• L’éthique militaire s’effrite, les opérations controversées
    L’éthique militaire s’effrite, les opérations controversées
    L’actualité militaire de 2025 révèle des tensions croissantes entre éthique et pragmatisme opérationnel. Des missions humanitaires en Méditerranée aux stratégies controversées au Moyen-Orient, cette année marque un tournant dans la perception publique des institutions militaires.

    J’observe depuis des décennies l’évolution des pratiques militaires mondiales. En tant qu’entrepreneur ayant côtoyé de nombreux secteurs, y compris celui de la défense, je peux vous dire que 2025 restera une année charnière. Une année où certaines lignes rouges ont été franchies, où l’éthique militaire a vacillé face aux impératifs politiques.

    Les événements récents me poussent à une réflexion profonde sur ce que devient l’honneur militaire quand il se heurte aux calculs géopolitiques. Et franchement, le spectacle n’est pas beau à voir.

    Les opérations humanitaires : entre courage et instrumentalisation

    Commençons par ce qui m’interpelle le plus : ces missions d’aide humanitaire en Méditerranée qui tournent au bras de fer géopolitique. J’ai eu l’occasion d’observer de près plusieurs de ces opérations, et je dois dire que le courage des équipages civils force le respect.

    Ces hommes et ces femmes qui embarquent sur des navires d’aide humanitaire savent parfaitement qu’ils risquent l’interpellation, voire pire. Ils le font par conviction, par solidarité humaine. C’est admirable.

    Mais voilà où le bât blesse : ces opérations deviennent rapidement des pions sur l’échiquier géopolitique. Les images d’arrestations, de navires détournés, de militants ligotés par des forces spéciales… Tout cela sert une narrative qui dépasse largement l’aide humanitaire.

    Je me suis même surpris à envisager de participer à l’une de ces missions. L’idée d’affréter une embarcation, de rassembler un équipage volontaire, m’a traversé l’esprit plus d’une fois. Parce que naviguer, j’adore ça. Et parce que l’inaction face à l’injustice, ça me rend malade.

    La militarisation de l’humanitaire

    Ce qui me frappe, c’est la rapidité avec laquelle ces missions basculent dans le registre militaire. Un navire humanitaire devient soudain une « cible », son équipage des « suspects », sa mission une « opération hostile ».

    Les forces spéciales interviennent avec la même méthodologie que pour une opération antiterroriste. Hélicoptères, commandos, interpellations musclées… Pour arrêter des bénévoles qui distribuent de l’eau et des médicaments.

    Cette militarisation de l’humanitaire révèle quelque chose de profondément troublant : la confusion croissante entre ennemi militaire et opposant politique. Une dérive dangereuse qui érode les fondements mêmes de l’éthique militaire.

    L’effondrement des standards éthiques

    Parlons franchement : certaines armées ont perdu leur boussole morale en 2025. Et je pense particulièrement au comportement de Tsahal, qui fait désormais honte à tous les militaires professionnels de la planète.

    Il n’y a plus une armée au monde qui soit plus détestée, plus décriée pour ses méthodes. Et ce n’est pas de la propagande, c’est un constat factuel. Quand des généraux du monde entier commencent à prendre leurs distances, quand des écoles militaires retirent certains « cas d’étude » de leurs programmes, on touche le fond.

    Cette armée, qui était encore considérée il y a quelques années comme l’une des plus professionnelles au monde, est devenue l’incarnation de tout ce qu’un militaire ne devrait jamais faire. L’exacte antithèse de l’honneur des armes.

    Les conséquences sur le moral des troupes

    J’ai eu l’occasion d’échanger avec d’anciens militaires américains récemment. Leur désarroi est palpable. Ils ont servi leur pays avec honneur, ont risqué leur vie pour des valeurs qu’ils croyaient universelles. Et voilà qu’ils assistent, impuissants, à la dégradation de l’image militaire mondiale.

    Certains parlent même de « sédition morale » : comment continuer à servir quand l’institution militaire cautionne l’incautionnable ? Comment expliquer à ses enfants qu’on a porté l’uniforme quand cet uniforme est désormais associé à des crimes de guerre ?

    Cette crise identitaire touche toutes les armées occidentales. Les vocations militaires chutent, les démissions d’officiers augmentent, le prestige de la fonction s’effrite. Un cercle vicieux dramatique.

    Stratégie militaire versus éthique : l’éternel dilemme

    Sun Tzu l’avait parfaitement compris il y a plus de deux millénaires : « Quand tu encercles une armée, laisse une issue libre. Ne presse pas trop un ennemi désespéré. » J’ai étudié L’Art de la guerre en détail, et ce précepte reste d’une actualité brûlante.

    Pourtant, c’est exactement l’inverse que nous observons en 2025. Les stratèges contemporains semblent avoir oublié cette sagesse millénaire. Ils préfèrent l’anéantissement total à la victoire honorable.

    Cette approche est non seulement immorale, elle est contre-productive. Un ennemi acculé devient imprévisible, dangereux, capable du pire. La radicalisation naît toujours de l’humiliation et du désespoir.

    L’incompétence stratégique des états-majors

    Ce qui me frappe le plus dans les conflits actuels, c’est l’incompétence stratégique crasse de certains généraux d’armée. Des hommes qui ont gravi tous les échelons de la hiérarchie militaire mais qui semblent incapables de penser au-delà de la tactique immédiate.

    Ils excellent dans l’art de gagner des batailles tout en perdant la guerre. Ils maîtrisent parfaitement la technologie militaire mais ignorent tout de la psychologie des peuples. C’est désolant, mais c’est la réalité de 2025.

    Cette myopie stratégique explique en grande partie l’enlisement de nombreux conflits contemporains. On gagne militairement, on perd politiquement. Et au final, on ne gagne rien du tout.

    La technologie militaire : progrès ou régression ?

    Parlons aussi de cette fascination contemporaine pour la technologie militaire. Drones, systèmes automatisés, intelligence artificielle… Tout cela impressionne les états-majors et rassure les politiques.

    Mais regardons la réalité : les conflits les plus efficaces de ces dernières années ont été menés avec des moyens rudimentaires. Des « éleveurs de chèvres » équipés de technologie de fortune qui mettent en échec des armées suréquipées.

    Cette ironie révèle quelque chose de fondamental : la guerre reste avant tout une affaire d’hommes, de motivation, de cause. La technologie n’est qu’un multiplicateur de force, pas un substitut à la stratégie.

    L’illusion de la supériorité technologique

    J’ai vu trop d’entreprises technologiques faire la même erreur : croire que l’innovation suffit à garantir le succès. Dans le domaine militaire, cette illusion peut coûter des vies.

    Les conflits asymétriques de 2025 le prouvent quotidiennement : une motivation forte compense largement une infériorité technologique. Et quand cette motivation s’appuie sur une cause juste, elle devient quasi-invincible.

    C’est pourquoi les armées les plus sophistiquées technologiquement ne sont pas nécessairement les plus efficaces. Elles sont souvent handicapées par leur dépendance à la technologie et leur éloignement du terrain.

    Vers une redéfinition de l’honneur militaire

    Face à cette crise, une question s’impose : comment redéfinir l’honneur militaire au XXIe siècle ? Comment concilier efficacité opérationnelle et éthique humaniste ?

    La réponse ne viendra pas des états-majors actuels, trop englués dans leurs certitudes et leurs habitudes. Elle viendra de la base, de ces militaires de terrain qui refusent de cautionner l’incautionnable.

    J’ai rencontré plusieurs de ces officiers « dissidents ». Ils servent encore, mais avec une conscience aigüe des limites à ne pas franchir. Ils préparent déjà l’après, une nouvelle conception du métier militaire.

    Le rôle de la société civile

    Nous, civils, avons aussi notre responsabilité. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur les dérives militaires sous prétexte que « nous ne connaissons rien à la guerre ».

    Au contraire, notre regard extérieur est précieux. Il permet de rappeler aux militaires que leur mission première est de protéger les civils, pas de les terroriser.

    C’est pourquoi des initiatives comme les flottilles humanitaires sont si importantes. Elles rappellent que la solidarité humaine existe encore, qu’elle peut s’organiser, qu’elle peut résister.

    L’année 2025 aura été celle de tous les excès militaires. Mais elle aura aussi été celle de l’éveil des consciences. Une nouvelle génération de militaires et de civils refuse désormais l’inacceptable. Et c’est peut-être là notre seul espoir de retrouver un jour l’honneur des armes.

    Car sans honneur, une armée n’est plus qu’une milice. Et sans éthique, un militaire n’est plus qu’un mercenaire.

    Pour aller plus loin

    Photo : Benedict YANIBADA / Unsplash

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  • Syrie : entre espoirs de retour et craintes d’un nouveau chaos
    Syrie : entre espoirs de retour et craintes d’un nouveau chaos
    La chute de Bachar el-Assad en décembre 2024 marque un tournant historique pour la Syrie, permettant aux millions de réfugiés de rentrer chez eux tout en soulevant de graves inquiétudes sur l’avenir des minorités et la stabilité régionale. Cette transformation géopolitique majeure redessine les équilibres au Moyen-Orient.

    Il y a des moments dans l’Histoire où tout bascule en quelques jours. Décembre 2024 restera gravé comme l’un de ces tournants pour la Syrie et le Moyen-Orient.

