Catégorie : SANTÉ

  • Se préparer à vivre dans l’extrême
    Se préparer à vivre dans l’extrême
    La crise du COVID-19 n’est pas un événement isolé mais le premier d’une série de chocs systémiques qui vont redéfinir notre siècle. Les moins de 30 ans vivront probablement trois crises de cette ampleur dans leur vie, et nous devons nous y préparer dès maintenant.

    Lisez bien ce qui suit. Ce n’est pas du catastrophisme, c’est de la prospective froide basée sur l’observation des tendances lourdes qui façonnent notre époque.

    Ce que nous vivons actuellement avec la situation COVID-19 qui fige tout – économie à l’arrêt, confinement généralisé, systèmes de santé au bord de l’effondrement – nous devrions le vivre au moins encore deux autres fois, de façon assez équivalente, dans les 10 à 40 ans à venir. Ceux qui ont moins de 30 ans aujourd’hui vont donc vivre ça trois fois. Minimum.

    Les signaux faibles étaient là depuis longtemps

    Depuis des années, les experts nous alertent. Le GIEC sur le climat. L’OMS sur les pandémies. Les économistes hétérodoxes sur la fragilité systémique de notre modèle. Mais nous avons collectivement choisi de regarder ailleurs, bercés par l’illusion d’une croissance perpétuelle et d’un progrès technique qui résoudrait tout.

    La vérité, c’est que notre système globalisé est devenu d’une complexité et d’une interdépendance telles que la moindre perturbation peut déclencher des réactions en chaîne catastrophiques. Un virus parti d’un marché de Wuhan paralyse la planète entière en trois mois. C’est ça, la réalité de notre monde hyperconnecté.

    Et ce n’est que le début. Les facteurs de risque systémique s’accumulent :

    • Réchauffement climatique et multiplication des événements extrêmes
    • Effondrement de la biodiversité et émergence de nouvelles zoonoses
    • Tensions géopolitiques croissantes sur les ressources
    • Fragilité des chaînes d’approvisionnement mondialisées
    • Endettement massif des États et des entreprises
    • Vieillissement démographique dans les pays développés

    La fin du monde tel que nous le connaissons

    Ce que nous appelions « la normale » – cette période de stabilité relative des Trente Glorieuses prolongée artificiellement par la dette et la financiarisation – est terminée. Nous entrons dans une ère de turbulences permanentes où les crises seront la règle, pas l’exception.

    Les systèmes de santé craquent déjà. En France, on découvre avec stupeur que les unités de soins intensifs ne sont plus ouvertes aux plus de 70 ans dans certains hôpitaux saturés. C’est le tri des patients, la médecine de guerre en temps de paix. Et nous n’en sommes qu’au début de cette première crise.

    Imaginez maintenant la prochaine. Dans 10 ans peut-être. Avec des États surendettés par la crise actuelle, des systèmes de santé encore plus fragilisés, une population vieillie, et probablement des tensions sociales exacerbées. Comment ferons-nous face ?

    Et la suivante, dans 20 ou 30 ans ? Avec en plus les effets du changement climatique qui se feront pleinement sentir, les migrations massives, les pénuries d’eau et de nourriture dans certaines régions ?

    Se préparer à l’extrême : une nécessité vitale

    J’ai informé tous les membres de ma famille. Tous mes proches amis. Tous mes collaborateurs. Je leur demande de se préparer à une situation EXTRÊME qui peut durer un an, peut-être davantage, et de s’adapter RÉSOLUMENT en conséquence.

    Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? D’abord, accepter que le monde d’avant ne reviendra pas. Ensuite, développer une résilience à tous les niveaux :

    Résilience personnelle

    • Constitution de réserves (nourriture, médicaments, produits essentiels)
    • Développement de compétences pratiques (jardinage, bricolage, premiers secours)
    • Maintien d’une condition physique et mentale optimale
    • Création de réseaux d’entraide locaux

    Résilience professionnelle

    • Diversification des sources de revenus
    • Développement de compétences transversales
    • Constitution d’une épargne de sécurité substantielle
    • Capacité à travailler à distance

    Résilience collective

    • Relocalisation progressive de l’économie
    • Renforcement des circuits courts
    • Développement de l’autonomie énergétique et alimentaire
    • Reconstruction de solidarités de proximité

    Le temps des choix radicaux

    Nous sommes à un carrefour historique. Soit nous continuons à faire l’autruche en espérant que « ça passe », et nous subirons de plein fouet les prochaines crises. Soit nous prenons acte de la nouvelle donne et nous nous y préparons activement.

    Cela implique des choix de vie radicaux. Où habiter ? Dans une grande métropole ultra-dépendante ou dans une ville moyenne plus résiliente ? Quel métier exercer ? Dans un secteur fragile ou dans des activités essentielles ? Comment épargner ? Dans des actifs financiers volatils ou dans du tangible ?

    Ces questions, nous devons nous les poser maintenant. Pas quand la prochaine crise frappera. Car elle frappera, c’est une certitude. La seule inconnue, c’est quand et sous quelle forme.

    Une opportunité de renaissance ?

    Paradoxalement, cette perspective sombre pourrait être salutaire. Face à l’adversité, l’humanité a toujours su faire preuve d’une créativité et d’une solidarité extraordinaires. Les crises sont aussi des moments de rupture où l’impossible devient possible.

    Peut-être que ces chocs successifs nous forceront enfin à abandonner un modèle de développement suicidaire. À réinventer une économie au service de l’humain et respectueuse des limites planétaires. À retrouver le sens du collectif et de l’entraide.

    Mais pour cela, il faut d’abord survivre aux turbulences qui s’annoncent. Et ça commence par regarder la réalité en face, sans déni ni panique. Juste avec lucidité et détermination.

    Les 30 ou 40 prochaines années ne ressembleront à rien de ce que nous avons connu. C’est vertigineux, mais c’est aussi une formidable occasion de réinventer notre façon de vivre ensemble sur cette planète.

    Alors, êtes-vous prêts ?

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Yuheng Ouyang / Unsplash

  • L’opération Covid-19 : décryptage d’une guerre biologique globale
    L’opération Covid-19 : décryptage d’une guerre biologique globale
    Face à la pandémie mondiale qui paralyse la planète, l’analyse des événements révèle une opération de contrôle global sans précédent. Au-delà de la crise sanitaire, c’est une guerre biologique qui se joue, transformant radicalement les rapports entre dirigeants et populations en quelques semaines seulement.

    Nous sommes le 26 mars 2020. La France est confinée depuis dix jours. Le monde entier retient son souffle face à ce virus venu de Chine. Mais ce qui se joue dépasse largement le cadre d’une simple crise sanitaire. Les signaux étaient là, perceptibles pour qui savait regarder. Aujourd’hui, la réalité nous explose à la figure : nous sommes face à une guerre biologique globale, une opération d’une ampleur inédite qui met « tout le monde à terre » en quelques semaines.

    Cette analyse peut choquer. Elle dérangera certainement. Mais les faits sont têtus, et l’observation froide de ce qui se déroule sous nos yeux mérite qu’on s’y attarde. Car derrière les courbes exponentielles et les décomptes macabres, c’est une transformation radicale de nos sociétés qui s’opère à la vitesse de l’éclair.

    Les signaux avant-coureurs d’une opération globale

    Revenons quelques mois en arrière. Fin 2019, début 2020, la planète grondait. De Hong Kong à Santiago, de Paris à Beyrouth, les peuples descendaient dans la rue. Les Gilets jaunes en France, les manifestations au Chili, les soulèvements au Liban… Partout, une colère sourde montait contre les élites politiques et économiques.

    Les dirigeants politiques sentaient le vent tourner. L’hostilité des populations envers les politiques menées devenait palpable, menaçante même. Le système vacillait sur ses bases. Les manifestations se multipliaient, les grèves paralysaient des pays entiers, les citoyens remettaient en question l’ordre établi avec une virulence inédite depuis des décennies.

    C’est dans ce contexte explosif qu’apparaît soudainement ce virus. Coïncidence ? L’observation des faits invite à la prudence. Car en l’espace de quelques semaines seulement, cette « guerre biologique » aura réussi ce qu’aucune répression policière n’avait pu accomplir : mettre les peuples « d’équerre », les confiner chez eux, stopper net toute velléité de contestation.

    Les signaux étaient perceptibles pour qui savait les lire. Les exercices de simulation pandémique comme l’Event 201 en octobre 2019, financé par la Fondation Gates et le Forum économique mondial. Les déclarations étranges de certains dirigeants sur la nécessité de « repenser » nos sociétés. Les mouvements boursiers suspects dans les semaines précédant l’annonce officielle de la pandémie. Tout convergeait vers un « gros truc en préparation ».

    Une guerre d’un nouveau genre

    Appelons les choses par leur nom : ce que nous vivons relève du terrorisme biologique. Les victimes sont essentiellement des civils, touchés de manière aléatoire. Les plus fragiles payent le prix fort : personnes âgées, malades chroniques, populations précaires. Mais au-delà du bilan humain, c’est l’ensemble de la société qui se trouve bouleversée.

    Cette guerre biologique présente des caractéristiques inédites :

    • L’invisibilité de l’ennemi : Un virus microscopique devient l’adversaire ultime, impossible à combattre avec les moyens conventionnels
    • La peur comme arme principale : La terreur s’installe dans chaque foyer, paralysant toute capacité de réaction collective
    • L’auto-confinement des populations : Les citoyens deviennent leurs propres geôliers, acceptant des restrictions de liberté impensables quelques semaines auparavant
    • La destruction économique programmée : Des pans entiers de l’économie s’effondrent, préparant le terrain pour une reconstruction selon de nouvelles règles

    Cette opération dépasse le cadre d’une simple pandémie. C’est une guerre économique, sociale, psychologique. Les petits commerces ferment, les indépendants sont étranglés, pendant que les géants du numérique voient leurs profits exploser. Les libertés fondamentales sont suspendues au nom de l’urgence sanitaire. Les populations acceptent un contrôle inédit de leurs déplacements, de leurs interactions sociales, de leur vie privée.

