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  • La spirale infernale de la hausse des impôts : pourquoi la TVA à 20% est une bombe à retardement
    La spirale infernale de la hausse des impôts : pourquoi la TVA à 20% est une bombe à retardement
    La hausse de la TVA à 20% prévue au 1er janvier 2014 s’inscrit dans une spirale de taxation croissante qui menace d’étouffer l’économie française. Sans réforme radicale du système fiscal, cette fuite en avant ne peut mener qu’à l’impasse.

    Dans 25 jours exactement, la TVA passera de 19,6% à 20%. Une « petite » hausse de 0,4 point qui pourrait bien être la goutte d’eau fiscale de trop. Car derrière ce chiffre apparemment anodin se cache une réalité bien plus brutale : l’accélération d’une spirale infernale de taxation qui ne cesse de s’emballer depuis des années.

    Le cocktail explosif de janvier 2014

    Imaginez un instant. Nous sommes le 2 janvier 2014. Vous faites vos courses. Non seulement la TVA vient de bondir, mais l’écotaxe – certes suspendue mais pas enterrée – menace toujours de s’abattre sur les transporteurs. Résultat ? Une double peine pour le consommateur.

    Car soyons clairs : quand on augmente la TVA, ce n’est pas juste le prix final qui augmente. C’est toute la chaîne de valeur qui répercute cette hausse, avec souvent un petit bonus au passage. Le transporteur paie plus cher son carburant (TVA oblige), le grossiste ses achats, le détaillant ses approvisionnements. Et devinez qui paie l’addition finale ?

    Cette hausse de la TVA intervient dans un contexte déjà tendu. La consommation des ménages stagne depuis 2011. Le pouvoir d’achat s’érode sous l’effet conjugué de l’inflation et de la hausse des prélèvements obligatoires. Et voilà qu’on rajoute une couche supplémentaire.

    L’effet domino sur les prix

    Prenons un exemple concret. Un produit vendu 100 euros HT aujourd’hui coûte 119,60 euros TTC. Demain, il coûtera 120 euros. « Seulement » 40 centimes de plus, me direz-vous. Mais multipliez ça par tous vos achats quotidiens, hebdomadaires, mensuels. L’ardoise grimpe vite.

    Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg. Car les entreprises, confrontées à cette hausse de leurs coûts, vont devoir faire des choix :

    • Rogner sur leurs marges (peu probable dans le contexte actuel)
    • Réduire leurs investissements
    • Comprimer la masse salariale
    • Ou… augmenter leurs prix au-delà de la simple hausse de TVA

    La révolte des Bonnets Rouges : un symptôme, pas la maladie

    Les Bonnets Rouges bretons l’ont bien compris. Leur mouvement, parti de l’écotaxe, révèle en réalité un ras-le-bol fiscal généralisé. Mais pendant qu’on s’agite sur les portiques écotaxe, la vraie bombe fiscale – la hausse de la TVA – se prépare dans l’indifférence quasi générale.

    C’est là tout le paradoxe. On manifeste contre une taxe qui n’est pas encore appliquée, mais on ignore celle qui va frapper dans moins d’un mois. Pourquoi ? Parce que la TVA, c’est sournois. C’est dilué dans le prix. C’est invisible au quotidien. Jusqu’au jour où on s’aperçoit que le caddie coûte 10% de plus qu’il y a deux ans.

    Un système à bout de souffle

    Le problème, c’est que notre système fiscal ressemble de plus en plus à un tonneau des Danaïdes. On augmente sans cesse les prélèvements pour combler des déficits qui ne cessent de se creuser. Pourquoi ? Parce qu’on refuse de s’attaquer aux vraies causes :

    • Une dépense publique hors de contrôle (57% du PIB !)
    • Un millefeuille administratif coûteux et inefficace
    • Des niches fiscales par centaines qui minent l’assiette
    • Une évasion fiscale massive des plus fortunés

    Résultat : ce sont toujours les mêmes qui trinquent. La classe moyenne et les actifs, ceux qui ne peuvent ni optimiser ni s’évader.

    La grande illusion de la réforme fiscale

    Le gouvernement nous promet une « grande réforme fiscale ». Sur la durée du quinquennat, nous dit-on. Autrement dit, aux calendes grecques. Car une vraie réforme fiscale, ce serait quoi ?

    Ce serait d’abord simplifier drastiquement. Aujourd’hui, entre l’impôt sur le revenu, la CSG, la CRDS, les cotisations sociales, les taxes locales, la TVA et j’en passe, le contribuable moyen ne sait plus ce qu’il paie ni pourquoi. Une idée simple : cumuler tous les revenus d’un contribuable et appliquer un pourcentage unique. Point.

    Ce serait ensuite baisser la pression fiscale globale. Oui, baisser. Car contrairement à ce qu’on nous serine, augmenter les impôts ne remplit pas les caisses. Ça tue l’activité économique. Ça pousse à la fraude. Ça décourage l’initiative.

    L’équation impossible

    Mais voilà, on est dans une équation impossible. D’un côté, des dépenses publiques qui explosent. De l’autre, une base fiscale qui s’érode. Entre les deux, une classe politique qui refuse de trancher dans le vif.

    Alors on bricole. On augmente par-ci, on gratte par-là. Une taxe sur les hauts revenus pour faire plaisir à la gauche. Une hausse de la TVA qui frappe tout le monde mais qu’on ne voit pas trop. Et pendant ce temps, la dette continue de grimper.

    Le mur qui approche

    Soyons lucides : ce système court droit dans le mur. On ne peut pas indéfiniment augmenter la pression fiscale sur une base qui se rétrécit. À un moment, quelque chose va craquer.

    Ce sera quoi ? Une révolte fiscale massive ? Un effondrement de la consommation ? Une fuite des cerveaux et des capitaux ? Probablement un peu de tout ça à la fois.

    Car la vérité, c’est qu’on est déjà au-delà du seuil de tolérance. Quand le taux de prélèvements obligatoires dépasse 45% du PIB, quand un salarié moyen travaille jusqu’en juillet pour l’État, quand créer une entreprise relève du parcours du combattant fiscal, c’est que le système a déraillé.

    L’urgence d’agir… autrement

    Que faire alors ? D’abord, annuler cette hausse de TVA absurde. C’est encore possible. C’est même vital si on veut éviter d’achever une consommation déjà moribonde.

    Ensuite, inverser la logique. Au lieu de toujours augmenter les recettes, commençons par baisser les dépenses. Vraiment. Pas des économies de bouts de chandelle, mais une remise à plat complète de l’action publique.

    Enfin, simplifier radicalement le système fiscal. Moins de taxes, mais mieux réparties. Moins de niches, mais plus de justice. Moins de complexité, mais plus d’efficacité.

    Le compte à rebours a commencé

    Dans 25 jours, la TVA augmentera. C’est acté, voté, entériné. Nos « Sages » du Conseil constitutionnel valident même des taxes à 75% pendant qu’on regarde ailleurs. Le système continue sa fuite en avant.

    Mais jusqu’à quand ? Car à force de pressurer toujours les mêmes, de complexifier toujours plus, d’augmenter sans cesse, on finit par tuer la poule aux œufs d’or.

    La question n’est plus de savoir SI le système va craquer, mais QUAND. Et surtout, serons-nous capables de construire quelque chose de plus juste et de plus efficace sur ses ruines ? Ou nous contenterons-nous de reproduire les mêmes erreurs, avec les mêmes résultats ?

    Une chose est sûre : sans un bouleversement radical de notre approche fiscale, nous sommes condamnés à subir hausse après hausse, taxe après taxe, jusqu’à l’étouffement final. Les Bonnets Rouges l’ont compris. Reste à savoir si le message passera avant qu’il ne soit trop tard.

    Pour aller plus loin

    • « La France en faillite ? » de François Fillon (2013) – Une analyse sans concession de la dérive des finances publiques
    • Rapport de la Cour des comptes 2013 – Les chiffres qui font mal sur l’état réel de nos finances
    • « L’impôt sur le revenu » de Thomas Piketty – Pour comprendre les mécanismes de notre système fiscal
    • Les publications de l’IFRAP – Think tank spécialisé dans l’analyse des politiques publiques
    • « Contribuables Associés » – Association de défense des contribuables, pour suivre l’actualité fiscale

    Sources et références

    • INSEE – Comptes nationaux 2012 : taux de prélèvements obligatoires
    • Loi de finances 2014 – Dispositions relatives à la hausse du taux normal de TVA
    • Cour des comptes – Rapport public annuel 2013
    • Eurostat – Comparaisons européennes des taux de TVA (2013)
    • Direction générale des Finances publiques – Statistiques fiscales 2012

    Photo : Sébastien Ramage / Unsplash

  • Le grand malentendu entre entrepreneurs et politiques sur l’emploi
    Le grand malentendu entre entrepreneurs et politiques sur l’emploi
    Face à un chômage qui explose, les entrepreneurs français réclament des mesures concrètes : baisse des charges de 30%, flexibilité accrue et retour aux 40 heures. Mais le gouvernement reste sourd à ces appels, préférant les effets d’annonce aux vraies réformes structurelles.

    Le chômage, les amis, le chômage ! On approche dangereusement de la barre des 3,3 millions de demandeurs d’emploi en cette fin 2013, et pendant ce temps-là, que fait notre gouvernement ? Des gesticulations, des effets de manche, et surtout… rien de concret pour les entrepreneurs qui voudraient embaucher.

    Je discutais encore la semaine dernière avec plusieurs confrères patrons de PME. Le constat est unanime : nous avons envie d’embaucher, nous en avons même besoin pour développer nos activités. Mais voilà, entre les charges qui représentent parfois jusqu’à 45% du salaire brut et l’impossibilité de se séparer d’un collaborateur qui ne convient pas, on préfère serrer les dents et faire avec les équipes existantes.

    C’est ça la réalité du terrain. Pas celle des ministères parisiens.

    Des charges qui tuent l’emploi dans l’œuf

    Faisons un calcul simple. Pour un salarié au SMIC (1 430 euros brut), l’entreprise débourse en réalité près de 2 100 euros une fois toutes les charges patronales ajoutées. C’est 47% de charges ! Comment voulez-vous que les petites entreprises, qui représentent 99% du tissu économique français, puissent embaucher dans ces conditions ?

    Les grandes entreprises du CAC 40 s’en sortent avec leurs armées de comptables et leurs optimisations fiscales. Mais la boulangerie du coin, le garage automobile, la petite agence web ? Eux, ils paient plein pot.

    Et ne me parlez pas du CICE (Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi) qu’on nous vend depuis le début de l’année. C’est une usine à gaz incompréhensible pour la plupart des TPE-PME. Un crédit d’impôt de 4% sur les salaires inférieurs à 2,5 SMIC, remboursable dans trois ans… De qui se moque-t-on ?

    Ce qu’il faut, c’est simple : une baisse immédiate et massive des charges d’au moins 30%. Pas dans trois ans. Pas sous forme de crédit d’impôt. Maintenant, et sur la feuille de paie.

    La flexibilité, ce gros mot français

    Ah, la flexibilité ! Dès qu’on prononce ce mot, on nous traite de patrons voyous qui veulent « pourrir la vie sociale » des salariés. Quelle blague ! La flexibilité, c’est justement ce qui permet d’embaucher sans avoir peur.

