Catégorie : SOCIÉTÉ

  • Laissez-nous embaucher les chômeurs!

    La situation ne peut plus durer. Les entreprises sont à l’agonie, mais à force de l’entendre, de le lire ou de l’écrire, cela ne veut plus rien dire. Les pouvoirs publics ne prennent pas la pleine mesure des difficultés présentes et à venir.

    Tout le monde est à peu près d’accord pour dire que le problème central des entreprises est à la fois le coût du travail qui est beaucoup trop élevé pour assurer la compétitivité, et le manque de flexibilité qui empêche l’adaptation des ressources humaines à la hausse ou à la baisse dans les entreprises (en clair, pouvoir librement embaucher quand ça va bien, mais aussi désembaucher quand ça va moins bien).

    La réponse politique de la droite c’était la « TVA sociale » ou « TVA de la compétitivité », et la réponse de la gauche c’est la « création des emplois d’avenir pour les jeunes ».

    Ces solutions, comme c’est arrivé trop souvent depuis 40 ans, ne répondront absolument pas aux problèmes, nous les professionnels de terrain, nous le savons. La TVA sociale est un mécanisme compliqué, très lourd et coûteux à implémenter, que personne ne comprendra jamais et qui ne va pratiquement rien changer dans la vie des PME. Le concept des emplois d’avenir (recyclage des « emplois jeunes ») est un patch des socialistes, un grand classique récurrent de la gauche quand elle gouverne et qui est à des kilomètres des enjeux.

    N’attendez aucune amélioration de la situation en Europe, et en France si les entreprises dans leur ensemble, l’unique force vive d’un pays, n’embrayent pas à l’unisson et avec une puissance nouvelle et des moyens réels afin de retrouver une dynamique offensive, innovante, productive et commerciale.

    Les entreprises sont sclérosées, tétanisées par ces crises à répétition depuis 10 ans, sans visibilité et sans aucune confiance, elles ne peuvent pas atteindre de nouveaux marchés, elles sont diminuées, ralenties, à la traîne, elles souffrent et ne se sentent pas en mesure de se développer, incapables d’aller de l’avant, elles stagnent dans des niveaux bas de performances, avec des petites équipes fatiguées par une productivité réclamée toujours plus intense avec toujours moins de moyens, un peu plus fragilisées chaque jour qui passe.

    En pratique, pour se développer dans les entreprises, il faut compléter ses équipes par de nouveaux éléments humains (des cadres capables de tenir des projets de développement, des concepteurs de produits ou services, si possible innovants, des collaborateurs commerciaux motivés pour conquérir les marchés, des collaborateurs en production pour fabriquer les produits et services qui auront été vendus, des collaborateurs administratifs pour superviser et contrôler l’ensemble de la chaîne, etc.).

    Pour que ces développements soient viables localement dans un système économique ouvert et mondialisé dans une Europe qui ne contrôle rien, qui taxe tout, où tout est plus cher que partout ailleurs, il faut que les coûts soient les plus bas, l’équation est… impossible à résoudre.

    Les entreprises françaises ont besoin de faire baisser le coût du travail de 25 à 50%, voilà la réalité impossible à entendre. Parlons froidement. Quand un employé « coûte » 3000 euros par mois à un patron de PME (salaire chargé), et que le salarié ne touchera que 1900 euros net imposable, l’objectif immédiat n’est pas que demain il lui « coûte » 2950 euros, mais plutôt 2000 euros, tout compris, sans pour autant que le salaire payé ne change. Voilà le besoin immédiat.

    N’imaginez pas une seconde que les propositions politiques successives qui visent à faire baisser le coût du travail de 1, 2 ou 3% soient la réponse attendue. La vraie réalité des patrons de PME dépasse largement la fausse réalité des politiciens.

    Soyons réalistes, à aucun moment il ne sera possible de faire baisser fortement le coût du travail en France de manière à provoquer « le coup de boost » nécessaire au redémarrage économique.

    Pourtant, il existe une solution jamais explorée, jamais évoquée.

    Depuis un certain temps j’essaie de faire passer mon idée d’un mécanisme que j’ai appelé « chômage transitionnel », mécanisme que j’ai modélisé et éprouvé dans de nombreux scénarios depuis plus de 5 ans, qui consiste en une audacieuse alternative à l’attentisme et que j’ai poussé auprès du feu gouvernement de droite, auprès du Medef, auprès de notre gouvernement actuel, mais je ne reçois aucun écho favorable auprès des dirigeants politiques.

    Ce mécanisme reposerait sur une coordination intelligente et pratique entre les pouvoirs publics (Pole Emploi) et les PME.

    L’idée consiste à permettre aux entreprises qui le souhaitent d’embaucher immédiatement un nombre illimité de chômeurs inscrits à Pôle Emploi, dans le cadre d’un contrat de travail « transitionnel » (sécurisé et à durée indéterminée) sans que ceux-ci ne perdent leurs droits, l’entreprise abonderait financièrement pour constituer un salaire cumulé (allocations chômage et abondement salarial) libre et négociable, « ouvert à la concurrence » (l’abondement sera libre, on peut imaginer que des négociations discrétionnaires seront possibles entre chômeurs et employeurs), le tout supervisé par un organisme dédié à ce dispositif afin de faciliter son déploiement.

    En clair, une entreprise pourrait par exemple embaucher un agent commercial, actuellement au chômage depuis quelques mois, touchant 900 euros par mois auprès de Pôle Emploi pour encore 18 mois, en lui offrant un abondement salarial de 1000 euros par mois, et surtout un véritable emploi. Ce chômeur touchera donc 1900 euros par mois, bénéficiera d’un vrai travail, et d’un véritable statut protégé pendant une durée de 18 mois, au delà, l’entreprise reprend la pleine charge de son salarié, qu’elle gardera dans la majorité des cas. Miracle, l’entreprise aura lissé à la baisse son coût du travail global.

    Je vois déjà les critiques fuser, et m’entendre dire « les entreprises et les patrons verront leur intérêt, licencieront les emplois les plus coûteux au profit des emplois transitionnels ». Oui, c’est peut-être vrai pour les grandes entreprises capitalistiques qui gèrent l’humain aussi bien qu’un singe est à l’aise avec un ordinateur, mais moi je ne parle que des PME, mon dispositif ne vise que les PME, et croyez-moi sur parole : les patrons de PME qui forment pendant 18 mois un collaborateur n’ont jamais l’idée de s’en séparer, au contraire ils le vivent comme une souffrance et un échec.

    Absolument tout le monde sort gagnant d’un tel dispositif, pratique et simple à mettre en œuvre par quelques règles de contrôle et de bon sens contre les abus.

    Plus les entreprises joueront le jeu, et elles seront nombreuses, plus on règlera le problème du chômage, du coût du travail, du dynamisme économique, du pouvoir d’achat, de la consommation, et plus on s’approchera d’une sortie de crise par le haut.

    Le « réservoir de chômeurs », au lieu d’être un centre de coût, deviendra un centre de profit pour le pays et ses entreprises, une véritable niche de ressources humaines où les entreprises viendront recruter de futurs collaborateurs que leurs précédents employeurs auront licencié sans que personne ne trouve rien à y redire, tant la fluidité et la flexibilité seront au rendez-vous.

    Le coût pour la collectivité publique restera au maximum le même qu’en temps normal, et mécaniquement va baisser fortement après la mise en place du dispositif. L’impact financier (l’effort du pays) sera donc au maximum neutre comparativement à avant.

    L’assurance chômage n’aura plus à chercher à financer des millions de chômeurs sans avenir, mais beaucoup moins en attente d’un job transitionnel que les entreprises plébisciteront. Du coup, par ricochet, le coût du travail des employés non transitionnels pourra largement diminuer après un certain temps.

    Le nombre de chômeurs sans emploi va drastiquement baisser en quelques mois.

    Les entreprises rechercheront bien sûr des chômeurs jeunes à former pour le long terme, mais recruteront également des personnels d’encadrement, plus âgés, répondant ainsi à la double problématique des chômeurs jeunes et des chômeurs âgés. L’embauche des personnels non qualifiés sera également facilitée par un coût très réduit pour l’entreprise.

    Le coût de réintégration, de mise à niveau et de formation des chômeurs va fondre comme neige au soleil, les fonds disponibles seront alors concentrés sur les chômeurs résiduels qui n’auront pas trouvé d’emploi transitionnel.