    Les bénéficiaires de la crise

    Dans toute guerre, il y a des vainqueurs et des vaincus. L’opération Covid-19 ne fait pas exception. Observons qui tire profit de cette situation :

    Les États renforcent leur contrôle. En quelques jours, des mesures liberticides impensables deviennent la norme. Traçage des populations, surveillance généralisée, restriction des libertés… Le prétexte sanitaire justifie tout. Les gouvernements qui vacillaient face à la contestation populaire retrouvent soudainement une légitimité et des pouvoirs étendus.

    Les géants technologiques voient leur emprise décupler. Amazon, Google, Microsoft, Facebook… Tous profitent du basculement forcé vers le numérique. Le télétravail, l’école à distance, le commerce en ligne deviennent la norme. En quelques semaines, des résistances qui auraient mis des années à tomber s’effondrent.

    Le système financier prépare sa mue. Les banques centrales injectent des milliers de milliards, créant de la monnaie ex nihilo. La dette explose, préparant le terrain pour un reset monétaire global. Les discussions sur les monnaies numériques s’accélèrent. Le cash, vecteur potentiel du virus, devient suspect.

    L’industrie pharmaceutique se positionne en sauveur de l’humanité. Les laboratoires promettent des vaccins miracles, obtiennent des financements publics colossaux, s’affranchissent des procédures habituelles de validation. Un jackpot sanitaire se profile.

    La mise au pas des populations

    L’aspect le plus troublant de cette opération reste la rapidité avec laquelle les populations ont accepté leur mise sous tutelle. En quelques jours, des sociétés entières ont basculé dans un régime d’exception. Les citoyens qui manifestaient leur colère quelques semaines plus tôt applaudissent désormais aux fenêtres, unis dans la peur commune.

    Cette soumission volontaire s’explique par plusieurs mécanismes psychologiques savamment exploités :

    • La peur de la mort, activée quotidiennement par des décomptes macabres
    • La culpabilisation : sortir devient un acte irresponsable, potentiellement meurtrier
    • L’infantilisation : les citoyens redeviennent des enfants qu’il faut protéger, guider, punir
    • L’isolement : privés de contacts sociaux, les individus perdent leur capacité de résistance collective

    Le résultat est saisissant. Les peuples menaçants de fin 2019 sont devenus en mars 2020 des populations dociles, obéissantes, reconnaissantes même envers leurs dirigeants. La guerre biologique a réussi en quelques semaines ce que des années de propagande n’avaient pu accomplir : la soumission volontaire et enthousiaste des masses.

    Les questions qui dérangent

    Face à cette analyse, des questions s’imposent. Des questions dérangeantes, certes, mais nécessaires si l’on veut comprendre ce qui se joue réellement.

    Pourquoi ce virus apparaît-il précisément au moment où le système vacillait ? Simple hasard de la nature ou timing parfait pour une opération de contrôle global ? La proximité du laboratoire P4 de Wuhan, les exercices de simulation pandémique, les brevets déposés sur des séquences virales… Autant d’éléments troublants qui méritent examen.

    Pourquoi cette réponse disproportionnée ? Des virus circulent chaque année, causant des milliers de morts. Pourquoi celui-ci justifie-t-il la mise à l’arrêt de la planète entière ? La létalité réelle justifie-t-elle l’effondrement économique programmé, la destruction du tissu social, la suspension des libertés fondamentales ?

    Qui décide vraiment ? Les gouvernements semblent suivre un script identique partout dans le monde. Confinement, distanciation sociale, masques… Les mêmes mesures s’appliquent de Paris à New Delhi. Qui coordonne cette réponse globale ? L’OMS ? Les experts ? Ou des instances moins visibles mais plus puissantes ?

    Vers un nouveau monde

    Ce qui se dessine sous nos yeux dépasse largement le cadre d’une crise sanitaire temporaire. C’est un changement de paradigme complet qui s’opère. La « guerre biologique » agit comme un accélérateur de l’Histoire, précipitant des transformations qui auraient pris des décennies.

    Le monde d’après ne ressemblera pas au monde d’avant. Les libertés perdues seront-elles récupérées ? Les pouvoirs d’exception deviendront-ils la norme ? Le contrôle numérique des populations sera-t-il pérennisé au nom de la sécurité sanitaire ? L’économie réelle, détruite, laissera-t-elle place à un capitalisme de surveillance totale ?

    Ces questions ne sont pas du complotisme. Elles relèvent de l’observation factuelle de ce qui se déroule sous nos yeux. Les déclarations des dirigeants eux-mêmes évoquent un « monde d’après » radicalement différent. Klaus Schwab, fondateur du Forum économique mondial, parle déjà d’une « grande réinitialisation ». Les banquiers centraux évoquent une refonte du système monétaire. Les géants de la tech préparent l’avènement de la société sans contact.

    Bref. L’opération Covid-19 révèle sa vraie nature : bien plus qu’une pandémie, c’est une guerre biologique globale qui redessine les contours de notre civilisation. Les peuples, mis « d’équerre » par la peur, acceptent leur propre asservissement. Les élites, un temps menacées, reprennent la main avec une brutalité inédite.

    Reste à savoir si cette soumission sera définitive. L’Histoire nous enseigne que les peuples finissent toujours par se réveiller. La question est : sera-t-il trop tard ? Le nouveau monde qui se construit sur les ruines de l’ancien laissera-t-il une place à la liberté, ou basculons-nous dans un totalitarisme sanitaire durable ?

    Vous avez désormais les clés pour comprendre ce qui se joue. À vous de regarder au-delà du rideau de fumée médiatique. À vous de refuser la peur comme mode de gouvernement. À vous de questionner cette guerre biologique et ses véritables objectifs. Car c’est bien de l’avenir de l’humanité dont il est question. Rien de moins.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • La France et ses masques
    La France et ses masques
    La gestion des masques pendant cette crise sanitaire révèle une improvisation dangereuse : personnel soignant sous-équipé, citoyens désorientés par des consignes contradictoires, et une confusion totale entre protection individuelle et collective. Trois semaines d’observation qui en disent long sur notre préparation face aux risques biologiques.

    Le grand malentendu français sur les masques

    Nous vivons actuellement une crise qui révèle au grand jour l’impréparation totale de notre système face aux risques biologiques. Je l’observe depuis le début du mois de mars : la France navigue à vue dans un brouillard de confusion entre différents types de protection.

    Le personnel soignant aurait dû être équipé de combinaisons contre les risques biologiques et chimiques. En échange de quoi ils ont reçu des masques chirurgicaux pour empêcher que leurs postillons ne contaminent les patients… déjà contaminés.

    Cette situation grotesque illustre parfaitement notre rapport français à la prévention sanitaire. Nous confondons protection individuelle et protection collective, nous mélangeons les protocoles, et nous improvisations des solutions bancales là où il faudrait de la rigueur scientifique.

    La France, grande et haute, toujours. Même dans l’à-peu-près sanitaire.

    Masques chirurgicaux vs FFP2 : comprendre la différence cruciale

    Parlons technique, parce que cette distinction est fondamentale et que personne ne semble la faire clairement.

    Les masques chirurgicaux sont conçus pour protéger le patient du soignant. Ils filtrent les gouttelettes que nous émettons en parlant, toussant ou éternuant. Leur efficacité de filtration ? Environ 30% des particules en suspension.

    Les masques FFP2, eux, protègent celui qui les porte. Ils filtrent au minimum 94% des particules de 0,6 micron. Face à un virus qui se transmet par voie aérienne, la différence n’est pas anecdotique : elle peut être vitale.

    Or que fait la France ? Elle commande des milliards de masques chirurgicaux pour calmer la vindicte populaire, alors que la situation exige des FFP2. C’est comme distribuer des parapluies pour se protéger de la grêle.

    L’analogie révélatrice du préservatif

    Contre le SIDA, personne n’a trouvé débile d’utiliser une capote en polyuréthane. Personne n’a dit : « Un mouchoir, ça suffira bien. »

    Contre le SARS-CoV-2, nous devrions nous habituer à utiliser une combinaison intégrale en polyuréthane, des gants, des lunettes, un masque FFP2. Mais non, nous bricolons avec des équipements inadaptés.

    Cette comparaison n’est pas provocatrice : elle est factuelle. Face à un agent pathogène mortel, la protection doit être à la hauteur du risque. Nous l’avons compris pour le VIH, nous refusons de l’accepter pour le coronavirus.

    L’improvisation gouvernementale en temps réel

    Je suis choqué de découvrir que dans tous les départements, des organismes publics officiels écrivent par email aux entreprises pour leur demander de faire des dons de masques si elles en ont.

    Excusez-moi, mais pourquoi cet équipement vital ne leur est-il pas acheté et payé rubis sur l’ongle ?

    Cette mendicité institutionnalisée révèle l’ampleur de l’impréparation. Un État qui quémande des masques auprès du secteur privé, c’est un État qui avoue son échec dans la gestion des stocks stratégiques.

    Les élections municipales : un cas d’école

    J’ai tranché concernant les élections municipales du 15 mars. Vous pouvez y aller si vous vous équipez d’un masque de protection, de lunettes de protection et de gants de protection. Si vous n’avez pas cet équipement, n’y allez pas.

    Cette recommandation, que j’ai formulée le 14 mars, illustre parfaitement le décalage entre les mesures officielles et la réalité du terrain. Maintenir des élections sans équipement de protection adéquat, c’est exposer la population à un risque sanitaire majeur.

