Catégorie : GÉOPOLITIQUE

  • Jordan Bardella, l’héritier qui va dévorer sa maîtresse
    Jordan Bardella, l’héritier qui va dévorer sa maîtresse
    Jordan Bardella, favori des sondages mais fragilisé par une baisse de 6 points au premier tour des dernières projections, est au cœur d’une bataille générationnelle au sein du Rassemblement National. Entre la vieille garde lepéniste, les ambitions de Sarah Knafo et les calculs du pouvoir macroniste, le jeune président du RN doit naviguer dans un paysage politique miné. Son ascension fulgurante pourrait bien se retourner contre lui – ou contre celle qui l’a porté.

    Le syndrome de l’élève qui dépasse la maîtresse

    Je me souviens de ma première rencontre avec Jordan Bardella, en 2019, dans les couloirs du Parlement européen. Il avait cette façon de parler de Marine Le Pen avec une déférence presque filiale, tout en glissant des formules politiques d’une maturité déconcertante pour ses 23 ans. Aujourd’hui, six ans plus tard, le rapport de force a changé. Insidieusement. Inexorablement.

    Les chiffres sont têtus : selon les dernières projections publiées par Le Parisien le 13 décembre 2025, Bardella perd 6 points au premier tour par rapport aux précédentes estimations. 6%. Le détail qui tue. Surtout quand on sait que trois ou quatre candidats supplémentaires pourraient l’empêcher de se qualifier pour le second tour. Bref.

    Mais ces 6% ne sont pas qu’un chiffre. Ils racontent une histoire : celle d’un jeune homme qui grandit trop vite, dans l’ombre d’une figure tutélaire qui refuse de lâcher prise. Marine Le Pen a construit sa carrière sur la rupture avec son père. Bardella, lui, devra-t-il rompre avec sa « marraine » politique pour exister pleinement ?

    « Hélas pour Marine, le petit Jordan deviendra grand et comme tout élève il va dépasser sa maîtresse. »

    Ce n’est pas moi qui le dis. C’est une évidence que murmurent désormais les cadres du RN, entre deux portes. Le système – ce fameux « système » que le RN dénonce à longueur de discours – a besoin de sang neuf. Et Bardella en est l’incarnation parfaite : jeune, télégénique, propre sur lui. Le visage lisse d’une extrême droite qui veut se normaliser sans se renier. De toute évidence, le pouvoir macroniste l’a compris avant tout le monde.

    La stratégie du piège à loup

    Gabriel Attal ou Jordan Bardella ? En décembre 2025, la question n’est plus théorique. Le premier ministre sortant et le président du RN s’observent comme deux fauves dans la même cage. Sauf que la cage, c’est la France. Et que les barreaux sont ceux d’un système électoral qui favorise les duels simplistes.

    Je vais vous dire une chose : le pouvoir actuel a tout intérêt à ce que Bardella soit le candidat du RN en 2027. Pourquoi ? Parce qu’un Bardella à 38 ou 42% au premier tour, c’est un Attal assuré de gagner au second. Le calcul est cynique, mais imparable. Le jeune président du RN représente une menace bien plus facile à contenir qu’une Marine Le Pen expérimentée, ou qu’une Sarah Knafo imprévisible.

    Les dernières déclarations de Bardella sur LCI, le 18 décembre, sont révélatrices. Quand on lui demande s’il comprend les « attentes des Français », il répond par des éléments de langage rodés, sans jamais sortir du cadre. Comme s’il ne maîtrisait pas encore les codes de la transgression contrôlée qui ont fait le succès du lepénisme. Comme s’il était encore en train d’apprendre son rôle. Bref.

    Le piège se referme. Plus Bardella monte dans les sondages, plus il devient une cible facile pour le pouvoir. Plus il incarne l’avenir du RN, plus il hérite des casseroles du passé. Et plus il se rapproche du second tour, plus les électeurs de droite modérée se demandent s’ils ont vraiment envie de lui confier les clés de l’Élysée.

    Le spectre de Sarah Knafo

    Ah, Sarah Knafo. La grande oubliée de cette équation. Pourtant, son ombre plane sur toute cette histoire. Imaginez un scénario catastrophe pour Bardella : un premier tour où il affronte non seulement Marine Le Pen, mais aussi Knafo en candidate dissidente. Les projections sont cruelles : 28% pour Bardella, 9% pour Knafo. Soit 37% pour la droite nationaliste… divisée en trois.

    Le pire ? Personne ne sait vraiment ce que veut Knafo. Est-elle une candidate sérieuse, ou une arme de division massive ? Une rivale, ou une alliée déguisée ? Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, on murmure qu’elle prépare un coup. Un vrai. Pas une simple candidature de témoignage, mais une opération destinée à siphonner les voix de Bardella pour mieux rebattre les cartes.

    Je vais être franc : si Knafo se présente, elle ne le fera pas pour gagner. Elle le fera pour exister. Pour forcer Bardella à composer avec elle. Pour rappeler à Marine Le Pen qu’elle n’est plus la seule à décider du destin du RN. Et dans ce jeu-là, Bardella est perdant d’avance. Parce qu’il devra choisir entre deux options impossibles : s’allier avec Knafo et trahir Le Pen, ou la combattre et perdre des voix au premier tour.

    La chute des idoles et la fin des illusions

    Marine Le Pen a cru dur comme fer qu’elle pourrait contrôler l’ascension de Bardella. Qu’elle pourrait en faire un dauphin docile, un héritier fidèle. Elle a oublié une règle simple de la politique : les dauphins finissent toujours par mordre.

    Regardez les chiffres. En 2022, Bardella était crédité de 18% au premier tour. En 2025, il frôle les 30%. Mais cette ascension fulgurante a un prix : l’usure. Les électeurs commencent à le connaître. À le trouver trop lisse. Trop calculé. Trop « système », justement. Et quand un candidat du RN commence à ressembler au système qu’il combat, c’est qu’il est déjà en train de perdre.

    Le vrai danger pour Bardella, ce n’est pas la baisse des sondages. C’est l’ennui. La lassitude des électeurs face à un visage qui, après trois ans de médiatisation intensive, n’a plus rien de nouveau. La politique française adore les étoiles filantes. Elle déteste les planètes qui tournent en rond.

    Et puis, il y a cette question qui fâche : Bardella est-il vraiment prêt ? A-t-il l’épaisseur nécessaire pour affronter un second tour ? Pour gérer une crise internationale ? Pour incarner la France face à Poutine, Biden ou Xi Jinping ? Les doutes sont là. Et ils grandissent.

    Le scénario catastrophe : et si Bardella ne passait pas ?

    Imaginez. Premier tour de la présidentielle 2027. Gabriel Attal arrive en tête avec 26%. Derrière lui, une droite éclatée : Éric Zemmour à 12%, Valérie Pécresse à 10%, et… Jordan Bardella à 22%. Juste derrière. Trop juste. Parce que dans ce scénario, Marine Le Pen est à 8% et Sarah Knafo à 6%. Soit 14% pour le RN historique et ses dissidences.

    Résultat ? Bardella est éliminé. Le RN explose. Et la droite française se retrouve face à un choix impossible : rallier Attal ou s’allier avec Zemmour. Bref, le cauchemar absolu pour les électeurs de droite.

    Ce scénario n’est pas une fiction. C’est une possibilité très réelle, que les dernières projections rendent de plus en plus crédible. Et si Bardella ne passe pas le premier tour, ce ne sera pas seulement un échec personnel. Ce sera la fin d’une illusion : celle d’un RN enfin capable de rassembler au-delà de sa base traditionnelle.

    Pire encore : ce serait la preuve que le lepénisme, même rajeuni, même modernisé, reste un courant politique incapable de fédérer. Une impasse électorale. Une voie sans issue.

    Que reste-t-il du RN après Bardella ?

    La question mérite d’être posée. Si Bardella échoue, que devient le Rassemblement National ? Marine Le Pen aura-t-elle encore la légitimité pour rebondir ? Les cadres du parti oseront-ils enfin tourner la page ?

    Une chose est sûre : le RN ne peut pas se permettre un nouvel échec. Après la défaite de 2022, après les divisions de 2024, un nouveau fiasco en 2027 signerait la fin du parti tel qu’on le connaît. Et dans ce cas, deux options se profilent : soit une radicalisation accrue, avec un retour aux fondamentaux frontistes, soit une refondation complète, avec de nouveaux visages et de nouvelles idées.

    Mais dans les deux cas, Bardella aura joué un rôle clé. Celui du fossoyeur malgré lui. Celui qui, en échouant, aura révélé les limites d’un mouvement politique à bout de souffle.

    Alors, que va-t-il se passer dans les prochains mois ? Une chose est certaine : le spectacle promet d’être aussi cruel que fascinant. Entre les calculs de Marine Le Pen, les ambitions de Sarah Knafo et les pièges tendus par le pouvoir, Jordan Bardella est pris dans une nasse dont il aura du mal à s’échapper.

    Bref. On va trop bien rigoler.

    Conclusion : l’héritage empoisonné

    Jordan Bardella est aujourd’hui à la croisée des chemins. Il peut devenir le premier président du RN à accéder au second tour. Ou il peut être celui qui aura précipité la fin du parti. Entre ces deux extrêmes, il n’y a pas de place pour la demi-mesure.

    Ce qui est sûr, c’est que son ascension a déjà changé la donne. En quelques années, il a transformé le RN en une machine électorale redoutable, capable de séduire bien au-delà de son électorat traditionnel. Mais il a aussi révélé les failles d’un mouvement qui reste prisonnier de son histoire, de ses divisions et de ses contradictions.

    Marine Le Pen a cru faire de Bardella son héritier. Elle a peut-être créé son bourreau. Car dans cette histoire, il n’y a pas de place pour deux. Soit Bardella dépasse sa maîtresse, soit il se noie avec elle. Et dans les deux cas, le RN ne sortira pas indemne de cette bataille.

    Alors, Bardella deviendra-t-il un homme ? Ou restera-t-il à jamais le petit garçon de Marine ? La réponse se jouera dans les urnes, en 2027. Mais une chose est certaine : le compte à rebours a déjà commencé.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • Charles Gave, ce mérite enfin reconnu qui nous rappelle l’essentiel
    Charles Gave, ce mérite enfin reconnu qui nous rappelle l’essentiel
    Charles Gave fête en cette fin 2025 une reconnaissance tardive mais méritée. Derrière les félicitations et les remerciements qui lui sont adressés se cache l’histoire d’un économiste iconoclaste, dont les analyses ont souvent dérangé les conformismes. Son parcours rappelle que la réussite ne se mesure pas seulement en succès immédiats, mais en cohérence sur le long terme.

    Un homme qui a osé dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas

    Charles Gave n’a jamais été du genre à suivre les sentiers battus. Depuis les années 1980, cet économiste et entrepreneur a bâti sa réputation sur une capacité rare : celle de décrypter les mécanismes économiques avec une clarté déconcertante, quitte à bousculer les dogmes établis. Ses prises de position sur l’euro, la dette publique ou les politiques monétaires ont souvent été qualifiées de « provocatrices » par ses détracteurs. Pourtant, force est de constater qu’elles ont souvent anticipé des crises que d’autres refusaient de voir venir.

    Je me souviens d’une conférence à Paris en 2012, où il avait osé déclarer devant une salle médusée : « L’euro est une monnaie sans État, et un État sans monnaie est une prison. » À l’époque, cette phrase avait été accueillie par des rires nerveux. Treize ans plus tard, alors que les débats sur la souveraineté monétaire ressurgissent avec une acuité nouvelle, ses analyses semblent presque prophétiques. Bref.

    Ce qui frappe chez Gave, c’est cette capacité à rester fidèle à ses convictions, même lorsque le vent tourne. Dans un monde où les intellectuels publics sont souvent tentés par le confort des consensus, lui a choisi la voie de l’indépendance. Une indépendance qui a un prix : celui de l’isolement médiatique, des critiques acerbes, et parfois même de l’oubli. Jusqu’à aujourd’hui.

    Pourquoi remercier Charles Gave en 2025 ?

    Le message « Merci Charles Gave », qui a circulé ces dernières semaines sur les réseaux sociaux, n’est pas un simple hommage de courtoisie. Il résonne comme une reconnaissance collective pour un travail de fond, souvent ignoré en son temps. Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi cette vague de gratitude en cette fin d’année 2025 ?

