Trois jours après la chute du vol MH17 de Malaysia Airlines en Ukraine, les certitudes affichées par les autorités américaines contrastent violemment avec la réalité technique du terrain. Pendant que Washington pointe du doigt un missile BUK tiré par les séparatistes pro-russes, l’analyse des débris raconte une tout autre histoire.
Je vais vous expliquer pourquoi la version officielle ne tient pas la route. Et pourquoi cette affaire rappelle étrangement celle du vol MH370, disparu quatre mois plus tôt.
L’impossible missile BUK : quand la physique contredit la politique
Un Boeing 777 qui vole à Mach 0,8 à 35 000 pieds, touché par un missile sol-air de type BUK, devrait logiquement se disloquer intégralement. C’est de la physique élémentaire.
Or, que constate-t-on sur le terrain ? Les deux trains d’atterrissage du MH17 ont été retrouvés solidarisés, à quelques mètres l’un de l’autre. Cette structure, la plus rigide de l’avion, est restée intacte. Comment un missile capable d’abattre un appareil à cette altitude peut-il laisser la partie la plus solide de l’avion en un seul morceau ?
Plus troublant encore : l’absence totale de traînée de fumée caractéristique. Un Boeing 777 long-courrier transporte des tonnes de kérosène hautement inflammable. L’impact d’un gros missile comme le SA-11 Gadfly (que possèdent effectivement les séparatistes) ou le SA-17 Grizzly devrait provoquer une boule de feu visible à des kilomètres.
Aucun témoin sur le réseau social russe VKontakte n’a signalé la trace blanche caractéristique du missile BUK, pourtant visible pendant une vingtaine de secondes en plein jour. Étrange pour un événement qui s’est déroulé dans une zone densément peuplée.
La logistique oubliée : un système BUK ne fonctionne pas seul
Les médias occidentaux présentent le système BUK comme un simple char lance-missiles. C’est une simplification dangereuse qui révèle une méconnaissance technique crasse.
Un système BUK opérationnel nécessite en réalité plusieurs équipements coordonnés : un véhicule de commandement, une station radar de surveillance, une station radar de poursuite, et enfin le lanceur proprement dit. Sans cette chaîne complète, impossible d’identifier, de poursuivre et d’abattre un avion commercial à plus de 30 000 pieds.
Tout militaire formé sur ce système sait pertinemment qu’à cette altitude, il n’y a que du trafic aérien civil. La confusion avec un appareil militaire, avancée par certains, ne tient pas : les écrans radar distinguent clairement les profils de vol.
Les séparatistes auraient-ils eu accès à l’ensemble de cette logistique militaire complexe ? Et si oui, de qui ? Ces questions restent soigneusement évitées par les enquêteurs officiels.
Les preuves qui dérangent : une analyse des débris révélatrice
L’examen attentif des photos du site de crash révèle des détails troublants. Les impacts de shrapnels sur la carlingue sont compatibles avec un missile air-air plutôt qu’avec un missile sol-air de forte puissance.
L’état des corps retrouvés confirme une décompression explosive en altitude : la plupart sont désarticulés et décapités, signe d’une rupture brutale de la pressurisation cabine. Mais cette décompression semble avoir affecté uniquement la partie haute de l’appareil, la cabine passagers, tandis que la structure basse est restée relativement intacte.
Cette séparation en deux parties distinctes – cabine fragile détruite, structure basse préservée – évoque plutôt l’effet d’un petit explosif localisé qu’un impact de missile de guerre.
Autre détail significatif : après plus de 48 heures, aucune photo de la queue de l’appareil ni du cockpit n’a circulé. Ces éléments, cruciaux pour déterminer la nature de l’impact, semblent avoir été rapidement sécurisés.
MH370 et MH17 : la troublante synchronicité Malaysia Airlines
Quatre mois séparent la disparition mystérieuse du vol MH370 et la destruction du vol MH17. Deux Boeing 777 de la même compagnie, deux catastrophes aux circonstances exceptionnelles, deux enquêtes qui piétinent.