    Le gouvernement a choisi de maintenir le scrutin tout en sachant pertinemment que la majorité des électeurs ne disposaient pas des équipements nécessaires. Résultat : une abstention record et des interrogations légitimes sur la légitimité de ce scrutin.

    L’inefficacité programmée du tout-masque

    Les masques n’ont quasiment aucune utilité dans la mesure où les gestes impératifs qui doivent accompagner le port du masque ne seront pas respectés par l’immense majorité des gens, encore moins à long terme.

    Porter un masque, c’est un protocole complet : lavage des mains avant et après manipulation, ajustement correct sur le visage, remplacement régulier, élimination sécurisée. Sans ces gestes, le masque devient un faux sentiment de sécurité, voire un vecteur de contamination.

    Nous sommes en train de distribuer des masques à une population non formée, sans protocole clair, sans suivi. C’est cuit d’avance.

    L’alternative des boucliers de protection

    Ce sont des boucliers de protection du visage qu’il faut, pas des masques. Cette protection intégrale du visage offre plusieurs avantages : réutilisable après désinfection, plus confortable sur la durée, protection oculaire incluse.

    Décathlon pourrait adapter ses masques de plongée avec quelques modifications mineures et prendre le marché de la protection faciale contre les risques biologiques. L’innovation française pourrait enfin servir à quelque chose d’utile.

    Mais non, nous préférons commander des milliards de masques chirurgicaux inadaptés. Parce que c’est ce que font tous les autres pays, parce que c’est politiquement plus visible, parce que c’est plus facile à communiquer.

    Les leçons d’une crise annoncée

    Cette confusion autour des masques n’est que le symptôme d’un problème plus profond : notre incapacité collective à anticiper et gérer les risques sanitaires majeurs.

    Nous avons déstocké les masques par millions, nous avons fermé des lits d’hôpitaux, nous avons réduit les budgets de santé publique. Et maintenant, nous découvrons que face à une pandémie, l’improvisation ne suffit pas.

    La protection contre les risques biologiques, c’est une science exacte. Cela demande des équipements adaptés, des protocoles rigoureux, des stocks stratégiques, de la formation. Pas des effets d’annonce et de la communication de crise.

    Cette crise du coronavirus nous enseigne une leçon fondamentale : en matière de santé publique, l’à-peu-près tue. Littéralement.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Jievani Weerasinghe / Unsplash

  • Confinement, les « deux semaines » annoncées ne sont qu’un début
    Confinement, les « deux semaines » annoncées ne sont qu’un début
    Les mesures de confinement annoncées pour quelques semaines risquent de s’étaler sur plusieurs mois. L’analyse des précédents épidémiques et des réalités économiques montre que nous entrons dans une crise de long terme aux conséquences multiples.

    Depuis le 17 mars, la France vit au rythme du confinement. Officiellement, les autorités parlent de mesures temporaires, de quelques semaines tout au plus. Dans les médias, on évoque « quinze jours », « trois semaines maximum ». Je vais vous dire le fond de ma pensée : cette vision optimiste me paraît dangereusement déconnectée de la réalité.

    Ça me fait très mal de l’écrire, ça me tord les tripes. J’espère de tout cœur me tromper et recevoir des tonnes de tomates pourries en pleine poire. Mais l’analyse froide des données disponibles et l’observation de ce qui se passe ailleurs dans le monde pointent vers une conclusion difficile à accepter.

    Nous ne partons pas pour deux semaines. Nous partons pour des mois.

    Les précédents internationaux parlent d’eux-mêmes

    Regardons les faits. En Chine, le confinement de Wuhan a duré 76 jours. Soixante-seize jours, pas quinze. En Italie, les premières mesures restrictives ont commencé fin février dans le nord du pays, et le confinement national décrété le 9 mars n’a toujours pas de date de fin claire.

    Le virus circulait déjà « depuis des semaines » en Italie avant même les premiers cas détectés, selon les analyses épidémiologiques récentes. Cette circulation silencieuse explique pourquoi les mesures d’urgence arrivent toujours avec du retard sur la réalité de l’épidémie.

    En France, nous découvrons chaque jour l’ampleur de cette circulation souterraine. Les clusters se multiplient, les hôpitaux s’organisent pour faire face à un afflux massif de patients. Les modèles épidémiologiques, même les plus optimistes, tablent sur un pic qui ne surviendra pas avant plusieurs semaines.

    Comment imaginer sérieusement qu’on puisse lever les mesures avant d’avoir atteint ce pic, puis observé une décrue significative ?

    La logique épidémique impose ses temporalités

    Les virus ne négocient pas avec les calendriers politiques. Le SARS-CoV-2 suit sa propre logique, celle de la contagion exponentielle et de la saturation progressive du système de soins.

    Les spécialistes le répètent : pour être efficace, un confinement doit durer au minimum le temps de deux cycles de contamination, soit environ 28 jours. Mais cette durée minimale ne prend pas en compte la nécessité d’observer une décrue franche des nouveaux cas avant de pouvoir envisager un assouplissement.

    Regardez ce qui se passe actuellement : nous en sommes encore à la phase d’accélération. Les services de réanimation se remplissent, les soignants s’épuisent. Dans ces conditions, parler de « deux semaines » relève du wishful thinking le plus total.

    L’OMS elle-même recommande de maintenir les mesures de distanciation sociale bien au-delà du pic épidémique. La Corée du Sud, pourtant citée en exemple pour sa gestion de la crise, maintient des mesures strictes depuis des semaines sans perspective de levée immédiate.

    Les conséquences économiques créent leur propre inertie

    Mais il y a plus grave encore. Cette crise sanitaire déclenche une crise économique d’une ampleur inédite. Et cette crise économique va créer ses propres contraintes temporelles, bien au-delà de la résolution de l’urgence sanitaire.

    Les entreprises ferment, les salariés sont mis au chômage partiel, les indépendants voient leur activité s’effondrer du jour au lendemain. Cette paralysie économique génère des effets en cascade qui ne se résorbent pas en claquant des doigts.

    Même une fois l’épidémie maîtrisée, combien de temps faudra-t-il pour redémarrer les chaînes de production ? Pour rétablir les circuits d’approvisionnement ? Pour que les consommateurs retrouvent confiance et recommencent à dépenser ?

    J’estime objectivement que les mois qui suivront la fin officielle du confinement sanitaire seront encore plus difficiles que ce qui aura été vécu pendant les mois de confinement. Ça sera très différent, mais plus difficile, pour plein de raisons.

    L’impréparation révèle l’ampleur du défi

    L’observation de notre impréparation collective révèle aussi l’ampleur du défi qui nous attend. Nous découvrons chaque jour nos failles : manque de masques, de tests, de respirateurs, de lits de réanimation.

    Cette impréparation n’est pas qu’un problème logistique ponctuel. Elle révèle des défaillances structurelles qui ne se corrigent pas en quelques semaines. Combien de temps faut-il pour produire des millions de masques ? Pour former du personnel médical ? Pour adapter nos systèmes de santé à cette nouvelle réalité ?

    Les industriels interrogés parlent de « plusieurs mois » pour remettre en route des chaînes de production arrêtées. Les experts en santé publique évoquent des « mois » pour développer et déployer massivement les tests. Dans ces conditions, comment imaginer un retour à la normale en quelques semaines ?

    Vers une nouvelle normalité

    La question n’est plus de savoir quand nous retrouverons notre vie d’avant. La question est de savoir à quoi ressemblera notre vie d’après. Car cette crise marque une rupture profonde dans nos modes de vie, nos habitudes de consommation, notre rapport au travail, notre vision de la mondialisation.

    Le télétravail, expérimenté massivement pendant le confinement, va probablement s’installer durablement. Les voyages d’affaires, les déplacements internationaux, les grands rassemblements : tout cela va mettre du temps à reprendre, si tant est que cela reprenne comme avant.

    Cette transformation ne se fera pas en deux semaines. Elle s’étalera sur des mois, voire des années. Nous entrons dans une période de transition longue, avec ses incertitudes, ses adaptations permanentes, ses nouvelles contraintes.

    Pouvez-vous envisager rester confiné pendant plus de deux mois ? Cette question, que beaucoup refusent encore de se poser, va pourtant devenir centrale dans les semaines qui viennent.

    Je n’écris pas cela pour alimenter la panique ou le pessimisme. Je l’écris parce que je crois qu’il vaut mieux regarder la réalité en face, même quand elle est difficile à accepter. Parce que c’est en mesurant l’ampleur du défi que nous pourrons mieux nous y préparer, individuellement et collectivement.

    Bref. Nous ne sommes qu’au début d’un long processus. Et plus vite nous l’accepterons, mieux nous pourrons nous organiser pour traverser cette épreuve.

    Sources et références

    Pour aller plus loin

    Photo : insung yoon / Unsplash

  • Transports publics et pandémie, l’erreur stratégique française de mars 2020
    Transports publics et pandémie, l’erreur stratégique française de mars 2020
    Alors que l’épidémie de Covid-19 s’intensifie, la France maintient ses transports publics en fonctionnement normal, créant un paradoxe sanitaire majeur. Cette analyse examine les incohérences des mesures prises face à la pandémie naissante.

    Nous sommes le 12 mars 2020. L’Organisation mondiale de la santé vient de déclarer l’état de pandémie pour le Covid-19. L’Italie du Nord est bouclée depuis le 8 mars. Pourtant, en France, une situation paradoxale se dessine : d’un côté, on ferme les écoles et on limite les rassemblements, de l’autre, on maintient ouverts les transports de masse les plus fréquentés d’Europe.

    Cette contradiction révèle-t-elle une stratégie sanitaire cohérente ou une série d’erreurs d’appréciation qui pourraient coûter cher ?