    Cerise sur le gâteau, les banques, qui de toute façon ont abandonné les entreprises, n’ont pas besoin d’être mobilisées dans la mise en œuvre du mécanisme.

    Bien sûr, partout on me dit que l’idée est vraiment étonnante de bon sens et de praticité, et de toute évidence répond à toutes les problématiques immédiates, et qu’il faut absolument parvenir à éduquer nos syndicats et nos politiciens afin de les convaincre et de parvenir à implémenter un tel dispositif salvateur.

    Pour ma part, je constate que ces dirigeants publics, ces gouvernements qui ne cessent de pousser les entreprises à innover, ne se remettent jamais suffisamment en question en innovant eux-mêmes et ne répondent jamais aux enjeux d’actualité.

    La crise est d’une ampleur telle que les réponses radicales à apporter ne peuvent qu’être insolites, audacieuses et innovantes, politiquement, économiquement et socialement.

    J’espère que mon message, désormais davantage public, sera entendu, au nom des entrepreneurs, pour le bien de tous.

  • La France perdra encore plus d’un million d’emplois ces 5 prochaines années

    Le ministre du Redressement Productif a une mission absolument capitale. Réanimer l’industrie française, réindustrialiser le pays et relancer la machine à fabriquer des emplois.

    Si le challenge est de taille, Montebourg va très vite se confronter à des réalités bien plus insurmontables encore.

    Absolument rien dans le pays ne pourrait permettre une telle relance même à moyen terme, une relance qui demande une dynamique politique et une énergie jamais dépensée, bien au delà de ce qui a pu exister après la seconde guerre mondiale.

    La puissance destructrice des diverses crises que nous subissons en même temps (crise bancaire, crise des crédits, crise de l’endettement, crise sociale, crise des matières premières, crise énergétique), est telle qu’elle va continuer avec force d’amplifier le mouvement de décroissance (d’ailleurs paradoxalement tant rêvé par notre ministre), ajoutant toujours de nouveaux problèmes aux problèmes déjà existants, et cette décroissance non désirée sera effectivement subie avec ce que j’appelle une « tendre violence socio-économique », tant elle détruit lentement, petit à petit, mais elle finira par détruire l’essentiel.

    La situation française peut se résumer au travers de quelques indicateurs très éloquents.

    Les porteurs de projets sont rares dans la petite ou la grande industrie.

    Les entrepreneurs industriels sont quasiment inexistants dans le pays.

    Les investisseurs privés sont presque impossibles à convaincre.

    Les banques ne prêtent plus un euro depuis bien longtemps maintenant, et les conditions d’accès au financement sont répulsives.

    Les coûts de production au niveau local sont bien au delà du raisonnable, loin des réalités économiques internationales, incompressibles et ne laisseraient aucune chance à la pérennité d’une implantation au delà de 3 années.

    Le marché du travail n’est pas assez flexible, les contraintes employeur bien trop grandes.

    Surtout, les besoins sont comblés, et ça, c’est quelque chose qu’il faut bien intégrer à un moment, et qui est complètement occulté dans les discussions. Ce que je veux expliquer, c’est que la France n’est pas réellement dans une situation de « besoin industriel », les réseaux d’approvisionnements fonctionnent très bien dans tous les domaines, les flux de marchandises arrivent de tous les coins du monde, il n’y a quasiment rien qu’on ait besoin de faire fabriquer en France dans les années à venir, qui n’est pas déjà fabriqué ailleurs, moins cher.

    Techniquement, en pratique, même si nous construisions des usines demain dans le cadre d’un plan de réindustrialisation séduisant et financièrement attractif, rien ne dit qu’on ne continuerait pas à importer massivement et moins cher, condamnant toutes ces PMI à leur triste sort, leurs investisseurs et salariés également.

    Pour sortir fièrement et volontairement du trou que nous avons peu à peu creusé avec l’aide de nos éminents dirigeants ces 40 dernières années, les mesures à prendre seraient d’une incorrection politique totale, et surtout absolument incompatibles avec, soit les promesses du Président Hollande, soit la culture socialiste de nos actuels dirigeants.

    Même Sarkozy n’est pas parvenu en cinq années à mettre en oeuvre un chouïa de ce qu’il convenait de faire, et certaines de ses rares excellentes mesures (comme l’exonération des heures supplémentaires par exemple) n’ont même pas survécu quatre années.

    Libéralisation et flexibilité du marché du travail, par un retour aux 44 heures légales, sans obligation au delà de 35 heures, tout se faisant sur la base du volontariat.
    Emploi des chômeurs dans les entreprises, pourquoi pas au coût de la collectivité dans un premier temps et dans le cadre d’un plan national de relance très courageux.
    Travail le dimanche optionnel mais rendu possible légalement, l’employeur ne pouvant pas contraindre, chacun restant libre.
    Exonération intégrale des charges de tous les employés âgés de moins de 26 ans, ou de plus de 52 ans.
    Exonération des charges patronales sur tous les emplois à temps plein, créés dans les deux années à venir.
    Création d’un « contrat unique d’embauche », simplifié, et à durée indéterminée par défaut.
    Limiter le pouvoir de blocage par des syndicats sous-représentatifs, mais augmenter leur pouvoir de discussion social, intra-entreprise, la condition du salarié en France étant assurée par la législation du travail, le travailleur français profite déjà de ce qui se fait de mieux dans le monde, on en voit d’ailleurs à quel prix.

    Même si toutes ces mesures étaient prises dans les trois prochains mois, cela ne suffirait pas à faire fléchir la tendance économique baissière du pays, il faudrait encore d’autres mesures nationales, plus larges.

    Séparation de la banque « du grand public » et de la banque « des entreprises », afin de créer un réseau de banques destinées uniquement aux PME et entreprises, avec des spécialistes issus des métiers.
    Création d’une banque nationale publique, très bien approvisionnée, destinée au financement des projets d’entreprises, concurrente assumée des banques privées.
    Déploiement de cellules de médiations du crédit avec de véritables moyens légaux pour contraindre les banques à faire leur travail et rien que leur travail, à savoir prêter de l’argent pour le développement économique, à chaque fois que les projets présentent des contres garanties suffisantes et un potentiel indiscutable quel qu’il soit (potentiel social et économique).
    Limitation drastique mais progressive de tout ce qui est importé actuellement, mais qui pourra être produit localement.

    Et tout cela ne concerne que la France. Je n’ouvre même pas le sujet au plan européen.

    Pour que la France cesse de perdre un peu moins de 20000 emplois par mois (en moyenne sur les dernières années), et alors que la crise socio-économique n’en est qu’à ses débuts et va s’étendre sur plus de dix années encore au moins, je ne vois aucune autre alternative que la mise en place groupée de toutes les mesures que je viens d’énumérer, et je me garde bien d’en évoquer d’autres encore plus audacieuses, les populations n’étant pas encore prêtes à les entendre.

    Vous l’avez compris, à peu près rien de ce qu’il est nécessaire de mettre en oeuvre à mon sens ne sera fait, et donc la France continuera à s’enfoncer dans une spirale dont on ne voit pas la fin, emportée dans sa tourmente européenne, mais aussi mondiale, et perdra encore plus d’un million d’emplois dans les cinq années à venir, très lentement, tout tranquillement.

    En signe d’espoir, anticipons qu’au moins, dans le même temps, on sera parvenu à construire des centaines de milliers d’emplois précaires, ce qui estompera les dommages sociaux, et limitera la casse.

  • L’Europe de demain sera la Chine d’hier

    Je me souviens encore de ce cadre chinois, qui travaillait dans une entreprise très en forme, et qui me disait début octobre 2011 à Beijing, sur un ton bien affirmé, « Les chinois méritent de vivre comme les européens, la roue tourne, vous avez assez profité de la crédulité de la Chine ».

    Cette phrase ironique mais fondée résume bien la situation dans laquelle nous sommes.

    Ces dernières années, il y a quelque chose qui n’a pas échappé aux observateurs de la Chine.

    L’Europe est en décroissance, économique et sociale.

    Quand la Chine affiche des taux de croissance à deux chiffres, et que le peuple ne s’est jamais trouvé plus libre et plus heureux qu’aujourd’hui.

    L’Europe est désindustrialisée, il faudrait des investissements immenses et une énergie folle pour réindustrialiser, et surtout du temps, beaucoup de temps.

