

    L’affaire Cahuzac a été le détonateur. Un ministre du Budget fraudeur fiscal, c’est le symbole parfait de la déconnexion totale entre nos élites et la réalité du pays. Mais au-delà du cas personnel de Jérôme Cahuzac, c’est tout un système qui est mis à nu. Comment peut-on demander des efforts aux Français quand ceux qui sont censés donner l’exemple trichent avec le fisc ?

    François Hollande, élu il y a un an sur la promesse d’être un « président normal », voit sa cote de popularité s’effondrer. Les sondages le donnent entre 26 et 29% d’opinions favorables. Du jamais vu pour un président si tôt dans son mandat. La gauche au pouvoir semble tétanisée, incapable de proposer une vision claire pour sortir le pays de la crise.

    Face à cette débâcle, l’opposition UMP reste étrangement silencieuse. Nicolas Sarkozy cultive un mutisme que je trouve « absurde et irresponsable ». Le pays a besoin de débat, d’alternatives, pas de calculs politiciens. Pendant ce temps, Marine Le Pen et le Front National se frottent les mains. Chaque scandale, chaque renoncement, chaque lâcheté politique fait le lit de l’extrême droite.

    La nécessité d’une refonte démocratique

    Ce qui me frappe, c’est l’obsolescence de nos outils démocratiques. Nous sommes en 2013, à l’ère numérique, et nous fonctionnons encore avec des mécanismes du XIXe siècle. Je milite pour la mise en place d’un vote électronique sécurisé, avec identifiant unique délivré par l’institution publique. Les démocraties modernes nécessitent que les individus puissent massivement voter, créons enfin l’outil !

    Même Barack Obama aux États-Unis est obligé d’admettre que le système américain n’est « peut-être pas vraiment une véritable démocratie ». Si la première puissance mondiale reconnaît ses limites démocratiques, qu’en est-il de nous ?

    Le mariage pour tous : une fracture civilisationnelle

    La loi sur le mariage pour tous cristallise toutes les tensions. Les manifestations se succèdent, rassemblant des centaines de milliers de personnes. Certains parlent même d’un à deux millions de manifestants pour la prochaine mobilisation. Au-delà des chiffres, c’est l’intensité de la mobilisation qui frappe.

    J’ai le sentiment que ces manifestations vont « faire la vie dure aux homos comme jamais ». On a divisé la France pour longtemps ! Ce qui devait être une avancée sociétale se transforme en guerre culturelle. Les positions se radicalisent de part et d’autre, rendant tout dialogue impossible.

    Plus grave encore, cette loi va créer « un écart civilisationnel sans précédent et insurmontable entre l’Occident et le monde arabe ». Dans un contexte géopolitique déjà tendu, nous creusons des fossés là où nous devrions construire des ponts. Cette fracture aura des conséquences durables sur nos relations internationales et notre capacité à dialoguer avec une partie du monde.

    La montée des violences urbaines

    Le 13 mai, les « célébrations » du titre du PSG au Trocadéro ont tourné au chaos. Ce ne sont « absolument PAS que des hooligans » qui ont mis Paris à feu et à sang, mais bien ce que Sarkozy appelait des « racailles ». Des dizaines de milliers de « jeunes excités » de banlieue ont déferlé sur la capitale.

    Le silence assourdissant de la gauche face à ces violences est révélateur. Paralysée par ses contradictions idéologiques, elle refuse de nommer les choses. Pendant ce temps, le Qatar, nouveau propriétaire du PSG, découvre peut-être « ce qu’est la France de 2013″…

    La surveillance généralisée : notre souveraineté en question

    Les révélations d’Edward Snowden confirment « ce que nous savons en Europe depuis plus de 10 ans » : la surveillance automatique par les USA est systématique. Mais les technologies actuelles sont « autrement plus incroyables que celles dévoilées » ! Nous ne mesurons pas encore l’ampleur de cette surveillance.

    Nos journalistes font preuve d’une naïveté confondante. Quand j’évoque des technologies comme HAARP, on me regarde avec des yeux ronds. Cette méconnaissance des enjeux technologiques est dramatique à l’heure où notre souveraineté numérique est en jeu.

    La NSA intercepte nos communications, analyse nos données, profile nos citoyens. Et nous ? Nous débattons du mariage pour tous pendant que les Américains pillent nos secrets industriels et politiques. Cette asymétrie dans la maîtrise des technologies de surveillance pose une question fondamentale : sommes-nous encore un pays souverain ?Le protectionnisme comme solution ?

    Dans ce contexte, la position d’Arnaud Montebourg sur le rachat de Dailymotion est « très intéressante, stratégique et protectionniste ». Enfin quelqu’un qui ose défendre nos intérêts ! Même Hortefeux à l’UMP demande davantage de « protection européenne », même s’il n’ose pas encore prononcer le mot « protectionnisme ».

    Nous devons protéger nos champions numériques, développer nos propres technologies de pointe. Regardez Dubaï qui s’intéresse à nos Renault Twizy ! Nous avons des atouts, des innovations, mais nous les bradons au premier venu par idéologie libre-échangiste.

