Catégorie : ÉCONOMIE

  • L’Europe à la croisée des chemins : pourquoi le projet actuel court à sa perte
    L’Europe à la croisée des chemins : pourquoi le projet actuel court à sa perte
    L’Union européenne poursuit son élargissement insensé vers l’Albanie et la Macédoine alors que les peuples grondent et que la crise économique ravage le continent. Le projet européen actuel est devenu une machine à détruire les nations et les économies, et nos dirigeants persistent dans le déni.

    On est chez les fous. Vraiment. Pendant que l’Europe s’enfonce dans la crise la plus grave depuis sa création, pendant que les peuples manifestent leur ras-le-bol comme les Bonnets Rouges en Bretagne, pendant que les entreprises fuient un continent devenu hostile à toute forme de réussite économique, que font nos commissaires européens ? Ils donnent le feu vert à l’élargissement avec l’Albanie et la Macédoine.

    Cette décision d’octobre dernier illustre parfaitement la déconnexion totale entre les institutions européennes et la réalité du terrain. Mais elle n’est que la partie émergée d’un iceberg bien plus dangereux : celui d’un projet européen qui a complètement déraillé et qui nous mène droit dans le mur.

    L’élargissement perpétuel : la fuite en avant mortifère

    L’annonce de l’ouverture des négociations avec l’Albanie et la Macédoine relève de la psychiatrie politique. Alors que l’Union européenne n’arrive déjà pas à gérer ses 28 membres actuels, alors que la zone euro est au bord de l’implosion, alors que les divergences économiques entre pays membres n’ont jamais été aussi fortes, on continue d’élargir.

    Rappelons quelques faits. L’Albanie, c’est un PIB par habitant de 4 000 euros, soit 8 fois moins que la moyenne européenne. C’est un pays gangréné par la corruption, classé 116e sur 177 dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International. C’est un État où le crime organisé reste omniprésent et où l’État de droit n’est qu’une façade.

    La Macédoine ? Un conflit identitaire permanent avec la Grèce sur son nom même. Des tensions ethniques explosives entre Macédoniens et Albanais. Un PIB par habitant de 4 500 euros. Une économie de survie qui ne tient que par l’émigration massive de sa jeunesse.

    Et c’est ça qu’on veut intégrer ? Avec quel argent ? Pour quel bénéfice ? La réponse est simple : aucun. Si ce n’est satisfaire les délires mégalomaniaques d’une Commission européenne qui confond expansion géographique et réussite politique.

    Le coût caché de l’élargissement

    Chaque élargissement coûte des dizaines de milliards d’euros. Les fonds structurels, les aides à la convergence, les subventions agricoles… Tout cela est payé par qui ? Par les contribuables des pays nets contributeurs, c’est-à-dire principalement l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et quelques autres.

    L’élargissement de 2004 et 2007 nous a déjà coûté plus de 150 milliards d’euros sur la période 2007-2013. Et qu’avons-nous gagné en échange ? Une concurrence déloyale avec des pays où les salaires sont 5 à 10 fois inférieurs. Des délocalisations massives. Une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail dans toute l’Europe.

    Bref, on paie pour se faire concurrencer et appauvrir. Génial comme concept.

    La destruction économique programmée

    Mais l’élargissement n’est qu’un symptôme d’un mal plus profond. L’Union européenne est devenue une machine à détruire les économies nationales. Je le dis et je le répète : toute personne, morale ou physique, qui envisage de réussir financièrement en Europe doit désormais fuir au risque de tout perdre.

    Regardez ce qui se passe. La BCE maintient des taux artificiellement bas qui détruisent l’épargne et créent des bulles spéculatives partout. La Commission impose des règles de concurrence qui empêchent la constitution de champions européens capables de rivaliser avec les Américains ou les Chinois. Les directives s’accumulent, étouffant les entreprises sous une bureaucratie kafkaïenne.

    Un exemple concret ? La directive sur le temps de travail qui limite à 48 heures hebdomadaires le travail des médecins hospitaliers. Résultat : pénurie de médecins, services d’urgence débordés, et on fait venir des médecins roumains ou bulgares formés on ne sait comment pour boucher les trous. C’est ça le progrès européen ?

    L’euro, boulet économique

    Et puis il y a l’euro. Cette monnaie unique pour des économies radicalement différentes. L’Allemagne avec ses excédents commerciaux records. La Grèce avec ses déficits abyssaux. L’Italie avec sa dette publique qui explose. La France qui s’enfonce lentement mais sûrement.

    Comment peut-on avoir la même politique monétaire pour des pays aux situations si différentes ? C’est impossible. Résultat : l’euro est trop fort pour les pays du Sud, qui perdent en compétitivité et s’enfoncent dans la récession. Il est trop faible pour l’Allemagne, qui accumule les excédents au détriment de ses voisins.

    La zone euro est devenue une zone de transferts permanents déguisés. Les plans de sauvetage de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal, de Chypre… Ce ne sont pas des aides, ce sont des perfusions pour maintenir en vie artificielle des économies que l’euro a rendues non viables.

    Les peuples se réveillent, les élites persistent

    Face à ce désastre, les peuples commencent à se réveiller. Les Bonnets Rouges en Bretagne montrent la voie. Leur révolte contre l’écotaxe n’est que la partie visible d’un ras-le-bol généralisé contre une Europe qui impose toujours plus de contraintes, toujours plus de taxes, toujours plus de règlements absurdes.

    Tous les peuples d’Europe devraient regarder attentivement l’œuvre des Bonnets Rouges et s’en inspirer. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : reprendre le pouvoir face à une technocratie européenne hors de contrôle.

    Mais que font nos dirigeants face à cette colère montante ? Ils nient. Ils minimisent. Ils promettent que tout va s’arranger. Notre Président vient encore de nous assurer dans ses vœux que la crise financière européenne est enfin réglée. Bordel, mais on est vraiment chez les fous !

    Le déni pathologique des élites

    Ce déni n’est pas anodin. Il révèle le dilemme infernal dans lequel se trouvent nos dirigeants politiques. Ils savent pertinemment que le système actuel ne fonctionne pas. Ils voient bien que l’euro étrangle les économies du Sud. Ils constatent que les règles européennes détruisent notre tissu industriel.

    Mais ils ne peuvent pas le dire. Pourquoi ? Parce qu’admettre l’échec, ce serait reconnaître qu’ils nous ont menti pendant des décennies. Ce serait avouer que des milliards ont été gaspillés. Ce serait accepter qu’il faut tout reprendre à zéro.

    Alors ils persistent. Ils font semblant. Ils nous assurent que tout va bien, que la croissance va revenir, que l’Europe nous protège. Mensonges, mensonges, mensonges.

    Détruire pour reconstruire : l’unique solution

    La vérité, c’est que le projet européen actuel n’a aucune chance d’aboutir à quelque chose de satisfaisant. Il est trop destructeur, trop centralisateur, trop déconnecté des réalités nationales.

    Comprenez bien : nous n’avons pas besoin de casser l’Europe ou de sortir de l’Europe. L’Europe en tant qu’espace de civilisation, de culture commune, de valeurs partagées, elle est notre héritage et notre avenir. Mais l’Union européenne telle qu’elle existe aujourd’hui, cette construction technocratique et antidémocratique, elle doit disparaître.

    Il suffirait que l’Europe rende les pouvoirs aux nations. Que chaque pays reprenne le contrôle de sa monnaie, de ses frontières, de ses lois. Que la coopération remplace la contrainte. Que le volontariat remplace l’obligation.

    Mais soyons lucides : cela n’arrivera pas par la négociation. Les institutions européennes ne renonceront jamais d’elles-mêmes à leurs pouvoirs. La Commission ne se saborderait pas. La BCE ne se dissoudra pas. La Cour de justice européenne ne cessera pas d’imposer sa jurisprudence.

    Le scénario de la rupture

    Non, la rupture viendra d’en bas. Elle viendra des peuples qui diront stop. Elle viendra peut-être d’un pays qui osera le premier claquer la porte. Ou d’une crise financière tellement grave que le système implosera de lui-même.

    Tous ceux qui vous assurent qu’on peut construire l’Europe sans la détruire d’abord pour recommencer vous mentent. On ne réforme pas un système vicié jusqu’à la moelle. On ne répare pas une maison construite sur des fondations pourries. On rase et on reconstruit.

    C’est douloureux ? Oui. C’est risqué ? Certainement. Mais c’est nécessaire. Car continuer sur la voie actuelle, c’est la garantie de l’appauvrissement général, de la perte de souveraineté totale, de la disparition de nos nations dans un magma bureaucratique sans âme ni projet.

    L’heure du choix

    Nous sommes à la croisée des chemins. Soit nous acceptons de continuer cette fuite en avant mortifère, avec toujours plus d’élargissement, toujours plus de centralisation, toujours plus de destruction économique. Soit nous avons le courage de dire stop et de reprendre notre destin en main.

    L’Europe a une obligation constitutionnelle : protéger ses citoyens. Force est de constater qu’elle fait exactement l’inverse. Elle les appauvrit, elle les contraint, elle les dépossède de leur souveraineté.

    Le prix à payer pour sortir de cette spirale sera élevé. Très élevé même. Mais le prix de l’inaction sera encore plus terrible : la disparition pure et simple de nos nations, de nos identités, de notre prospérité.

    Alors oui, pour le bien-être et la prospérité des peuples, il faut démonter cette Europe-là. Non pas par haine de l’idée européenne, mais justement pour la sauver. Pour qu’un jour, sur les ruines de l’Union européenne actuelle, nous puissions construire une vraie Europe des nations, respectueuse des peuples et de leurs différences.

    En attendant, préparez-vous. La tempête arrive. Et elle balaiera tout sur son passage.

    Pour aller plus loin

    • « L’Euro : comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe » de Joseph Stiglitz – Une analyse économique implacable des défauts structurels de la zone euro
    • « Le Piège de l’Union européenne » de Philippe de Villiers – Un réquisitoire documenté contre la construction européenne actuelle
    • « La France qui tombe » de Nicolas Baverez – Un diagnostic sans complaisance de la situation française dans l’Europe
    • Les travaux de Jacques Sapir sur son blog RussEurope – Des analyses économiques pointues sur l’euro et ses conséquences
    • « Comprendre l’empire » d’Alain Soral – Pour une vision géopolitique alternative de la construction européenne

    Sources et références

    • Données PIB par habitant : Eurostat, 2013
    • Indice de perception de la corruption : Transparency International, 2012
    • Coût des élargissements : Rapport de la Commission européenne sur le budget 2007-2013
    • Statistiques sur les excédents commerciaux allemands : Bundesbank, 2013
    • Plans de sauvetage européens : Mécanisme européen de stabilité, bilans 2010-2013

    Photo : Daniele Franchi / Unsplash

  • La spirale infernale de la hausse des impôts : pourquoi la TVA à 20% est une bombe à retardement
    La spirale infernale de la hausse des impôts : pourquoi la TVA à 20% est une bombe à retardement
    La hausse de la TVA à 20% prévue au 1er janvier 2014 s’inscrit dans une spirale de taxation croissante qui menace d’étouffer l’économie française. Sans réforme radicale du système fiscal, cette fuite en avant ne peut mener qu’à l’impasse.

    Dans 25 jours exactement, la TVA passera de 19,6% à 20%. Une « petite » hausse de 0,4 point qui pourrait bien être la goutte d’eau fiscale de trop. Car derrière ce chiffre apparemment anodin se cache une réalité bien plus brutale : l’accélération d’une spirale infernale de taxation qui ne cesse de s’emballer depuis des années.

    Le cocktail explosif de janvier 2014

    Imaginez un instant. Nous sommes le 2 janvier 2014. Vous faites vos courses. Non seulement la TVA vient de bondir, mais l’écotaxe – certes suspendue mais pas enterrée – menace toujours de s’abattre sur les transporteurs. Résultat ? Une double peine pour le consommateur.

