Étiquette : protectionnisme

  • Le vrai Donald Trump, président hors-norme en action
    Le vrai Donald Trump, président hors-norme en action
    Donald Trump révèle progressivement sa vraie personnalité présidentielle : un dirigeant qui privilégie l’attaque frontale, contourne les médias traditionnels via Twitter et applique un protectionnisme économique agressif. Cette approche radicale transforme profondément l’exercice du pouvoir à la Maison Blanche.

    Nous voilà face au « vrai Donald ». Celui qui émerge après les premiers mois à la Maison Blanche n’a plus rien à voir avec le candidat que certains espéraient voir s’assagir une fois élu. Trump révèle sa nature profonde : un président qui fait exploser tous les codes établis.

    Je l’observe depuis son investiture. Ce qui frappe, c’est cette constance dans la rupture. Là où ses prédécesseurs cherchaient le consensus, lui privilégie l’affrontement. Où ils ménageaient les susceptibilités, lui fonce tête baissée.

    Le « vrai Donald » nous offre un spectacle présidentiel inédit. Et franchement, on n’avait jamais vu ça.

    La stratégie de l’attaque frontale permanente

    Trump a choisi une méthode qui défie toute logique politique classique : l’attaque frontale, très violente, tout de suite, et de très haut. Cette approche se manifeste dans tous ses dossiers, des relations avec la presse aux négociations commerciales internationales.

    Prenez sa gestion des médias. Contrairement à tous ses prédécesseurs qui cherchaient à amadouer la presse, Trump a déclaré la guerre ouverte aux journalistes dès ses premiers jours. Il prend un gros risque en « pissant sur les journalistes » comme je l’écrivais en janvier. Cette corporation est très puissante, elle peut saboter en profondeur.

    Mais Trump semble convaincu de pouvoir remplacer « les médias, la presse, le journalisme » par Twitter. Une stratégie de contournement total des intermédiaires traditionnels. Revolutionary ? Dangereux ? Les deux probablement.

    Cette méthode s’étend à sa diplomatie économique. En seulement deux petits tweets, il s’est mis le Mexique et le Japon sur le dos en janvier. Menacer publiquement Toyota n’était peut-être pas la bonne stratégie, mais c’est révélateur de son approche : frapper fort, frapper vite, négocier ensuite.

    Le protectionnisme trumpien : révolution ou chaos ?

    Le « vrai Donald » met progressivement en place son protectionnisme. Mais attention aux amalgames : ce n’est sûrement pas le protectionnisme intelligent qu’on aurait pu espérer. C’est du protectionnisme brut, agressif, qui menace toute l’économie mondiale ouverte.

    Sa déclaration selon laquelle « les Américains vont devoir consommer les produits américains » fait froid dans le dos. Si Trump ne taxe pas rapidement l’importation des produits fabriqués en dehors des USA, il aura bien enfumé tout le monde. Mais s’il le fait, le pouvoir d’achat des Américains va rapidement s’effondrer.

    La probabilité que Trump pratique un protectionnisme à l’encontre des intérêts européens est quasiment maximale. Et si Trump fait ça, nous voilà dans la merde pour 30 ans. Le rééquilibrage qu’il promet pourrait bien tourner au chaos économique global.

    Regardez le cas Whirlpool : l’entreprise ne devrait pas rester très longtemps en Pologne car Trump va certainement rapatrier l’usine aux USA. C’est logique dans sa vision : comme c’est une boîte américaine, il l’aurait rapatriée de gré ou de force de toute façon.

    Un président expérimental face aux institutions

    Ce qui me frappe, c’est que Trump commence avec la CIA, le FBI et la NSA sur le dos, à l’intérieur même de son propre système. Situation inédite pour un président américain. Les Services ont éventuellement des dossiers contre lui – on se souvient du fameux rapport de 35 pages sur l’affaire « Golden Shower » avec la Russie.

    Cette situation de défiance mutuelle avec ses propres services de renseignement crée un climat de tension permanent. Trump a demandé à ses Agences de lui faire des propositions d’ici 90 jours pour « stopper définitivement le piratage ». Mais peut-on vraiment collaborer efficacement quand la confiance est rompue dès le départ ?