    Le métro parisien : un laboratoire viral à ciel ouvert

    Chaque matin, près de 5 millions de voyageurs empruntent les transports franciliens. Dans les rames bondées de la ligne 1, 4, 6 ou 14, la distanciation sociale relève de la pure fiction. Les surfaces de contact se comptent par milliers : barres, sièges, portillons, boutons d’ouverture.

    Ce que nous savons déjà du virus à cette date est préoccupant. Il se transmet principalement par gouttelettes respiratoires et peut survivre plusieurs heures sur les surfaces. Les espaces confinés et mal ventilés constituent des environnements de propagation idéaux.

    Le métro parisien cumule tous ces facteurs de risque. Pourtant, aucune mesure spécifique n’a été prise pour adapter son fonctionnement à la situation sanitaire. Pas de limitation de fréquentation, pas de renforcement du nettoyage, pas d’obligation de port du masque.

    Cette inaction devient d’autant plus incompréhensible quand on observe ce qui se passe ailleurs. À Wuhan, le métro a été fermé dès le 23 janvier. En Corée du Sud, des mesures drastiques de désinfection ont été mises en place dans tous les transports publics.

    L’axe Paris-Strasbourg : une autoroute virale

    La situation devient encore plus préoccupante quand on analyse les flux de transport entre Paris et l’Est de la France. Le Haut-Rhin connaît depuis fin février une explosion de cas de Covid-19, notamment autour du rassemblement évangélique de Mulhouse qui a eu lieu du 17 au 21 février.

    Cette zone, devenue l’un des principaux foyers épidémiques français, reste pourtant parfaitement connectée à la capitale. Le TGV Est relie quotidiennement Strasbourg à Paris en 1h45, transportant des centaines de passagers dans chaque sens. Aucun contrôle sanitaire n’est effectué à bord ou dans les gares.

    Les chiffres sont éloquents : selon les données de la SNCF, près de 50 000 voyageurs empruntent chaque jour cette liaison. Combien parmi eux sont porteurs du virus sans le savoir ? Combien vont contribuer à essaimer l’épidémie dans la capitale ?

    Cette libre circulation entre foyer épidémique et métropole nationale interroge sur la cohérence de la stratégie sanitaire. Comment peut-on simultanément fermer les écoles pour limiter la propagation et maintenir ouvertes les liaisons ferroviaires à grande vitesse ?

    L’aéroport de Roissy : la porte ouverte

    Autre incohérence majeure : la gestion des flux aériens internationaux. Alors que l’épidémie fait rage en Chine depuis janvier et que l’Italie du Nord est bouclée, l’aéroport Charles-de-Gaulle continue d’accueillir des vols en provenance de ces zones sans contrôle sanitaire renforcé.

    Cette situation crée un paradoxe social troublant. Les voyageurs fortunés peuvent encore quitter les zones contaminées par avion, tandis que les populations locales subissent les mesures de confinement. À Milan Malpensa, les vols internationaux continuent de décoller, permettant aux plus aisés d’échapper aux restrictions.

    Cette différence de traitement entre classes sociales dans la gestion de crise révèle une réalité dérangeante : la pandémie ne touche pas tout le monde de la même manière, et les mesures prises semblent parfois tenir compte de ces inégalités.

    Les transports publics : vecteurs oubliés de la pandémie

    L’histoire des épidémies nous enseigne pourtant l’importance cruciale des transports dans la propagation des maladies infectieuses. La grippe de 1918 s’est propagée le long des voies ferrées. Le SRAS de 2003 a utilisé les réseaux aériens internationaux pour se répandre.

    Les autorités sanitaires françaises semblent avoir oublié ces leçons. Aucune étude d’impact n’a été rendue publique sur le rôle des transports dans la propagation du Covid-19. Aucune modélisation n’a été présentée sur l’effet d’une fermeture partielle ou totale des réseaux de transport.

    Cette absence de réflexion stratégique sur les transports contraste avec l’attention portée à d’autres secteurs. On ferme les restaurants et les cinémas, mais on maintient ouverts les espaces où la densité humaine est la plus forte et la ventilation la plus défaillante.

    Les syndicats de transport commencent d’ailleurs à s’inquiéter. Les conducteurs de bus et de métro, en première ligne face au public, n’ont reçu aucune consigne spécifique de protection. Aucun équipement de protection individuelle ne leur a été fourni.

    Une stratégie à géométrie variable

    Cette gestion paradoxale révèle les limites de la stratégie française face à l’épidémie. D’un côté, on prend des mesures spectaculaires comme la fermeture des écoles. De l’autre, on maintient en fonctionnement normal les infrastructures les plus à risque.

    Cette approche à géométrie variable soulève des questions sur la cohérence scientifique des décisions prises. Sur quelles études épidémiologiques se basent ces choix ? Quelle évaluation comparative a été faite entre les risques liés aux différents types d’activités ?

    Le gouvernement semble naviguer à vue, privilégiant les mesures les moins coûteuses économiquement. Fermer les écoles ne coûte rien à l’État. Arrêter les transports publics paralyserait l’économie francilienne.

    Cette logique économique prime-t-elle sur les considérations sanitaires ? Les prochains jours nous le diront. Mais une chose est certaine : maintenir en fonctionnement normal des espaces de promiscuité maximale en pleine pandémie constitue un pari risqué.

    Vers une remise en cause nécessaire

    Les décisions prises aujourd’hui en matière de transports publics pourraient bien être jugées demain par l’histoire. Elles révèlent notre capacité collective à anticiper, à prendre des décisions difficiles, à privilégier la santé publique sur les considérations économiques à court terme.

    D’autres pays ont fait des choix plus radicaux. La Chine a paralysé des villes entières. L’Italie a bouclé le Nord du pays. Ces mesures drastiques s’avéreront-elles plus efficaces que notre approche progressive ?

    Une chose est certaine : la gestion des transports publics en temps de pandémie nécessite une réflexion stratégique globale. On ne peut pas traiter le métro parisien comme un service public ordinaire quand 5 millions de personnes s’y croisent quotidiennement en pleine crise sanitaire mondiale.

    Les prochains jours seront cruciaux. Soit les autorités prennent conscience de l’urgence et adaptent enfin la politique de transport à la réalité épidémiologique, soit nous continuerons à naviguer dans cette incohérence qui pourrait coûter cher en vies humaines.

    Car au final, la question n’est pas de savoir si nous devons fermer les transports publics, mais plutôt de comprendre pourquoi nous ne l’avons pas encore fait.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • L’Italie face au virus, chronique d’un pays en quarantaine
    L’Italie face au virus, chronique d’un pays en quarantaine
    L’Italie devient le premier pays européen à imposer un confinement massif face au Covid-19, isolant des millions de personnes dans le nord du pays. Une situation dramatique qui révèle les failles de la solidarité européenne et soulève des questions troublantes sur les origines de cette crise.

    Je regarde avec stupéfaction ce qui se passe en Italie. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, un pays européen impose un confinement massif à sa population. Des villes entières sont bouclées, des millions de personnes assignées à résidence. C’est du jamais vu dans l’Europe moderne.

    Ce qui me frappe d’abord, c’est l’anomalie statistique. L’Italie compte environ 300 000 résidents chinois, contre 700 000 en France. Pourtant, c’est l’Italie qui se retrouve en première ligne face à cette épidémie venue de Chine. Comment expliquer cette disproportion ? Les routes commerciales ? Le hasard d’un super-propagateur ? Ou quelque chose de plus troublant ?

    Un confinement d’une ampleur inédite

    Le 23 février, onze villes italiennes sont placées en lockdown. C’est le début d’une escalade vertigineuse. En quelques jours, ce sont douze provinces du Nord qui sont isolées du reste du pays et du monde. Milan, capitale économique, Venise, joyau touristique – toutes verrouillées.

    Les chiffres donnent le vertige : nous parlons de plusieurs dizaines de millions de personnes concernées. Des Italiens, mais aussi des milliers d’Européens présents dans ces régions pour affaires ou tourisme, tous pris au piège.

    Le 4 mars, toutes les écoles ferment sur l’ensemble du territoire italien. Le lendemain, c’est au tour des cinémas et salles de spectacle. Le pays se barricade progressivement, secteur par secteur.

    Sur les réseaux sociaux, des médecins italiens lancent des cris d’alarme. Ils affirment que la situation dans les hôpitaux est « inimaginable » et « complètement hors de contrôle ». Ils n’ont jamais été préparés à une telle pandémie, disent-ils. Ces témoignages glaçants nous parviennent comme des messages de détresse depuis une zone de guerre sanitaire.

    La fuite éperdue des populations

    Face au confinement annoncé, la panique s’empare de nombreux habitants du Nord. Des scènes surréalistes se produisent : des files interminables aux gares, des embouteillages monstres aux sorties d’autoroute. Chacun tente de fuir avant que le piège ne se referme.

    La police italienne se déploie pour empêcher ces exodes. Des contrôles stricts sont mis en place. Qui peut sortir ? Uniquement ceux qui ont une « urgence absolue ». Mais qu’est-ce qu’une urgence absolue quand on craint pour sa vie et celle de sa famille ?

    Je me mets à la place d’un chef de famille dans cette zone. Que faire ? Rester et risquer la contamination dans une région qui semble abandonnée ? Ou tenter de fuir, quitte à propager le virus ailleurs ? Dilemme cornélien que des millions d’Italiens affrontent en ce moment même.

    Le courage politique face à la catastrophe

    Il faut reconnaître une chose : les dirigeants italiens font preuve d’un courage politique rare. Imposer un tel confinement, c’est sacrifier l’économie du pays. Le tourisme, pilier de l’économie italienne, s’effondre. Qui envisage encore de partir en vacances en Italie cet été ? Personne.