    Un pays au bord de l’explosion

    La France de mai 2013 est un pays sous tension maximale. Les affaires politiques minent la confiance, les débats sociétaux fracturent la société, les violences urbaines révèlent les failles de notre modèle d’intégration, et la surveillance américaine questionne notre indépendance.

    Valérie Pécresse réclame un budget rectificatif pour 2013. Oui, c’est indispensable ! Mais au-delà des ajustements budgétaires, c’est tout notre modèle qu’il faut repenser. Nous ne pouvons plus continuer avec des recettes du passé face aux défis du présent.

    Les attentats de Boston en avril nous rappellent la fragilité de nos sociétés ouvertes. La piste tchétchène évoquée montre que les menaces sont globales et complexes. Nous devons être vigilants sans tomber dans la paranoïa, fermes sans renoncer à nos valeurs.

    Demain matin, nous saurons si Bernard Tapie sort libre de sa garde à vue ou s’il « termine une partie de sa vie en prison ». Son cas illustre parfaitement l’ambiguïté de notre époque : entre business et politique, entre réussite et corruption, entre admiration et répulsion.

    La France est à la croisée des chemins. Soit nous trouvons la force de nous réinventer, de moderniser notre démocratie, de protéger nos intérêts tout en restant ouverts au monde. Soit nous continuons à nous déchirer sur des sujets secondaires pendant que d’autres décident de notre avenir à notre place.

    Le choix nous appartient encore. Pour combien de temps ?

    Pour aller plus loin

    • « La République des copains » – Enquête sur les réseaux de pouvoir en France (La Découverte, 2012)
    • « La surveillance électronique planétaire » – Rapport du réseau Echelon (Documentation française, 2001)
    • « Le protectionnisme et ses ennemis » – Les Économistes atterrés (Les liens qui libèrent, 2012)
    • « La France périphérique » – Christophe Guilluy (Flammarion, 2010)
    • « Démocratie et technologies numériques » – Dominique Cardon (Seuil, 2010)

    Sources et références

    • Sondages Ifop sur la popularité de François Hollande (avril-mai 2013)
    • Rapports parlementaires sur l’affaire Cahuzac (Commission des finances, 2013)
    • Données du ministère de l’Intérieur sur les manifestations (2013)
    • Documents WikiLeaks sur la surveillance NSA en Europe (2010-2013)
    • Études sociologiques sur les émeutes urbaines en France (INSEE, 2005-2013)

    Photo : Marco Oriolesi / Unsplash

  • Boston sous le choc : analyse à chaud d’un attentat qui ébranle l’Amérique
    Boston sous le choc : analyse à chaud d’un attentat qui ébranle l’Amérique
    L’attentat du marathon de Boston soulève des questions cruciales sur la sécurité intérieure américaine et les motivations des attaquants. Alors que la traque des suspects bat son plein, l’analyse des premiers éléments révèle un acte qui pourrait être celui de loups solitaires agissant en autonomie.

    Trois jours après l’explosion qui a endeuillé le marathon de Boston, l’Amérique retient son souffle. Les images des deux suspects diffusées par le FBI ont déclenché une chasse à l’homme sans précédent. Mais au-delà de l’émotion légitime, c’est tout un système de sécurité et une société qui se retrouvent questionnés.

    Un attentat aux multiples lectures possibles

    L’attaque coordonnée du 15 avril dernier pose immédiatement la question du mobile. Qui peut vouloir frapper ainsi le cœur symbolique de l’Amérique lors d’un événement aussi populaire que le marathon de Boston ? Les premières heures ont vu fleurir toutes les hypothèses.

    D’un côté, certains pointent du doigt les groupes pro-armes à feu. Le timing de l’attaque, en plein débat sur le contrôle des armes après la tuerie de Newtown, n’est pas anodin. La date elle-même – le 15 avril, jour de la déclaration d’impôts aux États-Unis et proche de l’anniversaire de l’attentat d’Oklahoma City – pourrait suggérer une action de l’extrême droite américaine.

    De l’autre, le mode opératoire – des bombes artisanales dissimulées dans des sacs à dos – évoque davantage les méthodes du terrorisme international. Les services de renseignement scrutent les connections possibles avec des réseaux islamistes, même si aucune revendication n’est venue étayer cette piste pour l’instant.

    Mais une troisième voie se dessine, peut-être la plus troublante : celle d’individus agissant en totale autonomie, sans connexion avec des groupes organisés. Des loups solitaires motivés par une haine personnelle de l’Amérique et de ses valeurs.

    Le profil troublant des suspects

    Les informations qui filtrent sur les deux suspects – apparemment des frères – dessinent un portrait complexe. Jeunes, apparemment intégrés, rien ne semblait les prédestiner à commettre un tel acte. C’est précisément ce qui rend leur geste encore plus déstabilisant pour la société américaine.