    Trump à la Maison Blanche, c’est un truc expérimental. Il faut regarder positivement ce que ça peut donner et être optimiste. Mais je pense que ça ne se passera pas bien du tout avec Trump. Espérons que je me trompe.

    On va voir très clair dans le potentiel de Trump ces 100 prochains jours. Il faut regarder attentivement et espérer. Mais les signaux ne sont pas rassurants.

    Les promesses en action : entre audace et improvisation

    Le « vrai Donald » veut être « le plus grand producteur d’emploi que le Bon Dieu ait jamais créé ». Ambitieux. Il a annoncé qu’il pourrait réduire les réglementations de 75% « ou peut-être plus ». Révolutionnaire.

    Sur la santé, Trump a promis de supprimer Obamacare « dans l’heure qui suit l’installation de son Ministre de la Santé » pour le remplacer par un système « moins coûteux, plus juste et plus efficace ». Le Trumpcare en somme. Mais pour résumer, on ne sait rien de ce que Trump va faire concrètement.

    Le mur avec le Mexique ? Il va l’ordonner d’un moment à l’autre. Les territoires amérindiens du Dakota ? Il n’en a rien à battre, « ces territoires sont occupés par les Américains désormais ». Brutal mais cohérent avec sa vision.

    Ce qui m’inquiète, c’est ce que fera Trump avec l’assouplissement quantitatif à terme. Les conséquences monétaires de sa politique pourraient être désastreuses.

    Un piège pour ses alliés européens ?

    Trump est éventuellement un immense piège pour le Front National, s’il se montre très mauvais sur quelques dossiers dans les prochains mois. J’estime probable que même Marine Le Pen pourrait être amenée à douter du vrai Donald, et à court terme.

    Le risque géopolitique que représente Trump a atteint un niveau écarlate. Je comprends qu’un type comme Trump passionne par sa fougue et son originalité, mais les conséquences de ses décisions dépassent largement les frontières américaines.

    Il pourrait même rendre la vie plus compliquée aux Français d’origine africaine souhaitant visiter les USA. Ses décisions sur l’immigration et les contrôles douaniers s’annoncent drastiques.

    Trump pourrait même réengager les USA en Irak, de façon plus massive. « Pour finir le boulot » comme il l’a laissé entendre. What the fuck, real Donald ?

    Le rééquilibrage par le chaos

    Quelque part, le vrai Donald va produire une forme de rééquilibre, à son insu. C’est pour ça que j’aime bien le vrai Donald : il va produire beaucoup de choses négatives qui, de l’autre côté, vont s’avérer positives.

    Les Américains méritent ce vrai Donald, ils le méritent 1000 fois. C’est bien fait pour eux. Après des décennies d’hégémonie mondiale parfois arrogante, ils se retrouvent avec un président qui incarne leurs propres excès.

    Le vrai Donald, c’est pas un kéké quand même. C’est un vrai requin. On va vraiment halluciner, je crois. Sa méthode de gouvernance bouscule tellement les habitudes qu’elle pourrait paradoxalement forcer le monde à repenser ses équilibres.

    Tout ce que le vrai Donald va prendre, sera pris. Cette phrase résume parfaitement sa philosophie : la force prime sur la négociation, l’action sur la réflexion.

    Nous assistons à une expérience politique grandeur nature. Trump nous révèle sa vraie nature : un président qui gouverne comme il a fait campagne, sans filtre, sans compromis. Le « vrai Donald » est là, pour le meilleur et surtout pour le pire. Reste à voir si l’Amérique – et le monde – survivront à cette expérience.

    Pour aller plus loin

  • La France de 2013 : entre chaos politique et surveillance généralisée
    La France de 2013 : entre chaos politique et surveillance généralisée
    La France de 2013 vit une crise politique et sociétale majeure, marquée par des scandales à répétition, des divisions profondes sur le mariage pour tous et la montée d’une défiance généralisée envers nos institutions. Cette période révèle l’ampleur du fossé entre les élites et le peuple, dans un contexte de surveillance globalisée qui remet en question notre souveraineté même.

