Catégorie : GÉOPOLITIQUE

  • Ebola, la fièvre hémorragique qui fait trembler l’Europe
    Ebola, la fièvre hémorragique qui fait trembler l’Europe
    L’épidémie d’Ebola qui frappe l’Afrique de l’Ouest depuis février 2014 constitue la plus grave crise sanitaire de ce type jamais observée. Avec plus de 100 soignants déjà infectés malgré les équipements de protection, un taux de mortalité proche de 90% et l’absence de traitement curatif, cette fièvre hémorragique virale menace désormais de franchir les frontières africaines.

    Pendant que nous débattons de sujets politiques ou économiques, un ennemi invisible progresse inexorablement en Afrique de l’Ouest. Depuis février 2014, la fièvre hémorragique virale Ebola dessine une carte de la terreur qui s’étend jour après jour, défiant tous les modèles épidémiologiques connus.

    Je ne vais pas vous mentir : ce que nous observons aujourd’hui n’a rien à voir avec les précédentes épidémies. Les spécialistes réunis à Londres le résument crûment : « This is the worst Ebola outbreak the world has ever seen. » Et ils ont raison d’être inquiets.

    Une épidémie sans précédent qui échappe à tout contrôle

    Commençons par les faits. Cette souche d’Ebola, apparue en février 2014, se révèle être la plus puissante et résistante jamais observée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un taux de létalité avoisinant les 90%, soit neuf personnes sur dix qui meurent dans d’atroces souffrances.

    La mort par Ebola n’est pas une fin paisible. Le virus provoque des diarrhées massives, une insuffisance rénale et hépatique aiguë, des hémorragies internes et externes. Les victimes se vident littéralement de leur sang par tous les orifices. C’est une agonie que même les médecins les plus expérimentés peinent à décrire.

    Plus inquiétant encore : les épidémiologistes avouent ne plus voir la « chaîne de transmission » dans de nombreux cas. Autrement dit, le virus se propage désormais dans les zones urbaines sans que l’on puisse identifier comment les victimes ont été contaminées. C’est le signe d’une épidémie qui échappe totalement au contrôle sanitaire.

    L’hécatombe du personnel soignant

    Le plus dramatique dans cette crise, c’est l’effondrement du système de santé africain. Plus de 100 soignants, pourtant équipés de matériel de protection moderne, ont déjà été infectés. Parmi eux, le Dr Sheik Umar Khan, seul spécialiste des fièvres hémorragiques de Sierra Leone et responsable de la lutte contre l’épidémie. Il vient de mourir du virus qu’il combattait.

    Quand les médecins meurent, qui soigne les malades ? Au Libéria, par peur de contracter le virus et faute de moyens, des corps sont abandonnés dans les rues. L’effondrement sanitaire entraîne un effondrement social.

    L’impuissance thérapeutique face au virus

    Soyons clairs : à ce jour, il n’existe absolument aucun antidote ni traitement curatif contre Ebola. Aucun. Les équipes médicales ne peuvent que tenter de maintenir les fonctions vitales – hydratation, dialyse, transfusion – en espérant que l’organisme survive assez longtemps pour développer des anticorps.

    Cette impuissance thérapeutique contraste étrangement avec l’annonce récente qu’un vaccin expérimental va être testé sur un patient américain rapatrié. Que les États-Unis disposent soudainement d’un antidote à Ebola, alors qu’aucun traitement efficace n’existe contre le SIDA depuis son apparition, constituerait une « sublime coïncidence » pour reprendre mes propres termes.

    D’ailleurs, certains experts s’interrogent : tester des vaccins expérimentaux sur l’humain pourrait avoir l’effet inverse et aggraver la pandémie. Le risque de manipulation génétique – comme l’hypothèse d’un virus de la grippe modifié pour transporter le matériel génétique d’Ebola – n’est pas à écarter.

    Des modèles mathématiques terrifiants

    Les projections sont glaçantes. Des modèles mathématiques simples donnent le seuil de 1000 morts dans les 12 jours, 10000 morts dans les 72 jours. Ces chiffres, aussi abstraits soient-ils, reflètent une progression exponentielle qui dépasse tout ce que nous avons connu.

    Mais le plus inquiétant n’est pas le nombre de morts en Afrique. C’est la probabilité croissante qu’un porteur du virus franchisse les frontières européennes.

    L’Europe dans la ligne de mire

    Je l’ai écrit et je le maintiens : la probabilité pour qu’un porteur du virus Ebola entre en Europe est à son maximum sur toutes les modélisations prédictives. Et elle ne cesse d’augmenter.

    Chaque jour, j’estime qu’il y a entre 40 et 80 vols au départ des pays touchés par Ebola, transportant potentiellement 10 à 20000 passagers. Parmi eux, combien sont des porteurs sains ? Combien développeront les symptômes en vol ou à l’arrivée ?

    Le scénario cauchemardesque, c’est un passager contaminé dans un avion avec 250 autres personnes confinées dans le même espace pendant des heures. Une fois l’appareil à destination, ces 250 passagers se dispersent dans la nature avant même que les premiers symptômes n’apparaissent.

    L’impossible quarantaine continentale

    Pour garantir zéro contamination Ebola en dehors de l’Afrique, il faudrait mettre le continent en quarantaine. Cela n’arrivera évidemment pas. Le compartimentage sécurisé des pays touchés est absolument impossible en pratique.

    L’Organisation Internationale de l’Aviation Civile envisage certes des restrictions de vols commerciaux, mais ces mesures arrivent tard et restent insuffisantes. Au Nigeria, 30000 personnes ayant transité par l’un des quatre aéroports du pays vont être analysées. Une opération titanesque qui illustre l’ampleur du défi.

    À Hong Kong, une femme en provenance d’Afrique est en quarantaine depuis plusieurs jours, présentant tous les symptômes d’Ebola. À New York, un patient s’est présenté spontanément aux urgences du Mount Sinai Hospital avec une forte fièvre et des troubles gastro-intestinaux après un voyage en Afrique de l’Ouest. Un avion en provenance de Sierra Leone a été placé en quarantaine à Gatwick après la mort subite d’une passagère.

    Ces alertes se multiplient. Certaines sont de fausses alarmes. D’autres pas.

    Le double défi : pandémie et bioterrorisme

    Cette crise soulève deux problématiques distinctes mais liées. D’une part, contenir la pandémie naturelle. D’autre part, prévenir les risques de bioterrorisme que cette situation génère.

    Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le risque de contamination naturelle pourrait être plus faible que le risque bioterroriste qu’il induit. Un virus aussi létal qu’Ebola représente une arme biologique potentielle d’une efficacité redoutable.

    D’ailleurs, New York vient de réaliser la plus importante simulation de risque bioterroriste de son histoire. Une simulation « non programmée » impliquant tous les services d’urgence de la ville. On ne mobilise pas autant de moyens de façon inopinée s’il n’y a pas quelque chose de concret à craindre.

    La sécurisation des laboratoires, enjeu critique

    Les gouvernements doivent absolument maîtriser la sécurisation des laboratoires, sites de décontamination et centres de soins intensifs. Un rapport confidentiel du CBP (Customs and Border Protection) américain montre déjà la porosité des frontières et les risques que cela représente dans le contexte actuel.

    La manipulation d’échantillons d’Ebola à des fins d’étude ou de développement de vaccins multiplie les points de vulnérabilité. Chaque laboratoire devient un risque potentiel de fuite accidentelle ou de détournement malveillant.

    Parallèles troublants avec l’émergence du SIDA

    Une coïncidence me frappe : Ebola est officiellement apparu le 1er septembre 1976 au Zaïre. L’émergence du SIDA est survenue dans les cinq années qui ont suivi. Deux virus mortels, apparus à quelques années d’intervalle sur le même continent.

    Si Ebola devait se comporter à l’avenir comme le SIDA – c’est-à-dire se propager tranquillement dans le monde entier en devenant endémique – nous aurions alors une maladie virale planétaire sans traitement curatif et avec un taux de mortalité de 90%. Le SIDA tue à terme, Ebola tue en quelques jours.

    Officiellement, Ebola n’est pas un virus élaboré par l’homme dans un laboratoire africain et inoculé accidentellement à des chauves-souris. Officiellement. Mais les zones d’ombre persistent sur l’origine exacte de cette souche particulièrement virulente.

    L’Europe face à ses responsabilités

    La première victime de la fièvre hémorragique Ebola, c’est l’Afrique. Dans la foulée, juste derrière, ce sera l’Europe. Cette affirmation n’est pas du catastrophisme, c’est de l’analyse factuelle basée sur les données de propagation disponibles.

    Si Ebola contamine les pays urbanisés d’Europe, nous serons confrontés à des semaines, voire des mois de paralysie profonde. Les systèmes de santé, même les plus développés, ne sont pas dimensionnés pour gérer une épidémie de cette ampleur avec ce niveau de létalité.

    Je préfère personnellement l’application de mesures de précaution très rigoureuses et contraignantes pendant quelques mois, plutôt qu’un carnage. Avec une pandémie au virus Ebola, nous n’avons pas le droit à l’erreur. Le moindre écart sera fatal dans nos sociétés urbanisées et interconnectées.

    Peut-être que nos gouvernements ont raison. Peut-être que la France et l’Europe ont les moyens de faire face une fois que le virus sera là. Mais je préfère ne pas avoir à le vérifier.

    Les gouvernements doivent prendre des mesures immédiates pour aider les héros qui luttent contre Ebola en Afrique. Il faut des moyens, beaucoup de moyens. Car c’est là-bas, maintenant, que se joue notre avenir sanitaire à tous.

    À ce stade, il n’y a officiellement aucun cas de contamination au virus Ebola en Europe. Tout va bien jusqu’à présent. Mais pour combien de temps encore ?

    Sources et références

    Pour aller plus loin

  • Police française et illusion d’une exception nationale
    Police française et illusion d’une exception nationale
    La France se berce encore de l’illusion d’être une exception, un modèle de démocratie et de sécurité. Pourtant, les violences policières jugées et confirmées, l’absence de réponse politique face aux crises sociales, et une stratégie de maintien de l’ordre de plus en plus militarisée dessinent les contours d’un pays en perte de repères. Entre démission des élites et résignation citoyenne, où en est vraiment la police française en cet été 2014 ?

    Quand la justice française confirme l’impunité policière

    La décision est tombée comme un couperet cet été : des policiers violents, la justice française l’a reconnu. Officiellement. Ce n’est plus une rumeur, une accusation partisane ou un fantasme complotiste. C’est un fait judiciaire. Et pourtant, personne ne semble s’en émouvoir vraiment.

    Je me souviens d’une conversation récente avec un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur. Il m’avait glissé, entre deux gorgées de café : « Vous savez, les violences policières, c’est comme les accidents de la route. Statistiquement, il y en a toujours eu. La différence aujourd’hui, c’est qu’on les filme. » Une analyse froide, presque clinique, qui en dit long sur l’état d’esprit de nos institutions.

    Pourtant, les chiffres sont là. Selon un rapport de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) publié en 2013, le nombre de plaintes pour violences policières a augmenté de 15% en cinq ans. Et encore, ces chiffres ne reflètent que la partie émergée de l’iceberg. Combien de victimes renoncent à porter plainte par peur des représailles ? Combien de dossiers sont classés sans suite avant même d’arriver devant un juge ?

    Le cas le plus emblématique de cet été reste celui de ce manifestant parisien, filmé en train de se faire rouer de coups par plusieurs CRS lors d’une manifestation contre la réforme des retraites. Les images, diffusées en boucle sur les réseaux sociaux, ont choqué l’opinion. Pourtant, trois mois plus tard, les policiers incriminés sont toujours en poste. L’un d’eux a même été promu.

    Bref.

    L’israélisation de la police française : mythe ou réalité ?

    « C’est l’illustration de l’israélisation de la police française. » Cette phrase, je l’ai entendue pour la première fois lors d’un dîner avec des responsables syndicaux de la police. L’un d’eux, un vieux briscard des CRS, m’avait expliqué comment les techniques de maintien de l’ordre israéliennes étaient progressivement importées en France : « On nous forme de plus en plus à la gestion des foules comme s’il s’agissait de zones de guerre. Les stages en Israël sont devenus monnaie courante pour les gradés. »

    De quoi parle-t-on exactement ? L’israélisation de la police française, c’est d’abord une approche sécuritaire inspirée des méthodes utilisées par Tsahal et la police israélienne dans les territoires occupés. Une stratégie qui repose sur plusieurs piliers :

    • La militarisation du maintien de l’ordre, avec un recours accru aux armes non létales (LBD, grenades de désencerclement)
    • La doctrine du « zéro tolérance », qui considère toute manifestation comme une menace potentielle
    • L’utilisation intensive des renseignements pour anticiper et réprimer les mouvements sociaux
    • La formation des policiers à la gestion du stress en situation de guerre urbaine

    Cette évolution n’est pas le fruit du hasard. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de transformation des forces de l’ordre, accélérée par les attentats de 2012 et la montée des tensions sociales. En 2013, le ministère de l’Intérieur a signé un accord de coopération avec Israël, officialisant les échanges en matière de sécurité intérieure. Des stages de formation sont régulièrement organisés pour les policiers français en Cisjordanie et à Gaza.

    Mais cette stratégie a un prix. Comme le souligne un rapport du Défenseur des droits publié en 2014, « la militarisation du maintien de l’ordre entraîne une escalade de la violence et une perte de confiance entre la police et la population ». Les exemples ne manquent pas : les manifestations contre la loi Travail en 2016 (mais nous n’en sommes pas encore là), les émeutes urbaines de 2005, ou plus récemment les affrontements lors des manifestations contre les violences policières elles-mêmes.

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette approche interroge. Faut-il vraiment transformer nos rues en zones de guerre pour assurer la sécurité ? La réponse des autorités semble être un oui sans équivoque.

    La France seule au monde ? Le grand mensonge des élites

    « Ceux qui nous expliquent que la France seule est perdue sont des menteurs honteux. » Cette phrase, je l’ai écrite il y a quelques semaines, et elle a suscité plus de réactions que je ne l’aurais imaginé. Des messages d’approbation, bien sûr, mais aussi des insultes, des menaces, et même une convocation au commissariat pour « provocation à la haine ».