    Plusieurs éléments expliquent ce phénomène. D’abord, le contexte économique actuel. Après des années de politiques monétaires ultra-accommodantes, de dettes publiques abyssales et de tensions géopolitiques croissantes, les thèses de Gave sur les limites du keynésianisme et les dangers de l’endettement chronique trouvent un écho inédit. Ses livres, comme Libéral mais non coupable ou L’État est mort, vive l’État !, sont relus avec un intérêt renouvelé. Comme si, soudain, le monde avait rattrapé ses idées.

    Ensuite, il y a cette lassitude générale face aux experts autoproclamés, ces « petits faiseux » qui ont trusté les plateaux télé pendant des années sans jamais voir venir les crises. Gave, lui, a toujours refusé ce jeu-là. Il n’a jamais cherché à plaire, seulement à comprendre. Et aujourd’hui, alors que la défiance envers les élites n’a jamais été aussi forte, cette posture d’intellectuel intransigeant apparaît comme une bouffée d’oxygène.

    Enfin, il y a cette dimension humaine, trop souvent négligée. Charles Gave n’est pas seulement un économiste : c’est un entrepreneur, un investisseur, un homme qui a pris des risques toute sa vie. Son parcours rappelle que la réussite ne se mesure pas seulement en diplômes ou en postes prestigieux, mais en capacité à rester debout malgré les tempêtes. En 2025, alors que la France traverse une période de doute économique et identitaire, ce message résonne particulièrement.

    L’héritage invisible : ces idées qui ont changé la donne

    Si Charles Gave est aujourd’hui remercié, c’est aussi pour son rôle dans la diffusion d’idées qui, sans lui, seraient peut-être restées confidentielles. Prenez la question de la dette publique, par exemple. Pendant des années, il a été l’un des rares à alerter sur le fait que la France vivait au-dessus de ses moyens, et que cette fuite en avant aurait un prix. Aujourd’hui, alors que la dette française dépasse les 120 % du PIB, ses avertissements semblent moins « extrémistes » et plus « réalistes ».

    Autre exemple : sa critique de l’euro. Là encore, Gave a été l’un des premiers à pointer du doigt les déséquilibres structurels de la monnaie unique, notamment entre les économies du Nord et du Sud de l’Europe. Ses analyses, jugées « eurosceptiques » à l’époque, sont aujourd’hui reprises par des économistes de tous bords, y compris au sein des institutions européennes. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le débat a évolué.

    Mais son héritage ne se limite pas à l’économie. Gave a aussi été un précurseur dans sa façon d’aborder les questions de souveraineté, de liberté individuelle et de responsabilité personnelle. Dans un monde où l’État-providence est souvent présenté comme la seule solution, il a constamment rappelé que la liberté économique était indissociable de la liberté tout court. Une idée qui, en 2025, trouve un écho particulier alors que les débats sur l’autonomie des individus et des nations reviennent en force.

    Le bonheur, cette réussite qui ne s’affiche pas

    Dans son message du 31 décembre 2025, Charles Gave adresse ses vœux pour l’année à venir : « Je vous souhaite une excellente santé, beaucoup de bonheur et bien sûr de la réussite. » Une formule simple, presque banale, mais qui en dit long sur sa vision des choses. Car chez Gave, la réussite ne se mesure pas en likes, en titres ou en comptes en banque. Elle se mesure en liberté, en cohérence et en capacité à regarder l’avenir sans peur.

    Cette insistance sur le bonheur n’est pas anodine. Dans une société obsédée par la performance et la visibilité, Gave rappelle que les vraies réussites sont souvent discrètes. Combien d’entre nous ont connu des échecs publics avant de trouver leur voie ? Combien ont été moqués avant d’être compris ? Le bonheur, pour lui, n’est pas l’absence de difficultés, mais la capacité à les surmonter sans renier ses valeurs.

    Je me souviens d’une anecdote qu’il racontait souvent : celle d’un entrepreneur qui, après avoir tout perdu, avait reconstruit son empire en partant de zéro. « La réussite, disait Gave, ce n’est pas de ne jamais tomber. C’est de savoir se relever. » En 2025, alors que les incertitudes économiques et géopolitiques pèsent sur les esprits, ce message prend une résonance particulière. Il rappelle que la résilience est une compétence, et que le bonheur se construit aussi dans l’adversité.

    Et si le vrai mérite était simplement de durer ?

    Charles Gave a aujourd’hui plus de 80 ans. Un âge où beaucoup auraient choisi de se retirer, de profiter d’une retraite bien méritée. Lui, continue de publier, de débattre, de provoquer. Comme si le temps n’avait pas de prise sur lui. Cette longévité intellectuelle force l’admiration, car elle est le fruit d’un travail acharné, d’une curiosité jamais rassasiée, et d’un refus obstiné de se laisser enfermer dans des cases.

    Dans un monde où tout s’accélère, où les carrières se mesurent en années plutôt qu’en décennies, Gave incarne une forme de résistance. Une résistance contre l’obsolescence programmée des idées, contre la dictature de l’instant, contre cette tendance à jeter ce qui ne rapporte pas immédiatement. Son parcours rappelle que les vraies réussites se construisent sur le long terme, et que le mérite ne se mesure pas seulement en succès visibles, mais en persévérance silencieuse.

    Alors oui, en cette fin d’année 2025, il est temps de dire merci à Charles Gave. Pas seulement pour ses idées, mais pour ce qu’il représente : une certaine idée de l’intégrité, de la liberté et de la réussite. Une idée qui, espérons-le, inspirera les générations futures.

    Pourquoi cette reconnaissance arrive-t-elle maintenant ?

    La question mérite d’être posée : pourquoi Charles Gave est-il soudainement célébré en 2025, alors que ses idées circulent depuis des décennies ? Plusieurs hypothèses peuvent être avancées.

    D’abord, il y a l’effet de génération. Les jeunes entrepreneurs et intellectuels d’aujourd’hui, ceux qui ont grandi avec les crises financières de 2008 et 2020, sont moins sensibles aux dogmes keynésiens que leurs aînés. Ils cherchent des réponses alternatives, et trouvent dans les écrits de Gave des analyses qui résonnent avec leurs propres expériences. Son discours sur la responsabilité individuelle, par exemple, parle particulièrement à une génération qui a grandi avec l’idée que l’État ne pourrait pas tout résoudre.

    Ensuite, il y a l’effet de contexte. En 2025, la France traverse une période de remise en question profonde. La dette publique, les tensions sociales, les défis énergétiques : autant de sujets sur lesquels les recettes traditionnelles semblent avoir atteint leurs limites. Dans ce contexte, les idées de Gave sur la souveraineté monétaire, la liberté économique et la responsabilité individuelle apparaissent moins comme des provocations et plus comme des pistes sérieuses. Comme si, soudain, le monde avait rattrapé sa pensée.

    Enfin, il y a cette dimension humaine, trop souvent négligée. Charles Gave n’a jamais été un intellectuel enfermé dans sa tour d’ivoire. C’est un homme qui a vécu, qui a pris des risques, qui a connu des échecs et des succès. Cette authenticité parle aux gens. Dans une époque où les experts sont souvent perçus comme déconnectés de la réalité, Gave incarne une forme de crédibilité qui ne s’invente pas.

    Et demain ?

    Alors que nous approchons de 2026, une question se pose : cette reconnaissance tardive va-t-elle changer quelque chose ? Va-t-elle inciter les décideurs à repenser leurs politiques économiques ? Va-t-elle inspirer une nouvelle génération d’intellectuels à oser penser différemment ?

    Rien n’est moins sûr. Les systèmes ont une inertie formidable, et les idées nouvelles mettent souvent des décennies à s’imposer. Mais une chose est certaine : Charles Gave a ouvert des brèches. Il a montré qu’il était possible de penser en dehors des sentiers battus, et que la liberté intellectuelle était une valeur qui méritait d’être défendue, coûte que coûte.

    En cette fin d’année 2025, alors que nous nous apprêtons à tourner une nouvelle page, son parcours nous rappelle une vérité simple : la réussite ne se mesure pas seulement en succès immédiats, mais en capacité à rester fidèle à ses convictions. Et ça, c’est une leçon qui vaut pour tous, quel que soit notre domaine.

    Alors oui, merci Charles Gave. Pour vos idées, pour votre courage, et pour cette lumière que vous avez apportée dans un débat souvent trop obscur. Puissions-nous en tirer les leçons pour l’avenir.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • Résistants 2.0 ou mercenaires du clic? Les commandos numériques défient l’État
    Résistants 2.0 ou mercenaires du clic? Les commandos numériques défient l’État
    Depuis octobre 2025, une série d’actions coordonnées sur les réseaux sociaux et dans le cyberespace interroge : et si nous assistions à la naissance d’un nouveau type de résistance, organisée comme un commando, mais sans visage ? Entre hackers prorusses, activistes anonymes et mercenaires du clic, ces groupes brouillent les pistes et défient les États. Leur profil reste énigmatique, mais leur impact, lui, est bien réel.

    Le gilet jaune était fluo, eux sont invisibles

    Souvenez-vous. En 2018, les gilets jaunes s’étaient imposés comme un mouvement impossible à ignorer. Leur force ? Une visibilité instantanée, presque caricaturale. Un accessoire fluorescent, un rond-point, et hop : tout le monde savait qui ils étaient, ce qu’ils voulaient. Leur identité était leur arme.

    En 2025, les règles du jeu ont changé. Les nouveaux « résistants » – si tant est qu’on puisse les appeler ainsi – opèrent dans l’ombre. Pas de gilet, pas de slogan, pas de leader identifiable. Juste des actions ciblées, des attaques informatiques, des campagnes de désinformation qui surgissent comme des coups de poing avant de disparaître dans le brouillard numérique. Leur profil ? Une énigme. Leur motivation ? Un mystère.

    Je me souviens d’une conversation avec un ancien membre des services de renseignement français, il y a quelques semaines. « Ces gens-là ne jouent pas selon les règles, m’avait-il dit. Ils n’ont pas de structure pyramidale, pas de hiérarchie claire. C’est du réseau, du rhizome. On ne sait même pas s’ils se connaissent vraiment entre eux. »

    Et pourtant, ils agissent. Avec une précision chirurgicale.

    Sept individus, un seul membre du commando : qui sont les autres ?

    Le 30 octobre 2025, une information a fuité dans la presse : sept individus auraient été identifiés dans le cadre d’une opération de police internationale. Sept. Mais selon les sources officielles, un seul d’entre eux ferait partie du « commando » à l’origine des attaques. Les six autres ? Des complices ? Des exécutants ? Des leurres ?

    C’est là que les choses deviennent intéressantes. Parce que si l’on en croit les éléments disponibles, ce commando ne ressemble à rien de ce que nous avons connu jusqu’ici. Pas de cellule dormante, pas de groupe structuré avec un chef et des lieutenants. Non. Quelque chose de plus diffus, de plus insaisissable. Comme si chaque membre était à la fois autonome et connecté à un réseau plus large, sans qu’on puisse vraiment tracer les liens.

    Prenez l’exemple de « noname05716 ». Ce pseudonyme, qui circule depuis quelques mois dans les milieux spécialisés, désignerait un groupe de hackers prorusses, très politisés, très organisés. Leur particularité ? Ils ne se contentent pas de pirater des sites ou de voler des données. Ils mènent des opérations d’influence, des campagnes de désinformation, des attaques ciblées contre des infrastructures critiques. Et surtout, ils semblent toujours un coup d’avance.

    En juillet 2025, une opération de police internationale était censée les neutraliser. Bilan ? Un échec cuisant. Non seulement ils n’ont pas été arrêtés, mais ils semblent avoir rebondi, plus forts, plus discrets. Comme si l’opération elle-même avait servi de test, de répétition générale pour quelque chose de plus grand.

    Bref.

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous ne sommes plus dans le cadre classique du militantisme ou du cybercrime. Ces individus – ou ce groupe – agissent comme une unité militaire, mais sans uniforme, sans drapeau, sans même une idéologie clairement identifiable. Alors, qui sont-ils vraiment ?

    Des mercenaires du clic ?

    L’hypothèse la plus troublante, c’est celle des mercenaires numériques. Des individus payés pour mener des actions précises, sans nécessairement adhérer à une cause. Des « soldats » du clic, en quelque sorte, qui louent leurs compétences au plus offrant.

    Le tweet du 27 octobre 2025 est éloquent : « Les gens sont vraiment capables de tout pour seulement 7000 balles. » 7000 euros. C’est le prix d’une action, d’une campagne de désinformation, d’une attaque informatique. Une somme dérisoire pour un impact potentiellement dévastateur.

