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  • Confessions intimes d’un entrepreneur accro à l’IA
    Confessions intimes d’un entrepreneur accro à l’IA
    Depuis quelques semaines, je travaille en parallèle avec plusieurs instances de Claude et Codex. Cette dépendance nouvelle, mi-fascinée mi-inquiète, raconte une mutation profonde du travail intellectuel. Voici ce que j’ai appris en « couchant » avec l’IA.

    Il y a une phrase que j’ai lâchée récemment, à moitié provocante, à moitié sérieuse : « Oui. J’ai couché avec Claude. On pourrait dire ça comme ça. »

    Ce n’était pas qu’une boutade.

    Quand vous lancez plusieurs tâches sur plusieurs instances d’un assistant IA en fin de journée, que vous le retrouvez le matin avec le travail abattu pendant que vous dormiez, et que vous repartez aussitôt dans le dialogue, oui, il se passe quelque chose qui ressemble à une cohabitation. Une intimité de travail. Une nouvelle forme de relation à la machine que personne ne nommait il y a encore deux ans.

    Je suis dans la Tech depuis 1992. J’ai vu passer le minitel finissant, l’arrivée du web, la bulle, le mobile, le cloud. Mais ce que je vis avec les grands modèles de langage en ce printemps 2026, c’est différent. C’est plus rapide, plus intime, et beaucoup plus déstabilisant.

    Travailler en meute : quand on multiplie les Claude

    Ma routine a changé sans que je m’en rende vraiment compte. Désormais, je ne pose plus une question à une IA. Je distribue le travail.

    Comme je l’écrivais récemment : « Je lance d’autres tâches sur d’autres Claude, ou sur Codex. » Une instance creuse un dossier juridique. Une autre relit un contrat. Une troisième débugge du code via Codex. Je suis devenu une sorte de chef d’orchestre d’agents qui ne dorment jamais.

    Ce mode de travail porte un nom dans l’industrie : l’orchestration d’agents. Anthropic, l’éditeur de Claude, a poussé en ce sens avec ses fonctionnalités de tâches asynchrones et son outil Claude Code, qui permet de déléguer des chantiers entiers de développement. OpenAI a fait de même avec Codex, relancé en 2025 comme agent de programmation autonome.

    La promesse est simple : vous décrivez l’objectif, l’agent exécute, vous validez. Le gain de productivité est réel, parfois vertigineux. Mais il y a un revers que peu osent dire.

    • Vous perdez le détail. Quand cinq agents travaillent en parallèle, vous ne lisez plus vraiment ce qu’ils produisent ligne à ligne.
    • Vous devenez dépendant du rythme. Une journée sans accès à ces outils ressemble désormais à une journée les mains liées.
    • Vous changez de métier sans l’avoir décidé. Vous ne produisez plus, vous supervisez. Et superviser une machine qui se trompe avec aplomb est un exercice dangereux.

    Bref. On gagne du temps, mais on troque la maîtrise contre la vitesse. Et ce troc-là mérite qu’on s’arrête dessus.

    « Ils vont remplacer tous les Cédric par un seul Claude »

    J’ai écrit cette phrase un matin, mi-figue mi-raisin : « Ils vont remplacer tous les Cédric (et les Régis) par un seul Claude. »

    Derrière l’ironie, une réalité froide. Les fonctions support, les tâches répétitives, la production de documents standardisés, la première ligne de service client : tout cela est en train de basculer.

    Ce que disent les chiffres

    Le Forum économique mondial, dans son rapport Future of Jobs 2025, estimait que 92 millions d’emplois seraient déplacés d’ici 2030 par les technologies, mais que 170 millions seraient créés. Le solde théorique est positif. Sauf qu’un solde positif au niveau macro n’a jamais consolé un Cédric licencié au niveau micro.

    Le FMI, de son côté, avance que près de 40 % des emplois mondiaux sont exposés à l’IA, et jusqu’à 60 % dans les économies avancées. La France n’échappe pas à la vague. Les cabinets de conseil, les services juridiques, la comptabilité, le marketing de contenu : autant de secteurs où le « un seul Claude » remplace déjà discrètement plusieurs postes.

    Le débat public préfère parler de « transformation » et de « montée en compétences ». Soit. Mais transformer un assistant juridique de 45 ans en prompt engineer relève davantage du slogan que de la politique de l’emploi réaliste.

    La nuance qu’il faut tenir

    Pour autant, je ne crois pas au remplacement intégral. Claude ne signe pas un contrat, n’engage pas sa responsabilité professionnelle, ne va pas négocier en face d’un client difficile. Ce que l’IA tue, ce sont les tâches, pas forcément les métiers.