    Nous sommes fin mai 2013, et je regarde la France se déchirer comme rarement. Entre les scandales politiques qui s’accumulent, les manifestations massives qui divisent le pays et les révélations sur la surveillance généralisée, j’ai le sentiment que nous vivons un tournant historique. Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement les clivages traditionnels gauche-droite. C’est l’âme même de notre République qui vacille.

    L’effondrement de la confiance politique

    L’affaire Cahuzac a été le détonateur. Un ministre du Budget fraudeur fiscal, c’est le symbole parfait de la déconnexion totale entre nos élites et la réalité du pays. Mais au-delà du cas personnel de Jérôme Cahuzac, c’est tout un système qui est mis à nu. Comment peut-on demander des efforts aux Français quand ceux qui sont censés donner l’exemple trichent avec le fisc ?

    François Hollande, élu il y a un an sur la promesse d’être un « président normal », voit sa cote de popularité s’effondrer. Les sondages le donnent entre 26 et 29% d’opinions favorables. Du jamais vu pour un président si tôt dans son mandat. La gauche au pouvoir semble tétanisée, incapable de proposer une vision claire pour sortir le pays de la crise.

    Face à cette débâcle, l’opposition UMP reste étrangement silencieuse. Nicolas Sarkozy cultive un mutisme que je trouve « absurde et irresponsable ». Le pays a besoin de débat, d’alternatives, pas de calculs politiciens. Pendant ce temps, Marine Le Pen et le Front National se frottent les mains. Chaque scandale, chaque renoncement, chaque lâcheté politique fait le lit de l’extrême droite.

    La nécessité d’une refonte démocratique

    Ce qui me frappe, c’est l’obsolescence de nos outils démocratiques. Nous sommes en 2013, à l’ère numérique, et nous fonctionnons encore avec des mécanismes du XIXe siècle. Je milite pour la mise en place d’un vote électronique sécurisé, avec identifiant unique délivré par l’institution publique. Les démocraties modernes nécessitent que les individus puissent massivement voter, créons enfin l’outil !

    Même Barack Obama aux États-Unis est obligé d’admettre que le système américain n’est « peut-être pas vraiment une véritable démocratie ». Si la première puissance mondiale reconnaît ses limites démocratiques, qu’en est-il de nous ?

    Le mariage pour tous : une fracture civilisationnelle

    La loi sur le mariage pour tous cristallise toutes les tensions. Les manifestations se succèdent, rassemblant des centaines de milliers de personnes. Certains parlent même d’un à deux millions de manifestants pour la prochaine mobilisation. Au-delà des chiffres, c’est l’intensité de la mobilisation qui frappe.

    J’ai le sentiment que ces manifestations vont « faire la vie dure aux homos comme jamais ». On a divisé la France pour longtemps ! Ce qui devait être une avancée sociétale se transforme en guerre culturelle. Les positions se radicalisent de part et d’autre, rendant tout dialogue impossible.

    Plus grave encore, cette loi va créer « un écart civilisationnel sans précédent et insurmontable entre l’Occident et le monde arabe ». Dans un contexte géopolitique déjà tendu, nous creusons des fossés là où nous devrions construire des ponts. Cette fracture aura des conséquences durables sur nos relations internationales et notre capacité à dialoguer avec une partie du monde.

    La montée des violences urbaines

    Le 13 mai, les « célébrations » du titre du PSG au Trocadéro ont tourné au chaos. Ce ne sont « absolument PAS que des hooligans » qui ont mis Paris à feu et à sang, mais bien ce que Sarkozy appelait des « racailles ». Des dizaines de milliers de « jeunes excités » de banlieue ont déferlé sur la capitale.