    Si l’hypothèse de l’action autonome se confirme, nous serions face à un phénomène particulièrement inquiétant. Des individus capables de basculer dans la violence extrême sans signes avant-coureurs, sans appartenance à des réseaux surveillés. Le cauchemar absolu pour les services de sécurité.

    Cette autonomie supposée soulève des questions fondamentales. Comment des jeunes gens peuvent-ils en arriver à haïr suffisamment leur pays d’adoption pour vouloir « mettre les USA à l’envers » ? Quels mécanismes de radicalisation sont à l’œuvre, loin des mosquées surveillées et des groupes extrémistes fichés ?

    Une Amérique vulnérable malgré l’arsenal sécuritaire

    L’attentat de Boston révèle cruellement les limites du dispositif de sécurité américain post-11 septembre. Malgré les milliards investis dans la sécurité intérieure, malgré la surveillance généralisée et les restrictions de libertés acceptées au nom de la lutte antiterroriste, deux individus déterminés ont pu frapper en plein cœur d’une grande ville américaine.

    Cette vulnérabilité est d’autant plus flagrante que l’attaque a visé un événement populaire, ouvert, symbole de la vie américaine normale. Comment protéger efficacement des milliers de marathons, de parades, de rassemblements qui font le tissu social du pays ? La réponse sécuritaire a ses limites évidentes.

    Plus troublant encore, la manière dont se déroule la traque des suspects. L’ironie est cruelle si l’on découvre que ces individus qui ont semé la terreur se font finalement arrêter lors d’un banal larcin dans une supérette. Après avoir mis en échec tout l’appareil sécuritaire américain, échouer sur un vol à l’étalage révélerait l’amateurisme fondamental de leur démarche.

    Les questions qui dérangent

    Au-delà de l’enquête en cours, cet attentat pose des questions dérangeantes sur la société américaine elle-même. Si des jeunes gens apparemment intégrés peuvent basculer ainsi dans la violence nihiliste, qu’est-ce que cela dit de la capacité d’intégration du modèle américain ?

    La polarisation extrême du débat politique, l’omniprésence des armes, la violence latente qui imprègne la culture populaire, les inégalités croissantes – tous ces facteurs créent-ils un terreau propice à l’émergence de ces loups solitaires ? La question mérite d’être posée, même si elle dérange.

    Et que dire de la réaction prévisible des autorités ? Plus de surveillance, plus de contrôles, plus de restrictions. Le cycle infernal de la peur et de la sécurité qui grignote toujours un peu plus les libertés fondamentales. Benjamin Franklin avait prévenu : « Ceux qui peuvent renoncer à la liberté essentielle pour obtenir un peu de sécurité temporaire ne méritent ni la liberté ni la sécurité. »

    L’ombre du doute

    Un aspect particulièrement troublant mérite réflexion. Que se passera-t-il si le second suspect, une fois arrêté, clame son innocence ? Dans l’atmosphère survoltée actuelle, avec la pression médiatique et politique énorme, quelle place restera-t-il pour le doute raisonnable ?

    L’histoire américaine récente regorge d’exemples d’erreurs judiciaires dans des affaires hautement médiatisées. La présomption d’innocence, pilier du système judiciaire, résiste mal à la vindicte populaire et à la soif de vengeance. Les images diffusées par le FBI sont-elles suffisantes pour établir la culpabilité ? Les preuves sont-elles irréfutables ?

    Ces questions peuvent sembler déplacées dans le contexte actuel, mais elles sont essentielles. La justice expéditive n’est jamais la vraie justice. Et l’histoire nous enseigne que les périodes de crise sont propices aux errements judiciaires les plus graves.

    Vers quelle Amérique ?

    L’attentat de Boston marque peut-être un tournant. Non pas tant par son ampleur – tragique mais limitée comparée à d’autres drames – mais par ce qu’il révèle de l’état de la société américaine.

    Si l’hypothèse des loups solitaires se confirme, c’est tout le modèle de lutte antiterroriste qui devra être repensé. Comment surveiller des individus qui ne communiquent avec personne, qui se radicalisent seuls devant leur ordinateur, qui passent à l’acte sans signes avant-coureurs ?

    La tentation sera grande de renforcer encore l’arsenal sécuritaire, d’étendre la surveillance, de restreindre les libertés. Mais c’est précisément cette spirale qui pourrait alimenter la haine et le ressentiment de nouveaux candidats à la violence nihiliste.

    L’Amérique se trouve à la croisée des chemins. Soit elle cède à la peur et s’enferme dans une forteresse sécuritaire toujours plus oppressante. Soit elle trouve le courage de s’interroger sur les racines profondes de cette violence et d’y apporter des réponses autres que répressives.

    Le choix qui sera fait dans les jours et semaines à venir déterminera le visage de l’Amérique pour les années à venir. Et au-delà, c’est tout le modèle occidental qui est questionné. Car si le rêve américain produit de tels cauchemars, quelle alternative proposer à ceux qui se sentent exclus du système ?