    Aujourd’hui, un patron de PME qui embauche prend un risque énorme. Si le collaborateur ne convient pas, si l’activité baisse, si un gros client disparaît, c’est le parcours du combattant pour se séparer. Prud’hommes, indemnités, procédures… Résultat ? On n’embauche pas.

    Je connais personnellement des dizaines d’entrepreneurs qui ont des projets de développement, des carnets de commandes qui se remplissent, mais qui refusent d’embaucher par peur de ne pas pouvoir adapter leurs effectifs en cas de retournement. C’est absurde !

    Dans les pays où la flexibilité existe vraiment – Allemagne, Danemark, Pays-Bas – le taux de chômage est deux fois moins élevé qu’en France. Ce n’est pas un hasard. La flexibilité permet d’embaucher et de désembaucher dynamiquement, mais attention, pas au détriment des niveaux de salaires ! Au contraire, quand l’emploi est fluide, les salaires montent car les entreprises se battent pour attirer les talents.

    Le modèle danois : flexisécurité réussie

    Au Danemark, un salarié peut être licencié avec un préavis d’un mois. Choquant ? Pas du tout. Car en contrepartie, il touche 90% de son salaire pendant deux ans et bénéficie d’un accompagnement personnalisé pour retrouver un emploi. Résultat : un taux de chômage à 7% contre plus de 10% chez nous.

    Les entreprises danoises n’hésitent pas à embaucher car elles savent qu’elles pourront s’adapter. Les salariés n’ont pas peur du chômage car ils sont bien protégés. C’est du gagnant-gagnant, mais ça demande de sortir des schémas idéologiques français.

    Les 35 heures, ce boulet économique

    Parlons aussi de cette aberration des 35 heures. Treize ans après leur mise en place, quel bilan ? Le chômage n’a jamais été aussi haut, la compétitivité française s’effondre, et nos voisins européens nous regardent avec des yeux ronds.

    Dans ma boîte, comme dans beaucoup de PME, tout le monde fait en réalité 40 heures ou plus. Mais officiellement, c’est 35 heures plus des heures sup’ majorées à 25%. Encore des charges en plus !

    Il faut avoir le courage de le dire : le retour aux 40 heures légales est indispensable. Sans baisse de salaire évidemment. Juste retrouver un cadre de travail normal, comme partout ailleurs en Europe.

    Les Allemands travaillent en moyenne 40 heures, les Britanniques 42 heures. Et leur taux de chômage ? Deux fois moins élevé que le nôtre. CQFD.

    Le dialogue de sourds avec les politiques

    Ce qui me désespère le plus, c’est l’incompréhension totale entre le monde entrepreneurial et le monde politique. Quand j’entends certains responsables politiques parler d’ »entreprises socialistes » ou nous expliquer doctement comment gérer nos boîtes, j’ai envie de leur demander : avez-vous déjà créé une entreprise ? Avez-vous déjà créé des emplois ? Connaissez-vous les problématiques ?

    La réponse est presque toujours non. Nos ministres, nos députés, nos hauts fonctionnaires n’ont pour la plupart jamais mis les pieds dans une vraie entreprise. Ils vivent dans leur bulle étatique, avec leurs emplois garantis à vie et leurs retraites dorées.

    Prenez notre ministre du Redressement productif. Ses « nouvelles mesures » annoncées en grande pompe ? Du vent. Des comités Théodule, des rapports, des « pactes » sans substance. Pendant ce temps, les entreprises crèvent et le chômage explose.

    L’exemple des Pigeons : quand les entrepreneurs se rebellent

    Souvenez-vous du mouvement des Pigeons l’année dernière. Des entrepreneurs excédés par la taxation confiscatoire des plus-values. Il a fallu qu’on descende dans la rue, qu’on fasse du bruit médiatique, pour que le gouvernement recule partiellement.

    Mais combien de batailles perdues pour une victoire ? La taxation du capital, les charges sociales, la complexité administrative… Tout est fait pour décourager l’entrepreneuriat en France.

    La vérité qu’on refuse de voir

    Je vais vous dire une vérité qui dérange : jamais plus le monde ne connaîtra le plein emploi. L’automatisation, la robotisation, l’intelligence artificielle… Tout converge vers moins d’emplois humains nécessaires.

    Il va falloir que les gouvernements gèrent cette nouvelle réalité. Mais au lieu de ça, on continue avec des recettes du XXe siècle : toujours plus de charges, toujours plus de rigidité, toujours plus de complexité.

    Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans ce nouveau monde, seules les entreprises agiles, flexibles, réactives pourront créer les emplois de demain. Pas les mastodontes bureaucratiques. Pas les entreprises corsetées par des règles d’un autre âge.

    Des solutions simples qui marchent ailleurs

    Les solutions existent pourtant. Elles ont fait leurs preuves chez nos voisins :

    • Baisse massive des charges : l’Allemagne a baissé ses charges de 5 points en dix ans. Résultat : excédent commercial record et chômage au plus bas.
    • Flexibilité du marché du travail : au Royaume-Uni, on peut embaucher et licencier facilement. Taux de chômage : 7,4% contre 10,8% chez nous.
    • Simplification administrative : aux Pays-Bas, créer une entreprise prend une journée. En France ? Trois semaines minimum.
    • Retour aux 40 heures : partout en Europe sauf chez nous. Coïncidence ?

    Mais voilà, appliquer ces recettes demande du courage politique. Il faut affronter les syndicats arc-boutés sur leurs acquis, les fonctionnaires qui défendent leur pré carré, l’opinion publique biberonnée aux discours anti-patrons.

    Plus facile de faire des effets d’annonce et de laisser le chômage exploser.

    Le paradoxe français : des entrepreneurs qui veulent embaucher, des chômeurs qui veulent travailler

    C’est ça le drame français. D’un côté, des centaines de milliers d’entreprises prêtes à embaucher si elles n’avaient pas toutes ces contraintes. De l’autre, plus de 3 millions de chômeurs qui ne demandent qu’à travailler.

    Entre les deux ? Un mur de charges, de rigidités, de complexités administratives.

    Je le répète : rien ne peut mieux assurer l’avenir d’un employé que son employeur. Rien ! Pas l’État, pas les syndicats, pas les allocations chômage. Un employeur qui va bien, qui se développe, qui gagne des marchés, c’est la meilleure garantie pour ses salariés.

    Mais pour ça, il faut laisser les entrepreneurs entreprendre. Il faut leur faire confiance. Il faut arrêter de les considérer comme des exploiteurs en puissance.

    Bref. Demain, ce sont les chiffres du chômage de novembre. Je parie sur une nouvelle hausse. Et dans les ministères, on continuera à chercher des solutions dans des rapports poussiéreux au lieu d’écouter ceux qui créent vraiment de l’emploi : les entrepreneurs.

    Peut-on mobiliser autant de ressources que celles utilisées pour des polémiques stériles, mais cette fois contre le chômage ? J’en doute. C’est moins vendeur électoralement que de taper sur les patrons.

    Alors on continuera à voir ce paradoxe français : un pays riche, avec des entrepreneurs dynamiques, mais incapable de créer des emplois à cause d’un système obsolète.

    Jusqu’à quand ?

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    • INSEE – Taux de chômage France, 3e trimestre 2013
    • Eurostat – Comparaison des taux de chômage européens, novembre 2013
    • Rapport du Conseil d’Analyse Économique sur les charges sociales, 2012
    • Étude IFRAP sur le coût du travail en Europe, septembre 2013

    Photo : VENUS MAJOR / Unsplash

  • La France au bord du gouffre : pourquoi la révolution est inévitable
    La France au bord du gouffre : pourquoi la révolution est inévitable
    La France s’enfonce dans une crise systémique sans précédent, entre désindustrialisation massive, retard numérique et surdité politique. Une révolution différente de 1789 se profile, portée par l’exaspération des Français face à l’incapacité de leurs dirigeants à redresser le pays.

    Vous sentez cette tension dans l’air ? Cette impression que tout pourrait basculer d’un moment à l’autre ? Nous sommes fin 2013, et je n’ai jamais vu la France dans un tel état de délabrement. Pas seulement économique – ça, c’est la partie visible de l’iceberg. Non, je parle d’un effondrement bien plus profond : celui de notre capacité collective à regarder la réalité en face et à agir en conséquence.

    Depuis des mois, j’observe les signaux faibles qui annoncent la tempête. Les Bonnets rouges en Bretagne ne sont que le symptôme le plus visible d’un mal bien plus profond. La France est en décroissance, et en décroissance on ne croît plus, sauf à se défaire de ce qui plombe. Mais qui ose le dire ? Qui ose proposer les solutions radicales dont nous avons besoin ?

    L’effondrement industriel : la catastrophe silencieuse

    Je pense que c’est très difficile de prendre la pleine mesure de tout ce que la France a véritablement perdu industriellement. Les chiffres sont pourtant éloquents : depuis 2000, nous avons perdu près de 900 000 emplois industriels. Des usines ferment chaque semaine, des savoir-faire centenaires disparaissent dans l’indifférence générale.

    Prenez l’exemple de la sidérurgie lorraine. Florange n’était que le début. ArcelorMittal continue de démanteler méthodiquement notre appareil productif pendant que le gouvernement fait des moulinets. La réalité, c’est que nous assistons à une désindustrialisation méthodique du pays, orchestrée par une classe politique qui a abandonné toute ambition industrielle au profit d’une économie de services low-cost.

    Les conséquences sont dramatiques :

    • Balance commerciale déficitaire de plus de 60 milliards d’euros
    • Perte de compétences techniques irréversible
    • Dépendance accrue aux importations pour les biens essentiels
    • Appauvrissement des territoires industriels historiques

    Et pendant ce temps, on nous parle de « redressement productif ». Quelle farce ! Arnaud Montebourg peut bien faire le coq avec ses marinières, la réalité c’est qu’on a une France à réindustrialiser, et qu’il faudrait se mettre au travail au lieu de faire du théâtre médiatique.

    Le désastre numérique : 20 ans de retard

    En 2013, en France, toujours pas de e-Government digne de ce nom. Cette simple phrase résume à elle seule l’ampleur de notre retard numérique. Alors que l’Estonie dématérialise l’intégralité de ses services publics depuis 2000, nous en sommes encore à remplir des formulaires papier en trois exemplaires.

    Le contraste avec nos voisins européens est saisissant. Au Royaume-Uni, le Government Digital Service révolutionne l’administration. En Allemagne, les entreprises du Mittelstand se digitalisent à marche forcée. Et nous ? Nous débattons encore de la pertinence d’avoir une adresse email pour chaque fonctionnaire.

    Ce retard n’est pas qu’administratif. Il révèle une incapacité structurelle à penser la modernité :

    • Absence de vision stratégique sur le numérique
    • Résistance culturelle au changement dans l’administration
    • Manque d’investissement dans les infrastructures numériques
    • Formation inexistante des agents publics aux outils modernes

    Les « écoutes légales » à la française nous laissent toujours loin, très loin, très très loin de ce qui est fait par les USA. Non pas que je souhaite un État Big Brother, mais cette comparaison révèle notre incapacité technique à maîtriser les technologies de pointe. Nous sommes devenus des consommateurs passifs de technologies étrangères.