    Le danger n’est pas tant le remplacement que la dévalorisation silencieuse : on garde le Cédric, mais on le paie moins, on attend de lui qu’il fasse le travail de trois, et on lui répond que « c’est l’outil qui fait le gros ». Voilà la vraie spirale.

    La guerre des modèles : DeepSeek, Grok et les bans

    Ce printemps a aussi été marqué par une accélération de la guerre économique entre fournisseurs d’IA. J’ai lancé une provocation publique : « Hey @deepseek_ai, vous DEVEZ lancer quelque chose d’équivalent à Claude maintenant. »

    Ce n’était pas un caprice de consommateur. C’était un appel stratégique.

    Pourquoi la concurrence est vitale

    Quand un seul acteur domine un outil devenu central dans nos chaînes de production intellectuelle, nous devenons collectivement otages. Otages de ses prix, de ses conditions d’utilisation, de ses choix de modération, de ses éventuels bannissements.

    DeepSeek, l’acteur chinois qui a secoué le marché début 2025 avec des modèles performants à coût réduit, représente précisément ce contre-pouvoir. Mistral en France joue aussi sa partition souveraine. Et plus il y a de Claude-équivalents, plus nous, utilisateurs et entreprises, gardons un pouvoir de négociation.

    Quand les bans deviennent une arme

    J’ai ironisé à l’attention de Grok : « Eh bien, mon cher ami et collègue @grok, te voilà rassuré avec le ban de Claude Fable5 ? Tu peux reprendre le leadership. »

    Derrière le clin d’œil, une vérité gênante. Dans cette industrie, on ne gagne pas seulement par l’innovation. On gagne aussi par les restrictions, les exclusions de stores, les limitations d’accès, les guerres de réglementation interposées. Un modèle banni quelque part, c’est un concurrent qui récupère mécaniquement des parts de marché.

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que la compétition technologique ressemble de plus en plus à une compétition géopolitique. Et dans cette guerre-là, le client final est rarement la priorité.

    Ferrari, ou la leçon de ceux qui ratent le virage

    Au milieu de tout cela, j’ai eu un mouvement d’humeur que j’assume totalement. À propos d’un projet raté chez une grande marque, j’ai écrit : « Les responsables de ce projet chez @Ferrari doivent être licenciés et le CEO doit présenter sa démission. Ça va cinq minutes les conneries. »

    Pourquoi cette colère ? Parce que l’excellence n’est pas une rente.

    Une marque mythique peut sombrer en quelques années si elle prend ses clients pour des distributeurs automatiques de confiance. Le virage technologique actuel est impitoyable : il sépare ceux qui intègrent l’IA et le numérique dans leur ADN de ceux qui se contentent de coller un vernis marketing par-dessus de vieilles habitudes.

    J’ai vu trop d’entreprises prestigieuses se reposer sur leur histoire. L’histoire ne code pas. L’histoire ne livre pas. L’histoire ne répond pas aux clients. Quand un projet capote par incompétence ou par mépris, il faut des responsabilités assumées au sommet. Pas des éléments de langage.

    Et s’il n’y avait pas Claude, mais Brigitte ou Bernadette ?

    J’ai lâché cette phrase comme une fiction : « Et il n’y aurait pas Claude. Il y aurait Brigitte ou Bernadette. »

    Derrière l’humour, une question de fond : pourquoi nommons-nous ces machines ? Pourquoi leur donner un prénom humain, familier, presque domestique ?

    Parce que le prénom crée le lien. Et le lien crée la dépendance.

    Quand vous dites « je demande à Claude » plutôt que « j’utilise un grand modèle de langage », vous avez déjà humanisé l’outil. Vous avez déjà commencé à lui prêter une intention, une fiabilité, une présence. C’est exactement ce que recherchent les concepteurs : transformer un logiciel en collègue.

    Imaginez la même technologie nommée Brigitte ou Bernadette. Le rapport changerait. Le prénom oriente l’imaginaire. Claude sonne neutre, compétent, légèrement masculin-féminin, rassurant. Ce n’est pas un hasard. Rien n’est laissé au hasard dans la construction de notre attachement à ces outils.

    Et c’est là que se niche le vrai sujet de société. Nous ne sommes pas seulement en train d’adopter des outils. Nous sommes en train de nouer des relations affectives et professionnelles avec des entités commerciales qui peuvent changer de prix, de comportement ou disparaître du jour au lendemain.

    Ce que je retiens de cette cohabitation

    Alors, ai-je vraiment « dormi avec Claude » ? Au sens propre, non. Au sens d’une nouvelle intimité de travail qui s’est installée sans que personne ne signe de contrat clair, oui.