    La chute de Bachar el-Assad après plus de deux décennies au pouvoir ouvre une page totalement inédite. D’un côté, des millions de Syriens exilés peuvent enfin envisager de rentrer chez eux. De l’autre, cette transition soulève des questions majeures sur ce qui nous attend.

    Je dois l’avouer : cette situation me préoccupe profondément. Pas parce que je regrette Assad – loin de là – mais parce que l’expérience nous a appris que les « printemps arabes » se transforment souvent en hivers sanglants.

    Le grand retour : espoir ou obligation déguisée ?

    Depuis la prise de Damas, une dynamique s’enclenche pour les réfugiés syriens. Les autorités européennes commencent déjà à suspendre l’examen des demandes d’asile syriennes, et certains pays évoquent ouvertement la non-reconduction des statuts de protection temporaire.

    Je suis content pour ces familles qui vont pouvoir se retrouver après des années de séparation. Imaginez : des enfants qui n’ont jamais vu leur pays natal, des grands-parents qui pensaient mourir en exil, des couples séparés par la guerre.

    Mais posons-nous la vraie question : ce retour sera-t-il vraiment volontaire ?

    L’Allemagne, qui accueille près d’un million de Syriens, a déjà annoncé un moratoire sur les expulsions tout en gelant les nouvelles demandes d’asile. La France, la Suède, les Pays-Bas suivent le même chemin. Le message est clair : la Syrie est redevenue « sûre » du jour au lendemain.

    Les oubliés de la « libération »

    Parlons franchement de ce qui m’inquiète le plus : l’avenir des minorités religieuses et ethniques syriennes.

    Les chrétiens de Syrie, présents depuis deux millénaires, représentent environ 10% de la population. Sous Assad, ils bénéficiaient d’une protection relative dans un système certes autoritaire mais laïc. Aujourd’hui, avec l’arrivée au pouvoir de groupes issus de l’opposition islamiste, leur situation devient précaire.

    Les premières images qui nous parviennent sont révélatrices : églises profanées, croix brisées, familles chrétiennes qui fuient vers le Liban. Ce n’est pas du fantasme, c’est du concret.

    Les Alaouites, minorité chiite dont était issu Assad et qui représente 12% de la population, risquent des représailles massives. Les Kurdes du nord-est, alliés des Américains dans la lutte contre Daech, voient déjà leurs positions attaquées par des groupes soutenus par la Turquie.

    Cette fragmentation ethnique et confessionnelle me rappelle douloureusement ce qui s’est passé en Irak après 2003. Les minorités ont payé le prix fort de ces « libérations ».

    Un domino géopolitique qui inquiète

    Ce qui se passe en Syrie ne reste pas en Syrie. C’est tout l’axe de la résistance qui s’effondre.

    Après la Palestine écrasée, l’Irak déstabilisé, la Libye plongée dans le chaos, le Liban exsangue, voilà que la Syrie tombe à son tour. Cet effondrement en cascade de l’influence russo-iranienne au Moyen-Orient redessine complètement la carte géopolitique régionale.

    L’Iran perd son corridor terrestre vers le Liban et le Hezbollah. La Russie voit ses bases militaires de Tartous et Hmeimim menacées. La Chine observe la fragilisation de ses nouvelles routes de la soie.

    Face à eux, Israël, la Turquie et les monarchies du Golfe sortent renforcés. Erdoğan, en particulier, récolte les fruits de sa stratégie patiente de soutien aux groupes d’opposition syriens.

    Cette redistribution des cartes au Moyen-Orient aura des conséquences bien au-delà de la région. L’Europe va devoir gérer de nouveaux flux migratoires, pas seulement le retour des Syriens, mais potentiellement l’arrivée de nouvelles minorités persécutées.

    Le poids des sanctions : Caesar Act et responsabilités

    On ne peut pas comprendre la situation actuelle sans évoquer le Caesar Syria Civilian Protection Act, adopté par les États-Unis en 2019 sous Donald Trump.

    Ces sanctions, les plus sévères jamais imposées à un pays, ont littéralement étranglé l’économie syrienne. Elles visaient tout individu ou entité faisant des affaires avec le gouvernement Assad, paralysant la reconstruction et aggravant la crise humanitaire.

    Résultat : une population appauvrie, des infrastructures détruites, une économie exsangue. Ces sanctions ont certainement contribué à affaiblir le régime, mais au prix de souffrances immenses pour la population civile.

    Aujourd’hui que Assad est parti, ces sanctions vont-elles être levées ? Qui va payer pour la reconstruction ? Les mêmes qui ont détruit vont-ils reconstruire ?

    L’effet domino régional

    Le Liban tremble déjà. Les premiers incidents à la frontière syro-libanaise montrent que l’instabilité se propage.

    Le Hezbollah, privé de son soutien logistique syrien et déjà affaibli par sa confrontation avec Israël, voit sa position stratégique compromise. Le Liban, déjà au bord de l’effondrement économique, risque de devenir le prochain domino.

    L’Irak surveille nerveusement sa frontière occidentale. Bagdad craint que l’instabilité syrienne ne ravive les tensions sectaires internes et ne facilite le retour de groupes djihadistes.

    Même la Jordanie, pourtant alliée de l’Occident, s’inquiète. Amman redoute une nouvelle vague de réfugiés et une déstabilisation de sa frontière nord.

    Questions sans réponses

    Alors que les chancelleries occidentales se félicitent de la chute d’Assad, je reste sceptique sur ce qui nous attend.

    Qui va gouverner la Syrie ? Les différents groupes rebelles vont-ils s’entendre ou va-t-on assister à une nouvelle guerre civile ? Comment éviter que le pays ne sombre dans le chaos libyen ?

    Plus préoccupant encore : quel sera l’avenir de ceux qui s’opposeront au nouveau pouvoir ? La Syrie post-Assad sera-t-elle plus démocratique ou simplement sous une nouvelle forme d’autoritarisme ?

    J’ai encore un petit espoir qu’un retournement soit possible, que la Russie, l’Iran et la Chine trouvent les moyens de stabiliser la situation. Mais les faits sont têtus : l’axe de la résistance s’effrite jour après jour.

    Ce qui est sûr, c’est que nous assistons à un tournant historique majeur. La Syrie de demain ne ressemblera en rien à celle d’hier. Reste à savoir si ce sera pour le meilleur ou pour le pire.

    Pour les réfugiés qui rentrent, pour les minorités qui restent, pour toute la région : l’avenir s’écrit maintenant. Et il s’annonce incertain.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

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  • L’Algérie de 2024, puissance géopolitique
    L’Algérie de 2024, puissance géopolitique
    L’affaire Boualem Sansal révèle les nouvelles réalités géopolitiques entre la France et l’Algérie. Alger, devenue une puissance régionale incontournable, impose désormais ses règles diplomatiques. Une relation bilatérale à repenser d’urgence.

    L’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal en novembre 2024 a cristallisé des tensions diplomatiques qui dépassent largement le cas d’un intellectuel controversé. Cette affaire révèle en réalité les mutations profondes de l’Algérie contemporaine et l’urgence de repenser nos relations avec ce voisin méditerranéen.

    Je le dis sans détour : ce n’est absolument pas le moment d’aller chercher des embrouilles à l’Algérie. Et il ne faut surtout pas sous-estimer l’Algérie de 2024.

    L’Algérie de 2024 : une puissance régionale transformée

    Quand je regarde l’Algérie d’aujourd’hui, je ne vois plus le pays des années 1990-2000. Nous avons face à nous une nation qui a profondément évolué sur tous les plans.

    Sur le plan économique d’abord. Avec ses réserves d’hydrocarbures considérables et sa position stratégique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, l’Algérie dispose d’atouts géopolitiques majeurs. Les revenus gaziers, particulièrement depuis la crise énergétique européenne, lui donnent une marge de manœuvre diplomatique considérable.

    Sur le plan diplomatique ensuite. Alger a développé une politique étrangère beaucoup plus assertive. Les relations avec la Russie se sont renforcées, notamment dans le domaine militaire. Les partenariats avec la Chine se multiplient dans les infrastructures et l’énergie. L’Algérie joue désormais un rôle central dans l’Organisation de coopération de Shanghai et maintient ses positions de principe sur les grandes questions internationales.

    La posture algérienne face à Israël illustre parfaitement cette constance diplomatique. L’Algérie et Israël n’ont pas de relations diplomatiques officielles et ne sont pas prêts d’en avoir. La République algérienne démocratique et populaire ne reconnaît pas Israël et interdit toute entrée sur son territoire aux voyageurs munis d’un passeport israélien.

    L’affaire Boualem Sansal : révélateur des nouvelles règles du jeu

    L’arrestation de Boualem Sansal n’est pas un accident diplomatique. Elle s’inscrit dans une logique claire de souveraineté nationale que l’Algérie entend faire respecter.

    Sansal, écrivain reconnu mais controversé, avait multiplié les déclarations polémiques sur l’histoire algérienne et les frontières du pays. Ses positions, notamment ses remises en cause de certains aspects de la guerre d’indépendance ou ses déclarations sur le territoire algérien, étaient perçues à Alger comme des provocations inacceptables.

    J’ai voulu comprendre les griefs précis contre lui. Les reproches portent essentiellement sur ses déclarations concernant les frontières orientales de l’Algérie, ses positions sur l’histoire coloniale qu’Alger juge révisionnistes, et ses prises de position perçues comme hostiles à l’État algérien.