    Car soyons clairs : quand on augmente la TVA, ce n’est pas juste le prix final qui augmente. C’est toute la chaîne de valeur qui répercute cette hausse, avec souvent un petit bonus au passage. Le transporteur paie plus cher son carburant (TVA oblige), le grossiste ses achats, le détaillant ses approvisionnements. Et devinez qui paie l’addition finale ?

    Cette hausse de la TVA intervient dans un contexte déjà tendu. La consommation des ménages stagne depuis 2011. Le pouvoir d’achat s’érode sous l’effet conjugué de l’inflation et de la hausse des prélèvements obligatoires. Et voilà qu’on rajoute une couche supplémentaire.

    L’effet domino sur les prix

    Prenons un exemple concret. Un produit vendu 100 euros HT aujourd’hui coûte 119,60 euros TTC. Demain, il coûtera 120 euros. « Seulement » 40 centimes de plus, me direz-vous. Mais multipliez ça par tous vos achats quotidiens, hebdomadaires, mensuels. L’ardoise grimpe vite.

    Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Car les entreprises, confrontées à cette hausse de leurs coûts, vont devoir faire des choix :

    • Rogner sur leurs marges (peu probable dans le contexte actuel)
    • Réduire leurs investissements
    • Comprimer la masse salariale
    • Ou… augmenter leurs prix au-delà de la simple hausse de TVA

    La révolte des Bonnets Rouges : un symptôme, pas la maladie

    Les Bonnets Rouges bretons l’ont bien compris. Leur mouvement, parti de l’écotaxe, révèle en réalité un ras-le-bol fiscal généralisé. Mais pendant qu’on s’agite sur les portiques écotaxe, la vraie bombe fiscale – la hausse de la TVA – se prépare dans l’indifférence quasi générale.

    C’est là tout le paradoxe. On manifeste contre une taxe qui n’est pas encore appliquée, mais on ignore celle qui va frapper dans moins d’un mois. Pourquoi ? Parce que la TVA, c’est sournois. C’est dilué dans le prix. C’est invisible au quotidien. Jusqu’au jour où on s’aperçoit que le caddie coûte 10% de plus qu’il y a deux ans.

    Un système à bout de souffle

    Le problème, c’est que notre système fiscal ressemble de plus en plus à un tonneau des Danaïdes. On augmente sans cesse les prélèvements pour combler des déficits qui ne cessent de se creuser. Pourquoi ? Parce qu’on refuse de s’attaquer aux vraies causes :

    • Une dépense publique hors de contrôle (57% du PIB !)
    • Un millefeuille administratif coûteux et inefficace
    • Des niches fiscales par centaines qui minent l’assiette
    • Une évasion fiscale massive des plus fortunés

    Résultat : ce sont toujours les mêmes qui trinquent. La classe moyenne et les actifs, ceux qui ne peuvent ni optimiser ni s’évader.

    La grande illusion de la réforme fiscale

    Le gouvernement nous promet une « grande réforme fiscale ». Sur la durée du quinquennat, nous dit-on. Autrement dit, aux calendes grecques. Car une vraie réforme fiscale, ce serait quoi ?

    Ce serait d’abord simplifier drastiquement. Aujourd’hui, entre l’impôt sur le revenu, la CSG, la CRDS, les cotisations sociales, les taxes locales, la TVA et j’en passe, le contribuable moyen ne sait plus ce qu’il paie ni pourquoi. Une idée simple : cumuler tous les revenus d’un contribuable et appliquer un pourcentage unique. Point.

    Ce serait ensuite baisser la pression fiscale globale. Oui, baisser. Car contrairement à ce qu’on nous serine, augmenter les impôts ne remplit pas les caisses. Ça tue l’activité économique. Ça pousse à la fraude. Ça décourage l’initiative.

    L’équation impossible

    Mais voilà, on est dans une équation impossible. D’un côté, des dépenses publiques qui explosent. De l’autre, une base fiscale qui s’érode. Entre les deux, une classe politique qui refuse de trancher dans le vif.

    Alors on bricole. On augmente par-ci, on gratte par-là. Une taxe sur les hauts revenus pour faire plaisir à la gauche. Une hausse de la TVA qui frappe tout le monde mais qu’on ne voit pas trop. Et pendant ce temps, la dette continue de grimper.

    Le mur qui approche

    Soyons lucides : ce système court droit dans le mur. On ne peut pas indéfiniment augmenter la pression fiscale sur une base qui se rétrécit. À un moment, quelque chose va craquer.

    Ce sera quoi ? Une révolte fiscale massive ? Un effondrement de la consommation ? Une fuite des cerveaux et des capitaux ? Probablement un peu de tout ça à la fois.

    Car la vérité, c’est qu’on est déjà au-delà du seuil de tolérance. Quand le taux de prélèvements obligatoires dépasse 45% du PIB, quand un salarié moyen travaille jusqu’en juillet pour l’État, quand créer une entreprise relève du parcours du combattant fiscal, c’est que le système a déraillé.

    L’urgence d’agir… autrement

    Que faire alors ? D’abord, annuler cette hausse de TVA absurde. C’est encore possible. C’est même vital si on veut éviter d’achever une consommation déjà moribonde.

    Ensuite, inverser la logique. Au lieu de toujours augmenter les recettes, commençons par baisser les dépenses. Vraiment. Pas des économies de bouts de chandelle, mais une remise à plat complète de l’action publique.

    Enfin, simplifier radicalement le système fiscal. Moins de taxes, mais mieux réparties. Moins de niches, mais plus de justice. Moins de complexité, mais plus d’efficacité.

    Le compte à rebours a commencé

    Dans 25 jours, la TVA augmentera. C’est acté, voté, entériné. Nos « Sages » du Conseil constitutionnel valident même des taxes à 75% pendant qu’on regarde ailleurs. Le système continue sa fuite en avant.

    Mais jusqu’à quand ? Car à force de pressurer toujours les mêmes, de complexifier toujours plus, d’augmenter sans cesse, on finit par tuer la poule aux œufs d’or.

    La question n’est plus de savoir SI le système va craquer, mais QUAND. Et surtout, serons-nous capables de construire quelque chose de plus juste et de plus efficace sur ses ruines ? Ou nous contenterons-nous de reproduire les mêmes erreurs, avec les mêmes résultats ?

    Une chose est sûre : sans un bouleversement radical de notre approche fiscale, nous sommes condamnés à subir hausse après hausse, taxe après taxe, jusqu’à l’étouffement final. Les Bonnets Rouges l’ont compris. Reste à savoir si le message passera avant qu’il ne soit trop tard.

    Pour aller plus loin

    • « La France en faillite ? » de François Fillon (2013) – Une analyse sans concession de la dérive des finances publiques
    • Rapport de la Cour des comptes 2013 – Les chiffres qui font mal sur l’état réel de nos finances
    • « L’impôt sur le revenu » de Thomas Piketty – Pour comprendre les mécanismes de notre système fiscal
    • Les publications de l’IFRAP – Think tank spécialisé dans l’analyse des politiques publiques
    • « Contribuables Associés » – Association de défense des contribuables, pour suivre l’actualité fiscale

    Sources et références

    • INSEE – Comptes nationaux 2012 : taux de prélèvements obligatoires
    • Loi de finances 2014 – Dispositions relatives à la hausse du taux normal de TVA
    • Cour des comptes – Rapport public annuel 2013
    • Eurostat – Comparaisons européennes des taux de TVA (2013)
    • Direction générale des Finances publiques – Statistiques fiscales 2012

    Photo : Sébastien Ramage / Unsplash

  • Le grand malentendu entre entrepreneurs et politiques sur l’emploi
    Le grand malentendu entre entrepreneurs et politiques sur l’emploi
    Face à un chômage qui explose, les entrepreneurs français réclament des mesures concrètes : baisse des charges de 30%, flexibilité accrue et retour aux 40 heures. Mais le gouvernement reste sourd à ces appels, préférant les effets d’annonce aux vraies réformes structurelles.

    Le chômage, les amis, le chômage ! On approche dangereusement de la barre des 3,3 millions de demandeurs d’emploi en cette fin 2013, et pendant ce temps-là, que fait notre gouvernement ? Des gesticulations, des effets de manche, et surtout… rien de concret pour les entrepreneurs qui voudraient embaucher.

    Je discutais encore la semaine dernière avec plusieurs confrères patrons de PME. Le constat est unanime : nous avons envie d’embaucher, nous en avons même besoin pour développer nos activités. Mais voilà, entre les charges qui représentent parfois jusqu’à 45% du salaire brut et l’impossibilité de se séparer d’un collaborateur qui ne convient pas, on préfère serrer les dents et faire avec les équipes existantes.

    C’est ça la réalité du terrain. Pas celle des ministères parisiens.

    Des charges qui tuent l’emploi dans l’œuf

    Faisons un calcul simple. Pour un salarié au SMIC (1 430 euros brut), l’entreprise débourse en réalité près de 2 100 euros une fois toutes les charges patronales ajoutées. C’est 47% de charges ! Comment voulez-vous que les petites entreprises, qui représentent 99% du tissu économique français, puissent embaucher dans ces conditions ?

    Les grandes entreprises du CAC 40 s’en sortent avec leurs armées de comptables et leurs optimisations fiscales. Mais la boulangerie du coin, le garage automobile, la petite agence web ? Eux, ils paient plein pot.

    Et ne me parlez pas du CICE (Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi) qu’on nous vend depuis le début de l’année. C’est une usine à gaz incompréhensible pour la plupart des TPE-PME. Un crédit d’impôt de 4% sur les salaires inférieurs à 2,5 SMIC, remboursable dans trois ans… De qui se moque-t-on ?

    Ce qu’il faut, c’est simple : une baisse immédiate et massive des charges d’au moins 30%. Pas dans trois ans. Pas sous forme de crédit d’impôt. Maintenant, et sur la feuille de paie.

    La flexibilité, ce gros mot français

    Ah, la flexibilité ! Dès qu’on prononce ce mot, on nous traite de patrons voyous qui veulent « pourrir la vie sociale » des salariés. Quelle blague ! La flexibilité, c’est justement ce qui permet d’embaucher sans avoir peur.

    Aujourd’hui, un patron de PME qui embauche prend un risque énorme. Si le collaborateur ne convient pas, si l’activité baisse, si un gros client disparaît, c’est le parcours du combattant pour se séparer. Prud’hommes, indemnités, procédures… Résultat ? On n’embauche pas.

    Je connais personnellement des dizaines d’entrepreneurs qui ont des projets de développement, des carnets de commandes qui se remplissent, mais qui refusent d’embaucher par peur de ne pas pouvoir adapter leurs effectifs en cas de retournement. C’est absurde !

    Dans les pays où la flexibilité existe vraiment – Allemagne, Danemark, Pays-Bas – le taux de chômage est deux fois moins élevé qu’en France. Ce n’est pas un hasard. La flexibilité permet d’embaucher et de désembaucher dynamiquement, mais attention, pas au détriment des niveaux de salaires ! Au contraire, quand l’emploi est fluide, les salaires montent car les entreprises se battent pour attirer les talents.

    Le modèle danois : flexisécurité réussie

    Au Danemark, un salarié peut être licencié avec un préavis d’un mois. Choquant ? Pas du tout. Car en contrepartie, il touche 90% de son salaire pendant deux ans et bénéficie d’un accompagnement personnalisé pour retrouver un emploi. Résultat : un taux de chômage à 7% contre plus de 10% chez nous.

    Les entreprises danoises n’hésitent pas à embaucher car elles savent qu’elles pourront s’adapter. Les salariés n’ont pas peur du chômage car ils sont bien protégés. C’est du gagnant-gagnant, mais ça demande de sortir des schémas idéologiques français.