    Les conséquences vont au-delà de l’économique. C’est tout un mode de vie qui est remis en cause. Les Italiens devront-ils renoncer aux pâtes et aux pizzas si les chaînes d’approvisionnement sont rompues ? Question triviale en apparence, mais qui touche au cœur de l’identité nationale.

    Ce courage italien contraste cruellement avec l’attentisme français et allemand. Nous savons pourtant que le virus ne s’arrête pas aux frontières. L’exemple du match Juventus-Lyon est édifiant : 3000 supporters italiens du Nord autorisés à venir en France alors que leur région est déjà touchée. C’est de l’inconscience pure.

    L’Europe aux abonnés absents

    Ce qui me scandalise le plus dans cette crise, c’est le silence assourdissant de l’Europe. Où est la solidarité européenne tant vantée ? L’Italie, membre fondateur de l’Union, se retrouve seule face à la catastrophe.

    Pas d’aide médicale massive. Pas de coordination sanitaire. Pas même un message fort de soutien. L’Europe regarde-t-elle avec indifférence l’effondrement d’un de ses membres les plus eurocritiques ? La tentation de l’Italexit n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui.

    Cette absence de réaction européenne soulève des questions troublantes. À qui profite l’affaiblissement de l’Italie ? Qui a intérêt à voir ce pays s’effondrer économiquement et socialement ?

    Des questions qui dérangent

    Je vais poser les questions qui fâchent. Cette concentration anormale de cas en Italie est-elle vraiment le fruit du hasard ? Pourquoi l’Italie et pas l’Allemagne ou la France, qui ont des communautés chinoises plus importantes ?

    Certains parlent d’une possible attaque bactériologique. L’hypothèse peut sembler folle, mais regardons les faits : un pays stratégique de l’UE, connu pour son euroscepticisme croissant, se retrouve paralysé du jour au lendemain. Les conséquences géopolitiques sont énormes.

    Je ne prétends pas avoir les réponses. Mais je refuse de fermer les yeux sur ces anomalies. Trop d’éléments ne collent pas dans le récit officiel de la simple épidémie naturelle.

    L’échec annoncé du confinement ?

    Au-delà des théories, une réalité s’impose : nous devons envisager l’échec possible du confinement italien. Si des millions de personnes enfermées ensemble ne parviennent pas à enrayer l’épidémie, que faire ?

    Les images de fuite éperdue que nous voyons aujourd’hui pourraient n’être qu’un avant-goût. Si la situation empire, comment contenir des populations désespérées ? L’armée italienne a-t-elle les moyens de maintenir un tel dispositif dans la durée ?

    Plus inquiétant encore : si le confinement échoue en Italie, quel modèle alternatif adopter ? La Chine a réussi son confinement grâce à un appareil d’État totalitaire. L’Italie démocratique peut-elle obtenir les mêmes résultats ?

    Nous devons dès maintenant réfléchir à d’autres options. Le confinement total est-il la seule solution ? Existe-t-il des approches plus ciblées, moins destructrices économiquement et socialement ? Ces questions urgentes restent sans réponse.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Lawrence Krowdeed / Unsplash

  • Les angles morts de la chimie moderne, entre toxicité cachée et détection impossible
    Les angles morts de la chimie moderne, entre toxicité cachée et détection impossible
    La sécurité chimique repose sur des études souvent biaisées et des méthodes de détection limitées. Nous sous-estimons systématiquement les risques des produits du quotidien tout en étant incapables de détecter des substances que nous ne cherchons pas spécifiquement.

    Nous vivons dans un monde chimique. Chaque jour, nous inhalons, ingérons et touchons des milliers de molécules dont nous ignorons tout ou presque. Cette réalité me frappe particulièrement quand je vois passer certaines études scientifiques qui prétendent rassurer sur la sécurité de tel ou tel produit.

    Le problème ? Ces études partent souvent du mauvais postulat. Au lieu de se demander « ce produit chimique est-il dangereux ? », elles cherchent à démontrer qu’il ne l’est pas. Nuance capitale qui change tout.

    La fausse science des études rassurantes

    Je tombe régulièrement sur des études qui me font bondir. Prenez n’importe quelle recherche sur la sécurité d’un additif alimentaire ou d’un composé industriel. Le protocole est souvent le même : on teste à faible dose, sur une durée limitée, avec des critères d’évaluation restrictifs.

    Résultat ? « Aucun effet néfaste observé dans les conditions de l’étude. » Belle formule qui ne dit absolument rien sur la réalité du risque. C’est comme chercher ses clés uniquement sous le réverbère parce que c’est là qu’il y a de la lumière.

    La vraie question scientifique devrait être : « Dans quelles conditions ce produit devient-il problématique ? » Au lieu de cela, on nous sert des études conçues pour ne rien trouver. Pratique pour l’industrie, catastrophique pour la santé publique.

    L’exemple révélateur des arômes alimentaires

    Prenons la chimie des arômes, un secteur que je connais bien. Les industriels utilisent des centaines de molécules pour reconstituer le goût « naturel » de nos aliments. Glycérine, propylène glycol, et une kyrielle d’autres composés aux noms imprononçables.

    Ces substances sont généralement reconnues comme sûres – le fameux statut GRAS (Generally Recognized As Safe) américain. Mais sûres dans quelles conditions ? À quelle dose ? En combinaison avec quoi ? Sur quelle durée d’exposition ?

    La glycérine, par exemple, est considérée comme inoffensive. Pourtant, des études montrent qu’elle peut provoquer des irritations respiratoires quand elle est chauffée et inhalée. Le propylène glycol ? Même combat. Irritant pour les voies respiratoires, potentiellement problématique pour certaines personnes sensibles.

    Mais ces effets n’apparaissent que dans des conditions spécifiques, rarement testées dans les études réglementaires. On se retrouve avec des produits « sûrs » sur le papier, potentiellement toxiques dans la réalité.

    Le piège de la détection chimique

    Il y a un autre angle mort, encore plus préoccupant : notre incapacité à détecter ce que nous ne cherchons pas. Cette réalité me frappe particulièrement dans le domaine de la toxicologie.

    Quelles que soient nos méthodes de dépistage, qualitatives ou quantitatives, il est strictement impossible de découvrir la présence d’une substance qu’on ne recherche pas spécifiquement. Cette information est capitale pour comprendre les limites de notre système de surveillance.

    Concrètement ? Si une nouvelle molécule psychoactive apparaît sur le marché – disons une variante du captagon ou n’importe quelle « research chemical » – elle restera invisible tant qu’on n’aura pas développé un test spécifique. Entre-temps, elle peut circuler librement, causer des dégâts, sans qu’aucun laboratoire ne puisse la détecter.

    Les nouvelles armes chimiques du quotidien

    Cette réalité prend une dimension particulièrement inquiétante quand on observe certains phénomènes actuels. Des substances apparaissent, disparaissent, réapparaissent sous d’autres formes. Elles échappent à toute classification, à tout contrôle.

    C’est une sorte d’attaque chimique diffuse, invisible, non revendiquée. Pas besoin d’un laboratoire militaire sophistiqué. Il suffit d’un chimiste créatif et de quelques précurseurs légaux pour créer des molécules inédites aux effets imprévisibles.

    Le terme « drogue » devient même obsolète. Nous parlons de biotechnologies, de nootropiques, de « research chemicals ». Des mots propres qui masquent une réalité crue : nous sommes devenus les cobayes d’une expérimentation chimique à grande échelle.

    L’aveuglement volontaire des autorités

    Face à cette complexité, les autorités sanitaires adoptent une approche qui confine à l’aveuglement volontaire. Elles se contentent d’études standardisées, de protocoles figés, de listes de substances connues.

    Résultat ? Elles courent toujours derrière l’innovation chimique. Quand elles identifient une substance problématique, dix autres ont déjà pris sa place. C’est le jeu du chat et de la souris, mais avec des enjeux de santé publique.

    Cette approche réactive plutôt que proactive nous expose à des risques considérables. Combien de générations de consommateurs servent-elles de test grandeur nature avant qu’on identifie un problème ?

    Vers une nouvelle approche du risque chimique

    Il faut changer de paradigme. Au lieu de chercher à prouver l’innocuité, nous devrions systématiquement évaluer la toxicité potentielle. Au lieu de tester des molécules isolées, nous devrions étudier leurs interactions.

    Cela implique de développer des méthodes de détection plus larges, capables d’identifier des familles de composés plutôt que des substances spécifiques. Cela nécessite aussi une surveillance continue des effets à long terme, pas seulement des tests ponctuels.

    Surtout, cela exige de la transparence. Les industriels doivent publier la composition exacte de leurs produits, pas se contenter de listes d’ingrédients génériques. Comment peut-on évaluer un risque qu’on ne peut pas identifier ?

    Nous naviguons à l’aveugle dans un océan chimique de plus en plus complexe. Il est temps d’allumer quelques phares avant que le naufrage ne soit inévitable. La question n’est plus de savoir si nous découvrirons des problèmes, mais combien de temps il nous faudra pour les voir.

    Pour aller plus loin

    Photo : Ousa Chea / Unsplash

  • Ebola, la fièvre hémorragique qui fait trembler l’Europe
    Ebola, la fièvre hémorragique qui fait trembler l’Europe
    L’épidémie d’Ebola qui frappe l’Afrique de l’Ouest depuis février 2014 constitue la plus grave crise sanitaire de ce type jamais observée. Avec plus de 100 soignants déjà infectés malgré les équipements de protection, un taux de mortalité proche de 90% et l’absence de traitement curatif, cette fièvre hémorragique virale menace désormais de franchir les frontières africaines.

    Pendant que nous débattons de sujets politiques ou économiques, un ennemi invisible progresse inexorablement en Afrique de l’Ouest. Depuis février 2014, la fièvre hémorragique virale Ebola dessine une carte de la terreur qui s’étend jour après jour, défiant tous les modèles épidémiologiques connus.

