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  • Ultra-libéral : pourquoi j’emploie ce terme péjoratif pour dénoncer les dérives du libéralisme
    Ultra-libéral : pourquoi j’emploie ce terme péjoratif pour dénoncer les dérives du libéralisme
    Face aux critiques sur mon usage du terme « ultra-libéral », je clarifie ma position : je ne suis pas anti-libéral, je dénonce simplement les excès destructeurs d’un libéralisme devenu incontrôlable. L’ultra-libéralisme, c’est la boîte de Pandore du libéralisme ouverte.

    Le débat fait rage depuis quelques jours sur Twitter. On me reproche d’employer le terme « ultra-libéral » à tort et à travers, certains allant jusqu’à me qualifier d’anti-libéral primaire. Il est temps de clarifier les choses une bonne fois pour toutes.

    Je suis libéral. Profondément. Entrepreneur depuis plus de vingt ans, j’ai bâti mes entreprises sur les principes du libre marché, de l’innovation et de la responsabilité individuelle. Mais être libéral ne signifie pas fermer les yeux sur les dérives d’un système qui, poussé à l’extrême, finit par détruire ce qu’il prétend défendre.

    Ma définition de l’ultra-libéralisme : le mauvais côté de la Force

    Quand j’emploie le terme « ultra-libéral », je ne parle pas du libéralisme classique d’Adam Smith ou de Friedrich Hayek. Je parle de ce que j’appelle le « mauvais libéralisme » – un libéralisme hors de contrôle, destructeur, qui a perdu tout sens de la mesure et de la responsabilité sociale.

    L’ultra-libéralisme, selon ma définition, c’est la boîte de Pandore du libéralisme ouverte. C’est quand les principes libéraux deviennent des dogmes aveugles, appliqués sans discernement ni considération pour leurs conséquences humaines et sociales.

    Prenez la dérégulation financière des années 1980-1990. Au nom de la liberté des marchés, on a supprimé les garde-fous qui protégeaient l’économie réelle de la spéculation débridée. Résultat ? La crise des subprimes de 2007-2008, des millions de familles ruinées, et une récession mondiale dont nous payons encore le prix aujourd’hui.

    Est-ce cela, le libéralisme que nous voulons défendre ? Non. C’est de l’ultra-libéralisme, de l’extrême-libéralisme destructeur.

    Pourquoi « ultra » et pas simplement « néo » ?

    On me demande souvent pourquoi j’utilise le préfixe « ultra » plutôt que « néo ». La réponse est simple : le néolibéralisme est devenu un terme fourre-tout qui ne veut plus rien dire. Tout le monde l’emploie pour désigner tout et n’importe quoi, de Reagan à Hollande en passant par Blair.

    « Ultra », en revanche, marque clairement l’excès, l’extrême, le dépassement des limites raisonnables. C’est pourquoi je remplace souvent « ultra-libéral » par « extrême-libéral » – les deux termes sont pour moi synonymes et désignent la même dérive.

    Le libéralisme, c’est la recherche d’un équilibre entre liberté individuelle et bien commun. L’ultra-libéralisme, c’est quand cet équilibre est rompu au profit exclusif du premier terme de l’équation.

    Les caractéristiques de l’ultra-libéralisme

    Comment reconnaître l’ultra-libéralisme ? Voici les signes qui ne trompent pas :

    • La privatisation à outrance : quand on veut privatiser jusqu’aux services publics essentiels comme la santé, l’éducation ou même la sécurité
    • La financiarisation de l’économie : quand la spéculation rapporte plus que la production réelle
    • Le dumping social et fiscal : quand la compétition entre États se fait sur le dos des travailleurs et des services publics
    • L’individualisme exacerbé : quand « there is no such thing as society » devient un mantra
    • Le court-termisme : quand le profit trimestriel prime sur la viabilité à long terme

    Le libéralisme mélioratif vs l’ultra-libéralisme péjoratif

    C’est simple : le libéralisme est mélioratif si on le compare à l’ultra-libéralisme, qui est péjoratif. Les deux ne sont pas opposés – l’un est la perversion de l’autre.

    Le libéralisme bien compris, c’est celui qui a permis l’essor économique de l’Occident, l’innovation technologique, l’amélioration du niveau de vie. C’est le libéralisme des Trente Glorieuses, celui qui savait concilier dynamisme économique et protection sociale.

    L’ultra-libéralisme, c’est celui qui creuse les inégalités, détruit le tissu social, transforme tout en marchandise – y compris l’humain. C’est le libéralisme devenu fou, qui a oublié que l’économie doit être au service de l’homme et non l’inverse.

    Des exemples concrets de dérives ultra-libérales

    Pour ceux qui douteraient encore de la réalité de ces dérives, voici quelques exemples concrets :

    • La crise grecque : au nom du remboursement de la dette, on impose à tout un peuple une austérité qui détruit son économie
    • Les paradis fiscaux : des multinationales qui ne paient quasiment pas d’impôts pendant que les PME et les particuliers croulent sous les charges
    • La précarisation du travail : le remplacement systématique des CDI par des contrats précaires au nom de la « flexibilité »
    • La marchandisation de la santé : aux États-Unis, des gens meurent faute de pouvoir payer leurs soins

    Pourquoi cette clarification est importante

    Cette distinction entre libéralisme et ultra-libéralisme n’est pas qu’une querelle sémantique. Elle est cruciale pour l’avenir de nos sociétés.