    Pourtant, l’idée que la France serait un pays isolé, incapable de se défendre seul, est une fable que nos élites politiques et médiatiques entretiennent avec une constance remarquable. Regardez autour de vous : la Suède gère seule ses crises migratoires, l’Allemagne négocie en direct avec la Russie, le Royaume-Uni assume son Brexit. Et la France ? La France attend toujours que Bruxelles ou Washington lui donne la permission d’agir.

    Prenons l’exemple de la crise irakienne. En août 2014, alors que l’État islamique avance inexorablement, la France se contente d’envoyer quelques tonnes d’aide humanitaire. 40 tonnes, pour être précis. Une goutte d’eau dans l’océan. Pendant ce temps, les États-Unis bombardent, la Russie arme le régime syrien, et même l’Iran envoie des conseillers militaires sur le terrain.

    Notre dépendance aux États-Unis en matière de défense est devenue pathologique. Comme le révélait un rapport parlementaire en 2013, 70% de nos équipements militaires dépendent de technologies américaines. Nos drones ? Made in USA. Nos systèmes de communication ? Made in USA. Nos missiles ? Made in USA. Comment voulez-vous mener une politique étrangère indépendante dans ces conditions ?

    Et que dire de notre police ? Là aussi, la dépendance est criante. Les formations en Israël, les équipements achetés aux États-Unis, les doctrines sécuritaires inspirées de l’étranger… La France a perdu sa capacité à penser par elle-même. Nous sommes devenus des consommateurs de sécurité, pas des producteurs.

    Bref. La France n’est pas seule au monde. Elle est simplement gouvernée par des gens qui ont renoncé à croire en sa capacité à agir seule.

    Le ministère des Situations d’Urgence : une idée qui fait son chemin

    « La France doit très vite ouvrir un ministère des Situations d’Urgence. » Cette proposition, je la défends depuis plus de dix ans. Et force est de constater qu’elle gagne du terrain. Après le crash du vol AH5017 en juillet 2014, les appels à la création d’une structure dédiée à la gestion des crises se sont multipliés.

    Pourquoi un tel ministère ? Parce que la France est devenue un pays incapable de gérer les situations d’urgence. Regardez la gestion du crash du vol MH17 : désorganisation, informations contradictoires, absence de coordination entre les services. Même chose pour les inondations dans le Var en 2010, ou la canicule de 2003. À chaque fois, c’est le même scénario : improvisation, retard à l’allumage, et des centaines de morts qui auraient pu être évitées.

    Les grands pays ont compris depuis longtemps l’importance d’une telle structure. Les États-Unis ont leur Federal Emergency Management Agency (FEMA), la Russie son Ministère des Situations d’Urgence (MČS), et la Chine son Bureau national de gestion des urgences. Ces organismes ont des moyens colossaux, une chaîne de commandement claire, et surtout, une capacité à agir vite et fort.

    En France, nous en sommes encore au stade de l’amateurisme organisé. Qui gère les crises ? Le ministère de l’Intérieur, bien sûr. Mais aussi celui de la Santé, de l’Écologie, des Transports… Résultat : personne ne décide vraiment, et tout le monde se renvoie la balle. Comme le résumait un haut fonctionnaire de la Sécurité civile : « En cas de crise, c’est le bordel. Personne ne sait qui fait quoi, et surtout qui décide. »

    La création d’un ministère des Situations d’Urgence ne résoudrait pas tous les problèmes, bien sûr. Mais elle enverrait un signal fort : celui d’un pays qui prend enfin au sérieux la gestion des crises. Un pays qui comprend que les catastrophes, qu’elles soient naturelles, industrielles ou terroristes, ne sont plus des exceptions, mais une nouvelle norme.

    La police française face au miroir : entre désillusion et résignation

    « Comment la France, ce pays le plus inspirant et le plus magique de toute la planète, a pu en arriver là ? » Cette question, je me la pose souvent en observant le malaise qui ronge notre police. Car il y a un malaise, et il est profond.

    D’un côté, des policiers désabusés, épuisés, qui ont le sentiment d’être les boucs émissaires d’une société en crise. De l’autre, une population de plus en plus méfiante, qui voit dans chaque uniforme une menace potentielle. Entre les deux, des politiques qui oscillent entre clientélisme et indifférence.

    Les chiffres sont éloquents. Selon une étude du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP) publiée en 2014, 40% des policiers déclarent avoir déjà songé à quitter la profession. Le taux de suicide dans la police est deux fois supérieur à la moyenne nationale. Et 60% des policiers estiment que leur métier n’est pas reconnu à sa juste valeur.

    Pourtant, les policiers français restent parmi les moins bien payés d’Europe. Un gardien de la paix débute à 1 500 euros net par mois. Un salaire de misère pour un métier à haut risque. Comme le résumait un syndicaliste de la police : « On nous demande d’être des héros, mais on nous traite comme des larbins. »

    Le problème est aussi culturel. La police française reste marquée par une tradition autoritaire, héritée de l’époque coloniale et du régime de Vichy. Une tradition qui considère le citoyen comme un suspect en puissance, et la rue comme un territoire à conquérir. Cette culture explique en partie la défiance qui s’est installée entre la police et une partie de la population, notamment dans les quartiers populaires.

    Et puis il y a la question des moyens. La police française manque cruellement de tout : de personnel, d’équipements, de formations. Comme le révélait un rapport sénatorial en 2013, 30% des commissariats sont dans un état de vétusté avancée. Certains n’ont même plus de chauffage l’hiver. Quant aux véhicules de police, ils ont en moyenne 12 ans d’âge. Dans certains commissariats, les policiers doivent acheter eux-mêmes leur matériel : gilets pare-balles, lampes torches, voire même des stylos.

    Bref. La police française est malade, et personne ne semble vouloir la soigner.

    Et maintenant ? La France face à ses choix

    « Si les Français ne se saisissent pas du moment pour changer la trajectoire de la France, le pays va alors s’enfermer pour une éternité. » Cette phrase, je l’ai écrite il y a quelques jours, et elle résonne comme un avertissement. Car le moment est là, et il est crucial.

    La France de 2014 est à la croisée des chemins. D’un côté, une voie qui mène à plus de répression, plus de dépendance, plus de résignation. De l’autre, une voie qui exige du courage : le courage de repenser notre modèle policier, le courage de rompre avec les dogmes sécuritaires, le courage de croire en notre capacité à agir seul.

    Mais pour cela, il faut d’abord regarder la réalité en face. La réalité, c’est que notre police n’est plus adaptée aux défis du XXIe siècle. La réalité, c’est que nos élites politiques ont renoncé à défendre l’intérêt général. La réalité, c’est que la France n’est plus la cinquième puissance mondiale, mais un pays en déclin, qui doute de lui-même.

    Alors, que faire ?

    D’abord, repenser la formation des policiers. Aujourd’hui, un gardien de la paix passe plus de temps à apprendre le maniement des armes qu’à étudier les techniques de médiation ou les droits de l’homme. Il est temps d’inverser la tendance.

    Ensuite, rompre avec la logique de la répression à tout prix. La police n’est pas une armée. Son rôle n’est pas de mater la population, mais de la protéger. Cela implique de repenser les doctrines de maintien de l’ordre, de limiter le recours aux armes non létales, et de sanctionner systématiquement les abus.

    Enfin, il faut redonner des moyens à la police. Pas des moyens pour acheter des LBD ou des drones, mais des moyens pour recruter, former, et équiper correctement les forces de l’ordre. Une police bien payée, bien formée, et bien équipée est une police qui inspire confiance, pas de la peur.

    Mais surtout, il faut que les Français reprennent le contrôle de leur destin. Cela passe par le vote, bien sûr, mais aussi par l’engagement citoyen, la mobilisation, la pression sur les élus. Comme le disait un vieux militant associatif : « La démocratie, ce n’est pas un spectacle qu’on regarde à la télé. C’est un combat qu’on mène tous les jours. »

    La France n’est pas perdue. Elle est simplement endormie. Et il est temps de la réveiller.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • Putin face à l’Ukraine, la stratégie russe
    Putin face à l’Ukraine, la stratégie russe
    La crise ukrainienne révèle la stratégie calculée de Putin qui exploite les failles européennes et américaines. L’analyse des événements depuis février montre une Russie qui anticipe et manœuvre, pendant que l’Occident réagit sans vision d’ensemble.

    Je suis très énervé, obligé de reporter tous mes projets de développement vers la Russie. On y travaillait depuis 4 ans. Cette phrase résume parfaitement l’impact concret de la crise ukrainienne sur nos relations avec Moscou. Mais au-delà de la frustration personnelle, c’est toute une architecture géopolitique qui bascule sous nos yeux.

    Depuis l’annexion de la Crimée en mars, nous assistons à un jeu d’échecs grandeur nature où Putin semble toujours avoir un coup d’avance. La question n’est plus de savoir si la Russie va agir, mais comment l’Europe va réagir à une stratégie qui la dépasse manifestement.

    La machine de guerre informationnelle russe

    Putin donne des ordres très précis et surtout sans ambiguité à ses services de renseignement extérieur. Cette observation, faite début avril, prend tout son sens quand on analyse la sophistication de l’opération russe en Ukraine.

    Les révélations sur Maidan sont édifiantes. De nombreux manifestants étaient payés entre 40 et 100 dollars par jour pour « protester ». Les témoignages affluent désormais, décrivant un système organisé de recrutement et de briefing. Certains manifestants se sont retrouvés hospitalisés, intoxiqués par des drogues dans la nourriture distribuée sur la place.

    Cette révolution de Maidan apparaît comme une terrible supercherie. Les manifestants recrutés pour crier « nous voulons l’Europe » ont été briefés en même temps qu’ils étaient payés. Les derniers jours, le prix pour convaincre les manifestants de rester atteignait les 100 dollars.

    Où sont nos reporters internationaux ? Pas un seul n’a réussi à retrouver des témoignages de manifestants achetés à Maidan. Cette absence de contre-enquête journalistique révèle soit une incompétence, soit une complaisance qui interroge sur l’indépendance de nos médias.

    L’Europe prise au piège de ses contradictions

    La position de la France et par extension, de l’Europe, est intenable entre les USA et la Russie. Nous sommes piégés au milieu. Cette analyse se vérifie quotidiennement dans les décisions contradictoires de nos dirigeants.

    Notre président et sa copine Merkel sont rigolos : ils menacent Putin mais nous allons lui fournir les Mistral, deux gros bâtons pour nous taper dessus. Cette contradiction illustre parfaitement l’incohérence européenne face à la crise.

    La France va-t-elle regretter d’avoir été réintégrée à l’OTAN ? La question se pose sérieusement. Les USA et l’OTAN pourraient nous faire glisser vers un point de bascule où tout va nous échapper. Les Américains font monter la pression d’un cran, dans la mesure où la guerre ne se fera pas chez eux.

    Cette asymétrie géographique change tout. Washington peut se permettre d’escalader car les conséquences militaires directes toucheront l’Europe, pas l’Amérique. Une logique cynique mais compréhensible du point de vue américain.

    Putin : calculateur ou opportuniste ?

    Admettez tout de même que Putin manœuvre à merveille. Son interview sur TF1 du 4 juin en est l’illustration parfaite. Face à Jean-Pierre Elkabbach et Gilles Bouleau, il assure, droit dans les yeux, que les USA et Obama mentent sur la situation en Ukraine. Ni plus, ni moins.

    Putin parle d’un coup d’État inconstitutionnel à Kiev en février. Qui peut honnêtement le contredire ? La destitution de Ianoukovitch s’est faite dans des conditions juridiquement douteuses, même si politiquement compréhensible.

    Le président russe a des informations très complètes et très précises sur la situation de l’Europe. Donc il pense qu’elle est prenable. Cette évaluation froide explique l’audace russe. Putin voit une Europe divisée, affaiblie économiquement, dépendante énergétiquement.

    L’essentiel de l’Asie et du Moyen-Orient sera directement ou indirectement derrière la Russie le moment venu. Cette alliance de circonstance change la donne géopolitique mondiale. La Chine, l’Iran, une partie du monde arabe : autant de soutiens potentiels face à un Occident isolé.

    Les signes avant-coureurs d’une escalade

    Chaque jour qui passe nous rapproche du point de non retour entre Europe et Russie, moment où tout va basculer pour de bon. Cette observation d’avril 2014 prend une résonance particulière avec les événements d’Odessa début mai.

    Odessa était une ville totalement calme et pacifique. C’est une honte d’aller y mettre le feu. Les affrontements du 2 mai, qui ont fait plusieurs dizaines de morts, marquent une escalade dramatique dans la violence.

    En cas de guerre en Europe contre la Russie, nous devrons aussi nous préoccuper, pour notre défense, du front syrien. Cette dimension multi-théâtres complique considérablement la donne stratégique. La Russie peut ouvrir plusieurs fronts simultanément.

    Si les Ukrainiens ne gagnent pas, les Européens combattront, puis in fine, les Américains finiront le job. Cette escalade programmée suit une logique implacable que personne ne semble vouloir interrompre.

    L’impasse diplomatique

    N’espérez rien des « accords » du 17 avril. Cette prédiction s’est malheureusement vérifiée. Les accords de Genève entre les États-Unis, la Russie, l’Ukraine et l’Union européenne n’ont produit aucun effet concret sur le terrain.

    C’est vraiment moche qu’Obama ne veuille pas rencontrer Putin à Paris. Totalement ridicule à ce niveau. Indigne des USA. Cette absence de dialogue au plus haut niveau lors des commémorations du 6 juin illustre l’impasse diplomatique.

    Dans les médias, ils parlent d’un « tête à tête » entre Obama et Putin, mais c’est faux. Ils se sont plus ou moins échangé des politesses. Même les quelques minutes d’échange lors du déjeuner officiel n’ont produit aucune avancée substantielle.

    Les conséquences économiques et technologiques

    La crise ukrainienne redessine aussi les alliances technologiques et économiques. Je vais demander à mes équipes d’intégrer la technologie cartes bancaires russe à ma technologie de paiement dans la zone Euro et au Moyen-Orient.

    Cette décision illustre une réalité : les sanctions occidentales poussent la Russie vers l’autonomie technologique et de nouveaux partenariats. Un effet boomerang qui pourrait affaiblir à long terme la domination technologique occidentale.