    La Chine est hyper-industrialisée, dispose d’une capacité d’investissement très forte. Le parc industriel est moderne, à la pointe des technologies, toujours renouvelé. On est toujours effaré de voir le nombre d’entreprises chinoises qui affichent fièrement leurs normes ISO difficilement acquises, comme pour dire au monde « regardez, ne dites pas que nos usines sont minables, regardez nos certifications ISO, pouvez-vous en faire autant chez vous? ».

    Le peuple européen est assisté, usé par les déceptions de promesses non tenues, usé par l’écart grandissant entre les utopies d’une classe moyenne en déconfiture, et les rêves toujours plus inaccessibles.

    Le peuple chinois est combattif, vif, adaptatif, autonome, polyvalent, mieux formé, mieux éduqué, tenu par une culture, des traditions et un patriotisme unifié, il part de zéro et chaque jour un peu plus voit ses espoirs se transformer en nouvelles réalités.

    L’insécurité et la criminalité augmente en Europe, quand elles n’ont jamais été aussi basses en Chine.

    C’est vrai, en Chine il y a des caméras de surveillance partout, il y a du flicage, mais qui est-ce que ça gêne à part les criminels ou ceux qui veulent le désordre?

    Les infrastructures européennes sont vieillissantes, obsolètes, et leur maintenance est toujours plus difficiles et coûteuse.

    Alors qu’en Chine, les infrastructures anciennes sont détruites, et de plus modernes sont reconstruites par dessus, à une vitesse folle. Des infrastructures plus démesurées, plus écologiques, plus respectueuses et répondant mieux aux attentes de la nouvelle Chine.

    En Europe, chaque jour de plus en plus de gens s’appauvrissent et se précarisent.

    En Chine, chaque minute de plus en plus de gens s’enrichissent et voient leur condition s’améliorer.

    Nos écoles, nos universités, le système éducatif européen est en grand péril, la qualité n’est plus du tout au rendez-vous depuis longtemps, les jeunes sont sous-formés, sous-éduqués, sous-instruits, en France beaucoup d’entre eux ne savent pas écrire un français correct à leur âge adulte, et ne connaissent rien du monde.

    En Chine, le système éducatif est incroyablement efficace, inutile d’en dire plus.

    En Europe, on a pas pris la mesure de la puissance chinoise… et de la rancoeur des chinois vis à vis des pays qui les exploite.

    En Chine, on est en train de comprendre ce que signifie être le pays le plus puissant du monde.

    En Europe, nous parlons, parlons, parlons et parlons encore d’écologie et de protection de l’environnement.

    En Chine, depuis longtemps il n’y a quasiment plus de deux roues à essence, tout est converti au silence des moteurs électriques, et des entreprises modernes fleurissent partout pour transformer votre véhicule à essence en véhicule hybride avec une technologie qui existe déjà, et qui va en s’améliorant. Beaucoup d’entreprises sont déjà éco-friendly, de manière effective.

    En Europe, nous parions tout sur le nucléaire, avec l’immense risque que cela représente.

    En Chine, on fait déjà depuis longtemps de l’électricité propre avec l’eau, la terre, le vent, la mer, le soleil, et très peu de nucléaire.

    En Europe, nous continuons à dire et à croire que « la chine fabrique des copies de mauvaise qualité de ce que nous inventons et créons ».

    Alors qu’en Chine, ils sourient car ils savent que leurs usines produisent la qualité qu’on leur demande, alors que pour leur marché national interne, la qualité est bien présente, souvent meilleure que ce qui existe chez nous. D’ailleurs ils savent aussi que depuis longtemps déjà, ils n’en sont plus à « dupliquer » ou « copier », mais ils inventent, ils imaginent, ils conçoivent, bien plus vite et souvent bien mieux désormais que nos ingénieurs européens.

    Combien sont surpris de voir en Chine le niveau de qualité des produits qui existent sur le marché, alors qu’ils nous exportent une qualité inférieure.

    Les temps changent.

    Avant, en Europe on achetait les produits chinois quelques centimes, et on pouvait profiter de faire des marges confortables dans le dos des enfants qui travaillaient 14 heures par jour dans les usines enfoncées dans le pays entre deux rizières.

    Désormais, les prix augmentent, et la qualité s’impose à nous, de moins en moins nous ne pourrons payer le prix chinois. Et de plus en plus ça sera difficile pour nous, car aucune autre alternative ne s’offrira rapidement à nous, sans d’incroyables souffrances.

    Les usines sont gigantesques et tellement nombreuses, regroupées dans des « parcs industriels sécurisés » à thèmes technologiques, biotechnologiques, métallurgiques, pharmaceutiques, alimentaires, etc…

    Si la Chine était ce qu’on dit qu’elle est, croyez-vous qu’on puisse y faire fabriquer intégralement l’Airbus A320 dans l’usine de Tianjin?

    En Europe, la démocratie montre ses limites tous les jours, et les peuples, sensés diriger leur destin sont trompés, trahis, humiliés par des élites qu’ils n’ont même pas élu. Et on critique le communisme, on explique que c’est pire.

    En Chine, on plaisante de la démocratie, on dit « regardez, venez voir si nous ne sommes pas un peuple libre qui vit en paix et en harmonie, demandez un visa et venez visiter la nouvelle Chine pour juger ». Bien sûr, les chinois reconnaissent qu’il y a 20 ans encore c’était très difficile, et qu’encore aujourd’hui la corruption existe, qu’il y a des dysfonctionnements, mais quand ils comparent leur politique paisible à ce qui se passe en Europe, ils s’en amusent. C’est bien pire chez vous, disent-ils.

    La Chine a changé si vite en quelques années, que tout le monde est bluffé.

    Je comprends la chance des chinois d’être dans un mouvement de croissance rapide et d’alignement sur le modèle de vie « à l’occidentale », mais ils sont 1,3 milliards et je sais aussi en mon âme et conscience que ce « booming » économique et social ne peut pas continuer longtemps. Quelque chose va forcément les arrêter net dans leur élan, car en pratique, d’ici quelques années à niveau de croissance constant, il faudrait plusieurs fois les capacités terrestres actuelles pour combler l’appétit chinois.

    Nul ne sait comment réagiront les chinois devant le fait accompli. Ce peuple d’apparence pacifique, jamais agressif contre quiconque, immensément généreux, qui s’est laissé exploiter, qui prête son argent pour financer la croissance de ses clients, malgré lui, et qui va peut-être bientôt se retrouver face à la plus difficile des réalités.

    Mon grand père disait qu’un jour, nous verrons des chinois traverser le Rhin et venir jusqu’à nos portes.

    Mais il ne disait jamais pourquoi ou pour y faire quoi.

  • L’Europe de demain sera la Chine d’hier

    Je me souviens encore de ce cadre chinois, qui travaillait dans une entreprise très en forme, et qui me disait début octobre 2011 à Beijing, sur un ton bien affirmé, « Les chinois méritent de vivre comme les européens, la roue tourne, vous avez assez profité de la crédulité de la Chine ».

    Cette phrase ironique mais fondée résume bien la situation dans laquelle nous sommes.

    Ces dernières années, il y a quelque chose qui n’a pas échappé aux observateurs de la Chine.

    L’Europe est en décroissance, économique et sociale.

    Quand la Chine affiche des taux de croissance à deux chiffres, et que le peuple ne s’est jamais trouvé plus libre et plus heureux qu’aujourd’hui.

    L’Europe est désindustrialisée, il faudrait des investissements immenses et une énergie folle pour réindustrialiser, et surtout du temps, beaucoup de temps.

    La Chine est hyper-industrialisée, dispose d’une capacité d’investissement très forte. Le parc industriel est moderne, à la pointe des technologies, toujours renouvelé. On est toujours effaré de voir le nombre d’entreprises chinoises qui affichent fièrement leurs normes ISO difficilement acquises, comme pour dire au monde « regardez, ne dites pas que nos usines sont minables, regardez nos certifications ISO, pouvez-vous en faire autant chez vous? ».

    Le peuple européen est assisté, usé par les déceptions de promesses non tenues, usé par l’écart grandissant entre les utopies d’une classe moyenne en déconfiture, et les rêves toujours plus inaccessibles.

    Le peuple chinois est combattif, vif, adaptatif, autonome, polyvalent, mieux formé, mieux éduqué, tenu par une culture, des traditions et un patriotisme unifié, il part de zéro et chaque jour un peu plus voit ses espoirs se transformer en nouvelles réalités.