    Ce qui conduira l’Algérie à se montrer impitoyable, c’est justement cette perception d’une atteinte à la souveraineté nationale. Pour Alger, il ne s’agit pas de liberté d’expression mais de défense des intérêts fondamentaux du pays.

    Les erreurs de lecture françaises

    La France a commis une erreur d’appréciation majeure en sous-estimant la détermination algérienne sur ce dossier. Nous continuons trop souvent à regarder l’Algérie avec les lunettes du passé.

    Premier malentendu : croire qu’Alger cédera aux pressions diplomatiques européennes. L’Algérie de 2024 a les moyens de ses ambitions et n’hésite plus à tenir tête aux puissances occidentales quand elle estime ses intérêts menacés.

    Deuxième erreur : minimiser l’importance symbolique de cette affaire pour l’opinion publique algérienne. La défense de la souveraineté nationale reste un ressort politique puissant en Algérie, particulièrement face à ce qui est perçu comme des ingérences extérieures.

    Troisième maladresse : ne pas avoir anticipé la réaction algérienne. Les déclarations de Sansal étaient connues depuis longtemps. Il était prévisible qu’un passage en Algérie pose problème.

    Géopolitique méditerranéenne : les nouveaux équilibres

    Cette crise s’inscrit dans une recomposition géopolitique plus large de l’espace méditerranéen. L’Algérie ne subit plus les événements, elle les influence.

    Dans le contexte du conflit au Proche-Orient, Alger maintient ses positions de principe pro-palestiniennes tout en évitant l’escalade militaire directe. Cette stratégie lui permet de conserver sa crédibilité dans le monde arabe tout en préservant ses intérêts économiques.

    Face à l’instabilité libyenne, l’Algérie joue un rôle stabilisateur crucial. Son influence sur les équilibres régionaux s’est considérablement renforcée ces dernières années.

    Avec l’Europe, les relations se complexifient. L’Algérie reste un partenaire énergétique majeur mais refuse désormais le statut de partenaire junior. Elle entend négocier d’égal à égal.

    Pourquoi restaurer nos relations devient incontournable

    Je le dis clairement : restaurer nos relations avec l’Algérie c’est incontournable. Et ce pour plusieurs raisons majeures.

    D’abord, les enjeux énergétiques. Dans le contexte de diversification des approvisionnements européens, l’Algérie représente une alternative crédible aux hydrocarbures russes. Mais cette coopération nécessite un climat politique apaisé.

    Ensuite, les questions migratoires. L’Algérie reste un pays de transit et d’origine pour les flux migratoires vers l’Europe. Une coopération efficace sur ces sujets passe par un dialogue politique constructif.

    Enfin, la stabilité régionale. Dans un Sahel en crise et face aux défis sécuritaires au Maghreb, l’Algérie constitue un pilier de stabilité qu’il serait dangereux d’affaiblir.

    La France a tout intérêt à renouer un dialogue respectueux avec Alger. Cela passe par la reconnaissance des nouvelles réalités géopolitiques et l’abandon des réflexes paternalistes du passé.

    Les risques d’une escalade

    J’espère qu’on ne va pas repartir en guerre contre l’Algérie quand même ? Cette question peut paraître excessive, mais elle traduit une inquiétude légitime face aux risques d’escalade.

    Une dégradation durable des relations franco-algériennes aurait des conséquences majeures. Sur le plan économique, les échanges bilatéraux représentent des milliards d’euros et des milliers d’emplois des deux côtés de la Méditerranée.

    Sur le plan humain, les liens entre les deux pays restent considérables. Plusieurs millions de personnes d’origine algérienne vivent en France, et les flux entre les deux pays demeurent intenses.

    C’est pourquoi je recommande à l’Algérie de se préparer à se défendre et à combattre férocement si nécessaire, mais j’espère surtout que la diplomatie prévaudra. Les deux pays ont tout à gagner d’une relation apaisée et respectueuse.

    L’affaire Sansal doit servir de révélateur : il est temps de construire une nouvelle relation franco-algérienne, basée sur la reconnaissance mutuelle et le respect des souverainetés. L’alternative serait un éloignement durable dont personne ne sortirait gagnant.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

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  • L’escalade inévitable au Moyen-Orient, l’Occident joue avec le feu
    L’escalade inévitable au Moyen-Orient, l’Occident joue avec le feu
    L’attaque iranienne du 1er octobre 2024 contre Israël révèle l’impasse stratégique occidentale au Moyen-Orient. Nos dirigeants, aveuglés par leur soutien inconditionnel à l’extrême-droite israélienne, nous entraînent dans une spirale guerrière qui pourrait embraser toute la région, avec des conséquences dramatiques pour l’Europe.

    Je regarde les images de missiles iraniens tombant sur Tel Aviv et je ne peux m’empêcher de penser : nous y voilà. Le point de non-retour que j’annonçais depuis des mois. Cette nuit du 1er octobre 2024 restera gravée comme le moment où le château de cartes moyen-oriental s’est définitivement effondré. Et nos dirigeants occidentaux, dans leur aveuglement criminel, portent une lourde responsabilité dans cette escalade.

    L’attaque iranienne : bien plus qu’une simple riposte

    Contrairement à ce que racontent nos médias mainstream, l’attaque iranienne du 1er octobre n’est pas une « réaction disproportionnée ». C’est une démonstration de force calculée, avec plusieurs centaines de missiles balistiques tirés en quelques dizaines de minutes. Les Iraniens ont montré qu’ils pouvaient saturer les défenses israéliennes, même le fameux Dôme de Fer.

    Ce qui m’a frappé, c’est la sophistication de l’attaque. Trois vagues successives, espacées de plusieurs heures, pour épuiser les systèmes de défense. Une stratégie militaire réfléchie, pas un coup de sang. Et le plus inquiétant ? L’Iran peut reproduire cette attaque « demain, après-demain, dans 3 jours ». Leur industrie militaire produit plusieurs dizaines de missiles par jour en économie de guerre.

    Les bilans officiels parlent de « dégâts minimes » et « peu de victimes ». Permettez-moi d’en douter. Quand le bilan officiel est « extrêmement faible », c’est généralement qu’il est « extrêmement lourd ». Sur Telegram, des sources évoquent un nombre de victimes à trois chiffres. La censure militaire israélienne fonctionne à plein régime.

    Le Hezbollah : l’épine dans le pied de Tsahal

    Pendant que l’Iran frappe par les airs, le Hezbollah mène une guerre d’usure redoutable au sol. L’unité 125, leurs forces spéciales, représente un cauchemar tactique pour l’armée israélienne. Ces commandos opèrent en petits groupes, parfois seuls, capables de neutraliser des chars Merkava avec une précision chirurgicale.

    Un seul homme équipé d’explosifs peut suivre et s’embusquer pendant des heures, attendant le moment parfait pour frapper. C’est de la guérilla moderne, et Tsahal n’a pas de réponse efficace. Le Hezbollah de 2024 n’a plus rien à voir avec celui de 2006. Ils ont appris, se sont adaptés, et maîtrisent désormais des techniques de sabotage extrêmement sophistiquées.

    L’armée israélienne, malgré sa supériorité technologique, se heurte à une résistance qu’elle ne peut pas vaincre par la force brute. C’est le paradoxe de la puissance militaire moderne : tous les F-35 du monde ne peuvent rien contre un combattant déterminé qui connaît son terrain.

    Les leçons de l’Afghanistan oubliées

    Cette situation me rappelle douloureusement l’Afghanistan. Les Américains aussi pensaient qu’avec leur technologie supérieure, ils viendraient à bout des talibans. Vingt ans plus tard, ils ont fui Kaboul dans le chaos. Israël est en train de reproduire la même erreur au Liban.

    L’aveuglement criminel de nos dirigeants

    Ce qui me met vraiment en colère, c’est l’attitude de nos dirigeants occidentaux. Emmanuel Macron, qui tweete des platitudes alors que la région s’embrase. La France qui « dénonce » du bout des lèvres tout en continuant à soutenir l’extrême-droite sioniste messianique au pouvoir en Israël.

    « Tous nos dirigeants politiques actuels ont été de misérables crapules depuis le 8 octobre 2023 ». Je maintiens et j’assume ces mots. Leur lâcheté face aux crimes de guerre israéliens, leur silence complice face au massacre des civils palestiniens, leur soutien inconditionnel à un régime qui pratique l’apartheid… C’est une honte pour nos démocraties.

    Le plus révoltant, c’est qu’ils savent. Ils voient les images de Gaza bombardée, les hôpitaux ciblés, les enfants tués. Mais ils continuent leur petite politique, leurs calculs électoraux minables. Pendant ce temps, la poudrière moyen-orientale menace d’exploser et de nous emporter tous.

    La complicité médiatique

    Nos médias ne valent pas mieux. Ils relaient sans recul la propagande israélienne, minimisent les pertes, occultent les crimes de guerre. Quand une journaliste comme Sarah Knafo propose de déchoir les franco-israéliens de leur nationalité pour les envoyer « dans le chaudron », c’est de l’antisémitisme pur et simple. Mais qui s’en offusque dans nos rédactions ?

    Le piège de l’escalade

    Israël va répondre à l’attaque iranienne, c’est une certitude. Et l’Iran ripostera. Et ainsi de suite, dans une spirale infernale qui pourrait embraser toute la région. Le pire, c’est que cette escalade pourrait impliquer d’autres acteurs.

