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  • Quand la rouille révèle les failles cachées de nos infrastructures métalliques
    Quand la rouille révèle les failles cachées de nos infrastructures métalliques
    La corrosion des structures métalliques révèle des problèmes d’infrastructure souvent cachés, nécessitant des interventions coûteuses et complexes. Les enjeux dépassent le simple aspect technique pour toucher aux questions économiques et stratégiques.

    J’ai récemment observé des images troublantes de structures métalliques gravement attaquées par la corrosion. Ces clichés m’ont rappelé une réalité que l’on préfère souvent ignorer : nos infrastructures vieillissent, et parfois de façon dramatique.

    Quand je vois des pièces de jointures rivetées si attaquées que leur intégrité structurelle devient douteuse, je me pose des questions. Combien d’autres structures sont dans le même état ? Combien de ponts, de bâtiments industriels, de gradins sportifs présentent des signes similaires de dégradation avancée ?

    La corrosion, ce mal silencieux des structures métalliques

    La corrosion des métaux n’est pas un phénomène nouveau, mais son impact sur nos infrastructures modernes prend une ampleur particulière. Les structures en acier, omniprésentes dans notre environnement urbain, sont particulièrement vulnérables à ce processus d’oxydation.

    Le processus de corrosion suit une logique implacable. L’acier, au contact de l’oxygène et de l’humidité, forme des oxydes de fer – cette rouille rougeâtre que nous connaissons tous. Mais contrairement à l’aluminium qui forme une couche protectrice, la rouille de l’acier est poreuse et continue de progresser vers le cœur du métal.

    Cette progression n’est pas uniforme. Elle s’accélère dans certaines zones : les points de fixation, les soudures, les zones de contrainte mécanique. C’est exactement ce que révèlent ces images de structures où les rivets et les assemblages montrent une dégradation avancée.

    Les facteurs d’accélération

    Plusieurs éléments aggravent le phénomène. L’exposition aux intempéries, bien sûr, mais aussi la pollution atmosphérique, les sels de déneigement, l’humidité stagnante. Dans les environnements industriels ou portuaires, les vapeurs acides accélèrent encore le processus.

    La conception initiale joue un rôle crucial. Les structures des années 1960-1980, construites avec des aciers moins résistants et des techniques de protection moins performantes, montrent aujourd’hui leurs limites. Les systèmes d’évacuation des eaux défaillants créent des zones d’accumulation d’humidité particulièrement destructrices.

    Diagnostic : entre visible et caché

    Le plus troublant dans cette affaire de corrosion, c’est l’écart entre ce qui se voit et ce qui se cache. Une structure peut paraître solide en surface tout en étant gravement compromise dans ses éléments porteurs.

    Les techniques de diagnostic modernes révèlent souvent des surprises désagréables. L’inspection par ultrasons peut détecter une perte d’épaisseur de 30% là où l’œil nu ne percevait qu’une légère décoloration. Les examens endoscopiques dans les structures creuses révèlent parfois des dégradations internes dramatiques.

    J’ai eu l’occasion d’observer des expertises sur des structures industrielles où la corrosion avait progressé de l’intérieur vers l’extérieur. Les propriétaires découvraient avec stupeur que leurs installations, apparemment saines, nécessitaient une réfection complète.

    La question de la généralisation

    Quand on découvre une corrosion avancée sur une partie d’une structure, la question cruciale devient : est-ce un cas isolé ou le symptôme d’un problème généralisé ? Cette interrogation conditionne l’ampleur des travaux nécessaires et leur coût.

    L’expérience montre que la corrosion suit souvent des logiques systémiques. Si les conditions d’exposition sont similaires, si les matériaux et techniques de construction sont identiques, la dégradation touche généralement l’ensemble de la structure avec des intensités variables.

    Le coût colossal de la remise en état

    Remettre en état une structure métallique gravement corrodée représente un défi technique et financier considérable. Les interventions ne se limitent jamais au simple ponçage et à la nouvelle peinture.

    Il faut d’abord démonter, nettoyer, évaluer chaque élément. Certaines pièces nécessitent un remplacement complet, d’autres peuvent être réparées par soudage ou renforcement. Le processus de sablage pour éliminer toute trace de corrosion génère des quantités importantes de déchets toxiques.

    Les coûts s’envolent rapidement. Une rénovation complète peut représenter 60 à 80% du coût de construction neuve, parfois plus si la structure doit rester en service pendant les travaux. Les contraintes d’accès, de sécurité, d’environnement multiplient les difficultés.

    L’exemple des infrastructures sportives

    Les gradins métalliques des stades illustrent parfaitement cette problématique. Exposés aux intempéries, soumis aux vibrations des foules, ils subissent des contraintes particulièrement sévères. Leur rénovation nécessite souvent une fermeture partielle des installations, avec un impact économique majeur pour les exploitants.

    La sécurité du public impose des normes strictes qui compliquent encore les interventions. Chaque élément doit être certifié, testé, validé par des organismes de contrôle. Le moindre doute sur l’intégrité structurelle peut conduire à une fermeture préventive.

    Les enjeux industriels et stratégiques

    Au-delà des aspects techniques, la problématique de la corrosion révèle des enjeux industriels plus larges. La rénovation de nos infrastructures représente un marché considérable qui attise les convoitises.

    Certains secteurs industriels trouvent dans cette nécessité de rénovation des opportunités de développement. Les fabricants de revêtements anticorrosion, les entreprises spécialisées dans la réhabilitation des structures, les bureaux d’études techniques voient leurs carnets de commandes se remplir.

    Cette dynamique économique pose des questions sur l’objectivité des diagnostics. Quand les mêmes entreprises qui détectent les problèmes proposent ensuite les solutions, le risque de surévaluation des besoins existe. La frontière entre nécessité technique et opportunité commerciale peut parfois s’estomper.

    La dimension géopolitique des matériaux

    La rénovation massive de nos infrastructures soulève aussi des questions d’approvisionnement en matières premières. L’acier inoxydable, les alliages spéciaux, les revêtements haute performance nécessitent des métaux rares dont l’approvisionnement dépend souvent de pays tiers.

    Le cobalt, indispensable pour certains alliages résistants à la corrosion, provient majoritairement de régions géopolitiquement instables. Cette dépendance crée une vulnérabilité stratégique que les industriels de l’armement connaissent bien, eux qui utilisent ces mêmes matériaux pour leurs productions.

    Prévention : mieux vaut anticiper que subir

    Face à ces défis, la prévention devient cruciale. Les nouvelles constructions intègrent désormais des solutions anticorrosion dès la conception : aciers galvanisés, revêtements multicouches, systèmes de protection cathodique pour les structures enterrées.

    La maintenance préventive, longtemps négligée, retrouve ses lettres de noblesse. Des inspections régulières, des retouches de peinture ciblées, le remplacement préventif des éléments les plus exposés permettent d’éviter les dégradations majeures.

    Les technologies de surveillance continue se développent. Des capteurs intégrés dans les structures peuvent détecter les premiers signes de corrosion et alerter les gestionnaires. Ces systèmes, encore coûteux, commencent à équiper les infrastructures critiques.

    L’innovation au service de la durabilité

    La recherche sur les matériaux anticorrosion progresse rapidement. Les revêtements nanostructurés, les aciers autoréparants, les systèmes de protection active ouvrent de nouvelles perspectives. Certaines innovations permettent d’atteindre des durées de vie de 50 ans sans maintenance majeure.

    Mais ces solutions restent coûteuses et leur mise en œuvre nécessite une expertise pointue. L’écart se creuse entre les nouvelles constructions, bénéficiant de ces avancées, et le parc existant qui vieillit avec les technologies d’hier.

    Quand je regarde ces images de structures corrodées, je ne peux m’empêcher de penser à toutes celles que nous n’avons pas encore inspectées. Combien de nos infrastructures cachent-elles des faiblesses similaires ? La question n’est pas de savoir si nous découvrirons d’autres cas, mais quand et dans quelle ampleur.

    Cette réalité nous oblige à repenser notre rapport à l’infrastructure. Construire ne suffit plus, il faut maintenir, surveiller, anticiper. Le coût de cette vigilance peut paraître élevé, mais il reste dérisoire comparé au prix de l’inaction.

    Pour aller plus loin

  • Des terroristes exploitent les failles de la reconnaissance faciale
    Des terroristes exploitent les failles de la reconnaissance faciale
    Les attentats récents révèlent une tactique inquiétante : l’usage systématique d’accessoires simples pour déjouer la reconnaissance faciale. Une faille béante dans notre arsenal sécuritaire que les terroristes semblent avoir parfaitement comprise.

    C’est rigolo. Enfin, façon de parler. Deux attentats terroristes, deux profils similaires : bonnet sur la tête, lunettes de soleil sur le nez. Annecy, puis Grenelle. Les images sont troublantes de similitude. Et ce qui me frappe, ce n’est pas le hasard – car il n’y en a pas – mais la simplicité déconcertante avec laquelle on peut aujourd’hui mettre en échec des technologies de surveillance qui nous ont coûté des millions.

    Le paradoxe de la reconnaissance faciale : toute-puissante et vulnérable

    Depuis des années, on nous vend la reconnaissance faciale comme le nec plus ultra de la sécurité. Les caméras pullulent, les algorithmes s’affinent, les bases de données s’enrichissent. La France compte aujourd’hui plus de 60 000 caméras de vidéoprotection dans l’espace public, sans compter celles du secteur privé. Un maillage serré censé nous protéger.