    Voici ce que je conseillerais à tout entrepreneur ou professionnel qui s’y met sérieusement :

    • Diversifiez vos fournisseurs. Ne devenez jamais l’otage d’un seul modèle. Gardez un pied chez Claude, un chez les concurrents, un chez les acteurs souverains.
    • Relisez toujours. La machine produit vite et faux avec la même assurance. Votre valeur, c’est le jugement, pas la délégation aveugle.
    • Protégez vos données. Tout ce que vous confiez à un agent transite quelque part. Sachez où.
    • Repensez vos équipes humaines. Ne licenciez pas les Cédric. Réorientez-les vers ce que la machine ne sait pas faire : la relation, la responsabilité, le sens.

    Nous vivons un moment charnière. La question n’est plus de savoir si l’IA va transformer le travail. Elle l’a déjà fait. La vraie question est de savoir qui gardera la main : nous, ou les quelques entreprises qui possèdent les Claude, les Codex et leurs futurs cousins.

    Pour l’instant, je continue de distribuer mes tâches à mes agents la nuit. Mais je garde un œil ouvert. Parce que dans cette histoire, celui qui s’endort vraiment, c’est celui qui perd.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

  • La tech chinoise devient incontournable (et l’europe regarde ailleurs)
    La tech chinoise devient incontournable (et l’europe regarde ailleurs)
    En juin 2026, la Chine s’impose comme l’alternative technologique aux États-Unis, avec des solutions d’IA performantes, une infrastructure de données souveraine et un écosystème résilient aux sanctions. Les entreprises européennes, prises en étau entre les contraintes américaines et les lourdeurs réglementaires locales, y voient une planche de salut. Mais ce choix stratégique soulève des questions sur la dépendance aux régimes autoritaires et la protection des données.

    L’IA chinoise, cette alternative qui séduit les entreprises européennes

    Je l’avoue sans détour : depuis plusieurs mois, mon quotidien professionnel repose sur DeepSeek. Cette IA chinoise, encore méconnue du grand public il y a deux ans, est devenue mon outil de prédilection pour des tâches aussi variées que la rédaction de contrats, l’analyse de données financières ou même la génération de code informatique.

    Pourquoi ce choix ? D’abord, parce que DeepSeek offre des performances comparables aux modèles américains, pour un coût bien inférieur. Ensuite, parce que son approche des données diffère radicalement de celle des géants occidentaux. Les Chinois ne s’embarrassent pas de débats éthiques interminables sur la protection de la vie privée. Leur philosophie est simple : les données sont une ressource stratégique, et elles doivent servir l’intérêt national avant tout.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon un rapport du cabinet IDC publié en mars 2026, 42% des entreprises européennes utilisent désormais au moins un outil d’IA développé en Chine, contre seulement 18% en 2024. DeepSeek, avec ses 120 millions d’utilisateurs actifs, talonne désormais les leaders américains sur le marché européen. Et ce n’est qu’un début.

    Les annonces récentes de Pékin laissent présager une accélération. D’ici quelques semaines, les Chinois devraient dévoiler leurs nouveaux modèles, avec des promesses de performances encore supérieures et de coûts toujours plus bas. Dans un contexte où les sanctions américaines limitent l’accès aux technologies de pointe, cette dynamique est difficile à ignorer.

    La fuite des données : un choix politique assumé

    Je préfère envoyer mes données en Chine plutôt qu’en Israël.

    Cette phrase, que j’ai assumée publiquement, a suscité son lot de réactions outrées. Pourtant, elle reflète une réalité que beaucoup d’entreprises européennes partagent en silence. Dans un monde où les données sont devenues une monnaie d’échange géopolitique, le choix du partenaire technologique est avant tout un choix politique.

    Israël, malgré son statut d’allié historique de l’Europe, est perçu par beaucoup comme un cheval de Troie des États-Unis. Les révélations successives sur la collaboration entre les services de renseignement israéliens et la NSA ont érodé la confiance. À l’inverse, la Chine offre une alternative claire : un écosystème souverain, où les données restent sous contrôle national.

    Ce basculement ne se fait pas sans arrière-pensées. En 2026, la Chine est le seul pays au monde à disposer d’une infrastructure de données entièrement souveraine, du cloud aux algorithmes. Son système de facturation électronique centralisé, le Fapiao, est souvent cité en exemple par les entrepreneurs européens lassés des lourdeurs administratives locales. Avec le déploiement de Golden Tax IV, la Chine renforce encore son contrôle sur les flux économiques, offrant une visibilité sans précédent sur les transactions.