    J’ai écrit que « Israël n’aura pas d’autre option à terme que de bombarder des cibles en Russie ». Pourquoi ? Parce que l’Iran utilise des technologies militaires russes décisives. Bombarder des ressources russes en Syrie ne suffira pas. Imaginez les conséquences d’une confrontation directe entre Israël et la Russie.

    Les Américains devront alors intervenir avec leurs porte-avions. L’OTAN sera entraînée. La Chine, alliée de l’Iran au sein des BRICS, ne restera pas inactive. Nous fonçons vers un conflit mondial, et nos dirigeants jouent aux apprentis sorciers.

    Le facteur palestinien oublié

    Dans tout ce chaos, on oublie l’essentiel : les Palestiniens. Des centaines de milliers d’entre eux ont tout perdu. Leurs maisons détruites, leurs familles décimées. Ils vont chercher à se venger du « massacre génocidaire » perpétré par les Israéliens. Qui pourrait les en empêcher ? Qui pourrait leur en vouloir ?

    Des événements dramatiques vont se produire quotidiennement en Israël. C’est inévitable. La violence appelle la violence, la haine engendre la haine. C’est un cycle infernal que seule une vraie politique de paix pourrait briser. Mais qui parle encore de paix ?

    L’Europe, prochaine victime collatérale ?

    Ce conflit ne restera pas confiné au Moyen-Orient. L’Europe sera touchée, d’une manière ou d’une autre. Afflux massif de réfugiés, attentats terroristes, crise énergétique si le détroit d’Ormuz est bloqué… Sans parler du risque d’une confrontation militaire directe si l’OTAN est entraînée.

    Nos gouvernements sont-ils préparés ? Quand je vois Michel Barnier parler de « maîtrise de l’immigration » alors qu’on ne contrôle même pas nos 6000 km de frontières, j’ai envie de rire. Ou de pleurer. Nous sommes gouvernés par des amateurs qui n’ont aucune vision stratégique.

    L’Union européenne, ce « truc infernal » comme je l’appelle, est incapable de définir une position commune. Chaque pays tire la couverture à soi, pendant que la maison brûle. Il faut sortir de cette impasse institutionnelle avant qu’il ne soit trop tard.

    Le spectre d’une guerre biologique

    Comme si la situation n’était pas assez grave, voilà que ressurgit le spectre des armes biologiques. Le virus Marburg, dérivé d’Ebola et développé en laboratoire, pourrait être utilisé comme arme. Dans le chaos d’une guerre régionale, qui pourrait empêcher l’usage de telles armes ?

    Il est encore temps d’agir

    « Enough is enough. This must stop now! » J’ai lancé cet appel à Emmanuel Macron le 1er octobre. Mais que fait-il ? Rien. Ou plutôt si : il continue à soutenir ceux qui nous mènent au désastre.

    Il faut un changement radical de politique. Reconnaître l’État palestinien. Sanctionner Israël pour ses crimes de guerre. Engager un vrai dialogue avec l’Iran. Arrêter de diaboliser la Russie et la Chine. Bref, revenir à une diplomatie réaliste et équilibrée.

    Mais nos dirigeants en sont-ils capables ? J’en doute. Ils sont prisonniers de leurs dogmes, de leurs alliances, de leurs intérêts. Pendant ce temps, le compte à rebours continue. « C’était l’un des signaux que j’attendais, des choses très sérieuses arrivent bientôt. »

    Je ne suis pas pessimiste par nature. Mais quand je vois la situation actuelle, quand j’analyse les forces en présence, quand j’observe l’aveuglement de nos élites… Je ne peux qu’être inquiet. Très inquiet. Nous sommes au bord du gouffre, et au lieu de reculer, nous accélérons.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Afsal Shaji / Unsplash

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  • Barnier, et le gouvernement est déjà mort-né
    Barnier, et le gouvernement est déjà mort-né
    Nommé le 5 septembre après cinquante et un jours de gouvernement démissionnaire, Michel Barnier n’a toujours pas d’équipe onze jours plus tard. Derrière le calme apparent, l’arithmétique parlementaire, le mur budgétaire et la dépendance au Rassemblement national dessinent une équation insoluble. Je vous explique pourquoi je considère cet attelage comme mort-né, et quels signaux concrets surveiller dans les semaines qui viennent.

    Le 5 septembre, à 12h30, l’Élysée lâche enfin le nom. Michel Barnier, 73 ans, Premier ministre de la République française.

    Cinquante et un jours d’attente depuis la démission de Gabriel Attal, le 16 juillet. Un record sous la Vᵉ République. Et pour quel résultat ? Un ancien ministre de l’Environnement de 1993, négociateur du Brexit, sixième chef de gouvernement d’Emmanuel Macron, issu d’un groupe parlementaire qui pèse 47 députés sur 577.

    Ma réaction a été immédiate, et je n’en retire pas une ligne : ce gouvernement est mort-né. Il ne tiendra pas. Il tombera. Reste à comprendre pourquoi — et surtout à quoi le vérifier.

    Chronologie d’un choix par élimination

    Rappelons la séquence, parce qu’elle explique tout. Le 9 juin, au soir des européennes, Emmanuel Macron dissout l’Assemblée nationale. Personne ne le lui demandait. Le 7 juillet, le second tour accouche d’une chambre coupée en trois blocs dont aucun n’approche la majorité absolue de 289 sièges.

    Le Nouveau Front populaire arrive premier avec environ 193 élus. Le bloc central macroniste tombe autour de 166. Le Rassemblement national et ses alliés ciottistes atteignent 142 députés, soit le plus gros groupe unique de l’hémicycle. Les Républicains, eux, se comptent à 47.

    Suivent deux mois d’un ballet stupéfiant : une trêve olympique décrétée par le chef de l’État, le refus de nommer Lucie Castets proposée par la gauche, des ballons d’essai à répétition — Bernard Cazeneuve, Xavier Bertrand, Karim Bouamrane — et des « consultations » à l’Élysée qui ressemblaient surtout à des séances de casting.

    Au bout du compte : Barnier. Pas parce qu’il incarne un projet, mais parce qu’il était le seul nom sur lequel le Rassemblement national acceptait de ne pas dégainer immédiatement la censure. Voilà toute la vérité de cette nomination.

    Lisez bien. Barnier va évidemment échouer. Et ça va se constater assez vite.

    L’arithmétique, cette science implacable

    On peut discuter à l’infini du caractère, de l’expérience ou du « sens de l’État » de Michel Barnier. On ne discute pas les chiffres.

    Pour renverser un gouvernement, l’article 49 de la Constitution exige 289 voix sur une motion de censure. Additionnez le Nouveau Front populaire (193) et le Rassemblement national avec ses alliés (142) : vous obtenez 335. Trente-cinq de plus que nécessaire, sans compter les non-inscrits.

    Autrement dit, la survie du gouvernement Barnier ne dépend ni de son programme, ni de son talent, ni de sa communication. Elle dépend exclusivement de la volonté de Marine Le Pen de ne pas voter avec La France insoumise. Un Premier ministre sous conditions. Une tutelle, disons-le.

    Sous la Vᵉ République, une seule motion de censure a jamais abouti : celle du 5 octobre 1962, contre le gouvernement Pompidou. Cette rareté rassure les commentateurs. Elle ne devrait pas : en 1962, comme aujourd’hui, il avait suffi d’une convergence contre-nature entre des oppositions que tout séparait par ailleurs.

    La question RN : provocation ou lucidité ?

    Dès le 5 septembre, j’ai avancé une hypothèse qui a fait grincer des dents.

    Lisez bien. J’estime crédible que le Premier ministre Barnier puisse nommer un ou plusieurs ministres issus du Rassemblement national.

    Officiellement, c’est exclu. Michel Barnier l’a répété, les Républicains le jurent, le bloc central s’étranglerait. Sur le plan formel, je veux bien admettre que la probabilité soit faible à court terme.

    Mais regardons la réalité en face. Un gouvernement qui doit demander chaque semaine la permission de vivre à un groupe de 142 députés, qui devra arbitrer ses textes en fonction de ses lignes rouges, qui négociera la loi de finances sous sa menace : ce gouvernement associe déjà le Rassemblement national à l’exercice du pouvoir. Sans portefeuille, sans photo sur le perron, sans responsabilité. La meilleure position possible pour un parti qui vise 2027.

    C’est là toute l’ironie : en écartant le RN des postes, on lui offre l’influence sans le coût. Et si demain la crise budgétaire s’aggrave, l’idée d’un « gouvernement d’union nationale » élargi cessera d’être une provocation de blogueur pour devenir une option de sortie de crise. On en reparlera.

    Le paradoxe du gouvernement fantôme

    Onze jours après sa nomination, à l’heure où j’écris ces lignes, Michel Barnier n’a toujours pas de gouvernement. Les commentateurs y voient un signe de faiblesse. Je crois qu’ils se trompent d’analyse.

    Lisez bien. Le Premier ministre Barnier n’a pas besoin de se hâter de nommer de nouveaux ministres : il bénéficie de toute une équipe de ministres démissionnaires formés, opérationnels et en capacité de gérer toutes sortes d’affaires courantes ou pas, aussi longtemps qu’il faudra.

    Un gouvernement démissionnaire n’est pas un gouvernement mort. Il expédie les affaires courantes, signe les arrêtés, verse les prestations, paie les fonctionnaires, engage les crédits votés. La France a fonctionné cinquante et un jours ainsi, Jeux olympiques inclus, sans que le pays s’effondre. Cette découverte est politiquement dévastatrice : elle démontre qu’un gouvernement politique n’est pas indispensable au fonctionnement de l’appareil d’État.

