Catégorie : SOCIÉTÉ

  • Qui peut expliquer aux français ce qu’est la réalité du monde?

    Comme je le dis souvent, le monde tend à être global. C’est un mécanisme inéluctable, qui a véritablement démarré il y près de deux siècles avec l’ère industrielle moderne, et qui fait appel désormais à un nombre incalculable de paramètres qui font que nul homme, nul groupe d’hommes, nulle organisation, nul gouvernement, nul pays, et même nul regroupement de pays ne peuvent ni le freiner, ni l’infléchir.

    C’est un fait, sur lequel il faut s’appuyer et compter.

    Dans ce monde global, où le capitalisme et l’économie sont les principaux piliers et vecteurs de développement, il en existe surtout un autre, non négligeable, la liberté, notamment la liberté individuelle.

    On peut donc admettre que si le système économique global présente des contraintes, il intègre également des avantages.

    Ce système, s’il semble aux yeux de l’essentiel des gouvernants de ce monde être le plus adapté au maintient de l’Humanité dans sa modernité, est en réalité très difficile à administrer du fait de son immense complexité, il me semble même devenu totalement ingérable. Mais encore une fois, c’est dans ce système que nous évoluons tous, d’autant qu’il est socialement en amélioration constante toutes proportions gardées, mais néanmoins inéquitable.

    Dans ce monde global, et sur le plan stratégique et économique, les États-Unis ont une dynamique à la fois locale et globale, mais également l’Asie, et nouvellement le Moyen-Orient, avec sa mégapole bientôt incontournable, Dubaï. Ce sont eux qui font le monde d’aujourd’hui et surtout de demain. Quand on voyage dans ces zones du monde, on se rend vite compte comme l’activité y est dense et visible, les gens sont au travail, et ce sont des travailleurs, tout est en développement, tout va très vite. S’il fallait comparer l’Europe, avec les endroits du monde qui se développent depuis quelques années, vous n’avez pas d’autre choix que de constater que le continent entier, la France en tête, est à… l’arrêt.

    L’Europe n’a à mon sens, plus aucune dynamique globale.

    De mon point de vue, et nous sommes beaucoup à partager cette idée, même si elle est difficile à accepter, quand un pays est à l’arrêt, en réalité il est en récession, en déclin, il se meurt, et il est peu probable qu’il se redresse sans fracas et sans dégâts. Alors quand c’est un continent entier, 25 pays en plus inégaux, nul n’en connaît les conséquences, mais personne ne peut affirmer que c’est un détail, et que ça n’aura pas une importance critique pour son avenir.

    L’Europe est un espace à part dans ce monde global. Les pays qui font l’Europe sont à l’arrêt, rien n’avance, tous se cherchent une place. Autour d’eux malheureusement, tout avance très vite, et nous avons probablement déjà dépassé le seuil de non retournement.

    Les peuples d’Europe, les français en tête, à commencer par les gens les plus pauvres en ressources matérielles et/ou mentales, ont beaucoup de difficulté à franchir des étapes incontournables qui permettraient sa fusion intelligente dans la dynamique globale, autant à l’intérieur des pays qui composent la communauté européenne, qu’à l’extérieur. Toutes ces barrières, entre les peuples fébriles, et les gouvernements figés, font que les gens n’ont pas le moral parce que les promesses faites ne sont pas tenues, parce que l’activité est en berne, le chômage s’accentue, les coûts augmentent, le pouvoir d’achat individuel baisse, les gens sont minés par des paramètres qui les affectent directement.

    Les réformes paraissent impossible à manœuvrer, partout en Allemagne, en Italie, en Angleterre, et surtout en France, elles sont empêchées par des groupes de la population, pas toujours les mêmes, qui descendent dans la rue, qui exercent une pression importante sur toute la communauté, même s’ils n’en sont pas représentatifs puisqu’ils ne représentent qu’eux même, qui sabotent les décisions, qui forcent les gouvernements à changer leur stratégie. Les européens les plus démunis, mal informés, peu structurés, sans aucune vision ni perspective au delà de leur propre champ quotidien, et sans qu’ils sachent réellement comment est le monde global dans lequel ils évoluent car ils ne l’ont pas réellement expérimenté, s’opposent systématiquement à tout changement, ne tentent rien, veulent à tout prix défendre des idéaux sociaux irréalistes, qui peuvent se résumer par « travailler toujours moins, toujours moins difficilement, gagner toujours plus d’argent, être toujours mieux protégé individuellement, gagner en sécurité individuelle, l’ensemble devant être supporté financièrement par les plus énergiques et les plus créatifs d’entre-nous sans qu’ils soient pour autant valorisés, ceci sans limitation de durée, et avec la garantie et la bénédiction des gouvernements ».

    Entre une Europe à l’arrêt, et les USA, l’Asie, le Moyen-Orient en développement exponentiel débordant, il y a forcément des positions intermédiaires et alternatives, qui pourraient ne serait-ce que permettre aux européens d’améliorer leur quotidien et leur donner de la perspective, compte tenu du fait qu’ils regorgent en leur sein de tous les talents, et de toutes les énergies créatrices nécessaires, qualitatives notamment.

    C’est le paradoxe de l’Europe. Un peuple à priori intelligent, mais bridé par une liberté toute relative, qui fait que ceux qui osent, ceux qui veulent, ceux qui ont des idées et qui pourraient vraiment améliorer les choses ne peuvent pas avancer à cause de ceux qui ne veulent pas, qui n’oseront pas, et qui n’ont en définitive pas d’autres idées que de s’opposer à ceux qui en ont. Certains diront que c’est le jeu politique, ou que c’est le jeu de la démocratie, je pense que c’est une erreur, un drame même. Qui peut affirmer objectivement qu’il est bon pour le monde moderne et civilisé que des énergies individuelles soient freinées dans leur mouvement par des groupes d’opposition conservateurs, surtout quand elles sont exercées pour contribuer au système et donc à la communauté dans son ensemble?

    Je sais à quoi conduit cette situation dans la réalité. Voyez-vous, dans un monde global, où les mouvements sont libres, plus rien n’empêche personne d’abandonner sa situation pour une autre qui semble meilleure. L’Europe, et en particulier la France, se vide de son sang depuis de nombreuses années. Le mouvement ne cesse pas d’augmenter. L’énergie du pays, qui est construite autour des gens énergiques, créatifs, entrepreneurs et qui aspirent à la liberté, est en baisse. Ces gens de qualité, selon qu’ils sont assez forts ou non, décident soit de baisser les bras définitivement ou provisoirement, soit de quitter le navire avant qu’il ne sombre. Dans tous les cas, ils ne font pas profiter à leur pays de toute l’énergie qu’ils auraient pu donner et ils subissent une déception psychologique importante, parfois irréversible lorsqu’elle a atteint un seuil mobile selon les individus. C’est le point de rupture, la rupture de confiance. Un gâchis.

    Aujourd’hui en France, et partout en Europe, vous avez une petite partie de la population qui peut tirer l’ensemble vers le haut. Hélas par manque de réalisme et d’expertise, par provocation, et par son incapacité à faire avancer les choses vers une issue progressiste, une autre petite partie de la population à l’opposé, généralement les jeunes inexpérimentés, les idéalistes, les anarchistes, les syndicalistes, les gauchistes, les professionnels de la politique aux idées courtes ou les altermondialistes qui utilisent la rue, et la manipulation mentale ou médiatique pour arriver à ses fins, anéantissent tous les efforts de ceux qui peuvent faire avancer les choses. L’ensemble de la dynamique communautaire est paralysée, parasitée par les blocages, les ultimatums, les grèves, etc.