    Si nous, libéraux modérés et responsables, ne dénonçons pas les excès de notre propre camp, nous laissons le champ libre aux populistes de tous bords. Nous leur offrons sur un plateau l’argument massue : « Vous voyez, le libéralisme mène forcément à ces dérives ! »

    Non. Le libéralisme ne mène pas forcément à l’ultra-libéralisme. Pas plus que la démocratie ne mène forcément à la démagogie ou que la religion ne mène forcément au fanatisme. Mais dans tous les cas, il faut savoir poser des limites, définir des garde-fous, accepter la régulation.

    Le rôle de l’État dans une économie libérale

    Contrairement à ce que prétendent les ultra-libéraux, l’État a un rôle crucial à jouer dans une économie libérale saine :

    • Régulateur : pour éviter les abus de position dominante et protéger la concurrence
    • Arbitre : pour garantir le respect des règles du jeu économique
    • Protecteur : pour assurer un filet de sécurité sociale minimum
    • Investisseur : pour financer les infrastructures et la recherche fondamentale
    • Stabilisateur : pour amortir les chocs économiques

    L’ultra-libéralisme nie ou minimise tous ces rôles. C’est en cela qu’il est destructeur.

    Vers un libéralisme responsable

    Alors, quel libéralisme défendre ? Un libéralisme responsable, qui reconnaît que la liberté économique doit s’exercer dans un cadre éthique et social.

    Un libéralisme qui comprend que l’entreprise n’est pas qu’une machine à cash pour les actionnaires, mais un acteur social avec des responsabilités envers ses salariés, ses clients, son territoire.

    Un libéralisme qui accepte de payer des impôts justes pour financer les biens publics dont nous bénéficions tous. Un libéralisme qui investit dans l’avenir plutôt que de tout sacrifier au profit immédiat.

    Bref, un libéralisme humain.

    Ce libéralisme-là, je le défends et le défendrai toujours. L’ultra-libéralisme, je le combats et le combattrai toujours. Non pas parce que je serais anti-libéral, mais précisément parce que je suis libéral et que je refuse de voir cette belle idée pervertie par les excès de quelques-uns.

    La prochaine fois qu’on m’accusera d’être anti-libéral parce que j’emploie le terme « ultra-libéral », je renverrai simplement à cet article. Le débat mérite mieux que les anathèmes et les simplifications.

    Pour aller plus loin

    • « La Grande Transformation » de Karl Polanyi (1944) – Une analyse prophétique des dangers du marché autorégulateur
    • « Le Prix de l’inégalité » de Joseph Stiglitz (2012) – Comment les excès du libéralisme créent des sociétés dysfonctionnelles
    • « Capitalisme et Liberté » de Milton Friedman (1962) – Pour comprendre la pensée libérale classique et ses limites
    • « La Richesse des Nations » d’Adam Smith (1776) – Le texte fondateur, plus nuancé qu’on ne le croit souvent

    Sources et références

    • Rapport de la Commission Stiglitz sur la mesure des performances économiques et du progrès social (2009)
    • « The Shock Doctrine » de Naomi Klein (2007) – Une critique documentée des dérives ultra-libérales
    • Les travaux de Thomas Piketty sur les inégalités (notamment « Les hauts revenus en France au XXe siècle », 2001)
    • Rapport du FMI « Neoliberalism: Oversold? » (2016) – Même le FMI reconnaît les excès

    Photo : Piret Ilver / Unsplash

  • La France à la dérive : entre violences urbaines, exil fiscal et poudrière syrienne
    La France à la dérive : entre violences urbaines, exil fiscal et poudrière syrienne
    L’été 2013 marque un tournant avec les émeutes de Trappes, la faillite historique de Detroit et l’escalade militaire en Syrie. La France, tiraillée entre ses idéaux républicains et ses réalités sociales, peine à trouver sa voie face à ces défis multiples qui annoncent des temps troubles.

    L’été 2013 restera dans les mémoires comme celui où les illusions se sont fracassées sur le mur du réel. De Trappes à Detroit, de Brétigny-sur-Orge à la Syrie, les événements s’enchaînent avec une brutalité qui laisse peu de place aux discours lénifiants. Je regarde cette France que j’aime se débattre dans ses contradictions, incapable de regarder en face les défis qui s’accumulent.

    Trappes : le miroir brisé de l’intégration républicaine

    Les émeutes de Trappes du 20 juillet 2013 révèlent l’ampleur du fossé qui sépare désormais deux France. D’un côté, celle de Benoît Hamon qui affirme sur BFMTV qu’il fait « bon vivre » à Trappes, une ville qui aurait « beaucoup changé ». De l’autre, la réalité crue d’une commune où l’application de la loi sur le voile intégral déclenche des affrontements violents.

    Mon dieu Benoît, y êtes-vous déjà allé ? Cette déconnexion des élites face à la réalité des banlieues n’est pas nouvelle, mais elle atteint des sommets d’aveuglement volontaire. Les limites de l’application de la loi anti-niqab éclatent au grand jour, et j’en reviens toujours à cette nécessité : ÉQUIPEZ LES POLICIERS DE CAMÉRAS INDIVIDUELLES ! Sans transparence, sans preuves visuelles, comment départager les versions dans ces situations explosives ?

    La solution qui s’imposera avant 20 ans face aux populations nomades inintégrables ? Des checkpoints à toutes les entrées des villes. Je sais, c’est choquant. Mais regardons la réalité en face : si la situation du pays n’évolue pas radicalement en matière sociale et sécuritaire, ces dispositifs deviendront inévitables. C’est déjà le cas dans de nombreux pays, et nous fermons les yeux sur cette dérive sécuritaire qui nous guette.