    Le corollaire est cruel pour l’exécutif. Si l’administration tourne sans ministres, à quoi servent les ministres ? Question qu’on ne posait pas avant l’été. Elle est désormais dans toutes les têtes.

    Le casting, ou l’art de fabriquer des mines

    Chaque nom qui circule est un problème potentiel. On a vu resurgir, dès les premiers jours, le vote de Michel Barnier en 1981 contre l’abrogation des dispositions pénales discriminant les relations homosexuelles — un vote qu’il a lui-même qualifié d’erreur depuis, mais qui, dans une Assemblée où les droits LGBT sont un marqueur transpartisan, revient comme un boomerang à chaque prise de parole.

    On a aussi vu ressurgir la question, jamais tranchée, de la probité exigée des ministres. Le précédent est là : une ministre de la Culture mise en examen pour corruption est restée en fonction jusqu’à la démission du gouvernement Attal. Alors quand j’ai lu qu’une personnalité condamnée à une peine de prison avec sursis était présentée comme fréquentable, j’ai souri : à ce niveau d’exigence, effectivement, plus rien n’empêche personne d’entrer au gouvernement.

    Bref. Chaque nomination créera un mécontent de plus, dans un attelage qui n’a aucune marge pour se permettre des mécontents.

    Le mur budgétaire arrive, et il n’est pas négociable

    Le vrai piège n’est pas politique, il est comptable. Et le calendrier est implacable.

    Le projet de loi de finances pour 2025 doit être déposé au plus tard le premier mardi d’octobre. Le Parlement dispose ensuite de 70 jours pour l’examiner. Cela signifie que le gouvernement Barnier, avant même d’être complètement constitué, doit produire dans les quinze jours le document le plus explosif de la décennie.

    Les données de départ :

    • Déficit public 2023 : 5,5 % du PIB, soit environ 154 milliards d’euros, très au-delà de la cible affichée par Bercy.
    • Dette publique : plus de 3 100 milliards d’euros, autour de 110-112 % du PIB.
    • Une procédure pour déficit excessif ouverte contre la France par le Conseil de l’Union européenne en juillet 2024.
    • Une dégradation de la note souveraine par Standard & Poor’s fin mai 2024, de AA à AA-.
    • Une charge de la dette qui devient le deuxième poste de dépense de l’État et progresse mécaniquement avec la remontée des taux.

    Pour tenir une trajectoire crédible en 2025, il faut trouver plusieurs dizaines de milliards d’euros. Par des économies — donc en fâchant les fonctionnaires, les collectivités, les retraités, le secteur de la santé. Ou par des impôts — donc en fâchant les entreprises, les classes moyennes et la moitié du bloc central qui a fait campagne sur le contraire.

    Et il faut le faire sans majorité, avec un budget adoptable soit par miracle, soit par l’article 49.3, soit par ordonnances si le Parlement ne tranche pas dans les 70 jours. Chacune de ces options est une invitation à la censure.

    Sans déconner, il croit que le Barnier c’était la réponse à donner ? Ça va faire mal.

    Ce n’est pas de la mauvaise humeur. C’est une lecture de bilan comptable. Quand j’ai repris des entreprises en difficulté, j’ai appris une règle : on ne découvre jamais la mauvaise nouvelle le premier jour, on la découvre au troisième audit. Michel Barnier va découvrir une situation nettement plus dégradée que ce qu’on lui a présenté à l’Élysée. C’est toujours ainsi.

    Breton, ou le signal envoyé depuis Bruxelles

    Aujourd’hui même, 16 septembre, Thierry Breton annonce sa démission de la Commission européenne, avec une lettre acide adressée à Ursula von der Leyen, évoquant une gouvernance « douteuse ». Paris propose dans la foulée un autre nom pour le poste français.

    Breton prochain ministre de l’Économie du gouvernement Barnier…

    C’était dit avec un sourire. Mais l’hypothèse mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle éclaire deux choses.

    D’abord, l’état du rapport de force entre Paris et Bruxelles. Perdre un commissaire au portefeuille lourd — marché intérieur, industrie, numérique, avec le DSA et le DMA dans les mains — au moment précis où la France entre en procédure pour déficit excessif, ce n’est pas un détail protocolaire. C’est un affaiblissement net de l’influence française.

    Ensuite, l’état du vivier. Que le nom d’un ancien commissaire, ex-PDG d’Atos et de France Télécom, ancien ministre de l’Économie de Jacques Chirac, circule immédiatement pour Bercy dit tout du recyclage permanent du même personnel. On change les visages, on garde la mécanique. Même chose, mais différemment. Et ce n’est pas ce genre de rotation qui produira une politique nouvelle.

    La part humaine : un poste qu’on ne refuse pas

    Un mot sur la dimension personnelle, parce qu’elle compte plus qu’on ne le croit dans les décisions politiques. La rumeur parisienne veut que Michel Barnier ait hésité, longuement, avant d’accepter, et que son épouse l’ait convaincu de dire oui.

    Je ne sais pas si c’est exact et je m’en méfie comme de toute rumeur de couloir. Mais l’hypothèse est révélatrice de quelque chose de très réel : à 73 ans, après une carrière commencée au conseil général de la Savoie en 1973, on n’accepte pas Matignon pour redresser les comptes publics. On l’accepte pour le couronnement.

    Or un Premier ministre qui vit sa nomination comme un aboutissement personnel ne démissionnera pas. Il s’accrochera. Il acceptera des compromis qu’il aurait refusés dix ans plus tôt. Il subira la censure plutôt que de partir. Ce qui garantit que la chute, quand elle viendra, sera brutale et non négociée.

    Ce qu’il faut surveiller, concrètement

    Un pronostic sans critère de vérification, c’est de l’astrologie. Voici donc la grille de lecture que j’utilise, et que je vous propose d’utiliser pour vérifier — ou infirmer — mon analyse dans les semaines qui viennent.

    • Le spread OAT-Bund. L’écart entre les taux français et allemands à dix ans, qui s’est tendu vers 80 points de base après la dissolution. C’est le thermomètre le plus honnête du pays : les marchés ne votent pas, ils tarifent.
    • La date de dépôt du PLF 2025. Un dépôt tardif ou un budget « technique » sans mesures nouvelles signifierait que le gouvernement renonce d’emblée à gouverner.
    • Le recours au 49.3. Le premier usage marquera le passage en mode survie. Il déclenchera mécaniquement les motions de censure.
    • Les votes du Rassemblement national, texte par texte. Ce n’est pas la parole publique qui compte, ce sont les scrutins publics, consultables sur le site de l’Assemblée.
    • La position du Parti socialiste. Tant que le PS reste soudé au sein du NFP, l’addition des voix de censure est arithmétiquement gagnante.
    • Les revues des agences de notation. Un nouvel abaissement en cours d’examen budgétaire serait un accélérateur de crise.

    Notez enfin ce paramètre décisif : l’article 12 de la Constitution interdit une nouvelle dissolution avant l’expiration d’un délai d’un an, soit avant juillet 2025. Si le gouvernement tombe d’ici là, il n’y a pas de porte de sortie électorale. Il faudra nommer un autre Premier ministre dans la même Assemblée, avec la même arithmétique. C’est cela, l’impasse.

    Et si je me trompais ?

    Par honnêteté, examinons l’hypothèse inverse. Trois scénarios peuvent prolonger la vie de ce gouvernement.

    Le premier : le calcul froid du Rassemblement national. Faire tomber Barnier en octobre, c’est endosser une part du chaos et priver le parti de sa position d’arbitre confortable. Laisser pourrir jusqu’aux municipales de 2026, puis à la présidentielle, peut être stratégiquement plus rentable.

    Le deuxième : la fracture de la gauche. Si le Parti socialiste décide de ne pas voter la censure avec le RN, l’addition ne fonctionne plus. Cette hypothèse existe, mais elle coûterait très cher au PS auprès de son électorat.

    Le troisième : la peur du vide. Aucun député ne souhaite être comptable d’une crise financière. La lâcheté collective est un remarquable stabilisateur institutionnel.

    Je prends ces objections au sérieux. Elles peuvent décaler l’échéance de quelques mois. Elles ne changent pas la nature du problème : un gouvernement dont la survie repose sur le calcul tactique de son principal adversaire n’est pas un gouvernement, c’est un sursis. Et un sursis, par définition, ça expire.

    Ce que cette séquence raconte vraiment

    Au-delà de Michel Barnier, cette affaire signe l’épuisement d’un modèle. La Vᵉ République avait été taillée pour un exécutif fort adossé au fait majoritaire. Depuis juin 2022, le fait majoritaire n’existe plus. Depuis juillet 2024, il est même devenu inatteignable.

    Nos voisins vivent cela depuis des décennies : coalitions, contrats de gouvernement écrits, culture du compromis assumée. Nous n’avons rien de tout cela — ni la culture, ni les textes, ni le personnel politique formé à cet exercice. Nous avons à la place un président qui nomme un Premier ministre choisi pour ne pas déplaire à l’opposition qu’il dit combattre.

    Alors oui, je le maintiens : ce gouvernement est mort-né. Non par acharnement contre un homme dont la carrière européenne mérite le respect, mais parce que les conditions de sa naissance rendent sa survie impossible.