    L’aveuglement politique : quand les élites refusent de voir

    Le plus inquiétant reste l’aveuglement total de notre classe politique. L’UMP refuse toute remise en question. Jean-François Copé se trompe en tapant sur le FN de Marine Le Pen – les Français sont nettement moins dupes que ce qu’il croit. Cette stratégie du bouc émissaire ne fonctionne plus.

    Est-ce que Karine Berger et le gouvernement se rendent compte des conséquences pour la France et les Français s’ils nous mènent dans le mur ? J’en doute fortement. Ils vivent dans une bulle parisienne, déconnectée des réalités du terrain. Les signaux d’alarme se multiplient pourtant :

    L’écotaxe : le symbole de trop

    L’affaire de l’écotaxe illustre parfaitement cette déconnexion. Ni la France et encore moins l’Europe ne cèderont sur l’implémentation de l’écotaxe – nous entrons dans un très long conflit avec les Bonnets rouges. Cette obstination face à la colère populaire révèle une forme d’autisme politique inquiétant.

    Les portiques détruits en Bretagne ne sont que le début. La colère gronde dans toute la France périphérique, celle qui subit de plein fouet la désindustrialisation et l’augmentation des charges. Mais nos élites persistent dans leur logique punitive, incapables de comprendre que la coupe est pleine.

    L’immigration : le tabou absolu

    J’ai assez rencontré de Bulgares et de Roumains pour avoir clairement cerné que leur target c’est la France. Cette réalité, personne n’ose la regarder en face. L’ouverture totale des frontières au 1er janvier 2014 va créer des tensions supplémentaires dans un pays déjà au bord de l’explosion.

    Non pas que je sois opposé à l’immigration en soi. Mais dans un contexte de chômage de masse et d’effondrement de notre modèle social, continuer à faire comme si de rien n’était relève de l’inconscience criminelle.

    La révolution qui vient : inévitable et imprévisible

    La France va connaître une révolution, elle sera civilisée et moderne, et conduira à un changement radical de pilotage politique, imminent. Cette conviction, je la porte depuis des mois. Nous allons avoir une révolution en France, qui ne prendra ni la forme ni n’aura la finalité de celle qu’on a connu en 1789.

    Les Français doivent comprendre qu’il n’existe qu’une seule solution objective pour que la situation S’AMÉLIORE, elle sera politique et dure. Le système actuel est à bout de souffle. Les partis traditionnels sont discrédités. Les corps intermédiaires sont dépassés. Il faut tout reconstruire.

    Cette révolution ne sera pas violente – du moins je l’espère. Elle sera :

    • Technologique : utilisation massive des réseaux sociaux et des outils numériques
    • Générationnelle : portée par une jeunesse qui refuse la fatalité du déclin
    • Territoriale : partie de la périphérie vers le centre
    • Idéologique : rejet du clivage gauche-droite traditionnel

    Les Français vont-ils se réveiller ? Les raisons d’en douter ne manquent pas. Mais je perçois aussi une colère sourde, une exaspération qui monte. « Ah parce que tu penses qu’on peut attendre 40 ans encore avant qu’un truc se produise ? Les Français veulent vos solutions ! » Cette impatience, je la ressens partout où je vais.

    Que faire ? Les pistes pour éviter le chaos

    Face à ce tableau apocalyptique, l’immobilisme n’est plus une option. Des solutions existent, mais elles demandent du courage politique :

    1. Réindustrialisation d’urgence

    Il faut un plan Marshall de réindustrialisation. Pas des mesurettes, mais un véritable choc : baisse massive des charges sur la production, simplification administrative radicale, investissements publics massifs dans les secteurs d’avenir.

    2. Révolution numérique de l’État

    Digitalisation intégrale des services publics en 5 ans. Formation obligatoire de tous les agents. Recrutement massif de profils tech. L’État doit devenir une plateforme, pas un mammouth administratif.

    3. Refonte du système politique

    Fin du cumul des mandats, limitation dans le temps, référendums d’initiative populaire, transparence totale des décisions. Il faut redonner le pouvoir aux citoyens.

    4. Nouveau pacte social

    Le modèle social français est à bout. Il faut le refonder sur de nouvelles bases : flexisécurité, formation continue, revenu universel… Des idées existent, il faut le courage de les mettre en œuvre.

    Bref. La France est au bord du gouffre. Nos élites font l’autruche. Le peuple gronde. La révolution approche. Elle peut être notre renaissance ou notre tombeau. À nous de choisir. Mais une chose est sûre : le statu quo n’est plus tenable. Le changement arrive, qu’on le veuille ou non. La seule question est : serons-nous acteurs ou victimes de cette transformation ?

    Les mois qui viennent seront décisifs. Je continuerai à alerter, à proposer, à secouer les consciences. Car au fond, j’aime trop ce pays pour le laisser sombrer sans rien faire. Et vous ?

    Pour aller plus loin

    • « La France qui tombe » de Nicolas Baverez – Une analyse sans concession du déclin français
    • « Le suicide français » d’Éric Zemmour – À paraître en 2014, mais dont les thèses circulent déjà
    • Les rapports de la Cour des comptes – Pour comprendre l’ampleur du désastre budgétaire
    • « La révolte des Bonnets rouges » – Documentaire sur le mouvement breton
    • Les analyses de l’INSEE sur la désindustrialisation – Des chiffres qui font froid dans le dos

    Sources et références

    • INSEE – « L’industrie manufacturière française » (rapport 2013)
    • Cour des comptes – « La situation et les perspectives des finances publiques » (juin 2013)
    • Commission européenne – « Digital Agenda Scoreboard 2013 »
    • Ministère du Redressement productif – « Pacte pour la compétitivité de l’industrie française » (novembre 2012)
    • OCDE – « Perspectives économiques de l’OCDE » (mai 2013)

    Photo : Michael McKay / Unsplash

  • La hausse de la TVA au 1er janvier 2014 : chronique d’une catastrophe annoncée
    La hausse de la TVA au 1er janvier 2014 : chronique d’une catastrophe annoncée
    La hausse de la TVA prévue au 1er janvier 2014 va provoquer une inflation en cascade de 2 à 4% sur tous les prix. Dans un contexte où les prélèvements obligatoires atteignent déjà des niveaux records, cette mesure risque d’anéantir définitivement la consommation des ménages français.

    Dans exactement 34 jours, la France va connaître un choc fiscal majeur. Le passage de la TVA de 19,6% à 20% peut sembler anodin sur le papier – après tout, ce n’est « que » 0,4 point de plus. Mais derrière cette apparente modestie se cache une bombe à retardement pour le pouvoir d’achat des Français.

    Je vais vous expliquer pourquoi cette hausse va provoquer bien plus qu’une simple augmentation de 0,4% des prix. Et pourquoi, dans le contexte actuel de matraquage fiscal généralisé, elle pourrait être la goutte d’eau qui fera déborder le vase.

    L’effet domino : quand 0,4% devient 4%

    Commençons par déconstruire l’illusion des « petits » 0,4 points. En réalité, le passage de 19,6% à 20% représente une hausse de 2,04% du montant de la TVA elle-même. Mais c’est là que commence l’effet domino.

    Chaque entreprise de la chaîne de valeur va répercuter cette hausse, avec sa marge. Le transporteur augmente ses tarifs de 2%. Le grossiste répercute ces 2% plus sa propre hausse de TVA. Le détaillant fait de même. Au final, par ce jeu de cascade, les prix à la consommation vont augmenter de 2% en théorie, mais plutôt 4% en réalité.

    Et ce n’est pas moi qui le dis. C’est la mécanique implacable de la formation des prix dans une économie où chaque intermédiaire doit maintenir ses marges pour survivre.

    Le cocktail explosif : TVA + écotaxe + charges sociales

    Mais le pire, c’est que cette hausse de TVA n’arrive pas seule. Elle débarque en même temps que l’écotaxe, ce nouveau prélèvement sur le transport routier que les Bonnets Rouges combattent actuellement en Bretagne.

    Imaginez la situation : les transporteurs vont subir une double peine. D’un côté l’écotaxe qui augmente leurs coûts directs. De l’autre la hausse de la TVA sur le carburant, l’entretien, les péages. Tout cela sera évidemment répercuté sur les prix des marchandises transportées.

    Ajoutez à cela les charges sociales qui continuent leur progression inexorable, et vous obtenez un cocktail explosif pour l’inflation. Les entreprises n’auront d’autre choix que de répercuter l’intégralité de ces hausses sur leurs prix de vente.

    Les secteurs les plus touchés

    • L’alimentaire : déjà sous pression avec la hausse des matières premières
    • Le transport : cumul écotaxe + TVA sur carburant
    • Le BTP : hausse des matériaux et de la main d’œuvre
    • Les services : répercussion directe sur les tarifs

    La France championne du monde de la pression fiscale

    Cette hausse de TVA intervient dans un contexte où la France détient déjà des records peu enviables. Selon les derniers chiffres de l’OCDE, notre pays affiche un taux de prélèvements obligatoires de 45% du PIB en 2013, contre 34% en moyenne dans les pays développés.

    Mais la réalité est encore plus sombre. Quand on additionne l’ensemble des taxes, charges et prélèvements directs et indirects, on arrive plutôt à 60% de ponction sur la richesse créée. Et si on y ajoute l’inflation et les prélèvements déguisés, on frôle les 75%.

    Comment voulez-vous que l’économie respire dans ces conditions ? Comment les entreprises peuvent-elles investir ? Comment les ménages peuvent-ils consommer ?

    Une spirale mortifère

    Le problème fondamental, c’est que nous sommes entrés dans une spirale mortifère. Plus l’État augmente les impôts pour combler ses déficits, plus l’économie ralentit. Plus l’économie ralentit, moins il y a de rentrées fiscales. Moins il y a de rentrées fiscales, plus l’État augmente les impôts.

    Cette logique absurde nous mène droit dans le mur. Les efforts fiscaux demandés aux Français sont systématiquement annulés par leurs contre-effets récessifs. C’est mathématique.

    L’alternative que personne ne veut entendre

    Pourtant, la solution existe. Elle est même d’une simplicité biblique : il faut BAISSER les impôts, pas les augmenter. Baisser la TVA au lieu de l’augmenter. Baisser les charges au lieu de les alourdir.

    Voici ce que devrait être une vraie réforme fiscale courageuse :

    • TVA à 5% sur la main d’œuvre pour relancer l’emploi
    • TVA à 10% sur les produits locaux pour favoriser les circuits courts
    • TVA à 15% sur les importations pour protéger notre industrie

    Cette modulation permettrait de relancer la consommation tout en favorisant la production nationale. Mais évidemment, cela suppose de remettre en cause le dogme de l’augmentation perpétuelle des dépenses publiques.

    La grève de l’impôt : l’arme ultime ?

    Face à cette dérive, une idée fait son chemin : la grève de l’impôt. Combien faudrait-il de contribuables en contentieux pour paralyser complètement l’administration fiscale ? Les chiffres donnent le vertige.