    Les 35 heures, ce boulet économique

    Parlons aussi de cette aberration des 35 heures. Treize ans après leur mise en place, quel bilan ? Le chômage n’a jamais été aussi haut, la compétitivité française s’effondre, et nos voisins européens nous regardent avec des yeux ronds.

    Dans ma boîte, comme dans beaucoup de PME, tout le monde fait en réalité 40 heures ou plus. Mais officiellement, c’est 35 heures plus des heures sup’ majorées à 25%. Encore des charges en plus !

    Il faut avoir le courage de le dire : le retour aux 40 heures légales est indispensable. Sans baisse de salaire évidemment. Juste retrouver un cadre de travail normal, comme partout ailleurs en Europe.

    Les Allemands travaillent en moyenne 40 heures, les Britanniques 42 heures. Et leur taux de chômage ? Deux fois moins élevé que le nôtre. CQFD.

    Le dialogue de sourds avec les politiques

    Ce qui me désespère le plus, c’est l’incompréhension totale entre le monde entrepreneurial et le monde politique. Quand j’entends certains responsables politiques parler d’ »entreprises socialistes » ou nous expliquer doctement comment gérer nos boîtes, j’ai envie de leur demander : avez-vous déjà créé une entreprise ? Avez-vous déjà créé des emplois ? Connaissez-vous les problématiques ?

    La réponse est presque toujours non. Nos ministres, nos députés, nos hauts fonctionnaires n’ont pour la plupart jamais mis les pieds dans une vraie entreprise. Ils vivent dans leur bulle étatique, avec leurs emplois garantis à vie et leurs retraites dorées.

    Prenez notre ministre du Redressement productif. Ses « nouvelles mesures » annoncées en grande pompe ? Du vent. Des comités Théodule, des rapports, des « pactes » sans substance. Pendant ce temps, les entreprises crèvent et le chômage explose.

    L’exemple des Pigeons : quand les entrepreneurs se rebellent

    Souvenez-vous du mouvement des Pigeons l’année dernière. Des entrepreneurs excédés par la taxation confiscatoire des plus-values. Il a fallu qu’on descende dans la rue, qu’on fasse du bruit médiatique, pour que le gouvernement recule partiellement.

    Mais combien de batailles perdues pour une victoire ? La taxation du capital, les charges sociales, la complexité administrative… Tout est fait pour décourager l’entrepreneuriat en France.

    La vérité qu’on refuse de voir

    Je vais vous dire une vérité qui dérange : jamais plus le monde ne connaîtra le plein emploi. L’automatisation, la robotisation, l’intelligence artificielle… Tout converge vers moins d’emplois humains nécessaires.

    Il va falloir que les gouvernements gèrent cette nouvelle réalité. Mais au lieu de ça, on continue avec des recettes du XXe siècle : toujours plus de charges, toujours plus de rigidité, toujours plus de complexité.

    Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans ce nouveau monde, seules les entreprises agiles, flexibles, réactives pourront créer les emplois de demain. Pas les mastodontes bureaucratiques. Pas les entreprises corsetées par des règles d’un autre âge.

    Des solutions simples qui marchent ailleurs

    Les solutions existent pourtant. Elles ont fait leurs preuves chez nos voisins :

    • Baisse massive des charges : l’Allemagne a baissé ses charges de 5 points en dix ans. Résultat : excédent commercial record et chômage au plus bas.
    • Flexibilité du marché du travail : au Royaume-Uni, on peut embaucher et licencier facilement. Taux de chômage : 7,4% contre 10,8% chez nous.
    • Simplification administrative : aux Pays-Bas, créer une entreprise prend une journée. En France ? Trois semaines minimum.
    • Retour aux 40 heures : partout en Europe sauf chez nous. Coïncidence ?

    Mais voilà, appliquer ces recettes demande du courage politique. Il faut affronter les syndicats arc-boutés sur leurs acquis, les fonctionnaires qui défendent leur pré carré, l’opinion publique biberonnée aux discours anti-patrons.

    Plus facile de faire des effets d’annonce et de laisser le chômage exploser.

    Le paradoxe français : des entrepreneurs qui veulent embaucher, des chômeurs qui veulent travailler

    C’est ça le drame français. D’un côté, des centaines de milliers d’entreprises prêtes à embaucher si elles n’avaient pas toutes ces contraintes. De l’autre, plus de 3 millions de chômeurs qui ne demandent qu’à travailler.

    Entre les deux ? Un mur de charges, de rigidités, de complexités administratives.

    Je le répète : rien ne peut mieux assurer l’avenir d’un employé que son employeur. Rien ! Pas l’État, pas les syndicats, pas les allocations chômage. Un employeur qui va bien, qui se développe, qui gagne des marchés, c’est la meilleure garantie pour ses salariés.

    Mais pour ça, il faut laisser les entrepreneurs entreprendre. Il faut leur faire confiance. Il faut arrêter de les considérer comme des exploiteurs en puissance.

    Bref. Demain, ce sont les chiffres du chômage de novembre. Je parie sur une nouvelle hausse. Et dans les ministères, on continuera à chercher des solutions dans des rapports poussiéreux au lieu d’écouter ceux qui créent vraiment de l’emploi : les entrepreneurs.

    Peut-on mobiliser autant de ressources que celles utilisées pour des polémiques stériles, mais cette fois contre le chômage ? J’en doute. C’est moins vendeur électoralement que de taper sur les patrons.

    Alors on continuera à voir ce paradoxe français : un pays riche, avec des entrepreneurs dynamiques, mais incapable de créer des emplois à cause d’un système obsolète.

    Jusqu’à quand ?

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    • INSEE – Taux de chômage France, 3e trimestre 2013
    • Eurostat – Comparaison des taux de chômage européens, novembre 2013
    • Rapport du Conseil d’Analyse Économique sur les charges sociales, 2012
    • Étude IFRAP sur le coût du travail en Europe, septembre 2013

    Photo : VENUS MAJOR / Unsplash

  • Le chômage, les entrepreneurs et la France qui se déchire : chronique d’un dialogue impossible
    Le chômage, les entrepreneurs et la France qui se déchire : chronique d’un dialogue impossible
    Le chômage atteint des sommets historiques en France tandis que les entrepreneurs réclament des mesures drastiques pour pouvoir embaucher. Entre incompréhension mutuelle et blocages idéologiques, le pays s’enfonce dans une crise qui touche désormais toutes les catégories sociales.

    Je regarde les chiffres du chômage ce matin, et je ne peux m’empêcher de penser à cette phrase que m’a lancée un confrère entrepreneur la semaine dernière : « On voudrait embaucher, mais on ne peut pas. C’est aussi simple que ça. » Voilà où nous en sommes fin 2013 : un pays où ceux qui veulent travailler ne trouvent pas d’emploi, et où ceux qui veulent embaucher ne le peuvent pas. Une équation absurde qui révèle l’ampleur du blocage français.

    Des chiffres qui donnent le vertige

    Les statistiques officielles parlent de plus de 3,3 millions de demandeurs d’emploi en catégorie A. Mais la réalité est bien pire. Il faut ajouter à ce chiffre ce que j’appelle les « désactivés résignés » : tous ceux qui ont abandonné l’idée même de chercher un emploi, découragés par des années de recherche infructueuse. On approche alors des 5 millions de personnes sans emploi.

    À cela s’ajoutent plus de 10 millions de pauvres et plus d’un million de personnes qui dépendent des Restos du Cœur pour se nourrir. Des chiffres qui devraient faire la une de tous les journaux, mais qui sont éclipsés par des polémiques stériles. Pendant qu’on débat de quenelles et autres gesticulations, des familles entières basculent dans la précarité.

    Le plus révoltant ? Quand Harlem Désir annonce avec aplomb que « le chômage des jeunes baisse », on se demande de quelle planète il nous parle. Les jeunes diplômés enchaînent les stages non rémunérés, les CDD précaires et les missions d’intérim. Ceux sans qualification ? Ils n’ont même plus accès à ces miettes.

    La spirale infernale des charges et de la rigidité

    Côté entrepreneurs, la situation n’est guère plus brillante. Dans les services aux entreprises, secteur que je connais bien, ceux qui limitent la casse à -10% de chiffre d’affaires cette année s’estiment chanceux. La plupart subissent des baisses de 20 à 30%, voire plus.

    Le problème fondamental ? Le coût du travail en France est devenu prohibitif. Entre charges sociales, cotisations diverses et contraintes administratives, embaucher un salarié au SMIC coûte près du double à l’entreprise. Pour un salaire net de 1 100 euros, l’employeur débourse environ 2 000 euros. Une équation impossible pour les petites structures.

    Mais ce n’est pas qu’une question de coût. C’est aussi et surtout une question de flexibilité. En France, embaucher c’est presque se marier. La rupture est complexe, coûteuse, risquée juridiquement. Résultat : les entrepreneurs n’embauchent plus, ou alors uniquement en CDD, stages et autres contrats précaires qui alimentent justement la précarité qu’on prétend combattre.

    Le cercle vicieux de la peur

    Cette rigidité crée un cercle vicieux. Les entreprises, effrayées par le risque d’embauche, préfèrent surcharger leurs équipes existantes plutôt que de recruter. Les salariés en poste, épuisés, voient leur productivité baisser. La qualité se dégrade, la compétitivité s’effondre, les carnets de commandes se vident. Et on licencie.

    Pendant ce temps, les politiques nous servent des mesurettes. Montebourg annonce des « nouvelles mesures » pour les entrepreneurs en difficulté. Lesquelles ? Des prêts, des reports de charges, des aides ponctuelles. Des pansements sur une jambe de bois. Ce qu’il faut, c’est une chirurgie lourde du système.

    Les solutions existent, mais qui veut les entendre ?

    Pourtant, les solutions sont connues. Je les répète depuis des années, comme beaucoup d’entrepreneurs :

    • Baisser les charges sociales d’au moins 30% pour redonner de l’oxygène aux entreprises
    • Permettre une vraie flexibilité à l’embauche ET au licenciement, comme dans tous les pays qui créent de l’emploi
    • Revenir aux 40 heures hebdomadaires pour augmenter la productivité
    • Défiscaliser massivement les heures supplémentaires pour augmenter le pouvoir d’achat sans alourdir les charges

    Ces mesures ne sont pas idéologiques. Elles sont pragmatiques. Regardez l’Allemagne, le Royaume-Uni, même l’Espagne qui commence à redresser la tête. Tous ont compris qu’un marché du travail flexible crée plus d’emplois qu’un marché rigide.

    Ségolène Royal l’a d’ailleurs bien compris quand elle parle d’un fonctionnement « gagnant-gagnant » entre entrepreneurs et salariés. Baissez significativement les charges, et nous embaucherons. C’est mathématique. Mais encore faut-il avoir le courage politique de le faire.

    Le modèle de la petite boîte flexible

    Contrairement aux caricatures, l’immense majorité des entrepreneurs ne rêvent pas de précariser leurs salariés. Nous voulons simplement pouvoir adapter nos effectifs à notre activité. Embaucher quand ça va bien, réduire la voilure quand ça va mal. C’est ce que j’appelle le modèle de la « petite boîte flexible ».

    Ce modèle n’est pas synonyme de salaires au rabais. Au contraire ! Une entreprise qui peut s’adapter rapidement est une entreprise qui survit aux crises et qui peut mieux rémunérer ses équipes dans les bonnes périodes. La flexibilité, c’est la survie de l’entreprise et donc la pérennité de l’emploi.

    L’alliance improbable des Bonnets Rouges

    Le mouvement des Bonnets Rouges en Bretagne illustre parfaitement cette convergence d’intérêts. On y trouve des chômeurs, des salariés, des retraités et… des patrons. Tous unis par la même colère face à un système qui broie les territoires et les hommes.