    La seule question qui reste ouverte est celle du calendrier. Budget d’automne ? Hiver ? Printemps 2025, quand la dissolution redeviendra juridiquement possible ? Et surtout : que fera-t-on après, avec la même Assemblée et une situation financière encore dégradée ?

    Gardez cet article. On le relira.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

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  • Beyrouth sous les bombes : pourquoi le Liban résiste encore et toujours
    Beyrouth sous les bombes : pourquoi le Liban résiste encore et toujours
    Le Liban traverse une nouvelle phase critique avec des bombardements sur Beyrouth et des attaques sans précédent contre le Hezbollah. Pourtant, la résilience libanaise et la détermination de la résistance révèlent une réalité bien plus complexe que les analyses simplistes véhiculées par certains médias.

    Ils ont bombardé Beyrouth. Ils ont osé.

    Cette phrase, je l’ai écrite fin juillet quand les frappes israéliennes ont touché la capitale libanaise. Une ligne rouge venait d’être franchie. Beyrouth, ville symbole, ville martyre, ville qui se relève toujours de ses cendres, était à nouveau sous le feu. Et depuis, la situation n’a fait qu’empirer.

    L’escalade mortelle : des pagers aux bombardements

    L’attaque la plus vicieuse reste celle des pagers explosifs du 17 septembre. 2750 victimes en quelques minutes. Contrairement aux informations qui circulent, l’immense majorité des utilisateurs de ces pagers étaient des personnels de santé, de sécurité et d’urgence – policiers, ambulanciers, pompiers, infirmiers, médecins. Pas des terroristes, mais ceux qui sauvent des vies au quotidien.

    L’explosif utilisé serait le PETN (tétranitrate de pentaérythritol), qui explose à 4230°C. Une opération d’une sophistication technique inédite qui pose des questions terrifiantes sur les capacités de sabotage à grande échelle. Si des pagers peuvent être transformés en bombes, qu’en est-il de nos téléphones, de nos ordinateurs ?

    Les bombardements se sont intensifiés ces dernières semaines. Des quartiers entiers de Beyrouth sont touchés. Les images qui nous parviennent montrent des scènes de désolation rappelant les heures les plus sombres de la guerre civile.

    Le Hezbollah : décapité mais pas vaincu

    Quand vous avez en face de vous une armée de combattants de la Résistance composée de 150 000 hommes, tous convaincus par la cause qui les anime, et que vous décapitez son commandement politique et militaire, en aucun cas vous ne détruisez le mouvement. Vous le transformez.

    J’estime qu’il faudra entre 4 et 6 jours pour réorganiser le commandement du Hezbollah. Cette organisation a survécu à des décennies de guerre, elle a des protocoles, des chaînes de commandement redondantes, une culture de la résistance profondément ancrée.

    Le Hezbollah de 2024 n’a rien à voir avec celui de 2006. L’organisation s’est modernisée, professionnalisée. Les forces spéciales du Hezbollah, notamment la fameuse unité 125, sont des commandos capables d’agir en très petits groupes. Ils s’embusquent, s’approchent très près des éléments du Tsahal, frappent puis s’exfiltrent en un éclair.

    Les commandos du Hezbollah ont développé la capacité de neutraliser les chars Merkava qui entrent au Liban par des opérations de sabotage extrêmement précises. Un seul homme équipé d’un explosif peut suivre et s’embusquer des heures, parfois des jours, en attendant le moment propice.

    L’axe de la résistance se modernise

    J’estime que l’axe de la Résistance autour du Hezbollah s’est doté ou se dote progressivement d’armement moderne permettant d’atteindre Tel Aviv quotidiennement sans qu’Israël ne puisse rien faire d’autre que massacrer des civils à l’aveugle en Palestine et au Liban.

    Le Yémen peut désormais atteindre Tel Aviv plusieurs fois par jour avec des missiles hypersoniques, sans que la défense israélienne puisse les intercepter. Bombarder le Yémen ne changera rien à cette nouvelle donne stratégique.

    Chaque jour, une nouvelle explosion quelque part dans Tel Aviv. Le Hezbollah peut faire la même chose sur une cible aléatoire différente, pendant des années. C’est la nouvelle réalité de cette guerre asymétrique.

    Le peuple libanais : entre résilience et abandon

    Ne faites pas l’erreur de penser que les Libanais rejettent le Hezbollah face à Israël et n’imaginez pas une seconde que le Liban pourrait devenir ami d’Israël. La réalité est bien plus nuancée.

    J’ai été particulièrement touché par la mort d’un jeune scout du Liban, tué dans les bombardements israéliens. Les Scouts du Liban, une organisation qui m’est chère, représentent ce qu’il y a de meilleur dans la jeunesse libanaise : l’engagement, le service, la solidarité.

    Les pompiers libanais méritent notre admiration totale. Ils interviennent sous les bombes, sauvent des vies au péril de la leur, avec des moyens dérisoires. Nos collègues pompiers français devraient leur envoyer un message de soutien.

    L’armée régulière : le grand absent

    L’armée régulière libanaise abandonne ses positions et laisse les combattants du Hezbollah seuls face au Tsahal. Elle se barre en fuyant avec la queue entre les jambes. Cette défaillance de l’armée officielle renforce paradoxalement la légitimité du Hezbollah comme seul rempart face à l’invasion.

    La décision annoncée de certaines unités des forces armées libanaises conventionnelles de rejoindre les Résistants du Hezbollah marque un tournant. Quand l’État faillit, le peuple s’organise.

    L’impasse politique libanaise

    Pourquoi n’est-il pas possible d’avoir un gouvernement et des dirigeants politiques libanais en capacité de prendre en charge le Liban et de tout remettre sur les rails ? C’est simple.

    Il faudrait que les futurs dirigeants soient capables de résister aux pressions extérieures, qu’ils ne soient pas corrompus, qu’ils placent l’intérêt national au-dessus des intérêts communautaires ou personnels. Dans le contexte libanais actuel, avec les ingérences multiples et le système confessionnel, c’est mission impossible.

    Le Premier ministre Najib Mikati lance des appels désespérés à la communauté internationale. Mais qui l’écoute vraiment ? La France devrait défendre militairement le Liban, mais elle se contente de déclarations creuses.

    Le statut ambigu du Hezbollah

    La France ne considère pas le Hezbollah comme organisation terroriste. La Suisse non plus. L’Europe et ses États membres considèrent uniquement la branche armée du Hezbollah comme organisation terroriste, mais pas sa branche politique et sociale.

    Cette distinction reflète la complexité de la situation. Le Hezbollah n’est pas qu’une milice, c’est un mouvement social, politique, qui gère des hôpitaux, des écoles, qui représente une part importante de la population libanaise.

    Les traîtres et les patriotes

    Tous les traîtres libanais ou présents sur le territoire libanais doivent être identifiés. Dans un pays en guerre, la collaboration avec l’ennemi est le crime suprême. Les grands patriotes libanais, eux, continuent de résister malgré tout.

    Certains médias français véhiculent des mensonges éhontés. J’ai entendu dire que « le Liban avait envoyé le Hezbollah contre Israël ». C’est une inversion totale de la réalité. Le Hezbollah est né de la résistance à l’occupation israélienne du Sud-Liban.

    Est-ce qu’on doit condamner le Hamas et le Hezbollah qui protègent la Palestine et le Liban contre toutes les agressions extérieures ? La question mérite d’être posée sans tabou.

    L’ombre de 2020 : qui a détruit le port de Beyrouth ?

    L’immense majorité des gens ont oublié la catastrophe du port de Beyrouth en 2020. 218 morts, 7000 blessés, 300 000 sans-abri. Nous savons maintenant qui est derrière cette destruction. Les mêmes qui bombardent aujourd’hui.

    Cette explosion a affaibli considérablement les capacités logistiques du Liban. Était-ce un hasard ? Ou une préparation à long terme de l’offensive actuelle ?

    Je déconseille au Tsahal d’envahir le Sud Liban. L’histoire a montré que chaque invasion israélienne du Liban s’est terminée par un échec stratégique. Le terrain, la détermination de la résistance, le soutien populaire, tout joue contre l’occupant.

    Je déconseille également aux Libanais d’organiser des funérailles publiques pour leurs martyrs. Le Tsahal n’hésiterait pas à frapper au moment et à l’endroit de l’événement. C’est la triste réalité de cette guerre totale.

    Le Liban a besoin d’électricité de toute urgence. Les coupures permanentes paralysent le pays, empêchent les hôpitaux de fonctionner correctement, plongent la population dans le noir. C’est une guerre par l’asphyxie économique autant que par les bombes.

    Soutien total à nos amis libanais. Le Liban résiste, comme il a toujours résisté. Beyrouth se relèvera, comme elle s’est toujours relevée. Parce que c’est ça, l’âme libanaise : une capacité infinie à renaître de ses cendres.

    La majorité du monde soutient le Liban. Il ne faut jamais l’oublier. Derrière les discours officiels et la realpolitik, il y a la solidarité des peuples. Et cette solidarité, aucune bombe ne peut la détruire.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : rashid khreiss / Unsplash

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  • L’Alliance de la Résistance prépare-t-elle une offensive majeure contre Israël?
    L’Alliance de la Résistance prépare-t-elle une offensive majeure contre Israël?
    Les tensions entre Israël et l’Alliance de la Résistance atteignent un point critique avec des menaces d’attaques massives imminentes. La France tente une médiation d’urgence tandis que les signaux d’alerte se multiplient sur le terrain.