    L’insécurité et la criminalité augmente en Europe, quand elles n’ont jamais été aussi basses en Chine.

    C’est vrai, en Chine il y a des caméras de surveillance partout, il y a du flicage, mais qui est-ce que ça gêne à part les criminels ou ceux qui veulent le désordre?

    Les infrastructures européennes sont vieillissantes, obsolètes, et leur maintenance est toujours plus difficiles et coûteuse.

    Alors qu’en Chine, les infrastructures anciennes sont détruites, et de plus modernes sont reconstruites par dessus, à une vitesse folle. Des infrastructures plus démesurées, plus écologiques, plus respectueuses et répondant mieux aux attentes de la nouvelle Chine.

    En Europe, chaque jour de plus en plus de gens s’appauvrissent et se précarisent.

    En Chine, chaque minute de plus en plus de gens s’enrichissent et voient leur condition s’améliorer.

    Nos écoles, nos universités, le système éducatif européen est en grand péril, la qualité n’est plus du tout au rendez-vous depuis longtemps, les jeunes sont sous-formés, sous-éduqués, sous-instruits, en France beaucoup d’entre eux ne savent pas écrire un français correct à leur âge adulte, et ne connaissent rien du monde.

    En Chine, le système éducatif est incroyablement efficace, inutile d’en dire plus.

    En Europe, on a pas pris la mesure de la puissance chinoise… et de la rancoeur des chinois vis à vis des pays qui les exploite.

    En Chine, on est en train de comprendre ce que signifie être le pays le plus puissant du monde.

    En Europe, nous parlons, parlons, parlons et parlons encore d’écologie et de protection de l’environnement.

    En Chine, depuis longtemps il n’y a quasiment plus de deux roues à essence, tout est converti au silence des moteurs électriques, et des entreprises modernes fleurissent partout pour transformer votre véhicule à essence en véhicule hybride avec une technologie qui existe déjà, et qui va en s’améliorant. Beaucoup d’entreprises sont déjà éco-friendly, de manière effective.

    En Europe, nous parions tout sur le nucléaire, avec l’immense risque que cela représente.

    En Chine, on fait déjà depuis longtemps de l’électricité propre avec l’eau, la terre, le vent, la mer, le soleil, et très peu de nucléaire.

    En Europe, nous continuons à dire et à croire que « la chine fabrique des copies de mauvaise qualité de ce que nous inventons et créons ».

    Alors qu’en Chine, ils sourient car ils savent que leurs usines produisent la qualité qu’on leur demande, alors que pour leur marché national interne, la qualité est bien présente, souvent meilleure que ce qui existe chez nous. D’ailleurs ils savent aussi que depuis longtemps déjà, ils n’en sont plus à « dupliquer » ou « copier », mais ils inventent, ils imaginent, ils conçoivent, bien plus vite et souvent bien mieux désormais que nos ingénieurs européens.

    Combien sont surpris de voir en Chine le niveau de qualité des produits qui existent sur le marché, alors qu’ils nous exportent une qualité inférieure.

    Les temps changent.

    Avant, en Europe on achetait les produits chinois quelques centimes, et on pouvait profiter de faire des marges confortables dans le dos des enfants qui travaillaient 14 heures par jour dans les usines enfoncées dans le pays entre deux rizières.

    Désormais, les prix augmentent, et la qualité s’impose à nous, de moins en moins nous ne pourrons payer le prix chinois. Et de plus en plus ça sera difficile pour nous, car aucune autre alternative ne s’offrira rapidement à nous, sans d’incroyables souffrances.

    Les usines sont gigantesques et tellement nombreuses, regroupées dans des « parcs industriels sécurisés » à thèmes technologiques, biotechnologiques, métallurgiques, pharmaceutiques, alimentaires, etc…

    Si la Chine était ce qu’on dit qu’elle est, croyez-vous qu’on puisse y faire fabriquer intégralement l’Airbus A320 dans l’usine de Tianjin?

    En Europe, la démocratie montre ses limites tous les jours, et les peuples, sensés diriger leur destin sont trompés, trahis, humiliés par des élites qu’ils n’ont même pas élu. Et on critique le communisme, on explique que c’est pire.

    En Chine, on plaisante de la démocratie, on dit « regardez, venez voir si nous ne sommes pas un peuple libre qui vit en paix et en harmonie, demandez un visa et venez visiter la nouvelle Chine pour juger ». Bien sûr, les chinois reconnaissent qu’il y a 20 ans encore c’était très difficile, et qu’encore aujourd’hui la corruption existe, qu’il y a des dysfonctionnements, mais quand ils comparent leur politique paisible à ce qui se passe en Europe, ils s’en amusent. C’est bien pire chez vous, disent-ils.

    La Chine a changé si vite en quelques années, que tout le monde est bluffé.

    Je comprends la chance des chinois d’être dans un mouvement de croissance rapide et d’alignement sur le modèle de vie « à l’occidentale », mais ils sont 1,3 milliards et je sais aussi en mon âme et conscience que ce « booming » économique et social ne peut pas continuer longtemps. Quelque chose va forcément les arrêter net dans leur élan, car en pratique, d’ici quelques années à niveau de croissance constant, il faudrait plusieurs fois les capacités terrestres actuelles pour combler l’appétit chinois.

    Nul ne sait comment réagiront les chinois devant le fait accompli. Ce peuple d’apparence pacifique, jamais agressif contre quiconque, immensément généreux, qui s’est laissé exploiter, qui prête son argent pour financer la croissance de ses clients, malgré lui, et qui va peut-être bientôt se retrouver face à la plus difficile des réalités.

    Mon grand père disait qu’un jour, nous verrons des chinois traverser le Rhin et venir jusqu’à nos portes.

    Mais il ne disait jamais pourquoi ou pour y faire quoi.

  • Banques contre États, la guerre économique nous rattrape dans l’économie réelle!

    Je ne vais pas revenir sur la modification majeure intervenue en 1973 à propos du financement des investissements publics par les marchés, je ne vais pas non plus expliquer ce qu’est la finance occidentale historiquement depuis sa création, ne pas entrer dans les détails de la globalisation et ce qu’a été la libération du système financier international ni même parler de Bretton Woods. L’internet permet à chacun d’entre nous de se faire une idée assez juste de ce qui s’est joué, dans le dos des peuples, depuis le début de l’ère capitaliste.

    Pour mieux comprendre ce qui suit, je recommande d’aller s’informer sur ce qu’est l’accord « Glass Steagall ». Là encore, votre surprise sera grande.

    LES BANQUIERS TOUS PUISSANTS

    Si on entend partout et depuis toujours que « les banquiers sont des voleurs », c’est qu’il doit y avoir un semblant de vérité quelque part, n’est-ce pas?

    Je vais faire très simple volontairement.

    Depuis très longtemps, et de façon exponentielle, les banques prêtent de l’argent. L’idée était même de faire en sorte qu’elles aient un rôle « social et économique » majeur : assurer le financement de l’investissement et du développement économique.

    Ce rôle, noble, a été souhaité plutôt par « le politique » dans son « univers », mais « le financier » est dans son propre univers et le moins qu’on puisse dire c’est que les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres.

    Par la force des choses, le financier, prêteur, est toujours celui qui détermine le destin du demandeur, par l’acceptation ou non des financements et des crédits. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on estime que ce sont les banquiers qui dirigent le monde, et par extension qui se superposent aux pouvoirs politiques, eux-mêmes suspendus aux appréciations et desiderata des financiers (qui ne font pas de politique).

    Au début, et dans le meilleur des mondes, tout va bien. Mais prêter de l’argent implique nécessairement de créer de l’endettement, donc du risque.

    Bien entendu, il n’est pas question pour les créanciers de ne pas être remboursés.

    Pour pouvoir faire plier leurs débiteurs en cas de défaillance de remboursement, les banques ont au moins trois armes redoutables.

    La première arme, c’est la pression financière et psychologique induite, le débiteur, piégé par la dette, se voit acculé de nouveaux frais complémentaires augmentant son dû, au travers de relances constantes, d’agios et de frais divers. Le fait d’être « tenu » par son banquier en ayant l’impression de ne rien pouvoir faire génère un malaise psychologique plus ou moins important du type « tout puissant contre impuissant ».

    La deuxième arme, c’est bien sûr le dispositif législatif confortable qui leur permet de saisir les biens et de mettre quiconque, personne physique ou morale, à terre très rapidement après l’avoir pillé et dépecé le débiteur et ses cautions éventuelles.

