La France face à la Russie : chronique d’un engrenage militaire annoncé
a crowd of people holding flags and signs
L’escalade rhétorique entre Paris et Moscou atteint des sommets inédits en ce début 2024, avec des accords de défense bilatéraux qui font de facto entrer l’Ukraine dans l’OTAN. La France prend le leadership d’une coalition européenne de plus en plus ouvertement hostile à la Russie, dans un contexte où le conflit ukrainien révèle les fractures profondes du système occidental.

Je regarde avec stupéfaction la vitesse à laquelle nous glissons vers l’abîme. Chaque jour qui passe, chaque déclaration politique, chaque accord signé nous rapproche un peu plus d’une confrontation directe entre la France et la Russie. Ce qui n’était qu’une « opération spéciale » il y a deux ans est en train de devenir le prélude à quelque chose de bien plus vaste et de bien plus dangereux.

Les Ukrainiens, chair à canon de l’Occident

Commençons par dire les choses clairement : les Ukrainiens sont en train de découvrir qu’ils servent de bouclier humain à une Europe qui refuse de se salir les mains. J’ai plusieurs amis ukrainiens qui se cachent actuellement loin de chez eux, loin de leurs femmes et de leurs enfants, pour échapper aux « recruteurs ». La mobilisation forcée bat son plein, et pendant ce temps, nous autres Européens continuons notre petite vie tranquille.

Le cynisme atteint des sommets quand j’entends nos dirigeants admettre ouvertement que les Ukrainiens « tombent pour nous préserver d’une guerre ». C’est dégueulasse. On leur raconte des mensonges depuis 10 ans, on leur fait miroiter une adhésion à l’UE qui n’arrivera jamais dans des conditions acceptables, et on les pousse à se battre jusqu’au dernier homme contre la Russie.

La réalité sur le terrain est terrible. Chaque adulte ukrainien déplacé de l’Est vers l’Ouest ne reçoit qu’une aide dérisoire de 2000 hryvnias par mois – environ 50 euros – pour survivre. Et même cette maigre allocation est menacée. Pendant ce temps, l’Europe vient de débloquer 50 milliards d’euros pour l’Ukraine. Faites le calcul : chaque Européen actif vient de faire un chèque d’environ 1500 euros au gouvernement ukrainien.

Sur ces 50 milliards, combien seront détournés par la corruption ? Je parie sur au moins 500 millions d’euros, soit 1%, qui disparaîtront dans les poches d’une myriade d’intermédiaires. C’est le prix de notre hypocrisie collective.

L’OTAN par la porte de derrière

Le 16 février 2024 restera comme une date charnière. En signant des accords de défense bilatéraux avec l’Ukraine, l’Allemagne et la France ont franchi une ligne rouge. Pour moi, c’est clair : l’Ukraine est désormais entrée dans l’OTAN, d’une manière détournée certes, mais c’est incontestable.

Ces accords font de la France un cobelligérant dans le conflit. Il faut cesser l’hypocrisie : nous sommes désormais un ennemi déclaré de la Russie. Putin ne peut pas l’interpréter autrement. C’est presque une déclaration de guerre, en mode soft.

La conférence de presse du président Macron du 16 février marque un grand pas vers l’engagement direct de la France dans la guerre contre la Russie. Ce n’est plus qu’une question de temps. Les derniers réglages avant l’engagement militaire de la coalition européenne sont en cours.

Une escalade calculée

Pourquoi cette soudaine montée en puissance ? J’ai ma petite idée. La France prend le leadership de la coalition européenne contre la Russie en se basant sur deux éléments :

  • La France est LA puissance nucléaire incontournable en Europe
  • Des renseignements militaires suggèrent que le parc nucléaire russe pourrait être moins opérationnel qu’annoncé

Macron sait que la France va devoir entrer en guerre contre la Russie. L’état-major français est parfaitement conscient qu’à un moment, ce sera la France contre la Russie, pour des raisons de niveau de puissance militaire et d’armement.

L’affaire Navalny : le prétexte parfait ?

La mort d’Alexeï Navalny le 16 février tombe à pic. Trop bien même. Je ne crois pas une seconde que Putin ait donné l’ordre de l’assassiner. Navalny était un prisonnier VIP, bénéficiant de conditions similaires au standard occidental. Il était la meilleure carte de négociation de Putin.

Pourtant, le corps est encore chaud que tous les dirigeants occidentaux savent déjà que c’est Putin le coupable. Sans aucune source fiable. Comment le savent-ils ? Pourquoi cette certitude immédiate ?

Permettez-moi une hypothèse provocatrice : si la disparition de Prigojine pouvait être un deal secret avec Putin, pourquoi exclure que celle de Navalny ne le soit pas également ? Le timing est trop parfait, trop opportun pour l’escalade occidentale.

Un récit qui ne tient pas

Reprenons le fil : Navalny, principal opposant de Putin, se fait empoisonner. Il fuit en Allemagne, principale base militaire américaine en Europe, où il survit miraculeusement. Puis il retourne en Russie, où il se fait immédiatement arrêter. Et maintenant, il meurt en prison, juste au moment où l’Occident cherche un prétexte pour escalader.