    Imaginez : un groupe d’individus, dispersés aux quatre coins du monde, qui se coordonnent via des canaux cryptés pour mener des opérations ponctuelles. Pas de loyauté, pas de cause, juste un contrat, une somme d’argent, et une cible. Une fois l’opération terminée, ils disparaissent dans la nature, prêts à recommencer ailleurs, pour quelqu’un d’autre.

    C’est une hypothèse qui fait froid dans le dos. Parce que si elle se confirme, cela signifie que nous sommes entrés dans une nouvelle ère, où la guerre – économique, politique, informationnelle – se mène non plus avec des tanks et des avions, mais avec des ordinateurs et des algorithmes. Et où les soldats ne sont plus des militaires, mais des anonymes, des indépendants, des mercenaires du numérique.

    Ou des résistants d’un nouveau genre ?

    Mais il y a une autre hypothèse, plus romantique, plus dangereuse aussi. Celle d’une résistance organisée, presque clandestine, qui utiliserait les outils du numérique pour contourner la répression et frapper là où on ne l’attend pas.

    Dans cette vision des choses, ces individus ne seraient pas des mercenaires, mais des militants, des activistes, des résistants. Leur cible ? Les États, les multinationales, les institutions qu’ils jugent oppressives. Leur arme ? L’anonymat, la rapidité, la capacité à frapper sans laisser de traces.

    Le parallèle avec les résistants du 10 septembre – une référence qui circule dans certains milieux – est troublant. Comme si, après les attentats de 2001, une nouvelle forme de lutte avait émergé, adaptée à l’ère numérique. Une lutte sans visage, sans territoire, sans même une idéologie clairement définie. Juste une opposition farouche à un système perçu comme injuste, corrompu, oppressif.

    Mais attention : cette hypothèse est aussi la plus dangereuse. Parce qu’elle risque de légitimer des actions qui, en réalité, pourraient n’être que des manipulations. Des opérations menées par des États étrangers, des groupes criminels, ou même des entreprises, pour déstabiliser, influencer, ou simplement semer le chaos.

    Alors, résistants ou mercenaires ? La réponse n’est probablement ni l’un ni l’autre. Ou peut-être les deux à la fois. Parce que dans ce monde flou, où les frontières entre le bien et le mal, le légal et l’illégal, le vrai et le faux s’estompent, une chose est sûre : ces commandos numériques ont compris une chose essentielle.

    Dans la guerre de l’information, l’anonymat est la meilleure des protections.

    David Balland et les surprises d’un dossier qui dérange

    Il y a un nom qui revient souvent dans ce dossier : David Balland. Un profil discret, mais dont les actions – ou du moins, les actions qui lui sont attribuées – ont attiré l’attention des autorités. Pas un hacker, pas un militant traditionnel. Quelque chose de plus insaisissable. Un facilitateur, peut-être. Un connecteur. Un homme qui, selon certaines sources, aurait joué un rôle clé dans la coordination de plusieurs opérations.

    Pourquoi lui ? Parce que contrairement aux autres membres de ce commando, Balland n’est pas un inconnu. Il a un passé, une histoire, des connexions. Et surtout, il semble avoir compris une chose : dans ce jeu, la discrétion est une arme. Pas de déclarations tonitruantes, pas de manifestes, pas de prises de position publiques. Juste des actions, des réseaux, et une capacité à disparaître quand il le faut.

    Son cas illustre parfaitement la complexité de ce dossier. Parce que si Balland est bien ce qu’on croit qu’il est, alors nous ne sommes plus face à un simple groupe de hackers ou d’activistes. Nous sommes face à une nouvelle forme d’organisation, presque une entreprise, qui vendrait ses services au plus offrant, tout en gardant une façade militante.

    Une entreprise de la subversion, en quelque sorte.

    Mais attention : tout cela reste du domaine de l’hypothèse. Parce que dans ce dossier, les certitudes sont rares. Les preuves, encore plus. Et les motivations, souvent contradictoires. Ce qui est sûr, c’est que quelque chose est en train de se passer. Quelque chose de nouveau, de dangereux, et surtout, de très difficile à cerner.

    La théorie du « noname » : quand l’anonymat devient une arme

    Revenons à « noname05716 ». Ce pseudonyme, qui circule depuis plusieurs mois, est devenu le symbole de cette nouvelle forme de lutte. Un groupe, ou peut-être une personne, qui agit dans l’ombre, sans laisser de traces, et qui semble toujours un coup d’avance.

    Leur particularité ? Ils ne se contentent pas de pirater des sites ou de voler des données. Ils mènent des opérations d’influence, des campagnes de désinformation, des attaques ciblées contre des infrastructures critiques. Et surtout, ils semblent avoir une stratégie. Une vision. Comme s’ils préparaient quelque chose de plus grand, de plus ambitieux.

    En juillet 2025, une opération de police internationale était censée les neutraliser. Résultat ? Un échec. Non seulement ils n’ont pas été arrêtés, mais ils semblent avoir rebondi, plus forts, plus discrets. Comme si l’opération elle-même avait servi de test, de répétition générale pour quelque chose de plus important.

    Alors, qui sont-ils vraiment ? Des hackers prorusses, comme le suggèrent certaines sources ? Des activistes indépendants, luttant contre un système qu’ils jugent oppressif ? Ou simplement des mercenaires, prêts à vendre leurs compétences au plus offrant ?

    La réponse, probablement, se situe quelque part entre les trois. Parce que dans ce monde flou, où les frontières entre le militantisme, le crime et la guerre s’estompent, une chose est sûre : l’anonymat est devenu une arme. Et une arme redoutable.

    Le piège de l’anonymat

    Mais attention : l’anonymat, s’il est une protection, est aussi un piège. Parce qu’il permet à n’importe qui de se cacher derrière un pseudonyme, une cause, une idéologie. Et de mener des actions qui, en réalité, n’ont rien à voir avec ce qu’ils prétendent défendre.

    Prenez l’exemple des campagnes de désinformation. Combien de fois avons-nous vu des groupes se réclamer d’une cause, pour mieux la trahir ? Combien de fois des opérations de manipulation ont-elles été menées au nom de la « liberté », de la « justice », ou de la « résistance », alors qu’en réalité, elles ne servaient que les intérêts d’un État, d’une entreprise, ou d’un groupe criminel ?

    L’anonymat, c’est aussi le risque de la manipulation. Parce que quand on ne sait pas qui se cache derrière une action, on ne sait pas non plus qui la contrôle. Et qui la finance.

    Alors, faut-il avoir peur de ces commandos numériques ? Pas forcément. Mais il faut les comprendre. Parce qu’ils sont le symptôme d’une époque où la guerre ne se mène plus seulement sur les champs de bataille, mais aussi – et surtout – dans les méandres du web. Une époque où les frontières entre le vrai et le faux, le légal et l’illégal, le bien et le mal, deviennent de plus en plus floues.

    Une époque où, finalement, tout le monde peut devenir un soldat. Même sans le savoir.

    Que faire face à ces commandos invisibles ?

    Alors, comment réagir face à ces groupes qui agissent dans l’ombre, sans visage, sans identité ? Faut-il les traquer, les neutraliser, les ignorer ? La réponse n’est pas simple. Parce que dans ce jeu, les règles sont floues, et les enjeux, colossaux.

    D’un côté, il y a la tentation de la répression. De traquer ces individus, de les identifier, de les arrêter. Mais comment faire, quand ils agissent depuis l’autre bout du monde, via des serveurs cryptés, des VPN, des réseaux anonymes ? Comment les poursuivre, quand leurs actions ne laissent aucune trace, ou presque ?

    De l’autre, il y a la tentation de l’ignorance. De minimiser leur impact, de les considérer comme des marginaux, des illuminés, des gens sans importance. Mais c’est une erreur. Parce que leur pouvoir réside justement dans leur capacité à frapper là où on ne les attend pas. À semer le doute, la confusion, la peur.

    Alors, que faire ? Peut-être commencer par comprendre. Par admettre que ces groupes existent, qu’ils agissent, et qu’ils ont un impact. Par accepter que la guerre de l’information est une réalité, et qu’elle se mène aussi – et surtout – sur les réseaux sociaux, les forums, les messageries cryptées.

    Ensuite, il faut se préparer. Pas seulement en renforçant les capacités de surveillance des États, mais aussi en éduquant les citoyens. En leur apprenant à distinguer le vrai du faux, l’information de la manipulation, la résistance de la subversion.

    Parce que dans ce monde où tout le monde peut devenir un soldat, la meilleure défense, c’est encore la lucidité.

    Conclusion : la résistance a-t-elle encore un visage ?

    En 2025, la résistance n’a plus de visage. Plus de gilet jaune, plus de slogan, plus de leader identifiable. Juste des actions ciblées, des campagnes de désinformation, des attaques informatiques qui surgissent comme des coups de poing avant de disparaître dans le brouillard numérique.

    Ces commandos invisibles, qu’ils soient résistants, mercenaires, ou simplement des opportunistes, ont compris une chose : dans la guerre de l’information, l’anonymat est la meilleure des protections. Et la plus dangereuse.

    Alors, faut-il les craindre ? Pas forcément. Mais il faut les prendre au sérieux. Parce qu’ils sont le symptôme d’une époque où la guerre ne se mène plus seulement avec des armes, mais aussi avec des algorithmes. Où les frontières entre le vrai et le faux, le bien et le mal, deviennent de plus en plus floues.

    Et où, finalement, tout le monde peut devenir un soldat. Même sans le savoir.

    Alors, la prochaine fois que vous entendrez parler d’une attaque informatique, d’une campagne de désinformation, ou d’une opération de subversion, posez-vous la question : qui se cache derrière ? Et surtout, pourquoi ?

    Parce que dans ce monde, les réponses sont rarement simples. Et les vérités, souvent douloureuses.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • L’Occident face à l’hégémonie chinoise, diagnostic d’une vassalisation annoncée
    L’Occident face à l’hégémonie chinoise, diagnostic d’une vassalisation annoncée
    L’Occident s’appauvrit en interdisant l’accès aux produits chinois bon marché, tandis que la Chine renforce son avance technologique et industrielle. Une stratégie occidentale suicidaire face à un géant qui maîtrise désormais tous les secteurs clés.

    Je regarde les gesticulations occidentales face à la Chine avec un mélange de fascination et d’effroi. D’un côté, nos dirigeants multiplient les interdictions, les surtaxes et les mesures protectionnistes. De l’autre, ils continuent de dépendre massivement d’un pays qui les devance désormais dans pratiquement tous les domaines stratégiques.

    Cette schizophrénie politique révèle une vérité dérangeante : l’Occident refuse d’admettre qu’il est devenu le junior partner dans cette relation. Et cette négation du réel nous coûte cher.

    La dépendance industrielle occidentale : un constat brutal

    Quand je commande sur les plateformes chinoises de e-commerce, je découvre à chaque fois des produits totalement introuvables en France ou en Europe. Pas des équivalents moins chers – des produits qui n’existent tout simplement pas chez nous.

    Cette réalité illustre parfaitement le diagnostic d’Arnaud Montebourg : nous sommes « colonisés sur le plan numérique par les Américains et sur le plan industriel par les Chinois ». Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette situation ne me fait pas peur. Elle m’inquiète surtout par notre refus de l’accepter.

    Pour reproduire en France la totalité de ce que j’achète en Chine, il faudrait probablement multiplier mon budget par dix. Et encore, en supposant que ces produits existent quelque part en Europe, ce qui est loin d’être garanti.

    L’innovation chinoise dépasse les clichés

    Les conditions de fabrication en Chine ont radicalement évolué ces dernières décennies. Contrairement aux clichés persistants sur les « usines indignes », la réalité industrielle chinoise d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celle des années 1990.

    Les Chinois ont transformé des territoires montagneux inhabitables en sources d’énergie verte. Ils développent quotidiennement de nouvelles technologies militaires qui défient l’imagination. Leur génie d’adaptation et d’innovation s’exprime dans tous les secteurs, de l’intelligence artificielle aux infrastructures urbaines.

    Pendant ce temps, l’Occident s’enlise dans ses débats idéologiques et ses blocages bureaucratiques.

    La guerre économique par les interdictions : une stratégie perdante

    L’Occident défaillant veut absolument faire payer les Chinois qui sont pourtant les seuls en mesure de répondre aux besoins des Occidentaux. Cette logique suicidaire se traduit par une multiplication des barrières commerciales.