    Boston pleure ses morts et soigne ses blessés. Mais les vraies blessures sont peut-être plus profondes, nichées au cœur d’une société qui ne sait plus comment intégrer ses marges et qui répond à la violence par toujours plus de violence. Un cercle vicieux dont on ne voit pas, hélas, comment sortir.

    Pour aller plus loin

    • « The Looming Tower » de Lawrence Wright – Une plongée dans les mécanismes de la radicalisation
    • « Columbine » de Dave Cullen – Pour comprendre la violence nihiliste en Amérique
    • Les rapports de la commission sur le 11 septembre – Les leçons non apprises
    • « Manufacturing Consent » de Noam Chomsky – Sur la manipulation médiatique en temps de crise

    Sources et références

    • Communiqués officiels du FBI sur l’enquête en cours
    • Statistiques du National Counterterrorism Center sur les attentats domestiques
    • Rapport 2012 de l’ACLU sur les libertés civiles post-11 septembre
    • Données du Pew Research Center sur la polarisation politique américaine

    Photo : Sergey Konstantinov / Unsplash

  • La France en crise : entre exode des entrepreneurs et implosion politique
    La France en crise : entre exode des entrepreneurs et implosion politique
    La France traverse une crise profonde marquée par la révolte des entrepreneurs contre la politique fiscale socialiste et l’implosion spectaculaire de l’UMP. Cette double fracture économique et politique annonce des bouleversements majeurs dans le paysage français.

    La France va mal. Très mal même. Entre un gouvernement socialiste qui fait fuir ses entrepreneurs et une droite qui s’autodétruit dans des querelles dignes d’une cour de récréation, on assiste à un spectacle désolant qui n’augure rien de bon pour l’avenir du pays. Et pendant ce temps, nos voisins européens nous regardent avec un mélange de pitié et d’inquiétude.

    La révolte des « pigeons » : quand les entrepreneurs disent stop

    Vous avez entendu parler du mouvement des « pigeons » ? Ces entrepreneurs qui se sont levés contre le projet de taxation des plus-values de cession d’entreprise du gouvernement Ayrault ? Je les comprends parfaitement. Mieux, je les soutiens. Car derrière ce mouvement, c’est toute une vision de l’entrepreneuriat à la française qui est en jeu.

    Le problème est simple : le gouvernement socialiste considère les entrepreneurs comme des vaches à lait. Résultat ? « Les entrepreneurs français ne manifesteront pas. Ne demanderont plus rien. Vous ne les trouverez simplement plus en France. » C’est exactement ce qui est en train de se passer. J’observe quotidiennement des créateurs d’entreprise qui préparent leurs valises pour des cieux plus cléments fiscalement.

    Ce n’est pas qu’une question de startup du numérique. Les patrons de PME sont tout autant concernés. Tous des pigeons, comme je le dis souvent. Le collectif PME que je soutiens activement tire la sonnette d’alarme, mais qui écoute vraiment ?

    L’exode silencieux mais massif

    Fleur Pellerin peut toujours essayer de rassurer, la réalité est têtue : « les entrepreneurs qui s’exilent seront de moins en moins faciles à rapatrier ». Une fois qu’ils ont goûté à la liberté d’entreprendre ailleurs, pourquoi reviendraient-ils dans un pays qui les considère comme des profiteurs ?

    Les banques ne financent déjà plus les investissements. On en est réduit à imaginer que Google pourrait bientôt proposer des cartes de crédit aux entrepreneurs français ! C’est dire l’état de délabrement de notre système financier national.

    Et pendant ce temps, la Chine augmente ses dépenses de R&D de 23% en 2011. La tendance s’accélère encore en 2012. Nous sommes en train de perdre la bataille de l’innovation et de la compétitivité.

    L’implosion de l’UMP : une droite en miettes

    Si la situation économique est préoccupante, le spectacle politique offert par l’UMP ces derniers jours est simplement pathétique. La bataille Fillon-Copé pour la présidence du parti a révélé au grand jour les fractures profondes de la droite française.

    49,95% pour Fillon contre 50,05% pour Copé ? Qui peut croire qu’une telle configuration permettra une cohabitation sereine ? C’est de la poudre aux yeux. « C’était le dernier jour de l’UMP », j’en suis convaincu. Le réveil sera difficile, mais avec de nouvelles opportunités à droite.

    Vers une recomposition politique majeure

    Mon analyse ? L’UMP va montrer sa vraie nature et le Front National va prendre une place plus équilibrée entre toutes les forces politiques. Je pressens même une évolution radicale : l’UMP de Copé pourrait se transformer en extrême droite tandis que celle de Fillon pourrait se rapprocher de Marine Le Pen. Un scénario qui paraissait impensable il y a encore quelques mois.

    La situation est tellement ubuesque qu’on se demande s’il ne faudrait pas « envoyer les casques bleus » à l’UMP ! Entre contestations de résultats, annonces surprises avortées et silence assourdissant de Nicolas Sarkozy, on nage en plein vaudeville.