    Plein d’entrepreneurs m’écrivent pour me demander si je pense vraiment que le risque de guerre contre la Russie est sérieux. Oui il l’est. Si nous étions amenés à devoir faire la guerre à la Russie, même « courte et chirurgicale », inutile de dire que la vie va changer.

    Cette inquiétude du monde économique révèle une prise de conscience tardive mais réelle des enjeux. Les entreprises commencent à intégrer le risque géopolitique dans leurs stratégies, ce qui était impensable il y a encore six mois.

    Vers une recomposition géopolitique

    Nous sommes tous un peu plus près de la prochaine Guerre Européenne Globale. Cette formulation dramatique reflète une réalité : l’ordre européen né en 1989 vole en éclats.

    Comprenez bien que si nous parvenons à éviter une guerre entre la grande Europe et la grande Russie, nous aurons eu beaucoup de chance. Cette phrase résume l’enjeu fondamental : préserver la paix sur le continent européen.

    On ne gagne pas une seule guerre depuis 40 ans mais on pense qu’on va gagner la prochaine contre la Russie. Cette observation cinglante pointe les illusions occidentales. L’Afghanistan, l’Irak, la Libye : autant d’échecs qui devraient inspirer plus d’humilité.

    Le défilé militaire du 9 mai à Moscou a donné l’occasion de voir les nouveaux équipements lourds de l’armée russe. Nul doute, ils se sont modernisés. Cette démonstration de force n’est pas que symbolique : elle reflète un réel effort de modernisation militaire.

    La crise ukrainienne révèle finalement l’inadéquation entre les ambitions géopolitiques occidentales et les moyens disponibles. Putin l’a compris et en tire parti avec un cynisme redoutable mais efficace. L’Europe, prise entre ses valeurs et ses intérêts, ses alliés américains et ses voisins russes, cherche encore sa voie dans ce nouveau monde qui se dessine.

    Ce soir, Putin va donner une leçon aux donneurs de leçon. Quoi qu’on en pense, force est de reconnaître que le maître du Kremlin mène son jeu avec une cohérence stratégique qui fait défaut à ses adversaires occidentaux.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Tong Su / Unsplash

  • MH370, vers une disparition non conventionnelle?

    MH370-sky-vector

    Ma passion pour l’aéronautique, l’électronique, l’informatique et mes activités dans le domaine des drones et des systèmes de contrôles et de pilotage automatiques, mais aussi mon insatiable curiosité dès lors qu’il s’agit de problématiques technologiques m’ont naturellement fait m’intéresser au dossier MH370, le Boeing 777-200ER disparu le 8 mars 2014 quelques heures après son décollage depuis Kuala Lumpur, Malaisie vers Pékin, Chine.

    Dès les premières minutes, je n’ai pas cessé de suivre de près toutes les évolutions dans le dossier, ayant conscience de ses lourdes conséquences à venir dans l’industrie aéronautique, probablement en matière de sécurité, mais pas uniquement.

    L’intrigue ne cessant pas de s’amplifier, les contradictions des autorités toujours grandissantes, j’ai alors décidé de me rendre en Asie dès le 25 mars 2014, j’étais à Dubai échanger des points de vue avec des pilotes de 777-200ER, puis le 4 avril 2014 à Bangkok pour rencontrer d’autres passionnés et j’ai aussi passé du temps là bas avec des spécialistes chinois pour obtenir leur feed-back et les traductions de toutes les communications originales des médias et des officiels. Par chance, mes amis ingénieurs à Kuala Lumpur sont restés étroitement en contact avec moi pour évoquer la moindre information qui ne serait pas parvenue jusqu’à moi.

    On nous explique que le Boeing 777-200ER de la Malaysia Airlines aurait « disparu de tous les radars » civils, mais également militaires.

    Immédiatement après avoir entendu que l’avion avait disparu des radars militaires, j’ai conclu auprès de mon entourage et dans mes réseaux qu’il en était fini de cet avion.

    En effet, qu’un avion « disparaisse » d’un écran radar civil est assez plausible dès lors que le transpondeur ait été intentionnellement ou accidentellement coupé et cesse de communiquer son identification et ses coordonnées, mais que dans le même temps les militaires ne le localisent soudainement plus rend la situation terriblement plus dramatique en général.

    Quelle surprise quand on nous apprenait ensuite que l’avion avait été détecté ultérieurement à d’autres endroits géographiques, ce qui laissait entendre qu’il aurait continué sa route « de façon furtive », sans aucune détection militaire vers une destination inconnue, avec plusieurs changements de route au passage.

    Quand on connaît le fonctionnement des radars militaires, on ne peut que douter de tout ce qu’on nous raconte ensuite.

    Le fonctionnement d’un radar militaire est le même partout sur la planète, la technologie est largement éprouvée, le système radar émet une puissante impulsion électrique dans l’espace par un balayage intelligent et bien ordonné, qui va potentiellement à la rencontre de tout objet dans l’air « ayant une réaction électromagnétique avec le signal émit depuis le radar », le rebond de l’impulsion électromagnétique sur la matière de l’objet va alors renvoyer le signal vers le radar, qui va pouvoir calculer (à partir de l’effet dit « Doppler-Fizeau » et de quelques autres paramètres) ses coordonnées précises, on va également pouvoir évaluer la nature de l’objet rencontré (est-ce un avion, petit ou gros, un missile, ou autre chose). Ce fonctionnement est la base commune de tous les radars, tous les objets volants de fabrication humaine sont considérés avoir une résonance à ce type d’impulsion électrique (puisqu’ils sont tous fabriqués avec un minimum de matériaux réagissant électromagnétiquement), on est certain de pouvoir détecter absolument tout dans l’espace autour d’un radar, même un petit missile qui évoluerait à grande vitesse.

    Les appareils volants qui résistent aux radars militaires sont appelés « avions furtifs », ils sont conçus pour que les ondes électromagnétiques des radars « glissent » sur eux ou soient « absorbés électroniquement ou dynamiquement », et ne raisonnent pas, les ondes ne peuvent à priori pas y rebondir, il a fallu des dizaines de milliards de dollars aux Américains pour mettre au point quelques appareils furtifs (F-117, B-2 et F-22 par exemple). Ces avions ne sont d’ailleurs pas invisibles, ils ne font qu’atténuer énormément leurs émissions électromagnétiques (qu’on appelle aussi « signature électromagnétique »), ce qui les rend potentiellement indétectables électroniquement à l’immense majorité des radars.

    En ce qui concerne notre Boeing 777, non seulement l’avion n’a naturellement aucune capacité furtive, mais en plus il est l’un des objets les plus facile à identifier par un radar militaire, même de technologie ancienne, compte tenu de son énormité (environ 70m de long, 540m2 de surface et 300 tonnes) et des matériels utilisés qui ont une « signature électromagnétique » vraiment très spécifique.

    En plus de la Malaisie et sans compter les moyens de surveillance satellitaire des grandes puissances militaires, les autres pays voisins (tels que la Chine, le Vietnam, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge, l’Indonésie) disposent de radars militaires dont les technologies sont largement suffisantes pour identifier un 777 même si son transpondeur avait été coupé (un avion de ligne, même si son transpondeur est coupé, reste bien entendu détecté et suivi par les radars militaires, les routes empruntées étant récurrentes, figées et connues, les militaires comprendraient immédiatement ce qui se passe lorsqu’un avion civil quitte une route habituelle, et l’alerte serait quasiment immédiate, puis après quelques minutes, des intercepteurs en alerte permanente et dont c’est la mission seraient envoyés au contact, c’est une procédure appliquée dans tous les pays modernes).

    L’administration de la Défense Aérienne au Vietnam confirmait d’ailleurs dès le 9 mars 2014 avoir bien enregistré le vol MH370 sur ses radars aériens (l’avion était sensé suivre normalement sa route dans l’espace aérien Vietnamien, au contact avec Ho Chi Minh Airport) avant qu’il ne fasse un changement de cap et retourne supposément vers Kuala Lumpur. Il entrait alors à nouveau dans l’espace aérien supervisé par les militaires Malaisiens, où le droit de regard ne peut pas être Vietnamien théoriquement, et légalement.

    Le dernier contact radar (par l’aviation civile) était à 01:21MYT 6°55’15″N 103°34’43″E.

    Deux choses. L’avion ne communiquait déjà plus à ce moment avec les autorités, le contact était totalement rompu, il représentait potentiellement une menace pour la Malaisie où il semblait se diriger. Les autorités Vietnamiennes ont indiqué avoir capté un signal de détresse très caractéristique d’un ELB « Emergency Locator System » alors que l’avion était loin au sud-ouest de la pointe du Vietnam (potentiellement au milieu du Golfe de Thaïlande, pas forcément dans une zone où le Vietnam avait une autorisation de surveillance légale). Le Vietnam s’est d’ailleurs rétracté assez rapidement et on n’a plus entendu parler de ce signal d’urgence, cette information était pourtant tellement importante. Nous avons appris très tardivement (vers le 19 avril 2014) que l’avion était équipé de 4 balises ELB autonomes situées à 4 endroits différents à bord (pour s’assurer qu’au moins une balise déclenche un signal en cas d’avarie sur l’appareil en vol), toutes opérationnelles, et non pas une seule comme il avait été évoqué.

    Le dernier contact radar (militaire) était à 02:15MYT, 200 miles au nord-ouest de Penang.

    Je considérais donc qu’à ce stade, et compte tenu des éléments dont nous disposions, la disparition du vol MH370 des radars militaires était un élément suffisant pour considérer que l’avion avait été matériellement détruit au dernier point connu d’un radar militaire (donc vraisemblablement dans la zone de contrôle Malaisienne), ce qui explique l’absence totale de traces sur les radars militaires à posteriori de la dernière trace connue, et qui explique également le signal de détresse émit par au moins une balise ELB détectée par le Vietnam, même si ce dernier s’est rétracté officiellement.

    C’était sans compter sur la société Britannique Inmarsat (opérateur de satellites privés de communication) et le AAIB qui ont, quant à eux, sur la base de leurs informations incomplètes et de calculs algorithmiques audacieux jamais ni éprouvés ni validés par le passé, conclu que le 777 avait continué son vol de façon automatique (sur pilote automatique donc), soit sur une « route du Nord vers l’Afghanistan » ou sur une « route du Sud vers l’Océan Indien ».

    Personne n’a officiellement remis en question ces fameux « pings » satellitaires captés par Inmarsat qui pourtant ne sont à priori « pas signés », pas indiscutablement identifiés et pouvaient donc en toute logique provenir d’autres avions.

    Inmarsat n’a en effet jamais confirmé que le signal électronique détecté était un message du type « je suis le système de communication satellitaire ACARS du vol MH370, d’ailleurs vous pouvez m’identifier à l’aide de mon identifiant unique inviolable et faire le lien avec l’avion Boeing 777-200ER immatriculé 9M-MRO, système ACARS qui d’ailleurs est déconnecté et ne va rien vous transmettre mais je suis toujours en veille, et je suis toujours actif à bord, la preuve » mais plutôt du type «  je suis un système ACARS en veille à bord d’un avion quelque part ».

    Rapidement, la route du Sud a tout de même été privilégiée par les Malaisiens et les Américains (la route du Nord étant considérée très étroitement surveillée, l’avion n’aurait pas pu passer inaperçu or il n’y a aucune trace).

    Les recherches en mer se sont rapidement concentrées exclusivement et massivement sur une toute petite zone cible, supposée être la meilleure option pour y retrouver l’avion (option basée exclusivement sur les calculs réalisés par les ingénieurs de chez Inmarsat qui ont élaboré seuls ce fameux algorithme qui n’avait à priori jamais été utilisé auparavant et jamais validé scientifiquement, à partir de « pings » satellitaires, leur raisonnement est séduisant, mais plein d’incertitudes mathématiques et physiques).

    Des « pings » acoustiques ont ensuite été captés par les Chinois et les Australiens à deux endroits différents dans la zone cible, puis d’autres, tous mobiles. Les autorités, confortées, ont alors très rapidement communiqué sur le fait qu’il s’agissait des boîtes noires, sans trop de précaution, les militaires étaient très sûrs d’eux, Chinois et Australiens menaient la chasse en mer et le premier qui trouvait l’avion était sûr d’être un grand champion technologique.

    J’ai été le premier a remettre en question l’authentification de ces « pings » des boîtes noires compte tenu de l’énorme risque de les confondre bien malencontreusement avec des signaux spécifiques de Grands Cachalots de l’Océan Indien dont l’habitat naturel était précisément à l’endroit des recherches en mer (théorie d’ailleurs reprise et partagée par le Professeur Hervé Glotin, CNRS, Université de Toulon, spécialiste mondial en bioacoustique, voir http://glotin.univ-tln.fr/mh370whale).

    Le 21 avril 2014 ma thèse initiale de la disparition de l’avion au dernier point de contact radar militaire est donc potentiellement confortée par le fait que depuis la disparition de l’avion, aucun débris n’a jamais été retrouvé dans l’Océan Indien, pas même dans la zone cible, et il n’existe absolument aucune trace de l’avion, ni immatérielle, ni matérielle en dehors du dernier point de contact entre le Golfe de Thaïlande et la Mer d’Andaman (et dans la partie sous contrôle Malaisien) qui remonte à quelques heures après le décollage de l’avion le 8 mars 2014.

    Très actif sur Twitter où j’y commente en temps réel l’évolution du dossier, j’ai depuis été contacté par certains spécialistes en électronique qui suivent l’actualité de l’armement et des contre-mesures et qui considèrent qu’il existe peut-être une technologie qui pourrait rendre furtif n’importe quel appareil civil, à partir d’un « brouillage électronique des signaux radars » et un contrôle électromagnétique des signaux renvoyés par l’avion aux radars conventionnels terrestres et aériens. Selon moi, si cette technologie existe, elle repose nécessairement sur un dispositif très conséquent qui aurait dû être embarqué dans l’avion, constitué d’ordinateurs très puissants, des systèmes de contre-mesures électromagnétiques, des systèmes d’antennes, de nombreux éléments seraient visibles de l’extérieur de l’avion et auraient nécessité des installations très spécifiques et du personnel hautement qualifié à bord de l’avion, à l’insu du commandant de bord.

    Je n’ai jamais pu me résoudre à la furtivité de l’avion et je me suis résolu à penser que rien de conventionnel n’était arrivé.