    Avec 37 millions de foyers fiscaux et seulement quelques milliers d’agents du fisc pour traiter les contentieux, il suffirait que 5% des contribuables entrent en résistance pour créer un embouteillage administratif ingérable.

    Je ne dis pas qu’il faut le faire. Je dis simplement que mathématiquement, le système est vulnérable. Et que si la pression fiscale continue d’augmenter, cette option pourrait devenir tentante pour de plus en plus de Français.

    Les Bonnets Rouges : un avertissement ignoré

    Le mouvement des Bonnets Rouges en Bretagne devrait pourtant servir d’avertissement. Ces entrepreneurs, salariés, agriculteurs qui se révoltent contre l’écotaxe ne sont que l’avant-garde d’un ras-le-bol fiscal généralisé.

    Mais que font-ils sur la hausse de la TVA ? Rien. Silence radio. Pourtant, cette mesure aura un impact bien plus dévastateur que l’écotaxe sur le pouvoir d’achat des Français.

    2014 : l’année du grand basculement ?

    Dans 34 jours, nous entrerons dans une nouvelle ère fiscale. Une ère où la ponction de l’État sur l’économie réelle dépassera tous les seuils psychologiques et économiques soutenables.

    Les conséquences seront immédiates : effondrement de la consommation, faillites en cascade dans le commerce, explosion du chômage. Et face à la baisse des recettes qui en résultera, que fera le gouvernement ? Il augmentera encore les impôts, évidemment.

    Cette fuite en avant ne peut avoir qu’une seule issue : un shutdown fiscal généralisé, suivi d’un blackout économique systémique. Quand les contribuables n’en pourront plus, quand les entreprises mettront la clé sous la porte les unes après les autres, le château de cartes s’effondrera.

    La vérité, c’est qu’au lieu d’augmenter les impôts, l’État devrait avoir le courage de s’attaquer à ses vrais problèmes : la dette et ses intérêts qui nous étranglent.

    Pourquoi l’État ne contraint-il pas ses créanciers à baisser les taux d’intérêt de la dette ? Pourquoi continue-t-il à verser 50 milliards d’euros par an d’intérêts, soit l’équivalent du budget de l’Éducation nationale ?

    Mais non, il est plus facile de pressurer toujours plus les classes moyennes et les actifs. Plus facile de tuer la poule aux œufs d’or que de s’attaquer aux vrais privilèges.

    Conclusion : le compte à rebours a commencé

    Dans 34 jours, la TVA passera à 20%. Ce sera le début de la fin pour des millions de Français déjà asphyxiés par la pression fiscale. Les prix vont flamber, la consommation va s’effondrer, et la spirale récessive va s’accélérer.

    Il est encore temps d’annuler cette mesure suicidaire. Mais qui aura le courage de le faire ? Certainement pas le gouvernement actuel, empêtré dans ses contradictions et son idéologie fiscaliste.

    Alors préparez-vous. Serrez les ceintures. Et surtout, n’oubliez pas : les impôts augmenteront, et ne cesseront plus d’augmenter, pour des années et des années. Jusqu’à ce que le système implose.

    Est-ce vraiment cela, l’avenir que nous voulons ?

    Pour aller plus loin

    • Rapport de la Cour des Comptes 2013 sur l’évolution des prélèvements obligatoires en France
    • Étude INSEE sur l’impact de la TVA sur les prix à la consommation (octobre 2013)
    • Les Échos – Dossier spécial sur la réforme fiscale (novembre 2013)
    • OCDE – Statistiques des recettes publiques 2013 – Comparaison internationale de la pression fiscale
    • Mouvement des Bonnets Rouges – Comprendre la révolte fiscale bretonne

    Sources et références

    • OCDE, Statistiques des recettes publiques 1965-2012, édition 2013
    • INSEE, Note de conjoncture, octobre 2013
    • Cour des Comptes, Rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques, juin 2013
    • Ministère de l’Économie et des Finances, Projet de loi de finances 2014

    Photo : Sébastien Ramage / Unsplash

  • TVA à 20% : la bombe fiscale qui va exploser le 1er janvier 2014
    TVA à 20% : la bombe fiscale qui va exploser le 1er janvier 2014
    La hausse de la TVA à 20% prévue au 1er janvier 2014 représente bien plus qu’un simple ajustement technique. C’est une bombe à retardement fiscale qui menace d’anéantir le pouvoir d’achat des Français et de plonger l’économie dans une spirale déflationniste.

    Dans six semaines exactement, pendant que les Français prépareront leurs fêtes de fin d’année, une bombe fiscale s’apprête à exploser. Le 1er janvier 2014, la TVA passera de 19,6% à 20%. Vous me direz : « 0,4 point, ce n’est rien ». Détrompez-vous. C’est précisément ce genre de raisonnement qui nous a menés dans le mur économique où nous sommes aujourd’hui.

    Cette hausse, je ne la vois pas comme un simple ajustement technique. C’est un choc fiscal majeur qui va frapper de plein fouet une économie déjà à genoux. Et le pire ? Personne ne semble mesurer l’ampleur de la catastrophe qui se prépare.

    L’effet domino que personne ne veut voir

    Commençons par les bases. La TVA, c’est l’impôt le plus injuste qui soit. Pourquoi ? Parce qu’il frappe tout le monde de la même manière, que vous gagniez le SMIC ou que vous soyez millionnaire. Un litre de lait, un plein d’essence, une facture d’électricité : la TVA ne fait pas de distinction sociale.

    Mais ce n’est pas le pire. Le vrai problème, c’est l’effet cascade. Quand la TVA augmente, ce n’est pas juste le prix final qui grimpe. C’est toute la chaîne de valeur qui se retrouve impactée :

    • Le grossiste augmente ses prix pour maintenir sa marge
    • Le transporteur répercute la hausse du carburant
    • Le distributeur ajuste ses tarifs à la hausse
    • Le consommateur final se retrouve avec une facture qui a explosé

    Résultat ? Cette hausse de 0,4 point se transforme en réalité en une augmentation des prix de 1 à 2%, voire plus dans certains secteurs. C’est mathématique.

    Le timing catastrophique de janvier 2014

    Mais attendez, ce n’est pas fini. Cette hausse de TVA ne vient pas seule. Elle s’accompagne d’un cortège de mesures fiscales qui vont transformer janvier 2014 en véritable massacre du pouvoir d’achat :

    D’abord, il y a l’écotaxe. Cette nouvelle taxe sur le transport routier, censée entrer en vigueur le 1er janvier également, va mécaniquement augmenter le coût du transport de marchandises. Et qui va payer au final ? Le consommateur, évidemment.

    Ensuite, les cotisations sociales qui continuent leur inexorable progression. Les charges patronales, les charges salariales, tout augmente. Les entreprises n’ont que deux solutions : licencier ou augmenter leurs prix. Dans les deux cas, c’est la catastrophe.

    Enfin, n’oublions pas que janvier, c’est traditionnellement le mois des augmentations tarifaires. Électricité, gaz, transports publics, assurances… Tout le monde profite du changement d’année pour réviser ses prix à la hausse.

    Une économie déjà à genoux

    Ce qui me met vraiment en colère, c’est qu’on applique ce choc fiscal à une économie déjà exsangue. Les chiffres sont là, implacables :

    • Le chômage n’a jamais été aussi élevé depuis 1997
    • La croissance est atone, proche de zéro
    • Les défaillances d’entreprises explosent
    • Le pouvoir d’achat des ménages recule depuis des mois

    Dans ce contexte, augmenter la TVA, c’est comme donner un coup de pied à quelqu’un qui est déjà à terre. C’est de l’acharnement fiscal pur et simple.

    Les commerçants que je rencontre sont désespérés. Ils me disent tous la même chose : « On n’arrive déjà plus à joindre les deux bouts. Si les prix augmentent encore, les clients vont définitivement déserter nos magasins. » Et ils ont raison.

    L’absurdité économique du gouvernement

    Ce qui me sidère, c’est l’aveuglement total du gouvernement. On nous explique que cette hausse de TVA est nécessaire pour financer le CICE (Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi). En clair : on augmente les impôts des consommateurs pour baisser les charges des entreprises.

    Mais c’est complètement absurde ! Si les consommateurs n’achètent plus parce que tout est trop cher, à quoi bon baisser les charges des entreprises ? Elles vont faire quoi avec leurs baisses de charges si elles n’ont plus de clients ?

    C’est exactement l’inverse qu’il faudrait faire. BAISSER la TVA pour relancer la consommation. BAISSER les charges pour permettre aux entreprises d’embaucher. Mais non, on fait l’inverse. On augmente d’un côté pour baisser de l’autre. C’est du grand n’importe quoi économique.

    Les Bonnets Rouges : le début de la révolte fiscale ?

    Il y a pourtant des signes d’espoir. En Bretagne, les Bonnets Rouges montrent la voie. Ils ont compris que trop d’impôt tue l’impôt. Leur mobilisation contre l’écotaxe est un premier pas. Mais il faut aller plus loin.

    Ce mouvement doit s’emparer du dossier de la TVA. C’est LE combat prioritaire. Parce que contrairement à l’écotaxe qui ne touche « que » les transporteurs, la TVA, elle, frappe tout le monde. C’est l’impôt le plus large, le plus injuste, le plus destructeur pour l’économie.

    Je lance donc un appel : il faut absolument que la mobilisation s’amplifie dans les prochaines semaines. Nous avons encore un mois et demi pour faire reculer le gouvernement. C’est court, mais c’est jouable.

    Les solutions existent, il manque juste le courage politique

    Soyons clairs : annuler la hausse de la TVA, c’est techniquement très simple. Un décret, et c’est réglé. Le problème, c’est le manque de courage politique.

    Mais les alternatives existent pour financer le budget de l’État :

    • Lutter vraiment contre la fraude fiscale (80 milliards d’euros par an)
    • Supprimer les niches fiscales inutiles
    • Taxer les transactions financières
    • Réduire le train de vie de l’État
    • Simplifier le millefeuille administratif

    Au lieu de ça, on préfère la solution de facilité : augmenter la TVA. C’est simple, c’est rapide, et ça rapporte gros. Sauf que ça tue l’économie à petit feu.

    Il est encore temps d’agir. Mais il faut faire vite. Très vite. Car dans six semaines, il sera trop tard. La bombe aura explosé, et les dégâts seront irréversibles.

    Alors, qu’attendons-nous pour nous mobiliser ? Qu’attendons-nous pour dire stop à cette folie fiscale ? L’avenir de notre économie se joue maintenant. Pas dans six mois. Pas dans un an. Maintenant.

    Pour aller plus loin

    • Le rapport de la Cour des Comptes sur la TVA – Analyse détaillée de l’impact de la TVA sur l’économie française
    • « L’impôt sur la consommation » de Maurice Lauré – Pour comprendre les mécanismes de la TVA
    • Les études de l’INSEE sur le pouvoir d’achat – Les chiffres qui montrent la dégradation continue
    • Le mouvement des Bonnets Rouges – Comprendre la révolte fiscale bretonne
    • « La France surendettée » de François Lenglet – Pour une vision globale de la crise fiscale française

    Sources et références

    • Projet de loi de finances 2014 – Ministère de l’Économie et des Finances
    • Rapport sur la compétitivité française – Louis Gallois, novembre 2012
    • Étude INSEE sur l’évolution du pouvoir d’achat – octobre 2013
    • Baromètre des défaillances d’entreprises – Altares, 3e trimestre 2013
    • Enquête de conjoncture auprès des ménages – INSEE, novembre 2013

    Photo : KOBU Agency / Unsplash

  • La France de 2013 : entre colère fiscale et espoir entrepreneurial
    La France de 2013 vit une période de tensions extrêmes entre un État qui taxe toujours plus et des entrepreneurs qui fuient massivement. Les Bonnets rouges bretons incarnent cette colère populaire face à une fiscalité devenue insupportable, pendant que le gouvernement peine à convaincre de sa capacité à redresser l’économie.