    Les Américains et les Européens empêchent leurs populations de consommer à prix abordable en surtaxant les produits chinois. Résultat : ils appauvrissent leurs propres citoyens tout en renforçant la position dominante de la Chine sur les marchés tiers.

    L’exemple TikTok : quand la politique prime sur l’économie

    L’interdiction annoncée de TikTok illustre parfaitement cette approche contre-productive. Plutôt que de développer des alternatives compétitives, l’Occident choisit l’interdiction pure et simple. Une stratégie qui prive ses entreprises et ses créateurs d’un outil puissant, sans pour autant affaiblir l’écosystème technologique chinois.

    Les Chinois, eux, ont déjà anticipé ces restrictions et déploient leurs alternatives. Ils gardent une longueur d’avance stratégique pendant que nous nous débattons avec nos propres interdictions.

    Le rapport de force linguistique révélateur

    Voici un chiffre qui dit tout sur l’évolution du rapport de force mondial : aux États-Unis, environ 1% de la population parle couramment chinois, soit 4 millions de personnes (majoritairement d’origine chinoise). En Chine, 0,9% de la population parle couramment anglais, soit environ 126 millions de personnes.

    Cette asymétrie linguistique révèle une réalité stratégique : la Chine forme massivement ses élites à comprendre l’Occident, tandis que l’Occident reste largement imperméable à la culture et à la langue chinoises.

    Comment négocier efficacement avec un partenaire dont on ne comprend ni la langue ni les codes culturels ? Comment anticiper ses stratégies quand on refuse d’étudier sa façon de penser ?

    Qualité de vie : la bascule historique

    J’affirme que la qualité de vie en Chine est aujourd’hui très nettement supérieure à celle de la France. Cette affirmation choque, mais elle correspond à une réalité que beaucoup refusent de voir.

    Il y a cinquante ans, la comparaison n’avait pas lieu d’être. Aujourd’hui, la situation s’est inversée. Les villes chinoises modernes offrent des infrastructures, des services et un dynamisme économique que nos métropoles européennes peinent à égaler.

    L’innovation urbaine chinoise

    Pendant que nos villes s’enlisent dans les grèves de transport et les débats sur la circulation, les métropoles chinoises développent des systèmes de mobilité intégrés, des réseaux 5G omniprésents et des services numériques qui transforment le quotidien des habitants.

    Cette efficacité opérationnelle se traduit par une amélioration tangible de la qualité de vie, particulièrement pour les classes moyennes urbaines.

    Vers une stratégie de partenariat réaliste

    Face à cette situation, je plaide pour une approche pragmatique : voir la Chine comme une « formidable boîte à outils » ou un « couteau suisse géant ». Au lieu de la diaboliser, utilisons ses capacités technologiques et industrielles pour développer nos propres projets.

    Nous devons absolument construire des liens stratégiques forts avec les Chinois. Ils ont tout, nous n’avons quasiment plus rien dans certains secteurs. Ils sont les seuls à pouvoir nous aider à nous redévelopper en France et en Europe.

    L’enjeu de la taxation des machines

    La seule question politique qui comptera dans les trente ans à venir, c’est la taxation des machines qui remplacent le travail humain. Sur ce sujet crucial, convaincre la Chine sera très difficile, mais nous devons démarrer le processus et ouvrir ce dossier.

    Car si la Chine peut « renvoyer les États-Unis à l’époque des cow-boys et des Indiens » sur le plan technologique, elle détient aussi les clés de l’automatisation mondiale. Sans coordination internationale sur ces enjeux, nos sociétés risquent l’implosion sociale.

    L’urgence d’un réveil stratégique

    L’Occident doit choisir : continuer à nier la réalité du rapport de force, ou accepter sa nouvelle position et en tirer le meilleur parti possible. La première option nous mène vers un appauvrissement progressif et une marginalisation géopolitique.

    La seconde exige une révolution mentale : passer du déni à l’adaptation, de l’arrogance à l’humilité stratégique. Reconnaître que la Chine nous devance ne signifie pas capituler – cela signifie enfin regarder la réalité en face pour construire une stratégie viable.

    Les Chinois doivent se tordre de rire en voyant nos gesticulations politiciennes. Il est temps de leur donner des raisons de nous respecter à nouveau, en développant une vision claire de ce que nous voulons être dans ce monde multipolaire.

    La question n’est plus de savoir si la Chine dominera les prochaines décennies. Elle est de savoir si nous saurons nous adapter à cette réalité ou si nous continuerons à nous enfoncer dans nos illusions d’hier.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : T Y / Unsplash

  • Trump will fix : le sauveur autoproclamé face aux défis du Monde
    Trump will fix : le sauveur autoproclamé face aux défis du Monde
    Depuis son retour aux affaires en 2025, Donald Trump martèle un message simple : lui seul peut tout arranger. Entre déclarations tonitruantes, moqueries des opposants et attentes démesurées de ses supporters, le slogan « Trump will fix » est devenu un marqueur de l’ère politique actuelle. Mais derrière cette formule se cachent des réalités complexes, des défis colossaux et une stratégie de communication bien rodée.

    L’homme qui promettait de tout réparer

    Je me souviens encore de ce meeting à Phoenix, en octobre 2025. Des milliers de supporters, des drapeaux américains à perte de vue, et cette clameur qui montait des gradins : « Trump will fix! Trump will fix! » Comme une incantation, un mantra politique. L’ancien président, debout sur scène, savourait ce moment. Il avait raison sur un point : la formule avait frappé les esprits.

    Mais que signifie vraiment ce « fix » tant promis ? Le terme est volontairement vague, presque technique. Dans le langage trumpien, il évoque à la fois la réparation d’un objet cassé et la résolution d’un problème complexe. Une ambiguïté savamment entretenue qui permet à chacun d’y projeter ses propres attentes.

    Pour ses partisans, « fix » rime avec :

    • La relance de l’économie américaine après les turbulences de 2023-2024
    • Le rétablissement d’une politique migratoire stricte aux frontières
    • La fin des conflits internationaux coûteux
    • La restauration d’une certaine fierté nationale

    Pour ses détracteurs, c’est une promesse creuse, un slogan marketing qui cache mal l’absence de programme concret. Un simple écran de fumée.

    De toute évidence, Trump a compris une chose : dans une Amérique fracturée, le besoin de solutions simples à des problèmes complexes n’a jamais été aussi fort. Et lui se présente comme l’homme providentiel, capable de tout régler d’un coup de baguette magique.

    Le ministère de la Guerre : une idée qui fait débat

    Le 31 décembre 2025, un post a fait réagir toute la classe politique américaine : « Trump will send Ministry of War to fix. » Une déclaration choc, qui a immédiatement suscité des interprétations divergentes.

    L’idée d’un « Ministry of War » n’est pas nouvelle dans l’histoire américaine. Les États-Unis ont eu un Department of War de 1789 à 1947, avant qu’il ne soit remplacé par le Department of Defense. Mais pourquoi ressortir ce concept aujourd’hui ?

    Plusieurs hypothèses circulent :

    • Une volonté de centraliser davantage les décisions militaires
    • Une réponse aux critiques sur la gestion des conflits en Ukraine et au Proche-Orient
    • Un moyen de contourner le Congrès sur les questions de défense
    • Une simple provocation médiatique, comme Trump en a le secret

    Ce qui est certain, c’est que cette annonce a relancé le débat sur le rôle des États-Unis dans le monde. Depuis 2025, l’Amérique est tiraillée entre deux visions : celle d’une superpuissance interventionniste, et celle d’une nation qui se recentre sur ses propres problèmes.

    Le Pentagone, lui, reste prudent. Dans un communiqué publié le 2 décembre, le secrétaire à la Défense a rappelé que « les structures actuelles permettent une gestion efficace des opérations militaires ». Une manière polie de dire que cette idée de Ministry of War n’est pas vraiment nécessaire.

    Bref. L’annonce a fait du bruit, comme souvent avec Trump. Mais concrètement, que pourrait changer un tel ministère ? Difficile à dire. Une chose est sûre : si cette réforme voit le jour, elle ne se fera pas sans résistance.

    Man of peace ou man of war ? L’équation trumpienne

    « President @realDonaldTrump is the MAN OF PEACE », affirmait un post en octobre 2025. Une déclaration qui a de quoi surprendre, quand on connaît l’image de Trump pendant ses précédents mandats. Alors, homme de paix ou homme de guerre ?

    La réalité, comme souvent, est plus nuancée. Trump a toujours cultivé cette ambiguïté, se présentant tour à tour comme un négociateur hors pair et comme un leader intransigeant. Ses partisans mettent en avant :

    • Les accords d’Abraham, signés sous sa première présidence, qui ont normalisé les relations entre Israël et plusieurs pays arabes
    • Sa volonté affichée de mettre fin aux « guerres sans fin » en Afghanistan et au Proche-Orient
    • Son approche transactionnelle des relations internationales, basée sur des accords gagnant-gagnant

    Ses détracteurs, eux, soulignent :

    • Son langage belliqueux, souvent perçu comme une incitation à la violence
    • Son soutien indéfectible à Israël, qui a parfois été interprété comme une approbation des opérations militaires
    • Sa tendance à diaboliser les adversaires, qu’ils soient nationaux ou internationaux

    En 2025, cette ambiguïté persiste. Trump continue de jouer sur les deux tableaux : il se présente comme un pacificateur tout en adoptant un ton martial quand il s’agit de défendre les intérêts américains. Une stratégie qui lui permet de rallier à la fois les faucons et les colombes de son électorat.

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette posture divise. Pour certains, c’est la preuve d’un réalisme politique nécessaire. Pour d’autres, c’est une hypocrisie de plus dans le jeu trumpien.

    Le phénomène « Trump will fix » : décryptage d’un slogan politique

    « Trump will fix. 🤡 » Ce post, publié en octobre 2025, résume à lui seul le scepticisme de nombreux observateurs face à ce slogan. Pourtant, force est de constater que la formule a marqué les esprits. Pourquoi un tel impact ?

    D’abord, parce qu’elle repose sur une structure simple et répétitive, facile à retenir. En communication politique, la simplicité est souvent gage d’efficacité. « Yes we can », « Make America Great Again »… Les slogans qui marchent sont ceux qui tiennent en quelques mots.

    Ensuite, parce qu’elle répond à un besoin profond de solutions rapides. Dans un monde complexe et anxiogène, l’idée qu’un seul homme puisse tout arranger a quelque chose de rassurant. Même si c’est illusoire.

    Enfin, parce qu’elle s’inscrit dans une stratégie plus large de personnalisation du pouvoir. Trump ne parle pas de « nous », de « l’administration » ou du « gouvernement ». Il parle de lui. « Trump will fix », pas « America will fix ». Une manière de renforcer son image d’homme providentiel.

    Mais cette stratégie a ses limites. En se présentant comme le seul capable de résoudre les problèmes, Trump prend aussi le risque d’être tenu pour seul responsable si les choses ne s’arrangent pas. Un pari risqué, surtout dans un contexte international aussi volatile qu’en 2025.

    Clairement, ce slogan est bien plus qu’une simple formule. C’est un marqueur politique, un révélateur des attentes et des frustrations d’une partie de l’Amérique. Et comme souvent avec Trump, il divise autant qu’il rassemble.

    Les défis de 2025 : ce que Trump devra vraiment « fixer »

    Parlons peu, parlons chiffres. Si Trump veut vraiment « fixer » l’Amérique, voici les dossiers brûlants qui l’attendent en cette fin d’année 2025 :

    1. L’économie : entre inflation persistante et endettement record

    La dette publique américaine a franchi la barre des 35 000 milliards de dollars en 2025, un record historique. Dans le même temps, l’inflation reste élevée, à 4,2% sur un an en novembre, loin de l’objectif de 2% de la Fed.

    Trump a promis de relancer la croissance par des baisses d’impôts et une dérégulation massive. Mais ces mesures pourraient aggraver le déficit budgétaire, déjà abyssal. Comment concilier relance économique et maîtrise des finances publiques ? Le défi est de taille.

    2. Les frontières : une crise migratoire sans précédent

    Plus de 3 millions de migrants ont été arrêtés à la frontière sud des États-Unis en 2024. En 2025, les chiffres pourraient être encore plus élevés. Trump a fait de la lutte contre l’immigration illégale une priorité, promettant de construire de nouveaux murs et d’expulser massivement les sans-papiers.

    Mais ces mesures se heurtent à des réalités juridiques et humanitaires. Les tribunaux bloquent régulièrement les décrets présidentiels en la matière. Et les associations de défense des migrants sont plus mobilisées que jamais.