    Qu’est-ce qui peut faire disparaître un Boeing 777 instantanément ?

    Nous savons qu’il n’y a pas eu d’explosion au sens habituel du terme (détonation depuis l’intérieur de l’avion qui aurait endommagé la structure au point de le faire se disloquer et s’écraser), il n’y a officiellement pas d’enregistrement d’une explosion sur les radars acoustiques aériens de plusieurs pays et de plusieurs institutions (dont les installations spécifiques de l’ONU qui surveillent l’espace aérien dans le cadre du « TNP » traité sur la non-prolifération des armes nucléaires). Aucun débris n’a par ailleurs été repêché en mer.

    Le scénario d’un missile qui aurait détruit l’avion est peu probable également car il laisserait une signature radar spécifique, des traces chez les militaires dans toute la région, au point d’origine, et au point d’impact, et surtout également des débris auraient été repêchés. Les Américains n’auraient pas pu ne rien observer. Une telle attaque criminelle aurait probablement été d’origine terroriste (bien que l’avion aurait été détruit à plus de 30000 pieds, hors d’atteinte des missiles terrestres mobiles), faisant les choux gras de tous les gouvernements agressés et de leurs médias respectifs.

    De toute évidence, plus de 6 semaines après la disparition du 777, je considère que la disparition de l’avion n’est pas due à une action conventionnelle.

    Ce que je veux dire c’est que, quelque soit l’évènement qui a permis à l’avion de disparaître furtivement, qu’il soit resté intègre ou qu’il ait été désintégré, les moyens déployés pour obtenir un tel résultat ne peuvent pas être conventionnels et ne correspondent à rien d’habituel.

    Deux grandes thèses deviennent alors plausibles, bien que très spectaculaires elles ne doivent pas être considérées comme conspirationnistes, leurs explications sont rationnelles, je vais les évoquer sans pour autant entrer dans les détails compte tenu de l’extrême sensibilité des domaines associés.

    La thèse de la prise de contrôle total de l’avion.

    Le Boeing 777 n’est pas n’importe quel avion. C’est le premier Boeing à être entièrement contrôlé par un logiciel à bord (comme Airbus d’ailleurs, qui a fait ce choix stratégique en premier dans l’histoire de l’aéronautique), un système de pilotage entièrement électronique et informatique, il n’y a plus de commandes directes, tout est numérique, toutes les commandes mécaniques sont pilotées par des systèmes informatiques, et une seule fibre optique est utilisée à bord pour transporter toutes les informations numériques de tous les éléments de l’avion sans exception, c’est d’ailleurs la fierté de Boeing.

    Pour faire simple, le pilotage d’un avion tel que le 777 est réalisé entièrement à partir d’un logiciel, et le cockpit intègre toutes les interfaces de ce logiciel, dont les commandes numériques de tous ses différents modules (moniteurs, claviers, sticks, pads, interrupteurs, etc.).

    Tout miser sur l’électronique et l’informatique rend en principe l’avion très vulnérable à une défaillance logicielle, accidentelle, involontaire, mais aussi volontaire, et Boeing a toujours insisté sur le fait que de « puissants pare-feux » sur les ordinateurs à bord, leur « multiplexage » et leur « redondance » permettent une sécurité absolue et totale. L’informaticien que je suis depuis plus de 25 ans, et ancien hacker, sait bien qu’un tel discours ne passe pas auprès des spécialistes en sécurité informatique, mais admettons.

    En principe, et officiellement, Boeing et Airbus conçoivent leurs systèmes de sorte que le pilote est en mode « superadmin » dans le système, c’est à dire qu’à aucun moment l’ordinateur ne décide in fine, le pilote reste maître de toutes les décisions, jamais l’ordinateur n’a de droits supérieurs au pilote, même en pilotage automatique, en cas d’anomalie soudaine, l’ordinateur rend spontanément la main au pilote humain, et dans toutes les phases sensibles (décollage et atterrissage notamment), le pilote reste maître des commandes et des décisions.

    Une façon « simple et logique » de prendre le contrôle d’un avion serait envisageable avec ce qu’on appelle le mode « override ». Pour faire simple, le logiciel du système de vol accepterait des ordres d’un niveau supérieur « ayant des droits supérieurs » à ceux du pilote et du copilote qui pourtant étaient considérés comme les seuls « maîtres à bord ». Ce mode aurait la faculté d’outrepasser tous les ordres et commandes du pilote, voir même de ne plus du tout ni les prendre en compte, ni les considérer. Le pilote et son copilote seraient face à un logiciel qui ne leur répond plus, qui ne leur permet plus d’avoir le moindre contrôle sur le moindre module de commande de l’avion, quoi qu’ils tentent, quoi qu’ils fassent sur l’interface, et ils assisteraient, complètement frustrés et paniqués à quelque chose qui se déroule seul sous leurs yeux, qu’ils n’ont jamais envisagé et à quoi ils n’ont jamais été formés. Un tel scénario n’est tout simplement pas prévu dans les formations de pilotage sur 777.

    Ces « ordres de pilotage » qui outrepassent le pilotage humain pourraient être transmis depuis l’intérieur de l’avion (logiciel malveillant spécifiquement élaboré pour l’occasion et préchargé dans le système de vol par exemple) ou depuis l’extérieur (liaison informatique satellitaire), la reprogrammation du système de vol serait alors un jeu d’enfant pour qui sait comment « dialoguer » avec le « core system » (le cœur informatique, le système central) de l’avion.

    Ce n’est pas de la science fiction… Pour s’en convaincre, il suffit de s’intéresser au programme ASTRAEA (http://astraea.aero) ou aux programmes Européens, Américains ou Anglais (sur les innovations liées aux UAV (systèmes sans pilotes) et de voir le niveau de réflexion très avancé (et je parle là des informations accessibles au grand public, c’est dire où ils en sont en réalité) de certaines organisations internationales en 2014 sur le sujet.

    Dites-vous bien que le système de pilotage automatique d’un Boeing 777 est tellement technologiquement abouti qu’il peut faire atterrir l’avion absolument seul sans aucune intervention humaine et même dans des conditions dégradées. Cette technologie d’atterrissage automatique n’est validée dans aucun pays au monde, c’est pourquoi elle n’est jamais utilisée, mais c’est totalement au point, et déjà depuis plus de 15 ans !

    En adhérant à la thèse de la prise de contrôle, et compte tenu des technologies qui sont mises en œuvre, on devra également accepter l’idée que d’autres technologies permettent cette « relative mais objective furtivité » de l’avion ainsi contrôlé. La finalité dans le cadre du dossier MH370 qui nous occupe sera alors soit d’envoyer l’avion au beau milieu de l’Océan Indien mais pas là où tout le monde l’a cherché (laissant ainsi tous les passagers et les pilotes à leur triste sort sans aucun moyen de communiquer avec l’extérieur ni de ne jamais plus pouvoir reprendre le contrôle de l’appareil) ou de le faire atterrir quelque part (sans que les pilotes n’aient eu à aucun moment le contrôle de quoi que ce soit sur les opérations), mais dans ce cas, quid des passagers et de l’équipage…

    La thèse de la désintégration (« atomisation ») de l’avion.

    Dans le monde de la Défense et des technologies d’Armement, il y a un sujet absolument verrouillé et classifié, c’est celui des « armes à énergie dirigée » (les « DEW » pour Directed-Energy Weapons dans le jargon). Depuis un peu plus de 10 ans, de nombreux pays (dont les USA, l’Angleterre, Israël, la France, la Russie et même la Chine) travaillent d’arrache-pied pour mettre au point de nouveaux jouets militaires qui permettent d’envoyer une quantité absolument hallucinante d’énergie électromagnétique en un point plus ou moins large, à très grande distance, et de façon dynamique.

    Ces énergies prennent généralement la forme d’un laser ou de micro-ondes et sont toujours électromagnétiques et de très forte intensité. Elles sont « dirigées » car leur « canon émetteur » est techniquement en mesure de pointer une cible avec une très haute précision, même si cette cible est mobile, le canon est alors associé à un radar de suivi en temps réel qui réajuste automatiquement le dispositif sur la cible.

    On dit que les « armes à énergie dirigée » sont plus prometteuses que l’armement nucléaire (qu’elles sont amenées à remplacer à terme). De telles armes sont indétectables, ne laissent aucune trace au point d’origine, sont invisibles à priori, sont souvent compactes et donc mobiles, inoffensives pour leurs opérateurs, sont silencieuses et leurs dégâts ne ressemblent pas à ce qui est connu jusqu’à présent.

    Le champ d’application des armes à énergie dirigée est très vaste, le terme « DEW » regroupe tous les types de systèmes, de telles technologies, selon la nature et la puissance énergétique, peuvent aller de l’incapacité d’un groupe d’humains (dont on veut avoir le contrôle), sans aucune action létale, jusqu’à la « carbonisation » (je préfère le terme « atomisation », mais les deux termes sont très forts et seront mal acceptés) d’un immense objet constitué de matière, dont l’action est létale à 100%.

    Selon les usages, les armes à énergie dirigée peuvent être très petites, mais peuvent aussi être de très gros canons électromagnétiques. Ils sont généralement mobiles, embarqués dans des éléments militaires maritimes ou aériens, rarement terrestres à ce jour et à ma connaissance.

    Là non plus, ce n’est pas de la science fiction… Pour s’en convaincre encore une fois, et à l’heure où j’écris ces lignes, un bâtiment Américain (l’USS Ponce) embarque officiellement l’une des toutes premières armes à énergie dirigée au monde, il s’agit d’un « LaWS » (pour « Laser Weapon System ») qui est spécialement conçu pour désintégrer un objet en vol, comme un drone par exemple (annonce officielle http://navylive.dodlive.mil/2013/04/10/solid-state-laser-gun-to-be-placed-aboard-uss-ponce). Pour l’USS Ponce, il ne s’agit pas de faire des essais, l’arme est de notoriété publique désormais, en opération au large du Golfe Arabique officiellement. Personne dans le public ne connaît le potentiel ni la puissance maximale de cette arme.

    La caractéristique des dégâts causés par les plus puissantes armes à énergie dirigée est véritablement saisissante. La matière est « carbonisée », « atomisée », l’impact électromagnétique est tel qu’il « désintègre » la matière à très grande vitesse, un peu comme la réaction physique d’une mèche de pétard, sans flamme, sans explosion, sans trace, sans réaction particulière autre qu’une sorte de combustion spontanée. Les éléments matériels sont réduits à l’état primaire, probablement de petits résidus de matière carbonique. Si l’objet est en l’air et en mouvement, on peut parfaitement imaginer que même à très grande vitesse, le rayonnement électromagnétique de l’arme pouvait « suivre » son objet ciblé jusqu’à l’avoir très largement désintégré, et plus il est éloigné, plus c’est facile…

    Je n’ai aucune difficulté à imaginer qu’une arme à énergie dirigée puisse permettre la désintégration d’un avion de ligne en vol. Je suis même convaincu qu’un tel dispositif existe déjà quelque part même si je ne sais pas quelle armée dispose de telles technologies.

    J’ai beaucoup de mal à accepter l’idée qu’une telle arme puisse être utilisée, même par erreur.

    Objectivement, je ne pense pas qu’une organisation terroriste puisse mettre en œuvre une telle technologie.

    Mes thèses ne sont pas fantaisistes et ceux qui s’intéressent à toutes ces questions seront d’accord avec moi, mais j’espère me tromper, j’espère que l’Histoire me donne tort, j’espère qu’on va retrouver très vite des débris de l’avion et qu’on puisse résoudre l’énigme du vol MH370 avec un dénouement plus acceptable pour l’opinion publique, par un cheminement d’évènements beaucoup plus habituels et conventionnels qui pourront être expliqués, documentés et permettre d’améliorer la sécurité du transport aérien.

  • MH370 : Ce que le pilote savait et n’a jamais pu dire
    MH370 : Ce que le pilote savait et n’a jamais pu dire
    Le 8 mars 2014, le Boeing 777 du vol MH370 s’évapore des radars avec 239 personnes à bord. Deux semaines plus tard, l’enquête bute sur des incohérences : un pilote équipé d’un simulateur de vol ultra-perfectionné, des trajectoires impossibles à reconstituer, et des soupçons de piratage électronique. Et si la clé de ce mystère résidait dans ce que le commandant Zaharie Ahmad Shah n’a jamais pu révéler ?

    Un pilote hors norme, un profil qui interroge

    Le commandant Zaharie Ahmad Shah n’était pas un pilote ordinaire. À 53 ans, ce vétéran de Malaysia Airlines cumulait plus de 18 000 heures de vol sur Boeing 777. Mais c’est son passe-temps qui intrigue : un simulateur de vol domestique, réplique quasi parfaite du cockpit du 777, installé dans sa maison de Kuala Lumpur. Un équipement si sophistiqué qu’il permettait de recréer des scénarios de vol réalistes, y compris des atterrissages sur des pistes improbables.

    Pourquoi un pilote expérimenté investirait-il autant dans un tel dispositif ? Les passionnés d’aviation le savent : ces simulateurs servent autant à se perfectionner qu’à explorer des situations extrêmes. Or, selon des sources policières malaisiennes, les enquêteurs ont découvert cinq exercices suspects sur son ordinateur, dont des simulations d’atterrissage sur des pistes militaires, notamment celle de la base de Diego Garcia, territoire britannique ultra-sécurisé dans l’océan Indien. Un détail troublant, révélé par le Malay Mail Online.

    De là à imaginer que Zaharie s’entraînait pour un scénario catastrophe, il n’y a qu’un pas. D’autant que le pilote possédait aussi un hydravion modèle réduit, avec lequel il s’exerçait à des amerrissages. Une coïncidence ? Peut-être. Mais dans une affaire où chaque détail compte, ces éléments dessinent le portrait d’un homme préparé à l’impossible.

    Le Boeing 777, un avion trop intelligent pour son propre bien ?

    Le Boeing 777 est une merveille de technologie. Équipé d’un système Fly-By-Wire (FBW), il peut être contrôlé intégralement par ordinateur, y compris à distance. Une caractéristique qui en fait un avion ultra-sûr… mais aussi potentiellement vulnérable. Car si le FBW permet d’éviter les erreurs humaines, il ouvre aussi la porte à des scénarios de piratage.