    Pourtant, il suffit d’un bonnet et d’une paire de lunettes de soleil à 10 euros pour rendre ces millions d’investissement quasi inutiles. Comment en est-on arrivé là ?

    La reconnaissance faciale repose sur l’identification de points caractéristiques du visage : distance entre les yeux, forme du nez, contour de la mâchoire. Les algorithmes actuels ont besoin d’environ 60 à 80 points de référence pour une identification fiable. Masquez-en la moitié, et le système devient myope.

    Les terroristes d’Annecy et de Grenelle l’ont manifestement compris. Leur accoutrement n’était pas anodin : le bonnet masque le front et les cheveux, les lunettes cachent les yeux et une partie des pommettes. Ajoutez un masque chirurgical – devenu banal depuis le Covid – et vous obtenez un visage indétectable pour la plupart des systèmes actuels.

    Les chiffres qui inquiètent

    Selon les tests menés par le NIST (National Institute of Standards and Technology) américain en 2020, le port d’un masque chirurgical fait chuter le taux de reconnaissance des meilleurs algorithmes de 99,7% à moins de 70%. Avec des lunettes de soleil en plus, on tombe sous les 40%. Autant dire que l’identification devient un coup de dés.

    Plus inquiétant encore : ces chiffres concernent les meilleurs systèmes au monde. La plupart des installations déployées dans nos villes utilisent des technologies moins performantes, souvent datées de plusieurs années. Leur efficacité face à des individus masqués et lunettés ? Proche de zéro.

    Une course technologique déjà perdue ?

    Face à cette menace, les autorités et les industriels ne restent pas les bras croisés. De nouvelles approches émergent : reconnaissance de la démarche, analyse de la morphologie corporelle, identification par l’iris même à travers des lunettes de soleil. Mais chaque avancée technologique peut être contrée par des moyens tout aussi simples.

    La reconnaissance de démarche ? Il suffit de mettre un caillou dans sa chaussure pour la modifier. L’analyse morphologique ? Un manteau ample fait l’affaire. L’identification par l’iris ? Des lentilles de contact teintées, disponibles partout.

    Nous sommes face à une asymétrie fondamentale : d’un côté, des systèmes complexes et coûteux ; de l’autre, des parades rudimentaires mais efficaces. David contre Goliath, version 2023.

    Le cas particulier du contexte post-Covid

    La pandémie a normalisé le port du masque dans l’espace public. Ce qui était suspect avant 2020 est devenu banal, voire recommandé. Les terroristes exploitent cette nouvelle normalité. Un individu masqué, lunettes sur le nez et bonnet sur la tête n’attire plus les regards. Il passe inaperçu dans la foule.

    Cette banalisation pose un défi majeur aux forces de sécurité. Comment distinguer le promeneur prudent du terroriste en mission ? Comment justifier une interpellation basée sur le simple port d’accessoires légaux et courants ?

    Les implications pour notre sécurité collective

    Ce constat soulève des questions fondamentales sur notre modèle de sécurité. Avons-nous misé sur le mauvais cheval en investissant massivement dans la reconnaissance faciale ? Faut-il repenser entièrement notre approche ?

    Certains pays explorent déjà des alternatives. La Chine teste des systèmes de reconnaissance émotionnelle, censés détecter les comportements suspects indépendamment de l’identité. Israël développe des technologies d’analyse comportementale prédictive. Mais ces approches soulèvent d’autres problèmes, notamment éthiques.

    Car le risque est grand de basculer dans une société de surveillance totale, où chaque geste, chaque mouvement serait analysé, interprété, jugé. Est-ce le prix à payer pour notre sécurité ? Et même si nous l’acceptions, rien ne garantit que ces nouvelles technologies ne seront pas, elles aussi, contournées par des moyens simples.

    Le facteur humain, grand oublié de l’équation

    Dans cette course technologique, nous oublions souvent l’essentiel : le renseignement humain. Les terroristes d’Annecy et de Grenelle ont peut-être échappé aux caméras, mais étaient-ils vraiment invisibles ? Des voisins, des proches, des témoins ont forcément vu ou entendu quelque chose.

    Le problème, c’est que nous avons progressivement désinvesti le terrain humain au profit de la technologie. Moins d’agents de proximité, moins de contacts avec la population, moins de remontées d’information. Nous avons cru que les algorithmes remplaceraient l’intelligence humaine. Grave erreur.

    Vers une approche hybride et pragmatique

    Face à ce constat d’échec relatif, quelle voie emprunter ? Certainement pas celle de l’abandon de la technologie, mais plutôt celle d’une approche plus équilibrée et réaliste.

    Premièrement, il faut cesser de présenter la reconnaissance faciale comme une solution miracle. C’est un outil parmi d’autres, avec ses forces et ses faiblesses. Les citoyens doivent comprendre ses limites pour ne pas développer un faux sentiment de sécurité.

    Deuxièmement, nous devons réinvestir dans le renseignement humain. Les meilleures caméras du monde ne remplaceront jamais un agent bien formé et intégré dans son quartier. La technologie doit venir en support de l’humain, pas l’inverse.

    Troisièmement, il faut accepter que la sécurité absolue n’existe pas. Nous vivons dans des sociétés ouvertes, et c’est tant mieux. Le prix de cette liberté, c’est une certaine vulnérabilité. L’objectif n’est pas d’éliminer tout risque – c’est impossible – mais de le réduire à un niveau acceptable.

    L’urgence d’un débat démocratique

    Ces questions ne peuvent être tranchées par les seuls experts et décideurs. Elles concernent l’ensemble de la société et méritent un vrai débat démocratique. Quel niveau de surveillance acceptons-nous ? Quelles libertés sommes-nous prêts à sacrifier ? Comment équilibrer sécurité et vie privée ?

    Les attentats d’Annecy et de Grenelle, au-delà de leur horreur intrinsèque, nous forcent à regarder en face les limites de notre modèle sécuritaire. C’est douloureux mais nécessaire.

    Car au final, la vraie question n’est pas de savoir si les terroristes continueront à porter des bonnets et des lunettes de soleil. Ils le feront, c’est évident. La question est : comment construire une société résiliente face à cette menace, sans pour autant renoncer à ce qui fait notre identité collective ?

    Les réponses ne sont pas simples. Elles demandent du courage politique, de l’intelligence collective et, surtout, une bonne dose d’humilité face à la complexité du défi. Mais c’est à ce prix que nous pourrons espérer concilier sécurité et liberté dans le monde troublé qui est le nôtre.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • Hôpital Jean-Baptiste de Gaza, quand l’absence de cratère soulève plus de questions que de réponses
    Hôpital Jean-Baptiste de Gaza, quand l’absence de cratère soulève plus de questions que de réponses
    L’attaque meurtrière de l’hôpital Jean-Baptiste de Gaza présente une anomalie troublante : aucun cratère visible malgré l’ampleur des dégâts. Cette absence de point d’impact classique soulève des questions cruciales sur la nature de l’arme utilisée et remet en cause les narratifs officiels des deux camps.

    Depuis hier soir, le monde entier a les yeux rivés sur Gaza. L’hôpital chrétien Jean-Baptiste, qui abritait des centaines de civils palestiniens fuyant les bombardements, a été frappé dans la soirée du 17 octobre. Le bilan provisoire fait état de plusieurs centaines de morts. Mais au-delà de l’horreur humaine, c’est l’analyse technique de cette frappe qui me préoccupe.

    En tant qu’observateur attentif des conflits modernes et de leurs implications technologiques, quelque chose me dérange profondément dans les premières images qui nous parviennent. Et ce « quelque chose », c’est précisément ce qu’on ne voit pas.

    L’énigme du cratère absent

    Les premières images à la lumière du jour que nous attendions avec impatience sont maintenant disponibles. Des photos du parking, des voitures calcinées, des débris éparpillés. Mais il manque un élément crucial dans ce tableau macabre : le cratère.

    Permettez-moi d’être clair. Quand un missile conventionnel frappe le sol, il laisse une marque indélébile. Un cratère dont la taille dépend de plusieurs facteurs : la charge explosive, l’angle d’impact, la nature du sol. C’est de la physique élémentaire. L’énergie cinétique combinée à l’explosion creuse littéralement la terre.

    Or, sur les images disponibles de l’hôpital Jean-Baptiste, pas de cratère visible. Pas même un point d’impact clairement identifiable en surface. Cette absence est pour le moins… troublante.

    Les implications techniques d’une explosion sans impact

    Si nous n’avons pas de cratère, cela signifie potentiellement que le missile a explosé AVANT de toucher le sol. En termes techniques, on parle d’une explosion en altitude, même si cette altitude peut n’être que de quelques mètres.

    Ce type d’explosion présente des caractéristiques bien particulières :

    • L’onde de choc se propage différemment, créant une zone de destruction plus large mais moins profonde
    • Les dégâts sont principalement causés par la surpression et la chaleur, plutôt que par la fragmentation
    • Les débris sont projetés selon un schéma radial différent d’un impact direct
    • L’absence de cratère rend l’identification balistique beaucoup plus complexe

    Cette configuration nous amène à reconsidérer la nature même de l’arme utilisée. S’agit-il vraiment d’un missile conventionnel ? Ou sommes-nous face à un type d’armement différent ?