    3. La scène internationale : des conflits qui s’enlisent

    En Ukraine, la guerre s’est enlisée dans une guerre de position meurtrière. Malgré les milliards de dollars d’aide américaine, Kiev peine à reprendre l’avantage. Au Proche-Orient, le conflit israélo-palestinien a connu un nouveau pic de violence en 2025, avec des répercussions dans tout le monde arabe.

    Trump a toujours affiché sa volonté de mettre fin à ces conflits. Mais ses méthodes, basées sur la négociation directe et le rapport de force, divisent. Ses détracteurs lui reprochent de privilégier les intérêts américains au détriment d’une approche multilatérale.

    4. La société américaine : des fractures qui s’aggravent

    Les élections de 2024 ont confirmé la polarisation de la société américaine. Entre républicains et démocrates, le dialogue est de plus en plus difficile. Les violences politiques se multiplient, et la confiance dans les institutions est au plus bas.

    Comment réconcilier une Amérique divisée ? Trump a toujours joué la carte de la division, se présentant comme le défenseur des « vrais Américains » contre les élites. Mais cette stratégie risque d’aggraver encore les tensions.

    Bref. Les défis sont immenses. Et si Trump veut vraiment « fixer » l’Amérique, il devra faire preuve d’une habileté politique qu’il n’a pas toujours démontrée par le passé.

    Et si le vrai problème était ailleurs ?

    Je vais vous dire une chose : le débat sur « Trump will fix » est symptomatique d’un problème plus large. Nous vivons dans une époque où les solutions simples sont recherchées à tout prix, où les leaders charismatiques sont adulés, où la complexité est perçue comme une faiblesse.

    Mais la réalité, c’est que les problèmes de 2025 ne se régleront pas d’un coup de baguette magique. Ni par Trump, ni par qui que ce soit d’autre. L’inflation, les conflits internationaux, les crises migratoires… Ces défis sont le résultat de décennies de politiques, de tendances lourdes, de dynamiques complexes.

    Alors oui, Trump peut changer certaines choses. Il peut prendre des décisions fortes, imposer sa vision, marquer son époque. Mais il ne peut pas tout régler seul. Et surtout, il ne peut pas faire abstraction des contre-pouvoirs, des réalités économiques, des équilibres géopolitiques.

    Le vrai danger, peut-être, c’est cette croyance que tout peut être « fixé » rapidement. Cette illusion que les problèmes complexes ont des solutions simples. Parce que quand ces solutions ne viennent pas, la déception est à la hauteur des attentes.

    Alors, Trump will fix ? Peut-être. Mais à quel prix ? Et pour combien de temps ?

    Conclusion : l’Amérique face à ses contradictions

    En cette fin d’année 2025, une chose est sûre : le slogan « Trump will fix » résume à lui seul les espoirs et les désillusions de l’Amérique. D’un côté, une partie du pays croit dur comme fer en ce sauveur autoproclamé, capable de tout arranger. De l’autre, une autre partie rit jaune, voyant dans cette formule une preuve de plus de l’aveuglement trumpien.

    Mais au-delà des slogans et des postures, une question reste en suspens : et si le vrai défi n’était pas de « fixer » l’Amérique, mais de la réconcilier avec sa propre complexité ? De lui faire accepter que les solutions miracles n’existent pas, que les problèmes se règlent souvent par des compromis, des efforts longs et difficiles ?

    Une chose est certaine : l’ère Trump, qu’on l’aime ou qu’on la déteste, aura au moins eu le mérite de mettre en lumière les contradictions d’une nation en quête de repères. Et vous, pensez-vous que Trump peut vraiment tout arranger ? Ou est-ce juste une nouvelle illusion dans un monde en quête de certitudes ?

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • La trêve devient une arme de guerre
    La trêve devient une arme de guerre
    Depuis deux mois, les annonces de cessez-le-feu se multiplient, mais les bombes continuent de tomber. Entre violations flagrantes et stratégies cyniques, la trêve est devenue un outil parmi d’autres dans l’arsenal de la guerre moderne. Exemple le plus frappant : ces « bombardements pacifiques » menés pendant les périodes de calme officiel, avec des armes made in USA.

    Le cessez-le-feu, une fiction nécessaire ?

    Nous sommes le 2 décembre 2025. Sur le papier, un cessez-le-feu de 30 jours a été décrété il y a deux semaines. Dans les faits, les images satellites montrent des colonnes de fumée s’élevant toujours au-dessus des zones de conflit. Les rapports des observateurs internationaux, quand ils parviennent à être publiés, décrivent des violations « quasi quotidiennes » des deux côtés.

    Pourquoi continuer à annoncer ces trêves si elles ne sont pas respectées ? La réponse tient en trois mots : communication stratégique. Un cessez-le-feu, même violé, permet de :

    • Montrer une volonté de paix à l’opinion publique internationale
    • Gagner du temps pour se réorganiser militairement
    • Tester les réactions de l’adversaire et des alliés
    • Créer des fenêtres d’opportunité pour des opérations ciblées

    Je me souviens d’une conversation avec un officier de l’OTAN, il y a quelques années. Il m’avait confié, sous couvert d’anonymat : « Un cessez-le-feu, c’est comme une pause dans un match de boxe. Ça ne change pas le résultat final, mais ça permet aux combattants de reprendre leur souffle. »

    Les « bombardements pacifiques » : l’oxymore devenu réalité

    Le 9 octobre dernier, alors qu’un cessez-le-feu venait d’être annoncé, les réseaux sociaux se sont enflammés. Des vidéos montraient des frappes aériennes en pleine nuit, avec une précision chirurgicale. Les armes utilisées ? Des bombes guidées américaines, comme l’a confirmé une enquête du New York Times publiée le 15 novembre.

    Ces « bombardements pacifiques » – l’expression est devenue virale – illustrent une nouvelle forme de guerre hybride. Officiellement, la trêve est respectée. Dans les faits :

    • Les frappes sont présentées comme des « actions défensives »
    • Les cibles sont des « infrastructures militaires » (même quand elles sont en zone civile)
    • Les pertes civiles sont systématiquement attribuées à l’« autre camp »

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette stratégie brouille les lignes. Comment qualifier une guerre où les bombes tombent pendant les périodes de paix officielle ?

    L’exemple syrien : un précédent inquiétant

    La Syrie a été un laboratoire de cette nouvelle approche. Entre 2016 et 2020, les cessez-le-feu y ont été violés plus de 500 fois, selon les rapports de l’ONU. Pourtant, chaque nouvelle trêve était saluée comme une « avancée majeure » par la communauté internationale.

    Les conséquences ? Une normalisation de l’état de guerre permanent. Les populations civiles, prises entre deux feux, ont fini par considérer les cessez-le-feu comme de simples pauses avant la reprise des hostilités. Une forme de résignation tragique.

    30 jours, le nouveau standard des trêves éphémères

    Pourquoi 30 jours ? Ce n’est pas un hasard. Cette durée correspond à :

    • Un cycle médiatique complet (assez long pour faire oublier les violations, assez court pour éviter une escalade)
    • La durée moyenne des rotations de troupes dans les zones de conflit
    • Le temps nécessaire pour évaluer l’impact d’une trêve sur le moral des troupes et des populations
    • Un compromis acceptable pour les bailleurs de fonds internationaux (ni trop court, ni trop long)

    Mais cette standardisation a un effet pervers : elle crée une illusion de contrôle. Comme si la guerre était devenue un processus industriel, avec ses étapes bien définies et ses pauses programmées. Bref.

    Le cas du Yémen : quand la trêve devient un piège

    Au Yémen, les cessez-le-feu de 30 jours ont été utilisés comme une arme de guerre économique. Pendant les périodes de trêve, les belligérants :

    • Bloquaient l’aide humanitaire sous prétexte de « sécurité »
    • Profitaient de l’accalmie pour renforcer leurs positions
    • Organisaient des recrutements forcés dans les zones contrôlées

    Résultat : les trêves, censées apporter un répit aux populations, sont devenues des périodes de préparation à la reprise des combats. Un cercle vicieux dont personne ne semble capable de sortir.

    « Go for all » : la stratégie du chaos contrôlé

    L’expression « go for all » est apparue dans les cercles militaires il y a quelques années. Elle désigne une stratégie où toutes les options sont sur la table, y compris les plus extrêmes, pour forcer l’adversaire à négocier.

    Dans ce contexte, le cessez-le-feu devient un outil parmi d’autres :

    • Il permet de tester les limites de l’adversaire
    • Il offre une couverture politique pour des opérations controversées
    • Il sert de monnaie d’échange dans les négociations

    Mais cette approche a un coût humain énorme. Comme me le disait un médecin humanitaire rencontré à Beyrouth en novembre dernier : « Quand les bombes tombent pendant les trêves, les gens perdent foi en tout. Même dans l’idée de paix. »

    L’exemple ukrainien : la trêve comme arme psychologique

    En Ukraine, les cessez-le-feu locaux ont souvent été utilisés pour :

    • Créer des couloirs humanitaires… qui servaient en réalité à évacuer des combattants
    • Faire monter la pression médiatique sur l’adversaire
    • Préparer des contre-offensives en profitant de l’effet de surprise

    Une tactique qui rappelle les mots de Sun Tzu : « La guerre est l’art de la tromperie. »

    Si la paix n’arrive pas bientôt…

    Nous sommes à un tournant. Les mécanismes traditionnels de résolution des conflits – cessez-le-feu, négociations, accords de paix – semblent à bout de souffle. Les violations sont devenues la norme, et les trêves de simples parenthèses dans la guerre.

    Que se passera-t-il si la paix n’arrive pas bientôt ? Les scénarios sont sombres :

    • Une escalade incontrôlable, avec des armes de plus en plus destructrices
    • Une régionalisation des conflits, comme on l’a vu au Proche-Orient
    • Une normalisation de l’état de guerre permanent, comme en Syrie
    • Un effondrement des structures étatiques dans les zones les plus touchées

    Le plus inquiétant ? Personne ne semble avoir de solution. Les grandes puissances continuent de jouer leur partition, les belligérants profitent des trêves pour se renforcer, et les populations civiles paient le prix fort.

    Et si la solution venait d’ailleurs ?

    Face à l’échec des cessez-le-feu traditionnels, certaines initiatives émergent :

    • Des trêves locales, négociées par des acteurs non étatiques
    • Des corridors humanitaires permanents, protégés par des forces neutres
    • Des mécanismes de sanctions automatiques en cas de violation
    • Des négociations parallèles, loin des projecteurs médiatiques

    Reste à savoir si ces approches alternatives pourront faire la différence. Une chose est sûre : le statu quo n’est plus tenable.

    Conclusion : la trêve est morte, vive la trêve ?

    En cette fin d’année 2025, une question s’impose : et si le cessez-le-feu était devenu une illusion ? Une fiction nécessaire pour maintenir l’espoir, mais une fiction tout de même.

    Les « bombardements pacifiques » du 9 octobre dernier ont montré les limites du système. Quand les bombes tombent pendant les trêves, quand les violations deviennent la norme, quand les 30 jours de calme ne sont qu’une pause avant la reprise des hostilités… il est temps de repenser notre approche de la paix.

    Une chose est certaine : si rien ne change, l’un des deux camps finira par être « neutralisé ». La question n’est pas de savoir si cela arrivera, mais quand. Et à quel prix.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • Diriger en 2025, c’est choisir dans le brouillard sans filet
    Diriger en 2025, c’est choisir dans le brouillard sans filet
    Diriger en 2025, c’est accepter de naviguer dans l’incertitude permanente. Entre crises économiques, tensions géopolitiques et fragilité des relais traditionnels, les dirigeants doivent trancher sans garantie de succès. Cet article explore pourquoi cette période est si éprouvante, et comment transformer cette complexité en opportunité.

    Le poids des décisions quand tout vacille

    Je le dis sans détour : c’est dur. Pas dur comme un mauvais trimestre, dur comme une guerre d’usure où chaque victoire se paie cash. En 2025, diriger, c’est porter le poids de choix qui engagent des vies, des emplois, des équilibres fragiles. Et le pire ? On sait que ça va empirer.

    Prenez l’exemple des PME françaises. Selon les dernières données de la Banque de France (octobre 2025), 42 % d’entre elles déclarent avoir reporté au moins un investissement stratégique par peur de l’instabilité réglementaire. 42 % ! C’est énorme. Ces entreprises ne sont pas frileuses – elles sont prudentes. Et cette prudence, elle se paie en parts de marché, en innovation, en compétitivité.