    L’échec du modèle d’intégration français

    La culture seule ne sauvera que moins de 5% des jeunes en banlieue. C’est illusoire de croire qu’on réglera ces problèmes avec des MJC et des ateliers théâtre. La solution est multiple, complexe, et nécessite une refonte totale de notre approche. Mais qui a le courage politique de le dire ? Qui ose affronter ces réalités sans tomber dans les extrêmes ?

    Detroit : le canari dans la mine de charbon

    Le 19 juillet 2013, Detroit dépose le bilan. La Motor City, symbole de la puissance industrielle américaine, devient la plus grande ville américaine à se déclarer en faillite. Plus de 100 000 créanciers ne seront jamais payés. Ce n’est que le début d’une cascade de faillites municipales qui menacent l’ensemble du système occidental.

    Cette faillite n’est pas qu’un événement économique isolé. C’est le symptôme d’un mal plus profond : la désindustrialisation massive, la fuite des capitaux, l’effondrement de la base fiscale. Detroit aujourd’hui, c’est peut-être Roubaix ou Saint-Étienne demain. Les mêmes causes produisent les mêmes effets, et nous refusons de voir les signaux d’alarme.

    Le juge qui refuse dans un premier temps la procédure de faillite, la jugeant anticonstitutionnelle, illustre parfaitement notre déni collectif. Comme si le droit pouvait suspendre les lois économiques. Comme si les mots pouvaient remplacer les dollars manquants.

    L’exil fiscal : héros ou traîtres ?

    « Pourquoi moi, tout petit chef d’entreprise, je quitte la France ? » Cette question, posée dans Les Échos, résonne comme un cri du cœur. Les Français qui s’expatrient ne sont pas des lâches mais des héros, des aventuriers, des courageux ! Il faut avoir vécu l’enfer administratif et fiscal français pour comprendre ce qui pousse des entrepreneurs à tout quitter.

    Mes salariés sont ma première richesse, sûrement pas mes esclaves. Mais quand le coût total d’un employé devient prohibitif, quand les charges et taxes s’accumulent au point d’étouffer l’activité, que reste-t-il comme option ? Je suis contre les bas salaires NETS, je suis pour l’augmentation des salaires NETS par la baisse des charges ! Mais qui m’écoute ?

    L’exil fiscal opéré dans le seul but de blanchir, frauder, dissimuler est criminel. Mais l’exil de survie économique, celui de l’entrepreneur qui veut simplement continuer à créer de la valeur, c’est autre chose. C’est le symptôme d’un pays qui tue ses forces vives.

    Le modèle Tapie : la fin d’un rêve entrepreneurial

    Bernard Tapie représentait le summum des non-conformistes qui partent de tout en bas pour arriver tout en haut. Des millions d’entrepreneurs français ont rêvé de sa réussite, lui qui était leur modèle (socialiste) il n’y a pas très longtemps ! Aujourd’hui, ce modèle est mort et enterré. La France n’aime plus ses entrepreneurs, elle les suspecte, les taxe, les pousse à l’exil.

    La Syrie : la poudrière du Moyen-Orient

    En cette fin août 2013, les tambours de guerre résonnent. La France, à la queue des USA et avec à sa tête les socialistes hollandais, s’apprête à nous envoyer en enfer. L’intervention militaire en Syrie se profile, et personne ne semble mesurer les conséquences catastrophiques qui nous attendent.

    Si vous combattez contre l’armée syrienne aux côtés des rebelles, vous renforcez et armez Al-Qaïda. À moyen terme : conséquences terribles ! Le conflit syrien va produire et disséminer des milliers de combattants potentiels terroristes formés à égorger et violer. Ces hommes reviendront un jour en Europe, et nous paierons le prix de notre aveuglement.

    La Syrie ne répliquera pas de façon mesurée à une intervention internationale précise et limitée. Au contraire. Et les occidentaux le savent ! Une attaque ciblée aura forcément pour objectif l’élimination physique d’Assad. Sa mise sous protection en Iran est un joli coup qui complique encore la donne.

    L’impasse stratégique

    Je vois deux solutions, toutes deux utopiques : exterminer Assad ou exterminer les terroristes rebelles. Entre ces deux extrêmes, nous naviguons dans un océan d’incertitudes. L’Égypte, la Tunisie, la Libye, la Syrie : leurs désastreuses situations respectives ne seront pas stabilisées avant des dizaines d’années, minimum !

    Il est temps de venir en aide militairement à la Syrie en combattant le terrorisme islamiste aux côtés de l’armée syrienne ! Je sais, c’est politiquement incorrect. Mais entre deux maux, ne faut-il pas choisir le moindre ? Entre un dictateur laïc et des terroristes islamistes, le choix devrait être évident.

    Les signaux faibles d’un monde en mutation

    Au-delà de ces crises majeures, d’autres signaux annoncent les bouleversements à venir. Snowden, le plus courageux de tous les lanceurs d’alertes de l’histoire, est lâché par les alignés. Même par le pays des droits de l’Homme. Avec PRISM et XKeyscore, il montre le niveau de surveillance automatique des USA. La France doit absolument investir dans ces technologies, sous peine d’être définitivement larguée.

    Fukushima continue de contaminer silencieusement toute la côte ouest des États-Unis, depuis l’Alaska jusqu’au Mexique. Gardons un œil sur cette catastrophe au ralenti, on ne va pas être déçu des informations à venir.