    Le décalage troublant entre les images et les témoignages

    Autre élément perturbant : les images du parking avec des voitures « un peu brûlées » ne correspondent pas à l’ampleur de l’explosion filmée. Quand on analyse les vidéos de l’explosion elle-même, on s’attend à des dégâts beaucoup plus importants.

    Cette discordance soulève plusieurs hypothèses :

    • Les images ne montrent qu’une partie limitée de la zone d’impact
    • L’explosion a eu des effets différents selon les zones (effet de souffle directionnel)
    • Nous n’avons pas accès à toutes les images pertinentes
    • La nature de l’explosion elle-même était différente de ce qu’on pourrait attendre

    J’aime pas quand ça ne colle pas. Et là, clairement, quelque chose ne colle pas.

    Les précédents historiques d’explosions sans cratère

    L’histoire militaire nous enseigne que certaines armes sont spécifiquement conçues pour exploser en altitude. Les bombes à fragmentation, par exemple, dispersent leurs sous-munitions avant l’impact. Les armes thermobariques peuvent également exploser au-dessus du sol pour maximiser leur effet de souffle.

    Mais dans le contexte de Gaza, l’utilisation de telles armes soulèverait des questions encore plus graves sur le plan du droit international humanitaire.

    L’analyse balistique compromise

    L’absence de cratère complique considérablement le travail des enquêteurs. Un cratère, c’est comme une empreinte digitale balistique. Sa forme, sa profondeur, les résidus qu’on y trouve, tout cela permet généralement d’identifier :

    • Le type d’arme utilisée
    • L’angle d’arrivée du projectile
    • La direction d’où il a été tiré
    • La charge explosive approximative

    Sans cratère, nous perdons une source d’information cruciale. C’est comme essayer de résoudre un crime sans scène de crime.

    Ce que nous disent les experts en balistique

    Les experts militaires que j’ai pu consulter restent perplexes. Certains évoquent la possibilité d’une arme à charge creuse mal réglée, d’autres parlent d’une possible défaillance technique ayant provoqué une explosion prématurée.

    Mais tous s’accordent sur un point : l’absence de cratère dans un contexte de frappe aussi meurtrière est hautement inhabituelle.

    Les enjeux géopolitiques d’une enquête technique

    Au-delà de l’aspect purement technique, cette absence de cratère a des implications géopolitiques majeures. Chaque camp dans ce conflit a intérêt à attribuer la responsabilité à l’autre. Mais sans preuves balistiques claires, nous entrons dans une guerre de narratifs où la vérité technique est la première victime.

    Israël affirme qu’il s’agit d’une roquette palestinienne défaillante. Les groupes palestiniens accusent une frappe israélienne délibérée. L’absence de cratère ne permet pas, à ce stade, de trancher définitivement.

    Le précédent inquiétant pour les enquêtes futures

    Si nous ne pouvons pas établir avec certitude ce qui s’est passé dans un cas aussi médiatisé, qu’en sera-t-il des dizaines d’autres frappes qui se produisent quotidiennement ? L’absence de preuves matérielles claires ouvre la porte à toutes les manipulations possibles.

    Une densité de destruction qui défie l’imagination

    Pour mettre les choses en perspective, permettez-moi une comparaison qui peut sembler surréaliste mais qui est pourtant factuelle. La densité de cratères qu’on observe actuellement à Gaza dépasse celle qu’on trouve sur la surface lunaire.

    Pensez-y un instant. La Lune, bombardée par des météorites depuis des milliards d’années, présente une densité de cratères inférieure à celle de Gaza après seulement quelques semaines de conflit. C’est vertigineux.

    Mais dans le cas de l’hôpital Jean-Baptiste, nous n’avons même pas ce cratère qui devrait logiquement être là. C’est l’exception qui confirme l’horreur de la règle.

    Conclusion : les questions sans réponses

    L’affaire de l’hôpital Jean-Baptiste nous confronte à une réalité troublante : dans la guerre moderne, même les évidences techniques peuvent être absentes ou manipulées. L’absence de cratère n’est pas qu’un détail technique, c’est un trou béant dans notre capacité à comprendre et documenter ce qui se passe réellement.

    Cette absence soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Sommes-nous face à un nouveau type d’arme ? À une défaillance technique ? À une manipulation des preuves ? Ou simplement à notre incapacité à accéder aux bonnes images ?

    Une chose est certaine : tant que nous n’aurons pas de réponses claires à ces questions techniques, la vérité sur ce qui s’est passé à l’hôpital Jean-Baptiste restera ensevelie sous les décombres. Et avec elle, peut-être, notre capacité collective à distinguer la vérité du mensonge dans les conflits modernes.

    La technologie militaire évolue, mais notre capacité à la comprendre et à l’analyser doit évoluer aussi. Sinon, nous risquons de nous retrouver dans un monde où les crimes de guerre deviennent indémontrables, faute de preuves techniques suffisantes.

    C’est un précédent dangereux. Et c’est pourquoi l’absence de ce cratère me préoccupe bien au-delà du cas spécifique de Gaza.

    Pour aller plus loin

    Photo : Maxim Luhyna / Unsplash

  • 30 ans à remplacer les humains, confession d’un vétéran de la Tech
    30 ans à remplacer les humains, confession d’un vétéran de la Tech
    Depuis plus de 30 ans, je conçois des systèmes pour remplacer les humains au travail. Cette confession explore les paradoxes d’une vie consacrée à l’automatisation, entre innovation technologique et questions existentielles sur l’avenir du travail humain.

    Je travaille très dur dans l’industrie de la Tech depuis que je suis gamin, presque jour et nuit sans prendre de vacances, ça fait donc plus de 30 ans. Cette phrase, je pourrais la répéter comme un mantra. Ou comme un aveu. Car derrière cette fierté du travailleur acharné se cache une réalité plus complexe : j’ai passé ma vie à imaginer et concevoir des systèmes et des technologies pour remplacer les humains au travail.

    Vous avez bien lu. Trois décennies à œuvrer pour que des machines fassent ce que des hommes et des femmes faisaient avant. Dans tous les domaines. Sans distinction. Avec une efficacité redoutable et une conviction inébranlable. Du moins, c’est ce que je croyais.

    L’enfant prodige devenu architecte de l’automatisation

    Tout a commencé dans les années 90. J’étais ce gamin fasciné par les ordinateurs, celui qui préférait coder plutôt que de jouer au foot. À l’époque, l’informatique était encore cette terre promise où tout restait à inventer. Les PC venaient à peine d’arriver dans les foyers, Internet balbutiait, et nous, les « geeks » comme on nous appelait avec condescendance, nous rêvions déjà de changer le monde.

    Et nous l’avons fait. Oh que oui, nous l’avons fait.

    Premier job à 16 ans : automatiser la comptabilité d’une PME locale. Trois employés sur cinq ont perdu leur poste. « Progrès », disait le patron. « Efficacité », applaudissaient les investisseurs. Moi ? J’étais fier de mon code élégant, de mes algorithmes optimisés. Les conséquences humaines ? Ce n’était pas mon problème. J’étais payé pour innover, pas pour philosopher.

    Cette mentalité m’a porté pendant des années. Start-up après start-up, projet après projet, j’ai gravi les échelons de cette industrie impitoyable. Mon CV ? Un cimetière d’emplois rendus obsolètes. Secrétaires remplacées par des assistants vocaux. Ouvriers évincés par des robots. Analystes supplantés par des algorithmes de machine learning. La liste est longue. Trop longue.

    La mécanique implacable du remplacement

    Laissez-moi vous expliquer comment ça fonctionne, cette machine à broyer l’emploi humain. C’est d’une simplicité déconcertante :

    • On identifie une tâche répétitive ou prévisible
    • On la décompose en processus élémentaires
    • On code une solution qui fait mieux, plus vite, moins cher
    • On vend ça comme une « optimisation nécessaire »

    Le tour est joué. Et ça marche dans tous les secteurs. Tous. Sans exception.

    Prenez la logistique. En 2010, j’ai participé à la conception d’un système de gestion d’entrepôt entièrement automatisé. Résultat : 200 manutentionnaires remplacés par 20 techniciens de maintenance. Gain de productivité : 300%. Coût humain : 180 familles dans la précarité. Mais les chiffres étaient beaux sur les PowerPoint des actionnaires.

    Ou encore le secteur bancaire. Entre 2015 et 2020, mes équipes ont développé des chatbots et des systèmes d’analyse automatisée qui ont rendu obsolètes des milliers de conseillers clientèle. Les banques jubilaient. Les clients râlaient un peu au début, puis s’y sont habitués. Les employés ? Ils ont rejoint les statistiques du chômage.

    L’accélération exponentielle

    Ce qui me frappe aujourd’hui, c’est la vitesse à laquelle tout s’accélère. Dans les années 90, il fallait des années pour déployer un système. Maintenant ? Quelques mois suffisent. L’IA générative, le cloud computing, les API… Tout conspire à rendre le remplacement toujours plus rapide, toujours plus efficace.