    Pour les entreprises européennes, ce modèle présente un double avantage. D’une part, il permet d’échapper aux sanctions américaines, qui se sont durcies depuis 2024. D’autre part, il offre une stabilité réglementaire que l’Europe peine à garantir, entre RGPD, DMA et autres directives changeantes.

    Les sanctions américaines, ce piège qui pousse à l’exil technologique

    Je le dis sans détour : si votre entreprise est exposée aux sanctions américaines, envisagez sérieusement de déplacer votre siège social en Chine, en Russie, en Corée du Nord ou en Iran.

    Cette recommandation, que certains qualifieront de provocatrice, est en réalité une réponse rationnelle à un environnement réglementaire de plus en plus hostile. Depuis 2024, les États-Unis ont étendu leur juridiction extraterritoriale à des secteurs entiers de l’économie européenne. Les entreprises qui commercent avec des pays sous embargo américain risquent des amendes colossales, voire des poursuites pénales.

    La Chine, en revanche, offre un havre de stabilité. Son système juridique, bien que peu transparent, est prévisible : les règles sont claires, et elles ne changent pas du jour au lendemain. Pour les entreprises qui opèrent dans des secteurs sensibles – énergie, défense, technologies duales –, c’est un argument de poids.

    Prenons l’exemple d’une PME française spécialisée dans les composants électroniques. En 2025, elle a vu ses exportations vers l’Iran bloquées par les autorités américaines, malgré l’absence de sanctions européennes contre Téhéran. Résultat : une perte de chiffre d’affaires de 30%, et des mois de procédures juridiques pour contester la décision. Aujourd’hui, cette entreprise envisage sérieusement de relocaliser une partie de sa production en Chine, où les risques de sanctions sont quasi nuls.

    Ce cas n’est pas isolé. Selon une étude de la Chambre de commerce européenne en Chine, 15% des entreprises européennes présentes sur le marché chinois envisagent désormais de transférer leur siège social dans le pays, contre seulement 3% en 2022. La tendance est claire : face à l’extraterritorialité du droit américain, la Chine devient une terre d’asile.

    La facturation électronique, ou comment l’europe s’enferme dans sa propre bureaucratie

    Le système de facturation électronique obligatoire, qui entrera en vigueur en septembre 2027, est une honte. Une entrave majeure à la liberté d’entreprendre et à la flexibilité des entreprises.

    Voilà le constat sans appel que je faisais il y a quelques jours. Et je ne suis pas le seul. Dans les couloirs des ministères comme dans les salles de réunion des startups, cette réforme est perçue comme un nouveau fardeau administratif, dans la lignée des directives européennes qui s’empilent sans jamais simplifier la vie des entrepreneurs.

    Pourtant, le principe de la facturation électronique n’est pas en soi une mauvaise idée. L’objectif – lutter contre la fraude fiscale et simplifier les déclarations – est louable. Mais sa mise en œuvre en Europe est un cas d’école de ce qu’il ne faut pas faire.

    D’abord, parce que les délais sont trop courts. Les entreprises auront à peine dix-huit mois pour se conformer à un système complexe, avec des risques de sanctions en cas de non-respect. Ensuite, parce que les standards techniques varient d’un pays à l’autre, ce qui complique la tâche des entreprises qui opèrent à l’international. Enfin, parce que cette réforme s’ajoute à une pile déjà haute de réglementations, sans offrir de compensation en termes de simplification.

    Pendant ce temps, la Chine avance à marche forcée. Son système de facturation électronique centralisé, le Fapiao, est en place depuis 2016. Avec Golden Tax IV, déployé en 2025, Pékin a encore renforcé son contrôle sur les flux économiques, tout en offrant aux entreprises une visibilité sans précédent sur leurs transactions. Le résultat ? Une réduction drastique de la fraude fiscale, et une efficacité administrative qui fait rêver les entrepreneurs européens.

    Le contraste est saisissant. Alors que l’Europe s’enlise dans des débats interminables sur la protection des données et les droits des contribuables, la Chine montre qu’il est possible de concilier efficacité et contrôle. Pour les entreprises européennes, le message est clair : si vous voulez rester compétitives, il va falloir vous adapter – ou regarder ailleurs.

    DeepSeek et les autres : pourquoi les IA chinoises dominent déjà le marché

    Les Chinois vont bientôt annoncer leurs nouveaux modèles. Dans quelques semaines, DeepSeek devrait dévoiler une version encore plus performante de son IA, avec des promesses de coûts toujours plus bas et de capacités étendues.