    Parmi les hypothèses qui circulent dans les milieux aéronautiques, celle d’une reprogrammation du plan de vol depuis le cockpit gagne du terrain. Le 18 mars, les autorités malaisiennes ont confirmé que la trajectoire du MH370 avait été modifiée manuellement. Mais était-ce vraiment le fait du pilote ? Ou d’un tiers, via une faille dans les systèmes de bord ?

    Je me suis entretenu avec des ingénieurs aéronautiques, qui préfèrent garder l’anonymat. Leur constat est sans appel : « Le 777 est conçu pour résister aux pannes, pas aux cyberattaques. Si quelqu’un a trouvé le moyen de prendre le contrôle du système FBW, les conséquences peuvent être catastrophiques. »

    Un détail technique aggrave les soupçons : le pilote automatique du 777 est capable, en théorie, de réaliser un atterrissage automatique. Une fonction normalement désactivée en vol commercial, mais qui pourrait être réactivée en cas de besoin. Et si le MH370 avait été détourné vers une piste secrète, sans que personne à bord ne puisse l’en empêcher ?

    Les radars militaires ont tout vu… mais se taisent

    Dès les premières heures de la disparition, une question s’est imposée : comment un Boeing 777 peut-il disparaître des écrans radar sans laisser de trace ? La réponse est simple : il ne peut pas. Sauf si les radars militaires, bien plus performants que les radars civils, ont choisi de ne pas intervenir.

    La Malaisie dispose d’une unité d’interception aérienne secrète, la Pasukan Khas Udara, chargée de neutraliser toute menace aérienne. Son existence est officiellement reconnue, mais ses opérations restent classifiées. Or, dans la nuit du 8 mars, le MH370 a effectué un virage à 180 degrés au-dessus de la mer de Chine méridionale, avant de survoler la péninsule malaisienne. Un comportement anormal, qui aurait dû déclencher une intervention immédiate.

    Pourtant, rien. Aucune interception, aucune tentative de contact radio. Comme si les autorités malaisiennes savaient déjà que l’avion ne représentait plus une menace… ou qu’elles avaient reçu l’ordre de le laisser filer.

    Les États-Unis, de leur côté, ont déployé des moyens colossaux pour participer aux recherches. Des satellites, des avions de reconnaissance, des navires. Une mobilisation qui contraste avec le silence des autres pays de la région. Pourquoi un tel empressement ? Certains y voient la preuve que Washington détient des informations cruciales, peut-être liées à des systèmes de surveillance électronique comme ceux de la NSA.

    La piste du fret : et si le coupable était dans la soute ?

    Le MH370 transportait 227 passagers… et 10 tonnes de fret. Parmi les colis, des batteries au lithium, un matériau hautement inflammable, ainsi que des marchandises classées « sensibles » par les douanes malaisiennes. Assez pour justifier un détournement ?

    Dans l’histoire de l’aviation, les cargaisons dangereuses ont souvent été à l’origine de catastrophes. En 1996, le vol ValuJet 592 s’est écrasé en Floride après qu’un incendie, déclenché par des générateurs d’oxygène mal stockés, a ravagé la soute. Plus récemment, en 2010, un Boeing 747 de la compagnie UPS a pris feu en vol à cause de batteries au lithium, tuant les deux pilotes.

    Mais dans le cas du MH370, l’hypothèse d’un incendie en vol ne tient pas. Les systèmes de détection des avions modernes auraient immédiatement alerté l’équipage. Reste une autre possibilité : un colis piégé, conçu pour provoquer une dépressurisation brutale. Une technique utilisée par le passé, notamment lors de l’attentat de Lockerbie en 1988, où une bombe avait fait exploser un Boeing 747 en plein vol.

    Pourtant, les analyses des débris retrouvés jusqu’ici (aucun confirmé comme provenant du MH370 au 24 mars) n’ont révélé aucune trace d’explosif. Et les technologies infrasoniques de l’ONU, capables de détecter les explosions à des milliers de kilomètres, n’ont rien enregistré cette nuit-là. Alors, que transportait vraiment cet avion ?

    Diego Garcia, la base secrète qui fait fantasmer

    Parmi les théories les plus persistantes, celle d’un atterrissage sur la base militaire de Diego Garcia revient sans cesse. Située à 3 500 km de la dernière position connue du MH370, cette île britannique abrite une piste de 3 600 mètres, assez longue pour accueillir un 777. Surtout, elle est interdite aux civils et surveillée par les services de renseignement américains.

    Les exercices découverts sur le simulateur de Zaharie Ahmad Shah incluaient des atterrissages sur des pistes similaires à celle de Diego Garcia. Une coïncidence ? Peut-être. Mais dans le contexte actuel, chaque détail prend des allures de preuve.

    Pourquoi un avion civil atterrirait-il sur une base militaire ultra-sécurisée ? Plusieurs scénarios sont envisageables :

    • Un détournement organisé par des services secrets, pour exfiltrer des passagers ou récupérer une cargaison sensible.
    • Une intervention d’urgence, si l’avion représentait une menace NRBC (nucléaire, radiologique, biologique ou chimique).
    • Une erreur de navigation, si le pilote automatique a été reprogrammé pour une destination inconnue.

    Le problème ? Aucune autorité ne confirmera jamais une telle opération. Diego Garcia est un trou noir de l’information, où les règles du droit international ne s’appliquent pas toujours. Et si le MH370 s’y trouve, nous ne le saurons probablement jamais.

    L’hypothèse du piratage électronique : et si l’avion avait été « effacé » ?

    Parmi les scénarios les plus glaçants, celui d’un piratage électronique du système de vol du 777 mérite d’être exploré. Le Fly-By-Wire repose sur des ordinateurs de bord qui communiquent en permanence avec des satellites. Une faille dans ce système pourrait permettre à un tiers de prendre le contrôle de l’avion à distance.

    Des experts en cybersécurité aéronautique m’ont confirmé que cette hypothèse n’était pas de la science-fiction. « Les protocoles de communication des avions commerciaux ne sont pas aussi sécurisés qu’on le croit. Un hacker déterminé, avec les bonnes connaissances, pourrait théoriquement interférer avec les systèmes de navigation. »

    Pire encore : et si l’avion avait été « effacé » des radars grâce à une technologie militaire secrète ? Les États-Unis et la Russie disposent de systèmes capables de brouiller les signaux radar, voire de rendre un avion invisible aux yeux des satellites. Une technologie qui, si elle était utilisée par des acteurs malveillants, pourrait expliquer pourquoi le MH370 semble s’être volatilisé.

    Dans ce cas, la disparition du vol MH370 ne serait pas un accident, mais une démonstration de force. Un message envoyé au monde entier : « Nous pouvons faire disparaître un avion de ligne sans laisser de trace. »

    Que reste-t-il comme pistes crédibles ?

    À ce stade de l’enquête, quatre hypothèses principales émergent, chacune plus troublante que la précédente :

    1. Un détournement par le pilote : Zaharie Ahmad Shah aurait reprogrammé le vol pour une raison inconnue, avant de faire amerrir l’avion dans une zone reculée de l’océan Indien.
    2. Un piratage électronique : un tiers aurait pris le contrôle du système FBW pour détourner l’avion vers une destination secrète, comme Diego Garcia.
    3. Une intervention militaire : l’avion, considéré comme une menace, aurait été abattu par la force aérienne malaisienne ou une puissance étrangère.
    4. Un accident technique : une défaillance majeure, comme une dépressurisation brutale ou un incendie en soute, aurait forcé le pilote à tenter un amerrissage d’urgence.

    Chacune de ces pistes soulève des questions sans réponses. Pourquoi le transpondeur a-t-il été coupé ? Pourquoi l’avion a-t-il effectué un virage à 180 degrés ? Pourquoi les radars militaires n’ont-ils pas réagi ? Et surtout, pourquoi personne ne semble pressé de lever le voile sur cette affaire ?

    Bref. Quinze jours après la disparition du MH370, une certitude s’impose : nous ne savons pas ce qui s’est passé. Et pire encore, nous ne sommes pas sûrs de vouloir le savoir.

    Conclusion : le silence est une réponse

    Dans cette affaire, chaque révélation soulève de nouvelles questions. Le simulateur du pilote, les exercices suspects, les radars silencieux, les cargaisons mystérieuses… Autant d’éléments qui dessinent le portrait d’un mystère bien plus grand qu’un simple accident aérien.

    Je crains que nous n’ayons jamais la vérité. Pas parce qu’elle est impossible à découvrir, mais parce qu’elle dérange trop de monde. Les autorités malaisiennes ont tout intérêt à clore rapidement cette enquête, quitte à imposer une version officielle bancale. Les États-Unis, de leur côté, ne révéleront jamais ce qu’ils savent vraiment. Et Boeing, dont la réputation est en jeu, fera tout pour éviter que l’on découvre une faille dans ses systèmes.

    Alors, que reste-t-il ? Des familles en deuil, des théories du complot qui fleurissent, et une industrie aéronautique contrainte de revoir ses protocoles de sécurité. Car une chose est sûre : si le MH370 a pu disparaître sans laisser de trace, aucun avion n’est à l’abri.

    Le commandant Zaharie Ahmad Shah emportera ses secrets dans la tombe. Mais son silence, lui, parle encore.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • L’Europe des technocrates : chronique d’une désillusion annoncée
    L’Europe des technocrates : chronique d’une désillusion annoncée
    L’Union européenne traverse sa pire crise existentielle depuis sa création, coincée entre des technocrates déconnectés et des peuples en colère. La révolte des Bonnets rouges en Bretagne n’est que la partie émergée d’un iceberg de mécontentement qui menace de faire imploser le projet européen tel qu’on le connaît.

    Dans la première minute de son allocution du 31 décembre, notre Président nous assure que la crise financière européenne est enfin réglée. Bordel, mais on est chez les fous. Cette déclaration surréaliste résume parfaitement le fossé abyssal qui sépare nos dirigeants de la réalité vécue par les citoyens européens. Pendant que l’Élysée célèbre une victoire imaginaire, la Bretagne brûle, les entreprises fuient et l’euro agonise.

    Les Bonnets rouges : le symptôme d’un mal européen profond

    La révolte des Bonnets rouges qui secoue la Bretagne depuis octobre n’est pas qu’une simple jacquerie locale contre l’écotaxe. C’est le cri de désespoir d’une région étranglée par des décisions technocratiques prises à Bruxelles sans aucune considération pour les réalités économiques locales. Les portiques écotaxe ? Une idée brillante sur le papier des eurocrates, une catastrophe pour les transporteurs bretons déjà asphyxiés par la concurrence déloyale des pays de l’Est.

    Ce qui se passe en Bretagne devrait servir d’exemple à tous les peuples d’Europe. Les Bretons ont compris que face à l’absurdité des directives européennes, il ne reste qu’une solution : la résistance active. Pas de négociations stériles, pas de suppliques aux technocrates : l’action directe. Et ça marche. Le gouvernement recule, les portiques tombent.

    Mais au-delà de la victoire tactique, les Bonnets rouges révèlent une vérité plus profonde : l’Union européenne, dans sa forme actuelle, est devenue l’ennemie des peuples qu’elle prétend servir. Chaque nouvelle directive, chaque nouveau règlement, chaque nouvelle taxe « harmonisée » étrangle un peu plus les économies locales au profit d’une vision abstraite et désincarnée de l’Europe.

    Le mirage de la « protection » européenne

    L’Europe a une obligation constitutionnelle, celle de protéger à tous prix ses citoyens. Le prix est élevé, certes, mais où est cette protection promise ? Les agriculteurs bretons voient leurs exploitations mourir sous le poids des normes. Les industriels délocalisent en masse vers l’Asie. Les jeunes diplômés fuient vers Londres ou New York.

    La vérité crue, c’est que tout ce qui est fait au niveau européen est à peu près contre-productif. Prenons l’exemple de la PAC (Politique Agricole Commune). Censée protéger nos agriculteurs, elle les a transformés en assistés dépendants de subventions complexes et changeantes. Résultat : suicide record dans le monde agricole, disparition des petites exploitations, industrialisation forcée de l’agriculture.

    Ou regardons la politique monétaire de la BCE. L’euro fort, vanté comme une protection contre l’inflation, asphyxie nos exportations pendant que l’Allemagne, grâce à ses réformes Hartz IV qui ont créé une armée de travailleurs pauvres, rafle tous les marchés. C’est ça, la solidarité européenne ?

    Le projet européen actuel n’a aucune chance d’aboutir à quelque chose de satisfaisant. Il est devenu trop destructeur, trop éloigné des préoccupations réelles des citoyens. Les technocrates de Bruxelles vivent dans une bulle, persuadés que leur vision d’une Europe fédérale est le seul horizon possible. Ils ne voient pas – ou refusent de voir – que leur construction artificielle est en train de s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions.

    La fuite des capitaux : le vote silencieux des entrepreneurs

    Toute personne, morale ou physique, qui envisageait de réussir financièrement en Europe doit désormais fuir au risque de tout perdre. Cette phrase peut sembler excessive, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les délocalisations s’accélèrent. Les entrepreneurs français s’exilent en masse vers la Belgique, le Luxembourg, la Suisse. Les grandes fortunes ont déjà quitté le navire.

    Ce n’est pas de l’évasion fiscale, c’est de la survie économique. Entre les charges sociales délirantes, la fiscalité confiscatoire et l’instabilité réglementaire chronique, entreprendre en Europe – et particulièrement en France – relève du masochisme. Un entrepreneur qui crée de la valeur, des emplois, de l’innovation, est traité comme un délinquant en puissance qu’il faut surveiller, contrôler, taxer jusqu’à l’asphyxie.

    Les exemples concrets abondent. Un ami entrepreneur dans le digital vient de transférer sa société à Londres. Économie immédiate : 40% sur ses charges. Un autre, dans l’industrie, délocalise sa production en Pologne. Coût du travail divisé par trois. Un troisième abandonne purement et simplement, écœuré par deux ans de bataille administrative pour obtenir un simple permis de construire.

    Cette hémorragie silencieuse est le véritable baromètre de la santé européenne. Quand les créateurs de richesse fuient, c’est que le système est pourri jusqu’à la moelle.