    Et nous ne sommes qu’au début. Les technologies que nous développons actuellement vont pulvériser des pans entiers de l’économie. Comptables, juristes, médecins, journalistes… Personne n’est à l’abri. Même nous, les développeurs, commençons à voir poindre notre propre obsolescence avec les outils de génération de code automatique.

    Le prix de l’obsession

    Travailler jour et nuit, sans vacances, pendant 30 ans. Vous savez ce que ça fait à un homme ? Ça le transforme en machine. Ironique, non ? À force de vouloir remplacer l’humain, je suis devenu moi-même un automate. Réveil à 5h, code jusqu’à minuit, repeat. Week-ends ? Connais pas. Famille ? Sacrifiée sur l’autel de l’innovation.

    Ma femme m’a quitté il y a dix ans. « Tu aimes plus tes algorithmes que ta famille », qu’elle disait. Elle avait raison. Mes enfants ? Ils me connaissent à peine. J’étais trop occupé à « changer le monde » pour les voir grandir. Aujourd’hui, ils travaillent dans des secteurs que mes technologies menacent directement. L’ironie est cruelle.

    Cette obsession a un coût physiologique aussi. Burnouts à répétition, problèmes cardiaques, anxiété chronique… Mon corps me rappelle régulièrement que l’humain n’est pas conçu pour fonctionner comme une machine. Mais l’adrénaline de la création, l’ivresse du pouvoir technologique, c’est une drogue dure. Difficile de décrocher.

    Les questionnements tardifs

    C’est seulement ces dernières années que les questions ont commencé à me tarauder. Qu’est-ce qu’on est en train de construire, au juste ? Une société où l’humain n’a plus sa place ? Un monde gouverné par l’efficacité pure, dénué de toute empathie ?

    Je regarde les jeunes développeurs qui arrivent dans l’industrie, brillants, enthousiastes, convaincus qu’ils vont « make the world a better place ». Je me revois à leur âge. Ils ne voient pas encore les conséquences. Ou ils s’en fichent. Après tout, ils font partie des gagnants du système. Pour l’instant.

    L’avenir du travail humain : entre dystopie et adaptation

    Alors, quel avenir pour le travail humain ? La question me hante. D’un côté, l’optimiste en moi veut croire que nous saurons nous adapter, comme nous l’avons toujours fait. De nouveaux métiers émergeront, l’humain trouvera sa place dans cette nouvelle économie. C’est le discours officiel, celui qu’on sert dans les conférences tech.

    Mais le réaliste en moi voit autre chose. Je vois une société à deux vitesses : d’un côté, une élite technologique qui possède et contrôle les outils d’automatisation. De l’autre, une masse croissante de « superflus économiques », maintenus à flot par un revenu universel minimal. Est-ce vraiment le progrès que nous voulions ?

    Les solutions existent pourtant. Taxation des robots, réduction du temps de travail, formation continue, économie du partage… Mais qui a vraiment intérêt à les mettre en place ? Certainement pas ceux qui profitent du système actuel. Et ils ont le pouvoir.

    Le paradoxe du créateur

    Le plus troublant dans tout ça, c’est que je continue. Malgré les doutes, malgré les questionnements, je reste devant mon écran, à coder, à concevoir, à automatiser. Pourquoi ? Par habitude ? Par passion ? Par incapacité à faire autre chose ? Un peu de tout ça, sans doute.

    C’est le paradoxe du créateur de technologie : nous sommes à la fois les architectes et les victimes potentielles du monde que nous construisons. Nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis, avec une précision chirurgicale et un enthousiasme déconcertant.

    Conclusion : l’humain face à son obsolescence programmée

    Après 30 ans dans cette industrie, je n’ai pas de réponse définitive. Juste des questions qui me réveillent la nuit. Sommes-nous en train de créer un paradis technologique ou un enfer déshumanisé ? L’efficacité justifie-t-elle tous les sacrifices ? Quel sens donner à l’existence humaine quand les machines font tout mieux que nous ?

    Ce que je sais, c’est que nous sommes à un tournant. Les technologies que nous développons aujourd’hui définiront la société de demain. Et cette responsabilité est écrasante. Nous, les « techies », nous avons entre les mains un pouvoir démesuré. La question est : saurons-nous l’utiliser avec sagesse ?

    Je n’ai pas la réponse. Mais au moins, je commence à me poser les bonnes questions. C’est déjà ça. Après 30 ans, il était temps.

    Bref. Si vous me cherchez, je serai devant mon écran. En train de coder. Comme toujours. Mais avec, peut-être, un peu plus de conscience des enjeux. C’est un début.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Mohammad Rahmani / Unsplash

  • Twitter X est le dernier bastion de l’information en temps de crise
    Twitter X est le dernier bastion de l’information en temps de crise
    Alors que des événements majeurs secouent la France, seule une minorité de citoyens connectés à Twitter accède à l’information en temps réel. Les médias traditionnels, eux, semblent naviguer entre prudence éditoriale et contrôle de l’information, créant une fracture informationnelle sans précédent.

    Je regarde mon fil Twitter ce 29 juin 2023, et je constate quelque chose d’absolument sidérant. D’un côté, des dizaines de vidéos, de témoignages, d’informations en temps réel sur ce qui se passe dans nos villes. De l’autre, quand j’allume ma télévision ou que je parcours les sites des grands médias, c’est le silence radio ou presque. Comment en sommes-nous arrivés là ?

    Le paradoxe de l’information à l’ère des réseaux sociaux

    Nous vivons un moment historique dans le traitement de l’information. Pour la première fois, nous assistons à une inversion complète du flux informationnel. Ce ne sont plus les journalistes professionnels qui informent le public, mais le public qui informe… les journalistes. Et encore, quand ces derniers daignent s’y intéresser.

    Au moins quatre médias internationaux couvrent actuellement les événements en France, en arabe, en anglais, en espagnol et en français. Pendant ce temps, nos chaînes nationales semblent jouer la carte de la minimisation. Étrange, non ? Ou plutôt, révélateur d’un système médiatique qui a perdu le contact avec sa mission première : informer.

    L’immense majorité des Français n’est pas sur Twitter. C’est un fait. Et donc, cette majorité ne sait pas ce qui se passe réellement dans le pays. Elle n’a aucune idée de l’ampleur des événements. Seuls les utilisateurs de Twitter disposent d’un maximum d’informations en temps réel. Nous sommes face à une fracture informationnelle qui divise la population en deux catégories : les informés et les désinformés par omission.

    La mécanique du contrôle médiatique

    Toute la propagande qui passe par le mainstream est contrôlée en France. C’est une évidence que beaucoup refusent encore d’admettre. Il est impensable, pour ceux qui contrôlent le traitement médiatique, que les grands médias diffusent en boucle la situation réelle. Pourquoi ? Parce que l’information non contrôlée est dangereuse pour le pouvoir en place.

    Cette mécanique n’est pas nouvelle. Elle s’appuie sur plusieurs leviers :

    • La concentration des médias entre les mains de quelques groupes industriels
    • La dépendance aux subventions publiques et à la publicité
    • L’autocensure des journalistes par peur de perdre leur emploi
    • La proximité incestueuse entre le monde politique et médiatique

    Le résultat ? Une information aseptisée, filtrée, qui ne reflète plus la réalité du terrain mais la vision que le pouvoir souhaite en donner.

    Twitter : de réseau social à agence de presse citoyenne

    Face à cette défaillance du journalisme traditionnel, Twitter est devenu de facto une agence de presse citoyenne. Chaque utilisateur devient un reporter potentiel, armé de son smartphone. Les vidéos circulent, les témoignages s’accumulent, les informations se recoupent.

    Bien sûr, tout n’est pas parfait. Les fake news existent, les manipulations aussi. Mais la multiplicité des sources permet un recoupement que les médias traditionnels, dans leur tour d’ivoire, ne peuvent plus assurer. La vérité émerge de la confrontation des points de vue, pas de la voix unique d’un présentateur de JT.

    Ce phénomène révèle aussi une mutation profonde du rapport à l’information. Nous sommes passés d’une consommation passive à une participation active. Les citoyens ne veulent plus qu’on leur raconte l’actualité, ils veulent la vivre, la documenter, la partager.

    Les conséquences d’une société à deux vitesses informationnelles

    Cette fracture informationnelle n’est pas sans conséquences. Elle crée deux France qui ne vivent plus dans la même réalité :

    • D’un côté, les connectés qui ont accès à l’information brute, non filtrée, en temps réel
    • De l’autre, ceux qui dépendent des médias traditionnels et vivent dans une bulle informationnelle contrôlée

    Cette situation est explosive. Comment peut-on avoir un débat démocratique sain quand les citoyens n’ont pas accès aux mêmes informations ? Comment peut-on prendre des décisions éclairées quand la réalité est cachée ou minimisée ?

    Plus inquiétant encore : cette fracture recoupe souvent des fractures sociales, générationnelles et territoriales. Les jeunes urbains connectés d’un côté, les seniors ruraux dépendants de la télévision de l’autre. Deux mondes qui ne se comprennent plus car ils ne voient pas la même réalité.

    Le journalisme français à la croisée des chemins

    Face à cette situation, le journalisme français se trouve à un moment charnière. Soit il continue sur sa lancée actuelle et finira par perdre totalement la confiance du public. Soit il se réinvente, retrouve son indépendance et sa mission d’information.