C’est un scénario tellement parfait qu’il en devient suspect. La propagande russophobe bat son plein, mais qui cherche vraiment la vérité ?

La perspective russe : une main tendue ignorée

L’interview de Putin par Tucker Carlson début février est probablement l’événement politique le plus important de ces 50 dernières années. Pour moi, nous avons assisté à une ultime tentative amiable de sortir de la guerre. C’était une énième main tendue par Putin pour tenter de trouver une issue négociée.

Mais cette main tendue a été ignorée. Pire, elle a été suivie d’une escalade sans précédent. Les dirigeants occidentaux peuvent tous aller se cacher après ça.

De mon point de vue, Putin n’est absolument pas l’ennemi de l’Europe. Il ne l’a jamais été, ne le sera jamais. Il sera même l’un des plus grands partenaires des Européens après la guerre. Mais pour l’instant, nous fonçons tête baissée vers la confrontation.

Les conséquences à venir : un engrenage infernal

Les choses sont désormais claires. La Russie va devoir réagir. Comme la meilleure défense reste l’attaque, j’estime que :

  • La Russie va frapper des intérêts français en premier
  • Des bases militaires OTAN en dehors de l’Ukraine vont être neutralisées
  • Un jour, la Russie neutralisera des éléments français, peut-être même sur le territoire français

C’est inévitable. Nous provoquons cette situation. Tous les observateurs attentifs l’ont déjà intégré. Personne ne sait quand, mais ça arrivera.

Putin est désormais obligé de montrer et de rappeler qui est le patron. L’escalade occidentale ne va pas cesser. Il arrivera un moment critique où il faudra fournir de la chair à canon sur les lignes de front. Et devine qui sera appelé ? Nos enfants.

L’effondrement économique comme arme

Au-delà du militaire, la Russie dispose d’autres leviers. J’estime qu’elle peut provoquer l’effondrement de l’économie européenne, notamment française et allemande. Les sanctions ? Une vaste blague. Les dirigeants occidentaux se pavanent à Kiev en faisant croire que des sanctions strictes sont en place, mais la réalité est tout autre.

Pendant ce temps, chaque Européen s’appauvrit. Les 50 milliards pour l’Ukraine, c’est autant de moins pour nos hôpitaux, nos écoles, nos retraites. « Il faut vite trouver 3 milliards à envoyer en Ukraine » pendant qu’on nous serre la ceinture.

Une question dérangeante : surestime-t-on Putin ?

Permettez-moi de poser une question importante : est-ce que nous surestimons la puissance militaire de Putin ? C’est une interrogation légitime qui mérite réflexion.

D’un côté, la Russie peine en Ukraine depuis deux ans. De l’autre, elle tient tête à toute la coalition occidentale. La vérité est probablement entre les deux. Mais une chose est sûre : jouer avec le feu nucléaire est une folie.

Si l’Occident sent qu’il est en vrai danger face à la Russie et à la Chine – et c’est déjà le cas économiquement – une tentative de prendre la main par le feu nucléaire sera envisagée. C’est ma plus grande crainte.

L’Ukraine après l’illusion européenne

Les Ukrainiens vont bientôt découvrir ce qu’est vraiment l’Europe. L’opinion publique ukrainienne est déjà en train de changer, et ça va très vite. Les premiers signaux sont là et ça va s’amplifier. Les gens en ont marre de cette guerre sans fin.

Après avoir découvert la réalité de l’UE, ils vont se mettre à genoux pour retravailler avec la Russie. C’est cynique, mais c’est la réalité géopolitique. L’Ukraine est condamnée par sa géographie à composer avec son grand voisin.

Les États-Unis abandonneront l’Ukraine, je l’ai écrit dès les premiers jours du conflit. Le sort de dizaines de millions d’Ukrainiens et de centaines de millions d’Européens s’est joué sur une décision entre Zelensky et Johnson, deux clowns, l’un au propre, l’autre au figuré.

Un avenir sombre pour l’Europe

C’est une très mauvaise nouvelle pour les Ukrainiens qui partent pour au moins 4 nouvelles années de guerre, et pour tous les Européens qui vont s’appauvrir comme jamais auparavant. La France ne prépare pas sa population à la guerre, désormais pratiquement inévitable, contre la Russie.

Faudrait-il envisager d’élargir l’Europe à la Russie ? L’idée peut paraître folle aujourd’hui, mais après le chaos qui s’annonce, ce sera peut-être la seule solution. EURSS, EURASIE… les cartes vont être rebattues.

En attendant, je prie tous les jours pour que la guerre cesse en Ukraine et en Russie. Mais tous les jours, c’est pire. Nous sommes sur une trajectoire de collision, et nos dirigeants accélèrent au lieu de freiner.

J’estime désormais que Biden mais aussi Trump mourront AVANT Putin. C’est dire si cette guerre risque de durer. Et nous, Européens, nous serons les grands perdants de cette folie collective.

Bref. On a plus qu’à espérer que la Russie et la Chine ensemble soient aussi costauds qu’on l’imagine. Sinon, c’est toute notre civilisation qui risque de partir en fumée.

Pour aller plus loin

Sources et références

Photo : Yohan Marion / Unsplash

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