    Le Bitcoin commence à attirer l’attention des régulateurs. C’est peut-être le début de la fin pour cette cryptomonnaie qui promettait de révolutionner la finance.

    Même le monde des transports semble frappé par la malédiction : Lac-Mégantic, Brétigny-sur-Orge, Saint-Jacques-de-Compostelle… La fameuse loi des séries frappe, même si statistiquement c’est improbable.

    Conclusion : la France au carrefour

    L’été 2013 marque un tournant. La France se trouve à un carrefour historique. D’un côté, le maintien d’un modèle social et républicain à bout de souffle, incapable de répondre aux défis du XXIe siècle. De l’autre, le saut dans l’inconnu d’une refonte totale de notre système.

    Les émeutes de Trappes ne sont qu’un symptôme. L’exil fiscal n’est qu’une conséquence. L’intervention en Syrie n’est qu’une fuite en avant. Derrière ces événements se cache une réalité plus profonde : la France n’a plus de projet, plus de vision, plus de direction.

    Nous sommes dans un mouvement de réduction généralisée : réduction des effectifs, réduction des ambitions, réduction des espoirs. C’est horrible et ça me déchire le cœur. Mais tant que nous refuserons de regarder la réalité en face, tant que nous préférerons les discours lénifiants aux diagnostics lucides, nous continuerons cette lente descente aux enfers.

    La question n’est plus de savoir si nous allons dans le mur. La question est de savoir à quelle vitesse, et si nous aurons le courage de donner le coup de volant salvateur avant l’impact.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Amin Zabardast / Unsplash

  • Patron et salariés : qui souffre vraiment dans la crise économique ?
    Patron et salariés : qui souffre vraiment dans la crise économique ?
    Dans une économie en crise où le chômage atteint des sommets historiques, la question de qui souffre le plus entre patrons et salariés mérite d’être posée sans tabous. Une analyse décapante des vraies victimes de la crise économique.

    Je viens d’avoir un échange musclé sur Twitter avec quelqu’un qui me parle des salariés comme d’ »esclaves ». Ça me fait bondir. Mes salariés sont ma première richesse, pas mes esclaves. Mais cette vision caricaturale révèle quelque chose de plus profond : on ne comprend rien aux rapports économiques réels entre patrons et salariés.

    Alors posons la question qui fâche : dans la crise actuelle, qui souffre vraiment ?

    Le mythe du patron exploiteur et du salarié victime

    Commençons par tordre le cou à cette vision binaire. Oui, il y a des patrons voyous. Oui, il y a des abus. Mais réduire la relation patron-salarié à un rapport maître-esclave, c’est d’une bêtise confondante.

    Dans mon entreprise, comme dans des milliers de PME françaises, les salariés sont notre actif numéro un. Sans eux, pas de production, pas d’innovation, pas de croissance. C’est mathématique. Un patron qui considère ses salariés comme des esclaves est un patron qui court à sa perte.

    Le problème, c’est que cette caricature arrange tout le monde :

    • Les syndicats y trouvent leur fonds de commerce
    • Les politiques y puisent des slogans faciles
    • Les médias adorent cette dramaturgie simpliste
    • Et même certains patrons du CAC40 alimentent ce cliché par leurs excès

    Résultat ? On passe à côté de la vraie question : comment survivre ensemble dans une économie qui s’effondre ?

    La séquence actuelle : les salariés dans l’œil du cyclone

    Nous sommes actuellement dans une phase où ce sont effectivement les salariés qui trinquent en premier. Les chiffres sont implacables : le chômage explose, les plans sociaux se multiplient, la précarité s’installe.

    Pourquoi les salariés d’abord ? Simple mécanique économique :

    • Face à une baisse d’activité, l’entreprise doit réduire ses coûts
    • La masse salariale représente souvent 60 à 70% des charges
    • Les contrats de travail français rendent les ajustements lents et coûteux
    • Résultat : on licencie, on ne remplace pas, on gèle les embauches

    C’est cruel, c’est mécanique, c’est la réalité. Les salariés sont les variables d’ajustement immédiates de la crise.

    Le coût humain immédiat

    Pour un salarié licencié, c’est :

    • La perte immédiate du revenu (même si les allocations chômage amortissent)
    • L’angoisse du lendemain dans un marché du travail sinistré
    • La remise en question personnelle (« pourquoi moi ? »)
    • Les difficultés familiales qui s’ensuivent

    Ne minimisons pas cette souffrance. Elle est réelle, tangible, destructrice.

    La face cachée : quand le patron perd tout

    Mais voilà où mon analyse diverge du discours dominant : un salarié va perdre nettement moins qu’un patron quand l’entreprise coule.

    Provocateur ? Non, factuel. Laissez-moi vous expliquer.

    L’engagement financier total

    Quand je crée une entreprise, je mets sur la table :

    • Mon épargne personnelle (souvent tout)
    • Des garanties sur mes biens personnels (maison, voiture)
    • Des cautions solidaires qui m’engagent sur des années
    • Mon patrimoine familial en garantie des prêts bancaires

    Un salarié licencié perd son emploi. Un patron qui ferme perd souvent TOUT.

    La responsabilité qui tue

    Mais au-delà de l’argent, il y a quelque chose de plus dur encore. Quand vous devez licencier vos salariés – ces gens qui sont votre « première richesse » – c’est votre échec personnel que vous signez.