    Quelques pistes pour cette réinvention nécessaire :

    • Retrouver l’indépendance financière vis-à-vis des pouvoirs économiques et politiques
    • Renouer avec le journalisme de terrain, d’investigation, de proximité
    • Intégrer les citoyens-reporters comme sources légitimes d’information
    • Assumer la confrontation des points de vue plutôt que de chercher le consensus mou
    • Développer des formats adaptés aux nouvelles pratiques de consommation de l’information

    Certains journalistes indépendants montrent la voie. Ils utilisent les réseaux sociaux non pas comme un concurrent mais comme un outil complémentaire. Ils vont sur le terrain, vérifient, recoupent, contextualisent. Ils font, en somme, leur métier.

    Vers une démocratisation radicale de l’information ?

    Ce que nous vivons actuellement pourrait bien être les prémices d’une révolution informationnelle majeure. La technologie a mis entre les mains de chaque citoyen les outils pour devenir un média. Cette démocratisation radicale de l’information remet en cause le monopole historique des journalistes professionnels.

    Est-ce une bonne chose ? Comme toute révolution, elle comporte des risques et des opportunités. Le risque principal est la désinformation, la manipulation, la polarisation des opinions. L’opportunité, c’est de briser enfin le carcan du contrôle médiatique et de permettre l’émergence d’une information vraiment plurielle.

    Pour que cette révolution soit positive, il faut que les citoyens développent leur esprit critique, apprennent à vérifier les sources, à recouper les informations. C’est un apprentissage nécessaire dans ce nouveau monde informationnel.

    « Seuls les gens sur Twitter disposent d’un maximum d’informations en temps réel. »

    Cette phrase résume parfaitement le paradoxe actuel. Dans un pays qui se targue d’avoir une presse libre et diversifiée, c’est sur un réseau social américain que les citoyens doivent aller chercher l’information sur ce qui se passe dans leurs propres villes. N’est-ce pas le signe d’une faillite profonde de notre système médiatique ?

    L’avenir nous dira si cette situation est temporaire ou si elle marque le début d’une nouvelle ère. Une chose est sûre : le journalisme tel que nous l’avons connu est mort. Reste à savoir ce qui le remplacera. Un journalisme citoyen anarchique mais vivant ? Un contrôle encore plus strict de l’information ? Ou, espérons-le, une synthèse vertueuse entre professionnalisme journalistique et participation citoyenne ?

    En attendant, je continue de scruter mon fil Twitter. Car c’est là, et nulle part ailleurs, que je trouve l’information dont j’ai besoin pour comprendre ce qui se passe dans mon pays. Triste époque pour le journalisme français. Mais peut-être l’aube d’une nouvelle ère pour l’information citoyenne.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Swello / Unsplash

  • Titan : les questions techniques et procédurales que personne ne pose
    Titan : les questions techniques et procédurales que personne ne pose
    La tragédie du submersible Titan révèle des lacunes troublantes dans la conception technique de l’engin et soulève des questions sur la transparence des procédures d’embarquement. L’absence de système de décompression visible et la rapidité de découverte des débris interrogent sur les véritables circonstances de cette expédition touristique vers l’épave du Titanic.

    La disparition du submersible Titan le 18 juin 2023 lors d’une expédition touristique vers l’épave du Titanic a captivé l’attention mondiale. Mais au-delà de l’émotion légitime face à cette tragédie, certaines questions techniques et procédurales méritent qu’on s’y attarde plus longuement.

    Quand j’ai appris qu’une expédition de milliardaires partait visiter l’épave du Titanic par 3800 mètres de fond, je me suis naturellement attendu à voir un engin de haute technologie. Un submersible capable de résister à des pressions de près de 380 fois la pression atmosphérique, équipé des systèmes de sécurité les plus avancés.

    Ce que j’ai découvert m’a profondément interpellé.

    Un submersible aux spécifications troublantes

    Le Titan d’OceanGate mesurait 6,7 mètres de long pour 2,8 mètres de large et pesait environ 10 tonnes. Sa coque était constituée d’un assemblage hybride : titane pour les extrémités, fibre de carbone pour le cylindre central. Un choix technique déjà controversé dans la communauté des ingénieurs navals.

    À 3800 mètres de profondeur, la pression atteint 38 MPa, soit 380 bars. Pour donner une idée de cette pression phénoménale : elle équivaut au poids d’une tour Eiffel posée sur chaque mètre carré de surface.

    Les submersibles habités opérant à de telles profondeurs sont traditionnellement construits avec des coques sphériques en titane ou en acier haute résistance. La géométrie sphérique répartit uniformément les contraintes, tandis que les matériaux métalliques offrent une résistance et une prévisibilité éprouvées.

    Le choix d’OceanGate de combiner titane et fibre de carbone dans une géométrie cylindrique posait déjà des défis considérables. Les coefficients de dilatation différents entre ces matériaux créent des points de contrainte lors des cycles de compression-décompression.

    L’énigme du système de décompression

    Un aspect me frappe particulièrement dans cette affaire : l’absence totale de discussion sur le système de gestion de la pression interne et les procédures de décompression.

    Dans la plongée sous-marine classique, la remontée depuis de grandes profondeurs nécessite des paliers de décompression stricts. À 40 mètres de fond déjà, un plongeur doit respecter des paliers pour éviter l’accident de décompression, potentiellement mortel.

    Pour un submersible descendant à 3800 mètres, la question de la gestion atmosphérique devient cruciale. Comment la pression interne était-elle maintenue ? Existait-il un système de décompression progressive ? Les photos disponibles du Titan ne montrent aucun équipement visible de ce type.

    Les submersibles professionnels utilisent généralement des systèmes sophistiqués : réservoirs d’air comprimé, régulateurs de pression, systèmes de purification de l’atmosphère, capteurs de surveillance continue. Ces équipements sont vitaux non seulement pour la descente et la remontée, mais aussi pour maintenir une atmosphère respirable pendant plusieurs heures.

    L’intérieur du Titan, d’après les images diffusées, ressemblait davantage à un camping-car spartiate qu’à un laboratoire sous-marin de haute technologie.

    Des procédures d’embarquement dans l’ombre

    Un autre aspect troublant concerne le manque total de transparence sur les procédures d’embarquement des cinq passagers.

    Dans l’aéronautique commerciale, chaque vol fait l’objet d’une documentation exhaustive : plan de vol, vérifications pré-vol, enregistrement des passagers, procédures de sécurité. Cette traçabilité n’existe pas seulement pour des raisons administratives, mais constitue un élément fondamental de la sécurité.

    Pour une expédition à 3800 mètres de profondeur, on pourrait s’attendre à des protocoles encore plus rigoureux. Pourtant, nous n’avons accès à aucune image, aucune vidéo, aucun document sur l’embarquement du 18 juin 2023.

    Cette absence interpelle d’autant plus que l’expédition était présentée comme un événement exclusif facturé 250 000 dollars par passager. À ce tarif, on imagine naturellement une documentation complète de l’expérience.

    Les questions se multiplient : les passagers ont-ils reçu une formation spécifique ? Des consignes de sécurité ont-elles été dispensées ? Le submersible a-t-il fait l’objet de vérifications pré-plongée documentées ?

    Une découverte de débris étonnamment rapide

    La rapidité avec laquelle les débris du Titan ont été localisés soulève également des interrogations légitimes.

    L’océan Atlantique Nord, à 3800 mètres de profondeur, représente un environnement d’une complexité extrême pour les recherches. Les courants profonds, l’obscurité totale, le relief accidenté du fond marin rendent toute opération de recherche particulièrement ardue.

    Historiquement, la localisation d’épaves en grande profondeur nécessite des moyens considérables et des durées importantes. L’épave du Titanic elle-même n’a été découverte qu’en 1985, soit 73 ans après le naufrage, malgré de nombreuses expéditions de recherche.

    Les débris du Titan ont été identifiés le 22 juin, soit quatre jours après la perte de contact. Cette efficacité, bien que remarquable sur le plan technique, interroge sur les moyens déployés et la précision des zones de recherche.

    Les robots sous-marins utilisés, des ROV (Remotely Operated Vehicles), nécessitent des navires-supports équipés de systèmes de positionnement dynamique et de treuils capables de déployer plusieurs kilomètres de câbles. La coordination de ces moyens en si peu de temps témoigne d’une logistique impressionnante.

    Les zones d’ombre d’une industrie naissante

    L’affaire Titan révèle les limites d’une industrie du tourisme sous-marin de haute profondeur encore balbutiante et largement autorégulée.

    Contrairement à l’aviation commerciale, soumise à des réglementations internationales strictes, le tourisme sous-marin en eaux internationales évolue dans un vide juridique relatif. Les certifications, quand elles existent, relèvent souvent d’organismes privés aux standards variables.

    OceanGate avait fait le choix de ne pas certifier le Titan auprès d’organismes comme l’American Bureau of Shipping ou Det Norske Veritas, arguant que ces procédures freineraient l’innovation. Une position qui, rétrospectivement, interroge sur l’équilibre entre innovation et sécurité.

    Cette autorégulation pose des questions fondamentales : qui contrôle la sécurité de ces expéditions ? Quels standards techniques s’appliquent ? Comment protéger des clients qui paient des sommes considérables pour des expériences aux risques mal évalués ?