    Alain Juppé appelle à la raison, mais qui l’écoute encore ? Le parti est en train de s’autodétruire sous nos yeux. « UMP et les 7 nains », « L’UMP infernale », « Chérie j’ai rétréci l’UMP »… Les plaisanteries fusent sur les réseaux sociaux, mais derrière l’humour se cache une réalité dramatique pour la démocratie française.

    L’Europe en crise : entre Nobel de la paix et bruits de bottes

    Comme si la situation française n’était pas assez préoccupante, l’Europe dans son ensemble traverse une période de turbulences majeures. Le prix Nobel de la paix attribué à l’Union européenne ? Permettez-moi de rire. Après la « blague » du Nobel d’Obama, voici celle de l’Europe, « alors qu’on entend les bruits de bottes ».

    La crise économique qui secoue le continent depuis 2008 a révélé les failles profondes de la construction européenne. Les politiques d’austérité imposées aux pays du Sud créent des tensions sociales explosives. Je prédis d’ailleurs que nous connaîtrons bientôt ce qu’on appellera le « printemps européen ».

    La souveraineté nationale en question

    Un exemple frappant de notre perte de souveraineté ? « Google vs France 1-0… quand une entreprise privée américaine a le pouvoir de contraindre un état comme la France… » C’est exactement ce qui se passe avec les GAFA qui dictent leurs conditions aux États européens.

    La question de la sortie de l’euro commence à être posée sérieusement par certains responsables politiques. Mais attention : « les autres partenaires européens pourraient ne pas apprécier. La paix sera compromise. » Nous sommes pris dans un piège dont il sera difficile de sortir sans casse.

    Les signaux faibles d’un changement de paradigme

    Au-delà des crises politiques et économiques, je perçois des signaux faibles mais significatifs d’un changement profond de notre société. The Phone House ferme un tiers de ses magasins en France. Starbucks se diversifie dans le thé avec sa marque Teavana. Ces mouvements économiques apparemment anodins révèlent des transformations profondes des modes de consommation.

    François Hollande et Jean-Marc Ayrault seront « bientôt à moins de 30% dans les sondages », j’en suis persuadé. La désillusion est déjà palpable, cinq mois seulement après l’élection présidentielle. Le changement promis n’est pas au rendez-vous, et les Français commencent à s’en rendre compte.

    La montée des alternatives politiques

    Face à ce désastre, des voix s’élèvent pour proposer des alternatives. Le MoDem milite pour le vote blanc et la proportionnelle intégrale à l’Assemblée. Des idées qui méritent d’être débattues sérieusement si on veut sortir de l’impasse actuelle.

    Mais au-delà des propositions institutionnelles, c’est tout notre modèle économique et social qui doit être repensé. Comment attirer et retenir les talents et les entrepreneurs ? Comment réconcilier justice sociale et efficacité économique ? Comment retrouver notre souveraineté sans tomber dans le repli sur soi ?

    Conclusion : la France à la croisée des chemins

    La France se trouve aujourd’hui à un moment charnière de son histoire. Entre fuite des cerveaux et des capitaux, implosion de la droite républicaine, montée des extrêmes et crise européenne, les défis sont immenses. Mais les crises sont aussi des opportunités de rebond.

    Il est urgent de prendre conscience de la gravité de la situation. Les entrepreneurs qui partent aujourd’hui ne reviendront pas demain. Les fractures politiques qui se creusent laisseront des traces durables. L’Europe qui vacille pourrait bien s’effondrer.

    Demain, je serai à Luxembourg pour une conférence avec l’économiste Nouriel Roubini. J’ai hâte d’entendre son analyse de la situation. Car si nous voulons éviter le pire, il nous faut d’abord comprendre ce qui nous arrive. Et ensuite, avoir le courage de prendre les décisions qui s’imposent, même si elles sont douloureuses.

    La France a connu d’autres crises dans son histoire. Elle s’en est toujours relevée. Mais cette fois, rien n’est garanti. Tout dépendra de notre capacité collective à regarder la réalité en face et à agir en conséquence. Le temps presse.

    Pour aller plus loin

    • Le mouvement des Pigeons – Analyse approfondie de la révolte des entrepreneurs français face à la fiscalité
    • La crise de l’UMP – Chronique d’une implosion annoncée et ses conséquences sur la droite française
    • L’Europe en question – Les défis de la construction européenne face aux crises multiples
    • L’exode des entrepreneurs – Enquête sur les Français qui choisissent l’expatriation fiscale
    • Les alternatives politiques – Tour d’horizon des propositions pour sortir de la crise démocratique

    Photo : Norbu GYACHUNG / Unsplash

  • L’Europe de demain sera la Chine d’hier

    Je me souviens encore de ce cadre chinois, qui travaillait dans une entreprise très en forme, et qui me disait début octobre 2011 à Beijing, sur un ton bien affirmé, « Les chinois méritent de vivre comme les européens, la roue tourne, vous avez assez profité de la crédulité de la Chine ».