    J’ai vu des patrons de PME :

    • Faire des dépressions après avoir dû fermer
    • Se suicider (on en parle peu, mais c’est une réalité)
    • Divorcer sous la pression
    • Finir ruinés et interdits bancaires pour 10 ans

    Le salarié retrouvera un emploi (même si c’est dur). Le patron, lui, portera cet échec à vie.

    Tous victimes du même système

    Voilà la vérité que personne ne veut entendre : patrons et salariés sont tous les deux victimes du même système économique en faillite.

    La vraie question n’est pas « qui souffre le plus ? » mais « comment on s’en sort ensemble ? »

    Les vrais coupables

    Pendant qu’on s’écharpe sur la lutte des classes version XIXème siècle, les vrais responsables se frottent les mains :

    • Les politiques qui ont laissé filer les déficits
    • Les banques qui ont joué au casino avec notre argent
    • Les multinationales qui délocalisent en toute impunité
    • Les technocrates européens qui imposent l’austérité

    Bref, tout un système qui broie les entreprises et les hommes.

    La solidarité nécessaire

    Dans mes entreprises, j’ai toujours prôné une approche : on gagne ensemble, on perd ensemble. Ça veut dire :

    • Transparence totale sur la situation de l’entreprise
    • Partage des efforts en cas de difficultés
    • Participation aux bénéfices quand ça va bien
    • Dialogue permanent plutôt que confrontation stérile

    C’est ça, la vraie richesse d’une entreprise : cette capacité à faire corps dans la tempête.

    Sortir des clichés pour survivre

    Alors oui, en ce moment, ce sont les salariés qui morfient. Les chiffres du chômage ne mentent pas. Mais demain, quand les faillites d’entreprises vont exploser (et elles vont exploser), ce seront les patrons qui paieront le prix fort.

    Au lieu de rejouer éternellement la guerre des classes, on ferait mieux de comprendre qu’on est dans le même bateau. Un bateau qui prend l’eau de toutes parts.

    La vraie question aujourd’hui n’est pas de savoir si vos salariés sont des esclaves ou votre première richesse. La vraie question est : comment on survit ensemble à ce qui nous arrive ?

    Parce que victimes économiques, on l’est tous. Patrons, salariés, indépendants, chômeurs. Tous dans la même galère d’un système qui nous broie méthodiquement.

    Alors au lieu de nous taper dessus, si on commençait par identifier les vrais responsables ? Et si on arrêtait de tomber dans le piège de la division qui arrange tant ceux qui nous gouvernent ?

    Mes salariés ne sont pas mes esclaves. Ce sont mes partenaires de galère. Et dans la tempête qui s’annonce, on aura sacrément besoin les uns des autres.

    Pour aller plus loin

    • « La France des invisibles » de Pierre Rosanvallon – Une analyse fine des fractures sociales françaises
    • « Le Patron qui ne voulait plus être chef » d’Alexandre Gérard – Témoignage d’un entrepreneur sur les nouveaux modèles d’entreprise
    • Les rapports du Conseil d’Analyse Économique – Pour comprendre les mécanismes de la crise actuelle
    • « Ils ont failli me tuer » de Marc Simoncini – Le témoignage brut d’un entrepreneur sur les difficultés du métier

    Sources et références

    • INSEE – Enquête emploi et chômage T2 2013
    • Observatoire des entreprises – Banque de France, juillet 2013
    • Rapport Gallois sur la compétitivité, novembre 2012
    • Étude APCE sur les défaillances d’entreprises, juin 2013

    Photo : Jakub Żerdzicki / Unsplash

  • L’exode silencieux des entrepreneurs français : quand le talent fuit sans manifester
    L’exode silencieux des entrepreneurs français : quand le talent fuit sans manifester
    Les entrepreneurs français ne manifestent plus, ils votent avec leurs pieds. Face à la politique fiscale du nouveau gouvernement, l’exode des créateurs d’entreprise s’accélère dans un silence assourdissant. Un phénomène qui pourrait coûter très cher à l’économie française.

    Vous savez ce qui me frappe le plus dans la France d’octobre 2012 ? Ce n’est pas le matraquage fiscal annoncé. Ce n’est pas la diabolisation systématique de ceux qui créent de la richesse. Non, c’est le silence. Le silence assourdissant des entrepreneurs qui, un à un, plient bagage sans faire de bruit.

    Je viens de passer deux semaines à Londres et à Genève. À chaque fois, le même constat : des dizaines d’entrepreneurs français fraîchement débarqués, le regard à la fois soulagé et amer. Ils ne manifestent pas. Ils ne signent pas de pétitions. Ils partent, c’est tout.

    Le syndrome #geonpi : quand les entrepreneurs votent avec leurs pieds

    Le hashtag #geonpi (« Gens Entrepreneurs Oubliés Non Pris en considération par l’Intelligentsia ») fait fureur sur Twitter ces derniers jours. Il cristallise le sentiment d’abandon d’une génération d’entrepreneurs face à un gouvernement qui semble considérer la réussite économique comme suspecte par nature.

    Contrairement aux agriculteurs qui bloquent les routes ou aux syndicats qui défilent dans les rues, les entrepreneurs ont choisi une forme de protestation bien plus radicale : l’exil fiscal et entrepreneurial. Pas de banderoles, pas de slogans. Juste des valises et un billet d’avion.

    Les chiffres commencent à donner le vertige. Selon les estimations officieuses (car évidemment, Bercy se garde bien de communiquer là-dessus), le nombre de départs d’entrepreneurs français aurait doublé depuis mai 2012. Les destinations privilégiées ? Londres, Genève, Bruxelles, mais aussi Singapour et les États-Unis pour les plus ambitieux.