    J’ai été particulièrement touché par l’histoire de ce patron breton qui expliquait à ses salariés pourquoi il ne pouvait plus continuer. Pas de langue de bois, pas de com’ corporate. Juste la vérité crue : les charges, les taxes, les normes… l’entreprise n’en peut plus. Et ses salariés l’ont compris, l’ont soutenu. Voilà la vraie solidarité entrepreneuriale.

    Car contrairement aux fantasmes de certains, nous ne considérons pas nos employés comme une « charge ». En 25 ans d’entrepreneuriat, je n’ai jamais entendu un seul patron parler ainsi de ses équipes. Nous savons que nos entreprises ne sont rien sans les femmes et les hommes qui les font vivre. Mais nous savons aussi que sans entreprises rentables, il n’y a pas d’emplois.

    Le low cost, symptôme de notre déclin

    Montebourg a raison sur un point : le low cost est destructeur. Mais pas seulement d’emplois. Il détruit la valeur, la qualité, l’innovation. C’est le symptôme d’une économie qui ne sait plus créer de richesse et qui se contente de rogner sur tout.

    Le low cost, c’est la conséquence directe de notre manque de compétitivité. Quand les charges sont trop lourdes, quand la réglementation étouffe l’innovation, quand la fiscalité punit la réussite, que reste-t-il ? Baisser les prix, rogner sur la qualité, délocaliser. Une spirale mortifère.

    La vraie bataille, ce n’est pas contre le low cost. C’est pour retrouver notre capacité à créer de la valeur, à innover, à produire de la qualité. Et pour cela, il faut libérer les énergies entrepreneuriales, pas les étouffer sous des montagnes de contraintes.

    18 mois de retard minimum

    Le plus dramatique dans cette situation, c’est l’inertie du système. Même si le gouvernement prenait aujourd’hui les mesures radicales qui s’imposent, les effets ne seraient visibles qu’après 18 mois minimum. Le temps que les entreprises reprennent confiance, investissent, recrutent… C’est le temps économique, incompressible.

    Or, que fait-on ? On tergiverse, on négocie, on reporte. Chaque jour perdu, ce sont des entreprises qui ferment, des emplois qui disparaissent, des compétences qui s’exilent. Le temps joue contre nous, et nous regardons ailleurs.

    Et pendant ce temps, le monde bouge

    Pendant qu’on s’écharpe sur des polémiques stériles, le monde continue de tourner. Aux États-Unis, 1,3 million de chômeurs viennent de perdre leurs allocations. Une catastrophe sociale qui nous rappelle que notre modèle social, malgré tous ses défauts, reste un amortisseur précieux.

    Mais cet amortisseur a un coût. Un coût que nous ne pouvons plus nous permettre sans une économie dynamique pour le financer. C’est le paradoxe français : nous voulons préserver un modèle social généreux tout en tuant la poule aux œufs d’or qui le finance.

    La solution n’est pas de détruire notre protection sociale. Elle est de créer les conditions d’une économie prospère qui puisse la financer durablement. Et cela passe par une réconciliation entre le monde du travail et celui de l’entreprise.

    Rien ne peut mieux assurer l’avenir d’un employé que son employeur. Rien ne peut mieux assurer la prospérité d’une entreprise que des salariés motivés et compétents. Cette évidence semble pourtant échapper à nos dirigeants, englués dans des postures idéologiques d’un autre âge.

    Alors oui, faisons des marches. Mais pas seulement contre le racisme ou pour des causes nobles mais lointaines. Marchons pour l’emploi, pour la fin de la spoliation fiscale, pour une France qui travaille et qui entreprend. Car sans emploi, sans entreprises, sans création de richesse, c’est tout notre modèle de société qui s’effondre.

    Le chômage n’est pas une fatalité. C’est le résultat de choix politiques et économiques. D’autres pays ont su créer les conditions du plein emploi. Pourquoi pas nous ? La réponse tient peut-être dans notre incapacité collective à dépasser les clivages stériles entre patrons et salariés, entre droite et gauche, entre public et privé.

    Il est temps de changer de logiciel. Avant qu’il ne soit trop tard.

    Pour aller plus loin

    • « La France qui tombe » de Nicolas Baverez – Une analyse sans concession du déclin économique français
    • Les publications de l’Institut Montaigne – Des propositions concrètes pour réformer le marché du travail
    • « Le modèle allemand » de Guillaume Duval – Pour comprendre comment nos voisins ont créé le plein emploi
    • Les rapports de la Cour des Comptes – Les chiffres réels du coût du travail en France
    • Le mouvement des Pigeons – La mobilisation des entrepreneurs français face à la fiscalité

    Sources et références

    • INSEE – Chiffres du chômage au 3e trimestre 2013
    • Eurostat – Comparaisons européennes du coût du travail (2013)
    • OCDE – Rapport sur la flexibilité du marché du travail (2013)
    • Cour des Comptes – Rapport sur les prélèvements obligatoires (2013)

    Photo : Nk Ni / Unsplash

  • La France au bord du gouffre : pourquoi la révolution est inévitable
    La France au bord du gouffre : pourquoi la révolution est inévitable
    La France s’enfonce dans une crise systémique sans précédent, entre désindustrialisation massive, retard numérique et surdité politique. Une révolution différente de 1789 se profile, portée par l’exaspération des Français face à l’incapacité de leurs dirigeants à redresser le pays.

    Vous sentez cette tension dans l’air ? Cette impression que tout pourrait basculer d’un moment à l’autre ? Nous sommes fin 2013, et je n’ai jamais vu la France dans un tel état de délabrement. Pas seulement économique – ça, c’est la partie visible de l’iceberg. Non, je parle d’un effondrement bien plus profond : celui de notre capacité collective à regarder la réalité en face et à agir en conséquence.

    Depuis des mois, j’observe les signaux faibles qui annoncent la tempête. Les Bonnets rouges en Bretagne ne sont que le symptôme le plus visible d’un mal bien plus profond. La France est en décroissance, et en décroissance on ne croît plus, sauf à se défaire de ce qui plombe. Mais qui ose le dire ? Qui ose proposer les solutions radicales dont nous avons besoin ?

    L’effondrement industriel : la catastrophe silencieuse

    Je pense que c’est très difficile de prendre la pleine mesure de tout ce que la France a véritablement perdu industriellement. Les chiffres sont pourtant éloquents : depuis 2000, nous avons perdu près de 900 000 emplois industriels. Des usines ferment chaque semaine, des savoir-faire centenaires disparaissent dans l’indifférence générale.

    Prenez l’exemple de la sidérurgie lorraine. Florange n’était que le début. ArcelorMittal continue de démanteler méthodiquement notre appareil productif pendant que le gouvernement fait des moulinets. La réalité, c’est que nous assistons à une désindustrialisation méthodique du pays, orchestrée par une classe politique qui a abandonné toute ambition industrielle au profit d’une économie de services low-cost.

    Les conséquences sont dramatiques :

    • Balance commerciale déficitaire de plus de 60 milliards d’euros
    • Perte de compétences techniques irréversible
    • Dépendance accrue aux importations pour les biens essentiels
    • Appauvrissement des territoires industriels historiques

    Et pendant ce temps, on nous parle de « redressement productif ». Quelle farce ! Arnaud Montebourg peut bien faire le coq avec ses marinières, la réalité c’est qu’on a une France à réindustrialiser, et qu’il faudrait se mettre au travail au lieu de faire du théâtre médiatique.

    Le désastre numérique : 20 ans de retard

    En 2013, en France, toujours pas de e-Government digne de ce nom. Cette simple phrase résume à elle seule l’ampleur de notre retard numérique. Alors que l’Estonie dématérialise l’intégralité de ses services publics depuis 2000, nous en sommes encore à remplir des formulaires papier en trois exemplaires.

    Le contraste avec nos voisins européens est saisissant. Au Royaume-Uni, le Government Digital Service révolutionne l’administration. En Allemagne, les entreprises du Mittelstand se digitalisent à marche forcée. Et nous ? Nous débattons encore de la pertinence d’avoir une adresse email pour chaque fonctionnaire.

    Ce retard n’est pas qu’administratif. Il révèle une incapacité structurelle à penser la modernité :

    • Absence de vision stratégique sur le numérique
    • Résistance culturelle au changement dans l’administration
    • Manque d’investissement dans les infrastructures numériques
    • Formation inexistante des agents publics aux outils modernes

    Les « écoutes légales » à la française nous laissent toujours loin, très loin, très très loin de ce qui est fait par les USA. Non pas que je souhaite un État Big Brother, mais cette comparaison révèle notre incapacité technique à maîtriser les technologies de pointe. Nous sommes devenus des consommateurs passifs de technologies étrangères.

    L’aveuglement politique : quand les élites refusent de voir

    Le plus inquiétant reste l’aveuglement total de notre classe politique. L’UMP refuse toute remise en question. Jean-François Copé se trompe en tapant sur le FN de Marine Le Pen – les Français sont nettement moins dupes que ce qu’il croit. Cette stratégie du bouc émissaire ne fonctionne plus.

    Est-ce que Karine Berger et le gouvernement se rendent compte des conséquences pour la France et les Français s’ils nous mènent dans le mur ? J’en doute fortement. Ils vivent dans une bulle parisienne, déconnectée des réalités du terrain. Les signaux d’alarme se multiplient pourtant :

    L’écotaxe : le symbole de trop

    L’affaire de l’écotaxe illustre parfaitement cette déconnexion. Ni la France et encore moins l’Europe ne cèderont sur l’implémentation de l’écotaxe – nous entrons dans un très long conflit avec les Bonnets rouges. Cette obstination face à la colère populaire révèle une forme d’autisme politique inquiétant.

    Les portiques détruits en Bretagne ne sont que le début. La colère gronde dans toute la France périphérique, celle qui subit de plein fouet la désindustrialisation et l’augmentation des charges. Mais nos élites persistent dans leur logique punitive, incapables de comprendre que la coupe est pleine.

    L’immigration : le tabou absolu

    J’ai assez rencontré de Bulgares et de Roumains pour avoir clairement cerné que leur target c’est la France. Cette réalité, personne n’ose la regarder en face. L’ouverture totale des frontières au 1er janvier 2014 va créer des tensions supplémentaires dans un pays déjà au bord de l’explosion.

    Non pas que je sois opposé à l’immigration en soi. Mais dans un contexte de chômage de masse et d’effondrement de notre modèle social, continuer à faire comme si de rien n’était relève de l’inconscience criminelle.

    La révolution qui vient : inévitable et imprévisible

    La France va connaître une révolution, elle sera civilisée et moderne, et conduira à un changement radical de pilotage politique, imminent. Cette conviction, je la porte depuis des mois. Nous allons avoir une révolution en France, qui ne prendra ni la forme ni n’aura la finalité de celle qu’on a connu en 1789.

    Les Français doivent comprendre qu’il n’existe qu’une seule solution objective pour que la situation S’AMÉLIORE, elle sera politique et dure. Le système actuel est à bout de souffle. Les partis traditionnels sont discrédités. Les corps intermédiaires sont dépassés. Il faut tout reconstruire.

    Cette révolution ne sera pas violente – du moins je l’espère. Elle sera :

    • Technologique : utilisation massive des réseaux sociaux et des outils numériques
    • Générationnelle : portée par une jeunesse qui refuse la fatalité du déclin
    • Territoriale : partie de la périphérie vers le centre
    • Idéologique : rejet du clivage gauche-droite traditionnel

    Les Français vont-ils se réveiller ? Les raisons d’en douter ne manquent pas. Mais je perçois aussi une colère sourde, une exaspération qui monte. « Ah parce que tu penses qu’on peut attendre 40 ans encore avant qu’un truc se produise ? Les Français veulent vos solutions ! » Cette impatience, je la ressens partout où je vais.