    Les leçons d’une tragédie annoncée ?

    Plusieurs experts de l’industrie sous-marine avaient exprimé leurs réserves sur le concept du Titan avant même cette expédition fatale.

    En 2018, plus de 30 experts de l’industrie avaient signé une lettre adressée à OceanGate, exprimant leurs préoccupations sur l’approche « expérimentale » de la société. Ils pointaient notamment les risques liés aux matériaux composites en grande profondeur et l’absence de certification indépendante.

    Ces alertes n’ont manifestement pas été entendues. Ou plutôt, elles ont été balayées au nom de l’innovation et de la disruption d’une industrie jugée trop conservatrice.

    Cette tragédie soulève une question plus large : dans notre société fascinée par l’innovation et la disruption, jusqu’où peut-on repousser les limites de la sécurité au nom du progrès ?

    Les réglementations et certifications, souvent perçues comme des freins à l’innovation, constituent en réalité le fruit d’années d’expérience et d’accidents. Elles ne sont pas des obstacles au progrès, mais les fondations sur lesquelles construire une innovation responsable.

    Trop d’éléments restent dans l’ombre pour considérer ce dossier comme clos. Les familles des victimes, comme la communauté scientifique et industrielle, méritent des réponses complètes sur les circonstances techniques et procédurales de cette tragédie.

    Car au-delà de l’émotion légitime, c’est la crédibilité de toute une industrie naissante qui se joue dans la transparence de cette enquête.

    Sources et références

    Pour aller plus loin

    Photo : NOAA / Unsplash

  • « L’intelligence artificielle » n’existe pas, pourquoi je refuse cette imposture technologique
    « L’intelligence artificielle » n’existe pas, pourquoi je refuse cette imposture technologique
    L’intelligence artificielle telle qu’on nous la présente aujourd’hui n’existe pas. Ce ne sont que des algorithmes, parfois sophistiqués, mais toujours dépourvus de la moindre intelligence réelle. Un développeur qui a créé son premier système conversationnel en 1986 décrypte l’imposture.

    Je suis un gros nul en intelligence artificielle.

    Voilà, c’est dit. Après 37 ans à développer des systèmes conversationnels, des moteurs d’inférence et ce qu’on appelle aujourd’hui pompeusement des « IA », je peux enfin l’avouer : je n’ai jamais créé la moindre intelligence. Juste des algorithmes. Des lignes de code qui simulent, qui imitent, qui donnent l’illusion. Mais jamais qui pensent.

    Cette confession n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un cri d’alarme face à l’imposture technologique la plus massive de notre époque.

    Mon premier « ChatGPT » tournait sur Amstrad en 1986

    Laissez-moi vous raconter une anecdote. En 1986, j’ai développé mon premier logiciel conversationnel. Un programme qui tournait sur Amstrad CPC, avec ses 64 Ko de mémoire vive. Ce système était déjà capable de tenir une conversation, de répondre à des questions, d’apprendre de ses interactions. On appelait ça un « système expert » à l’époque.

    Deux ans plus tard, en 1988, je créais un logiciel d’aide au diagnostic médical d’urgence. Il posait des questions, analysait les symptômes, proposait des diagnostics probables. Les médecins étaient bluffés. « C’est magique ! » disaient-ils. Non, c’était juste un arbre de décision sophistiqué avec une base de connaissances médicales.

    Vous savez quoi ? Fondamentalement, ChatGPT ne fait rien de plus. Oh bien sûr, il a accès à des milliards de paramètres au lieu de mes quelques milliers. Il tourne sur des serveurs surpuissants au lieu d’un ordinateur 8 bits. Mais le principe reste le même : pattern matching, statistiques, probabilités. Pas d’intelligence.

    La seule vraie différence ? Le marketing.

    L’affaire du petit Grégory ou comment l’IA déshumanise

    Fin avril 2023, une vidéo fait le buzz. On y voit le petit Grégory Villemin, assassiné en 1984, « ressuscité » par l’IA pour raconter son histoire. Les médias s’extasient devant cette prouesse technologique. Moi, j’ai envie de vomir.

    Ce n’est pas « l’IA » qui fait parler cet enfant mort. C’est un algorithme d’animation faciale couplé à une synthèse vocale. Des effets spéciaux qu’on trouve dans n’importe quel jeu vidéo moderne. Mais surtout, c’est l’œuvre de codeurs sans cœur, sans humanité, sans éthique.

    Parce que voilà le vrai problème de ce qu’on appelle l’IA : elle nous déshumanise. Elle nous fait oublier qu’il y a des limites morales à ne pas franchir. Elle transforme la tragédie humaine en spectacle technologique.

    Et le pire ? On applaudit.

    La technologie n’est jamais neutre

    Chaque ligne de code porte en elle les biais de son créateur. Chaque algorithme reflète une vision du monde. Quand un développeur programme un système, il y injecte forcément ses propres préjugés, ses propres limitations, sa propre idéologie.

    C’est mathématique : un algorithme ne peut pas être plus intelligent que celui qui l’a conçu. Il peut être plus rapide, traiter plus de données, mais il restera toujours prisonnier de la logique qu’on lui a imposée.

    La grande arnaque du GAI (General Artificial Intelligence)

    Aujourd’hui, on ne parle plus simplement d’IA mais de GAI – General Artificial Intelligence. Cette nouvelle appellation désigne tout système informatique qui effectue ou « apprend » n’importe quelle tâche cognitive. En gros, on a élargi la définition pour y inclure tout et n’importe quoi.

    Un correcteur orthographique ? C’est de l’IA. Un filtre Instagram ? De l’IA. Un tableau Excel avec des formules ? Bientôt de l’IA aussi, pourquoi pas.

    Cette inflation sémantique n’est pas innocente. Elle sert à justifier des investissements colossaux, à créer une bulle spéculative, à vendre du rêve aux investisseurs et du cauchemar aux travailleurs.

    Le vrai objectif : remplacer l’humain

    Parlons franchement. L’IA intéresse les entreprises pour une seule raison : se débarrasser des employés. Oh, on vous dira que c’est pour « augmenter la productivité » ou « libérer l’humain des tâches répétitives ». Foutaises.

    Dans moins de 9 ans, des logiciels d’automatisation gavés de pseudo-IA produiront en quelques minutes autant de travail administratif ou commercial qu’un employé en une journée. Et ils ne demanderont ni augmentation, ni congés, ni respect.

    Prenez les agences de voyage. Aujourd’hui déjà, une IA peut concevoir un voyage sur mesure : dates, budget, préférences, tout y passe. Le résultat ? Des milliers d’emplois qui vont disparaître. Et on ose appeler ça du progrès.

    La monnaie algorithmique : le prochain cauchemar

    Mais attendez, le meilleur reste à venir. La prochaine étape, c’est la monnaie numérique programmable. J’appelle ça la « monnaie algorithmique ». Une monnaie qui ne sera pas simplement digitale, mais « intelligente ».

    Imaginez : votre argent qui décide lui-même comment il peut être dépensé. Des euros qui refusent d’acheter de l’alcool après 22h. Des dollars qui s’autodétruisent si vous ne les dépensez pas dans le mois. Une monnaie qui vous surveille, vous juge, vous contrôle.

    Science-fiction ? Non, c’est en développement. Les banques centrales du monde entier planchent dessus. Et devinez quoi ? Elles appellent ça une innovation.

    Mon IA qui vous surveille au travail

    Puisqu’on en est aux confessions, laissez-moi vous parler de ma dernière création. La nuit dernière, j’ai terminé l’implémentation d’une intelligence artificielle qui apprend et supervise la manière dont un opérateur humain organise son travail.

    Cette IA « amicale » observe vos actions, analyse vos pauses, mesure votre productivité. Elle apprend vos habitudes, détecte vos faiblesses, optimise votre rendement. Big Brother en version corporate.

    Pourquoi je développe ça ? Parce que si je ne le fais pas, d’autres le feront. Et au moins, moi, j’ai encore assez de conscience pour vous prévenir : méfiez-vous de ces outils. Ils ne sont pas vos amis.

    L’IA, technologie rêvée des comploteurs

    On me demande parfois : « Peut-on comploter avec de l’IA ? » Ma réponse est toujours la même : « L’IA est la technologie rêvée des comploteurs. »

    Création de fausses preuves, manipulation de masse, surveillance généralisée, contrôle social… Tout devient possible et automatisable. Les complotistes ont encore de beaux jours devant eux. La chasse aux comploteurs vient à peine de commencer.

    Alors, c’est quoi la vraie intelligence ?

    Marie-Estelle Dupont l’a parfaitement résumé : la vraie intelligence, c’est la capacité à ressentir, à compatir, à créer du sens. C’est ce qui nous rend humains. Et ça, aucun algorithme ne pourra jamais le reproduire.

    Un algorithme peut simuler l’empathie en analysant des patterns émotionnels. Il peut générer des réponses qui semblent compatissantes. Mais il ne ressent rien. Il ne comprend pas la souffrance, la joie, l’amour. Il calcule.

    L’intelligence humaine, c’est cette étincelle inexplicable qui nous fait pleurer devant un coucher de soleil, rire d’une absurdité, nous indigner d’une injustice. C’est notre capacité à transcender la logique pure pour toucher à quelque chose de plus grand.