    En république, un gouvernement ne devrait pas céder à la rue, quand des experts indiquent que la bonne issue est précisément celle décriée. La raison doit toujours être plus forte que l’émotion, quitte à y mettre les moyens, pour préserver l’intérêt général. Au niveau d’un pays, c’est de l’ordre du vital.

    Depuis 1980 environ, on a fait croire aux gens, en France mais aussi partout en Europe (sur le modèle français parfois), qu’un système éducatif « moderne » et des études longues pourraient permettre à 80% de la population d’obtenir une qualification élevée, débouchant sur un travail qualitatif, interprété comme tertiaire, assorti d’un salaire forcément en rapport. Vingt cinq ans plus tard, force est de constater que cette stratégie éducative est un échec absolu, les jeunes ne sont pas qualifiés pour aucun métier, ils sont bardés de diplômes qui ne leur servent pas, les besoins des entreprises ne sont pas en adéquation avec l’offre. La majorité des jeunes, souvent en échec scolaire, n’a aucun goût au travail. On les a habitué à vivre dans une société qui leur doit tout, dont ils savent qu’ils peuvent tout avoir, et dont ils connaissent toutes les failles pour mieux les exploiter, tant elles sont évidentes. Pour les autres, ils entrent sur le marché du travail à 26 ans, parfois plus, et ils ne savent pas travailler, on doit tout leur apprendre, et ils ne peuvent pas être payés comme « on devrait l’être » à 26 ans. Les jeunes adultes connaissent la précarité, et ont pour perspective encore plus de précarité, ils ne l’acceptent pas. Tous finissent par s’opposer. Ce qui conduit une fois de plus à une situation de blocage, de crise de confiance.

    J’ai envie de dire, une nouvelle fois, « arrêtez de rêver! ». La France, au travers de l’Europe, doit se remettre au travail. « On n’a rien sans rien ». Les filières traditionnelles doivent être revalorisées. Les entreprises ont besoin de gens opérationnels, le plus tôt possible. Pour moi, une seule solution est acceptable, les élèves les plus studieux et les plus performants doivent suivre des études, financées au mérite, dans des institutions universitaires qualitatives et non des voies de garage comme elles tendent à l’être aujourd’hui. La majorité des autres jeunes doivent maîtriser les connaissances de base, lire et écrire correctement, maîtriser les technologies essentielles de communication, connaître une autre langue, et très rapidement, pourquoi pas entre 14 et 18 ans, doivent systématiquement intégrer les entreprises, dans tous les métiers. Au Canada, par exemple, les enfants de 15 ans travaillent sous contrat avec des entreprises dans de multiples domaines, et sont correctement rémunérés pour leur travail, ils suivent des études parallèles et trouveront immédiatement un travail par la suite. Ce ne sont pas des « petits boulots de vacances », mais ils sont intégrés dans l’entreprise, au bas de l’échelle bien sûr, et à chacun ensuite de grimper à son rythme.

    Je rappelle toujours à ceux qui veulent bien l’entendre qu’avant d’être chef, il faut avoir démarré tout en bas, mais aussi et surtout avoir l’idée et l’envie de le devenir à son tour, sans compter que ça se gagne par le mérite et le travail. Chaque individu peut trouver sa place dans une société ouverte, moderne et libre. Chaque individu doit être respecté pour la place qu’il occupe, car elle aura toujours une importance relative.

    Malheureusement la crise d’identité de l’Europe à l’intérieur du monde global est tellement profonde qu’il est peu probable que les changements fondamentaux qui doivent être opérés puissent l’être dans un avenir suffisamment proche pour que ça ne fasse pas d’autres drames historiques.

    Les européens ne sont définitivement pas à la hauteur des enjeux.

  • Stigmatiser les entrepreneurs est une erreur capitale, renoncer au CPE en serait une autre

    Je souhaite exprimer une idée très simple, le plus clairement possible et sans ambiguïté.

    Personne ne peut assurer à quiconque un travail illimité. La sécurité absolue d’avoir un emploi demain est une utopie. Demander à des patrons, donc des employeurs de garantir un travail perpétuel à leurs employés, sous une forme ou une autre, sans tenir compte de paramètres qualitatifs économiques et humains fluctuant dans le temps est la pire chose qu’on pourrait imaginer. Ce n’est tout simplement pas possible dans notre système économique global.

    Par contre, on peut parfaitement affirmer sans se tromper que l’objectif évident des patrons, à qui je préfère le terme plus moderne d’entrepreneurs, est de maintenir et de développer leurs activités. Pour y parvenir, ils doivent nécessairement embaucher des collaborateurs, et donc créer des emplois. Si les collaborateurs qu’ils embauchent sont des éléments qualitatifs, l’activité est d’autant plus stimulée, tout le monde y gagne par principe.

    Nous parlons là des entreprises très petites, moyennes, petites industries, des artisans et des travailleurs indépendants, qui composent l’écrasante majorité des entrepreneurs. J’écarte bien sûr de mon raisonnement les quelques acteurs majeurs internationaux, généralement côtés en bourse, qui ont un mode de gestion des personnels humains déplorable, bien entendu. Parlons donc de choses à échelle humaine. Parlons de la réalité de ce que vivent la quasi-totalité des patrons, qui n’est pas du tout la même réalité que dans les très grosses entreprises.

    Les hommes et les femmes qui entreprennent sont des individus qui aspirent sans doute plus que d’autres à la liberté dans toutes ses formes et qu’il faut maintenir libres. En contrepartie de quoi ils stimulent l’économie du pays et peuvent même transmettre leur passion d’entreprendre, pouvant ainsi créer une émulation au sein de la population, visant à toujours plus d’activité, et donc d’emplois. Plus vous les enfermez et vous leur ferez subir des contraintes, moins ils seront combatifs, moins ils seront motivés, moins ils investiront leur énergie et moins ils agiront pour la cause commune, ou en intégrant d’autres individus à leur dynamique. Comme ils forment la seule et l’unique puissance créatrice d’emplois, en les bridant, on doit dès lors s’attendre à faire face à de sérieuses difficultés, les mots sont probablement trop faibles.

    Les entrepreneurs ont toujours besoin de respirer et d’avancer. Tant qu’on ne les étouffe pas, ils resteront productifs en terme de projets nouveaux, et donc d’emplois nouveaux. Malheureusement, désormais ils sont déjà en passe d’être asphyxiés.