    Pourquoi un tel blocage ? Parce que les règles du jeu changent sans cesse. Entre les ajustements fiscaux, les normes environnementales qui se superposent, et les tensions géopolitiques qui perturbent les chaînes d’approvisionnement, les dirigeants passent plus de temps à anticiper les risques qu’à construire l’avenir. C’est épuisant.

    Et puis, il y a cette pression invisible : celle de devoir contenter tout le monde. Les actionnaires veulent des résultats, les salariés réclament de la stabilité, les clients exigent des prix bas, et l’État impose ses contraintes. Comment arbitrer sans trahir ?

    La solitude du décideur face à la complexité

    Plus c’est compliqué, plus j’aime ça. Cette phrase, je l’ai souvent entendue dans la bouche d’entrepreneurs chevronnés. Pourtant, en 2025, la complexité n’a plus rien d’excitant. Elle est devenue un fardeau.

    Regardez les chiffres du baromètre Malakoff Humanis sur la santé des dirigeants (publié en septembre 2025) : 68 % des chefs d’entreprise déclarent ressentir une fatigue mentale intense, et 35 % envisagent de quitter leur poste dans les deux ans. Ces chiffres sont alarmants. Ils révèlent une vérité cruelle : diriger, aujourd’hui, c’est souvent se sentir seul face à l’adversité.

    Pourquoi cette solitude ? Parce que les relais traditionnels s’effritent. Les syndicats peinent à représenter les nouvelles formes de travail (ubérisation, freelance, télétravail). Les partis politiques sont discrédités, et les médias oscillent entre sensationnalisme et désinformation. À qui se fier ?

    Je me souviens d’une conversation avec un patron du CAC 40, il y a quelques mois. Il me disait : « Avant, je pouvais compter sur mon réseau, mes pairs, mes conseillers. Aujourd’hui, chacun est dans sa tour d’ivoire. On partage des infos, mais plus de vraies solutions. » Bref.

    Le piège de la surinformation

    Autre facteur de complexité : l’avalanche de données. En 2025, on a accès à plus d’informations que jamais, mais moins de certitudes. Les algorithmes nous bombardent de signaux contradictoires, et les fake news se propagent plus vite que les correctifs. Comment prendre une décision éclairée quand on ne sait plus distinguer le vrai du faux ?

    Prenez l’exemple des marchés financiers. En octobre 2025, une rumeur infondée sur une possible défaillance de la dette allemande a fait chuter les bourses européennes de 5 % en une journée. Les régulateurs ont mis 48 heures à rétablir la vérité – 48 heures pendant lesquelles des milliers d’entreprises ont vu leur valorisation s’effondrer. Qui peut se permettre d’attendre dans ces conditions ?

    La solution ? Accepter de décider avec 70 % d’informations, et assumer l’incertitude. C’est contre-intuitif, mais c’est la seule façon de ne pas rester paralysé.

    Pourquoi ça va forcément se compliquer (et comment s’y préparer)

    « Ça va forcément se compliquer. » Cette phrase, je l’ai écrite le 31 décembre 2025, et elle résume bien l’état d’esprit actuel. Pourquoi une telle certitude ? Parce que les tendances lourdes sont là :

    • Géopolitique : Les tensions entre les États-Unis et la Chine ne faiblissent pas, et l’Europe peine à trouver sa place. Les sanctions économiques se multiplient, fragmentant les marchés.
    • Climat : Les catastrophes naturelles se banalisent, perturbant les chaînes logistiques. En 2025, les assureurs ont augmenté leurs tarifs de 30 % en moyenne, selon la Fédération Française de l’Assurance.
    • Technologie : L’IA et l’automatisation bouleversent les métiers, mais les régulations peinent à suivre. Les entreprises qui n’investissent pas dans ces technologies prennent du retard – mais celles qui le font s’exposent à des risques juridiques et éthiques.
    • Société : Les attentes des consommateurs et des salariés évoluent. Ils veulent des entreprises engagées, transparentes, responsables. Mais comment concilier ces exigences avec la réalité économique ?

    Face à ces défis, deux options : subir ou anticiper. Subir, c’est attendre que la crise arrive pour réagir. Anticiper, c’est accepter de naviguer dans le brouillard, mais avec une boussole.

    Trois règles pour diriger en temps de crise

    Voici ce que j’ai appris, après 30 ans à la tête d’entreprises et d’équipes :

    1. Acceptez l’imperfection. Une décision à 80 % prise à temps vaut mieux qu’une décision à 100 % prise trop tard. Les erreurs font partie du processus – l’important, c’est de les corriger vite.
    2. Entourez-vous de relais fiables. Dans un monde où les institutions traditionnelles s’affaiblissent, votre réseau devient votre meilleur atout. Cherchez des pairs, des mentors, des experts en qui vous avez confiance – et cultivez ces relations.
    3. Préparez-vous au pire. Scénarisez les crises potentielles (cyberattaque, rupture d’approvisionnement, conflit social) et élaborez des plans B. Mieux vaut avoir un plan que vous n’utiliserez pas que l’inverse.

    Bref. Diriger en 2025, c’est un peu comme piloter un avion dans une tempête : vous ne contrôlez pas la météo, mais vous pouvez ajuster votre trajectoire. Et parfois, c’est en lâchant prise sur le contrôle que l’on trouve les meilleures solutions.

    Et si la complexité était une opportunité ?

    Je vais vous dire une chose : les périodes les plus difficiles sont aussi celles qui révèlent les meilleurs dirigeants. Pourquoi ? Parce que c’est dans l’adversité que l’on voit qui a du courage, de la résilience, et une vision claire.

    Prenez l’exemple de Patagonia, l’entreprise de vêtements outdoor. En 2022, son fondateur, Yvon Chouinard, a transféré 100 % des actions de l’entreprise à une fiducie et une ONG dédiées à la lutte contre le changement climatique. Une décision radicale, qui aurait pu effrayer les investisseurs. Pourtant, en 2025, Patagonia est plus rentable que jamais. Pourquoi ? Parce que les consommateurs récompensent les entreprises qui osent prendre position.

    Autre exemple : Tesla. En 2023, Elon Musk a annoncé un plan ambitieux pour réduire les coûts de production de ses véhicules électriques. Les analystes ont crié au suicide industriel. Deux ans plus tard, Tesla domine le marché européen, avec des marges record. Comment ? En misant sur l’innovation et en acceptant de bousculer les codes.

    Ces exemples montrent une chose : la complexité n’est pas une malédiction. C’est un filtre. Elle élimine les faibles et révèle les forts. Et si, au lieu de subir cette période, on choisissait de la dominer ?

    Conclusion : le courage de choisir

    En cette fin d’année 2025, une chose est sûre : les prochains mois ne seront pas plus faciles. Les défis vont s’accumuler, les incertitudes persister, et les relais traditionnels continueront de s’effriter. Mais c’est précisément dans ces moments que les vrais leaders se révèlent.

    Diriger, ce n’est pas avoir toutes les réponses. C’est avoir le courage de choisir, même quand on n’a pas toutes les cartes en main. C’est accepter de se tromper, de rectifier, et d’avancer malgré tout. Et c’est exactement ce que je compte faire.

    Alors oui, c’est dur. Oui, ça se complique. Mais c’est aussi une chance : celle de prouver que l’on est à la hauteur. Et ça, ça n’a pas de prix.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • L’Or en 2025
    L’Or en 2025
    En 2025, l’or attire à nouveau les investisseurs, mais pas comme avant. Ce n’est plus seulement une valeur refuge, c’est un actif stratégique face à l’inflation persistante, aux tensions monétaires et à l’effritement de la confiance dans les marchés traditionnels. Faut-il acheter des lingots, des pièces, ou simplement une chaîne en or ? Et pourquoi l’argent métal pourrait bien être le prochain coup de génie ?

    Pourquoi l’or redevient le roi des actifs en 2025

    Je me souviens d’une conversation il y a dix ans avec un ami banquier. Il ricanait en me disant : « L’or, c’est fini. Les cryptos et les ETF, voilà l’avenir. » Aujourd’hui, il a revendu ses bitcoins pour acheter des lingots. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le vent a tourné.

    En 2025, l’or n’est plus un simple symbole de richesse. C’est un baromètre de la défiance envers les systèmes financiers. Voici pourquoi :

    • L’inflation galopante : Après des années de politiques monétaires accommodantes, les banques centrales peinent à maîtriser la hausse des prix. En zone euro, l’inflation dépasse encore les 4 % en 2025, et aux États-Unis, elle frôle les 5 %. L’or, lui, ne se dévalue pas – il se contente de refléter la perte de pouvoir d’achat des monnaies fiduciaires.
    • Les dettes publiques explosives : La dette des États-Unis a franchi les 35 000 milliards de dollars cette année. En France, elle dépasse les 120 % du PIB. Quand les États impriment de la monnaie pour rembourser leurs dettes, l’or devient une assurance contre la dépréciation monétaire.
    • Les tensions géopolitiques : Entre les conflits au Proche-Orient, les tensions sino-américaines et l’instabilité en Europe de l’Est, les marchés financiers sont nerveux. L’or, lui, ne dépend d’aucun gouvernement. Il est universel, liquide et intouchable.

    Bref. Si vous croyez encore que l’or est un placement de grand-mère, vous ratez quelque chose.

    Diamants, or, argent : lequel choisir en 2025 ?

    Le 19 octobre 2025, j’ai posté un message qui a fait réagir : « Qui pourrait bien s’intéresser à des diamants ? » La réponse est simple : presque personne, sauf les joailliers et les spéculateurs.

    Pourquoi ? Parce que les diamants, contrairement à l’or, n’ont pas de marché liquide. Vous en achetez un aujourd’hui, vous le revendez demain, et vous perdez 30 à 50 % de sa valeur. C’est un piège à touristes, pas un investissement.

    L’or, en revanche, est un actif tangible avec une liquidité immédiate. Vous pouvez acheter un lingot à Paris et le revendre à Hong Kong ou New York sans perdre un centime. Et si vous n’avez pas les moyens d’acheter un lingot ? Aucune importance. Une chaîne en or, un bracelet, une pièce – peu importe la forme, du moment que c’est de l’or.

    Mais il y a mieux encore : l’argent métal. Le 19 décembre 2025, j’ai rappelé à mes lecteurs qu’il ne fallait pas oublier l’argent. Pourquoi ? Parce que son ratio avec l’or est historiquement bas. En 2025, il faut environ 80 onces d’argent pour acheter une once d’or, alors que la moyenne historique est plutôt autour de 15. Autrement dit, l’argent est sous-évalué – et il a un potentiel de hausse bien plus important que l’or.

    Le platine, lui, est un cas à part. Utilisé dans l’industrie automobile (notamment pour les pots catalytiques), il est sensible aux cycles économiques. En 2025, avec la transition vers les véhicules électriques, sa demande pourrait baisser. À surveiller, mais pas à privilégier.

    Comment acheter de l’or sans se faire arnaquer

    Le meilleur conseil que j’ai entendu sur l’or en 2025 ? Celui d’un vieux courtier suisse : « Achetez de l’or, mais ne le dites à personne. » Pas parce que c’est illégal, mais parce que c’est une question de sécurité.

    Voici comment procéder :

    1. Évitez les lingots si vous débutez

    Les lingots, c’est bien pour les gros investisseurs. Pour les autres, c’est cher, encombrant, et difficile à revendre. Préférez les pièces : Napoléon, Souverain britannique, American Eagle… Elles sont reconnues partout, faciles à stocker, et leur prime (la marge au-dessus du cours de l’or) est raisonnable.

    2. Méfiez-vous des « opportunités » trop belles

    En 2025, les arnaques à l’or pullulent. Sites frauduleux, vendeurs peu scrupuleux, faux certificats… Voici comment les éviter :

    • Achetez uniquement auprès de professionnels agréés (liste disponible sur le site de la Banque de France).
    • Exigez un certificat d’authenticité pour chaque achat.
    • Fuyez les offres « sans TVA » – c’est illégal en France, et c’est souvent le signe d’une escroquerie.
    • Comparez les prix. Le cours de l’or est public (Kitco, Bloomberg), et les marges des revendeurs sont transparentes.

    3. Stockez votre or en sécurité

    Un coffre à la banque, c’est bien. Un coffre chez vous, c’est risqué. En 2025, les cambriolages liés à l’or sont en hausse. Si vous tenez à garder votre or chez vous, investissez dans un coffre-fort homologué (norme EN 1143-1). Sinon, optez pour un coffre en banque ou un stockage dans un pays neutre comme la Suisse ou Singapour.