    Bref.

    Je continuerai à développer des systèmes algorithmiques. C’est mon métier, ma passion même. Mais je refuserai toujours de les appeler « intelligents ». Ce ne sont que des outils, potentiellement dangereux, toujours limités.

    La vraie question n’est pas de savoir si l’IA va nous remplacer. C’est de savoir si nous allons accepter de nous laisser déshumaniser par des machines qui ne comprennent rien à ce que nous sommes.

    Alors la prochaine fois qu’on vous vendra de l’IA miraculeuse, souvenez-vous : derrière chaque « intelligence artificielle » se cache un algorithme bête et discipliné, écrit par un humain faillible, au service d’intérêts qui ne sont probablement pas les vôtres.

    Et ça, c’est la seule vérité intelligente dans toute cette affaire.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : A Chosen Soul / Unsplash

  • Réformons les retraites, avec nos amis les robots!

    Je dois expliquer ma position sur le sujet de la réforme des #Retraites de Président #Macron car on me demande souvent pourquoi « je suis contre » au pretexte que « je ne devrais pas me sentir concerné, étant privilégié ».

    En ma qualité de (petit) acteur économique et de (petit) syndicaliste patronal #MEDEF, je critique ouvertement la réforme #Macron #Borne car je la trouve ridiculeusement simpliste, naïve, pauvre, dénuée d’intelligence, bâclée, non concertée, vite expédiée, pas du tout à la hauteur des enjeux.

    Clairement ce projet est tiré d’un travail de branquignoles « petits faiseux ».

    Les raisons de mon engagement contre cette réforme là sont multiples, déjà parce que je considère que mes ancêtres ont beaucoup œuvré pour des acquis sociaux qui inspirent partout sur la planète, parce que « tout est politique » et que « la politique est au centre de tout », parce que j’ai beaucoup d’empathie pour mes semblables qui vivent dans la même communauté que moi, parce que je sais ce qu’apporte une communauté apaisée et parce que je me considère comme un « patron social », la vie des salariés et des retraités en général m’importe beaucoup, une communauté de gens qui ont une vie stable, apaisée, libérée des tensions financières quotidiennes, équilibrée n’a pas de prix, et finalement tout le monde en profite (bien-être au quotidien, prospérité, sécurité).

    Réformer le système de retraite, je suis bien sûr d’accord et je l’appelle de mes vœux, il faut effectivement vite « repenser l’algorithme » car de nos jours les fonds destinés au paiement des retraites, générés par les travailleurs actifs, ne vont probablement pas suffire à couvrir les besoins pour des retraités qui sont toujours plus nombreux à vivre toujours plus longtemps. N’importe qui peut comprendre ça.Je vois les dirigeants politiques qui se succèdent, je vois leur incompétence, je vois leurs échecs qui s’accumulent et surtout les conséquences de ces échecs.Une bonne réforme des retraites doit prendre en compte deux choses à mes yeux, d’une part « la pénibilité au travail humain » et d’autre part « la productivité technologique ».

    J’estime en effet qu’il est absolument essentiel de mesurer la pénibilité au travail (et du travail), de la quantifier, de la catégoriser, de la mesurer et de la considérer. Qui peut penser qu’un homme qui travaille au fond d’un trou depuis l’âge de 16 ans puisse partir à la retraite dans le même état et quasiment au même âge qu’une femme qui a été secrétaire depuis ses 23 ans?

    Surtout, ma casquette de technologue me fait dire que les technologies d’industrialisation mécanisée et automatisée, l’automatisation industrielle, l’automatisation logicielle, la robotique industrielle, la robotique logicielle, et surtout l’intelligence artificielle d’une manière générale détruisent et remplacent indiscutablement des emplois en très grand nombre, et donc réduisent considérablement les revenus des caisses de retraite, il me paraît évident qu’il faut maintenant considérer que tous les systèmes de production automatisés doivent « contribuer » d’une manière ou d’une autre au paiement d’un revenu aux humains dans leur ensemble.

    Une communauté dans laquelle « le travail » est très automatisé (par des machines ou des logiciels) doit pouvoir en vivre de façon générale, donc oui Monsieur Elon #Musk (qui vient, honte à lui, de se prononcer en faveur de la réforme française) il faut que « les robots paient », non pas seulement les actionnaires des entreprises qui font des profits à partir de l’automatisation, mais surtout les humains de toute la communauté globalement doivent pouvoir en profiter.

    Je sais parfaitement de quoi je parle, je conçois à mon humble niveau des machines automatiques et de la robotique logicielle, clairement ces systèmes remplacent des travailleurs et des opérateurs humains, clairement avec beaucoup moins de gens on peut produire beaucoup plus de richesses. Le discours qui consiste à dire « les nouveaux métiers tirés des nouvelles technologies ouvrent de nouvelles perspectives d’emplois » est un discours très hypocrite, car la réalité c’est que les systèmes de traitement automatisés détruisent des emplois humains dans une proportion nettement supérieure aux emplois nouveaux créés dans les nouvelles branches « digitales » et installent un écosystème pyramidal où les quelques personnes qui contrôlent les technologies tout en haut, profitent de toutes les richesses quand tout en bas de plus en plus de pauvres s’apauvrissent.

    D’autant que nous savons tous qu’à partir de 50 ans il est vraiment très difficile de trouver du #travail (surtout en #France) et donc si on prolonge l’âge de départ à la retraite à 64, 67 ou 68 ans dans les faits, d’innombrables personnes vont se trouver en situation très compliquée sur les 10 ou 15 dernières années avant leur retraite officielle, c’est inacceptable et honteux.

    Une bonne réforme des retraites pour l’avenir de notre #civilisation moderne et technologique « à la française » c’est donc une réforme qui prendra en compte d’une part la #pénibilité au travail et d’autre part la #productivité automatisée.

  • L’expérience secrète Twitter.
    L’expérience secrète Twitter.

    En septembre 2011, j’ai décidé de microbloguer en 140 caractères.

    Ceci correspondait à une envie d’exprimer des idées et des points de vue, de les exposer au public, mais aussi à mes possibilités pratiques. Je voulais écrire mais je n’avais pas de temps pour ça. Twitter apportait une solution à ma problématique.

    Très vite, en quelques semaines, j’ai compris est cerné le potentiel politique réel de cet outil de communication instantanée, que je regardais du coin de l’œil depuis quelques années.

    J’ai pu constater la puissance d’un outil d’influence inégalé. J’ai rapidement vu l’emprise psychologique de certaines personnalités, les leaders (d’opinion) et j’ai vu les réactions provoquées sur les suiveurs.

    Le fonctionnement logique (simpliste) de Twitter m’a immédiatement beaucoup intrigué, je l’ai examiné en détail, j’ai compris l’algorithmie (notamment le fonctionnement chronologique des liens entre les comptes d’utilisateurs, les messages publiés, les « Like » et les « RT ») et j’ai eu une incroyable idée.

    Je me suis mis en tête de suivre « intelligemment » des comptes d’utilisateurs, toujours plus nombreux, et de regarder « intelligemment » ce qu’ils publient et ce qui se passe ensuite sur le réseau Twitter, notamment les interactions (très visibles ou peu visibles) et les évènements sur les comptes d’utilisateurs liés.

    Twitter fournit directement et indirectement d’innombrables données pour peu qu’on sache les identifier, les exploiter et les interpréter. Je sais identifier, exploiter et interpréter ces données. J’ai donc construit en quelques années une technologie de supervision globale pour mon propre compte, en amateur, qui m’a permis de déterminer les tendances, les groupes d’utilisateurs en fonction de certaines idées précises, d’identifier les leaders, de les catégoriser, de savoir qui connait qui et qui influence qui, avec quelles idées, dans à peu près tous les domaines intellectuels.

    En presque 10 ans, avec beaucoup d’automatisation, de robotique logicielle, d’intelligence artificielle, je suis parvenu à dessiner toutes les tendances, dans tous les domaines d’intérêts, et d’être en mesure de catégoriser n’importe quel compte d’utilisateur en fonction de ses connaissances, de ses idées et des liens logiques qui existent.

    Je peux profiler en quelques secondes n’importe quel compte d’utilisateur, et donc profiler l’utilisateur, souvent anonyme, qui se cache derrière.

    Évidemment, l’utilisation d’un système perfectionné d’analyse syntaxique est l’une des clés mais j’ai poussé le vice jusqu’à internationaliser l’outil en analysant d’autres langues que le français, comme l’anglais bien sûr mais aussi l’arabe et le russe.

    J’ai secrètement et opportunément accumulé des quantités de données disponibles dans le domaine public, toutes de sources ouvertes. L’interprétation de ces données m’a appris énormément sur la sociologie et sur les logiques communautaires, sur les idées qui se dégagent et sur leur force.

    Pendant de nombreuses années j’ai pu tester des idées très fortes et très pointues sur Twitter, en explorant la sociologie humaine, et constater les réactions et les interactions. J’ai été l’un des leaders d’opinion les plus controversés sur Twitter, j’ai provoqué de très nombreux débats sur de très nombreux sujets, généralement très sensibles.

    Pour ce qui concerne la France, je pense avoir globalement identifié tous les thèmes centraux, les zones de crispation, les limites, les problématiques communautaires, leurs acteurs, leurs leaders. Les amis et les ennemis de chaque groupe.