    Aujourd’hui, les entrepreneurs subissent plus que jamais les pires pressions individuelles, et on se demande bien comment il est encore possible pour eux de les surmonter. Pression économique d’abord, ils voient leurs activités diminuer et ne parviennent pas à faire face à la concurrence internationale, européenne ou locale, souvent scandaleuse, déloyale, inéquitable et injuste. Pression sociale ensuite, ils sont critiqués et montrés du doigts par 70% de la population qui estime qu’ils ne pensent qu’à eux, et qu’ils se moquent bien de l’avenir de leurs employés, on dit d’eux qu’ils s’enrichissent sur le dos de leurs salariés, qu’eux sont les riches, et les autres les pauvres. Pression Fiscale également, leurs entreprises et eux-mêmes sont soumis à des taxes directes et indirectes qui dépassent le seuil de l’indécence. Pression financière, avec des charges fonctionnelles, structurelles, salariales, et patronales toujours plus importantes, ne cessant jamais de grimper, les coûts augmentent systématiquement et perpétuellement, les banquiers serrent les vis, et chaque jour il faut faire face à de nouvelles difficultés (pour 1000 euros payés net à un employé, il en coûtera plus de 2500 euros au patron, charges salariales, patronales, mais aussi fonctionnelles, opérationnelles et de formation incluses, donc bien plus du double). Pression psychologique finalement, avec des troubles comportementaux légitimes dans de telles conditions, qui peuvent avoir des conséquences multiples sur le plan relationnel vis à vis de leur entourage, de leurs salariés, de la population, de la justice, de la politique, du gouvernement, du système tout entier (des sentiments divers comme le doute, la suspicion, la méfiance, l’inquiétude, la paranoïa, la désolation, la déprime, l’incompréhension, la rupture peuvent légitimement prendre naissance lorsque des situations complexes s’installent dans la durée, bloquant ainsi l’individu dans une sorte d’impasse où il ne peut pas ni avancer ni reculer avec tout le poids de sa structure qui lui pèse, pouvant conduire à la liquidation de sa société et à sa faillite personnelle). Tout ceci serait insupportable à vivre pour la grande majorité des personnes. Pourtant, il y a une catégorie de gens, les entrepreneurs, pour qui c’est désormais le lot quotidien.

    Gardons toujours à l’esprit qu’un employeur est un individu qui va prendre des risques majeurs pour lui, pour sa famille, et pour les gens dont il a la charge et la responsabilité.

    Aujourd’hui par le fait d’innombrables causes et conséquences que je ne vais pas lister car on en connaît tous au moins deux ou trois qui nous sembleront évidentes en fonction de nos propres expériences, il y a une « crise de confiance profonde » entre les employeurs, la population et le pouvoir politique.

    En réalité, ce qui se passe est simple. Les gens cherchent des responsables au fait qu’il n’y a pas suffisamment de travail, et que le peu de travail qu’on peut trouver est sous-payé, et souvent précaire. Les entrepreneurs sont stigmatisés, on considère qu’ils portent une responsabilité importante dans le marasme social. Pourtant ils sont également des victimes, à leur niveau. Je sais que c’est difficile à admettre, mais on ne peut pas reprocher à un entrepreneur de vouloir protéger ses investissements, sa création, ce qu’il considère comme ses projets, ses idées, et le temps et l’énergie qu’il aura dû consacrer à la réalisation de ses rêves ou de ses passions. Les plus grandes difficultés pour les décideurs c’est d’avoir des perspectives claires et sécurisantes, de la visibilité devant soit, et de pouvoir faire marche arrière quand cela devient nécessaire pour la survie de l’outil de travail. On ne peut pas demander aux entrepreneurs de voir dans un brouillard épais, tout en se déplaçant avec des boulets solidement fixés à leurs deux jambes.

    Dans le système économique tel qu’il existe aujourd’hui, quand l’activité augmente, il me paraît évident qu’on doit pouvoir embaucher, et créer des emplois libérés de toutes contraintes irréalistes, illogiques ou farfelues, et quand l’activité économique baisse, on doit pouvoir alléger les structures, ce qui leur permettra par ailleurs de rebondir ultérieurement au moment propice, regénérant de l’emploi. Dans un système fermé, pour une structure donnée, on ne peut pas garantir un accroissement constant, régulier et un cadre sécurisé qui pourrait garantir l’emploi et augmenter de manière permanente l’embauche.

    En expliquant cela, je fais simplement preuve de bon sens. Penchez-vous une seconde sur la question en toute objectivité et regardez les choses en face pour le comprendre.

    Par ailleurs, j’ajoute qu’on ne doit pas considérer que l’emploi est un dû, mais il doit se mériter. En contrepartie il doit bien entendu être rétribué loyalement, honnêtement, équitablement et de manière juste, dans le respect de toutes les parties.

    Je sais que les syndicats vont avoir un peu de mal avec moi sur ce sujet sensible, mais il ne m’a pas semblé qu’un seul syndicat ait pu créer un jour un seul emploi dans le cadre d’un projet d’entreprise qu’il aurait mené, depuis l’idée originale jusqu’à la création de la structure, en n’ayant jamais à critiquer les contraintes qu’il aura à subir.

    Mon sentiment profond est que les syndicats sont en dehors des réalités, et ils n’ont plus aucune légitimité à mes yeux, ils polluent et parasitent le système, corrompent les idées des salariés, et finissent par les tromper. Les syndicats sont à repenser totalement. Mais c’est un autre débat.

    Pour en revenir à l’initiative, le mécanisme est toujours le même. Des entrepreneurs ont des idées pour développer l’activité. Ils mettent sur pieds leurs projets avec leur énergie et leurs ressources financières. Ils chercheront à recruter des collaborateurs qui devront nécessairement être des gens formés et adaptables, fiables, loyaux, honnêtes, intègres, et bien sûr travailleurs, avec une conscience professionnelle et du respect partagé. Ensuite, comme dans toute entreprise humaine, des difficultés peuvent survenir, et il faut pouvoir revenir en arrière de façon intelligente et responsable.

    Depuis un certain temps déjà, force est de constater qu’il devient de plus en plus difficile de trouver sur le marché des demandeurs d’emploi motivés par le travail, formés à la réalité de l’entreprise, loyaux, honnêtes, intègres et respectueux, notamment dans les catégories des nouveaux entrants.

    Une majorité de jeunes qui cherchent du travail n’a aucune idée de comment travailler, comment être productif, quelles sont les attentes des employeurs, que signifie la conscience professionnelle, que signifie l’implication en entreprise, le travail collaboratif, le respect de la hiérarchie, l’investissement fait par les autres pour soi, la rentabilité. La plupart ne savent pas correctement ni lire ni écrire, et ne disposent pas des ressources élémentaires pour s’intégrer dans un cadre professionnel « en production », dans la réalité de terrain. Les entreprises ont besoin d’éléments opérationnels. Le système leur propose des jeunes « qualifiés » à tout, sauf bien sûr à être prêts à travailler.

    D’un côté vous avez des employeurs qui ne parviennent pas à impliquer les jeunes dans leur démarche d’entreprise, et de l’autre côté vous avez des jeunes qui veulent travailler le moins possible, pour gagner le plus possible, et immédiatement. C’est encore faire preuve de bon sens que de faire cette constatation, qui débouche sur une impasse absolue.

    Au milieu vous avez la machine à produire des travailleurs, le système éducatif.

    Pour bien comprendre le fond du problème, il faut déjà admettre que le système éducatif français est calamiteux. Les enseignants et professeurs sont déprimés par l’incapacité qu’ils ont à faire leur travail de transmission des connaissances, sans parler de l’amélioration des connaissances déjà acquises. Dans bien des cas, les élèves sont désintéressés, insolents et irrespectueux, condamnant ainsi toutes les démarches éducatives, ils n’ont pas conscience de ce qu’est le travail, de ce qu’il implique comme démarche personnelle. La productivité du système éducatif français (sous-entendu à générer des individus responsables et consciencieux) est anéantie.

    Aujourd’hui, les écoles, les lycées et les universités sont des garderies. Les professeurs sont de simples animateurs, presque des surveillants dans un environnement turbulent et improductif. Un système qui coûte une fortune aux actifs, pour un résultat déplorable, miséreux je dirais.

    Par ailleurs, les élèves pourraient en apprendre plus sur l’internet, et plus vite, que pendant une session de cours en classe.

