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  • Football féminin : au-delà du politiquement correct, parlons vrai
    Football féminin : au-delà du politiquement correct, parlons vrai
    La Coupe du monde féminine 2019 bat son plein, mais les audiences peinent à décoller malgré la promotion massive. Une réflexion nécessaire sur l’authenticité de l’engouement médiatique versus la réalité du public.

    Nous sommes en pleine Coupe du monde féminine de football. Les médias en parlent, les politiques s’affichent au stade, les marques sponsorisent. Tout le monde semble soudain passionné par le football féminin.

    Mais soyons honnêtes deux minutes : qui regarde vraiment ?

    Les chiffres ne mentent pas

    Je pose la question qui fâche : est-ce qu’il y a des gens que le football féminin intéresse vraiment, au-delà du devoir civique et de la correction politique ?

    Les audiences télé nous donnent une première réponse. Le match d’ouverture France-Corée du Sud a rassemblé 10,9 millions de téléspectateurs sur TF1. Impressionnant ? Pas vraiment quand on compare aux 19,3 millions de la finale masculine France-Croatie en 2018.

    Et encore, ce pic d’audience s’explique largement par l’effet « équipe de France à domicile ». Pour les autres matchs, les chiffres chutent drastiquement. Les rencontres sans la France peinent à dépasser le million de téléspectateurs.

    Dans les stades, c’est pareil. Malgré des prix de billets dérisoires (parfois 9 euros), de nombreuses tribunes restent clairsemées. L’ambiance n’a rien à voir avec celle d’un match masculin de même niveau.

    Le décalage médiatique

    Pendant ce temps, on nous assène que « c’est formidable », que « le niveau monte », que « ça change tout ». Les commentateurs rivalisent d’enthousiasme, parfois avec une emphase qui sonne faux.

    J’ai regardé quelques matchs. Objectivement, le niveau technique reste très en deçà du football masculin. Les phases de jeu sont plus lentes, les erreurs plus fréquentes, l’intensité physique moindre. Ce n’est pas du machisme, c’est de la réalité sportive.

    Mais dire cela, c’est immédiatement être catalogué comme réactionnaire. Comme si reconnaître les différences biologiques et techniques était devenu tabou.

    Le plus cocasse ? On nous montre constamment les femmes des footballeurs lors des compétitions masculines. Mais essayez de chercher des informations sur les conjointes des footballeuses… Silence radio. Pourtant, cela pourrait être intéressant de découvrir leur vie privée, non ?

    L’injonction à l’égalitarisme

    Nous vivons une époque où il faut absolument que tout soit égal. Les salaires, les audiences, l’intérêt du public. Comme si nier les différences allait les faire disparaître.

    Cette dictée de l’égalitarisme à tous crins devient pesante. On nous impose un enthousiasme de commande pour le football féminin, sous peine d’être estampillé sexiste.

    Résultat : un décalage énorme entre le discours officiel (« c’est fantastique, tout le monde adore ») et la réalité (audiences en berne, stades à moitié vides).

    Les sponsors suivent le mouvement par obligation morale plus que par conviction commerciale. Les médias aussi. Tout le monde fait semblant, et ceux qui osent dire que ça ne les passionne pas sont montrés du doigt.

    Sport et spectacle : une équation complexe

    Le sport de haut niveau, c’est avant tout du spectacle. Et le spectacle, ça se mérite. Le public vote avec ses yeux, son temps, son argent. Il n’y a pas de justice là-dedans, juste des préférences.

    Le tennis féminin cartonne ? Tant mieux, c’est mérité. Les joueuses offrent un spectacle de qualité, avec des personnalités marquantes et des matchs haletants.

    Le football féminin peine à convaincre ? C’est un fait. Peut-être que ça changera avec le temps, l’amélioration du niveau, l’émergence de stars charismatiques. Ou peut-être pas.

    Mais forcer l’adhésion par la culpabilisation ne marchera jamais. Le public n’est pas dupe, et il a le droit de préférer autre chose.

    Au-delà des polémiques

    Cela dit, reconnaissons les progrès. Le niveau du football féminin s’améliore d’année en année. Certaines joueuses ont un réel talent. L’organisation de cette Coupe du monde en France est impeccable.

    Mais entre amélioration et révolution, il y a un monde. Entre soutenir le développement du football féminin et prétendre qu’il rivalise déjà avec le masculin, aussi.

    La vérité, c’est que ce sport cherche encore son public. Il le trouvera peut-être, mais pas en niant les différences ou en culpabilisant ceux qui préfèrent autre chose.

    En attendant, arrêtons de faire semblant. Le football féminin a ses qualités, mais aussi ses limites. Et c’est normal.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Jeffrey F Lin / Unsplash