    Cette phrase ironique mais fondée résume bien la situation dans laquelle nous sommes.

    Ces dernières années, il y a quelque chose qui n’a pas échappé aux observateurs de la Chine.

    L’Europe est en décroissance, économique et sociale.

    Quand la Chine affiche des taux de croissance à deux chiffres, et que le peuple ne s’est jamais trouvé plus libre et plus heureux qu’aujourd’hui.

    L’Europe est désindustrialisée, il faudrait des investissements immenses et une énergie folle pour réindustrialiser, et surtout du temps, beaucoup de temps.

    La Chine est hyper-industrialisée, dispose d’une capacité d’investissement très forte. Le parc industriel est moderne, à la pointe des technologies, toujours renouvelé. On est toujours effaré de voir le nombre d’entreprises chinoises qui affichent fièrement leurs normes ISO difficilement acquises, comme pour dire au monde « regardez, ne dites pas que nos usines sont minables, regardez nos certifications ISO, pouvez-vous en faire autant chez vous? ».

    Le peuple européen est assisté, usé par les déceptions de promesses non tenues, usé par l’écart grandissant entre les utopies d’une classe moyenne en déconfiture, et les rêves toujours plus inaccessibles.

    Le peuple chinois est combattif, vif, adaptatif, autonome, polyvalent, mieux formé, mieux éduqué, tenu par une culture, des traditions et un patriotisme unifié, il part de zéro et chaque jour un peu plus voit ses espoirs se transformer en nouvelles réalités.

    L’insécurité et la criminalité augmente en Europe, quand elles n’ont jamais été aussi basses en Chine.

    C’est vrai, en Chine il y a des caméras de surveillance partout, il y a du flicage, mais qui est-ce que ça gêne à part les criminels ou ceux qui veulent le désordre?

    Les infrastructures européennes sont vieillissantes, obsolètes, et leur maintenance est toujours plus difficiles et coûteuse.

    Alors qu’en Chine, les infrastructures anciennes sont détruites, et de plus modernes sont reconstruites par dessus, à une vitesse folle. Des infrastructures plus démesurées, plus écologiques, plus respectueuses et répondant mieux aux attentes de la nouvelle Chine.

    En Europe, chaque jour de plus en plus de gens s’appauvrissent et se précarisent.

    En Chine, chaque minute de plus en plus de gens s’enrichissent et voient leur condition s’améliorer.

    Nos écoles, nos universités, le système éducatif européen est en grand péril, la qualité n’est plus du tout au rendez-vous depuis longtemps, les jeunes sont sous-formés, sous-éduqués, sous-instruits, en France beaucoup d’entre eux ne savent pas écrire un français correct à leur âge adulte, et ne connaissent rien du monde.

    En Chine, le système éducatif est incroyablement efficace, inutile d’en dire plus.

    En Europe, on a pas pris la mesure de la puissance chinoise… et de la rancoeur des chinois vis à vis des pays qui les exploite.

    En Chine, on est en train de comprendre ce que signifie être le pays le plus puissant du monde.

    En Europe, nous parlons, parlons, parlons et parlons encore d’écologie et de protection de l’environnement.

    En Chine, depuis longtemps il n’y a quasiment plus de deux roues à essence, tout est converti au silence des moteurs électriques, et des entreprises modernes fleurissent partout pour transformer votre véhicule à essence en véhicule hybride avec une technologie qui existe déjà, et qui va en s’améliorant. Beaucoup d’entreprises sont déjà éco-friendly, de manière effective.

    En Europe, nous parions tout sur le nucléaire, avec l’immense risque que cela représente.

    En Chine, on fait déjà depuis longtemps de l’électricité propre avec l’eau, la terre, le vent, la mer, le soleil, et très peu de nucléaire.

    En Europe, nous continuons à dire et à croire que « la chine fabrique des copies de mauvaise qualité de ce que nous inventons et créons ».

    Alors qu’en Chine, ils sourient car ils savent que leurs usines produisent la qualité qu’on leur demande, alors que pour leur marché national interne, la qualité est bien présente, souvent meilleure que ce qui existe chez nous. D’ailleurs ils savent aussi que depuis longtemps déjà, ils n’en sont plus à « dupliquer » ou « copier », mais ils inventent, ils imaginent, ils conçoivent, bien plus vite et souvent bien mieux désormais que nos ingénieurs européens.

    Combien sont surpris de voir en Chine le niveau de qualité des produits qui existent sur le marché, alors qu’ils nous exportent une qualité inférieure.

    Les temps changent.

    Avant, en Europe on achetait les produits chinois quelques centimes, et on pouvait profiter de faire des marges confortables dans le dos des enfants qui travaillaient 14 heures par jour dans les usines enfoncées dans le pays entre deux rizières.

    Désormais, les prix augmentent, et la qualité s’impose à nous, de moins en moins nous ne pourrons payer le prix chinois. Et de plus en plus ça sera difficile pour nous, car aucune autre alternative ne s’offrira rapidement à nous, sans d’incroyables souffrances.