    On ne parvient pas à transmettre les connaissances de base aux élèves, comment peut-on imaginer pouvoir les intéresser au travail? Admettons que la « qualité moyenne » d’un jeune à la recherche d’un emploi, et son « aptitude » au travail sont loin de pouvoir convaincre un employeur. A qui le reprocher? Au système éducatif trop laxiste, aux parents qui baissent les bras, aux politiques qui se succèdent sans jamais oser réformer, aux jeunes eux-mêmes et à tout ce qui fait que nous sommes tous dépassés par les événements, tant tout est de plus en plus complexe.

    Bien entendu, tous les jeunes qui entrent dans le marché du travail ne sont pas des illettrés, ne sont pas mal élevés ou irrespectueux, et ne sont pas des incapables, mais une proportion non négligeable et croissante d’entre eux le sont désormais. Les employeurs le savent, ils ne peuvent donc pas négliger ce paramètre au moment de l’embauche, et les conditions actuelles légales font qu’un employeur a deux possibilités, soit il ne se trompe pas et il embauche un collaborateur dont il va être fier, et dont il n’aura jamais à se plaindre, soit il se trompe et il va connaître des situations conflictuelles aux conséquences multiples et déplorables, parce qu’il ne pourra pas facilement s’en détacher.

    Prenez connaissance des dossiers qui sont traités dans les institutions prud’homales. Écoutez les patrons scandalisés qui affirment qu’ils n’embaucheront plus jamais personne, et surtout plus des jeunes, parce qu’ils ont eu à se défendre face à un employé à qui les syndicats expliquent qu’il aura toujours gain de cause et qu’il ne faut pas hésiter à attaquer son ex-employeur (jackpot à la clé).

    La rupture de confiance est un fait, c’est désormais inutile d’en débattre. C’est un fait de société avéré pour qui est observateur.

    Un employeur ne pourra plus prendre de risques avec un nouvel entrant dès le premier jour et pour une durée indéterminée, sans avoir pu expérimenter avec lui son chemin dans l’entreprise, et construire peu à peu une confiance quand c’est possible, surtout dans les entreprises qui ont moins de 20 salariés, et je le répète, il s’agit de l’écrasante majorité des cas.

    Je considère que la confiance se mérite et se gagne avec des preuves et des engagements, et sur une période longue. Une période d’essai de 30, 60 ou même 90 jours ne permettra jamais de se faire une idée précise et juste, et ne laissera à personne le temps de créer un climat de confiance et de sereinité, propice à la prise d’initiatives et de risques maîtrisés.

    Les employeurs ont désormais besoin de s’assurer qu’ils peuvent à la fois faire confiance en l’avenir et en leurs futurs employés, sans quoi ils ne créeront plus d’emplois parce qu’ils ont des craintes légitimes et fondamentales.

    Le gouvernement français propose un « CNE » et un « CPE » pour les jeunes de moins de 26 ans, des contrats à durée illimitée, qui présentent la particularité de pouvoir être rompus par l’une ou l’autre des parties presque sans condition dans les deux premières années.

    Voilà des nouveaux « outils » qui pourraient permettre de redonner un peu de confiance et d’énergie aux employeurs, qui pourront ainsi décider d’embaucher des jeunes, de financer leur formation et leur donner une expérience à faire valoir plus tard s’ils ne restent pas dans l’entreprise. Les jeunes, en retour devront faire preuve de respect, de vélocité, d’implication et de capacité d’intégration, c’est bien la moindre des choses quand on a gagné un premier emploi, un deuxième ou un troisième, qui sont à chaque fois autant de nouvelles expériences qui marqueront le début de leur vie professionnelle.

    Avec de tels « outils », l’entreprise sait qu’elle a deux ans pour s’assurer que son nouvel élément s’intègre parfaitement à son nouveau travail, et qu’au pire si l’intégration échoue, elle peut mettre un terme à l’embauche (ce qui semble bien légitime, d’autant qu’à ma connaissance, il n’existe pas d’entrepreneurs qui investissent sur des collaborateurs avec un objectif de s’en séparer moins de deux ans plus tard, ce qui serait contre-productif et illogique), et le jeune employé bénéficie d’une période de deux ans pour s’intégrer et pour montrer qui il est vraiment, reconnaissant du travail qu’on lui offre, dans la mesure où il a accepté de le faire.

    Je vais vous le dire comme je le pense. Quand on expérimente la relation humaine, le contact étroit avec les gens, le rapport employeur/employé, deux ans ce n’est pas trop long pour savoir si on a affaire à quelqu’un de bien, et pour l’un, et pour l’autre, par contre c’est une durée idéale pour décider à terme d’intégrer définitivement l’employé si l’expérience a été fructueuse.

    Ces nouveaux contrats ne sont pas la solution au problème de l’emploi ni à celui de la crise économique, mais constituent des éléments de réponse. Avant de renoncer à une initiative, il vaut mieux parfois l’éprouver. Et si en plus, par miracle, les charges des entreprises pouvaient baisser de manière significative en contrepartie d’embauches solides, nous pourrions dire que nous avançons.

  • Grippe aviaire : que va-t-il se passer?

    L’Organisation Mondiale de la Santé est très claire et se fait insistante : une pandémie humaine de grippe aviaire est hautement probable, la question est désormais plus de savoir quand elle aura lieu que de savoir si elle aura bien lieu. L’O.M.S. exhorte tous les pays à prendre toutes les dispositions nécessaires et les mesures de précaution, en urgence.

    L’enjeu est majeur, puisqu’en cas d’épidémie humaine, les estimations les plus basses en pertes humaines font état de dizaines de millions de morts, alors que les spécialistes raisonnent plutôt en centaines de millions.

    La dernière épidémie aviaire (également appelée « grippe espagnole ») avait fait 20 millions de morts à la fin de la première guerre mondiale. Le virus de l’époque était moins « nocif » et moins violent que le H5N1 actuel, la population humaine était moins importante, moins dense et beaucoup moins mobile, et le contexte était nettement moins favorable qu’aujourd’hui à une pandémie majeure.

    La grippe aviaire A (H5N1) est une maladie virale plutôt bien connue, très ancienne, qui ne concerne en principe que les volailles. En janvier 2004, l’O.M.S. indique avoir détecté la présence du virus grippal aviaire H5N1 chez trois patients décédés d’une affection respiratoire aiguë en décembre 2003 et début janvier 2004 au Viet Nam. Tous les gènes séquencés étaient d’origine aviaire, ce qui suppose que le virus responsable du décès des trois cas confirmés n’avait pas encore acquis de gènes du virus grippal humain, mais que sa forme aviaire était transmissible à l’homme. Le virus H5N1 est hautement pathogène, ce qui signifie qu’il se transmet sans difficultés, lorsqu’il est présent dans l’air, ou lorsque l’on est en contact avec des entités contaminées.

    Entre fin 2003 et novembre 2005, l’O.M.S. compte officiellement 66 décès, tous dûs au virus grippal aviaire H5N1.

    Toute la question d’une pandémie de grippe aviaire repose sur l’hypothèse hautement probable d’une mutation du virus grippal H5N1 dans une forme humaine, offrant alors des possibilités de contamination interhumaine, en plus de ses capacités interanimales.

    Une contamination animale mondiale est malheureusement très réaliste du fait des mouvements migratoires (les oiseaux migrateurs sont les parfaits vecteurs transcontinentaux et transnationaux de grippe aviaire).