    Je ne vais pas vous mentir : ce que nous observons aujourd’hui n’a rien à voir avec les précédentes épidémies. Les spécialistes réunis à Londres le résument crûment : « This is the worst Ebola outbreak the world has ever seen. » Et ils ont raison d’être inquiets.

    Une épidémie sans précédent qui échappe à tout contrôle

    Commençons par les faits. Cette souche d’Ebola, apparue en février 2014, se révèle être la plus puissante et résistante jamais observée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un taux de létalité avoisinant les 90%, soit neuf personnes sur dix qui meurent dans d’atroces souffrances.

    La mort par Ebola n’est pas une fin paisible. Le virus provoque des diarrhées massives, une insuffisance rénale et hépatique aiguë, des hémorragies internes et externes. Les victimes se vident littéralement de leur sang par tous les orifices. C’est une agonie que même les médecins les plus expérimentés peinent à décrire.

    Plus inquiétant encore : les épidémiologistes avouent ne plus voir la « chaîne de transmission » dans de nombreux cas. Autrement dit, le virus se propage désormais dans les zones urbaines sans que l’on puisse identifier comment les victimes ont été contaminées. C’est le signe d’une épidémie qui échappe totalement au contrôle sanitaire.

    L’hécatombe du personnel soignant

    Le plus dramatique dans cette crise, c’est l’effondrement du système de santé africain. Plus de 100 soignants, pourtant équipés de matériel de protection moderne, ont déjà été infectés. Parmi eux, le Dr Sheik Umar Khan, seul spécialiste des fièvres hémorragiques de Sierra Leone et responsable de la lutte contre l’épidémie. Il vient de mourir du virus qu’il combattait.

    Quand les médecins meurent, qui soigne les malades ? Au Libéria, par peur de contracter le virus et faute de moyens, des corps sont abandonnés dans les rues. L’effondrement sanitaire entraîne un effondrement social.

    L’impuissance thérapeutique face au virus

    Soyons clairs : à ce jour, il n’existe absolument aucun antidote ni traitement curatif contre Ebola. Aucun. Les équipes médicales ne peuvent que tenter de maintenir les fonctions vitales – hydratation, dialyse, transfusion – en espérant que l’organisme survive assez longtemps pour développer des anticorps.

    Cette impuissance thérapeutique contraste étrangement avec l’annonce récente qu’un vaccin expérimental va être testé sur un patient américain rapatrié. Que les États-Unis disposent soudainement d’un antidote à Ebola, alors qu’aucun traitement efficace n’existe contre le SIDA depuis son apparition, constituerait une « sublime coïncidence » pour reprendre mes propres termes.

    D’ailleurs, certains experts s’interrogent : tester des vaccins expérimentaux sur l’humain pourrait avoir l’effet inverse et aggraver la pandémie. Le risque de manipulation génétique – comme l’hypothèse d’un virus de la grippe modifié pour transporter le matériel génétique d’Ebola – n’est pas à écarter.

    Des modèles mathématiques terrifiants

    Les projections sont glaçantes. Des modèles mathématiques simples donnent le seuil de 1000 morts dans les 12 jours, 10000 morts dans les 72 jours. Ces chiffres, aussi abstraits soient-ils, reflètent une progression exponentielle qui dépasse tout ce que nous avons connu.

    Mais le plus inquiétant n’est pas le nombre de morts en Afrique. C’est la probabilité croissante qu’un porteur du virus franchisse les frontières européennes.

    L’Europe dans la ligne de mire

    Je l’ai écrit et je le maintiens : la probabilité pour qu’un porteur du virus Ebola entre en Europe est à son maximum sur toutes les modélisations prédictives. Et elle ne cesse d’augmenter.

    Chaque jour, j’estime qu’il y a entre 40 et 80 vols au départ des pays touchés par Ebola, transportant potentiellement 10 à 20000 passagers. Parmi eux, combien sont des porteurs sains ? Combien développeront les symptômes en vol ou à l’arrivée ?

    Le scénario cauchemardesque, c’est un passager contaminé dans un avion avec 250 autres personnes confinées dans le même espace pendant des heures. Une fois l’appareil à destination, ces 250 passagers se dispersent dans la nature avant même que les premiers symptômes n’apparaissent.

    L’impossible quarantaine continentale

    Pour garantir zéro contamination Ebola en dehors de l’Afrique, il faudrait mettre le continent en quarantaine. Cela n’arrivera évidemment pas. Le compartimentage sécurisé des pays touchés est absolument impossible en pratique.

    L’Organisation Internationale de l’Aviation Civile envisage certes des restrictions de vols commerciaux, mais ces mesures arrivent tard et restent insuffisantes. Au Nigeria, 30000 personnes ayant transité par l’un des quatre aéroports du pays vont être analysées. Une opération titanesque qui illustre l’ampleur du défi.

    À Hong Kong, une femme en provenance d’Afrique est en quarantaine depuis plusieurs jours, présentant tous les symptômes d’Ebola. À New York, un patient s’est présenté spontanément aux urgences du Mount Sinai Hospital avec une forte fièvre et des troubles gastro-intestinaux après un voyage en Afrique de l’Ouest. Un avion en provenance de Sierra Leone a été placé en quarantaine à Gatwick après la mort subite d’une passagère.

    Ces alertes se multiplient. Certaines sont de fausses alarmes. D’autres pas.

    Le double défi : pandémie et bioterrorisme

    Cette crise soulève deux problématiques distinctes mais liées. D’une part, contenir la pandémie naturelle. D’autre part, prévenir les risques de bioterrorisme que cette situation génère.

    Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le risque de contamination naturelle pourrait être plus faible que le risque bioterroriste qu’il induit. Un virus aussi létal qu’Ebola représente une arme biologique potentielle d’une efficacité redoutable.

    D’ailleurs, New York vient de réaliser la plus importante simulation de risque bioterroriste de son histoire. Une simulation « non programmée » impliquant tous les services d’urgence de la ville. On ne mobilise pas autant de moyens de façon inopinée s’il n’y a pas quelque chose de concret à craindre.

    La sécurisation des laboratoires, enjeu critique

    Les gouvernements doivent absolument maîtriser la sécurisation des laboratoires, sites de décontamination et centres de soins intensifs. Un rapport confidentiel du CBP (Customs and Border Protection) américain montre déjà la porosité des frontières et les risques que cela représente dans le contexte actuel.

    La manipulation d’échantillons d’Ebola à des fins d’étude ou de développement de vaccins multiplie les points de vulnérabilité. Chaque laboratoire devient un risque potentiel de fuite accidentelle ou de détournement malveillant.

    Parallèles troublants avec l’émergence du SIDA

    Une coïncidence me frappe : Ebola est officiellement apparu le 1er septembre 1976 au Zaïre. L’émergence du SIDA est survenue dans les cinq années qui ont suivi. Deux virus mortels, apparus à quelques années d’intervalle sur le même continent.

    Si Ebola devait se comporter à l’avenir comme le SIDA – c’est-à-dire se propager tranquillement dans le monde entier en devenant endémique – nous aurions alors une maladie virale planétaire sans traitement curatif et avec un taux de mortalité de 90%. Le SIDA tue à terme, Ebola tue en quelques jours.

    Officiellement, Ebola n’est pas un virus élaboré par l’homme dans un laboratoire africain et inoculé accidentellement à des chauves-souris. Officiellement. Mais les zones d’ombre persistent sur l’origine exacte de cette souche particulièrement virulente.

    L’Europe face à ses responsabilités

    La première victime de la fièvre hémorragique Ebola, c’est l’Afrique. Dans la foulée, juste derrière, ce sera l’Europe. Cette affirmation n’est pas du catastrophisme, c’est de l’analyse factuelle basée sur les données de propagation disponibles.

    Si Ebola contamine les pays urbanisés d’Europe, nous serons confrontés à des semaines, voire des mois de paralysie profonde. Les systèmes de santé, même les plus développés, ne sont pas dimensionnés pour gérer une épidémie de cette ampleur avec ce niveau de létalité.

    Je préfère personnellement l’application de mesures de précaution très rigoureuses et contraignantes pendant quelques mois, plutôt qu’un carnage. Avec une pandémie au virus Ebola, nous n’avons pas le droit à l’erreur. Le moindre écart sera fatal dans nos sociétés urbanisées et interconnectées.

    Peut-être que nos gouvernements ont raison. Peut-être que la France et l’Europe ont les moyens de faire face une fois que le virus sera là. Mais je préfère ne pas avoir à le vérifier.

    Les gouvernements doivent prendre des mesures immédiates pour aider les héros qui luttent contre Ebola en Afrique. Il faut des moyens, beaucoup de moyens. Car c’est là-bas, maintenant, que se joue notre avenir sanitaire à tous.

    À ce stade, il n’y a officiellement aucun cas de contamination au virus Ebola en Europe. Tout va bien jusqu’à présent. Mais pour combien de temps encore ?

    Sources et références

    Pour aller plus loin

  • Fukushima. Le scénario du pire.

    Quel mauvais coup du sort. En japonais, « fukushima » se traduit par « l’ile du bonheur » (ou « l’ile de la bonne fortune »). L’histoire humaine retiendra hélas une toute autre signification.

    Face à la catastrophe nucléaire japonaise, peut-on continuer à se voiler la face longtemps? Déconseillé aux âmes sensibles.

    En préambule.