    Que faire ? Les pistes pour éviter le chaos

    Face à ce tableau apocalyptique, l’immobilisme n’est plus une option. Des solutions existent, mais elles demandent du courage politique :

    1. Réindustrialisation d’urgence

    Il faut un plan Marshall de réindustrialisation. Pas des mesurettes, mais un véritable choc : baisse massive des charges sur la production, simplification administrative radicale, investissements publics massifs dans les secteurs d’avenir.

    2. Révolution numérique de l’État

    Digitalisation intégrale des services publics en 5 ans. Formation obligatoire de tous les agents. Recrutement massif de profils tech. L’État doit devenir une plateforme, pas un mammouth administratif.

    3. Refonte du système politique

    Fin du cumul des mandats, limitation dans le temps, référendums d’initiative populaire, transparence totale des décisions. Il faut redonner le pouvoir aux citoyens.

    4. Nouveau pacte social

    Le modèle social français est à bout. Il faut le refonder sur de nouvelles bases : flexisécurité, formation continue, revenu universel… Des idées existent, il faut le courage de les mettre en œuvre.

    Bref. La France est au bord du gouffre. Nos élites font l’autruche. Le peuple gronde. La révolution approche. Elle peut être notre renaissance ou notre tombeau. À nous de choisir. Mais une chose est sûre : le statu quo n’est plus tenable. Le changement arrive, qu’on le veuille ou non. La seule question est : serons-nous acteurs ou victimes de cette transformation ?

    Les mois qui viennent seront décisifs. Je continuerai à alerter, à proposer, à secouer les consciences. Car au fond, j’aime trop ce pays pour le laisser sombrer sans rien faire. Et vous ?

    Pour aller plus loin

    • « La France qui tombe » de Nicolas Baverez – Une analyse sans concession du déclin français
    • « Le suicide français » d’Éric Zemmour – À paraître en 2014, mais dont les thèses circulent déjà
    • Les rapports de la Cour des comptes – Pour comprendre l’ampleur du désastre budgétaire
    • « La révolte des Bonnets rouges » – Documentaire sur le mouvement breton
    • Les analyses de l’INSEE sur la désindustrialisation – Des chiffres qui font froid dans le dos

    Sources et références

    • INSEE – « L’industrie manufacturière française » (rapport 2013)
    • Cour des comptes – « La situation et les perspectives des finances publiques » (juin 2013)
    • Commission européenne – « Digital Agenda Scoreboard 2013 »
    • Ministère du Redressement productif – « Pacte pour la compétitivité de l’industrie française » (novembre 2012)
    • OCDE – « Perspectives économiques de l’OCDE » (mai 2013)

    Photo : Michael McKay / Unsplash

  • L’Europe des fous : pourquoi l’Union Européenne court à sa perte
    L’Europe des fous : pourquoi l’Union Européenne court à sa perte
    L’Union Européenne s’enfonce dans une logique autodestructrice entre élargissements hasardeux et réglementations absurdes. Les peuples européens commencent à se réveiller face à cette machine technocratique qui détruit les nations sans construire d’alternative viable.

    On est chez les fous. Voilà ce que je me dis en découvrant que les commissaires européens viennent de donner leur feu vert pour négocier l’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du Nord. Comme si l’Europe n’avait pas déjà suffisamment de problèmes avec ses 28 membres actuels. Comme si la crise économique qui ravage le sud du continent n’existait pas. Comme si les peuples européens réclamaient encore plus d’élargissement.

    Cette décision illustre parfaitement la déconnexion totale entre les technocrates de Bruxelles et la réalité vécue par les citoyens européens. Pendant que des millions de Grecs, d’Espagnols, de Portugais subissent les plans d’austérité imposés par la troïka, nos commissaires préparent tranquillement l’arrivée de nouveaux membres qui viendront diluer encore un peu plus ce qui reste de cohésion européenne.

    L’écotaxe : le symbole d’une Europe qui impose sans écouter

    L’affaire de l’écotaxe qui secoue la Bretagne ces dernières semaines révèle un autre aspect de cette folie européenne. Ce dispositif, imposé par notre gouvernement européen – car c’est bien de cela qu’il s’agit désormais – est obligatoire dans toute l’Europe. Il ne pourra pas être supprimé, quoi qu’en disent nos ministres qui font mine de reculer face aux Bonnets Rouges.

    La directive européenne 2011/76/UE, dite « Eurovignette », oblige tous les États membres à mettre en place une taxation des poids lourds basée sur la distance parcourue et le niveau de pollution. La France a simplement appliqué ce que Bruxelles lui ordonnait. Et maintenant que le peuple breton se révolte, nos gouvernants font semblant de chercher des solutions alors qu’ils savent pertinemment qu’ils n’ont plus la main.

    Cette écotaxe représente un surcoût estimé entre 3 et 4% pour les transporteurs. Dans une région périphérique comme la Bretagne, déjà pénalisée par l’éloignement des grands centres économiques européens, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les agriculteurs, les industriels de l’agroalimentaire, tous voient leurs marges déjà faibles fondre sous le poids de cette nouvelle taxe.

    Mais le plus révoltant, c’est que cette taxe a été confiée à un consortium privé, Ecomouv’, qui empochera 20% des recettes pour faire fonctionner le système. On privatise la collecte de l’impôt ! Voilà où nous en sommes arrivés avec cette Europe ultra-libérale qui transforme tout en business, même la fiscalité.

    Les Bonnets Rouges : l’avant-garde d’une révolte européenne ?

    Tous les peuples d’Europe devraient regarder attentivement l’œuvre locale des Bonnets Rouges et s’en inspirer. Car ce mouvement breton préfigure peut-être ce qui attend l’ensemble du continent si les technocrates de Bruxelles continuent leur fuite en avant.

    Les Bonnets Rouges ne sont pas des extrémistes. Ce sont des chefs d’entreprise, des salariés, des agriculteurs qui voient leur outil de travail menacé par des décisions prises à des milliers de kilomètres de chez eux, par des gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une usine ou une exploitation agricole. Leur révolte est celle du bon sens contre l’absurdité bureaucratique.

    Leur méthode est efficace : blocages de routes, destructions de portiques écotaxe, manifestations massives. Ils ont compris que face à une Europe sourde aux revendications démocratiques, seul le rapport de force fonctionne. Et ils obtiennent des résultats : le gouvernement français, pris de panique, multiplie les reculs et les atermoiements.

    Cette révolte bretonne pourrait faire tache d’huile. En Allemagne, les transporteurs grondent contre la LKW-Maut. En Belgique, les agriculteurs flamands s’organisent. Partout en Europe, la colère monte contre une Union qui impose toujours plus de contraintes sans jamais apporter de solutions aux vrais problèmes.

    L’Europe contre les nations : une destruction programmée

    L’Europe a une obligation constitutionnelle, celle de protéger à tous prix ses citoyens. Mais le prix est devenu trop élevé, et surtout, il est payé par les mauvaises personnes. Ce sont les classes moyennes et populaires qui subissent de plein fouet les conséquences des politiques européennes, pendant que les grandes entreprises et les banques profitent du grand marché et de la libre circulation des capitaux.

    Tout ce qui est fait au niveau européen est à peu près contre-productif. La Politique Agricole Commune détruit les petites exploitations au profit de l’agriculture industrielle. La politique de la concurrence empêche les États de soutenir leurs champions nationaux. La monnaie unique étrangle les économies du Sud sans permettre les ajustements nécessaires.

    Le projet européen actuel n’a aucune chance d’aboutir à quelque chose de satisfaisant. Il est trop destructeur des identités nationales, trop éloigné des préoccupations des peuples, trop soumis aux intérêts des lobbies et des multinationales. On construit une Europe hors-sol, déracinée, qui ne correspond à aucune réalité historique ou culturelle.

    Rendre le pouvoir aux nations : la seule solution

    Comprenez bien que nous n’avons pas besoin de casser l’Europe ou de sortir de l’Europe. Il suffit que l’Europe rende les pouvoirs aux nations. C’est la seule voie raisonnable pour éviter l’explosion finale.

    Les nations européennes ont mis des siècles à se construire. Elles correspondent à des réalités linguistiques, culturelles, historiques profondes. Vouloir les dissoudre dans un magma européen sans âme est non seulement impossible, mais dangereux. Les peuples ne l’accepteront pas.

    Ce qu’il faut, c’est revenir à une Europe des nations souveraines qui coopèrent librement sur des projets communs. Une Europe qui respecte les spécificités de chacun au lieu de vouloir tout uniformiser. Une Europe qui protège ses frontières extérieures au lieu de les ouvrir à tous vents. Une Europe qui défend ses intérêts face aux autres blocs économiques au lieu de se soumettre aux diktats du libre-échange mondialisé.

    Mais pour cela, il faudrait que nos élites acceptent de lâcher prise. Or, elles sont trop investies dans le projet européen actuel pour accepter de le remettre en cause. Elles préfèrent foncer dans le mur plutôt que de reconnaître leur erreur.

    La fuite des cerveaux et des capitaux : le sauve-qui-peut général

    Toute personne, morale ou physique, qui envisageait de réussir financièrement en Europe doit désormais fuir au risque de tout perdre. C’est le constat amer que je fais en observant ce qui se passe autour de moi.

    Les entrepreneurs partent à Londres, à Singapour, aux États-Unis. Les jeunes diplômés s’expatrient massivement. Les fortunes se délocalisent en Suisse ou au Luxembourg. C’est un exode massif des forces vives du continent, qui ne laissera derrière lui que les assistés et les fonctionnaires.

    La fiscalité européenne est devenue confiscatoire. Entre les charges sociales, l’impôt sur les sociétés, la TVA et maintenant l’écotaxe, il devient impossible de créer de la richesse en Europe. Les marges sont laminées, l’investissement découragé, l’innovation étouffée.

    Pendant ce temps, nos concurrents asiatiques et américains se frottent les mains. Ils récupèrent nos talents, nos entreprises, nos capitaux. L’Europe se suicide économiquement au nom d’idéaux fumeux de justice sociale et de protection de l’environnement.

    Détruire pour reconstruire : l’inéluctable refondation

    Tous ceux qui vous assurent qu’on peut construire l’Europe sans la détruire d’abord avant de recommencer vous mentent. Le système actuel est irréformable. Il est verrouillé par les traités, les institutions, les intérêts en place.

    Il faudra passer par une phase de destruction créatrice, comme disait Schumpeter. L’Union Européenne actuelle devra s’effondrer pour qu’autre chose puisse naître. Ce sera douloureux, chaotique, mais nécessaire.

    Les signes avant-coureurs sont déjà là. La montée des partis eurosceptiques partout en Europe. Les tensions entre le Nord et le Sud sur la politique monétaire. Les divergences entre l’Est et l’Ouest sur l’immigration. Les Bonnets Rouges en Bretagne. Tout cela annonce la grande déflagration à venir.

    La question n’est plus de savoir si l’Union Européenne va exploser, mais quand et comment. Sera-ce un éclatement violent, avec retour aux monnaies nationales et fermeture des frontières ? Ou une dissolution progressive et négociée ? Personne ne peut le dire.

    Ce qui est sûr, c’est que le statu quo n’est plus tenable. Les peuples n’en peuvent plus. Les économies s’effondrent. Les tensions montent. L’Europe des fous court à sa perte, et il est peut-être déjà trop tard pour éviter le crash final.