    Depuis plusieurs semaines, mes sources sur les canaux Telegram de l’Alliance de la Résistance ne cessent de faire état d’une attaque « imminente » contre Israël. Ce terme revient comme un leitmotiv obsédant, créant une atmosphère de tension permanente qui rappelle les heures les plus sombres des conflits précédents. Mais cette fois-ci, quelque chose semble différent. L’ampleur annoncée, les cibles évoquées, et surtout la coordination internationale suggérée dépassent tout ce que nous avons connu jusqu’ici.

    Une diplomatie française en mode panique

    Le 5 août dernier, une information stupéfiante m’est parvenue : le président Macron serait en vol d’urgence vers Beyrouth, tentant visiblement d’arriver avant le déclenchement d’une riposte iranienne contre Israël. Cette opération, que certains qualifient cyniquement d’ »Human Shield », révèle l’ampleur de l’inquiétude française face à l’embrasement qui menace.

    Cette précipitation diplomatique n’est pas anodine. La France, historiquement liée au Liban, semble avoir eu vent d’informations particulièrement alarmantes. Le timing de ce déplacement présidentiel – en pleine période estivale et sans annonce préalable – suggère une urgence absolue. Les services de renseignement français auraient-ils capté des signaux inquiétants sur l’imminence d’une escalade majeure ?

    Il faut replacer cette initiative dans le contexte plus large de la politique française au Moyen-Orient. Depuis l’opération Daman en 2006, la France maintient une présence militaire significative au Liban via la FINUL. Cette position lui confère à la fois une responsabilité particulière et une vulnérabilité en cas de conflit régional.

    Les signaux d’alerte se multiplient

    Le 12 août, un événement pour le moins troublant s’est produit : des séismes ont été reportés quasi-simultanément à Los Angeles, en Israël et au Liban. Des témoins à Beyrouth ont confirmé avoir ressenti les secousses. Cette synchronicité géographique défie les explications géologiques conventionnelles et alimente les spéculations les plus diverses.

    Certains experts évoquent la possibilité d’essais d’armes sismiques ou de forages profonds liés à des installations militaires souterraines. D’autres y voient une simple coïncidence amplifiée par la paranoïa ambiante. Mais dans le contexte actuel, même les phénomènes naturels prennent une dimension géopolitique.

    Plus inquiétant encore, les canaux de communication de l’Alliance de la Résistance évoquent des cibles précises :

    • Les bases militaires israéliennes stratégiques
    • Les deux principaux ports de commerce du pays
    • L’aéroport international Ben Gourion de Tel Aviv
    • Des infrastructures critiques non spécifiées

    Cette liste de cibles potentielles dépasse largement le cadre habituel des affrontements asymétriques. On parle ici d’une tentative de paralysie économique et logistique totale d’Israël.

    L’Alliance de la Résistance : une coordination inédite ?

    Le terme « Alliance de la Résistance » mérite qu’on s’y attarde. Il désigne la coordination informelle entre plusieurs acteurs régionaux opposés à Israël : le Hezbollah libanais, les factions palestiniennes, certaines milices irakiennes et syriennes, le tout avec le soutien iranien. Cette alliance, longtemps théorique, semble prendre une dimension opérationnelle nouvelle.

    Les messages interceptés sur Telegram évoquent une attaque coordonnée sur « au moins trois fronts ». Cette stratégie multi-frontale viserait à saturer les défenses israéliennes, notamment le système Iron Dome, dont les capacités d’interception ont leurs limites face à des salves massives simultanées.

    L’évolution technologique de ces groupes est également préoccupante. Les roquettes artisanales d’hier ont laissé place à des missiles de précision, des drones sophistiqués et potentiellement des cyber-attaques coordonnées. Le Hezbollah disposerait aujourd’hui de plus de 150 000 projectiles de tous types, selon les estimations les plus conservatrices.

    Israël sur le qui-vive : entre préparation et provocation

    Face à ces menaces, Israël ne reste pas inactif. Le 11 août, l’État hébreu est passé en « niveau d’alerte maximum ». Les abris ont été vérifiés, les stocks de première nécessité constitués, et la population civile sensibilisée aux procédures d’urgence.

    Mais Israël semble aussi avoir choisi l’escalade préventive. Le bombardement de Beyrouth fin juillet, qui aurait fait plus de 60 victimes selon mes sources, s’inscrit dans cette logique de frappe préemptive. Plus troublant encore, des informations évoquent le déploiement possible de combattants kamikazes sur le territoire israélien même.

    Cette stratégie de la tension permanente n’est pas nouvelle pour Israël. Elle vise à maintenir l’adversaire dans l’incertitude tout en justifiant des mesures de sécurité exceptionnelles. Mais elle comporte aussi le risque d’une prophétie auto-réalisatrice : à force d’anticiper la guerre, on finit par la provoquer.

    Le spectre d’une guerre régionale

    Ce qui distingue la crise actuelle des précédentes, c’est son potentiel de contagion régionale. L’Iran, traditionnellement prudent dans son engagement direct, semble cette fois prêt à franchir le Rubicon. Les messages sur les canaux de résistance évoquent une « riposte iranienne » directe, et non plus seulement via ses proxies habituels.

    Cette évolution s’explique par plusieurs facteurs convergents :

    • L’isolement diplomatique croissant d’Israël sur la scène internationale
    • L’affaiblissement relatif de la position américaine au Moyen-Orient
    • La montée en puissance militaire de l’Iran et de ses alliés
    • L’exaspération face aux frappes israéliennes répétées en Syrie et au Liban

    Le risque d’embrasement est d’autant plus grand que les mécanismes de désescalade traditionnels semblent grippés. Les canaux de communication indirects via des tiers (Égypte, Qatar, Turquie) peinent à fonctionner dans un contexte de méfiance généralisée.

    Les enjeux pour la France et l’Europe

    La tentative de médiation française révèle les enjeux considérables pour notre pays et l’Europe. Au-delà des liens historiques avec le Liban, c’est toute la stabilité de la Méditerranée orientale qui est en jeu. Un conflit majeur aurait des répercussions immédiates :

    • Flux de réfugiés massifs vers l’Europe
    • Perturbation des routes commerciales maritimes
    • Flambée des prix de l’énergie
    • Risque d’attentats sur le sol européen
    • Tensions communautaires exacerbées

    La France, avec ses 4 millions de musulmans et sa communauté juive importante, serait particulièrement exposée aux répercussions d’un conflit israélo-arabe majeur. Les manifestations pro-palestiniennes de juillet, où même le port d’un drapeau palestinien était interdit dans certains périmètres, montrent déjà la nervosité des autorités.

    L’Europe se trouve donc face à un dilemme : comment maintenir une position équilibrée tout en protégeant ses intérêts vitaux ? La diplomatie française tente ce grand écart, mais avec des moyens limités face à l’ampleur des enjeux.

    Guerre de l’information et brouillard médiatique

    Dans ce contexte explosif, la guerre de l’information bat son plein. Les canaux Telegram que je surveille sont devenus de véritables champs de bataille virtuels où se mélangent informations vérifiées, rumeurs invérifiables et pure propagande.

    La répétition du terme « imminent » depuis des semaines pose question. S’agit-il d’une guerre psychologique visant à maintenir Israël sous pression constante ? Ou ces reports successifs reflètent-ils de véritables hésitations stratégiques au sein de l’Alliance de la Résistance ?

    Cette incertitude est d’ailleurs peut-être l’objectif recherché. En maintenant la menace sans passer à l’acte, l’Alliance impose à Israël un coût économique et psychologique considérable : mobilisation permanente, ralentissement économique, fuite des investisseurs, émigration des élites.

    Vers un nouveau paradigme régional ?

    Au-delà de la crise immédiate, c’est peut-être un nouveau paradigme régional qui se dessine. L’ordre post-1967, fondé sur la supériorité militaire israélienne et la garantie américaine, semble vaciller. Les acteurs régionaux testent les limites de ce système, encouragés par le retrait américain d’Afghanistan et les divisions internes occidentales.

    L’Alliance de la Résistance représente une tentative de créer un contre-pôle régional unifié. Si elle parvenait à mener une action coordonnée d’ampleur contre Israël, même sans victoire militaire décisive, elle marquerait symboliquement la fin d’une époque.

    Face à cette évolution, Israël pourrait être tenté par une fuite en avant militaire pour rétablir sa dissuasion érodée. C’est le scénario du pire : une guerre préventive massive qui embraserait toute la région.

    Sommes-nous vraiment à la veille d’un conflit majeur au Moyen-Orient ? Les signaux que je capte depuis des semaines sont contradictoires mais convergent vers une conclusion inquiétante : la région n’a jamais été aussi proche du point de rupture depuis la guerre du Kippour de 1973.

    L’ »imminence » répétée de l’attaque finit par créer sa propre réalité. Chaque jour qui passe sans offensive renforce paradoxalement la probabilité qu’elle finisse par se produire, ne serait-ce que pour maintenir la crédibilité de ceux qui l’annoncent.

    La tentative de médiation française, aussi louable soit-elle, ressemble à un pansement sur une fracture ouverte. Sans règlement global des questions fondamentales – occupation, réfugiés, Jérusalem, sécurité mutuelle – nous ne faisons que repousser l’inévitable.

    Une chose est certaine : le statu quo n’est plus tenable. La question n’est plus de savoir si une confrontation majeure aura lieu, mais quand et sous quelle forme. Et surtout, si nos dirigeants européens sauront protéger nos intérêts dans la tempête qui s’annonce.