    Les usines sont gigantesques et tellement nombreuses, regroupées dans des « parcs industriels sécurisés » à thèmes technologiques, biotechnologiques, métallurgiques, pharmaceutiques, alimentaires, etc…

    Si la Chine était ce qu’on dit qu’elle est, croyez-vous qu’on puisse y faire fabriquer intégralement l’Airbus A320 dans l’usine de Tianjin?

    En Europe, la démocratie montre ses limites tous les jours, et les peuples, sensés diriger leur destin sont trompés, trahis, humiliés par des élites qu’ils n’ont même pas élu. Et on critique le communisme, on explique que c’est pire.

    En Chine, on plaisante de la démocratie, on dit « regardez, venez voir si nous ne sommes pas un peuple libre qui vit en paix et en harmonie, demandez un visa et venez visiter la nouvelle Chine pour juger ». Bien sûr, les chinois reconnaissent qu’il y a 20 ans encore c’était très difficile, et qu’encore aujourd’hui la corruption existe, qu’il y a des dysfonctionnements, mais quand ils comparent leur politique paisible à ce qui se passe en Europe, ils s’en amusent. C’est bien pire chez vous, disent-ils.

    La Chine a changé si vite en quelques années, que tout le monde est bluffé.

    Je comprends la chance des chinois d’être dans un mouvement de croissance rapide et d’alignement sur le modèle de vie « à l’occidentale », mais ils sont 1,3 milliards et je sais aussi en mon âme et conscience que ce « booming » économique et social ne peut pas continuer longtemps. Quelque chose va forcément les arrêter net dans leur élan, car en pratique, d’ici quelques années à niveau de croissance constant, il faudrait plusieurs fois les capacités terrestres actuelles pour combler l’appétit chinois.

    Nul ne sait comment réagiront les chinois devant le fait accompli. Ce peuple d’apparence pacifique, jamais agressif contre quiconque, immensément généreux, qui s’est laissé exploiter, qui prête son argent pour financer la croissance de ses clients, malgré lui, et qui va peut-être bientôt se retrouver face à la plus difficile des réalités.

    Mon grand père disait qu’un jour, nous verrons des chinois traverser le Rhin et venir jusqu’à nos portes.

    Mais il ne disait jamais pourquoi ou pour y faire quoi.

  • L’Europe de demain sera la Chine d’hier

    Je me souviens encore de ce cadre chinois, qui travaillait dans une entreprise très en forme, et qui me disait début octobre 2011 à Beijing, sur un ton bien affirmé, « Les chinois méritent de vivre comme les européens, la roue tourne, vous avez assez profité de la crédulité de la Chine ».

    Cette phrase ironique mais fondée résume bien la situation dans laquelle nous sommes.

    Ces dernières années, il y a quelque chose qui n’a pas échappé aux observateurs de la Chine.

    L’Europe est en décroissance, économique et sociale.

    Quand la Chine affiche des taux de croissance à deux chiffres, et que le peuple ne s’est jamais trouvé plus libre et plus heureux qu’aujourd’hui.

    L’Europe est désindustrialisée, il faudrait des investissements immenses et une énergie folle pour réindustrialiser, et surtout du temps, beaucoup de temps.

    La Chine est hyper-industrialisée, dispose d’une capacité d’investissement très forte. Le parc industriel est moderne, à la pointe des technologies, toujours renouvelé. On est toujours effaré de voir le nombre d’entreprises chinoises qui affichent fièrement leurs normes ISO difficilement acquises, comme pour dire au monde « regardez, ne dites pas que nos usines sont minables, regardez nos certifications ISO, pouvez-vous en faire autant chez vous? ».

    Le peuple européen est assisté, usé par les déceptions de promesses non tenues, usé par l’écart grandissant entre les utopies d’une classe moyenne en déconfiture, et les rêves toujours plus inaccessibles.

    Le peuple chinois est combattif, vif, adaptatif, autonome, polyvalent, mieux formé, mieux éduqué, tenu par une culture, des traditions et un patriotisme unifié, il part de zéro et chaque jour un peu plus voit ses espoirs se transformer en nouvelles réalités.

    L’insécurité et la criminalité augmente en Europe, quand elles n’ont jamais été aussi basses en Chine.

    C’est vrai, en Chine il y a des caméras de surveillance partout, il y a du flicage, mais qui est-ce que ça gêne à part les criminels ou ceux qui veulent le désordre?

    Les infrastructures européennes sont vieillissantes, obsolètes, et leur maintenance est toujours plus difficiles et coûteuse.

    Alors qu’en Chine, les infrastructures anciennes sont détruites, et de plus modernes sont reconstruites par dessus, à une vitesse folle. Des infrastructures plus démesurées, plus écologiques, plus respectueuses et répondant mieux aux attentes de la nouvelle Chine.

    En Europe, chaque jour de plus en plus de gens s’appauvrissent et se précarisent.