    Pour aller plus loin

    • « La faute de l’Europe ? » de Jean-Pierre Chevènement – Une analyse critique de la construction européenne par un ancien ministre
    • « L’Europe sans les peuples » de Coralie Delaume – Décryptage des mécanismes antidémocratiques de l’UE
    • « Le piège de l’euro » de Jean-Jacques Rosa – Les dysfonctionnements de la monnaie unique expliqués
    • Les rapports de la Cour des comptes européenne – Pour comprendre le gaspillage institutionnalisé
    • « Comprendre l’empire » d’Alain Soral – Une vision alternative de la construction européenne

    Sources et références

    • Directive 2011/76/UE du Parlement européen et du Conseil du 27 septembre 2011
    • Rapport de la Commission européenne sur l’élargissement (octobre 2013)
    • Données Eurostat sur le chômage en Europe (novembre 2013)
    • Étude de l’INSEE sur l’expatriation des jeunes diplômés français (2013)
    • Rapport du Sénat sur l’écotaxe poids lourds (septembre 2013)

    Photo : Olivier Darbonville / Unsplash

  • Entrepreneur en France : entre passion et parcours du combattant
    Entrepreneur en France : entre passion et parcours du combattant
    L’entrepreneuriat en France ressemble à un parcours du combattant où la passion doit sans cesse lutter contre une administration kafkaïenne et des charges écrasantes. Pourtant, nous sommes des millions à persister, convaincus que créer de la valeur et de l’emploi reste notre meilleure contribution à la société.

    Je suis entrepreneur. Ce n’est pas juste mon métier, c’est ma fonction, mon identité, ma raison d’être professionnelle. Depuis plus de vingt ans dans la tech, j’ai connu les hauts et les bas, les succès et les galères. Mais jamais, au grand jamais, je n’ai ressenti une telle incompréhension entre nous, créateurs d’entreprises, et ceux qui nous gouvernent.

    Le mouvement des Pigeons : quand la coupe déborde

    Souvenez-vous, il y a un an à peine, en octobre 2012, naissait le mouvement des Pigeons. Des entrepreneurs de tous horizons se mobilisaient contre une taxation confiscatoire des plus-values de cession. Un mouvement spontané, viral, qui a fait trembler le gouvernement. Un an après, où en sommes-nous ? Les amendements se succèdent, les promesses aussi, mais sur le terrain, rien ne change vraiment.

    Les Pigeons ont eu le mérite de mettre en lumière une réalité que nous vivons au quotidien : l’incompréhension totale entre le monde politique et celui de l’entreprise. Quand un député parle d’ »entreprises socialistes », je me demande sincèrement de quoi il parle. Une entreprise n’a pas de couleur politique. Elle a une éthique, des valeurs, une mission, mais elle reste avant tout un organisme vivant qui doit générer de la valeur pour survivre et se développer.

    La réalité quotidienne de l’entrepreneur français

    Permettez-moi de vous dresser le portrait-robot de l’entrepreneur français en 2013. Il n’est pas ce patron du CAC 40 que certains aiment caricaturer. Non, dans l’immense majorité des cas, c’est :

    • Un artisan qui se lève à 5h du matin et ne compte pas ses heures
    • Un auto-entrepreneur qui lance sa startup depuis son garage
    • Un petit patron qui emploie 2 à 10 personnes et jongle avec la trésorerie
    • Un indépendant qui a quitté le salariat pour vivre de sa passion

    Ces hommes et ces femmes ne demandent qu’une chose : qu’on leur fasse confiance et qu’on libère leurs énergies. Ils ne réclament pas de subventions, juste qu’on arrête de leur mettre des bâtons dans les roues.

    Les charges : le boulet au pied

    Parlons chiffres, parlons vrai. En France, pour 100 euros de salaire net versé à un employé, l’entreprise débourse environ 180 euros. C’est l’un des taux de charges les plus élevés d’Europe. Comment voulez-vous être compétitif dans ces conditions ? Comment embaucher quand chaque recrutement représente un risque financier considérable ?

    Je l’affirme haut et fort : baissez significativement les charges, et nous embaucherons. C’est mathématique. Donnez-nous de la flexibilité, et nous créerons des emplois. Ce n’est pas de l’idéologie, c’est du bon sens économique.

    Le mythe de l’entrepreneur exploiteur

    J’entends parfois dire que les entrepreneurs veulent « pourrir la vie sociale » de leurs employés. Quelle aberration ! Nous ne rêvons que d’une chose : pouvoir embaucher, faire grandir nos équipes, partager l’aventure entrepreneuriale. Un entrepreneur qui maltraite ses salariés est un entrepreneur qui court à sa perte. Dans une PME, l’ambiance de travail, la motivation des équipes, c’est vital.

    L’urgence de la réindustrialisation

    La France se désindustrialise à vitesse grand V. Entre 2000 et 2012, nous avons perdu près d’un million d’emplois industriels. Pendant ce temps, l’Allemagne renforçait sa base industrielle. La différence ? Une politique cohérente de soutien aux entreprises, des charges maîtrisées, une formation professionnelle efficace.

    Il est infernal de constater qu’aucune mesure concrète n’est prise pour inciter les entrepreneurs à réindustrialiser le pays. On nous parle de « redressement productif », mais où sont les actes ? Les annonces ministérielles se succèdent, mais sur le terrain, rien ne bouge.

    Ce qu’il faudrait faire (vraiment)

    Voici ce que nous, entrepreneurs, attendons concrètement :

    • Baisser massivement les charges : au moins 30% pour retrouver de la compétitivité
    • Simplifier drastiquement l’administration : un guichet unique, des procédures en ligne
    • Stabiliser la fiscalité : stop aux changements permanents qui rendent toute projection impossible
    • Faciliter l’accès au financement : les banques ne prêtent qu’aux riches
    • Valoriser l’échec entrepreneurial : en France, on n’a pas le droit à l’erreur

    Le modèle de la petite boîte flexible

    L’immense majorité des entrepreneurs ne rêve pas de créer la prochaine multinationale. Nous voulons des structures à taille humaine, agiles, réactives. Le modèle de la petite boîte flexible, c’est :

    • Une équipe soudée de 5 à 50 personnes
    • Une capacité d’adaptation rapide aux marchés
    • Des circuits de décision courts
    • Une proximité avec les clients
    • Une culture d’entreprise forte

    C’est ce tissu de PME qui fait la force d’une économie. En Allemagne, le Mittelstand représente 60% des emplois. En France, on préfère favoriser les grands groupes et étouffer les petits.

    Entrepreneurs : gardons espoir malgré tout

    Malgré ce tableau sombre, je refuse de baisser les bras. Nous sommes des millions d’entrepreneurs en France, et notre énergie finira par triompher de l’inertie administrative. Le mouvement des Pigeons l’a montré : quand nous nous mobilisons, nous pouvons faire bouger les lignes.

    À tous les entrepreneurs qui me lisent, à ceux qui galèrent, qui doutent, qui sont tentés d’abandonner, je dis : tenez bon ! Notre pays a besoin de nous. Sans entrepreneurs, pas d’innovation, pas d’emplois, pas de croissance. Nous sommes le moteur de l’économie, même si certains politiques semblent l’oublier.

    L’entrepreneuriat, c’est une philosophie de vie. C’est croire qu’on peut changer les choses, créer de la valeur, améliorer le quotidien des gens. C’est accepter le risque, l’incertitude, les nuits blanches. Mais c’est aussi la liberté de construire, d’innover, de transmettre.

    Alors oui, être entrepreneur en France en 2013, c’est compliqué. Mais c’est aussi passionnant. Et je suis convaincu qu’un jour, notre pays comprendra enfin que les entrepreneurs ne sont pas le problème, mais la solution.

    Pour aller plus loin

    • Le mouvement des Pigeons : Retour sur la mobilisation historique des entrepreneurs français
    • Rapport Gallois sur la compétitivité : Les 22 mesures pour redresser l’industrie française
    • CroissancePlus : L’association des entrepreneurs de croissance
    • CGPME : La voix des PME françaises
    • « La France des entrepreneurs » de Denis Payre : Témoignage d’un serial entrepreneur

    Sources et références

    • INSEE : Emploi salarié dans l’industrie manufacturière (2000-2012)
    • Eurostat : Comparatif des charges sociales en Europe (2013)
    • Rapport du Conseil d’Analyse Économique sur l’entrepreneuriat (2013)
    • Baromètre Ernst & Young de l’entrepreneuriat (2013)

    Photo : Izhak Agency / Unsplash

  • La hausse de la TVA au 1er janvier 2014 : chronique d’une catastrophe annoncée
    La hausse de la TVA au 1er janvier 2014 : chronique d’une catastrophe annoncée
    La hausse de la TVA prévue au 1er janvier 2014 va provoquer une inflation en cascade de 2 à 4% sur tous les prix. Dans un contexte où les prélèvements obligatoires atteignent déjà des niveaux records, cette mesure risque d’anéantir définitivement la consommation des ménages français.

    Dans exactement 34 jours, la France va connaître un choc fiscal majeur. Le passage de la TVA de 19,6% à 20% peut sembler anodin sur le papier – après tout, ce n’est « que » 0,4 point de plus. Mais derrière cette apparente modestie se cache une bombe à retardement pour le pouvoir d’achat des Français.

    Je vais vous expliquer pourquoi cette hausse va provoquer bien plus qu’une simple augmentation de 0,4% des prix. Et pourquoi, dans le contexte actuel de matraquage fiscal généralisé, elle pourrait être la goutte d’eau qui fera déborder le vase.

    L’effet domino : quand 0,4% devient 4%

    Commençons par déconstruire l’illusion des « petits » 0,4 points. En réalité, le passage de 19,6% à 20% représente une hausse de 2,04% du montant de la TVA elle-même. Mais c’est là que commence l’effet domino.

    Chaque entreprise de la chaîne de valeur va répercuter cette hausse, avec sa marge. Le transporteur augmente ses tarifs de 2%. Le grossiste répercute ces 2% plus sa propre hausse de TVA. Le détaillant fait de même. Au final, par ce jeu de cascade, les prix à la consommation vont augmenter de 2% en théorie, mais plutôt 4% en réalité.

    Et ce n’est pas moi qui le dis. C’est la mécanique implacable de la formation des prix dans une économie où chaque intermédiaire doit maintenir ses marges pour survivre.

    Le cocktail explosif : TVA + écotaxe + charges sociales

    Mais le pire, c’est que cette hausse de TVA n’arrive pas seule. Elle débarque en même temps que l’écotaxe, ce nouveau prélèvement sur le transport routier que les Bonnets Rouges combattent actuellement en Bretagne.

    Imaginez la situation : les transporteurs vont subir une double peine. D’un côté l’écotaxe qui augmente leurs coûts directs. De l’autre la hausse de la TVA sur le carburant, l’entretien, les péages. Tout cela sera évidemment répercuté sur les prix des marchandises transportées.

    Ajoutez à cela les charges sociales qui continuent leur progression inexorable, et vous obtenez un cocktail explosif pour l’inflation. Les entreprises n’auront d’autre choix que de répercuter l’intégralité de ces hausses sur leurs prix de vente.

    Les secteurs les plus touchés

    • L’alimentaire : déjà sous pression avec la hausse des matières premières
    • Le transport : cumul écotaxe + TVA sur carburant
    • Le BTP : hausse des matériaux et de la main d’œuvre
    • Les services : répercussion directe sur les tarifs

    La France championne du monde de la pression fiscale

    Cette hausse de TVA intervient dans un contexte où la France détient déjà des records peu enviables. Selon les derniers chiffres de l’OCDE, notre pays affiche un taux de prélèvements obligatoires de 45% du PIB en 2013, contre 34% en moyenne dans les pays développés.

    Mais la réalité est encore plus sombre. Quand on additionne l’ensemble des taxes, charges et prélèvements directs et indirects, on arrive plutôt à 60% de ponction sur la richesse créée. Et si on y ajoute l’inflation et les prélèvements déguisés, on frôle les 75%.

    Comment voulez-vous que l’économie respire dans ces conditions ? Comment les entreprises peuvent-elles investir ? Comment les ménages peuvent-ils consommer ?

    Une spirale mortifère

    Le problème fondamental, c’est que nous sommes entrés dans une spirale mortifère. Plus l’État augmente les impôts pour combler ses déficits, plus l’économie ralentit. Plus l’économie ralentit, moins il y a de rentrées fiscales. Moins il y a de rentrées fiscales, plus l’État augmente les impôts.