    Restons vigilants. Les prochaines semaines seront décisives.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Emin Huric / Unsplash

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  • Montée aux extrêmes programmée en Iran
    Montée aux extrêmes programmée en Iran
    L’Iran navigue entre stratégie défensive et offensive face aux tensions croissantes avec Israël, développant ses capacités militaires tout en jouant sur l’arme psychologique. Cette escalade révèle les failles d’un système géopolitique où chaque camp teste les limites de l’autre.

    Je vous le dis sans détour : nous assistons à l’une des plus dangereuses parties d’échecs géopolitiques de ces dernières décennies. L’Iran n’est pas cette menace fantasmée que certains agitent pour justifier leurs aventures militaires. C’est bien plus complexe que ça.

    Depuis juillet, j’observe cette montée aux extrêmes avec une inquiétude grandissante. Pas parce que l’Iran serait le grand méchant loup de l’histoire, mais parce que nous sommes en train de pousser une puissance régionale majeure dans ses derniers retranchements. Et ça, historiquement, ça finit toujours mal.

    L’Iran, bouc émissaire parfait d’une stratégie d’escalade

    Permettez-moi d’être direct : l’Iran est devenu la fausse piste idéale pour justifier une escalade militaire que d’autres ont programmée. Quand on regarde les faits, on s’aperçoit que Téhéran a d’abord été attaqué sur son propre territoire, dans son ambassade, avant de riposter.

    Cette inversion des responsabilités n’est pas nouvelle dans la région. Elle fait partie d’une stratégie bien rodée : provoquer, puis crier à l’agression quand l’adversaire répond. L’Iran tombe dans ce piège, certes, mais il faut reconnaître qu’il n’avait pas beaucoup d’alternatives crédibles.

    Le régime iranien, malgré tous ses défauts, n’est pas suicidaire. Ses dirigeants savent parfaitement qu’une guerre ouverte avec Israël et ses alliés occidentaux signerait probablement leur arrêt de mort. Alors pourquoi cette escalade ?

    La logique de la dissuasion inversée

    L’Iran joue une partition subtile que beaucoup sous-estiment. Plutôt que de subir passivement les provocations, Téhéran a choisi de montrer ses muscles pour dissuader ses adversaires de pousser trop loin le bouchon. C’est de la dissuasion inversée : « Vous voulez la guerre ? Très bien, mais vous allez découvrir que nous ne sommes pas l’Irak de 2003. »

    Cette stratégie s’appuie sur trois piliers fondamentaux. D’abord, la montée en puissance technologique de l’industrie militaire iranienne. Ensuite, le renforcement des alliances avec la Russie et la Chine. Enfin, l’activation de ce qu’ils appellent « l’Alliance de la Résistance » dans toute la région.

    L’arme psychologique fait partie intégrante de cette approche. L’Iran excelle dans l’art de faire monter la pression sans franchir le point de non-retour. Du moins, c’était le cas jusqu’à récemment.

    Une industrie militaire iranienne largement sous-estimée

    J’ai été frappé par une information qui en dit long sur les capacités réelles de l’Iran : si ce pays est en mesure de livrer « des centaines de missiles balistiques Fath-360 et Ababeel » à des clients extérieurs, c’est qu’il en produit des milliers pour ses propres besoins.

    Cette réalité industrielle change complètement la donne stratégique. L’Iran n’est plus ce pays technologiquement arriéré que décrivent certains analystes occidentaux. Son industrie militaire peut produire plusieurs dizaines de missiles par jour en économie de guerre.

    Le missile Kheibar : game changer ou bluff ?

    Parmi les développements les plus inquiétants figure le missile Kheibar, dont les capacités présumées feraient frémir n’importe quel état-major. Si les informations qui circulent sont exactes, nous parlons d’une arme capable de changer l’équilibre militaire régional.

    Mais attention aux effets d’annonce. L’Iran maîtrise parfaitement l’art de la communication militaire, mélange savant de réalité technique et d’intoxication psychologique. La vérité se situe probablement quelque part entre les fanfaronnades de Téhéran et le mépris occidental.

    Ce qui est certain, c’est que l’Iran dispose désormais d’un arsenal balistique conséquent, capable de frapper n’importe quelle cible dans un rayon de plus de 2000 kilomètres. C’est un fait militaire incontournable.

    L’équation géopolitique : Russie, Chine et l’effet domino

    L’Iran ne joue pas en solo dans cette partie. Les experts militaires sont formels : la Russie et la Chine vont soutenir Téhéran en cas de conflit majeur. Cette réalité transforme une crise régionale en risque d’embrasement mondial.

    Moscou a besoin de l’Iran pour maintenir sa pression sur l’Occident et détourner une partie des ressources militaires américaines du front ukrainien. Pékin voit dans cette crise une opportunité de tester la réaction occidentale et d’affaiblir l’influence américaine au Moyen-Orient.

    Les pays arabes face au dilemme iranien

    Les grandes puissances arabes de la région se retrouvent dans une position délicate. Leurs intérêts économiques et leurs projets de développement à long terme risquent d’être bouleversés par cette escalade.

    L’Égypte, par exemple, a pris la mesure du potentiel iranien et recalcule ses positions. Ces pays comprennent qu’une guerre régionale détruirait trente ans d’efforts de modernisation et de diversification économique.

    Ils aimeraient que l’Iran règle le problème à leur place, sans qu’eux-mêmes aient à prendre position officiellement. C’est un calcul risqué qui pourrait les rattraper.

    L’arme psychologique : maîtrise iranienne de la temporalité

    L’une des forces de l’Iran réside dans sa capacité à jouer sur les nerfs de ses adversaires. Cette guerre psychologique atteint des sommets de sophistication. Téhéran annonce, menace, fait monter la pression, puis temporise.

    Cette stratégie vise plusieurs objectifs. D’abord, tester les réactions et les seuils de tolérance adverses. Ensuite, permettre à ses alliés de se positionner. Enfin, donner du temps à sa propre préparation militaire.

    Le silence soudain des comptes d’information ouverte qui publiaient habituellement des images de mouvements d’armes iraniens en dit long. Le dispositif militaire iranien est devenu totalement opaque, signe que quelque chose de majeur se prépare.

    La patience comme arme stratégique

    Beaucoup m’ont écrit que l’Iran ne ferait jamais rien, qu’il s’agissait de pure gesticulation. Je n’ai jamais partagé cette analyse. L’Iran va agir, c’est inévitable. Mais il le fera à son rythme et selon ses propres critères.

    Cette patience n’est pas de la faiblesse, c’est du calcul stratégique. L’Iran attend le moment optimal, celui où l’effet de surprise sera maximal et où ses alliés seront prêts à intervenir si nécessaire.

    Le risque d’escalade nucléaire : l’impensable devient possible

    Voici ma plus grande crainte : que les États-Unis ne commettent l’irréparable en répondant par une frappe atomique à une éventuelle riposte iranienne massive contre Israël. Cette possibilité, aussi terrifiante soit-elle, ne peut plus être écartée.

    L’Iran le sait et intègre ce risque dans ses calculs. C’est pourquoi Téhéran agit avec une méthode si structurée et si professionnelle. Chaque mouvement est pesé, chaque déclaration calculée.

    Le régime iranien comprend qu’il joue sa survie, mais aussi que l’enjeu dépasse largement ses frontières. Un conflit nucléaire au Moyen-Orient aurait des conséquences planétaires imprévisibles.

    L’honneur contre l’efficacité : le dilemme moral iranien

    L’Iran se trouve confronté à un dilemme moral fascinant. D’un côté, il veut combattre avec honneur, selon ses principes religieux et éthiques. De l’autre, il affronte un adversaire qui n’a pas ces scrupules moraux.

    Cette conscience morale pourrait coûter cher à l’Iran face à l’armée la plus technologiquement avancée et la moins regardante sur les moyens employés. C’est potentiellement une erreur stratégique majeure, même si elle est humainement respectable.

    Vers l’inévitable confrontation ?

    Tous les signaux convergent vers une escalade majeure. L’Iran a franchi plusieurs lignes rouges psychologiques, ses adversaires aussi. Nous sommes entrés dans une logique où chaque camp teste les limites de l’autre jusqu’au point de rupture.

    Cette confrontation n’aura rien d’une guerre classique. Elle combinera frappes balistiques massives, guerre électronique, cyberattaques et activation de réseaux proxy dans toute la région. Le Moyen-Orient pourrait s’embraser en quelques heures.

    L’Iran dispose des moyens de ses ambitions militaires, mais il lui manque peut-être cette dose de cynisme nécessaire pour l’emporter face à des adversaires qui ne s’embarrassent d’aucun principe moral. C’est là tout le paradoxe de cette crise : le camp techniquement le plus faible moralement pourrait gagner contre le plus fort techniquement.

    Une chose est certaine : cette escalade n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de calculs géopolitiques précis de la part de tous les acteurs. L’Iran n’est ni la victime innocente ni l’agresseur fou que décrivent les narratives simplistes. C’est un acteur rationnel pris dans un engrenage qu’il n’a pas créé mais qu’il alimente désormais.

    La question n’est plus de savoir si l’Iran va agir, mais quand et avec quelle intensité. Et surtout, si cette action déclenchera l’embrasement régional que tout le monde redoute mais que personne ne semble vouloir éviter vraiment.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Saifee Art / Unsplash

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