    En Chine, chaque minute de plus en plus de gens s’enrichissent et voient leur condition s’améliorer.

    Nos écoles, nos universités, le système éducatif européen est en grand péril, la qualité n’est plus du tout au rendez-vous depuis longtemps, les jeunes sont sous-formés, sous-éduqués, sous-instruits, en France beaucoup d’entre eux ne savent pas écrire un français correct à leur âge adulte, et ne connaissent rien du monde.

    En Chine, le système éducatif est incroyablement efficace, inutile d’en dire plus.

    En Europe, on a pas pris la mesure de la puissance chinoise… et de la rancoeur des chinois vis à vis des pays qui les exploite.

    En Chine, on est en train de comprendre ce que signifie être le pays le plus puissant du monde.

    En Europe, nous parlons, parlons, parlons et parlons encore d’écologie et de protection de l’environnement.

    En Chine, depuis longtemps il n’y a quasiment plus de deux roues à essence, tout est converti au silence des moteurs électriques, et des entreprises modernes fleurissent partout pour transformer votre véhicule à essence en véhicule hybride avec une technologie qui existe déjà, et qui va en s’améliorant. Beaucoup d’entreprises sont déjà éco-friendly, de manière effective.

    En Europe, nous parions tout sur le nucléaire, avec l’immense risque que cela représente.

    En Chine, on fait déjà depuis longtemps de l’électricité propre avec l’eau, la terre, le vent, la mer, le soleil, et très peu de nucléaire.

    En Europe, nous continuons à dire et à croire que « la chine fabrique des copies de mauvaise qualité de ce que nous inventons et créons ».

    Alors qu’en Chine, ils sourient car ils savent que leurs usines produisent la qualité qu’on leur demande, alors que pour leur marché national interne, la qualité est bien présente, souvent meilleure que ce qui existe chez nous. D’ailleurs ils savent aussi que depuis longtemps déjà, ils n’en sont plus à « dupliquer » ou « copier », mais ils inventent, ils imaginent, ils conçoivent, bien plus vite et souvent bien mieux désormais que nos ingénieurs européens.

    Combien sont surpris de voir en Chine le niveau de qualité des produits qui existent sur le marché, alors qu’ils nous exportent une qualité inférieure.

    Les temps changent.

    Avant, en Europe on achetait les produits chinois quelques centimes, et on pouvait profiter de faire des marges confortables dans le dos des enfants qui travaillaient 14 heures par jour dans les usines enfoncées dans le pays entre deux rizières.

    Désormais, les prix augmentent, et la qualité s’impose à nous, de moins en moins nous ne pourrons payer le prix chinois. Et de plus en plus ça sera difficile pour nous, car aucune autre alternative ne s’offrira rapidement à nous, sans d’incroyables souffrances.

    Les usines sont gigantesques et tellement nombreuses, regroupées dans des « parcs industriels sécurisés » à thèmes technologiques, biotechnologiques, métallurgiques, pharmaceutiques, alimentaires, etc…

    Si la Chine était ce qu’on dit qu’elle est, croyez-vous qu’on puisse y faire fabriquer intégralement l’Airbus A320 dans l’usine de Tianjin?

    En Europe, la démocratie montre ses limites tous les jours, et les peuples, sensés diriger leur destin sont trompés, trahis, humiliés par des élites qu’ils n’ont même pas élu. Et on critique le communisme, on explique que c’est pire.

    En Chine, on plaisante de la démocratie, on dit « regardez, venez voir si nous ne sommes pas un peuple libre qui vit en paix et en harmonie, demandez un visa et venez visiter la nouvelle Chine pour juger ». Bien sûr, les chinois reconnaissent qu’il y a 20 ans encore c’était très difficile, et qu’encore aujourd’hui la corruption existe, qu’il y a des dysfonctionnements, mais quand ils comparent leur politique paisible à ce qui se passe en Europe, ils s’en amusent. C’est bien pire chez vous, disent-ils.

    La Chine a changé si vite en quelques années, que tout le monde est bluffé.

    Je comprends la chance des chinois d’être dans un mouvement de croissance rapide et d’alignement sur le modèle de vie « à l’occidentale », mais ils sont 1,3 milliards et je sais aussi en mon âme et conscience que ce « booming » économique et social ne peut pas continuer longtemps. Quelque chose va forcément les arrêter net dans leur élan, car en pratique, d’ici quelques années à niveau de croissance constant, il faudrait plusieurs fois les capacités terrestres actuelles pour combler l’appétit chinois.

    Nul ne sait comment réagiront les chinois devant le fait accompli. Ce peuple d’apparence pacifique, jamais agressif contre quiconque, immensément généreux, qui s’est laissé exploiter, qui prête son argent pour financer la croissance de ses clients, malgré lui, et qui va peut-être bientôt se retrouver face à la plus difficile des réalités.

    Mon grand père disait qu’un jour, nous verrons des chinois traverser le Rhin et venir jusqu’à nos portes.

    Mais il ne disait jamais pourquoi ou pour y faire quoi.