    La troisième arme, c’est la fermeture pure et simple du robinet à liquidités. Pour un particulier, une entreprise ou une institution, la menace de ne plus pouvoir emprunter signifie bien souvent la fin de son histoire, avec banqueroute et faillite.

    En réalité, il y a même une quatrième arme secrète, le fichage informatique automatisé, qui empêche quasiment toute tentative de rebond à l’avenir une fois que vous avez été identifié défaillant.

    Si le débiteur est une personne physique, un individu, la ruine et la déchéance silencieuse est au bout du chemin, avec bien souvent un drame humain et un brusque retour à la réalité la plus dure.

    Si le débiteur est une personne morale, une entreprise, éventuellement une administration, une autre banque, une collectivité publique ou même un État, la banqueroute est inéluctable (même si elle peut être artificiellement retardée un certain temps, ou atténuée) avec, en cascade, une multitude de situations dramatiques incalculables tant tout est lié dans le système actuel.

    Les banquiers sont souvent perçus comme des gens très durs et sans cœur, ils ont des fonctionnements particuliers, se sentent intouchables et adoptent des attitudes et des comportements curieux, leur univers, assez hermétique, est très spécial.

    D’une manière générale, les banquiers parviennent toujours à « avoir le dessus » sur leurs « clients débiteurs », rarement l’inverse. Ceci vient du fait qu’ils sont ceux qui tiennent les reines de la finance.

    Au plus haut niveau de l’échelle, ils étaient convaincus, jusqu’à récemment encore, qu’à chaque crise économique, chaque fois que nécessaire, les États viendraient à leur secours quoi qu’il arrive.

    DES OFFICINES DE L’OMBRE CONTRE LES INTÉRÊTS DES PEUPLES?

    Si la spirale de l’endettement et l’assèchement des crédits forment un premier problème, il existe un autre sujet de grande inquiétude : la spéculation sur les marchés financiers.

    Désormais, dans les mêmes institutions financières, devenues des organismes très complexes, vous y trouvez la banque de détail, la banque commerciale, la banque privée, la banque d’investissement et l’assurance.

    Tout y est amalgamé au mépris du bon sens, si bien que l’argent difficilement gagné, déposé dans sa banque par un individu « en toute sécurité », est en réalité « joué » par des « traders » dans les places de marchés des officines bancaires qui ont pignon sur rue, pour parfois être perdu, sans que personne ne puisse rien y faire, et en totale contradiction (morale et technique) avec le fameux accord Glass Steagall qui prévoit la séparation de la banque commerciale et de la banque d’investissement.

    Les gens qui travaillent dans le milieu bancaire subissent progressivement un « formatage » des esprits, mais il convient de nuancer en fonction de la position et du job dans l’organisation.

    Entre votre conseiller bancaire, qui gère vos comptes, et les traders, les investisseurs dans les salles de marchés, les spéculateurs, et ceux qui créent les « produits dérivés », les « sous-jacents » et autres pépites financières comme les « warrants » ou les « turbos », il y a un gouffre!

    Soyez sûr d’une chose, votre conseiller financier est inoffensif et ne sait quasiment rien de ce qui est réellement fait avec votre argent, son superviseur et son directeur d’agence presque autant, par contre, plus haut dans la hiérarchie, dans le cœur et la tête du système bancaire, il y a des individus très dangereux, qui sont des spéculateurs, et leurs dirigeants.

    Pour la plupart, ils n’ont plus aucune morale ni aucune humanité, aucune conscience profonde des réalités, ni sociales, ni économiques, ne sont ni intéressés par la politique qu’ils regardent de haut, ni par le devenir des peuples globalement, ils manipulent des sommes d’argent absolument énormes, sont eux-mêmes payés des fortunes pour leurs « performances ». Ces gens sont centrés sur eux-mêmes, et ne s’intéressent qu’à leurs avantages. Le tout, à court terme.

    Le principal reproche qu’on peut leur faire est qu’ils jouent avec l’argent des gens et des entreprises, qu’ils jouent à faire descendre et monter les cours des matières premières, qu’ils instaurent un « climat d’instabilité » et de « volatilité » si bien qu’il n’est plus possible d’avoir une vision sereine et de long terme.

    Ces gens là ne sont pas très nombreux, ils ne représentent qu’un petit pourcentage du milieu bancaire, on ne sait pas très bien combien, ni qui ils sont, ni où ils sont, mais ils sont là, et ils tiennent entre les mains un pouvoir absolument considérable, aujourd’hui largement au delà de n’importe quelle puissance politique.

    Le pouvoir de mettre au tapis toute l’organisation de la civilisation humaine moderne, dans un vaste chaos désorganisé, car ils ne maîtrisent absolument rien de ce qu’ils font!

    QUELLE EST LA NATURE VÉRITABLE DE LA CRISE ÉCONOMIQUE GLOBALE?

    C’est assez simple.

    Nous (toutes les « entités » de notre système occidental, depuis l’individu jusqu’à l’État en passant par les milliers de structures intermédiaires) vivons à crédit, au dessus de nos moyens, nous avons emprunté des milliards de milliards depuis des dizaines d’années pour maintenir notre leadership de modèle civilisationnel.

    Le souci est que nous avons emprunté à des organismes financiers privés, surtout depuis 40 ans. Avec intérêts.

    Ces organismes, il faut les rembourser. Avec les intérêts cumulés.

    Et comme nous ne parvenons jamais à rembourser ce que nous devons, puisque nous nous développons constamment et très vite, avons toujours de nouveaux besoins qu’il faut toujours financer à crédit, il faut toujours emprunter davantage chaque année, pour arriver au point de devoir emprunter de l’argent afin de rembourser les intérêts de nos précédents emprunts.

    Et même en pratiquant ainsi, ça n’est jamais suffisant.

    Situation totalement absurde, mais pourtant vérifiée dans tout le système occidental, les USA et l’Europe en première ligne, au grand damne des économistes silencieux (et tellement courageux!) qui crient au feu.

    Hélas, pour d’innombrables raisons qui nous échappent ou pas, notre magnifique modèle sociétal ne produit jamais assez de richesses pour faire face à ses obligations financières et à ses échéances.

    Du coup, les organismes financiers maintiennent une pression forte sur leurs débiteurs, en usant de leurs armes favorites.

    Les débiteurs négocient des prorogations de délai de remboursement, ce qui n’annule pas leur dette, mais au contraire l’augmente dans la durée (effet d’atténuation temporaire par « lissage »).

    L’engorgement, l’étranglement est inévitable à un moment.

    Avant la crise, en cas de défaillance, les créanciers s’attaquaient comme ils pouvaient aux « plus petits » et cela n’était pas très visible, du coup, de manière latente, le système financier dégénérait tranquillement vers « le seuil de non retournement ».

    Au début de la première séquence de la crise entre 2007 et 2009, la dégradation du système financier est soudainement visible du fait d’une défaillance majeure de plusieurs énormes sociétés (Lehman Brothers, AIG, etc.) faisant risquer un premier effondrement systémique, et les États ont été contraints de renflouer les banques par l’abondement massif d’argent public (impensable, pourtant c’est bien ce qui se passe depuis le fameux plan « Paulson »).

    Mais à un moment, c’est l’État lui même qui ne peut plus faire face, ses ressources ne permettant plus de payer ses dettes aux échéances prévues, ni de pouvoir renflouer les malheureux banquiers.

    Du coup, il y a un sérieux problème, puisque les banques ne financeront plus rien, tant qu’elles n’auront pas la garantie d’être protégées à tout prix, et il n’y a aucune solution de remplacement pour les États, sauf à renoncer au capitalisme, au libéralisme, et à la globalisation.

    Nous sommes arrivés à ce moment précis, où les banques ne reculeront pas, et où, tout en haut de l’échelle, les États ne pourront plus payer.

    Ce n’est pas un combat politique. Les politiques sont dépassés et finissent par n’avoir plus aucune influence sur les marchés financiers.

    Ce n’est pas une guerre criminelle et meurtrière. Les banques n’ont pas d’armées, ni de matériel militaire, et il n’y a pas de combats ni victimes directes. Les États ne vont pas se défendre en attaquant militairement les institutions bancaires.

    C’est une « guerre dématérialisée », une véritable guerre économique contre laquelle on n’a pas de moyen de défense évident, sauf à renoncer à tout ce qui a été mis en place.