    Cette logique absurde nous mène droit dans le mur. Les efforts fiscaux demandés aux Français sont systématiquement annulés par leurs contre-effets récessifs. C’est mathématique.

    L’alternative que personne ne veut entendre

    Pourtant, la solution existe. Elle est même d’une simplicité biblique : il faut BAISSER les impôts, pas les augmenter. Baisser la TVA au lieu de l’augmenter. Baisser les charges au lieu de les alourdir.

    Voici ce que devrait être une vraie réforme fiscale courageuse :

    • TVA à 5% sur la main d’œuvre pour relancer l’emploi
    • TVA à 10% sur les produits locaux pour favoriser les circuits courts
    • TVA à 15% sur les importations pour protéger notre industrie

    Cette modulation permettrait de relancer la consommation tout en favorisant la production nationale. Mais évidemment, cela suppose de remettre en cause le dogme de l’augmentation perpétuelle des dépenses publiques.

    La grève de l’impôt : l’arme ultime ?

    Face à cette dérive, une idée fait son chemin : la grève de l’impôt. Combien faudrait-il de contribuables en contentieux pour paralyser complètement l’administration fiscale ? Les chiffres donnent le vertige.

    Avec 37 millions de foyers fiscaux et seulement quelques milliers d’agents du fisc pour traiter les contentieux, il suffirait que 5% des contribuables entrent en résistance pour créer un embouteillage administratif ingérable.

    Je ne dis pas qu’il faut le faire. Je dis simplement que mathématiquement, le système est vulnérable. Et que si la pression fiscale continue d’augmenter, cette option pourrait devenir tentante pour de plus en plus de Français.

    Les Bonnets Rouges : un avertissement ignoré

    Le mouvement des Bonnets Rouges en Bretagne devrait pourtant servir d’avertissement. Ces entrepreneurs, salariés, agriculteurs qui se révoltent contre l’écotaxe ne sont que l’avant-garde d’un ras-le-bol fiscal généralisé.

    Mais que font-ils sur la hausse de la TVA ? Rien. Silence radio. Pourtant, cette mesure aura un impact bien plus dévastateur que l’écotaxe sur le pouvoir d’achat des Français.

    2014 : l’année du grand basculement ?

    Dans 34 jours, nous entrerons dans une nouvelle ère fiscale. Une ère où la ponction de l’État sur l’économie réelle dépassera tous les seuils psychologiques et économiques soutenables.

    Les conséquences seront immédiates : effondrement de la consommation, faillites en cascade dans le commerce, explosion du chômage. Et face à la baisse des recettes qui en résultera, que fera le gouvernement ? Il augmentera encore les impôts, évidemment.

    Cette fuite en avant ne peut avoir qu’une seule issue : un shutdown fiscal généralisé, suivi d’un blackout économique systémique. Quand les contribuables n’en pourront plus, quand les entreprises mettront la clé sous la porte les unes après les autres, le château de cartes s’effondrera.

    La vérité, c’est qu’au lieu d’augmenter les impôts, l’État devrait avoir le courage de s’attaquer à ses vrais problèmes : la dette et ses intérêts qui nous étranglent.

    Pourquoi l’État ne contraint-il pas ses créanciers à baisser les taux d’intérêt de la dette ? Pourquoi continue-t-il à verser 50 milliards d’euros par an d’intérêts, soit l’équivalent du budget de l’Éducation nationale ?

    Mais non, il est plus facile de pressurer toujours plus les classes moyennes et les actifs. Plus facile de tuer la poule aux œufs d’or que de s’attaquer aux vrais privilèges.

    Conclusion : le compte à rebours a commencé

    Dans 34 jours, la TVA passera à 20%. Ce sera le début de la fin pour des millions de Français déjà asphyxiés par la pression fiscale. Les prix vont flamber, la consommation va s’effondrer, et la spirale récessive va s’accélérer.

    Il est encore temps d’annuler cette mesure suicidaire. Mais qui aura le courage de le faire ? Certainement pas le gouvernement actuel, empêtré dans ses contradictions et son idéologie fiscaliste.

    Alors préparez-vous. Serrez les ceintures. Et surtout, n’oubliez pas : les impôts augmenteront, et ne cesseront plus d’augmenter, pour des années et des années. Jusqu’à ce que le système implose.

    Est-ce vraiment cela, l’avenir que nous voulons ?

    Pour aller plus loin

    • Rapport de la Cour des Comptes 2013 sur l’évolution des prélèvements obligatoires en France
    • Étude INSEE sur l’impact de la TVA sur les prix à la consommation (octobre 2013)
    • Les Échos – Dossier spécial sur la réforme fiscale (novembre 2013)
    • OCDE – Statistiques des recettes publiques 2013 – Comparaison internationale de la pression fiscale
    • Mouvement des Bonnets Rouges – Comprendre la révolte fiscale bretonne

    Sources et références

    • OCDE, Statistiques des recettes publiques 1965-2012, édition 2013
    • INSEE, Note de conjoncture, octobre 2013
    • Cour des Comptes, Rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques, juin 2013
    • Ministère de l’Économie et des Finances, Projet de loi de finances 2014

    Photo : Sébastien Ramage / Unsplash

  • L’entrepreneur face à l’État : pourquoi je défends un modèle de flexibilité responsable
    L’entrepreneur face à l’État : pourquoi je défends un modèle de flexibilité responsable
    Les entrepreneurs français étouffent sous le poids des charges et des contraintes administratives. Entre les discours idéologiques déconnectés et les promesses non tenues, il est temps de proposer un modèle économique pragmatique qui permette vraiment de créer des emplois.

    Je viens d’avoir un échange musclé sur Twitter avec des militants d’extrême gauche qui m’expliquent doctement comment je devrais gérer mon entreprise. Des gens qui n’ont jamais créé un seul emploi, jamais pris le moindre risque, mais qui savent mieux que nous, entrepreneurs, comment fonctionne l’économie réelle. Cette déconnexion totale entre le discours politique et la réalité du terrain me pousse à prendre la plume.

    Car oui, je suis entrepreneur depuis plus de vingt ans. J’ai créé des entreprises, embauché des dizaines de personnes, traversé des crises. Et aujourd’hui, en cette fin 2013, je vois mes confrères entrepreneurs désespérer face à un système qui les étouffe progressivement.

    Le mouvement des Pigeons : symptôme d’un mal profond

    Souvenez-vous, il y a tout juste un an, en octobre 2012, naissait le mouvement des Pigeons. Des entrepreneurs qui se révoltaient contre le projet de taxation des plus-values de cession à 60%. Un mouvement spontané, né sur les réseaux sociaux, qui a fait reculer le gouvernement. Mais au-delà de cette victoire symbolique, qu’est-ce qui a vraiment changé ?

    Les amendements se succèdent, les promesses aussi. Notre ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, multiplie les annonces. Mais sur le terrain, rien ne bouge. Les charges restent écrasantes, les contraintes administratives toujours plus lourdes, et les entrepreneurs continuent de fermer boutique.

    Le problème, c’est que nos politiques ne comprennent pas ce qu’est vraiment un entrepreneur. Ils voient en nous soit des exploiteurs capitalistes assoiffés de profit, soit des vaches à lait fiscales. Jamais ils ne perçoivent la réalité : nous sommes des créateurs d’emplois, des preneurs de risques, des passionnés qui investissent leur temps, leur argent et souvent leur santé dans des projets économiques.

    La petite boîte flexible : le modèle qui fonctionne

    Quand je défends le modèle de la « petite boîte flexible », on m’accuse immédiatement de vouloir précariser les salariés. C’est une vision totalement erronée de la réalité entrepreneuriale. Ce que nous voulons, c’est pouvoir embaucher sans prendre le risque de mettre la clé sous la porte si l’activité ralentit.

    Regardez les chiffres : en France, 90% des entreprises ont moins de 10 salariés. Ces TPE représentent près de 20% de l’emploi total. Elles sont le tissu économique de nos territoires, créent de la proximité, de l’innovation, du lien social. Mais elles sont aussi les plus fragiles face aux rigidités du système.

    Les freins à l’embauche : une réalité quotidienne

    Contrairement à ce que prétendent certains idéologues, les entrepreneurs ne rêvent que de pouvoir embaucher ! Mais voilà la réalité :

    • Un SMIC chargé coûte près de 1 600 euros par mois à l’employeur
    • Les procédures de licenciement peuvent durer des mois et coûter des fortunes
    • La complexité administrative décourage les plus motivés
    • L’incertitude juridique permanente paralyse la prise de décision

    Dans ces conditions, comment s’étonner que les entrepreneurs hésitent à recruter ? Ce n’est pas par manque d’éthique ou par volonté d’exploiter, c’est par simple survie économique.

    L’absurdité des « entreprises socialistes »

    J’ai failli m’étouffer quand on m’a parlé d’ »entreprises socialistes » comme modèle alternatif. De quoi parle-t-on exactement ? Des coopératives ? Des entreprises publiques ? Des structures subventionnées qui survivent grâce à l’argent du contribuable ?

    Je préfère mille fois des entrepreneurs ayant une éthique, qui créent de la valeur réelle, qui innovent, qui prennent des risques avec leur propre argent. La propriété privée n’est pas un gros mot, c’est le moteur de la créativité, de la passion, de la motivation et de l’ambition.

    Regardez les pays qui ont supprimé la propriété privée : où sont leurs innovations ? Où sont leurs success stories ? L’URSS a-t-elle créé Google ? La Chine de Mao a-t-elle inventé l’iPhone ? Non, l’innovation naît de la liberté d’entreprendre, du droit de propriété, de la possibilité de récolter les fruits de son travail.

    L’éthique entrepreneuriale : une réalité méconnue

    Ce que les politiques ne comprennent pas, c’est que la grande majorité des entrepreneurs ont une éthique forte. Nous ne sommes pas des rapaces sans scrupules. Nous avons des valeurs :

    • Le respect de nos salariés, qui sont notre première richesse
    • La satisfaction de nos clients, sans laquelle nous disparaissons
    • L’ancrage territorial, car nous vivons là où nous travaillons
    • La transmission, car nous voulons que nos entreprises nous survivent

    Mais cette éthique doit s’exercer dans un cadre économique viable. On ne peut pas demander aux entrepreneurs d’être des philanthropes tout en les écrasant de charges et de contraintes.

    Le modèle gagnant-gagnant : une solution pragmatique

    Quand Ségolène Royal évoque un fonctionnement « gagnant-gagnant » avec les entrepreneurs, elle touche juste. Mais pour que ce modèle fonctionne, il faut des mesures concrètes, pas des discours.

    Voici ce que nous demandons vraiment :

    • Une baisse significative des charges : pas des mesurettes, mais une vraie réduction qui permette d’embaucher
    • Une simplification administrative radicale : un guichet unique, des procédures allégées
    • Une flexibilité encadrée : pouvoir adapter les effectifs sans mettre en péril l’entreprise
    • Une stabilité fiscale : arrêter de changer les règles du jeu en permanence

    En échange, nous sommes prêts à nous engager sur l’emploi, la formation, l’investissement. Mais il faut nous en donner les moyens !

    L’exemple allemand : pragmatisme vs idéologie

    Regardez l’Allemagne : les réformes Hartz ont permis de créer un marché du travail plus flexible tout en maintenant une protection sociale. Le taux de chômage est passé de 11% en 2005 à moins de 6% aujourd’hui. Les entreprises embauchent, l’économie tourne, et les salariés trouvent du travail.

    Ce n’est pas du « néolibéralisme sauvage », c’est du pragmatisme économique. On peut critiquer certains aspects de ces réformes, mais force est de constater qu’elles fonctionnent mieux que notre immobilisme français.