    En clair et pour faire simple, le virus grippal aviaire A (H5N1) est hautement pathogène, il se propage sous cette forme aux animaux prioritairement (volailles, porcs, etc. ce qui nécessite malheureusement des décontaminations massives lorsque des foyers sont détectés), mais depuis peu se transmet également aux hommes provoquant pour le moment de rares décès. Si comme le pressentent les spécialistes, le virus grippal aviaire H5N1 persiste à muter en devenant un virus grippal combinant des gènes aviaires et humains, nous serons alors dans le scénario le plus critique, puisque les animaux et les humains seront concernés et les décès par affections respiratoires aiguës se compteront nécessairement par millions au mieux, du fait des contaminations interhumaines. Faut-il ajouter ici que les scientifiques n’ont presque plus aucun doute sur le fait que ce virus soit en mesure de muter dans sa forme la plus critique, c’est à dire humaine, en quelques mois.

    Nous ne savons pas très bien combien de temps il faudra pour trouver et produire un vaccin efficace dans le cas d’une éventuelle contamination humaine, probablement plusieurs mois. On parle beaucoup du Tamiflu, un antiviral connu comme très efficace dans le cas des grippes humaines « classiques ». Le monde entier se jette sur ce médicament, à tel point que le laboratoire Roche, seul agréé par le propriétaire de la molécule (la société Gilead aux USA), ne parvient pas à répondre à la demande sur le plan quantitatif.

    En octobre 2005, on apprend que le virus aviaire H5N1 résisterait au Tamiflu, puis début novembre 2005, on nous explique qu’un laboratoire américain (le Adventist Medical Center de Portland, en Oregon par la voix du Dr Joseph Howton) a mis en évidence que le Tamiflu, combiné à un autre médicament (le Probénécide, connu sous les marques Benuryl et Benemid) doublerait l’efficacité d’une dose de l’antiviral, ce qui serait utile en cas de rupture de stock de Tamiflu.

    On pourrait encore palabrer des heures sur le H5N1, on pourrait retracer son histoire, se demander comment tout cela a pu arriver, et pourquoi subitement toute la planète est concernée. Je vais même jusqu’à évoquer des pistes crédibles, mais impossible à vérifier, bien au delà des pistes naturelles. Le virus H5N1 était-il développé par les militaires? Des terroristes sont-ils à l’origine de l’épidémie de grippe aviaire qui trouve naissance en Asie? Comme l’évoquait un rapport de l’institut Pasteur sur l’utilisation des armes biologiques, l’impact terroriste n’est pas nécessairement lié au nombre de victimes. Un tout petit nombre de cas signalés et confirmés, amplifié par la rumeur, peut déclencher une grande inquiétude et un climat anxiogène dans la population humaine. Et que dire de l’implication inattendue du très controversé Donald Rumsfled, qui se trouve être un des dirigeants de la société Gilead, propriétaire de la molécule du Tamiflu, présenté comme l’unique remède à l’épidémie de grippe aviaire? Nous pourrions polémiquer des jours entiers, nous ne parviendrions probablement pas à éclairer tous les points obscurs de ce dossier si complexe. Restons simplement concentrés sur les faits avérés et les probabilités de faits à venir.

    De mon point de vue, et compte tenu de l’analyse objective que j’ai pu faire de la situation connue, une épidémie de grippe aviaire H5N1 qui aura muté dans une forme interhumaine me semble inévitable à une échéance rapprochée. On ne doit donc pas reprocher aux gouvernements d’utiliser le principe de précaution pour prévenir le risque, toute mesure jugée utile doit être prise. Néanmoins, ce qui est autant curieux qu’inquiétant, c’est que les stocks de vaccins sont principalement destinés aux pays riches et puissants en Europe, ainsi qu’aux USA, au Canada, au Japon, en Israël, etc. Les populations de ces pays sont potentiellement mieux sécurisées.

    Qui se préoccupe de la Russie, de l’Amérique du Sud, de l’Asie du Sud et encore du continent africain? J’ai appris qu’en Chine, la molécule du Tamiflu était reproduite illégalement, plus ou moins à l’identique qualitativement, une contrefaçon en quelque sorte, pour subvenir à l’immense besoin du pays. La société Gilead et le laboratoire Roche n’apprécieraient pas.

    Une fois la contamination interhumaine avérée, les conséquences seront absolument catastrophiques, puisqu’il y aura probablement effectivement des millions de décès avant qu’un vaccin opérationnel puisse être déployé dans toutes les populations. Tous les pays seront potentiellement touchés, y compris et surtout sur les continents européen, asiatique et américain, même si c’est là qu’on pourra le mieux faire face.

    Les difficultés auxquelles nous seront exposés seront inextricables. L’économie globale sera anéantie, ou au moins profondément altérée. Les marchandises et les hommes ne circuleront plus. L’accès à la nourriture sera rendu très compliqué et très réglementé.

    Les conséquences économiques d’une pandémie humaine sont impossibles à évaluer tant elles paraîtront surréalistes et hors de portée, même aux meilleurs économistes.

    L’activité économique des pays atteindra des niveaux dramatiquement bas du fait de l’angoisse des gens, ne serait-ce que pour se rendre à leur travail, quand leur entreprise ne sera pas purement et simplement fermée. Le système financier ne pourra pas résister longtemps à un phénomène d’une ampleur aussi gigantesque, un phénomène qui peut s’installer pendant plusieurs mois, peut-être même 2 ou 3 ans avant d’être à peu près stabilisé sur le plan médical.

    L’impact social sera intéressant à observer. On pourrait penser qu’une pandémie séparerait les peuples durablement en les laissant à l’écart les uns des autres, sans contact, mais les technologies de communication, avec l’internet en tête, pourraient bien atténuer la distance, au moins virtuellement. Les gens continueront à communiquer et resteront probablement liés, du fait de leur dépendance aux technologies. Ces technologies qui pourraient bien constituer un socle de base à un nouveau départ, même si un retour « aux sources » est aussi très probable.

    Mon but n’est pas de dramatiser davantage une situation qui est déjà très tendue et très discutée partout, ni de chercher à faire peur. En matière de prospective, je tente de rester objectif et réaliste en tenant compte d’une très grande quantité de paramètres et d’informations décryptées, j’aimerai pouvoir écrire ici que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », et que nous vivons dans le meilleur des mondes. Je ne peux pas écrire cela, simplement parce que ce n’est pas la vérité. Ce ne serait pas vrai non plus d’écrire qu’une pandémie de grippe aviaire aurait un impact limité sur les populations, et que cela ne troublerait pas profondément notre quotidien, et notre manière de vivre.

    Nous pourrions diminuer le risque d’une pandémie de grippe d’origine aviaire en limitant immédiatement nos déplacements locaux et internationaux et en portant des masques filtrants lors de nos déplacements habituels, en privilégiant une nourriture à base d’aliments sécurisés, en évitant le contact animal et surtout en limitant nos échanges avec l’Asie pour un temps.

    Nous ne devons surtout pas sombrer dans une psychose terrifiante, mais il faut que nous soyons tous vigilants et prêts.

    Pour finir, et si vous êtes assez large d’esprit, vous pourriez alors vous permettre de lire ce qui suit.

    En effet, une nouvelle question terrible et troublante me vient à l’esprit. Une dépopulation massive, rapide et sélective de la planète, n’est-ce pas ce qui pourrait sauvegarder à coup sûr l’espèce humaine? Je préfère me forcer à croire que l’épidémie qui s’annonce est naturelle, elle trouvera alors une solution naturelle.