    Nous sommes honteux. Nous profitons tous de l’énergie électrique tirée du nucléaire. Nous savons tous, depuis qu’on a compris en quoi consiste vraiment la technologie nucléaire, qu’on allait probablement vivre une « ultime catastrophe nucléaire » un jour ou l’autre. Soyons honnêtes, on se le disait tous, c’est ancré dans l’inconscient collectif, mais on fermait les yeux en n’osant finalement pas y croire. On nous disait « on a pensé au pire, mais ça n’arrivera pas, le nucléaire, c’est vraiment sûr ». D’ailleurs on nous le dit encore. On trouve encore des scientifiques, des politiciens, et même des dirigeants de pays occidentaux venir à la télévision dire « le nucléaire, malgré le Japon, ça reste vraiment sûr, on va augmenter la sécurité, mais on va continuer à exploiter le nucléaire », et c’est vrai : on va continuer à exploiter la technologie nucléaire, car trop stratégique. Aucun pays du monde moderne ne peut s’en passer sans alternative crédible solide (à moins de décroître, ce qui n’est pas au programme).

    Tchernobyl était pourtant, pour les européens, une sorte de signal d’alarme « sans frais » (avec ses 40 morts officiels, ou ses 600000 morts officieux, selon le rapport qu’on veut bien prendre en compte, et qui ne comptabilise pas les morts à venir dans les 100 prochaines années au moins).

    Le véritable impact de Tchernobyl en Europe, c’est probablement des dizaines de millions de gens « plus ou moins contaminés » à un moment, avec un impact « plus ou moins visible » sur leur santé (qui restera à jamais indémontrable), qui vivront « plus ou moins bien » et « plus ou moins longtemps » avec leurs pathologies (cancers de la thyroïde, mais aussi d’autres formes de cancers probablement, et également pathologies cardiaques, diabètes sucré, sinusites dégénérescentes, abcès du cerveau, malformations à la naissance, etc.).

    Du coup, officiellement on ne peut pas dire la vérité sur les conséquences probables de la catastrophe japonaise. Alors évoquons officieusement l’improbable. Chacun retournera à ses occupations ensuite, ou pas, n’est-ce pas.

    Les faits.

    À la date du 23 mars 2011, ce ne sont pas seulement 3 réacteurs de la centrale de Fukushima Dai-ichi qui présentent un risque nucléaire majeur critique (ce qui est déjà impensable, et ingérable), mais bien 7 réacteurs en situation d’urgence nucléaire, avec ceux des centrales de Tokaï et de Onagawa. C’est un scénario rarement envisagé même dans les pires publications apocalyptiques de science-fiction. Sur place, ils sont entrés dans une phase dite « procédure ultime », c’est un peu le « sauve-qui-peut » en matière de gestion de crise nucléaire : faire tout ce qui est imaginable immédiatement pour préserver au maximum les retombées sur les populations et sur l’environnement.

    Dans ce type de problématique, ce n’est pas tant l’explosion des enceintes autour des réacteurs qui pose problème, mais c’est en réalité l’instabilité des « piscines à combustibles » qui contiennent plus de 100 tonnes de matériel nucléaire hautement toxique, souvent usagé, stocké « en attente de retraitement ». Certains de ces matériaux sont du MOX (« Mélange d’Oxydes »), un combustible nucléaire parmi les plus toxiques. L’ironie de l’histoire c’est que la centrale de Fukushima venait de démarrer l’exploitation de ce combustible un mois avant la catastrophe.

    La prospective.

    Fukushima, c’est évidemment plus grave que Three Mile Island, c’est aussi bien plus grave que Tchernobyl. Qui peut croire le contraire? Je peux faire simple. En matière de catastrophe, on ne connait pas pire risque que les potentiels ravages du nucléaire sur notre planète, et on a pas connu pire catastrophe sur terre dans l’histoire humaine récente. Mais la population du monde ne le voit pas encore sous cet angle. C’est voulu bien sûr. Sinon la panique serait de nature à constituer la prochaine catastrophe à gérer. D’ailleurs, il suffit de regarder les choses en face. On ne parle déjà plus du tremblement de terre de magnitude 9. On ne parle même plus du tsunami produisant une vague géante de 10m, déferlant à 300km/h sur une centaine de km de côtes japonaises et noyant tout sur une bande de 5km de large dans les terres. On ne parle que de la catastrophe nucléaire. On a clairement franchi un nouveau « gap ».

    Que peut-on dire aux japonais? Savent-ils que dans les mois qui viennent, une zone d’exclusion permanente autour de la centrale de Fukushima, d’un rayon de 20 à 80km va peut-être couper le pays en deux, à jamais? Savent-ils que le Japon est probablement condamné à un destin sombre, par l’irradiation continue qui va durer encore des semaines, des mois, des années… probablement des siècles? Les japonais savent-ils qu’ils vont être considérés « indésirables » dans tous les aéroports du monde, et que tout ce qu’ils produiront ne pourra quasiment plus être exporté, faute de clients craignant de s’approvisionner en produits contaminés? Savent-ils que toutes leurs cultures végétales seront suspectes pour des dizaines et des dizaines d’années? Que leurs poissons seront probablement impropres à la consommation humaine? Savent-ils que même leurs technologies électroniques ne les sauveront probablement pas cette fois? Nul ne peut prédire quel sera l’avenir du peuple japonais, mais on est à peu près certain qu’ils traverseront des moments très dramatiques. Leur gouvernement aura bien du mal à relever le défi de l’après Fukushima, car Fukushima n’est pas Hiroshima, c’est une autre histoire.

    Pire. Si par malheur le japon était à nouveau frappé par une réplique sismique suffisamment sérieuse pour endommager davantage les infrastructures des réacteurs, les conséquences pourraient précipiter la population humaine dans un processus d’extinction. Et la terre bouge là bas en permanence, il ne se passe quasiment pas un jour sans qu’une secousse magnitude 5 au moins ne soit enregistrée depuis le 11 mars 2011.

    Alors, maintenant, que peut-on dire aux populations humaines partout sur la planète?

    Fukushima, ce sont plusieurs réacteurs nucléaires, probablement entrés en fusion, ou en situation d’entrer en fusion. Aucune technologie humaine ne peut interrompre ou atténuer sérieusement ce phénomène physique « incontrôlable », sûrement pas une technologie consistant à refroidir les combustibles avec de l’eau de mer. Concrètement, ça ne va pas exploser. On ne va probablement pas voir un champignon nucléaire. On va assister à la fusion du combustible, à une température de 2000°, qui va se transformer en lave, le corium. Ce matériel en fusion va probablement transpercer la cuve en acier et traverser les fondations en béton avant de se refroidir un peu plus en profondeur. Ensuite, pendant plusieurs centaines d’années, l’endroit sera une « source radioactive », la plus nocive sur terre.

    De toute évidence, de cette source radioactive (et je parle bien de source « active ») vont se dégager en permanence des éléments radioactifs, dégagés dans l’air au dessus des réacteurs qui auront fondu, à partir de ce « cimetière nucléaire ».

    À noter là une différence avec la catastrophe de Tchernobyl. Là bas, le coeur a explosé pendant qu’il était en activité. D’un coup, tout le combustible s’est dispersé instantanément dans un rayon proche du coeur (et a été ramassé et rassemblé par ceux qu’on appelait les « liquidateurs »). À Fukushima, les coeurs n’ont pas (encore) explosé, ils sont arrêtés techniquement depuis le tremblement de terre, mais les combustibles ne sont plus refroidis, et c’est le processus de fusion, puis de lave active qu’on redoute le plus (car comme évoqué plus haut, aucune technologie humaine ne permet d’en venir à bout à ce jour).

    On craint donc que les coeurs de la centrale de Fukushima deviennent (ou ne soient déjà) chacun une source radioactive incontrôlable, « à l’air libre ». Impensable, incroyable, mais vrai.

    Objectivement, la radioactivité qui va se répandre immédiatement dans l’environnement au Japon, puis par les vents des hautes altitudes (courant-jet ou « jet stream » d’ouest en est) vont inévitablement contaminer toute la planète.

    Depuis le Japon, les courants aériens susceptibles de transporter les rejets hautement toxiques traversent le Pacifique, puis le territoire des États-Unis, puis l’Atlantique pour atteindre l’Europe et la Russie en moins d’une dizaine de jours seulement, et continuellement.

    Durant tout ce trajet, les particules radioactives vont se diluer dans les masses d’air, puis retomber progressivement pour contaminer l’immense majorité de l’environnement. Je préfère être clair à ce sujet : quand je parle de dilution, je ne parle pas de diminution du risque radioactif, ou de réduction de l’intensité de la toxicité. Les particules radioactives, bien que diluées dans la masse, ne perdent en aucun cas leur potentiel hautement radioactif, pour des dizaines, voire des centaines d’années.

    Les scientifiques le savent mieux que nous, d’infimes particules radioactives suffisent pour contaminer un homme, un animal ou leur nourriture. Personne ne dit rien, car il n’y a rien à dire, on a déjà tout compris. Si l’environnement est contaminé localement, même « en infime quantité avec un risque nul pour les populations » (dixit les autorités), on sait aussi qu’une infime quantité suffirait à nous contaminer.

    Pour conclure.

    On ne va pas arrêter rapidement le processus nucléaire en cours à la centrale de Fukushima (que ce soit concernant la fusion éventuelle des réacteurs, ou des combustibles stockés en piscine), pendant encore longtemps des éléments radioactifs vont se répandre massivement dans l’environnement, et continuellement des « nuages radioactifs » traverseront des zones habitées par des humains, des animaux et leur nourriture.

    On a pas fini d’en parler. Bien que le nucléaire semblait magique sur le papier il y a encore quelques dizaines d’années, plus tôt nous aurons imaginé et développé une technologie alternative, plus tôt nous éviterons encore pire situation que ce que nous sommes en train de subir.

    S’il fallait un signe pour comprendre que nous metions l’humanité en danger, cette fois nous l’avons.

  • Grippe aviaire : que va-t-il se passer?