    La goutte d’eau fiscale qui fait déborder le vase entrepreneurial

    Le projet de budget 2013 présenté fin septembre a sonné comme un tocsin pour beaucoup. Taxe à 75% sur les hauts revenus, plafonnement du quotient familial, hausse de l’ISF, taxation accrue des plus-values… La liste est longue et douloureuse.

    Mais au-delà des chiffres, c’est le discours ambiant qui fait mal. Quand un ministre du Budget comme Jérôme Cahuzac semble considérer que les entrepreneurs sont des vaches à lait corvéables à merci, comment s’étonner qu’ils cherchent des pâturages plus cléments ?

    Un ami entrepreneur me confiait la semaine dernière : « Je ne suis pas parti pour payer moins d’impôts. Je suis parti parce qu’en France, on me fait sentir que je suis un salaud de gagner de l’argent en créant des emplois. »

    Les signaux d’alarme ignorés

    Depuis des mois, les signaux s’accumulent pourtant :

    • Les incubateurs parisiens voient leurs meilleurs éléments partir à Londres ou Berlin
    • Les business angels français investissent de plus en plus à l’étranger
    • Les jeunes diplômés des grandes écoles créent directement leur startup hors de France
    • Les success stories françaises (Criteo, Dailymotion, PriceMinister) installent leur siège social ailleurs

    Mais visiblement, rue de Bercy, on préfère compter les recettes fiscales à court terme plutôt que s’inquiéter de l’hémorragie de talents à long terme.

    Le piège de l’idéologie : quand la France tue sa poule aux œufs d’or

    Ce qui se joue actuellement, c’est bien plus qu’une simple optimisation fiscale. C’est une rupture profonde entre la France et ses forces vives entrepreneuriales. Une rupture qui risque de coûter très cher.

    Car contrairement à ce que semblent croire nos dirigeants, les entrepreneurs ne sont pas des rentiers parasites. Ce sont eux qui créent les emplois de demain, qui innovent, qui prennent des risques. Les faire fuir, c’est hypothéquer l’avenir économique du pays.

    L’effet domino entrepreneurial

    Le plus inquiétant, c’est l’effet d’entraînement. Quand un entrepreneur part, il emmène souvent avec lui :

    • Ses meilleurs collaborateurs
    • Son réseau de fournisseurs
    • Ses projets de développement
    • Les emplois qu’il aurait créés
    • Les impôts qu’il aurait payés (et oui, même taxés « normalement », les entrepreneurs paient des impôts !)

    C’est tout un écosystème qui se délite, pierre par pierre.

    Le réveil sera douloureux

    Je suis convaincu que nos gouvernants actuels sont sincèrement persuadés que les entrepreneurs français ne partiront pas vraiment. Qu’ils bluffent. Qu’au final, l’attachement à la France l’emportera sur les considérations économiques.

    Quelle naïveté ! Les entrepreneurs d’aujourd’hui sont nés avec l’Europe, ont grandi avec Internet, travaillent avec le monde entier. Pour eux, s’installer à Londres ou à Genève n’est pas plus compliqué que de déménager de Paris à Lyon.

    Le réveil va être brutal. D’ici quelques mois, quand les recettes fiscales s’effondreront faute de contributeurs, quand le chômage explosera faute de créateurs d’emplois, quand l’innovation française sera définitivement délocalisée… il sera trop tard pour pleurer.

    Les premiers signes du désastre

    Les indicateurs avancés sont déjà au rouge :

    • Les créations d’entreprises innovantes chutent depuis juin
    • Les levées de fonds se raréfient
    • Les projets d’embauche sont gelés
    • Les investissements sont reportés ou annulés

    Mais qui s’en soucie ? Certainement pas ceux qui pensent qu’on peut relancer l’économie en embauchant des fonctionnaires et en taxant ceux qui créent de la richesse.

    Changer de cap avant le naufrage

    Il est encore temps d’éviter le pire. Mais cela suppose un changement radical de perspective. Arrêter de considérer les entrepreneurs comme des ennemis de classe. Comprendre que leur réussite est notre réussite collective. Créer un environnement fiscal et réglementaire qui encourage la prise de risque plutôt que de la punir.

    Bref, il faudrait une révolution culturelle. Or, avec le gouvernement actuel, on en prend exactement le chemin inverse. La fuite des cerveaux et des entrepreneurs ne fait que commencer.

    Vous savez quoi ? En écrivant ces lignes, je réalise que moi aussi, pour la première fois de ma vie, je commence à regarder ailleurs. Pas par cupidité. Par lassitude. Lassitude de me battre dans un pays qui semble ne plus vouloir de ses entrepreneurs.

    Alors oui, il est urgent de changer de gouvernement, et de président. Avant qu’il ne soit définitivement trop tard. Avant que la France ne devienne un musée économique, belle mais stérile, vivant de ses souvenirs de grandeur passée pendant que le monde avance sans elle.

    Les entrepreneurs français ne manifesteront pas. Ils partiront. En silence. Et leur absence fera plus de bruit que toutes les manifestations du monde.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    • Données sur les créations d’entreprises : INSEE, octobre 2012
    • Estimations des départs d’entrepreneurs : compilation de sources bancaires privées
    • Projet de loi de finances 2013 : documents officiels du gouvernement
    • Témoignages d’entrepreneurs : entretiens directs, octobre 2012

    Photo : Xuewen Qing / Unsplash

  • France : la spirale infernale d’un pays qui se saborde
    France : la spirale infernale d’un pays qui se saborde
    La France accumule les décisions économiques contre-productives : hausse du plafond du Livret A qui assèche l’économie réelle, suppression des exonérations sur les heures supplémentaires et rigidité du marché du travail. Résultat : le chômage explose et les entreprises suffoquent.