  • Et l’on découvre la notion de « terrorisme urbain »

    Fin octobre 2005, le monde observe attentivement ce qui se passe dans les banlieues parisiennes. Les violences inouïes et récurrentes qui s’y sont déroulées, par ailleurs assimilées à des scènes de guerre civile par tous les grands médias internationaux, CNN en tête, font trembler toutes les mégapoles sur tous les continents.

    Des centaines de véhicules brûlés, des dizaines de commerces ravagés, des entreprises ruinées, des batailles rangées au cocktail molotov et aux boules de pétanques lancées depuis les étages des immeubles dans le noir, des pompiers attaqués à chaque intervention, des coups de feu à balles réelles échangés avec la police, débordés de tous côtés, une bombe lacrymogène jetée dans une mosquée. Dans certains départements, une ville sur deux est concernée par les émeutes, les dommages matériels et les pillages. Les violences urbaines s’étendent chaque jour un peu plus après sept nuits d’affrontements acharnés entre émeutiers et forces de l’ordre. Le gouvernement mobilise jusqu’à 1000 gendarmes mobiles, des militaires, pour assister les CRS. Le Premier Ministre Dominique De Villepin assure que l’ordre et la justice primeront, les émeutiers crient « mort à Sarkozy ».

    Pourtant le pire n’est pas derrière nous. En effet, si vous observez comme moi ce qui se passe dans les banlieues depuis quelques années, vous ne pouvez pas envisager un autre scénario catastrophe que celui qui se déroule sous nos yeux, empirique. La situation est assez simple à comprendre. Les banlieues-ghetto regorgent de dizaines de milliers d’individus jeunes, majoritairement d’origine étrangère, immigrés ou fils d’immigrés (africains, nord-africains, maghrébins, etc.) avec toutes les difficultés sous-jacentes, sous-éduqués, élevés de manière inappropriée par des parents désemparés et en total décalage avec leur environnement, « parqués » dans des espèces d’immenses blocs de béton insalubres, incommodes, au chômage ou dans des situations précaires, qui subsistent souvent grâce aux économies « parallèles » illicites, qui se sentent légitimement abandonnés, dégradés, et nargués. Comme si cela ne suffisait pas, force est de constater qu’une certaine forme d’islamisme radical se développe dans ces zones fragilisées et fertiles, la religion islamique agit comme un liant fédérateur, un socle de base qui renforce les groupes de révoltés derrière des idées fondamentalistes.

    Vous avez probablement vu les images des journalistes montrant les émeutiers crier des slogans « Allah Akbar » (« Dieu est grand » en français) lors des affrontements. Un lien indéniable existe aujourd’hui entre les jeunes ultra-violents des banlieues, et l’islamisme radical. L’islam est une religion noble et respectable, la plupart des croyants islamistes sont des gens nobles et respectables. Ces derniers ne peuvent donc plus accepter qu’une minorité de jeunes ultra-violents utilisent cette religion, radicalisée.

    Je ne vais pas évoquer point par point tout ce qui nous amène aujourd’hui à un tel niveau de violence entre d’un côté la République, la société civile, la civilisation moderne, la liberté, les institutions républicaines, et de l’autre des milliers de « jeunes guerriers urbains » qui n’ont absolument rien à perdre, livrés à eux-mêmes. Les associations, les personnalités politiques, les sociologues et autres démagogues ont largement pointé du doigt, tour à tour depuis bientôt 35 ans, les défauts des banlieues telles que nous les avons construites. Aujourd’hui nous avons une situation critique a gérer : une véritable armée d’une dizaine de milliers de guerriers urbains, organisés en groupuscules mobiles et mobilisés par les mêmes idées antirépublicaines, qui s’opposent désormais frontalement au gouvernement français et aux institutions républicaines.

    Et voilà que nous découvrons ce que j’appelle le « terrorisme urbain », parfois je vais même plus loin en parlant de « terrorisme islamiste urbain », mais je sais que les esprits en France ne sont pas encore préparés à une telle éventualité, pourtant bien réelle. Des violences terrorisantes au cœur des quartiers ou des villes qui anéantissent indistinctement les aspects communautaires, sociologiques et économiques qui ont pu y être développés avec tant de mal, aux portes de Paris. Qui en est le déclencheur? Qu’est-ce qui provoque cela? Est-ce que Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur, est le problème? Est-il un facteur de désordre? Est-ce que sa sémantique est le problème? Le seul homme politique qui ose utiliser le véritable mot pour décrire ce qu’est l’ennemi de l’ordre (« la racaille ») est honteusement critiqué par tous ceux qui à la fois ont toujours utilisé la langue de bois, et n’ont jamais apporté la moindre solution pratique ou de principe.

    Non Nicolas Sarkozy n’est pas le problème dans cette affaire, il est probablement une solution, surtout s’il met en œuvre les moyens nécessaires pour enrayer l’hémorragie dans les banlieues, si ce n’est pas lui, un autre devra le faire de toute manière très rapidement. Pour être totalement honnête avec vous, peu importe que ce soit Nicolas Sarkozy ou un autre dirigeant politique qui soit central dans cette affaire, ce qui est important c’est que pour la première fois on utilise un terme qui me semble précis et juste : c’est bien la « racaille » qui déstabilise et décrédibilise nos banlieues, même si les banlieues ne sont évidemment pas uniquement peuplées par de la « racaille ». Je sais également que derrière ce terme « racaille » il y a des individus qui ont tous une histoire, pour moi ils sont potentiellement perdus pour la société, ils constituent, sur le plan humain, la pire chose qu’une société moderne puisse produire. J’espère que nous pourrons en réintégrer le plus grand nombre, mais je ne me fais pas d’illusions. Soyons réalistes, l’énergie à déployer pour intégrer ces gens me paraît raisonnablement impossible à mettre en œuvre sans que cela ne vienne d’eux-mêmes, dans la situation actuelle et compte tenu des paramètres de leur environnement. Bien sûr, on pourra toujours créer des associations d’aide à l’intégration, mais pour moi, la « racaille » ne s’y intéressera jamais.

    Nous ne pouvons plus accepter le niveau de criminalité actuel dans les banlieues, ni laisser se développer des zones de non droit. Faut-il être diplomate, ou modéré face aux terroristes urbains? Faut-il négocier ou parlementer avec la « racaille »? Sûrement pas, la tolérance zéro est désormais le seul objectif. La fermeté doit primer. S’il y a des événements insurrectionnels aujourd’hui dans les banlieues françaises, c’est bien parce que les émeutiers prennent les propos de Nicolas Sarkozy au sérieux : le risque pour eux d’être « nettoyés au Karcher » est bien réel. Leur économie « underground » va en prendre un sacré coup.

    Quelles sont les mesures à prendre rapidement? Elles devront être inhabituelles et très impressionnantes pour un pays comme la France. Arrivé à un certain point, une phase de transition à tolérance zéro sera nécessaire. Il faudra absolument contrôler vigoureusement les accès des banlieues, limiter les entrées et les sorties, instaurer le couvre-feu, il faudra parvenir à identifier, isoler et exfiltrer la « racaille », il faudra créer des « camps » de redressement hermétiques, dirigés par du personnel pénitentiaire, social et éducatif adapté, il faudra « éduquer à la dure » (ou « à l’ancienne »). Des exemples existent aux USA, la plupart donnent de bons résultats. Le nettoyage des banlieues qu’évoque Nicolas Sarkozy est donc inévitable et devra s’opérer ainsi.