    Je regarde la France de cette fin 2013 avec un mélange de tristesse et de colère. Après des décennies passées à entreprendre dans ce pays, je constate que nous avons atteint un point de non-retour. Les entrepreneurs français ne manifesteront pas. Ne demanderont plus rien. Vous ne les trouverez simplement plus ici demain.

    L’exode silencieux des forces vives

    Chaque semaine, je croise des entrepreneurs qui préparent leurs valises. Pas des exilés fiscaux millionnaires dont parlent les médias, non. Des patrons de PME, des créateurs de startups, des artisans qui n’en peuvent plus. Le phénomène est massif mais invisible : contrairement aux Bonnets rouges bretons qui manifestent bruyamment, les entrepreneurs partent en silence.

    Les chiffres officiels minimisent l’ampleur du désastre. Mais sur le terrain, la réalité est brutale : les plus dynamiques, les plus innovants, les plus courageux s’en vont. Direction la Belgique, le Luxembourg, Londres, Singapour. Partout sauf en France.

    Ce qui me frappe, c’est que ces Français qui s’expatrient ne sont pas des lâches mais des héros, des aventuriers, des courageux. Il faut du cran pour tout quitter, recommencer ailleurs, affronter l’inconnu. Mais ils n’ont plus le choix : les charges sociales, patronales et les coûts salariaux additionnels sont devenus insupportables en France.

    Le poids écrasant de la fiscalité

    Prenons un exemple concret. Un entrepreneur qui veut embaucher un salarié à 2000 euros nets devra débourser près de 4000 euros. Entre les charges patronales, les charges salariales, les taxes diverses, le coût du travail a explosé. Comment être compétitif face à nos voisins européens dans ces conditions ?

    L’État français prélève désormais plus de 46% du PIB en impôts et cotisations diverses. Un record européen. Et ce n’est pas fini : Benoît Hamon veut « verdir l’impôt ». Traduction : de nouvelles taxes écologiques qui vont noircir la vie des Français les plus actifs.

    Les Bonnets rouges : symbole d’une France qui craque

    La Bretagne peut jouer un rôle historique dans le destin de la France si les Bretons sont prêts au sacrifice ultime. Les manifestations contre l’écotaxe ne sont que la partie émergée de l’iceberg. C’est tout un peuple qui dit stop.

    L’écotaxe, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Une taxe de plus, imposée par Bruxelles, appliquée aveuglément par Paris, qui va achever de tuer ce qui reste de notre compétitivité. Les transporteurs bretons l’ont compris : c’est leur survie qui est en jeu.

    Ce que les Bretons obtiennent comme résultats en Bretagne, les Français partout ailleurs peuvent l’obtenir aussi. Le mouvement des Bonnets rouges montre la voie : face à un État sourd aux revendications légitimes, seule la révolte paye.

    Un gouvernement déconnecté des réalités

    François Hollande ose parler de reprise économique. Il affirme même que chez nous en France c’est plus rapide qu’ailleurs ! De qui se moque-t-on ? La réalité c’est que la France est en décroissance et qu’en décroissance on ne croît plus, sauf à se défaire de ce qui plombe.

    Les politiciens ne peuvent rien comprendre des problèmes des Français. Au-dessus de 8000 euros de salaire mensuel, ils ne sont pas impactés par les mesures qu’ils prennent. Ils vivent dans une bulle dorée, complètement déconnectés de la France réelle.

    L’espoir Montebourg : dernier rempart avant le naufrage ?

    Pour tous les entrepreneurs français, le dernier espoir dans le gouvernement actuel, c’est Arnaud Montebourg. C’est beaucoup pour un seul homme. Mais reconnaissons son travail pour la sauvegarde du tissu économique, pour les entreprises.

    Avec ses 34 plans pour la nouvelle France industrielle, Montebourg offre une vision. À nous entrepreneurs de développer l’activité par la recherche et l’innovation. L’autorisation donnée pour l’exploration des mines en France va dans le bon sens. Il faut aller plus loin, avec le charbon notamment.

    En 2004, la France a fermé sa dernière mine de charbon. C’est la fin de son industrie minière, l’une de ses plus grandes erreurs stratégiques. Pendant que l’Allemagne exploite encore ses ressources, nous importons massivement. Quelle aberration !

    Réindustrialiser par étapes

    Pour réindustrialiser la France, procédons par étapes. Favorisons d’abord la création d’unités d’assemblage de produits importés. C’est ainsi que la Chine a commencé avant de devenir l’usine du monde.

    Mais attention : la France ne protège absolument pas assez ses entreprises technologiques, innovantes, performantes, exportatrices dans le jeu international. Nos fleurons industriels sont rachetés les uns après les autres par des groupes étrangers.

    La montée inexorable du Front National

    Beaucoup de Français rêvent d’être Brignolais aujourd’hui. La victoire du FN à Brignoles n’est que le début. Le Front National de Marine Le Pen est potentiellement le premier parti politique de France, et c’est un immense mouvement des patriotes.

    L’UMP se trompe en tapant sur le FN. Les Français sont nettement moins dupes. Ils voient bien que les partis traditionnels n’ont plus de solutions. Le pertinent éminent géopoliticien français Aymeric Chauprade rejoint le FN. Des wagons d’experts devraient suivre.

    Comprenez bien que la France n’est pas raciste, la France est méfiante ! En France nous avons le peuple patriote le moins raciste du monde, c’est plus de 20 années de voyages qui me permettent de l’affirmer.

    La question de l’immigration

    Ceux qui traitent les Français de racistes savent que la France n’est pas raciste, mais c’est le meilleur moyen d’atteindre le FN. La vérité c’est que les Français n’aiment pas les gens irrespectueux et incivilisés. Point.

    Je suis convaincu que de nos jours les Français font parfaitement la distinction entre les immigrés intégrés assimilés et la racaille. Claude Goasguen casse le tabou de l’immigration, des frontières, des faiblesses de la France. Il valide l’argumentation du FN. C’est courageux.

    Au risque de choquer, la France aurait énormément à gagner en ouvrant un peu ses portes aux immigrés philippins. Travailleurs, respectueux, catholiques, ils s’intègrent parfaitement. Mais nous préférons subir une immigration subie plutôt que choisie.

    Un pays au bord de la rupture

    Les Français doivent comprendre qu’il n’existe qu’une seule solution objective pour que la situation s’améliore. Elle sera politique et dure. Le système actuel est à bout de souffle.

    L’abaissement de la note de la France à AA par Standard & Poor’s va annuler tous les efforts fiscaux des Français. Nous payons le prix de décennies de gabegie. La France doit absolument disposer d’agences de notation concurrentes comme les Russes avec RusRating et les Chinois avec Dagong.

    Les touristes chinois, japonais, russes, arabes sont consternés, ébranlés par ce qu’ils ont vu de la France en rentrant chez eux. Notre image internationale s’effondre. Le pays des Lumières est devenu celui des grèves et de l’insécurité.

    2013, année charnière

    Une chanson va bientôt revenir à la mode en France… « Le Chant des Partisans ». Ce n’est pas une boutade. Le niveau de tension sociale atteint des sommets. Entre l’affaire Leonarda qui ridiculise notre administration et les Bonnets rouges qui défient l’État, le pouvoir vacille.

    En 2013, en France, toujours pas d’e-Government digne de ce nom. Pendant que l’Estonie dématérialise tous ses services publics, nous en sommes encore aux formulaires papier en trois exemplaires. Comment s’étonner de notre décrochage ?

    Le deal proposé à Leonarda résume tout : « soit la France, soit ta famille ». Que tous les Français qui le peuvent quittent le pays avant qu’il ne soit trop tard, parce que là, c’est plus possible !

    Quel avenir pour la France ?

    Je souhaite de tout cœur que la France retrouve la croissance et que les choses s’équilibrent et se stabilisent. Mais soyons lucides : sans changement radical de politique économique et fiscale, nous fonçons dans le mur.

    Si on continue, la France sera Marseille, mais avant ce sera Nice, Lyon, Paris et d’autres. Des zones de non-droit qui s’étendent, une économie qui s’effondre, une population qui se divise.

    Les entrepreneurs français ont longtemps rêvé de la réussite de Bernard Tapie qui était leur modèle. Ironiquement, ce modèle était socialiste ! Aujourd’hui, ils ne rêvent plus. Ils partent.

    Ni la France et encore moins l’Europe ne céderont sur l’implémentation de l’écotaxe. Nous entrons dans un très long conflit. Les Bonnets rouges ne sont que l’avant-garde d’une révolte plus large qui gronde.

    Bref. La France de 2013 est à un tournant historique. Soit nous prenons conscience de l’urgence et nous changeons radicalement de cap. Soit nous continuons dans le déni et nous courons à la catastrophe. Le choix est entre nos mains. Pour combien de temps encore ?

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • Ultra-libéralisme : quand le libéralisme perd la raison
    Ultra-libéralisme : quand le libéralisme perd la raison
    Le libéralisme économique porte en lui les germes de sa propre perversion. Quand les principes de liberté économique s’affranchissent de toute régulation, ils deviennent destructeurs : c’est l’ultra-libéralisme, cette boîte de Pandore ouverte qui menace nos sociétés.

    Vous me connaissez, je ne suis pas du genre à mâcher mes mots. Aujourd’hui, parlons d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur : la dérive du libéralisme vers ce que j’appelle l’ultra-libéralisme. Oui, je sais, certains vont me dire que ce terme n’existe pas, qu’il s’agit d’une invention de la gauche pour discréditer le libéralisme. Permettez-moi de vous démontrer le contraire.

    Le libéralisme : une idée noble dévoyée

    Commençons par le commencement. Le libéralisme économique, dans sa conception originelle, c’est quoi ? C’est l’idée que la liberté d’entreprendre, la concurrence et le marché sont les meilleurs moyens d’organiser l’économie. Adam Smith, au XVIIIe siècle, parlait de la « main invisible » du marché qui guide l’intérêt individuel vers l’intérêt collectif. Belle théorie.

    En France, nous avons une tradition libérale qui remonte à Turgot et aux physiocrates. Le libéralisme, c’est aussi l’héritage des Lumières : la liberté individuelle, la propriété privée, l’État de droit. Des valeurs que je partage, d’ailleurs. Entrepreneur depuis plus de vingt ans, je sais ce que c’est que de créer, d’innover, de prendre des risques.

    Mais voilà, entre la théorie et la pratique, il y a un monde. Et ce monde, aujourd’hui, ressemble de plus en plus à un champ de bataille où les plus forts écrasent les plus faibles sans aucune régulation.