    Trois millions de chômeurs officiels. Voilà où nous en sommes en septembre 2012. Et franchement, ce n’est qu’un début. À ce rythme, je parie sur 3,5 millions d’ici 2014. Pourquoi ? Parce que nos dirigeants accumulent les décisions économiques aberrantes avec une constance qui forcerait presque l’admiration si elle n’était pas si tragique.

    Prenez le relèvement du plafond du Livret A. Une mesure présentée comme sociale, populaire même. En réalité ? Une bombe à retardement pour notre économie. Je vais vous expliquer pourquoi cette décision, comme tant d’autres, révèle l’incompréhension profonde de nos élites face aux mécanismes économiques de base.

    Le Livret A : quand l’épargne devient un piège mortel pour l’économie

    Le gouvernement vient d’augmenter le plafond du Livret A. Bravo. Vraiment, bravo. Vous savez ce que cela signifie concrètement ? Que des milliards d’euros supplémentaires vont être soustraits à l’économie réelle pour dormir tranquillement sur des comptes défiscalisés.

    Comprenons-nous bien : le Livret A, c’est de l’argent qui ne finance ni les entreprises, ni l’innovation, ni l’emploi. C’est de l’argent stérilisé, neutralisé, castré. Dans un pays qui compte déjà 3 millions de chômeurs, encourager les Français à planquer encore plus leur épargne relève soit de l’incompétence crasse, soit du sabotage délibéré.

    Les chiffres sont édifiants : l’encours total des Livrets A et LDD dépasse déjà les 350 milliards d’euros. C’est l’équivalent de 17% du PIB français qui dort au lieu de travailler. Et on en rajoute une couche ?

    Pendant ce temps, les PME crèvent faute de financement. Les banques, gavées de liquidités dormantes, n’ont aucune incitation à prêter aux entreprises. Résultat : l’investissement productif s’effondre, l’innovation se meurt, et les emplois disparaissent. Mais rassurez-vous, l’épargne des Français est bien au chaud.

    La double peine des heures supplémentaires : comment tuer le pouvoir d’achat

    Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement s’apprête à porter un coup fatal au pouvoir d’achat des salariés. La suppression des exonérations sur les heures supplémentaires, c’est 1 à 12% de salaire net en moins pour des millions de Français. Je répète : 1 à 12% EN MOINS.

    Vous imaginez l’impact ? Un ouvrier qui complétait ses fins de mois avec quelques heures sup va voir son revenu fondre. Une caissière qui acceptait des horaires décalés pour boucler son budget va devoir faire des choix cornéliens. Et tout ça pourquoi ? Pour récupérer quelques milliards qui seront immédiatement engloutis dans le tonneau des Danaïdes de la dépense publique.

    L’ironie, c’est que cette mesure va mécaniquement réduire la consommation, donc l’activité économique, donc les recettes fiscales. C’est ce qu’on appelle scier la branche sur laquelle on est assis. Mais visiblement, à Bercy, on préfère les symboles idéologiques aux réalités économiques.

    L’effet domino sur la consommation

    Moins de revenus pour les salariés, c’est moins de consommation. Moins de consommation, c’est moins de chiffre d’affaires pour les entreprises. Moins de chiffre d’affaires, c’est moins d’embauches, voire des licenciements. Et la boucle est bouclée : on fabrique du chômage en prétendant le combattre.

    Les économistes appellent ça le multiplicateur keynésien inversé. Moi j’appelle ça de la connerie pure et simple.

    Carburants : la taxe invisible qui étrangle l’économie

    Ah, et j’oubliais le meilleur : les carburants. On frôle déjà les 2 euros le litre dans certaines stations. Ma prédiction ? 2,50 euros avant 2015. Et Moscovici qui fait comme si de rien n’était.

    Vous savez ce que représente le carburant dans l’économie française ? Tout. Les camions qui livrent vos magasins roulent au gazole. Les commerciaux qui démarchent les clients roulent à l’essence. Les artisans qui se déplacent sur les chantiers carburent au sans-plomb. Augmenter le prix du carburant, c’est augmenter le coût de TOUT.

    Un transporteur routier m’expliquait récemment que le gazole représentait 35% de ses charges. 35% ! Comment voulez-vous qu’il reste compétitif face à ses concurrents polonais ou roumains ? Comment voulez-vous qu’il maintienne ses emplois ?

    L’impact sur les zones rurales

    Et je ne parle même pas des zones rurales, où la voiture n’est pas un luxe mais une nécessité vitale. Des millions de Français n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler. Pour eux, l’explosion du prix des carburants, c’est une amputation pure et simple de leur pouvoir d’achat.

    Mais bon, nos élites parisiennes qui prennent le métro ne voient pas le problème.

    Le marché du travail : quand la rigidité tue l’emploi

    Arnaud Montebourg, notre ministre du Redressement productif (quelle blague ce titre), devrait écouter les entrepreneurs au lieu de pontifier. Nous avons besoin de flexibilité. F-L-E-X-I-B-I-L-I-T-É.