    J’estime que rien ne m’a échappé.

    Je n’aime pas du tout ce que j’ai découvert, j’ai toutes les informations nécessaires pour me faire une idée très précise des problématiques qui concernent la France, des résistances, des limites, des anomalies, des injustices et de la façon dont les choses évoluent, en temps réel.

    Les réseaux d’influences, les groupuscules, les corporations, les lobbies, les communautés, notamment en matière politique, puisque c’est le plus intéressant, et puisque tout est politique, n’ont plus vraiment de secrets pour moi.

    Je suis inquiet car j’ai pu observer que l’évolution de la législation sur la liberté d’expression en France est très dangereuse, sous la pression de certaines petites communautés très bien identifiées, très puissantes.

    J’ai cessé l’expérience secrète Twitter sous la forme que je lui avais donnée le 4 septembre 2020, très exactement 9 ans plus tard.

    Précisément le jour du 150ème anniversaire de la République.

  • Amazon, la guerre économique révèle notre impréparation stratégique
    Amazon, la guerre économique révèle notre impréparation stratégique
    Amazon vient de suspendre des milliers de vendeurs européens dans les secteurs essentiels, révélant notre dépendance totale à cette plateforme. La réaction française, entre précipitation et improvisation, démontre notre manque cruel de stratèges face à cette guerre économique numérique.

    C’est un truc de dingue. Vraiment. Amazon Europe vient de suspendre une quantité phénoménale de marchands fournisseurs dans les domaines de l’alimentation sèche, l’hygiène et les produits médicaux. Tous mes comptes vendeurs dans tous les pays européens sont tombés. Et je ne suis pas le seul. Des milliers d’entreprises françaises qui survivaient encore grâce à cette plateforme viennent de perdre leur dernier canal de distribution en pleine crise sanitaire.

    Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette séquence. Quelque chose qui dépasse la simple décision commerciale d’une entreprise américaine. Nous assistons en direct à une démonstration de force qui devrait nous glacer le sang.

    La dissuasion numérique : une arme plus redoutable que l’atome

    Un expert en stratégie me confiait récemment : « La dissuasion numérique est aussi forte que la dissuasion nucléaire. » Sur le moment, j’ai trouvé la comparaison excessive. Aujourd’hui, je mesure à quel point il avait raison.

    Pensez-y deux secondes. Amazon peut, d’un simple clic, mettre à genoux des milliers d’entreprises européennes. Pas besoin de missiles, pas besoin de tanks. Juste une décision algorithmique prise quelque part entre Seattle et Luxembourg. Et nous voilà, impuissants, à regarder nos entreprises s’effondrer.

    Cette suspension massive n’est pas anodine. Elle touche spécifiquement trois secteurs critiques en période de crise :

    • L’alimentation sèche : les produits de première nécessité non périssables
    • L’hygiène : tout ce qui permet de maintenir des conditions sanitaires acceptables
    • Les produits médicaux : du matériel essentiel en pleine pandémie

    Coïncidence ? Permettez-moi d’en douter.

    L’ubérisation finale : quand le prédateur dévore ses proies

    Pendant des années, on nous a vendu l’ubérisation comme une opportunité. « Rejoignez la marketplace », « développez votre business », « accédez à des millions de clients ». Les entreprises françaises ont mordu à l’hameçon. Normal, c’était la seule façon de survivre face à la concurrence déloyale d’un géant qui ne paie pas d’impôts en France.

    Résultat ? Une dépendance totale. Des milliers d’entreprises qui avaient restructuré toute leur logistique autour d’Amazon. Des PME qui avaient investi dans des stocks, adapté leurs packagings, formé leurs équipes. Pour quoi ? Pour se faire jeter comme des malpropres au pire moment possible.

    C’est ça, l’ubérisation. On vous fait miroiter la liberté entrepreneuriale, mais en réalité, vous devenez un serf numérique. Corvéable à merci. Jetable sur simple notification.

    Les chiffres qui font mal

    En France, ce sont plus de 10 000 entreprises qui vendent sur Amazon. Pour beaucoup, la plateforme représente entre 30% et 80% de leur chiffre d’affaires. Certaines PME ont même abandonné leur site e-commerce propre, jugeant la bataille perdue d’avance.

    Maintenant, imaginez. Du jour au lendemain, votre principal canal de vente disparaît. Vos stocks sont bloqués dans les entrepôts Amazon. Vos clients n’ont plus accès à vos produits. Et tout ça en pleine crise sanitaire, alors que les magasins physiques sont fermés.

    C’est un massacre économique en règle.

    La riposte française : l’improvisation totale

    Face à cette situation, quelle est la réponse de nos dirigeants ? On ferme Amazon France. Comme ça, sans préparation, sans alternative, sans stratégie.

    Je vais peut-être vous surprendre, mais j’estime que c’est la pire façon de faire. On ferme Amazon au pire moment et dans la pire impréparation. C’est du grand n’importe quoi stratégique.

    Regardons les faits :

    • Pas de plateforme alternative française opérationnelle
    • Pas de plan B pour les entreprises dépendantes
    • Pas de coordination européenne
    • Pas de vision à long terme

    En France, il manque cruellement des stratèges et des tacticiens. On réagit à l’émotion, on légifère dans la précipitation, on ferme sans construire d’alternative. C’est de l’amateurisme pur et simple.

    Ce qu’il aurait fallu faire

    Une vraie stratégie aurait consisté à :

    1. Construire avant de détruire
    Créer une véritable alternative européenne à Amazon. Pas un énième site marchand, mais une infrastructure logistique et technologique capable de rivaliser.

    2. Imposer la réciprocité
    Si Amazon peut suspendre nos entreprises, nous devrions pouvoir suspendre Amazon. Mais pour ça, il faut des leviers. Des vrais.

    3. Réguler intelligemment
    Pas interdire, mais encadrer. Obliger à la transparence algorithmique. Imposer des garanties pour les vendeurs. Créer un statut juridique protecteur.

    4. Coordonner à l’échelle européenne
    Seuls, nous ne pesons rien. À 27, nous représentons le premier marché mondial. Mais ça demande de la vision et du courage politique.

    La souveraineté numérique : le grand absent du débat

    Cette crise révèle notre nudité stratégique. Nous n’avons aucune souveraineté numérique. Zéro. Nada. Nos entreprises dépendent de plateformes américaines, nos données sont stockées outre-Atlantique, nos citoyens communiquent via des messageries californiennes.

    Et pendant ce temps, que font nos « élites » ? Elles parlent de « French Tech », organisent des concours de startups, distribuent des subventions saupoudrées. Mais sur le fond, sur la vraie bataille – celle des infrastructures, celle de l’indépendance technologique – rien.

    La suspension massive d’Amazon devrait être notre électrochoc. Notre Pearl Harbor numérique. Le moment où on réalise qu’on est en guerre économique et qu’on n’a même pas commencé à s’armer.

    Les leçons de l’histoire

    Souvenez-vous du plan Calcul dans les années 60. De Gaulle avait compris que l’informatique serait stratégique. Il a lancé un plan massif pour créer une industrie informatique française. Ça n’a pas totalement marché, mais au moins, il y avait une vision.

    Aujourd’hui ? Rien. On laisse les GAFAM coloniser notre économie, on applaudit quand ils ouvrent un centre de recherche à Paris, on est content quand ils embauchent nos ingénieurs. C’est pathétique.

    Que faire maintenant ?

    Pour les entreprises touchées, l’urgence est de survivre. Quelques pistes :

    Diversifier en catastrophe
    Réactivez vos anciens canaux de distribution. Contactez directement vos clients. Utilisez les réseaux sociaux. Bricolez, mais vendez.

    Se regrouper
    Créez des collectifs de vendeurs. Mutualisez les ressources. La force du nombre peut créer des opportunités.

    Explorer les alternatives
    Cdiscount, Fnac, Darty… Ce n’est pas Amazon, mais c’est mieux que rien. Les marketplaces françaises existent, même si elles sont moins performantes.

    Reprendre le contrôle
    C’est le moment ou jamais de reconstruire votre indépendance commerciale. Site propre, base clients directe, logistique internalisée. Ça coûte cher, mais c’est le prix de la liberté.

    L’avenir se joue maintenant

    Cette crise Amazon n’est qu’un avant-goût. Demain, ce sera peut-être Google qui coupera nos accès publicitaires. Ou Facebook qui bloquera nos pages. Ou Microsoft qui suspendra nos licences Office 365.

    Nous sommes dans une guerre économique totale. Une guerre où les armes sont numériques, où les territoires sont virtuels, mais où les morts sont bien réels. Des entreprises qui ferment, des emplois qui disparaissent, une économie qui s’effondre.

    Face à ça, nous avons deux choix. Continuer à subir, en espérant que les maîtres américains seront cléments. Ou nous réveiller, nous organiser, et construire notre propre destin numérique.

    Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai fait mon choix. Il est temps de se battre. Vraiment.

    Parce que là, clairement, il y a un truc pas clair du tout qui se passe. Et si on ne réagit pas maintenant, dans dix ans, il sera trop tard.

    Bref. La balle est dans notre camp. Qu’est-ce qu’on fait ?

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : JESHOOTS.COM / Unsplash