    Ma définition de l’ultra-libéralisme

    Alors oui, je le dis haut et fort : l’ultra-libéralisme existe. Et ma définition est simple : c’est le « mauvais libéralisme ». Plus précisément, c’est un libéralisme hors de contrôle, destructeur, qui a perdu toute mesure et toute raison.

    Imaginez un moteur de voiture. Le libéralisme, c’est le moteur qui fait avancer l’économie. L’ultra-libéralisme, c’est quand vous appuyez à fond sur l’accélérateur, que vous coupez les freins et que vous foncez droit dans le mur. C’est la boîte de Pandore du libéralisme, ouverte en grand.

    Concrètement, l’ultra-libéralisme se manifeste par :

    • La dérégulation totale des marchés financiers qui conduit aux crises à répétition
    • La course au moins-disant social et fiscal entre les pays
    • La privatisation de services publics essentiels sans garde-fous
    • L’accumulation sans limite de richesses par une minorité
    • La destruction de l’environnement au nom du profit à court terme

    Les ravages de l’extrémisme économique

    Regardons les faits. La crise de 2008, dont nous subissons encore les conséquences cinq ans après, n’est-elle pas le fruit de cet ultra-libéralisme débridé ? Les banques ont joué au casino avec l’argent des épargnants, les agences de notation ont fermé les yeux, les régulateurs ont abdiqué. Résultat : des millions de chômeurs, des États surendettés, une récession mondiale.

    En Europe, que voyons-nous ? La Grèce saignée à blanc par les plans d’austérité. L’Espagne avec 26% de chômage. Le Portugal, l’Irlande, l’Italie qui vacillent. Et partout, la même recette : privatisations, coupes budgétaires, flexibilisation du marché du travail. L’ultra-libéralisme en action.

    Chez nous, en France, les délocalisations s’accélèrent. Des usines ferment pour rouvrir en Roumanie ou en Chine. Normal, me direz-vous, c’est la concurrence. Mais quelle concurrence ? Celle où un ouvrier chinois travaille 12 heures par jour pour 200 euros par mois ? Celle où les entreprises peuvent jouer les paradis fiscaux les uns contre les autres ?

    Libéralisme versus ultra-libéralisme : une question de mesure

    Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne suis pas contre le libéralisme. Le libéralisme est un terme mélioratif quand on le compare à l’ultra-libéralisme, qui est péjoratif. Les deux ne sont pas opposés : l’un est la dérive de l’autre.

    Le libéralisme bien compris, c’est :

    • La liberté d’entreprendre dans un cadre régulé
    • La concurrence loyale et non faussée
    • La protection de la propriété privée ET de l’intérêt général
    • L’innovation au service du progrès humain
    • Un État qui joue son rôle d’arbitre et de stratège

    L’ultra-libéralisme, c’est quand ces principes sont poussés à l’extrême, sans garde-fous, sans limites, sans considération pour les conséquences humaines et sociales.

    Les signes qui ne trompent pas

    Comment reconnaître l’ultra-libéralisme ? Voici quelques symptômes qui devraient vous alerter :

    La financiarisation de l’économie

    Quand la finance représente une part croissante du PIB, quand les entreprises gagnent plus d’argent avec leurs placements qu’avec leur activité principale, quand les traders sont mieux payés que les ingénieurs, on a un problème. En 2013, le secteur financier représente près de 5% du PIB français, contre 2,5% il y a trente ans.

    Les inégalités explosent

    Les chiffres sont têtus. Selon l’INSEE, les 10% les plus riches possèdent 50% du patrimoine total en France. Les 1% les plus riches en détiennent 20%. Cette concentration de richesses n’a cessé de s’accentuer depuis les années 1980. Est-ce cela, la « main invisible » du marché ?

    La précarisation généralisée

    CDD, intérim, auto-entrepreneuriat forcé… La flexibilité tant vantée se traduit par une précarité croissante. Un jeune sur quatre est au chômage. Ceux qui travaillent enchaînent les contrats courts. L’ultra-libéralisme a transformé le travail en variable d’ajustement.

    Pourquoi je préfère parler d’extrême-libéralisme

    Souvent, je remplace ultra-libéral par extrême-libéral. Pourquoi ? Parce que cela traduit mieux la radicalité de cette dérive. L’extrémisme, qu’il soit politique ou économique, c’est toujours la négation de la mesure, du compromis, de l’équilibre.

    L’extrême-libéralisme, c’est l’idéologie qui considère que tout doit être soumis aux lois du marché : la santé, l’éducation, la culture, l’environnement. C’est Margaret Thatcher qui déclarait « There is no alternative ». C’est Reagan qui affirmait « Government is the problem ».

    Cette idéologie a ses grands prêtres : les économistes de l’École de Chicago, Milton Friedman en tête. Ses laboratoires : le Chili de Pinochet, la Russie d’Eltsine. Ses résultats : des sociétés fracturées, des économies instables, des démocraties affaiblies.

    L’Europe face au défi ultra-libéral

    L’Union européenne est aujourd’hui le terrain de jeu favori de l’ultra-libéralisme. La Commission européenne, sous l’influence des lobbies, pousse à toujours plus de dérégulation. La directive Bolkestein voulait mettre en concurrence les travailleurs européens. Le pacte budgétaire impose l’austérité partout.

    Regardez ce qui se passe avec la BCE. Son seul mandat : lutter contre l’inflation. Pas un mot sur l’emploi, la croissance, le bien-être des citoyens. Pendant ce temps, la Fed américaine a un double mandat qui inclut le plein emploi. Cherchez l’erreur.

    Les traités européens ont gravé dans le marbre les principes de l’ultra-libéralisme : concurrence libre et non faussée, interdiction des aides d’État, liberté totale de circulation des capitaux. Résultat : les États sont pieds et poings liés face aux marchés financiers.

    Vers un libéralisme responsable ?

    Alors, que faire ? Faut-il jeter le bébé libéral avec l’eau du bain ultra-libéral ? Non, évidemment. Ce qu’il faut, c’est retrouver un libéralisme de raison, un libéralisme tempéré, un libéralisme responsable.

    Cela passe par :

    • Une régulation forte du secteur financier
    • Une lutte déterminée contre les paradis fiscaux
    • Une protection des services publics essentiels
    • Une politique industrielle ambitieuse
    • Un rééquilibrage du partage des richesses

    Certains pays montrent la voie. L’Allemagne avec son modèle de cogestion. Les pays scandinaves avec leur flexisécurité. Même les États-Unis commencent à s’interroger sur les excès de Wall Street.

    En France, nous avons des atouts : un État fort, des services publics de qualité, un modèle social qui, malgré ses défauts, protège les plus faibles. Ne les bradons pas au nom d’un ultra-libéralisme destructeur.

    Le vrai libéralisme, c’est celui qui permet à chacun de développer ses talents, de créer, d’innover, dans un cadre qui garantit l’égalité des chances et la cohésion sociale. L’ultra-libéralisme, c’est la loi de la jungle économique où seuls les plus forts survivent.

    Vous savez quoi ? Je crois profondément à la liberté d’entreprendre. Mais une liberté sans limites devient tyrannie. C’est la leçon que nous devons retenir de ces années de crise. L’ultra-libéralisme n’est pas la solution, c’est le problème.

    Alors oui, continuons à débattre, à nous opposer sur les moyens, mais reconnaissons au moins ceci : quand le libéralisme devient extrême, quand il perd toute mesure, quand il détruit plus qu’il ne construit, il change de nature. Il devient ultra-libéralisme. Et ça, ce n’est bon pour personne.

    Pour aller plus loin

    • « La Grande Transformation » de Karl Polanyi (1944) – Une analyse prophétique des dangers du marché autorégulateur
    • « Le Prix de l’inégalité » de Joseph Stiglitz (2012) – Le prix Nobel d’économie démonte les mythes de l’ultra-libéralisme
    • « Cette crise qui n’en finit pas » de Frédéric Lordon (2013) – Une analyse sans concession de la crise financière
    • Les travaux de Thomas Piketty sur les inégalités – Des données chiffrées sur la concentration des richesses
    • Le site des Économistes Atterrés – Pour une autre vision de l’économie

    Sources et références

    • INSEE – Enquête Patrimoine 2010 sur la répartition des richesses en France
    • Eurostat – Données sur le chômage dans l’Union européenne (septembre 2013)
    • Banque de France – Part du secteur financier dans le PIB français
    • OCDE – Rapport « Toujours plus d’inégalité » (2011)
    • Commission européenne – Traités et directives sur la concurrence

    Photo : Arturo Añez / Unsplash

  • Ultra-libéral : pourquoi j’emploie ce terme péjoratif pour dénoncer les dérives du libéralisme
    Ultra-libéral : pourquoi j’emploie ce terme péjoratif pour dénoncer les dérives du libéralisme
    Face aux critiques sur mon usage du terme « ultra-libéral », je clarifie ma position : je ne suis pas anti-libéral, je dénonce simplement les excès destructeurs d’un libéralisme devenu incontrôlable. L’ultra-libéralisme, c’est la boîte de Pandore du libéralisme ouverte.

    Le débat fait rage depuis quelques jours sur Twitter. On me reproche d’employer le terme « ultra-libéral » à tort et à travers, certains allant jusqu’à me qualifier d’anti-libéral primaire. Il est temps de clarifier les choses une bonne fois pour toutes.

    Je suis libéral. Profondément. Entrepreneur depuis plus de vingt ans, j’ai bâti mes entreprises sur les principes du libre marché, de l’innovation et de la responsabilité individuelle. Mais être libéral ne signifie pas fermer les yeux sur les dérives d’un système qui, poussé à l’extrême, finit par détruire ce qu’il prétend défendre.

    Ma définition de l’ultra-libéralisme : le mauvais côté de la Force

    Quand j’emploie le terme « ultra-libéral », je ne parle pas du libéralisme classique d’Adam Smith ou de Friedrich Hayek. Je parle de ce que j’appelle le « mauvais libéralisme » – un libéralisme hors de contrôle, destructeur, qui a perdu tout sens de la mesure et de la responsabilité sociale.

    L’ultra-libéralisme, selon ma définition, c’est la boîte de Pandore du libéralisme ouverte. C’est quand les principes libéraux deviennent des dogmes aveugles, appliqués sans discernement ni considération pour leurs conséquences humaines et sociales.

    Prenez la dérégulation financière des années 1980-1990. Au nom de la liberté des marchés, on a supprimé les garde-fous qui protégeaient l’économie réelle de la spéculation débridée. Résultat ? La crise des subprimes de 2007-2008, des millions de familles ruinées, et une récession mondiale dont nous payons encore le prix aujourd’hui.

    Est-ce cela, le libéralisme que nous voulons défendre ? Non. C’est de l’ultra-libéralisme, de l’extrême-libéralisme destructeur.

    Pourquoi « ultra » et pas simplement « néo » ?

    On me demande souvent pourquoi j’utilise le préfixe « ultra » plutôt que « néo ». La réponse est simple : le néolibéralisme est devenu un terme fourre-tout qui ne veut plus rien dire. Tout le monde l’emploie pour désigner tout et n’importe quoi, de Reagan à Hollande en passant par Blair.