    Une guerre « qui se fait virtuellement entre protagonistes de nature différente », mais dont les victimes sont pourtant bien dans le monde réel, et qui va produire beaucoup de drames individuels mais aussi collectifs, visibles.

    Une guerre qui se déroule d’abord sur les marchés financiers, dans les bourses du monde entier, où les cours des valeurs et les « notes de solvabilité » des institutions sont « attaqués » à la moindre rumeur, à toute vitesse, de n’importe où et par n’importe qui.

    Cette situation est assez inédite, puisque selon moi, contrairement à ce qui est indiqué par les gouvernements, ce n’est pas la pire crise que nous connaissons depuis 1930, mais plutôt la pire crise depuis le XVème siècle.

    Autrement dit, absolument personne ne peut anticiper ce qui va se produire, on peut juste pressentir que cela sera terrible en terme de chaos socio-économique pendant plusieurs années.

    QUI SONT LES ENNEMIS DES ÉTATS?

    D’abord, je rappelle que les États, c’est nous. Le peuple.

    Oui, c’est bien toujours le peuple qui dirige chez nous, et pour simplifier les processus démocratiques, nous votons pour des hommes et des femmes politiques sensés nous représenter et prendre les décisions que nous voulons, à notre place.

    Si on attaque l’État, on attaque le peuple.

    Je rappelle également que l’argent des États, c’est le nôtre, au travers des taxes et des impôts. Nos politiciens, qui dirigent nos États pour notre compte, gèrent notre argent.

    Et pour finir, bien entendu l’argent qui sert à rembourser les dettes que nous avons contractées auprès des banques internationales, c’est encore notre argent.

    Ces dettes sont donc les nôtres, mais est-ce vraiment ce que nous voulions? Pas sûr.

    Nos créanciers sont des banques, mais pas l’agence bancaire au coin de votre rue. Non, je parle des sièges financiers, des grandes banques internationales, des institutions majeures, des banques tout en haut d’un système pyramidal, situées dans les capitales financières mondiales, notamment à New York, à Londres, au Luxembourg, et ailleurs…

    Dans ces banques, nos ennemis sont les spéculateurs, des individus complètement en dehors des réalités, ils jouent avec l’argent des peuples en misant à la hausse mais aussi à la baisse sur la valeur des entreprises qui font travailler les gens, au risque de fragiliser davantage. Il n’y a aucune humanité ni aucune morale, la seule règle c’est « faire du pognon ». Ces gens sont tellement dans un autre monde, coupés des réalités sociales et économiques, qu’ils ne mesurent plus du tout l’impact de leurs décisions dans le temps.

    Et comme si ça ne suffisait pas, tous ces spéculateurs utilisent trois techniques légales sans aucune gêne : la « vente à découvert », l’effet « levier » et les « ordres robotisés ».

    La « vente à découvert » permet de miser à la baisse sur une valeur, si on considère que telle ou telle valeur d’actif ou telle action « a une chance » de baisser, alors on se renforce dessus à la baisse, on spécule sur le fait qu’elle va baisser, concrètement si une entreprise, une banque ou un État est fragile, même sur la base d’une rumeur, on peut gagner de l’argent, beaucoup d’argent en fragilisant d’avantage, en toute légalité, simplement en vendant d’abord au cours du marché (on vend ce qu’on ne possède pas), puis en rachetant sa position plus tard, quand le cours sera encore plus bas, au passage on prend sa marge car on aura acheté plus tard moins cher ce qu’on aura vendu plus tôt plus cher, invraisemblable dans le monde réel, mais légal et courant sur les marchés financiers.

    Le « levier » permet de miser des centaines de fois plus d’argent qu’on dispose vraiment, en prenant des risques considérables (l’affaire Kerviel est un bon exemple, mais ne croyez pas que cela leur a servi de leçon). Ce phénomène est très parlant avec un exemple concret. Si une valeur est à 10 euros à l’instant T, et que vous disposez d’une liquidité de 10 euros pour investir, vous utilisez un levier 400 (les leviers forts sont réservés aux meilleurs traders), vous achetez donc légalement 400 actions à 10 euros, donc pour 4000 euros (vous dépensez donc 3990 euros que vous ne possédez pas, allez savoir par quel miracle, mais tout est prévu), et si l’action passe à 10,1 euros l’instant T+1, vous revendez vos 400 actions à 10,1 euros, et vous empochez 4040 euros, soit 40 euros de marge, alors que vous n’aviez que 10 euros, vous voilà avec 50 euros de liquidités et vous avez remboursé les 3990 euros « empruntés ». Vous répétez cela autant de fois que vous le pouvez, vous ne gagnez bien sûr pas à tous les coups, mais « en moyennant », parfois on s’en sort bien. Le drame arrive bien sûr lorsque les cours baissent, que vous êtes très exposé par un gros levier, et là vous perdez des sommes que vous ne pouvez pas rembourser (Kerviel, cas d’école).

    Les « ordres robotisés » en rafales automatiques, ce sont des programmes informatiques, des algorithmes, créés par les spéculateurs ingénieux et privilégiés, qui vont envoyer des millions d’ordres d’achats et de vente espacés de quelques millisecondes, pour profiter d’écarts de cours minimes sur les valeurs (parfois avec une différence à 3 ou 4 chiffres après la virgule). Quand vous envoyez des millions d’ordres sur des millions d’euros qui ne génèrent des marges que de quelques centaines d’euros à chaque fois, à la fin de la journée, vous avez généré un bénéfice absolument énorme, et tout ceci est hors de contrôle. On estime que sur le NYSE à New York, des milliards d’opérations robotisées sont réalisées chaque jour, représentant la majorité des opérations en réalité.

    Franchement, à quoi cela rime-t-il de miser en bourse par des allers-retours sur les actions qui se font parfois en « intraday » sur la même journée (activité de trader qui consiste à acheter et vendre une action plusieurs fois dans la même journée pour saisir les opportunités qui se présentent dans la même journée)? C’est bien loin de ce qu’on attendait des bourses, historiquement.

    QUELLES SONT LES MESURES D’URGENCE À ENVISAGER POUR SE DÉFENDRE?

    Puisque nous sommes déjà en guerre, aujourd’hui il n’est plus vraiment question de négocier, et puis d’ailleurs qui devrait négocier avec qui dans ce vaste système complexe désorganisé?

    Les peuples (s’ils étaient forts et courageux), par l’utopique voie républicaine et politique, pourraient donc déclarer officiellement (par la voix de leurs représentants) la guerre à la spéculation financière, et la combattre.

    Pour bien faire les choses, il faudrait pouvoir éliminer purement et simplement toute entité en capacité d’investir sur les marchés pour spéculer. En clair, il faudrait interdire la spéculation (à unique but lucratif), pour n’autoriser que l’investissement (profitant à l’intérêt général).

    Les marchés financiers ne devraient définitivement plus être comparés à des casinos géants totalement légaux. Le mot « miser » (ou l’expression « jouer en bourse ») devrait être banni pour être remplacé par « investir ».

    Dans toutes les banques du monde, il faudrait supprimer les officines plus ou moins discrètes (et secrètes) qui construisent des « produits financiers opaques et complexes » commercialisés à des gens qui n’y comprennent rien, il faut supprimer les « produits dérivés ».

    Bien entendu, il faudrait également interdire la spéculation sur les matières premières, et d’une manière générale interdire toute spéculation sur ce qui va à l’encontre de l’intérêt général (alimentation, produits de nécessité, santé, eau, pétrole, électricité, métaux, etc.).

    Il faudrait par ailleurs interdire la vente à découvert, l’effet de levier et bannir les ordres robotisés automatiques.

    En gros, pour bien faire il faudrait revenir en arrière de plusieurs dizaines d’années, en urgence.

    La sérénité, l’apaisement et la stabilité devrait être l’objectif, plutôt que l’affolement et la fluctuation « en temps réel ». Tout va trop vite, le rythme des choses devrait se « désaccélérer » (décroissance, puis déglobalisation). Le système ne doit pas avoir le dessus sur nous, mais au contraire, nous devrions garder toujours le dessus sur le système, et les technologies devraient être repensées pour nous y aider, plutôt que de nous contraindre.

    Bien entendu, il est impératif que le politique reprenne le contrôle sur le financier, même s’il fallait nationaliser la plupart des institutions financières.