    L’Organisation Mondiale de la Santé est très claire et se fait insistante : une pandémie humaine de grippe aviaire est hautement probable, la question est désormais plus de savoir quand elle aura lieu que de savoir si elle aura bien lieu. L’O.M.S. exhorte tous les pays à prendre toutes les dispositions nécessaires et les mesures de précaution, en urgence.

    L’enjeu est majeur, puisqu’en cas d’épidémie humaine, les estimations les plus basses en pertes humaines font état de dizaines de millions de morts, alors que les spécialistes raisonnent plutôt en centaines de millions.

    La dernière épidémie aviaire (également appelée « grippe espagnole ») avait fait 20 millions de morts à la fin de la première guerre mondiale. Le virus de l’époque était moins « nocif » et moins violent que le H5N1 actuel, la population humaine était moins importante, moins dense et beaucoup moins mobile, et le contexte était nettement moins favorable qu’aujourd’hui à une pandémie majeure.

    La grippe aviaire A (H5N1) est une maladie virale plutôt bien connue, très ancienne, qui ne concerne en principe que les volailles. En janvier 2004, l’O.M.S. indique avoir détecté la présence du virus grippal aviaire H5N1 chez trois patients décédés d’une affection respiratoire aiguë en décembre 2003 et début janvier 2004 au Viet Nam. Tous les gènes séquencés étaient d’origine aviaire, ce qui suppose que le virus responsable du décès des trois cas confirmés n’avait pas encore acquis de gènes du virus grippal humain, mais que sa forme aviaire était transmissible à l’homme. Le virus H5N1 est hautement pathogène, ce qui signifie qu’il se transmet sans difficultés, lorsqu’il est présent dans l’air, ou lorsque l’on est en contact avec des entités contaminées.

    Entre fin 2003 et novembre 2005, l’O.M.S. compte officiellement 66 décès, tous dûs au virus grippal aviaire H5N1.

    Toute la question d’une pandémie de grippe aviaire repose sur l’hypothèse hautement probable d’une mutation du virus grippal H5N1 dans une forme humaine, offrant alors des possibilités de contamination interhumaine, en plus de ses capacités interanimales.

    Une contamination animale mondiale est malheureusement très réaliste du fait des mouvements migratoires (les oiseaux migrateurs sont les parfaits vecteurs transcontinentaux et transnationaux de grippe aviaire).

    En clair et pour faire simple, le virus grippal aviaire A (H5N1) est hautement pathogène, il se propage sous cette forme aux animaux prioritairement (volailles, porcs, etc. ce qui nécessite malheureusement des décontaminations massives lorsque des foyers sont détectés), mais depuis peu se transmet également aux hommes provoquant pour le moment de rares décès. Si comme le pressentent les spécialistes, le virus grippal aviaire H5N1 persiste à muter en devenant un virus grippal combinant des gènes aviaires et humains, nous serons alors dans le scénario le plus critique, puisque les animaux et les humains seront concernés et les décès par affections respiratoires aiguës se compteront nécessairement par millions au mieux, du fait des contaminations interhumaines. Faut-il ajouter ici que les scientifiques n’ont presque plus aucun doute sur le fait que ce virus soit en mesure de muter dans sa forme la plus critique, c’est à dire humaine, en quelques mois.

    Nous ne savons pas très bien combien de temps il faudra pour trouver et produire un vaccin efficace dans le cas d’une éventuelle contamination humaine, probablement plusieurs mois. On parle beaucoup du Tamiflu, un antiviral connu comme très efficace dans le cas des grippes humaines « classiques ». Le monde entier se jette sur ce médicament, à tel point que le laboratoire Roche, seul agréé par le propriétaire de la molécule (la société Gilead aux USA), ne parvient pas à répondre à la demande sur le plan quantitatif.

    En octobre 2005, on apprend que le virus aviaire H5N1 résisterait au Tamiflu, puis début novembre 2005, on nous explique qu’un laboratoire américain (le Adventist Medical Center de Portland, en Oregon par la voix du Dr Joseph Howton) a mis en évidence que le Tamiflu, combiné à un autre médicament (le Probénécide, connu sous les marques Benuryl et Benemid) doublerait l’efficacité d’une dose de l’antiviral, ce qui serait utile en cas de rupture de stock de Tamiflu.

    On pourrait encore palabrer des heures sur le H5N1, on pourrait retracer son histoire, se demander comment tout cela a pu arriver, et pourquoi subitement toute la planète est concernée. Je vais même jusqu’à évoquer des pistes crédibles, mais impossible à vérifier, bien au delà des pistes naturelles. Le virus H5N1 était-il développé par les militaires? Des terroristes sont-ils à l’origine de l’épidémie de grippe aviaire qui trouve naissance en Asie? Comme l’évoquait un rapport de l’institut Pasteur sur l’utilisation des armes biologiques, l’impact terroriste n’est pas nécessairement lié au nombre de victimes. Un tout petit nombre de cas signalés et confirmés, amplifié par la rumeur, peut déclencher une grande inquiétude et un climat anxiogène dans la population humaine. Et que dire de l’implication inattendue du très controversé Donald Rumsfled, qui se trouve être un des dirigeants de la société Gilead, propriétaire de la molécule du Tamiflu, présenté comme l’unique remède à l’épidémie de grippe aviaire? Nous pourrions polémiquer des jours entiers, nous ne parviendrions probablement pas à éclairer tous les points obscurs de ce dossier si complexe. Restons simplement concentrés sur les faits avérés et les probabilités de faits à venir.

    De mon point de vue, et compte tenu de l’analyse objective que j’ai pu faire de la situation connue, une épidémie de grippe aviaire H5N1 qui aura muté dans une forme interhumaine me semble inévitable à une échéance rapprochée. On ne doit donc pas reprocher aux gouvernements d’utiliser le principe de précaution pour prévenir le risque, toute mesure jugée utile doit être prise. Néanmoins, ce qui est autant curieux qu’inquiétant, c’est que les stocks de vaccins sont principalement destinés aux pays riches et puissants en Europe, ainsi qu’aux USA, au Canada, au Japon, en Israël, etc. Les populations de ces pays sont potentiellement mieux sécurisées.

    Qui se préoccupe de la Russie, de l’Amérique du Sud, de l’Asie du Sud et encore du continent africain? J’ai appris qu’en Chine, la molécule du Tamiflu était reproduite illégalement, plus ou moins à l’identique qualitativement, une contrefaçon en quelque sorte, pour subvenir à l’immense besoin du pays. La société Gilead et le laboratoire Roche n’apprécieraient pas.

    Une fois la contamination interhumaine avérée, les conséquences seront absolument catastrophiques, puisqu’il y aura probablement effectivement des millions de décès avant qu’un vaccin opérationnel puisse être déployé dans toutes les populations. Tous les pays seront potentiellement touchés, y compris et surtout sur les continents européen, asiatique et américain, même si c’est là qu’on pourra le mieux faire face.

    Les difficultés auxquelles nous seront exposés seront inextricables. L’économie globale sera anéantie, ou au moins profondément altérée. Les marchandises et les hommes ne circuleront plus. L’accès à la nourriture sera rendu très compliqué et très réglementé.

    Les conséquences économiques d’une pandémie humaine sont impossibles à évaluer tant elles paraîtront surréalistes et hors de portée, même aux meilleurs économistes.

    L’activité économique des pays atteindra des niveaux dramatiquement bas du fait de l’angoisse des gens, ne serait-ce que pour se rendre à leur travail, quand leur entreprise ne sera pas purement et simplement fermée. Le système financier ne pourra pas résister longtemps à un phénomène d’une ampleur aussi gigantesque, un phénomène qui peut s’installer pendant plusieurs mois, peut-être même 2 ou 3 ans avant d’être à peu près stabilisé sur le plan médical.

    L’impact social sera intéressant à observer. On pourrait penser qu’une pandémie séparerait les peuples durablement en les laissant à l’écart les uns des autres, sans contact, mais les technologies de communication, avec l’internet en tête, pourraient bien atténuer la distance, au moins virtuellement. Les gens continueront à communiquer et resteront probablement liés, du fait de leur dépendance aux technologies. Ces technologies qui pourraient bien constituer un socle de base à un nouveau départ, même si un retour « aux sources » est aussi très probable.

    Mon but n’est pas de dramatiser davantage une situation qui est déjà très tendue et très discutée partout, ni de chercher à faire peur. En matière de prospective, je tente de rester objectif et réaliste en tenant compte d’une très grande quantité de paramètres et d’informations décryptées, j’aimerai pouvoir écrire ici que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », et que nous vivons dans le meilleur des mondes. Je ne peux pas écrire cela, simplement parce que ce n’est pas la vérité. Ce ne serait pas vrai non plus d’écrire qu’une pandémie de grippe aviaire aurait un impact limité sur les populations, et que cela ne troublerait pas profondément notre quotidien, et notre manière de vivre.

    Nous pourrions diminuer le risque d’une pandémie de grippe d’origine aviaire en limitant immédiatement nos déplacements locaux et internationaux et en portant des masques filtrants lors de nos déplacements habituels, en privilégiant une nourriture à base d’aliments sécurisés, en évitant le contact animal et surtout en limitant nos échanges avec l’Asie pour un temps.

    Nous ne devons surtout pas sombrer dans une psychose terrifiante, mais il faut que nous soyons tous vigilants et prêts.

    Pour finir, et si vous êtes assez large d’esprit, vous pourriez alors vous permettre de lire ce qui suit.

    En effet, une nouvelle question terrible et troublante me vient à l’esprit. Une dépopulation massive, rapide et sélective de la planète, n’est-ce pas ce qui pourrait sauvegarder à coup sûr l’espèce humaine? Je préfère me forcer à croire que l’épidémie qui s’annonce est naturelle, elle trouvera alors une solution naturelle.