    « Ultra », en revanche, marque clairement l’excès, l’extrême, le dépassement des limites raisonnables. C’est pourquoi je remplace souvent « ultra-libéral » par « extrême-libéral » – les deux termes sont pour moi synonymes et désignent la même dérive.

    Le libéralisme, c’est la recherche d’un équilibre entre liberté individuelle et bien commun. L’ultra-libéralisme, c’est quand cet équilibre est rompu au profit exclusif du premier terme de l’équation.

    Les caractéristiques de l’ultra-libéralisme

    Comment reconnaître l’ultra-libéralisme ? Voici les signes qui ne trompent pas :

    • La privatisation à outrance : quand on veut privatiser jusqu’aux services publics essentiels comme la santé, l’éducation ou même la sécurité
    • La financiarisation de l’économie : quand la spéculation rapporte plus que la production réelle
    • Le dumping social et fiscal : quand la compétition entre États se fait sur le dos des travailleurs et des services publics
    • L’individualisme exacerbé : quand « there is no such thing as society » devient un mantra
    • Le court-termisme : quand le profit trimestriel prime sur la viabilité à long terme

    Le libéralisme mélioratif vs l’ultra-libéralisme péjoratif

    C’est simple : le libéralisme est mélioratif si on le compare à l’ultra-libéralisme, qui est péjoratif. Les deux ne sont pas opposés – l’un est la perversion de l’autre.

    Le libéralisme bien compris, c’est celui qui a permis l’essor économique de l’Occident, l’innovation technologique, l’amélioration du niveau de vie. C’est le libéralisme des Trente Glorieuses, celui qui savait concilier dynamisme économique et protection sociale.

    L’ultra-libéralisme, c’est celui qui creuse les inégalités, détruit le tissu social, transforme tout en marchandise – y compris l’humain. C’est le libéralisme devenu fou, qui a oublié que l’économie doit être au service de l’homme et non l’inverse.

    Des exemples concrets de dérives ultra-libérales

    Pour ceux qui douteraient encore de la réalité de ces dérives, voici quelques exemples concrets :

    • La crise grecque : au nom du remboursement de la dette, on impose à tout un peuple une austérité qui détruit son économie
    • Les paradis fiscaux : des multinationales qui ne paient quasiment pas d’impôts pendant que les PME et les particuliers croulent sous les charges
    • La précarisation du travail : le remplacement systématique des CDI par des contrats précaires au nom de la « flexibilité »
    • La marchandisation de la santé : aux États-Unis, des gens meurent faute de pouvoir payer leurs soins

    Pourquoi cette clarification est importante

    Cette distinction entre libéralisme et ultra-libéralisme n’est pas qu’une querelle sémantique. Elle est cruciale pour l’avenir de nos sociétés.

    Si nous, libéraux modérés et responsables, ne dénonçons pas les excès de notre propre camp, nous laissons le champ libre aux populistes de tous bords. Nous leur offrons sur un plateau l’argument massue : « Vous voyez, le libéralisme mène forcément à ces dérives ! »

    Non. Le libéralisme ne mène pas forcément à l’ultra-libéralisme. Pas plus que la démocratie ne mène forcément à la démagogie ou que la religion ne mène forcément au fanatisme. Mais dans tous les cas, il faut savoir poser des limites, définir des garde-fous, accepter la régulation.

    Le rôle de l’État dans une économie libérale

    Contrairement à ce que prétendent les ultra-libéraux, l’État a un rôle crucial à jouer dans une économie libérale saine :

    • Régulateur : pour éviter les abus de position dominante et protéger la concurrence
    • Arbitre : pour garantir le respect des règles du jeu économique
    • Protecteur : pour assurer un filet de sécurité sociale minimum
    • Investisseur : pour financer les infrastructures et la recherche fondamentale
    • Stabilisateur : pour amortir les chocs économiques

    L’ultra-libéralisme nie ou minimise tous ces rôles. C’est en cela qu’il est destructeur.

    Vers un libéralisme responsable

    Alors, quel libéralisme défendre ? Un libéralisme responsable, qui reconnaît que la liberté économique doit s’exercer dans un cadre éthique et social.

    Un libéralisme qui comprend que l’entreprise n’est pas qu’une machine à cash pour les actionnaires, mais un acteur social avec des responsabilités envers ses salariés, ses clients, son territoire.

    Un libéralisme qui accepte de payer des impôts justes pour financer les biens publics dont nous bénéficions tous. Un libéralisme qui investit dans l’avenir plutôt que de tout sacrifier au profit immédiat.

    Bref, un libéralisme humain.

    Ce libéralisme-là, je le défends et le défendrai toujours. L’ultra-libéralisme, je le combats et le combattrai toujours. Non pas parce que je serais anti-libéral, mais précisément parce que je suis libéral et que je refuse de voir cette belle idée pervertie par les excès de quelques-uns.

    La prochaine fois qu’on m’accusera d’être anti-libéral parce que j’emploie le terme « ultra-libéral », je renverrai simplement à cet article. Le débat mérite mieux que les anathèmes et les simplifications.

    Pour aller plus loin

    • « La Grande Transformation » de Karl Polanyi (1944) – Une analyse prophétique des dangers du marché autorégulateur
    • « Le Prix de l’inégalité » de Joseph Stiglitz (2012) – Comment les excès du libéralisme créent des sociétés dysfonctionnelles
    • « Capitalisme et Liberté » de Milton Friedman (1962) – Pour comprendre la pensée libérale classique et ses limites
    • « La Richesse des Nations » d’Adam Smith (1776) – Le texte fondateur, plus nuancé qu’on ne le croit souvent

    Sources et références

    • Rapport de la Commission Stiglitz sur la mesure des performances économiques et du progrès social (2009)
    • « The Shock Doctrine » de Naomi Klein (2007) – Une critique documentée des dérives ultra-libérales
    • Les travaux de Thomas Piketty sur les inégalités (notamment « Les hauts revenus en France au XXe siècle », 2001)
    • Rapport du FMI « Neoliberalism: Oversold? » (2016) – Même le FMI reconnaît les excès

    Photo : Piret Ilver / Unsplash

  • La France à la dérive : entre violences urbaines, exil fiscal et poudrière syrienne
    La France à la dérive : entre violences urbaines, exil fiscal et poudrière syrienne
    L’été 2013 marque un tournant avec les émeutes de Trappes, la faillite historique de Detroit et l’escalade militaire en Syrie. La France, tiraillée entre ses idéaux républicains et ses réalités sociales, peine à trouver sa voie face à ces défis multiples qui annoncent des temps troubles.

    L’été 2013 restera dans les mémoires comme celui où les illusions se sont fracassées sur le mur du réel. De Trappes à Detroit, de Brétigny-sur-Orge à la Syrie, les événements s’enchaînent avec une brutalité qui laisse peu de place aux discours lénifiants. Je regarde cette France que j’aime se débattre dans ses contradictions, incapable de regarder en face les défis qui s’accumulent.

    Trappes : le miroir brisé de l’intégration républicaine

    Les émeutes de Trappes du 20 juillet 2013 révèlent l’ampleur du fossé qui sépare désormais deux France. D’un côté, celle de Benoît Hamon qui affirme sur BFMTV qu’il fait « bon vivre » à Trappes, une ville qui aurait « beaucoup changé ». De l’autre, la réalité crue d’une commune où l’application de la loi sur le voile intégral déclenche des affrontements violents.

    Mon dieu Benoît, y êtes-vous déjà allé ? Cette déconnexion des élites face à la réalité des banlieues n’est pas nouvelle, mais elle atteint des sommets d’aveuglement volontaire. Les limites de l’application de la loi anti-niqab éclatent au grand jour, et j’en reviens toujours à cette nécessité : ÉQUIPEZ LES POLICIERS DE CAMÉRAS INDIVIDUELLES ! Sans transparence, sans preuves visuelles, comment départager les versions dans ces situations explosives ?

    La solution qui s’imposera avant 20 ans face aux populations nomades inintégrables ? Des checkpoints à toutes les entrées des villes. Je sais, c’est choquant. Mais regardons la réalité en face : si la situation du pays n’évolue pas radicalement en matière sociale et sécuritaire, ces dispositifs deviendront inévitables. C’est déjà le cas dans de nombreux pays, et nous fermons les yeux sur cette dérive sécuritaire qui nous guette.

    L’échec du modèle d’intégration français

    La culture seule ne sauvera que moins de 5% des jeunes en banlieue. C’est illusoire de croire qu’on réglera ces problèmes avec des MJC et des ateliers théâtre. La solution est multiple, complexe, et nécessite une refonte totale de notre approche. Mais qui a le courage politique de le dire ? Qui ose affronter ces réalités sans tomber dans les extrêmes ?

    Detroit : le canari dans la mine de charbon

    Le 19 juillet 2013, Detroit dépose le bilan. La Motor City, symbole de la puissance industrielle américaine, devient la plus grande ville américaine à se déclarer en faillite. Plus de 100 000 créanciers ne seront jamais payés. Ce n’est que le début d’une cascade de faillites municipales qui menacent l’ensemble du système occidental.

    Cette faillite n’est pas qu’un événement économique isolé. C’est le symptôme d’un mal plus profond : la désindustrialisation massive, la fuite des capitaux, l’effondrement de la base fiscale. Detroit aujourd’hui, c’est peut-être Roubaix ou Saint-Étienne demain. Les mêmes causes produisent les mêmes effets, et nous refusons de voir les signaux d’alarme.

    Le juge qui refuse dans un premier temps la procédure de faillite, la jugeant anticonstitutionnelle, illustre parfaitement notre déni collectif. Comme si le droit pouvait suspendre les lois économiques. Comme si les mots pouvaient remplacer les dollars manquants.

    L’exil fiscal : héros ou traîtres ?

    « Pourquoi moi, tout petit chef d’entreprise, je quitte la France ? » Cette question, posée dans Les Échos, résonne comme un cri du cœur. Les Français qui s’expatrient ne sont pas des lâches mais des héros, des aventuriers, des courageux ! Il faut avoir vécu l’enfer administratif et fiscal français pour comprendre ce qui pousse des entrepreneurs à tout quitter.

    Mes salariés sont ma première richesse, sûrement pas mes esclaves. Mais quand le coût total d’un employé devient prohibitif, quand les charges et taxes s’accumulent au point d’étouffer l’activité, que reste-t-il comme option ? Je suis contre les bas salaires NETS, je suis pour l’augmentation des salaires NETS par la baisse des charges ! Mais qui m’écoute ?

    L’exil fiscal opéré dans le seul but de blanchir, frauder, dissimuler est criminel. Mais l’exil de survie économique, celui de l’entrepreneur qui veut simplement continuer à créer de la valeur, c’est autre chose. C’est le symptôme d’un pays qui tue ses forces vives.

    Le modèle Tapie : la fin d’un rêve entrepreneurial

    Bernard Tapie représentait le summum des non-conformistes qui partent de tout en bas pour arriver tout en haut. Des millions d’entrepreneurs français ont rêvé de sa réussite, lui qui était leur modèle (socialiste) il n’y a pas très longtemps ! Aujourd’hui, ce modèle est mort et enterré. La France n’aime plus ses entrepreneurs, elle les suspecte, les taxe, les pousse à l’exil.