    L’urgence d’agir : des entrepreneurs au bord du gouffre

    Chaque jour, je reçois des messages d’entrepreneurs en détresse. Des hommes et des femmes qui ont tout investi dans leur projet et qui voient leur rêve s’écrouler sous le poids des charges et des contraintes. Le taux de défaillances d’entreprises explose : plus de 60 000 en 2013, un record depuis 2009.

    Derrière ces chiffres, ce sont des vies brisées, des familles en difficulté, des salariés au chômage. Et pendant ce temps, nos politiques débattent de concepts abstraits, d’ »entreprises socialistes » ou de « justice fiscale », sans voir la réalité du terrain.

    Il est urgent de changer de paradigme. Non pas en abandonnant toute protection sociale, mais en créant un système qui permette vraiment de créer de l’emploi et de la richesse. Un système où l’entrepreneur n’est plus vu comme l’ennemi mais comme un partenaire du développement économique.

    L’entrepreneur en politique : une nécessité démocratique

    Je suis convaincu que l’avenir passe par l’entrée des entrepreneurs en politique. Non pas les grands dirigeants du CAC 40 qui sont déjà bien représentés dans les cercles du pouvoir, mais les vrais entrepreneurs, ceux qui connaissent la réalité du terrain.

    Nous avons besoin de voix qui portent l’expérience concrète de la création d’entreprise, de la gestion des ressources humaines, de la confrontation quotidienne avec l’administration. Des voix qui peuvent expliquer pourquoi telle mesure est inapplicable, pourquoi telle réforme va dans le mur.

    C’est notre responsabilité collective d’entrepreneurs de nous engager, de porter nos idées, de défendre notre vision d’une économie dynamique et responsable. Les mouvements comme les Pigeons montrent que nous pouvons nous mobiliser. Il faut maintenant passer à l’étape suivante : proposer et construire.

    Un nouveau contrat social entrepreneurial

    Ce que je propose, c’est un nouveau contrat social entre les entrepreneurs, l’État et la société :

    • Les entrepreneurs s’engagent à créer de l’emploi durable, à former leurs salariés, à respecter l’environnement
    • L’État s’engage à alléger les charges et les contraintes, à simplifier les procédures, à stabiliser la fiscalité
    • La société reconnaît le rôle positif de l’entrepreneur et accepte une certaine flexibilité en échange de création d’emplois

    Ce n’est pas de l’ultralibéralisme, c’est du bon sens économique. Un système où chacun y trouve son compte, où l’on sort des postures idéologiques pour entrer dans le pragmatisme.

    Bref. La France a besoin de ses entrepreneurs. Nous sommes prêts à jouer notre rôle, à prendre nos responsabilités, à créer de l’emploi et de la richesse. Mais il faut nous en donner les moyens. Les discours ne suffisent plus, les mesurettes non plus. Il faut une vraie révolution culturelle qui reconnaisse enfin l’entrepreneur pour ce qu’il est : un acteur essentiel du développement économique et social de notre pays.

    La balle est dans le camp du politique. Soit ils continuent à nous voir comme des ennemis à abattre ou des vaches à traire, et la France continuera son déclin économique. Soit ils acceptent de travailler avec nous, et nous pourrons ensemble construire une économie dynamique, créatrice d’emplois et socialement responsable. Le choix leur appartient. Mais le temps presse, et les entrepreneurs n’attendront pas éternellement.

    Pour aller plus loin

    • Le mouvement des Pigeons – Retrouvez l’histoire et les revendications du mouvement sur les réseaux sociaux #pigeons
    • « La France des petits patrons » de Sophie Boutillier et Dimitri Uzunidis – Une analyse sociologique de l’entrepreneuriat en France
    • Les rapports de l’INSEE sur les TPE-PME – Pour comprendre le poids réel des petites entreprises dans l’économie française
    • « L’entrepreneur face à l’État » de François Hurel – Un témoignage d’entrepreneur devenu parlementaire
    • Les études de l’APCE (Agence Pour la Création d’Entreprises) – Des données concrètes sur la création d’entreprise en France

    Sources et références

    • INSEE – Tableaux de l’économie française, édition 2013
    • Rapport Gallois sur la compétitivité, novembre 2012
    • Baromètre Ernst & Young de l’entrepreneuriat 2013
    • Données Banque de France sur les défaillances d’entreprises
    • Études OCDE sur l’emploi et le marché du travail, 2013

    Photo : Nick Sorockin / Unsplash

  • TVA à 20% : la bombe fiscale qui va exploser le 1er janvier 2014
    TVA à 20% : la bombe fiscale qui va exploser le 1er janvier 2014
    La hausse de la TVA à 20% prévue au 1er janvier 2014 représente bien plus qu’un simple ajustement technique. C’est une bombe à retardement fiscale qui menace d’anéantir le pouvoir d’achat des Français et de plonger l’économie dans une spirale déflationniste.

    Dans six semaines exactement, pendant que les Français prépareront leurs fêtes de fin d’année, une bombe fiscale s’apprête à exploser. Le 1er janvier 2014, la TVA passera de 19,6% à 20%. Vous me direz : « 0,4 point, ce n’est rien ». Détrompez-vous. C’est précisément ce genre de raisonnement qui nous a menés dans le mur économique où nous sommes aujourd’hui.

    Cette hausse, je ne la vois pas comme un simple ajustement technique. C’est un choc fiscal majeur qui va frapper de plein fouet une économie déjà à genoux. Et le pire ? Personne ne semble mesurer l’ampleur de la catastrophe qui se prépare.

    L’effet domino que personne ne veut voir

    Commençons par les bases. La TVA, c’est l’impôt le plus injuste qui soit. Pourquoi ? Parce qu’il frappe tout le monde de la même manière, que vous gagniez le SMIC ou que vous soyez millionnaire. Un litre de lait, un plein d’essence, une facture d’électricité : la TVA ne fait pas de distinction sociale.

    Mais ce n’est pas le pire. Le vrai problème, c’est l’effet cascade. Quand la TVA augmente, ce n’est pas juste le prix final qui grimpe. C’est toute la chaîne de valeur qui se retrouve impactée :

    • Le grossiste augmente ses prix pour maintenir sa marge
    • Le transporteur répercute la hausse du carburant
    • Le distributeur ajuste ses tarifs à la hausse
    • Le consommateur final se retrouve avec une facture qui a explosé

    Résultat ? Cette hausse de 0,4 point se transforme en réalité en une augmentation des prix de 1 à 2%, voire plus dans certains secteurs. C’est mathématique.

    Le timing catastrophique de janvier 2014

    Mais attendez, ce n’est pas fini. Cette hausse de TVA ne vient pas seule. Elle s’accompagne d’un cortège de mesures fiscales qui vont transformer janvier 2014 en véritable massacre du pouvoir d’achat :

    D’abord, il y a l’écotaxe. Cette nouvelle taxe sur le transport routier, censée entrer en vigueur le 1er janvier également, va mécaniquement augmenter le coût du transport de marchandises. Et qui va payer au final ? Le consommateur, évidemment.

    Ensuite, les cotisations sociales qui continuent leur inexorable progression. Les charges patronales, les charges salariales, tout augmente. Les entreprises n’ont que deux solutions : licencier ou augmenter leurs prix. Dans les deux cas, c’est la catastrophe.

    Enfin, n’oublions pas que janvier, c’est traditionnellement le mois des augmentations tarifaires. Électricité, gaz, transports publics, assurances… Tout le monde profite du changement d’année pour réviser ses prix à la hausse.

    Une économie déjà à genoux

    Ce qui me met vraiment en colère, c’est qu’on applique ce choc fiscal à une économie déjà exsangue. Les chiffres sont là, implacables :

    • Le chômage n’a jamais été aussi élevé depuis 1997
    • La croissance est atone, proche de zéro
    • Les défaillances d’entreprises explosent
    • Le pouvoir d’achat des ménages recule depuis des mois

    Dans ce contexte, augmenter la TVA, c’est comme donner un coup de pied à quelqu’un qui est déjà à terre. C’est de l’acharnement fiscal pur et simple.

    Les commerçants que je rencontre sont désespérés. Ils me disent tous la même chose : « On n’arrive déjà plus à joindre les deux bouts. Si les prix augmentent encore, les clients vont définitivement déserter nos magasins. » Et ils ont raison.

    L’absurdité économique du gouvernement

    Ce qui me sidère, c’est l’aveuglement total du gouvernement. On nous explique que cette hausse de TVA est nécessaire pour financer le CICE (Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi). En clair : on augmente les impôts des consommateurs pour baisser les charges des entreprises.

    Mais c’est complètement absurde ! Si les consommateurs n’achètent plus parce que tout est trop cher, à quoi bon baisser les charges des entreprises ? Elles vont faire quoi avec leurs baisses de charges si elles n’ont plus de clients ?

    C’est exactement l’inverse qu’il faudrait faire. BAISSER la TVA pour relancer la consommation. BAISSER les charges pour permettre aux entreprises d’embaucher. Mais non, on fait l’inverse. On augmente d’un côté pour baisser de l’autre. C’est du grand n’importe quoi économique.

    Les Bonnets Rouges : le début de la révolte fiscale ?

    Il y a pourtant des signes d’espoir. En Bretagne, les Bonnets Rouges montrent la voie. Ils ont compris que trop d’impôt tue l’impôt. Leur mobilisation contre l’écotaxe est un premier pas. Mais il faut aller plus loin.

    Ce mouvement doit s’emparer du dossier de la TVA. C’est LE combat prioritaire. Parce que contrairement à l’écotaxe qui ne touche « que » les transporteurs, la TVA, elle, frappe tout le monde. C’est l’impôt le plus large, le plus injuste, le plus destructeur pour l’économie.

    Je lance donc un appel : il faut absolument que la mobilisation s’amplifie dans les prochaines semaines. Nous avons encore un mois et demi pour faire reculer le gouvernement. C’est court, mais c’est jouable.

    Les solutions existent, il manque juste le courage politique

    Soyons clairs : annuler la hausse de la TVA, c’est techniquement très simple. Un décret, et c’est réglé. Le problème, c’est le manque de courage politique.

    Mais les alternatives existent pour financer le budget de l’État :

    • Lutter vraiment contre la fraude fiscale (80 milliards d’euros par an)
    • Supprimer les niches fiscales inutiles
    • Taxer les transactions financières
    • Réduire le train de vie de l’État
    • Simplifier le millefeuille administratif

    Au lieu de ça, on préfère la solution de facilité : augmenter la TVA. C’est simple, c’est rapide, et ça rapporte gros. Sauf que ça tue l’économie à petit feu.

    Il est encore temps d’agir. Mais il faut faire vite. Très vite. Car dans six semaines, il sera trop tard. La bombe aura explosé, et les dégâts seront irréversibles.

    Alors, qu’attendons-nous pour nous mobiliser ? Qu’attendons-nous pour dire stop à cette folie fiscale ? L’avenir de notre économie se joue maintenant. Pas dans six mois. Pas dans un an. Maintenant.

    Pour aller plus loin

    • Le rapport de la Cour des Comptes sur la TVA – Analyse détaillée de l’impact de la TVA sur l’économie française
    • « L’impôt sur la consommation » de Maurice Lauré – Pour comprendre les mécanismes de la TVA
    • Les études de l’INSEE sur le pouvoir d’achat – Les chiffres qui montrent la dégradation continue
    • Le mouvement des Bonnets Rouges – Comprendre la révolte fiscale bretonne
    • « La France surendettée » de François Lenglet – Pour une vision globale de la crise fiscale française

    Sources et références

    • Projet de loi de finances 2014 – Ministère de l’Économie et des Finances
    • Rapport sur la compétitivité française – Louis Gallois, novembre 2012
    • Étude INSEE sur l’évolution du pouvoir d’achat – octobre 2013
    • Baromètre des défaillances d’entreprises – Altares, 3e trimestre 2013
    • Enquête de conjoncture auprès des ménages – INSEE, novembre 2013

    Photo : KOBU Agency / Unsplash