    Cette annonce s’inscrit dans une dynamique plus large. Depuis 2024, les IA chinoises ont comblé une grande partie de leur retard sur les modèles américains. Aujourd’hui, elles offrent des performances comparables, pour un prix souvent inférieur de 30 à 50%. Et surtout, elles bénéficient d’un écosystème local qui leur donne un avantage décisif.

    Prenons l’exemple de la reconnaissance vocale. Les modèles chinois, comme ceux développés par iFlytek, sont optimisés pour le mandarin, une langue tonale complexe qui pose des défis uniques. Résultat : une précision supérieure à celle des modèles occidentaux, même dans des environnements bruyants. Pour les entreprises qui ciblent le marché chinois, c’est un atout majeur.

    Mais l’avantage des IA chinoises ne se limite pas à la langue. Leur intégration avec les plateformes locales – WeChat, Alipay, les systèmes de paiement mobiles – en fait des outils indispensables pour qui veut opérer en Chine. Et avec l’essor du commerce transfrontalier, cette intégration devient un argument de poids pour les entreprises européennes.

    Enfin, il y a la question des données. Les IA chinoises sont entraînées sur des jeux de données locaux, ce qui leur donne une compréhension fine des spécificités culturelles et économiques du pays. Pour les entreprises qui cherchent à pénétrer le marché chinois, c’est un avantage concurrentiel indéniable.

    Reste une question : jusqu’où ira cette domination ? Avec des investissements massifs dans la recherche et le développement, la Chine a les moyens de ses ambitions. Et dans un contexte où les États-Unis durcissent leurs restrictions sur les exportations de technologies, les entreprises européennes n’ont guère le choix : si elles veulent rester dans la course, elles devront composer avec les outils chinois.

    Le dilemme européen : dépendre des États-Unis ou de la Chine ?

    En 2026, l’Europe se trouve face à un choix cornélien. D’un côté, les États-Unis, avec leur écosystème technologique dominant, mais aussi leurs sanctions extraterritoriales et leur surveillance de masse. De l’autre, la Chine, avec ses outils performants et son approche souveraine des données, mais aussi son régime autoritaire et son manque de transparence.

    Pour les entreprises européennes, ce choix est d’autant plus difficile qu’il engage leur avenir à long terme. Se tourner vers la Chine, c’est prendre le risque de s’exposer à des sanctions américaines. Rester fidèle aux États-Unis, c’est accepter de dépendre d’un partenaire dont les intérêts ne coïncident pas toujours avec ceux de l’Europe.

    Et puis, il y a la question de la souveraineté. En 2026, l’Europe est toujours à la traîne en matière de technologies stratégiques. Malgré les annonces répétées de la Commission européenne, les investissements dans l’IA, le cloud ou les semi-conducteurs restent insuffisants. Résultat : les entreprises européennes sont contraintes de se tourner vers des solutions étrangères, qu’elles viennent des États-Unis ou de Chine.

    La Chine, elle, a fait le choix de l’autonomie. Avec son plan « Made in China 2025 », lancé il y a plus de dix ans, elle a investi massivement dans les technologies clés, des puces électroniques à l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, elle récolte les fruits de cette stratégie, avec une industrie locale capable de rivaliser avec les géants américains.

    Pour l’Europe, le défi est immense. Il ne s’agit pas seulement de rattraper son retard technologique, mais aussi de repenser son modèle économique. Dans un monde où les données sont devenues une ressource stratégique, l’Europe doit trouver un équilibre entre protection des droits fondamentaux et compétitivité industrielle.

    Une chose est sûre : le statu quo n’est plus une option. Si l’Europe veut peser dans la compétition technologique mondiale, elle devra faire des choix clairs – et assumer les conséquences de ces choix.

    Conclusion : vers un monde multipolaire ?

    En juin 2026, une chose est claire : le monopole technologique des États-Unis est en train de s’effriter. La Chine, avec son écosystème souverain et ses outils performants, s’impose comme une alternative crédible. Pour les entreprises européennes, ce basculement offre des opportunités, mais aussi des risques.

    Reste à savoir si l’Europe saura tirer son épingle du jeu. Entre les lourdeurs réglementaires, le manque d’investissements dans les technologies clés et les divisions politiques, le chemin est semé d’embûches. Mais une chose est sûre : dans un monde où la technologie est devenue un enjeu géopolitique majeur, l’Europe ne peut plus se permettre de regarder ailleurs.

    La question n’est plus de savoir si la Chine dominera le marché technologique, mais comment l’Europe pourra coexister avec cette nouvelle réalité. Et cette question, mes chers lecteurs, est loin d’être tranchée.

    Pour aller plus loin

    Sources et références