    Le dilemme infernal de nos dirigeants

    Je comprends le dilemme infernal de nos dirigeants politiques. Pour le bien-être et la prospérité des peuples, il faut démonter l’Europe et l’euro. Mais comment avouer qu’on s’est trompé depuis 30 ans ? Comment expliquer que des milliards ont été engloutis dans une construction vouée à l’échec ? Comment justifier les sacrifices imposés au nom d’un idéal qui n’a jamais existé que dans l’esprit de quelques idéologues ?

    Alors ils persistent. Ils mentent. Ils nous assurent que tout va bien, que la crise est derrière nous, que l’Europe est notre avenir. Pendant ce temps, le chômage explose, la pauvreté gagne du terrain, les services publics s’effondrent. Mais tout va bien, circulez, il n’y a rien à voir.

    Le plus tragique, c’est que des solutions existent. Nous n’avons pas besoin de casser l’Europe ou de sortir de l’Europe. Il suffit que l’Europe rende les pouvoirs aux nations. Subsidiarité, vous connaissez ? Ce principe fondateur de l’UE qui dit que les décisions doivent être prises au niveau le plus proche possible des citoyens ? Oublié, enterré sous des tonnes de directives uniformisatrices.

    Imaginez une Europe qui se contenterait de gérer ce qui doit vraiment l’être au niveau continental : la défense, les grands réseaux d’infrastructure, la recherche fondamentale. Tout le reste – fiscalité, droit du travail, protection sociale – reviendrait aux nations. Chacun pourrait expérimenter, innover, s’adapter à ses spécificités locales. La concurrence entre modèles sociaux créerait une émulation positive, pas cette course au moins-disant social actuelle.

    Détruire pour reconstruire : l’inévitable reset européen

    Tous ceux qui vous assurent qu’on peut construire l’Europe sans la détruire d’abord avant de recommencer vous mentent. C’est dur à entendre, mais c’est la réalité. Le système actuel est irréformable. Trop d’intérêts en jeu, trop de postes à défendre, trop d’ego à ménager. Les technocrates ne lâcheront jamais leur pouvoir volontairement.

    Il faudra donc que le système s’effondre de lui-même. Et les signes avant-coureurs sont là. La Grèce au bord du gouffre. L’Espagne avec 50% de chômage des jeunes. L’Italie ingouvernable. La France qui s’enfonce dans la récession. Même l’Allemagne commence à sentir le vent tourner avec ses banques gorgées de dettes pourries.

    Le reset viendra. Par le chaos ou par la raison, mais il viendra. La question est : serons-nous prêts ? Aurons-nous des leaders capables de reconstruire sur des bases saines ? Ou retomberons-nous dans les mêmes erreurs, les mêmes illusions fédéralistes ?

    Une chose est sûre : le modèle actuel a vécu. L’Union européenne telle qu’elle existe aujourd’hui est condamnée. Pas par les « populistes » ou les « eurosceptiques », mais par sa propre incapacité à répondre aux besoins élémentaires des peuples : prospérité, sécurité, identité.

    Et maintenant ?

    Alors que 2013 touche à sa fin, le bilan est accablant. L’Europe promise – celle de la paix, de la prospérité partagée, du progrès social – n’existe pas. À la place, nous avons une bureaucratie tentaculaire au service des lobbies et des grandes entreprises, un euro qui enrichit les uns et appauvrit les autres, des peuples qui ne se reconnaissent plus dans ce projet désincarné.

    Les Bonnets rouges ont montré la voie. Face à l’absurdité technocratique, la résistance populaire. Face aux mensonges officiels, l’action directe. Face à la destruction programmée de nos économies locales, la solidarité territoriale.

    2014 sera l’année de tous les dangers. Les élections européennes de mai seront un moment de vérité. Les peuples enverront-ils un message clair aux technocrates ? Ou se laisseront-ils encore endormir par les promesses creuses et les peurs agitées ?

    Une chose est certaine : le statu quo n’est plus tenable. L’Europe doit changer ou mourir. Et franchement, vu l’état du patient, l’euthanasie serait peut-être le geste le plus charitable. Pour renaître ensuite, espérons-le, sous une forme plus respectueuse des nations et des peuples qui la composent.

    En attendant, un conseil : si vous avez des économies, diversifiez. Si vous avez une entreprise, préparez des plans B. Si vous êtes jeune et ambitieux, apprenez l’anglais et regardez au-delà de nos frontières. L’Europe des technocrates n’a pas d’avenir. À nous de préparer l’après.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : John Cameron / Unsplash

  • L’Afrique après Mandela : entre mythe et réalité d’un continent en mutation
    L’Afrique après Mandela : entre mythe et réalité d’un continent en mutation
    La disparition de Nelson Mandela ouvre une période de questionnement sur l’héritage réel de son action en Afrique du Sud. Derrière l’icône mondiale se cache une réalité sociale complexe : chômage massif des populations noires, insécurité croissante et persistance des inégalités.

    La mort de Nelson Mandela, le 5 décembre 2013, marque la fin d’une époque. Mais au-delà de l’émotion planétaire et des hommages unanimes, c’est le moment de regarder la vérité en face. L’Afrique du Sud que laisse Mandela est-elle vraiment celle dont il rêvait ? Et plus largement, que nous dit cette icône sur notre rapport à l’Afrique et ses réalités ?

    Le mythe Mandela face aux réalités sud-africaines

    Impossible de ne pas reconnaître les sublimes valeurs morales et le message universel de Mandela. L’homme incarne la réconciliation, le pardon, la résistance pacifique. Mais il faut regarder toute la vérité, aussi dérangeante soit-elle.

    L’écrasante majorité des gens n’ont jamais mis les pieds en Afrique du Sud. Ils n’ont donc aucune idée de la situation sur place. Le chiffre est brutal : le chômage des noirs atteint 50%. Oui, vous avez bien lu. Un noir sur deux est sans emploi dans le pays de la « nation arc-en-ciel ».

    Plus troublant encore : en réalité, c’est pire maintenant qu’avant Mandela sur de nombreux aspects. Le chômage a explosé. L’insécurité est devenue endémique. Les townships restent des zones de non-droit où la violence règne. Les inégalités économiques, loin de se résorber, se sont même creusées dans certains secteurs.

    Comment expliquer ce paradoxe ? La transition démocratique a créé des attentes immenses. Mais les structures économiques héritées de l’apartheid sont restées largement intactes. Les grandes entreprises, les terres, les richesses minières demeurent aux mains d’une minorité. La majorité noire a obtenu le pouvoir politique, mais pas le pouvoir économique.

    Les chiffres qui dérangent

    Prenons quelques statistiques pour mesurer l’ampleur du problème :

    • Le taux de chômage officiel dépasse les 25%, mais atteint 50% chez les jeunes noirs des townships
    • L’Afrique du Sud compte parmi les pays les plus inégalitaires au monde selon le coefficient de Gini
    • Le taux de criminalité reste l’un des plus élevés de la planète avec plus de 50 meurtres par jour
    • L’espérance de vie a chuté de 62 ans en 1990 à 52 ans en 2013, principalement à cause du sida

    Ces chiffres dessinent une réalité bien éloignée du conte de fées de la « réconciliation réussie » vendu au monde entier.

    La construction d’un mythe politique

    Le système a besoin de préserver le mythe qu’il a créé – et qui a d’ailleurs dépassé les espoirs de Mandela lui-même. Pourquoi ? Parce que ce mythe sert des intérêts multiples.

    D’abord, il permet aux anciennes élites blanches de maintenir leur position économique tout en se drapant dans la respectabilité morale de la « réconciliation ». Ensuite, il offre à l’ANC un capital symbolique inépuisable pour justifier son maintien au pouvoir malgré la corruption et l’incompétence. Enfin, il donne bonne conscience à la communauté internationale qui peut ainsi ignorer les problèmes structurels du pays.

    Mais rappelons-nous aussi que la trajectoire de Mandela ne commence pas par des discours pacifistes. Elle démarre par les armes et ce que beaucoup qualifiaient alors de terrorisme. L’Umkhonto we Sizwe, la branche armée de l’ANC cofondée par Mandela, a mené des actions violentes pendant des années. C’est seulement après 27 ans de prison que Mandela est devenu l’apôtre de la non-violence.

    Cette amnésie sélective est révélatrice. On préfère l’image du sage réconciliateur à celle du combattant armé. Pourtant, les deux sont indissociables. Sans la lutte armée, y aurait-il eu négociation ? Sans la menace de la guerre civile, les Blancs auraient-ils accepté de partager le pouvoir ?

    Les leçons oubliées

    Ce que nous enseigne vraiment Mandela, c’est que les changements profonds nécessitent parfois la force. Que les oppresseurs ne cèdent que contraints. Que la paix n’est possible qu’après avoir montré sa détermination au combat. Des leçons que notre époque, obsédée par le consensus mou, préfère oublier.

    L’Afrique, éternelle terra incognita

    Le cas sud-africain illustre notre méconnaissance profonde du continent africain. Nous projetons nos fantasmes, nos peurs, nos espoirs sur une Afrique largement imaginaire. Tour à tour continent maudit ou terre d’avenir, l’Afrique réelle nous échappe.

    Cette ignorance n’est pas neutre. Elle justifie des politiques désastreuses. Prenez l’intervention militaire en Centrafrique qui se prépare. On nous vend de l’ingérence humanitaire, mais ce genre d’opération est juste ingérable. Sauf, bien sûr, si l’objectif réel est de protéger nos intérêts économiques et stratégiques.

    Car comprenez bien que pour préserver nos intérêts en Afrique noire, il faudra engager des dizaines de milliers de nos militaires pendant des décennies. La France maintient déjà plusieurs milliers d’hommes sur le continent. Les bases militaires se multiplient. Les opérations s’enchaînent : Serval au Mali, Sangaris en Centrafrique…

    Le piège néocolonial

    Nous sommes pris dans une spirale infernale. Plus nous intervenons pour « stabiliser », plus nous créons de l’instabilité. Plus nous soutenons des régimes corrompus au nom de la « stabilité », plus nous alimentons les ressentiments. Plus nous pillons les ressources au nom du « développement », plus nous appauvrissons les populations.

    L’Afrique du Sud post-Mandela n’est qu’un exemple parmi d’autres de cette contradiction fondamentale. On célèbre la démocratie tout en maintenant les structures de domination économique. On applaudit la liberté politique tout en perpétuant l’asservissement économique.

    Les migrations à venir : le grand déni

    Face à cette situation explosive, que se passera-t-il ? La réponse est évidente : des migrations massives. Quand la moitié de la jeunesse est au chômage, quand la violence règne, quand l’espoir s’éteint, que reste-t-il sinon partir ?

    Mais nos dirigeants refusent de voir cette réalité. Ils continuent à croire qu’on peut maintenir l’Afrique dans la misère tout en fermant nos frontières. Ils s’imaginent qu’on peut piller les ressources sans en payer le prix. Ils rêvent d’une Afrique docile et lointaine.

    Cette illusion ne durera pas. Les boat-people de Lampedusa ne sont que l’avant-garde d’un mouvement historique inéluctable. Face à l’explosion démographique africaine et à l’absence de perspectives économiques, les migrations vont s’intensifier. C’est mathématique.

    L’hypocrisie européenne

    L’Europe veut le beurre et l’argent du beurre. Elle veut les matières premières africaines mais pas les Africains. Elle veut les marchés africains mais pas la concurrence africaine. Elle veut la stabilité africaine mais sans investir dans le développement réel.

    Cette schizophrénie atteint des sommets grotesques. D’un côté, on finance des projets de « co-développement » ridicules. De l’autre, on érige des murs toujours plus hauts. D’un côté, on prêche les droits de l’homme. De l’autre, on laisse mourir des milliers de migrants en Méditerranée.

    Que faire de l’héritage de Mandela ?

    Maintenant que Mandela est vraiment mort, on va pouvoir ouvrir sa boîte de Pandore. Ou pas. Le plus probable est qu’on continuera à entretenir le mythe tout en ignorant les leçons.

    Pourtant, le véritable hommage à Mandela serait de regarder la réalité en face. D’admettre que la réconciliation sans justice économique est un leurre. Que la paix sans partage équitable des richesses est précaire. Que la démocratie sans développement est une coquille vide.

    Le véritable impact du rayonnement de Mandela sur l’Humanité va se mesurer dans les années à venir. Hélas, beaucoup vont déchanter. Car derrière l’icône se cache une réalité bien plus complexe et bien moins reluisante que le conte de fées officiel.

    L’Afrique du Sud nous tend un miroir. Elle nous montre les limites de nos bons sentiments. Elle révèle l’hypocrisie de notre « aide au développement ». Elle expose la brutalité de nos rapports économiques. Elle dévoile notre incapacité à penser un autre modèle que celui de la domination.

    Les vraies questions

    Alors, que faire ? D’abord, arrêter de se mentir. Reconnaître que nos politiques africaines sont un échec. Admettre que nous sommes partie du problème, pas de la solution. Accepter que l’Afrique n’a pas besoin de notre pitié mais de justice.

    Ensuite, repenser radicalement notre rapport au continent. Cesser le pillage des ressources. Arrêter de soutenir les dictateurs. Investir massivement dans l’éducation et les infrastructures. Ouvrir nos marchés aux produits africains. Faciliter les transferts de technologie.

    Enfin, se préparer aux migrations inévitables. Non pas en érigeant des murs, mais en organisant des filières légales. Non pas en criminalisant les migrants, mais en reconnaissant notre responsabilité historique. Non pas en fantasmant sur une Europe bunker, mais en construisant un espace euro-africain viable.

    Bref, faire exactement l’inverse de ce qu’on fait actuellement.

    La mort de Mandela marque la fin d’une époque. Celle des illusions lyriques sur une Afrique qui se développerait toute seule grâce à la démocratie et au marché. La réalité est plus crue : sans changement radical de paradigme, l’Afrique restera le continent de toutes les tragédies. Et ces tragédies, tôt ou tard, frapperont à nos portes.

    Mandela nous laisse un héritage ambigu. D’un côté, l’espoir qu’un autre monde est possible. De l’autre, la preuve que les bonnes intentions ne suffisent pas. À nous de tirer les vraies leçons de son parcours. Si nous en sommes capables.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Tembinkosi Sikupela / Unsplash

  • L’Afrique après Mandela : entre mythe humanitaire et réalités géopolitiques
    L’Afrique après Mandela : entre mythe humanitaire et réalités géopolitiques
    La disparition de Nelson Mandela révèle le décalage entre le mythe construit autour de son héritage et la réalité complexe de l’Afrique du Sud. Face aux interventions militaires qui se multiplient sur le continent, une question s’impose : sommes-nous prêts à assumer le coût réel de nos ambitions africaines ?