    Laissez-nous embaucher librement. Laissez-nous désembaucher quand c’est nécessaire. C’est la condition sine qua non pour créer de l’emploi durable. Vous savez pourquoi les patrons n’embauchent pas ? Parce qu’ils ont peur de ne pas pouvoir ajuster leurs effectifs en cas de retournement de conjoncture.

    Résultat : on préfère l’intérim, les CDD, la sous-traitance. Tout sauf le CDI qui est devenu un boulet. C’est ça que vous voulez ? Une économie de précarité généralisée ?

    L’exemple des pays qui ont réussi

    Regardez le Danemark avec sa flexisécurité. Regardez l’Allemagne avec ses réformes Hartz. Ces pays ont compris qu’un marché du travail fluide créait plus d’emplois qu’un marché rigide. Mais en France, on préfère l’immobilisme idéologique.

    Un patron de PME me confiait récemment : « J’ai trois postes à pourvoir, mais j’hésite. Si ça se passe mal, je suis coincé. » Trois emplois non créés à cause de la peur. Multipliez ça par des milliers d’entreprises, et vous comprenez pourquoi le chômage explose.

    Le nucléaire : symbole de notre déclin industriel

    Et que dire de notre filière nucléaire ? Montebourg parle de filière d’avenir. Mais de quel avenir parle-t-il ? Du démantèlement des centrales ? Parce que c’est bien la seule perspective qui se dessine.

    La France avait un avantage compétitif énorme avec son parc nucléaire. Une électricité abondante et bon marché. Un savoir-faire reconnu mondialement. Et qu’est-ce qu’on fait ? On saborde tout ça sur l’autel de l’idéologie verte.

    Pendant ce temps, la Chine construit des centrales à tour de bras. L’Inde aussi. Même les Émirats arabes unis s’y mettent. Mais nous, on préfère fermer Fessenheim et planter des éoliennes qui ne tournent que quand il y a du vent.

    La liberté d’expression : jusqu’où peut-on aller ?

    L’affaire Charlie Hebdo de cette semaine pose une vraie question. Jusqu’où peut aller la liberté d’expression ? Est-ce intelligent de publier des caricatures qui vont mettre le feu aux poudres dans le monde musulman ?

    Je défends la liberté d’expression. C’est un principe non négociable. Mais la liberté, c’est aussi la responsabilité. Quand on sait qu’une publication va déclencher des violences, des morts peut-être, est-ce vraiment le moment de jouer les provocateurs ?

    On me dira que céder à la menace, c’est renoncer à nos valeurs. Certes. Mais opposer systématiquement les communautés, est-ce vraiment défendre nos valeurs ? Ou est-ce juste remuer la merde pour le plaisir ?

    Les Roms : l’hypocrisie à son paroxysme

    Et pour finir, parlons des Roms. Tout le monde a un avis, tout le monde veut qu’ils soient « intégrés en douceur ». Très bien. J’ai une solution simple : que ceux qui prônent l’intégration les hébergent chez eux.

    C’est facile d’être généreux avec l’argent des autres. C’est facile de prôner l’accueil quand on habite un quartier protégé. Mais quand il s’agit de passer à l’acte, bizarrement, il n’y a plus personne.

    L’hypocrisie de notre société n’a jamais été aussi criante. On veut le beurre et l’argent du beurre. On veut être humaniste sans en payer le prix. On veut la bonne conscience sans les contraintes.

    David contre Goliath : quand les citoyens se rebellent

    Heureusement, certains citoyens ne se laissent pas faire. Prenez Bruno Boulefkhad. Ce type mène un combat incroyable contre les banques. Son site bruno-boulefkhad.fr est une mine d’informations pour tous ceux qui en ont marre de se faire plumer.

    C’est ça dont on a besoin. Des citoyens qui se lèvent, qui disent non, qui refusent la fatalité. Des « Boulefkhad » partout en France qui reprennent le pouvoir sur leur vie.

    Parce que si on attend que nos dirigeants nous sauvent, on peut attendre longtemps. Ils sont trop occupés à creuser le trou dans lequel ils nous enterrent.

    Conclusion : le réveil ou la chute

    Voilà où nous en sommes. Un pays qui s’autodétruit méthodiquement. Des dirigeants qui accumulent les erreurs. Une population qui subit.

    Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à quand allons-nous accepter cette descente aux enfers ? Jusqu’à quand allons-nous laisser des incompétents décider de notre avenir ?

    La France a tous les atouts pour réussir. Des entrepreneurs brillants, des salariés compétents, des ressources abondantes. Il ne manque qu’une chose : du bon sens au sommet de l’État.

    Remettez l’entrepreneur au centre du jeu. Libérez les énergies. Arrêtez de taxer, de réglementer, d’entraver. Faites confiance aux Français au lieu de les infantiliser.

    Bref. Soit on se réveille maintenant, soit on continue la descente. À vous de choisir.

    Pour aller plus loin

    • Les Échos – Analyses économiques quotidiennes sur la situation française
    • INSEE – Statistiques officielles sur le chômage et l’économie
    • Rapport Gallois – État des lieux de la compétitivité française (à paraître)
    • OCDE – Comparaisons internationales des politiques économiques
    • Bruno-boulefkhad.fr – Combat citoyen contre les dérives bancaires

    Sources et références

    • INSEE – Chiffres du chômage août 2012
    • Banque de France – Encours Livret A et LDD 2012
    • Ministère de l’Économie – Réforme de la défiscalisation des heures supplémentaires
    • Union Française des Industries Pétrolières – Prix moyens des carburants
    • Eurostat – Comparaisons européennes du marché du travail

    Photo : KOBU Agency / Unsplash