    Néanmoins je crois que nous n’avons jamais été aussi proche de la guerre civile, que j’apparente à une guerre de civilisations, en France. Nous avons totalement raté l’intégration des enfants d’immigrés nord-africains, ce n’est pas faute d’y avoir mis les moyens, l’écrasante majorité d’entre eux, “plus ou moins islamistes radicaux”, ne sont probablement pas intégrables à nos sociétés modernes civilisées et libres. Je ne sais pas. J’observe simplement le résultat, les faits. En même temps, je comprends tous ces jeunes désemparés et sans espoir, rejetés partout.

    Les choses seront vraiment sérieuses lorsque les émeutiers ne seront plus seulement des jeunes casseurs, mais quand ils seront rejoints par des dizaines de milliers d’adultes, minés par les dettes, par le chômage, par la pression fiscale, par le manque de libertés, par l’étouffement, par je ne sais quels autres problèmes individuels qui les rassemblent, ou pire qui les opposent. Entre les banlieues et Paris il n’y a qu’un pas, je suis convaincu que les violences se déporteront dans la capitale. Si ce n’est pas pour demain, c’est pour après demain. L’armée devra y renforcer les effectifs policiers, très vite dépassés par les événements. Une guerre, jusqu’alors invisible et latente, sera cette fois impossible à cacher. Et nous devrons vivre avec. Bien sûr, j’espère me tromper, dans ce cas nous aurons alors résolu le problème des banlieues.

  • Combattre le chômage est une question de courage et d’audace

    Les gouvernements se heurtent consécutivement à l’inextricable problème de l’emploi et du chômage, sans jamais parvenir à le résoudre. En France par exemple, mais cela est valable pour d’autres pays d’Europe (comme l’Allemagne), le chômage ne cesse d’augmenter depuis 25 ans, pour frôler et dépasser les 10% de la population active en 2005. En réalité, ce sont surtout plus de 20% de cette même population dite active, peut être 30% qui sont en situation de revenus faibles à très faibles, du fait de contrats de travail à mi-temps ou à temps partiels.

    Des solutions existent pourtant, je ne cesse de le penser et de le répéter. Elles s’appuient sur un seul des éléments fondateurs de notre république et des sociétés civilisées, il s’agit de la Liberté.

    La liberté d’entreprendre, ou de ne pas entreprendre. La liberté de choisir de faire ou de ne pas faire. La liberté d’agir ou de ne pas agir. La liberté de vouloir changer certaines choses, la liberté d’essayer au moins.

    Je propose un certain nombre de pistes à explorer, toutes devraient être mises en œuvre conjointement. Aucune ne nécessite un énorme effort gouvernemental, mis à part une volonté d’agir pour l’emploi, contre le chômage, courageusement.

    Horaires élargis, augmentation de l’amplitude d’ouverture.

    Dans un pays comme la France, mais dans bien d’autres également, il est quasiment impossible d’envisager de consommer ou d’espérer un service en dehors des plages d’ouverture classiques, qui sont grossièrement 9h à 12h et 14h à 18h. Les entreprises se bornent à ces horaires traditionnels hérités d’on ne sait quand. Obtenir un service, un conseil, ou même tenter d’acheter quelque chose en dehors de ces horaires est devenu impossible. Des centaines de milliers de petites entreprises et commerces sont fermés plus des deux tiers du temps exploitable économiquement. Comment peut-on espérer alors que leur activité économique soit stimulée, et comment espérer pouvoir leur permettre de créer des emplois, ne serait-ce que pour occuper le temps d’ouverture élargi? Le principal problème étant surtout que leurs horaires d’ouverture coïncide avec l’horaire de travail de leurs clients potentiels. Qui n’a pas regretté un soir, en sortant du travail, ne pas pouvoir visiter tel ou tel magasin avec l’idée d’acheter quelque chose, même tard? Je pense qu’il est crédible d’envisager la mise en place d’horaires de travail élargis au delà des horaires conventionnels. Le changement des habitudes se fera progressivement et sans contraintes. Les entreprises qui le souhaitent doivent pouvoir mettre en place une plus grande amplitude d’ouverture, depuis tôt le matin jusqu’à tard le soir, en s’engageant à embaucher du personnel volontaire pour ce type d’horaire. Les employés ne devront pas travailler plus s’ils ne le souhaitent pas et ne devront pas subir de contraintes ou de conditions, ceux qui souhaitent librement travailler plus pourront ainsi être mieux rémunérés, ceux qui ne le souhaitent pas verront leurs salaires maintenus, et les nouveaux employés volontaires pour des horaires élargis non conventionnels seront les bienvenus. Le gouvernement devra supprimer les charges sociales et salariales sur les emplois créés en dehors des horaires conventionnels par profession ou par entreprise, ce qui stimulera les entrepreneurs à élargir leur amplitude d’ouverture, sans en subir un éventuel poids financier tout en garantissant le succès d’une telle opération, les revenus des employés n’étant pas altérés ni diminués, au contraire. Tout ceci devra être déployé en toute liberté, sans conditions restrictives, sans contraintes insurmontables de part et d’autre, et en respectant les choix prioritaire des employés. Je sais que nous trouverons des centaines de milliers de futurs employés qui apprécieraient de travailler entre 16h et 22h par exemple, de disposer ainsi de toutes leurs matinées et des dizaines de milliers d’entreprises qui souhaiteraient tenter l’aventure en permettant à leurs clients de venir les rencontrer après 18h, jusqu’à tard le soir, tous les jours. Les syndicats participeront activement à la mise en place d’un tel dispositif, en veillant à ce que les acquis soient maintenus, et en respectant les employeurs et leurs salariés volontaires qui désirent sortir du cadre traditionnel.

    Par exemple, une entreprise de 8 salariés dont les activités seraient la distribution et les services informatiques et qui ouvre habituellement et traditionnellement de 9h à 18h, en fermant le vendredi à 17h et en ouvrant le lundi à 10h, pourrait très bien embaucher 2 nouveaux employés volontaires pour travailler en horaires élargis de 15h à 22h, ainsi l’amplitude d’ouverture et de service de cette entreprise va passer de 9h à 22h, la clientèle sera ravie, et l’entreprise ne subira pas la charge financière indirecte liée à cette nouvelle initiative heureuse puisque les heures au delà de 18h seront exonérées de charge. D’autant qu’entre 15h et 18h, l’équipe sera renforcée, ce qui va améliorer le travail collaboratif et la formation des nouvelles recrues.

    Cette notion d’élargissement des horaires qui s’appliquera prioritairement au secteur privé pourrait parfaitement fonctionner également dans le secteur public, notamment dans l’éducation, sur la base du volontariat. Les professeurs qui souhaiteraient enseigner le soir pourraient le faire, et les élèves qui souhaiteraient prendre leurs cours en soirée le pourraient également. L’aménagement est à discuter de manière ouverte sans que rien ne soit imposé, dans l’intérêt de tous.

    Comment trouver immédiatement 15% de temps d’ouverture stratégique supplémentaires pour les entreprises?