Cette coïncidence n’échappe pas aux familles de victimes. Ghyslain Wattrelos, qui a perdu sa femme et ses deux enfants dans le MH370, établit publiquement des similitudes entre les deux affaires. Son intuition de parent endeuillé vaut tous les rapports d’experts.
Le Premier Ministre malaisien Najib Razak, lui-même touché personnellement par la perte d’un membre de sa famille dans le crash du MH17, se retrouve confronté à une situation sans précédent : deux catastrophes majeures de sa compagnie nationale en quelques mois.
Malaysia Airlines, déjà fragilisée par l’affaire MH370, devient la cible d’une série noire qui défie les probabilités statistiques. Hasard ou synchronicité ? La question mérite d’être posée.
Les services de renseignement américains : que savent-ils vraiment ?
Les États-Unis affirment détenir des preuves satellitaires de l’utilisation d’un missile BUK. Leurs systèmes SBIRS (Space-Based Infrared System) et STSS (Space Tracking and Surveillance System) sont effectivement capables de détecter les signatures thermiques de lancements de missiles.
Mais ces systèmes détectent les explosions, pas nécessairement leur origine précise. Washington a-t-il vraiment filmé la trajectoire complète du missile, ou dispose-t-il seulement des signatures de l’explosion finale ?
Cette nuance est cruciale. Confirmer qu’il y a eu explosion ne prouve pas qu’elle provient d’un missile sol-air tiré par les séparatistes. D’autres scénarios restent techniquement possibles : missile air-air, charge explosive embarquée, défaillance technique catastrophique.
Le refus américain de publier les images satellitaires complètes entretient le doute. Dans une affaire de cette ampleur géopolitique, la transparence technique devrait primer sur les considérations diplomatiques.
L’hypothèse alternative : un missile air-air ?
Si l’on écarte le missile BUK pour les raisons techniques évoquées, quelle alternative reste crédible ? L’analyse des dégâts suggère un impact par missile air-air, probablement sur l’arrière gauche ou droit de l’appareil.
Cette hypothèse expliquerait plusieurs anomalies : l’absence de boule de feu massive, la préservation partielle de la structure, les traces de shrapnels compatibles avec un petit missile de chasse, et surtout l’impact localisé qui a provoqué la décompression explosive sans désintégrer totalement l’appareil.
Un chasseur militaire aurait pu approcher le Boeing 777 sans être détecté par les radars civils, particulièrement dans cette zone de conflit où les systèmes de contrôle aérien sont perturbés. L’interception d’un avion de ligne par erreur ou par confusion reste dans le domaine du possible.
Cette piste implique nécessairement l’intervention d’une force aérienne équipée de chasseurs modernes. Une responsabilité autrement plus lourde que celle d’un groupe de séparatistes mal encadrés.
Vers une vérité confisquée ?
Comme pour le MH370, je pressens que nous n’obtiendrons jamais la vérité complète sur le MH17. Les enjeux géopolitiques sont trop importants, les responsabilités potentielles trop lourdes.
L’enquête officielle s’orientera vers la confirmation de la thèse du missile BUK, malgré les incohérences techniques. Les preuves gênantes seront écartées, les témoignages contradictoires ignorés, les questions dérangeantes éludées.
Cette confiscation de la vérité est d’autant plus révoltante qu’elle prive 298 familles de leur droit à comprendre ce qui est réellement arrivé à leurs proches. Au-delà de la géopolitique, il y a des êtres humains qui méritent mieux que des versions officielles bâclées.
La coïncidence troublante entre MH370 et MH17 soulève des questions qui dépassent le cadre de simples accidents aériens. Deux Boeing 777 de Malaysia Airlines, deux mystères non élucidés, deux enquêtes qui tournent en rond.
Que cache cette synchronicité ? Nous ne le saurons probablement jamais. Mais refuser de poser la question, c’est accepter que la vérité soit définitivement confisquée.
Sources et références
Space-Based Infrared System (SBIRS) – Wikipedia
Space Tracking and Surveillance System – Wikipedia
Measurement and Signature Intelligence – Wikipedia
Pour aller plus loin
Système de missiles Buk – Wikipédia
Vol 17 Malaysia Airlines – Wikipédia