    Nelson Mandela vient de nous quitter. Pendant que le monde entier célèbre l’icône de la réconciliation, je ne peux m’empêcher de penser que sa mort ouvre une période de vérité inconfortable. Car derrière l’hagiographie médiatique se cache une réalité que peu osent regarder en face : l’Afrique du Sud post-apartheid est loin du paradis promis, et plus largement, notre relation avec le continent africain repose sur des fondations de plus en plus fragiles.

    Le mythe Mandela face à la réalité sud-africaine

    Commençons par l’évidence que personne ne veut voir : l’Afrique du Sud de 2013 est, à bien des égards, dans une situation pire qu’avant Mandela. Je sais, c’est politiquement incorrect de le dire. Mais les chiffres sont têtus.

    Le chômage des Noirs sud-africains atteint aujourd’hui 50%. Cinquante pour cent. La moitié de la population noire, celle-là même que l’ANC était censée libérer, se retrouve sans emploi près de vingt ans après la fin de l’apartheid. L’insécurité a explosé : Johannesburg détient des records mondiaux de criminalité, les fermiers blancs sont assassinés par dizaines chaque année, et les townships restent des zones de non-droit où règnent la violence et la misère.

    L’écrasante majorité des commentateurs qui célèbrent le « miracle sud-africain » n’ont jamais mis les pieds dans le pays. Ils se contentent de répéter le narratif officiel sans voir les barbelés électrifiés qui entourent chaque maison de la classe moyenne, les vigiles armés à chaque coin de rue, la ségrégation de fait qui perdure entre communautés.

    Bien sûr, impossible de ne pas reconnaître les sublimes valeurs morales et le message universel de Mandela. L’homme était sincère, courageux, visionnaire. Mais le système a créé autour de lui un mythe qui a dépassé ses propres espoirs – et surtout, qui sert à masquer l’échec patent de la transformation promise.

    La boîte de Pandore africaine

    Maintenant que Mandela est vraiment mort, sa boîte de Pandore va-t-elle s’ouvrir ? Les tensions raciales en Afrique du Sud, contenues par le charisme de Madiba, risquent de resurgir avec violence. Les jeunes Noirs sud-africains, nés après l’apartheid mais toujours exclus de la prospérité, n’ont plus la patience de leurs aînés.

    Le parti de Julius Malema, les Economic Freedom Fighters, prône ouvertement la confiscation des terres blanches sans compensation. Les discours haineux se multiplient. La rhétorique révolutionnaire revient en force, et cette fois sans la figure tutélaire de Mandela pour prêcher la réconciliation.

    Rappelons-nous d’ailleurs que la trajectoire de Mandela lui-même a commencé par les armes et ce que le régime de l’époque qualifiait de terrorisme. L’Umkhonto we Sizwe, la branche armée de l’ANC qu’il a co-fondée, a mené des attentats meurtriers. Cette violence fondatrice est aujourd’hui occultée par l’hagiographie, mais elle reste dans les mémoires et pourrait bien inspirer une nouvelle génération.

    L’engrenage militaire français en Afrique

    Pendant que nous pleurons Mandela, nos soldats débarquent en Centrafrique. L’opération Sangaris vient s’ajouter à Serval au Mali, sans compter nos bases permanentes au Tchad, au Gabon, à Djibouti. Comprenez bien que nous avons désormais deux fronts ouverts en Afrique, et ce ne sont pas 600 hommes qu’il faudra mais 25 000 dans les dix prochaines années.

    La Centrafrique illustre parfaitement l’impasse de notre politique africaine. Faire de l’ingérence, pourquoi pas, mais ce genre de situation est juste ingérable. Entre les milices Séléka musulmanes et les anti-Balaka chrétiens, c’est un cycle de vengeance sans fin. Nos soldats peuvent au mieux protéger quelques îlots et sécuriser l’extraction de nos ressortissants.

    Car soyons honnêtes : il s’agit avant tout de protéger nos intérêts. L’uranium du Niger pour Areva, le pétrole du Gabon pour Total, les minerais stratégiques un peu partout. La France n’envoie pas ses soldats mourir par philanthropie mais pour sécuriser son approvisionnement énergétique et maintenir son influence face à la Chine.

    Le coût réel de nos ambitions africaines

    Pour préserver ces intérêts en Afrique noire, il faudra engager des dizaines de milliers de militaires pendant des décennies. C’est le prix de notre dépendance aux ressources africaines et de notre volonté de rester une puissance qui compte.

    Mais sommes-nous prêts à payer ce prix ? Nos armées sont déjà sur-engagées, sous-équipées, épuisées par des décennies d’opérations extérieures. Le budget de la Défense fond comme neige au soleil. L’opinion publique se lasse de voir nos soldats mourir pour des causes lointaines.

    Pire encore : chaque intervention militaire génère des flux migratoires. Les populations fuient les zones de conflit et tentent de rejoindre l’Europe. La déstabilisation de la Libye a ouvert les vannes. Le Sahel en guerre pousse des millions de personnes sur les routes. Notre présence militaire, censée stabiliser, finit par alimenter le chaos qu’elle prétend combattre.

    L’Europe face au défi migratoire africain

    La démographie africaine est une bombe à retardement. Le continent comptera 2,5 milliards d’habitants en 2050. Les économies locales, gangrenées par la corruption et l’instabilité, ne pourront absorber cette masse de jeunes. Des millions voudront migrer vers l’Europe.

    Face à cette perspective, nos élites sont schizophrènes. D’un côté, elles prônent l’accueil et l’ouverture. De l’autre, elles savent que l’opinion publique n’acceptera jamais une immigration massive. Christian Estrosi déclare « Jamais ! » à l’idée de migrants africains à Nice, mais ses collègues du gouvernement signent des accords de mobilité avec le Maghreb.

    Cette hypocrisie ne pourra durer. Soit nous assumons une politique d’immigration choisie et limitée, avec les moyens de la faire respecter. Soit nous subissons des arrivées massives qui déstabiliseront nos sociétés. Il n’y a pas de troisième voie.

    Repenser notre relation à l’Afrique

    L’héritage de Mandela nous oblige à regarder la vérité en face. Le modèle post-colonial français en Afrique est à bout de souffle. Nos interventions militaires sont des rustines sur une hémorragie. Notre aide au développement enrichit les élites corrompues sans améliorer le sort des populations.

    Il est temps de repenser radicalement notre relation au continent africain. Non plus comme un pré carré à défendre ou un réservoir de ressources à piller, mais comme un partenaire à part entière. Cela implique d’accepter que l’Afrique trouve sa propre voie, même si elle ne correspond pas à nos standards démocratiques.

    Cela implique aussi de dire la vérité à nos opinions publiques : oui, l’Afrique va connaître des décennies de turbulences. Oui, la pression migratoire va s’intensifier. Oui, nos intérêts économiques seront menacés. Mieux vaut s’y préparer que de faire l’autruche.

    Le véritable impact du rayonnement de Mandela sur l’Humanité va se mesurer dans les années à venir. Hélas, beaucoup vont déchanter quand ils réaliseront que le conte de fées de la réconciliation arc-en-ciel n’était qu’une parenthèse. L’Afrique réelle, avec ses défis colossaux et ses contradictions explosives, reprend ses droits.

    Alors que faire ? D’abord, arrêter de se mentir. Reconnaître que nos bonnes intentions paternalistes font souvent plus de mal que de bien. Accepter que l’Afrique n’a pas besoin de nos leçons de morale mais de partenariats économiques équitables. Et surtout, préparer nos sociétés aux bouleversements qui viennent.

    Car une chose est sûre : l’Afrique de demain ne ressemblera ni au paradis multiculturel vanté par les uns, ni à l’enfer apocalyptique craint par les autres. Ce sera un continent complexe, contrasté, en mutation permanente. À nous de décider si nous voulons l’accompagner dans cette transformation ou la subir.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Road Ahead / Unsplash

  • L’Europe à la croisée des chemins : pourquoi le projet actuel court à sa perte
    L’Europe à la croisée des chemins : pourquoi le projet actuel court à sa perte
    L’Union européenne poursuit son élargissement insensé vers l’Albanie et la Macédoine alors que les peuples grondent et que la crise économique ravage le continent. Le projet européen actuel est devenu une machine à détruire les nations et les économies, et nos dirigeants persistent dans le déni.

    On est chez les fous. Vraiment. Pendant que l’Europe s’enfonce dans la crise la plus grave depuis sa création, pendant que les peuples manifestent leur ras-le-bol comme les Bonnets Rouges en Bretagne, pendant que les entreprises fuient un continent devenu hostile à toute forme de réussite économique, que font nos commissaires européens ? Ils donnent le feu vert à l’élargissement avec l’Albanie et la Macédoine.

    Cette décision d’octobre dernier illustre parfaitement la déconnexion totale entre les institutions européennes et la réalité du terrain. Mais elle n’est que la partie émergée d’un iceberg bien plus dangereux : celui d’un projet européen qui a complètement déraillé et qui nous mène droit dans le mur.

    L’élargissement perpétuel : la fuite en avant mortifère

    L’annonce de l’ouverture des négociations avec l’Albanie et la Macédoine relève de la psychiatrie politique. Alors que l’Union européenne n’arrive déjà pas à gérer ses 28 membres actuels, alors que la zone euro est au bord de l’implosion, alors que les divergences économiques entre pays membres n’ont jamais été aussi fortes, on continue d’élargir.

    Rappelons quelques faits. L’Albanie, c’est un PIB par habitant de 4 000 euros, soit 8 fois moins que la moyenne européenne. C’est un pays gangréné par la corruption, classé 116e sur 177 dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International. C’est un État où le crime organisé reste omniprésent et où l’État de droit n’est qu’une façade.

    La Macédoine ? Un conflit identitaire permanent avec la Grèce sur son nom même. Des tensions ethniques explosives entre Macédoniens et Albanais. Un PIB par habitant de 4 500 euros. Une économie de survie qui ne tient que par l’émigration massive de sa jeunesse.

    Et c’est ça qu’on veut intégrer ? Avec quel argent ? Pour quel bénéfice ? La réponse est simple : aucun. Si ce n’est satisfaire les délires mégalomaniaques d’une Commission européenne qui confond expansion géographique et réussite politique.

    Le coût caché de l’élargissement

    Chaque élargissement coûte des dizaines de milliards d’euros. Les fonds structurels, les aides à la convergence, les subventions agricoles… Tout cela est payé par qui ? Par les contribuables des pays nets contributeurs, c’est-à-dire principalement l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et quelques autres.

    L’élargissement de 2004 et 2007 nous a déjà coûté plus de 150 milliards d’euros sur la période 2007-2013. Et qu’avons-nous gagné en échange ? Une concurrence déloyale avec des pays où les salaires sont 5 à 10 fois inférieurs. Des délocalisations massives. Une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail dans toute l’Europe.

    Bref, on paie pour se faire concurrencer et appauvrir. Génial comme concept.

    La destruction économique programmée

    Mais l’élargissement n’est qu’un symptôme d’un mal plus profond. L’Union européenne est devenue une machine à détruire les économies nationales. Je le dis et je le répète : toute personne, morale ou physique, qui envisage de réussir financièrement en Europe doit désormais fuir au risque de tout perdre.

    Regardez ce qui se passe. La BCE maintient des taux artificiellement bas qui détruisent l’épargne et créent des bulles spéculatives partout. La Commission impose des règles de concurrence qui empêchent la constitution de champions européens capables de rivaliser avec les Américains ou les Chinois. Les directives s’accumulent, étouffant les entreprises sous une bureaucratie kafkaïenne.

    Un exemple concret ? La directive sur le temps de travail qui limite à 48 heures hebdomadaires le travail des médecins hospitaliers. Résultat : pénurie de médecins, services d’urgence débordés, et on fait venir des médecins roumains ou bulgares formés on ne sait comment pour boucher les trous. C’est ça le progrès européen ?

    L’euro, boulet économique

    Et puis il y a l’euro. Cette monnaie unique pour des économies radicalement différentes. L’Allemagne avec ses excédents commerciaux records. La Grèce avec ses déficits abyssaux. L’Italie avec sa dette publique qui explose. La France qui s’enfonce lentement mais sûrement.

    Comment peut-on avoir la même politique monétaire pour des pays aux situations si différentes ? C’est impossible. Résultat : l’euro est trop fort pour les pays du Sud, qui perdent en compétitivité et s’enfoncent dans la récession. Il est trop faible pour l’Allemagne, qui accumule les excédents au détriment de ses voisins.

    La zone euro est devenue une zone de transferts permanents déguisés. Les plans de sauvetage de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal, de Chypre… Ce ne sont pas des aides, ce sont des perfusions pour maintenir en vie artificielle des économies que l’euro a rendues non viables.

    Les peuples se réveillent, les élites persistent

    Face à ce désastre, les peuples commencent à se réveiller. Les Bonnets Rouges en Bretagne montrent la voie. Leur révolte contre l’écotaxe n’est que la partie visible d’un ras-le-bol généralisé contre une Europe qui impose toujours plus de contraintes, toujours plus de taxes, toujours plus de règlements absurdes.

    Tous les peuples d’Europe devraient regarder attentivement l’œuvre des Bonnets Rouges et s’en inspirer. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : reprendre le pouvoir face à une technocratie européenne hors de contrôle.

    Mais que font nos dirigeants face à cette colère montante ? Ils nient. Ils minimisent. Ils promettent que tout va s’arranger. Notre Président vient encore de nous assurer dans ses vœux que la crise financière européenne est enfin réglée. Bordel, mais on est vraiment chez les fous !

    Le déni pathologique des élites

    Ce déni n’est pas anodin. Il révèle le dilemme infernal dans lequel se trouvent nos dirigeants politiques. Ils savent pertinemment que le système actuel ne fonctionne pas. Ils voient bien que l’euro étrangle les économies du Sud. Ils constatent que les règles européennes détruisent notre tissu industriel.