    La solution ultime consistera bien entendu à ne plus autoriser le moindre paradis financier, et donc fiscal, partout sur la planète.

    La sauvegarde de notre monde moderne vaut bien quelques dizaines de milliers d’emplois perdus dans la haute finance?

    Hélas pour eux, je crains que les banquiers aient bientôt à devoir raser les murs, et se faire plus discrets.

  • Quel avenir pour les entrepreneurs?

    Je suis de ceux qui estiment qu’on ne parle pas assez des entrepreneurs, je trouve qu’on n’en dit jamais assez de bien.

    J’en profite pour leur rendre hommage, surtout en ces temps de crise, ils sont en première ligne, en pleine guerre économique mondiale, et doivent jongler quotidiennement avec des nouveaux problèmes qui les dépassent bien souvent.

    Les entrepreneurs, parce qu’on les appelle aussi patrons, ne sont pas considérés à leur juste valeur dans la société.

    Prenons garde de ne jamais confondre les « élites », ces haut dirigeants des grandes entreprises capitalistes qui ont des intérêts discutables, avec les millions de patrons de petites entreprises à taille humaine, qui se battent pour leur liberté d’entreprendre, ou simplement pour préserver ce qu’ils ont su créer.

    Tous ces gens qui ont des idées, qui les mettent en œuvre, qui vivent de leurs initiatives, qui prennent des risques financiers souvent considérables en s’endettant, permettent à beaucoup d’autres, employés et collaborateurs, directs ou indirects, d’en vivre sans en avoir les soucis.

    Je sais que c’est politiquement correct d’affirmer que sans les travailleurs, sans les employés, il n’y a pas d’entreprise, et donc pas de patrons, mais ce n’est pas manquer de respect aux employés que de rappeler que sans les entrepreneurs, sans les patrons, il n’y aurait jamais d’emplois, donc d’employés. Les uns nécessitent les autres. Néanmoins, contrairement à la question de savoir qui de l’œuf ou de la poule vient en premier, pour qu’il y ait des employés, il faut d’abord créer une entreprise à partir d’une idée et du courage d’un entrepreneur, c’est seulement une fois l’activité lancée qu’on peut envisager de créer de nouveaux emplois.

    Toute société moderne nécessite des entrepreneurs qui ont des idées, à l’origine d’entreprises, à l’origine d’activités économiques, à l’origine de nouveaux emplois, à l’origine de la consommation. La boucle est bouclée. Tout ce qui viendrait enrayer cette logique, enraye le système, et compromet la cohésion sociale.

    De mon point de vue, les entrepreneurs, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, représentent la première richesse de la communauté, et c’est à ce titre que je demande qu’ils soient respectés, dignement et simplement pour ce qu’ils sont, et ce qu’ils apportent.

    La crise financière mondiale que nous traversons met en exergue l’un des principaux problèmes : le financement des projets d’entreprises, le financement du développement ou celui des investissements.

    De l’avis de tous, les banques, en plus de faire de l’argent sur le dos de leurs clients, devraient jouer un rôle primordial et stratégique : assurer le financement du développement et de l’investissement, pour perpétuer continuellement et sans faille l’économie réelle des sociétés humaines.

    Depuis de nombreuses années maintenant, les banques ne jouaient plus vraiment ce rôle, et avaient privilégié de « fabriquer » de l’argent « virtuellement » avec toujours plus d’argent « virtuel », notamment au travers des places financières et des mécanismes et produits financiers qu’elles ont inventé, au lieu de financer plus largement l’initiative économique, le développement de l’économie réelle.

    La France regorge de talents, paraît-il, alors il faut sans plus attendre permettre à tous ceux et celles qui ont des prédispositions à s’engager dans de nouvelles activités en assurant le financement de leurs (bonnes) idées, et de leurs projets (réalistes).

    Il faut financer la matérialisation des idées pour les transformer en réalisations concrètes chaque fois que c’est possible, c’est à dire en entreprises viables, en activités économiques réelles.

    Hélas, aujourd’hui, la plupart du temps lorsque quelqu’un a une (bonne) idée, il ne trouve jamais le financement pour son investissement initial, c’est un véritable chemin de croix que de trouver des fonds pour se lancer y compris dans un vrai projet viable.

    Le gouvernement français, sous l’impulsion du Président Sarkozy a bien compris l’enjeu stratégique que représentent les petites entreprises et les entrepreneurs, et a pris des mesures très intéressantes pour les protéger contre le tsunami de la crise mondiale.

    Le déploiement très rapide d’un dispositif de soutient aux P.M.E., au travers des « Parrains P.M.E. » ou des « Médiateurs » est un premier succès, même s’il est encore insuffisant. Au moins il aura permis de résoudre un certain nombre de problèmes immédiats, et de « prendre la température ».

    L’utilisation plus intensive et mieux organisée d’organismes tels qu’Oséo pour financer le développement est une excellente chose aussi, même si encore une fois, les procédures sont trop longues pour aboutir.

    Quels sont les problèmes des entrepreneurs aujourd’hui, en pleine crise ?

    – les banques ne financent pas les projets qui ne présentent pas les garanties nécessaires (pour faire simple, on prête un euro contre un euro en garantie en face),

    – les banques ne financent ni le stock ni le fond de roulement, alors que pour vendre, quand elles ont des marchés, les entreprises nécessitent d’avoir du stock d’avance,

    – les banques limitent ou annulent les découverts « autorisés » ou « tolérés », alors que la trésorerie des entreprises est toujours plus tendue, les délais de paiement des clients s’allongent par ailleurs,

    – les assureurs-crédit limitent ou annulent les garanties auprès des fournisseurs ou des grossistes au moindre incident, contraignant les petites entreprises à devoir payer comptant leurs marchandises, alors qu’elles n’ont souvent pas de trésorerie,

    – les contrôles fiscaux sont toujours plus nombreux, dans un système devenu plus sécuritaire, il faut que l’état puisse contrôler pour avoir confiance, hélas lorsque le monde de l’entreprise à taille humaine rencontre l’univers du contrôle fiscal, souvent ils ne se comprennent pas, et ils ne bataillent pas à armes égales,

    – les services du Trésor Public ne facilitent pas les choses en ne remboursant pas rapidement les crédits d’impôts ou de TVA, parfois le Trésor Public, donc l’État doit des dizaines de milliers d’euros à des petites entreprises, qui doivent attendre des mois pour être remboursées, ou même avoir l’autorisation d’en faire simplement la demande !

    – les charges patronales, sociales et générales augmentent continuellement, compromettant la compétitivité des entreprises et activités locales face aux entreprises et activités mondiales.

    On ne pourra pas résoudre rapidement tous les problèmes des entrepreneurs, mais je souhaite qu’on puisse au moins en résoudre un : le financement des projets de développement et le financement des bonnes idées.

    Il n’est plus acceptable que dans un pays comme la France, ce soient des banquiers qui décident, souvent en petit comité, de l’éligibilité au financement de tel ou tel projet. Chacun son métier. Qui peut prétendre aujourd’hui que les banquiers ont à eux seuls les compétences pour comprendre la vision d’un entrepreneur, saisir toute la pertinence d’une nouvelle idée ?

    Je souhaite que tout dossier de financement de projet d’entreprise refusé par une banque soit systématiquement audité par un comité d’entrepreneurs et de business développeurs dont c’est le métier que de créer de l’activité économique, à qui on demandera un avis qui devra être entendu.

    Avec un avis favorable, l’État apporterait une caution financière suffisante, permettant à la banque de débloquer le financement du projet à un taux préférentiel pour l’entrepreneur, porteur du projet.

    Un organisme tel qu’Oséo pourrait parfaitement mettre en place, dans chaque région, une équipe d’entrepreneurs et d’experts dans différents secteurs d’activité, qui auraient leur mot à dire lorsqu’une banque rejette le financement d’un projet de création d’entreprise ou d’investissement, et qui pourraient faire basculer la balance dans le bon sens.

    Trouvons ces experts, trouvons ces entrepreneurs déjà établis qui pourront comprendre leurs homologues, trouvons ces business développeurs, ces gens qui savent comment, à partir d’une idée, produire de l’activité, de manière sécurisée et viable. Au lieu de les voir partir à l’étranger où ils sont compris et reconnus, gardons-les, et utilisons leurs compétences !