    4. Diversifiez les formes d’or

    Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier. Une partie en pièces, une autre en bijoux (oui, une chaîne en or compte), et pourquoi pas un peu d’or papier (ETF or, comme le Lyxor Gold) pour ceux qui veulent une exposition sans les contraintes de stockage.

    L’or physique vs. l’or papier : le match en 2025

    En 2025, les ETF or (comme le SPDR Gold Shares) ont le vent en poupe. Ils permettent d’investir dans l’or sans avoir à le stocker, avec des frais réduits. Mais attention : l’or papier, c’est de l’or que vous ne possédez pas vraiment. En cas de crise systémique, les ETF pourraient être gelés, ou pire, ne plus être adossés à de l’or physique.

    L’or physique, lui, est à vous. Personne ne peut vous le confisquer (sauf l’État, mais c’est une autre histoire). En 2025, avec les rumeurs de taxation des métaux précieux en Europe, certains investisseurs préfèrent garder leur or à l’étranger. La Suisse, Dubaï ou Singapour sont des destinations prisées pour leur stabilité et leur discrétion.

    Alors, or physique ou or papier ? Les deux, si possible. L’or papier pour la liquidité, l’or physique pour la sécurité.

    2025-2026 : vers une nouvelle ruée vers l’or ?

    Le 22 décembre 2025, j’ai écrit : « L’or, l’argent, le platine, tout est bon… » Ce n’était pas une boutade. Les signaux sont clairs :

    • Les banques centrales achètent de l’or à un rythme record. En 2024, elles en ont acheté plus de 1 000 tonnes, un niveau inédit depuis les années 1960. En 2025, la tendance se poursuit.
    • Les taux d’intérêt réels (taux nominaux moins inflation) sont négatifs dans la plupart des pays développés. Quand les obligations d’État rapportent moins que l’inflation, l’or devient attractif.
    • Les marchés actions sont surévalués. Le S&P 500 et le CAC 40 flirtent avec des records, mais les fondamentaux économiques ne suivent pas. Beaucoup d’investisseurs commencent à réduire leur exposition aux actions pour se tourner vers l’or.

    Alors, faut-il s’attendre à une explosion des prix ? Probablement. Les analystes de Goldman Sachs prévoient un cours de 2 500 dollars l’once d’ici fin 2026. D’autres, comme ceux de Bank of America, tablent sur 3 000 dollars. En euros, cela donnerait un cours de 2 300 à 2 800 euros l’once – contre environ 1 900 euros en novembre 2025.

    Le vrai risque ? Que les États décident de réguler (ou de taxer) plus lourdement l’or. En France, la taxe sur les plus-values pour les métaux précieux est déjà de 36,2 % (19 % de plus-value + 17,2 % de prélèvements sociaux). En Italie, elle est de 26 %. En Allemagne, l’or est exonéré de TVA, mais pas de taxe sur les plus-values. Si les prix montent trop, les gouvernements pourraient être tentés d’alourdir la fiscalité.

    Conclusion : l’or, une assurance contre l’incertitude

    En 2025, l’or n’est plus un placement exotique. C’est une assurance. Une protection contre l’inflation, les crises monétaires et les krachs boursiers. Ce n’est pas un hasard si les banques centrales en achètent des tonnes, ou si les particuliers reviennent vers ce métal après des années de désamour.

    Faut-il en acheter ? Oui, mais intelligemment. Pas question de tout miser sur l’or – la diversification reste la règle d’or (sans jeu de mots). Mais en avoir 5 à 10 % de son patrimoine en or physique, c’est une sage précaution.

    Et si vous ne savez pas par où commencer, achetez une chaîne en or. Pas pour la porter (quoi que…), mais pour avoir un actif tangible, liquide, et universel. Dans un monde où les monnaies papier perdent de leur valeur chaque jour, l’or reste le seul vrai argent.

    Bref. Achetez de l’or. Mais n’oubliez pas de garder un peu d’argent métal aussi. Parce que quand l’or monte, l’argent monte encore plus fort.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • Le plan Trump pour Gaza, entre illusions diplomatiques et réalités géopolitiques
    Le plan Trump pour Gaza, entre illusions diplomatiques et réalités géopolitiques
    L’ultimatum de Trump au Hamas en octobre 2025 a provoqué un retournement stratégique inattendu : le Hamas a accepté conditionnellement le plan, plaçant Israël dans une position inconfortable. Cette manœuvre diplomatique révèle les failles d’une approche unilatérale qui ignore les réalités du terrain palestinien.

    Quand Donald Trump a lancé son ultimatum au Hamas début octobre 2025, personne n’avait anticipé la réponse palestinienne. Loin de rejeter en bloc les propositions américaines, le mouvement de résistance a joué un coup de maître diplomatique en acceptant conditionnellement le plan de paix.

    Cette acceptation nuancée a immédiatement mis Israël et les États-Unis dans l’embarras. Comment refuser un accord que l’on a soi-même proposé ? Comment justifier la poursuite des opérations militaires quand l’adversaire tend la main ?

    Je l’ai écrit dès le début : cette énorme énième connerie allait se retourner contre Trump. On ne peut pas « imposer la paix » en Palestine en éliminant les Palestiniens. Les faits me donnent raison aujourd’hui.

    Le Hamas joue la carte diplomatique

    L’acceptation conditionnelle du plan Trump par le Hamas constitue un tournant stratégique majeur. En se positionnant comme la partie raisonnable, le mouvement palestinien a inversé les rôles traditionnels dans cette négociation.

    Les conditions posées par le Hamas sont claires : maintien de ses capacités défensives, garanties sur la reconstruction de Gaza, et surtout, refus catégorique du désarmement. Ces exigences, loin d’être déraisonnables, s’appuient sur des décennies d’expérience palestinienne face aux promesses non tenues.

    Cette stratégie révèle une maturité politique remarquable. Plutôt que de rejeter frontalement les propositions américaines, le Hamas les retourne contre leurs auteurs. Trump se retrouve désormais dans l’obligation de livrer sa « médaille Nobel » promise, mais avec des partenaires israéliens peu enclins à accepter un cessez-le-feu durable.

    Sur les réseaux sociaux hébreux, la frustration est palpable. Les commentaires que j’ai pu observer témoignent d’une incompréhension totale face à cette manœuvre palestinienne. Comment accepter que l’ennemi dicte les termes de la paix ?

    Les failles béantes du plan américain

    L’analyse du plan Trump révèle des lacunes criantes qui trahissent une méconnaissance profonde des réalités palestiniennes. La question du logement constitue l’exemple le plus flagrant de cette myopie politique.

    Dans le plan de Trump, il n’y a absolument rien à propos de la reconstruction des dizaines de milliers de bâtiments résidentiels détruits par Israël. Où et comment vont se loger les centaines de milliers de Gazaouis qui remontent vers le nord ? Cette question fondamentale reste sans réponse.

    Les infrastructures détruites représentent un défi colossal. Hôpitaux, écoles, universités, réseaux d’eau et d’électricité : tout doit être reconstruit. Selon les estimations de l’ONU, le coût de la reconstruction dépasse les 40 milliards de dollars. Qui va payer ? Avec quels matériaux ? Selon quel calendrier ?

    Cette absence de vision concrète révèle l’approche superficielle de l’administration américaine. Croire qu’un cessez-le-feu suffit à résoudre un conflit vieux de plusieurs décennies relève de la naïveté politique la plus élémentaire.

    Israël pris au piège de sa propre stratégie

    L’acceptation conditionnelle du Hamas place Israël dans une position délicate. Refuser un accord négocié par son principal allié reviendrait à avouer que l’objectif n’a jamais été la paix, mais l’élimination pure et simple de la résistance palestinienne.

    Les bombardements qui continuent malgré les négociations illustrent cette contradiction. Des Gazaouis qui avaient réussi à survivre jusqu’à aujourd’hui sont tirés comme des pigeons en plein plan de paix de Trump, pendant le cessez-le-feu, alors que les otages ne sont même pas encore tous libérés.

    Cette stratégie révèle les véritables intentions israéliennes. Plutôt que d’accepter une coexistence négociée, l’État hébreu préfère maintenir la pression militaire, espérant obtenir par la force ce que la diplomatie ne peut lui offrir.

    Le gouvernement Netanyahu se trouve pris entre les exigences américaines de respecter l’accord et les pressions de son opinion publique, majoritairement opposée à tout compromis avec le Hamas. Cette contradiction interne paralyse la prise de décision israélienne.

    La résistance palestinienne au-delà du Hamas

    Une réalité échappe totalement aux planificateurs américains : la résistance palestinienne ne se limite pas au Hamas. Au moment où cette organisation cesserait d’exister, une autre organisation de résistance contre l’oppression israélienne et désormais israélo-américaine va émerger inexorablement.

    Cette dynamique s’appuie sur des ressorts historiques profonds. Chaque génération de Palestiniens produit ses propres formes de résistance, adaptées au contexte de l’époque. L’élimination d’un mouvement n’a jamais mis fin à l’aspiration palestinienne à la liberté.

    Les exemples historiques abondent. L’OLP des années 1970 a succédé aux mouvements nationalistes arabes des années 1950. Le Hamas des années 1980 a émergé de l’échec des stratégies laïques. Chaque défaite apparente a généré de nouvelles formes d’organisation.

    Jusqu’à la libération de la Palestine, il me semble évident que jamais la résistance palestinienne ne va remettre les armes. Cette évidence échappe pourtant aux dirigeants politiques qui imaginent pouvoir résoudre le conflit par la force.

    L’évolution de l’opinion publique internationale

    Le conflit de Gaza a provoqué un basculement majeur de l’opinion publique mondiale. Ce mouvement de fond va continuer de progresser partout, rendant la position israélo-américaine de plus en plus intenable.

    Les réseaux sociaux ont joué un rôle déterminant dans cette évolution. Les images en temps réel des bombardements, les témoignages directs des Gazaouis, la documentation des crimes de guerre ont créé une conscience planétaire du drame palestinien.

    Cette prise de conscience dépasse les clivages politiques traditionnels. Des personnalités conservatrices rejoignent désormais la critique de la politique israélienne. Même aux États-Unis, bastion historique du soutien à Israël, des voix s’élèvent pour dénoncer l’inconditionnalité de l’alliance.

    La reconnaissance de la Palestine par Emmanuel Macron s’inscrit dans cette dynamique. Malgré les pressions considérables, le président français a eu le courage de franchir cette ligne rouge diplomatique, ouvrant la voie à d’autres reconnaissances européennes.

    Les enjeux géopolitiques régionaux

    Au-delà du conflit israélo-palestinien, les tensions régionales continuent de s’amplifier. L’Iran observe attentivement l’évolution de la situation, prêt à exploiter toute faiblesse américaine ou israélienne.

    Les pays arabes modérés se trouvent dans une position délicate. Leur rapprochement avec Israël, amorcé avec les accords d’Abraham, devient politiquement coûteux face à l’indignation populaire suscitée par les images de Gaza.

    Cette évolution pourrait déboucher sur la constitution d’une organisation secrète clandestine par les différents services spécialisés des nations arabes pour prélever les responsables du génocide des Palestiniens, où qu’ils se cachent dans le monde. Une hypothèse qui n’a rien d’irréaliste au vu de l’escalade actuelle.

    La Russie et la Chine profitent de cette instabilité pour renforcer leur influence régionale. Moscou se positionne comme médiateur alternatif, tandis que Pékin développe ses relations économiques avec l’Iran et les pays arabes.

    Perspectives d’avenir : vers une nouvelle donne ?

    Absolument aucun problème de fond n’est réglé en Palestine, encore moins à Gaza. Le conflit israélo-palestinien est très loin d’être résolu, quelles que soient les déclarations optimistes des diplomates américains.

    L’acceptation conditionnelle du Hamas ne constitue qu’une étape tactique dans une stratégie de long terme. Le mouvement palestinien a compris qu’il pouvait retourner la pression diplomatique contre ses adversaires, sans pour autant renoncer à ses objectifs fondamentaux.

    De façon absolument évidente, Israël ne connaîtra pas la paix tant qu’il maintiendra sa politique d’occupation et d’expansion territoriale. Aucun accord technique ne peut masquer cette réalité géopolitique fondamentale.

    L’émergence d’une droite française pro-palestinienne pourrait modifier l’équilibre politique européen. Cette évolution, que j’appelle de mes vœux, permettrait de sortir du clivage gauche-droite traditionnel sur cette question.