    La Syrie : la poudrière du Moyen-Orient

    En cette fin août 2013, les tambours de guerre résonnent. La France, à la queue des USA et avec à sa tête les socialistes hollandais, s’apprête à nous envoyer en enfer. L’intervention militaire en Syrie se profile, et personne ne semble mesurer les conséquences catastrophiques qui nous attendent.

    Si vous combattez contre l’armée syrienne aux côtés des rebelles, vous renforcez et armez Al-Qaïda. À moyen terme : conséquences terribles ! Le conflit syrien va produire et disséminer des milliers de combattants potentiels terroristes formés à égorger et violer. Ces hommes reviendront un jour en Europe, et nous paierons le prix de notre aveuglement.

    La Syrie ne répliquera pas de façon mesurée à une intervention internationale précise et limitée. Au contraire. Et les occidentaux le savent ! Une attaque ciblée aura forcément pour objectif l’élimination physique d’Assad. Sa mise sous protection en Iran est un joli coup qui complique encore la donne.

    L’impasse stratégique

    Je vois deux solutions, toutes deux utopiques : exterminer Assad ou exterminer les terroristes rebelles. Entre ces deux extrêmes, nous naviguons dans un océan d’incertitudes. L’Égypte, la Tunisie, la Libye, la Syrie : leurs désastreuses situations respectives ne seront pas stabilisées avant des dizaines d’années, minimum !

    Il est temps de venir en aide militairement à la Syrie en combattant le terrorisme islamiste aux côtés de l’armée syrienne ! Je sais, c’est politiquement incorrect. Mais entre deux maux, ne faut-il pas choisir le moindre ? Entre un dictateur laïc et des terroristes islamistes, le choix devrait être évident.

    Les signaux faibles d’un monde en mutation

    Au-delà de ces crises majeures, d’autres signaux annoncent les bouleversements à venir. Snowden, le plus courageux de tous les lanceurs d’alertes de l’histoire, est lâché par les alignés. Même par le pays des droits de l’Homme. Avec PRISM et XKeyscore, il montre le niveau de surveillance automatique des USA. La France doit absolument investir dans ces technologies, sous peine d’être définitivement larguée.

    Fukushima continue de contaminer silencieusement toute la côte ouest des États-Unis, depuis l’Alaska jusqu’au Mexique. Gardons un œil sur cette catastrophe au ralenti, on ne va pas être déçu des informations à venir.

    Le Bitcoin commence à attirer l’attention des régulateurs. C’est peut-être le début de la fin pour cette cryptomonnaie qui promettait de révolutionner la finance.

    Même le monde des transports semble frappé par la malédiction : Lac-Mégantic, Brétigny-sur-Orge, Saint-Jacques-de-Compostelle… La fameuse loi des séries frappe, même si statistiquement c’est improbable.

    Conclusion : la France au carrefour

    L’été 2013 marque un tournant. La France se trouve à un carrefour historique. D’un côté, le maintien d’un modèle social et républicain à bout de souffle, incapable de répondre aux défis du XXIe siècle. De l’autre, le saut dans l’inconnu d’une refonte totale de notre système.

    Les émeutes de Trappes ne sont qu’un symptôme. L’exil fiscal n’est qu’une conséquence. L’intervention en Syrie n’est qu’une fuite en avant. Derrière ces événements se cache une réalité plus profonde : la France n’a plus de projet, plus de vision, plus de direction.

    Nous sommes dans un mouvement de réduction généralisée : réduction des effectifs, réduction des ambitions, réduction des espoirs. C’est horrible et ça me déchire le cœur. Mais tant que nous refuserons de regarder la réalité en face, tant que nous préférerons les discours lénifiants aux diagnostics lucides, nous continuerons cette lente descente aux enfers.

    La question n’est plus de savoir si nous allons dans le mur. La question est de savoir à quelle vitesse, et si nous aurons le courage de donner le coup de volant salvateur avant l’impact.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Amin Zabardast / Unsplash

  • Patron et salariés : qui souffre vraiment dans la crise économique ?
    Patron et salariés : qui souffre vraiment dans la crise économique ?
    Dans une économie en crise où le chômage atteint des sommets historiques, la question de qui souffre le plus entre patrons et salariés mérite d’être posée sans tabous. Une analyse décapante des vraies victimes de la crise économique.

    Je viens d’avoir un échange musclé sur Twitter avec quelqu’un qui me parle des salariés comme d’ »esclaves ». Ça me fait bondir. Mes salariés sont ma première richesse, pas mes esclaves. Mais cette vision caricaturale révèle quelque chose de plus profond : on ne comprend rien aux rapports économiques réels entre patrons et salariés.

    Alors posons la question qui fâche : dans la crise actuelle, qui souffre vraiment ?

    Le mythe du patron exploiteur et du salarié victime

    Commençons par tordre le cou à cette vision binaire. Oui, il y a des patrons voyous. Oui, il y a des abus. Mais réduire la relation patron-salarié à un rapport maître-esclave, c’est d’une bêtise confondante.

    Dans mon entreprise, comme dans des milliers de PME françaises, les salariés sont notre actif numéro un. Sans eux, pas de production, pas d’innovation, pas de croissance. C’est mathématique. Un patron qui considère ses salariés comme des esclaves est un patron qui court à sa perte.

    Le problème, c’est que cette caricature arrange tout le monde :

    • Les syndicats y trouvent leur fonds de commerce
    • Les politiques y puisent des slogans faciles
    • Les médias adorent cette dramaturgie simpliste
    • Et même certains patrons du CAC40 alimentent ce cliché par leurs excès

    Résultat ? On passe à côté de la vraie question : comment survivre ensemble dans une économie qui s’effondre ?

    La séquence actuelle : les salariés dans l’œil du cyclone

    Nous sommes actuellement dans une phase où ce sont effectivement les salariés qui trinquent en premier. Les chiffres sont implacables : le chômage explose, les plans sociaux se multiplient, la précarité s’installe.

    Pourquoi les salariés d’abord ? Simple mécanique économique :

    • Face à une baisse d’activité, l’entreprise doit réduire ses coûts
    • La masse salariale représente souvent 60 à 70% des charges
    • Les contrats de travail français rendent les ajustements lents et coûteux
    • Résultat : on licencie, on ne remplace pas, on gèle les embauches

    C’est cruel, c’est mécanique, c’est la réalité. Les salariés sont les variables d’ajustement immédiates de la crise.

    Le coût humain immédiat

    Pour un salarié licencié, c’est :

    • La perte immédiate du revenu (même si les allocations chômage amortissent)
    • L’angoisse du lendemain dans un marché du travail sinistré
    • La remise en question personnelle (« pourquoi moi ? »)
    • Les difficultés familiales qui s’ensuivent

    Ne minimisons pas cette souffrance. Elle est réelle, tangible, destructrice.

    La face cachée : quand le patron perd tout

    Mais voilà où mon analyse diverge du discours dominant : un salarié va perdre nettement moins qu’un patron quand l’entreprise coule.

    Provocateur ? Non, factuel. Laissez-moi vous expliquer.

    L’engagement financier total

    Quand je crée une entreprise, je mets sur la table :

    • Mon épargne personnelle (souvent tout)
    • Des garanties sur mes biens personnels (maison, voiture)
    • Des cautions solidaires qui m’engagent sur des années
    • Mon patrimoine familial en garantie des prêts bancaires

    Un salarié licencié perd son emploi. Un patron qui ferme perd souvent TOUT.

    La responsabilité qui tue

    Mais au-delà de l’argent, il y a quelque chose de plus dur encore. Quand vous devez licencier vos salariés – ces gens qui sont votre « première richesse » – c’est votre échec personnel que vous signez.

    J’ai vu des patrons de PME :

    • Faire des dépressions après avoir dû fermer
    • Se suicider (on en parle peu, mais c’est une réalité)
    • Divorcer sous la pression
    • Finir ruinés et interdits bancaires pour 10 ans

    Le salarié retrouvera un emploi (même si c’est dur). Le patron, lui, portera cet échec à vie.

    Tous victimes du même système

    Voilà la vérité que personne ne veut entendre : patrons et salariés sont tous les deux victimes du même système économique en faillite.

    La vraie question n’est pas « qui souffre le plus ? » mais « comment on s’en sort ensemble ? »

    Les vrais coupables

    Pendant qu’on s’écharpe sur la lutte des classes version XIXème siècle, les vrais responsables se frottent les mains :

    • Les politiques qui ont laissé filer les déficits
    • Les banques qui ont joué au casino avec notre argent
    • Les multinationales qui délocalisent en toute impunité
    • Les technocrates européens qui imposent l’austérité

    Bref, tout un système qui broie les entreprises et les hommes.

    La solidarité nécessaire

    Dans mes entreprises, j’ai toujours prôné une approche : on gagne ensemble, on perd ensemble. Ça veut dire :

    • Transparence totale sur la situation de l’entreprise
    • Partage des efforts en cas de difficultés
    • Participation aux bénéfices quand ça va bien
    • Dialogue permanent plutôt que confrontation stérile

    C’est ça, la vraie richesse d’une entreprise : cette capacité à faire corps dans la tempête.

    Sortir des clichés pour survivre

    Alors oui, en ce moment, ce sont les salariés qui morfient. Les chiffres du chômage ne mentent pas. Mais demain, quand les faillites d’entreprises vont exploser (et elles vont exploser), ce seront les patrons qui paieront le prix fort.

    Au lieu de rejouer éternellement la guerre des classes, on ferait mieux de comprendre qu’on est dans le même bateau. Un bateau qui prend l’eau de toutes parts.

    La vraie question aujourd’hui n’est pas de savoir si vos salariés sont des esclaves ou votre première richesse. La vraie question est : comment on survit ensemble à ce qui nous arrive ?

    Parce que victimes économiques, on l’est tous. Patrons, salariés, indépendants, chômeurs. Tous dans la même galère d’un système qui nous broie méthodiquement.

    Alors au lieu de nous taper dessus, si on commençait par identifier les vrais responsables ? Et si on arrêtait de tomber dans le piège de la division qui arrange tant ceux qui nous gouvernent ?

    Mes salariés ne sont pas mes esclaves. Ce sont mes partenaires de galère. Et dans la tempête qui s’annonce, on aura sacrément besoin les uns des autres.

    Pour aller plus loin

    • « La France des invisibles » de Pierre Rosanvallon – Une analyse fine des fractures sociales françaises
    • « Le Patron qui ne voulait plus être chef » d’Alexandre Gérard – Témoignage d’un entrepreneur sur les nouveaux modèles d’entreprise
    • Les rapports du Conseil d’Analyse Économique – Pour comprendre les mécanismes de la crise actuelle
    • « Ils ont failli me tuer » de Marc Simoncini – Le témoignage brut d’un entrepreneur sur les difficultés du métier

    Sources et références

    • INSEE – Enquête emploi et chômage T2 2013
    • Observatoire des entreprises – Banque de France, juillet 2013
    • Rapport Gallois sur la compétitivité, novembre 2012
    • Étude APCE sur les défaillances d’entreprises, juin 2013

    Photo : Jakub Żerdzicki / Unsplash