    Mais ils ne peuvent pas le dire. Pourquoi ? Parce qu’admettre l’échec, ce serait reconnaître qu’ils nous ont menti pendant des décennies. Ce serait avouer que des milliards ont été gaspillés. Ce serait accepter qu’il faut tout reprendre à zéro.

    Alors ils persistent. Ils font semblant. Ils nous assurent que tout va bien, que la croissance va revenir, que l’Europe nous protège. Mensonges, mensonges, mensonges.

    Détruire pour reconstruire : l’unique solution

    La vérité, c’est que le projet européen actuel n’a aucune chance d’aboutir à quelque chose de satisfaisant. Il est trop destructeur, trop centralisateur, trop déconnecté des réalités nationales.

    Comprenez bien : nous n’avons pas besoin de casser l’Europe ou de sortir de l’Europe. L’Europe en tant qu’espace de civilisation, de culture commune, de valeurs partagées, elle est notre héritage et notre avenir. Mais l’Union européenne telle qu’elle existe aujourd’hui, cette construction technocratique et antidémocratique, elle doit disparaître.

    Il suffirait que l’Europe rende les pouvoirs aux nations. Que chaque pays reprenne le contrôle de sa monnaie, de ses frontières, de ses lois. Que la coopération remplace la contrainte. Que le volontariat remplace l’obligation.

    Mais soyons lucides : cela n’arrivera pas par la négociation. Les institutions européennes ne renonceront jamais d’elles-mêmes à leurs pouvoirs. La Commission ne se saborderait pas. La BCE ne se dissoudra pas. La Cour de justice européenne ne cessera pas d’imposer sa jurisprudence.

    Le scénario de la rupture

    Non, la rupture viendra d’en bas. Elle viendra des peuples qui diront stop. Elle viendra peut-être d’un pays qui osera le premier claquer la porte. Ou d’une crise financière tellement grave que le système implosera de lui-même.

    Tous ceux qui vous assurent qu’on peut construire l’Europe sans la détruire d’abord pour recommencer vous mentent. On ne réforme pas un système vicié jusqu’à la moelle. On ne répare pas une maison construite sur des fondations pourries. On rase et on reconstruit.

    C’est douloureux ? Oui. C’est risqué ? Certainement. Mais c’est nécessaire. Car continuer sur la voie actuelle, c’est la garantie de l’appauvrissement général, de la perte de souveraineté totale, de la disparition de nos nations dans un magma bureaucratique sans âme ni projet.

    L’heure du choix

    Nous sommes à la croisée des chemins. Soit nous acceptons de continuer cette fuite en avant mortifère, avec toujours plus d’élargissement, toujours plus de centralisation, toujours plus de destruction économique. Soit nous avons le courage de dire stop et de reprendre notre destin en main.

    L’Europe a une obligation constitutionnelle : protéger ses citoyens. Force est de constater qu’elle fait exactement l’inverse. Elle les appauvrit, elle les contraint, elle les dépossède de leur souveraineté.

    Le prix à payer pour sortir de cette spirale sera élevé. Très élevé même. Mais le prix de l’inaction sera encore plus terrible : la disparition pure et simple de nos nations, de nos identités, de notre prospérité.

    Alors oui, pour le bien-être et la prospérité des peuples, il faut démonter cette Europe-là. Non pas par haine de l’idée européenne, mais justement pour la sauver. Pour qu’un jour, sur les ruines de l’Union européenne actuelle, nous puissions construire une vraie Europe des nations, respectueuse des peuples et de leurs différences.

    En attendant, préparez-vous. La tempête arrive. Et elle balaiera tout sur son passage.

    Pour aller plus loin

    • « L’Euro : comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe » de Joseph Stiglitz – Une analyse économique implacable des défauts structurels de la zone euro
    • « Le Piège de l’Union européenne » de Philippe de Villiers – Un réquisitoire documenté contre la construction européenne actuelle
    • « La France qui tombe » de Nicolas Baverez – Un diagnostic sans complaisance de la situation française dans l’Europe
    • Les travaux de Jacques Sapir sur son blog RussEurope – Des analyses économiques pointues sur l’euro et ses conséquences
    • « Comprendre l’empire » d’Alain Soral – Pour une vision géopolitique alternative de la construction européenne

    Sources et références

    • Données PIB par habitant : Eurostat, 2013
    • Indice de perception de la corruption : Transparency International, 2012
    • Coût des élargissements : Rapport de la Commission européenne sur le budget 2007-2013
    • Statistiques sur les excédents commerciaux allemands : Bundesbank, 2013
    • Plans de sauvetage européens : Mécanisme européen de stabilité, bilans 2010-2013

    Photo : Daniele Franchi / Unsplash

  • L’Europe des fous : pourquoi l’Union Européenne court à sa perte
    L’Europe des fous : pourquoi l’Union Européenne court à sa perte
    L’Union Européenne s’enfonce dans une logique autodestructrice entre élargissements hasardeux et réglementations absurdes. Les peuples européens commencent à se réveiller face à cette machine technocratique qui détruit les nations sans construire d’alternative viable.

    On est chez les fous. Voilà ce que je me dis en découvrant que les commissaires européens viennent de donner leur feu vert pour négocier l’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du Nord. Comme si l’Europe n’avait pas déjà suffisamment de problèmes avec ses 28 membres actuels. Comme si la crise économique qui ravage le sud du continent n’existait pas. Comme si les peuples européens réclamaient encore plus d’élargissement.

    Cette décision illustre parfaitement la déconnexion totale entre les technocrates de Bruxelles et la réalité vécue par les citoyens européens. Pendant que des millions de Grecs, d’Espagnols, de Portugais subissent les plans d’austérité imposés par la troïka, nos commissaires préparent tranquillement l’arrivée de nouveaux membres qui viendront diluer encore un peu plus ce qui reste de cohésion européenne.

    L’écotaxe : le symbole d’une Europe qui impose sans écouter

    L’affaire de l’écotaxe qui secoue la Bretagne ces dernières semaines révèle un autre aspect de cette folie européenne. Ce dispositif, imposé par notre gouvernement européen – car c’est bien de cela qu’il s’agit désormais – est obligatoire dans toute l’Europe. Il ne pourra pas être supprimé, quoi qu’en disent nos ministres qui font mine de reculer face aux Bonnets Rouges.

    La directive européenne 2011/76/UE, dite « Eurovignette », oblige tous les États membres à mettre en place une taxation des poids lourds basée sur la distance parcourue et le niveau de pollution. La France a simplement appliqué ce que Bruxelles lui ordonnait. Et maintenant que le peuple breton se révolte, nos gouvernants font semblant de chercher des solutions alors qu’ils savent pertinemment qu’ils n’ont plus la main.

    Cette écotaxe représente un surcoût estimé entre 3 et 4% pour les transporteurs. Dans une région périphérique comme la Bretagne, déjà pénalisée par l’éloignement des grands centres économiques européens, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les agriculteurs, les industriels de l’agroalimentaire, tous voient leurs marges déjà faibles fondre sous le poids de cette nouvelle taxe.

    Mais le plus révoltant, c’est que cette taxe a été confiée à un consortium privé, Ecomouv’, qui empochera 20% des recettes pour faire fonctionner le système. On privatise la collecte de l’impôt ! Voilà où nous en sommes arrivés avec cette Europe ultra-libérale qui transforme tout en business, même la fiscalité.

    Les Bonnets Rouges : l’avant-garde d’une révolte européenne ?

    Tous les peuples d’Europe devraient regarder attentivement l’œuvre locale des Bonnets Rouges et s’en inspirer. Car ce mouvement breton préfigure peut-être ce qui attend l’ensemble du continent si les technocrates de Bruxelles continuent leur fuite en avant.

    Les Bonnets Rouges ne sont pas des extrémistes. Ce sont des chefs d’entreprise, des salariés, des agriculteurs qui voient leur outil de travail menacé par des décisions prises à des milliers de kilomètres de chez eux, par des gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une usine ou une exploitation agricole. Leur révolte est celle du bon sens contre l’absurdité bureaucratique.

    Leur méthode est efficace : blocages de routes, destructions de portiques écotaxe, manifestations massives. Ils ont compris que face à une Europe sourde aux revendications démocratiques, seul le rapport de force fonctionne. Et ils obtiennent des résultats : le gouvernement français, pris de panique, multiplie les reculs et les atermoiements.

    Cette révolte bretonne pourrait faire tache d’huile. En Allemagne, les transporteurs grondent contre la LKW-Maut. En Belgique, les agriculteurs flamands s’organisent. Partout en Europe, la colère monte contre une Union qui impose toujours plus de contraintes sans jamais apporter de solutions aux vrais problèmes.

    L’Europe contre les nations : une destruction programmée

    L’Europe a une obligation constitutionnelle, celle de protéger à tous prix ses citoyens. Mais le prix est devenu trop élevé, et surtout, il est payé par les mauvaises personnes. Ce sont les classes moyennes et populaires qui subissent de plein fouet les conséquences des politiques européennes, pendant que les grandes entreprises et les banques profitent du grand marché et de la libre circulation des capitaux.

    Tout ce qui est fait au niveau européen est à peu près contre-productif. La Politique Agricole Commune détruit les petites exploitations au profit de l’agriculture industrielle. La politique de la concurrence empêche les États de soutenir leurs champions nationaux. La monnaie unique étrangle les économies du Sud sans permettre les ajustements nécessaires.

    Le projet européen actuel n’a aucune chance d’aboutir à quelque chose de satisfaisant. Il est trop destructeur des identités nationales, trop éloigné des préoccupations des peuples, trop soumis aux intérêts des lobbies et des multinationales. On construit une Europe hors-sol, déracinée, qui ne correspond à aucune réalité historique ou culturelle.

    Rendre le pouvoir aux nations : la seule solution

    Comprenez bien que nous n’avons pas besoin de casser l’Europe ou de sortir de l’Europe. Il suffit que l’Europe rende les pouvoirs aux nations. C’est la seule voie raisonnable pour éviter l’explosion finale.

    Les nations européennes ont mis des siècles à se construire. Elles correspondent à des réalités linguistiques, culturelles, historiques profondes. Vouloir les dissoudre dans un magma européen sans âme est non seulement impossible, mais dangereux. Les peuples ne l’accepteront pas.

    Ce qu’il faut, c’est revenir à une Europe des nations souveraines qui coopèrent librement sur des projets communs. Une Europe qui respecte les spécificités de chacun au lieu de vouloir tout uniformiser. Une Europe qui protège ses frontières extérieures au lieu de les ouvrir à tous vents. Une Europe qui défend ses intérêts face aux autres blocs économiques au lieu de se soumettre aux diktats du libre-échange mondialisé.

    Mais pour cela, il faudrait que nos élites acceptent de lâcher prise. Or, elles sont trop investies dans le projet européen actuel pour accepter de le remettre en cause. Elles préfèrent foncer dans le mur plutôt que de reconnaître leur erreur.

    La fuite des cerveaux et des capitaux : le sauve-qui-peut général

    Toute personne, morale ou physique, qui envisageait de réussir financièrement en Europe doit désormais fuir au risque de tout perdre. C’est le constat amer que je fais en observant ce qui se passe autour de moi.

    Les entrepreneurs partent à Londres, à Singapour, aux États-Unis. Les jeunes diplômés s’expatrient massivement. Les fortunes se délocalisent en Suisse ou au Luxembourg. C’est un exode massif des forces vives du continent, qui ne laissera derrière lui que les assistés et les fonctionnaires.

    La fiscalité européenne est devenue confiscatoire. Entre les charges sociales, l’impôt sur les sociétés, la TVA et maintenant l’écotaxe, il devient impossible de créer de la richesse en Europe. Les marges sont laminées, l’investissement découragé, l’innovation étouffée.

    Pendant ce temps, nos concurrents asiatiques et américains se frottent les mains. Ils récupèrent nos talents, nos entreprises, nos capitaux. L’Europe se suicide économiquement au nom d’idéaux fumeux de justice sociale et de protection de l’environnement.

    Détruire pour reconstruire : l’inéluctable refondation

    Tous ceux qui vous assurent qu’on peut construire l’Europe sans la détruire d’abord avant de recommencer vous mentent. Le système actuel est irréformable. Il est verrouillé par les traités, les institutions, les intérêts en place.

    Il faudra passer par une phase de destruction créatrice, comme disait Schumpeter. L’Union Européenne actuelle devra s’effondrer pour qu’autre chose puisse naître. Ce sera douloureux, chaotique, mais nécessaire.

    Les signes avant-coureurs sont déjà là. La montée des partis eurosceptiques partout en Europe. Les tensions entre le Nord et le Sud sur la politique monétaire. Les divergences entre l’Est et l’Ouest sur l’immigration. Les Bonnets Rouges en Bretagne. Tout cela annonce la grande déflagration à venir.

    La question n’est plus de savoir si l’Union Européenne va exploser, mais quand et comment. Sera-ce un éclatement violent, avec retour aux monnaies nationales et fermeture des frontières ? Ou une dissolution progressive et négociée ? Personne ne peut le dire.

    Ce qui est sûr, c’est que le statu quo n’est plus tenable. Les peuples n’en peuvent plus. Les économies s’effondrent. Les tensions montent. L’Europe des fous court à sa perte, et il est peut-être déjà trop tard pour éviter le crash final.

    Pour aller plus loin

    • « La faute de l’Europe ? » de Jean-Pierre Chevènement – Une analyse critique de la construction européenne par un ancien ministre
    • « L’Europe sans les peuples » de Coralie Delaume – Décryptage des mécanismes antidémocratiques de l’UE
    • « Le piège de l’euro » de Jean-Jacques Rosa – Les dysfonctionnements de la monnaie unique expliqués
    • Les rapports de la Cour des comptes européenne – Pour comprendre le gaspillage institutionnalisé
    • « Comprendre l’empire » d’Alain Soral – Une vision alternative de la construction européenne

    Sources et références

    • Directive 2011/76/UE du Parlement européen et du Conseil du 27 septembre 2011
    • Rapport de la Commission européenne sur l’élargissement (octobre 2013)
    • Données Eurostat sur le chômage en Europe (novembre 2013)
    • Étude de l’INSEE sur l’expatriation des jeunes diplômés français (2013)
    • Rapport du Sénat sur l’écotaxe poids lourds (septembre 2013)

    Photo : Olivier Darbonville / Unsplash