    En ouvrant le dimanche et les jours fériés, bien évidemment. Le dimanche représente un septième du temps d’activité potentiel, par conséquent en permettant aux entreprises qui le veulent et aux employés qui le souhaitent d’ouvrir le dimanche, c’est ainsi pas moins de 15% de temps de travail en plus qui est débloqué, autant à combler par la création de nouveaux emplois. Et je sais combien cette idée va faire bondir les récalcitrants. Pourtant que personne ne s’inquiète ou ne s’offusque, il n’est pas question d’imposer à quiconque de devoir travailler un dimanche, les employeurs qui ne veulent pas ouvrir le dimanche ne seront pas pénalisés, les employés qui ne veulent pas travailler le dimanche n’y seront pas contraints, seuls les volontaires, embauchés sur cette base, seront plébiscités. Encore une fois, la liberté et le volontariat seront indispensables et centraux dans les négociations. Combien de dizaines de milliers de jeunes et moins jeunes rêvent de travailler le dimanche dans une entreprise qui leur plaît? Combien de dizaines de milliers de clients frustrés rêvent de faire leur shopping au calme le dimanche? Et combien d’employés qui travailleraient le dimanche aimeraient disposer ainsi de temps libre en semaine en compensation. Je ne parle même pas de la dynamisation sociale et économique, regardez comme la France est triste et morose le dimanche sans toutes ses activités vivantes liées à la dynamique économique et commerciale. Le mot d’ordre, c’est la liberté, laissons les entrepreneurs disposer de la possibilité d’ouvrir le dimanche s’ils le souhaitent et de recruter des employés volontaires pour ce poste. Les entreprises craignent pour la rentabilité de l’ouverture le dimanche, le gouvernement devra exonérer de charge les emplois créés en dehors des ouvertures conventionnelles, notamment les jours fériés et les dimanches. Le risque pour l’employeur étant alors limité, c’est lui qui prend l’initiative, elle est aidée par l’état, qui est soulagé de ne pas avoir à supporter la charge de chômeurs qui auront ainsi trouvé un emploi. L’état demandera une contrepartie, il imposera que les entreprises qui souhaitent ouvrir le dimanche devront embaucher au moins une nouvelle personne à plein temps en contrat à durée indéterminée ou en contrat nouvelle embauche, pour obtenir l’exonération des charges les dimanches et jours fériés.

    Par exemple, une entreprise de 5 employés spécialisée dans la décoration, et qui ouvre traditionnellement du mardi au samedi de 9h à 18h pourrait embaucher une sixième personne volontaire pour travailler le dimanche, et même pourquoi pas le lundi. L’amplitude d’ouverture de cette entreprise serait alors sans interruption du lundi au dimanche, de 9h à 18h au moins. La nouvelle recrue sera exonérée de charges pour son travail le dimanche, et pourra en toute liberté choisir un jour de repos en semaine, pourquoi pas le samedi. Pour que cela fonctionne, il faut intégrer de la liberté et du volontariat, une fois de plus, dans la relation entrepreneur/employé/état. Les syndicats veilleront à la bonne coordination de l’ensemble dans le respect des choix et des libertés de chacun.

    Ce dispositif d’ouverture le dimanche pourra s’appliquer au secteur privé, comme au secteur public bien entendu.

    Exonération exceptionnelle de charges pour un emploi traditionnel créé dans les 6 mois.

    Le chômage est un tel fléau qu’il nécessite que des mesures exceptionnelles et originales soient prises. Une mesure toute simple pourrait être impulsée par un gouvernement audacieux, telle une opération spéciale délimitée dans le temps. Elle consisterait à permettre aux entrepreneurs de TPE ou PME d’embaucher dans les 6 mois jusqu’à deux nouveaux salariés en contrat à durée indéterminée ou en contrat nouvelle embauche en étant totalement exonéré de charges à vie sur ces deux emplois créés. La mesure permettrait une diminution immédiate et conséquente du nombre de chômeurs, un allégement immédiat des charges qui incombent à l’état ou aux pouvoirs publics, une amélioration immédiate de la vivacité des entreprises qui vont accroître ainsi leur dynamique commerciale et productive. C’est un pari à prendre. C’est une mesure fantastique qui pourrait résoudre d’innombrables problèmes. Un nouveau souffle pour l’état, pour les chômeurs, pour le pouvoir d’achat, pour dynamiser tout un pays et souder socialement toute la population. Économiquement, tout le monde est gagnant, et surtout l’état, qui prend en charge indirectement aujourd’hui tous les chômeurs. Demain, la charge serait idéalement supportée par les entreprises, elles même gagnantes puisqu’elles renforcent leurs effectifs dans le but de mieux se développer, tout en étant exonérées des charges sociales et patronales sur au moins deux de leurs employés. Cette impulsion, qui n’est pas irréaliste, est très attendue par des dizaines de milliers d’entrepreneurs qui ne peuvent plus embaucher du fait du coût du travail.

    Les syndicats auraient un rôle crucial social et médiateur dans une telle mesure, ils s’assureraient que les employés exonérés ne soient pas privilégiés par rapport aux employés déjà en place avant la mesure, notamment en veillant à ce que les niveaux de rémunération soient équilibrés et justes pour tout le personnel. L’état pourrait demander des contreparties, par exemple l’entreprise devra maintenir son effectif initial tant que des emplois exonérés y sont toujours présents, au risque de perdre les avantages acquis du point de vue des exonérations de charges.

    J’imagine qu’une telle mesure pourrait déboucher sur la création de centaines de milliers d’emplois dans un délai de 6 mois.

    Faciliter immédiatement l’embauche des seniors.

    On le sait, les chômeurs jeunes ont des difficultés à trouver un emploi, mais on peut légitimement penser que les mesures citées plus haut vont résoudre une partie de ce problème, il reste néanmoins une tranche non négligeable de la population qui éprouve également des difficultés à trouver un travail, ce sont les seniors, même si paradoxalement ce sont les personnels les plus opérationnels. Là aussi, une impulsion courageuse de l’état pourrait immédiatement régler le problème. Les entreprises hésitent à embaucher des gens de plus de 50 ans, craignant qu’ils leur coûtent trop cher du fait de leur éventuel manque de rentabilité au travail ou de leur lenteur. La solution consisterait alors à exonérer les seniors d’une importante partie de leurs charges patronales et salariales. Les entreprises pourraient alors embaucher ces gens en toute sérénité, l’état pourrait demander des contreparties, notamment en s’assurant que les jeunes ne soient pas négligés dans les stratégies d’embauche, et les syndicats pourraient une fois de plus jouer un rôle de médiateur vigilant. Par ailleurs, une entreprise qui dispose de « cadres » seniors est bien plus sûre qu’une entreprise qui n’embauche que des jeunes sous-formés. Pour ma part, je trouve indispensable qu’une entreprise intègre du personnel multigénérationnel.

    J’ai toujours segmenté la population en quatre groupes. Ceux qui peuvent et qui veulent, ceux qui peuvent mais qui ne veulent pas, ceux qui ne peuvent pas mais qui veulent, et finalement ceux qui ne peuvent pas et qui ne veulent pas non plus. Des intervenants sociaux peuvent facilement catégoriser un individu dans l’un ou l’autre de ces groupes. Si nous pratiquions ainsi, nous pourrions facilement savoir vers qui canaliser nos efforts, par exemple il faudrait donner toutes ses chances à ceux qui peuvent et qui veulent (les employés volontaires, les forces vives, les entrepreneurs, etc.), il faudrait recadrer ceux qui peuvent mais qui ne veulent pas (les fainéants et autres individus qui profitent du système), il faudrait véritablement aider ceux qui ne peuvent pas mais qui veulent (les gens biens qui veulent s’en sortir mais qui rament et qui nécessitent une assistance), et il faut médicaliser et encadrer ceux qui ne peuvent pas et qui ne veulent pas (les malades et autres individus qui devront rester à l’écart malgré eux et qui nécessitent une attention particulière du fait de leur incapacité à vivre une vie normale).

    Libérons les énergies créatives, aux économistes d’intégrer ces nouveaux paramètres, et aux politiques d’exécuter nos choix.