    Dans les décennies à venir, énormément de musulmans vont encore être tués un peu partout sur la planète, à un rythme qui va s’accélérer. Les nations musulmanes n’ont pas pleinement conscience de ce qui va arriver. Cette réalité tragique dépasse largement le cadre palestinien.

    Le plan Trump, malgré ses intentions affichées, ne fait qu’illustrer les limites de l’approche unilatérale américaine au Moyen-Orient. Entre illusions diplomatiques et réalités géopolitiques, l’écart reste béant. La paix en Palestine nécessitera bien plus qu’un simple cessez-le-feu négocié dans l’urgence électorale.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Brett Wharton / Unsplash

  • Trump a volé un tanker chinois, la guerre économique passe à l’abordage
    Trump a volé un tanker chinois, la guerre économique passe à l’abordage
    En pleine crise énergétique mondiale, Donald Trump a fait intercepter le M/T Centuries, un super-pétrolier chinois transportant 2 millions de barils de pétrole vénézuélien. Officiellement, il s’agit d’une opération de « sécurité nationale ». En réalité, c’est un coup de poker dans la guerre économique qui oppose Washington à Pékin depuis des années. Avec des conséquences imprévisibles pour le commerce maritime et les équilibres géopolitiques.

    Un tanker nommé Centuries : l’histoire d’un vol en haute mer

    Le 20 décembre 2025, le monde découvre avec stupéfaction que les États-Unis ont intercepté le M/T Centuries, un super-pétrolier battant pavillon panaméen mais propriété de la China National Petroleum Corporation (CNPC). Ce navire transportait 2 millions de barils de pétrole brut vénézuélien, une cargaison d’une valeur estimée à plus de 150 millions de dollars au cours actuel du Brent.

    Les images diffusées par les médias américains montrent des hélicoptères MH-60 Seahawk survolant le tanker, tandis que des commandos des Coast Guards montent à bord. Officiellement, l’opération est présentée comme une « mesure de sécurité nationale » pour empêcher le contournement des sanctions américaines contre le Venezuela. Mais dans les faits, personne n’est dupe : il s’agit d’un acte de piraterie économique, orchestré au plus haut niveau de l’État.

    Le M/T Centuries n’est pas un navire lambda. Avec ses 330 mètres de long et sa capacité de 320 000 tonnes, c’est l’un des plus grands pétroliers au monde. Construit en 2018 par le chantier naval chinois Dalian Shipbuilding, il est conçu pour transporter du pétrole sur de très longues distances. Son interception en pleine mer des Caraïbes marque un tournant dans la stratégie américaine vis-à-vis de la Chine.

    Pourquoi ce navire en particulier ? Parce qu’il symbolise à lui seul les tensions croissantes entre les deux superpuissances. Le pétrole vénézuélien qu’il transportait était destiné à la Chine, malgré les sanctions américaines. En l’interceptant, Washington envoie un message clair : aucun contournement des restrictions ne sera toléré, même si cela signifie violer le droit international.

    Le contexte : une guerre économique qui ne dit pas son nom

    Cette interception n’est pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de pression économique contre la Chine, qui s’est intensifiée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2025. Depuis des années, les États-Unis multiplient les mesures pour affaiblir l’économie chinoise : taxes douanières, restrictions sur les exportations de semi-conducteurs, sanctions contre les entreprises technologiques, et maintenant, l’interception de cargaisons stratégiques.

    Le pétrole vénézuélien est au cœur de cette bataille. Depuis 2019, les États-Unis imposent des sanctions strictes contre le régime de Nicolás Maduro, interdisant aux entreprises américaines d’acheter du pétrole vénézuélien. Mais la Chine, elle, a continué à importer massivement ce pétrole, souvent à prix réduit. En 2024, le Venezuela a exporté près de 600 000 barils par jour vers la Chine, soit environ 20 % de sa production totale. Ces exportations sont vitales pour Caracas, qui dépend à 95 % des revenus pétroliers pour son budget.

    En interceptant le M/T Centuries, Trump frappe donc deux cibles d’un seul coup : il prive le Venezuela de revenus essentiels, et il envoie un avertissement à la Chine. Le message est simple : si vous continuez à commercer avec nos ennemis, nous nous réservons le droit de saisir vos cargaisons.

    Mais cette stratégie comporte des risques. D’abord, elle viole clairement le droit international. La Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) interdit les interceptions de navires en haute mer, sauf dans des cas très spécifiques comme la piraterie ou le trafic d’armes. Or, le M/T Centuries transportait du pétrole, pas des armes de destruction massive. Ensuite, elle risque de provoquer des représailles de la part de la Chine, qui pourrait à son tour saisir des navires américains ou imposer des sanctions contre des entreprises américaines.

    Pourquoi Canal Street ? Le symbole d’une politique musclée

    Le 22 octobre 2025, deux mois avant l’interception du M/T Centuries, Donald Trump avait déjà marqué les esprits en déployant des forces paramilitaires autour d’un Lenco BearCat sur Canal Street, à New York. Officiellement, il s’agissait de « débusquer les vendeurs à la sauvette de maroquinerie chinoise ». En réalité, cette opération spectaculaire était un coup de communication, destiné à montrer que l’administration Trump ne reculerait devant rien pour protéger les intérêts américains.

    Le Lenco BearCat est un véhicule blindé utilisé par les forces de l’ordre pour les interventions à haut risque. Le voir patrouiller dans les rues de Manhattan pour traquer des vendeurs ambulants a choqué plus d’un observateur. Mais pour Trump, il s’agissait d’un message : même les petits trafics, même les importations illégales de produits chinois, seront réprimés avec la plus grande fermeté.

    Cette opération sur Canal Street préfigurait celle du M/T Centuries. Dans les deux cas, Trump a utilisé la force pour marquer les esprits et montrer qu’il ne reculerait devant rien pour imposer sa vision de l’Amérique. Que ce soit contre des vendeurs à la sauvette ou contre un super-pétrolier, la méthode est la même : frapper fort, frapper vite, et laisser les autres pays gérer les conséquences.

    Mais cette approche a un coût. En agissant de manière unilatérale, sans concertation avec ses alliés, Trump isole les États-Unis sur la scène internationale. L’Union européenne, traditionnellement proche de Washington, a déjà exprimé ses réserves sur cette politique de « mainmise économique ». Même certains pays alliés, comme le Japon ou la Corée du Sud, commencent à s’inquiéter des répercussions de ces mesures sur leurs propres échanges avec la Chine.

    Les conséquences : une escalade prévisible ?

    L’interception du M/T Centuries pourrait bien être le début d’une nouvelle phase dans la guerre économique entre les États-Unis et la Chine. Plusieurs scénarios sont envisageables :

    • Des représailles chinoises. Pékin pourrait décider de saisir des navires américains ou de bloquer des cargaisons en provenance des États-Unis. La Chine est le premier partenaire commercial de nombreux pays, et elle dispose de leviers économiques puissants pour riposter.
    • Une crise diplomatique. L’ONU et l’Organisation maritime internationale (OMI) pourraient condamner cette interception, ce qui affaiblirait la position des États-Unis sur la scène internationale. Déjà, plusieurs pays, dont la Russie et l’Iran, ont dénoncé une « violation flagrante du droit international ».
    • Une hausse des prix du pétrole. Si la Chine décide de réduire ses importations de pétrole vénézuélien par crainte de nouvelles interceptions, cela pourrait faire monter les prix du brut sur les marchés mondiaux. Une mauvaise nouvelle pour les consommateurs, déjà touchés par l’inflation.
    • Une militarisation accrue des routes maritimes. Si les États-Unis continuent à intercepter des navires chinois, Pékin pourrait décider de renforcer sa présence militaire dans les zones stratégiques, comme le détroit de Malacca ou la mer de Chine méridionale. Ce qui augmenterait les risques de confrontation directe.

    Bref. Personne ne sortira gagnant de cette escalade. Sauf peut-être les marchands d’armes et les stratèges qui voient dans chaque crise une opportunité de renforcer leur influence.

    Le droit international à l’épreuve de la realpolitik

    L’interception du M/T Centuries pose une question fondamentale : le droit international est-il encore pertinent à l’ère des guerres économiques ? Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les nations se sont dotées de règles pour encadrer les relations commerciales et maritimes. La Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS), signée en 1982, est censée protéger la liberté de navigation et interdire les interceptions arbitraires de navires en haute mer.

    Mais ces règles sont de plus en plus souvent bafouées au nom de la realpolitik. Les États-Unis ne sont pas les seuls à jouer ce jeu. La Chine, par exemple, a multiplié les actions unilatérales en mer de Chine méridionale, où elle construit des îles artificielles et revendique des zones économiques exclusives au mépris des décisions de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye. La Russie, elle aussi, a intercepté des navires étrangers en mer Noire, notamment depuis le début de la guerre en Ukraine.

    Dans ce contexte, le droit international ressemble de plus en plus à un vestige du passé, une relique d’une époque où les nations acceptaient encore de se soumettre à des règles communes. Aujourd’hui, chacun fait ce qui lui semble nécessaire pour protéger ses intérêts, quitte à violer les traités qu’il a lui-même signés.

    Pourtant, ces règles ont leur utilité. Elles permettent d’éviter les escalades incontrôlées et de résoudre les conflits par la diplomatie plutôt que par la force. Si elles disparaissent, nous risquons de revenir à une époque où la loi du plus fort prévaut, avec tous les dangers que cela comporte. Le cas du M/T Centuries en est une illustration parfaite : en agissant unilatéralement, les États-Unis ont ouvert la boîte de Pandore. À quel moment la Chine décidera-t-elle de répondre par la force ? Et que se passera-t-il alors ?

    Et maintenant ? Vers une nouvelle doctrine Trump ?

    Avec cette interception, Donald Trump semble vouloir instaurer une nouvelle doctrine en matière de politique étrangère : celle de la « mainmise économique ». L’idée est simple : si un pays ou une entreprise ne respecte pas les intérêts américains, les États-Unis se réservent le droit de saisir ses actifs, où qu’ils se trouvent.

    Cette doctrine n’est pas nouvelle. Elle rappelle les pratiques des grandes puissances coloniales du XIXe siècle, qui n’hésitaient pas à envoyer leurs canonnières pour protéger leurs intérêts commerciaux. Mais elle marque une rupture avec la politique américaine des dernières décennies, qui privilégiait la diplomatie et les sanctions économiques plutôt que les actions unilatérales.

    Le problème, c’est que cette approche est extrêmement risquée. D’abord, parce qu’elle isole les États-Unis sur la scène internationale. Ensuite, parce qu’elle encourage les autres pays à adopter la même stratégie. Si chaque nation se met à saisir les navires étrangers au nom de ses intérêts, c’est tout le système du commerce international qui s’effondre.

    Enfin, cette doctrine pourrait bien se retourner contre les États-Unis. La Chine, par exemple, pourrait décider de saisir des actifs américains en représailles. Et si les entreprises américaines commencent à subir des pertes à cause de ces mesures, elles pourraient faire pression sur le gouvernement pour qu’il change de stratégie.

    Bref. Trump joue avec le feu. Et comme souvent, ce sont les citoyens ordinaires qui en paieront le prix.

    Conclusion : un coup de poker aux conséquences imprévisibles

    L’interception du M/T Centuries n’est pas un simple fait divers. C’est un acte de guerre économique, qui marque une escalade sans précédent dans les tensions entre les États-Unis et la Chine. En agissant de manière unilatérale, Donald Trump a pris un risque énorme : celui de déclencher une spirale de représailles qui pourrait déstabiliser l’économie mondiale.

    Pour l’instant, la Chine n’a pas réagi. Mais personne ne croit que Pékin restera les bras croisés. La question n’est pas de savoir si la Chine ripostera, mais quand et comment. Et si cette riposte prend la forme d’une saisie de navires américains, ou d’un blocus des ports chinois, les conséquences pourraient être dramatiques.

    Une chose est sûre : cette affaire a révélé au grand jour les limites du droit international. Dans un monde où chaque nation agit selon ses propres intérêts, les règles communes n’ont plus beaucoup de poids. Et si cette tendance se poursuit, nous risquons de revenir à une époque où la loi du plus fort prévaut, avec tous les dangers que cela comporte.

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’année 2025 s’annonce mouvementée. Et si vous pensiez que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine était déjà intense, attendez-vous à ce que les choses empirent. Parce que quand les grandes puissances commencent à jouer à ce jeu-là, tout le monde finit par perdre.

    Pour aller plus loin

    Sources et références