    Le silence assourdissant de la gauche face à ces violences est révélateur. Paralysée par ses contradictions idéologiques, elle refuse de nommer les choses. Pendant ce temps, le Qatar, nouveau propriétaire du PSG, découvre peut-être « ce qu’est la France de 2013″…

    La surveillance généralisée : notre souveraineté en question

    Les révélations d’Edward Snowden confirment « ce que nous savons en Europe depuis plus de 10 ans » : la surveillance automatique par les USA est systématique. Mais les technologies actuelles sont « autrement plus incroyables que celles dévoilées » ! Nous ne mesurons pas encore l’ampleur de cette surveillance.

    Nos journalistes font preuve d’une naïveté confondante. Quand j’évoque des technologies comme HAARP, on me regarde avec des yeux ronds. Cette méconnaissance des enjeux technologiques est dramatique à l’heure où notre souveraineté numérique est en jeu.

    La NSA intercepte nos communications, analyse nos données, profile nos citoyens. Et nous ? Nous débattons du mariage pour tous pendant que les Américains pillent nos secrets industriels et politiques. Cette asymétrie dans la maîtrise des technologies de surveillance pose une question fondamentale : sommes-nous encore un pays souverain ?Le protectionnisme comme solution ?

    Dans ce contexte, la position d’Arnaud Montebourg sur le rachat de Dailymotion est « très intéressante, stratégique et protectionniste ». Enfin quelqu’un qui ose défendre nos intérêts ! Même Hortefeux à l’UMP demande davantage de « protection européenne », même s’il n’ose pas encore prononcer le mot « protectionnisme ».

    Nous devons protéger nos champions numériques, développer nos propres technologies de pointe. Regardez Dubaï qui s’intéresse à nos Renault Twizy ! Nous avons des atouts, des innovations, mais nous les bradons au premier venu par idéologie libre-échangiste.

    Un pays au bord de l’explosion

    La France de mai 2013 est un pays sous tension maximale. Les affaires politiques minent la confiance, les débats sociétaux fracturent la société, les violences urbaines révèlent les failles de notre modèle d’intégration, et la surveillance américaine questionne notre indépendance.

    Valérie Pécresse réclame un budget rectificatif pour 2013. Oui, c’est indispensable ! Mais au-delà des ajustements budgétaires, c’est tout notre modèle qu’il faut repenser. Nous ne pouvons plus continuer avec des recettes du passé face aux défis du présent.

    Les attentats de Boston en avril nous rappellent la fragilité de nos sociétés ouvertes. La piste tchétchène évoquée montre que les menaces sont globales et complexes. Nous devons être vigilants sans tomber dans la paranoïa, fermes sans renoncer à nos valeurs.

    Demain matin, nous saurons si Bernard Tapie sort libre de sa garde à vue ou s’il « termine une partie de sa vie en prison ». Son cas illustre parfaitement l’ambiguïté de notre époque : entre business et politique, entre réussite et corruption, entre admiration et répulsion.

    La France est à la croisée des chemins. Soit nous trouvons la force de nous réinventer, de moderniser notre démocratie, de protéger nos intérêts tout en restant ouverts au monde. Soit nous continuons à nous déchirer sur des sujets secondaires pendant que d’autres décident de notre avenir à notre place.

    Le choix nous appartient encore. Pour combien de temps ?

    Pour aller plus loin

    • « La République des copains » – Enquête sur les réseaux de pouvoir en France (La Découverte, 2012)
    • « La surveillance électronique planétaire » – Rapport du réseau Echelon (Documentation française, 2001)
    • « Le protectionnisme et ses ennemis » – Les Économistes atterrés (Les liens qui libèrent, 2012)
    • « La France périphérique » – Christophe Guilluy (Flammarion, 2010)
    • « Démocratie et technologies numériques » – Dominique Cardon (Seuil, 2010)

    Sources et références

    • Sondages Ifop sur la popularité de François Hollande (avril-mai 2013)
    • Rapports parlementaires sur l’affaire Cahuzac (Commission des finances, 2013)
    • Données du ministère de l’Intérieur sur les manifestations (2013)
    • Documents WikiLeaks sur la surveillance NSA en Europe (2010-2013)
    • Études sociologiques sur les émeutes urbaines en France (INSEE, 2005-2013)

    Photo : Marco Oriolesi / Unsplash