    Je sais que l’avenir est très sombre, mais si toutes les énergies créatives, si toutes les bonnes volontés se réunissent, la crise pourrait se transformer en une nouvelle chance de transformer nos institutions, et d’en réformer leur fonctionnement.

  • Crise économique et sociale : le scénario noir

    Personne ne peut l’affirmer, mais il est désormais plus que probable que le monde entier a entamé la fameuse phase de décroissance annoncée par les spécialistes depuis des années

    Malheureusement, toute l’organisation humaine, à la fois économique et sociale, est aujourd’hui “indexée” sur les produits énergétiques primaires et dérivés, notamment le pétrole. L’augmentation du prix du baril (qui a pratiquement quadruplé en l’espace de quelques années) et la faible valeur du dollar américain face aux autres monnaies conduisent à une situation jamais vue dont les conséquences immédiates, différées et latentes amènent à une criticité extrême.

    Depuis des années, des centaines de scientifiques, économistes, spécialistes et autres chercheurs alarment les gouvernements partout sur la planète en expliquant qu’il est urgent d’agir, que le pétrole n’est pas éternel et que les menaces qui pèsent sur l’humanité sont immenses à partir du “peak oil” (que certains analystes considèrent comme étant déjà atteint).

    Hélas, aucun pouvoir politique, nulle part sur la planète, n’a jamais cru bon devoir prendre suffisamment au sérieux les études alarmistes, pire : les déclinologues sont même décriés et critiqués. C’est ainsi que nous nous retrouvons, en 2008, au début de la plus sérieuse “crise systémique globale” de l’histoire humaine récente, qui selon moi, conduira à un changement de civilisation dramatique et brutal dans les 5 à 20 ans à venir.

    Au risque de paraître “catastrophiste”, et je le dis froidement en mesurant tout ce que ça implique : il n’existe aucun “plan B”, aucune énergie alternative, et aucun moyen de maintenir l’humanité et son système économique dans un état stationnaire viable à moyen terme. Par conséquent, puisque c’est déjà trop tard, quoi qu’on fasse aujourd’hui, d’immenses drames vont se produire inévitablement, les contrées les plus pauvres seront bien entendu les premières à en subir les conséquences, mais nul ne sait à partir de quel seuil les contrées les plus riches seront préservées, notamment dans le monde occidental, ou dans les pays dits “émergents” ou “riches”.

    Je suis objectif et pragmatique. Nous connaîtrons, y compris en Europe, une période sombre et très difficile à négocier où se dérouleront des drames qui vont plonger des millions de nos concitoyens les plus fragiles dans un état de grande pauvreté matérielle, physique et psychologique, entraînant avec eux toute la société moderne et développée dans une sorte de lente décroissance chaotique.

    Depuis des années j’évalue et j’analyse des risques et leurs conséquences et je modélise et vulgarise des scénarios pour les expliquer, je concentre l’expérience et l’information tirés d’études diverses faites par tant d’autres spécialistes. La synthèse de cet ensemble permet de produire un scénario noir qui me semble le plus réaliste, et qui aujourd’hui est connu de tous les chefs de gouvernements occidentaux.

    J’évoque ci-dessous, de manière succincte et non exhaustive ce qui pourrait se produire dans les mois et années à venir.

    – Recrudescence de troubles sociaux violents, qui par ailleurs s’installeront dans la durée (manifestations violentes prolongées, grèves récurrentes, mouvements sociaux inattendus pouvant éclater à tout moment n’importe où pour des motifs plus ou moins sérieux nécessitant toujours plus de moyens humains et matériels coûteux pour assurer la sécurité publique).

    – Populations de moins en moins hostiles aux actions de protestation et de blocage économique et politique au niveau du pays.

    – Criminalité en hausse globalement, confrontations intercommunautaires et intra-communautaires, irritations et jalousies exacerbées entre les individus conduisant à une multiplication de situations conflictuelles, de plus en plus violentes.

    – Augmentation du nombre d’initiatives criminelles personnelles et isolées (ou menées par des petits groupes) de type “actions terroristes” (non religieuses et indépendantes) ou de “sabotages” d’infrastructures, revendiqués ou non, visant à déstabiliser ou à critiquer les actions politiques sociales ou économiques qui nuisent aux intérêts des individus.

    – Défaillance des gouvernements et débâcle politique (impossibilité de faire face aux problèmes par des mesures politiques), accentuation de la perte de confiance dans le pouvoir politique, décrédibilisation des gouvernements qui perdent en représentativité.

    – Apparition du pouvoir centralisé et concentré, conduisant “mécaniquement” à des dérives vers la “dictature démocratique” puis vers le “totalitarisme démocratique” portant l’habit d’un gouvernement républicain.

    – Contrôle accru des médias (l’internet en particulier), avec le risque qu’un fossé se creuse entre le pouvoir politique et le “cinquième pouvoir”. Apparition de la “censure informelle”, dite de “convenance politique”, défavorable aux journalistes indépendants et libres, qui créeront leurs propres canaux d’informations parallèles et indépendants.

    – Accentuation du risque d’atteinte à l’intégrité physique des personnalités politiques ou publiques exposées, de quelque tendance que ce soit.

    – Fragilisation du système bancaire par la recrudescence des faillites et des créances irrécouvrables, défaillances des remboursements des crédits à la consommation et défaillances des remboursements des crédits immobiliers.

    -Amplification de la crise financière internationale, perte de lisibilité sur les principales places de marché, mouvements spéculatifs incontrôlés et trop dynamiques pour être maîtrisés, installation dans une tendance baissière lourde.

    – Émergence du phénomène de “stagflation” mélange de stagnation (économie molle, faible croissance, ou croissance nulle) et d’inflation, conduisant au pire scénario économique limitant toutes les marges de manœuvres, aux conséquences incalculables.

    – Création de “bulles urbaines sécurisées” (zones commerciales, autour de grandes entreprises et d’institutions, infrastructures stratégiques, agglomérations privilégiées, quartiers résidentiels protégés, villes sous contrôles d’accès) et émergence de “zones de non droit” délaissées et hors de contrôle, ruinées, notamment les petites zones urbaines ou rurales, faute de moyens financiers et humain pour en assurer la sécurité et le développement.

    – Impossibilité d’assurer la sécurité de manifestations publiques massives (événements sportifs, culturels, etc.), qui deviennent progressivement proscrites.

    – Risque important de vandalisme dans les grandes surfaces et les grands commerces mal sécurisés et fortement fréquentés, où les gens excédés viendront se servir sans payer, lors de mouvements sociaux hostiles et localisés, qu’il sera par ailleurs très difficile de combattre ou d’empêcher.

    – Stations services et dépôts de carburants dévalisés, puis vandalisés et saccagés, vols de matériaux énergétiques (recrudescence des vols de carburants depuis les réservoirs des véhicules privés et professionnels).

    – Transports routiers et même trains complets de marchandises ciblés, piratés et vandalisés (vols en bandes organisées par des actions violentes de type paramilitaires).

    – Apparition du marché noir et du troc, puis rapidement de la désobéissance civile, conduisant à l’impossibilité d’encaisser les taxes gouvernementales et d’assumer les budgets des États, et pour ceux qui le peuvent, fuite des capitaux vers les zones sécurisées (pays défiscalisés ou à fiscalité avantageuse).

    – Difficultés pour les pays et les institutions publiques à payer les salaires des fonctionnaires, les indemnités de chômage ainsi que les retraites.

    – Montée progressive du contrôle militaire dans la gestion quotidienne des crises, d’abord par l’utilisation de la gendarmerie, puis par les forces militaires conventionnelles, qui seront de plus en plus présentes et sollicitées.

    – Émergence de nouveaux leaders et groupuscules “autonomes” difficiles à contrôler.

    Le tableau est noir. J’en suis conscient. La liste des conséquences dans nos vies de tous les jours est encore longue. Quoi qu’il en soit, il vaut mieux être préparé au pire, en espérant que le pire n’arrive jamais.

    Apprêtons-nous donc à traverser une période douloureuse en se disant qu’il y a toujours pire ailleurs, et profitons de chaque jour qui passe. Pensons également à prendre les bonnes décisions et à faire les bons choix. Voyons loin.

    Après tout, le catastrophisme, c’est aussi un principe de précaution.

  • Sommes-nous à la veille d’un trouble majeur?

    Le gouvernement français vient d’annoncer un taux de chômage historiquement bas puisqu’il revient à son niveau de 1983 (25 ans plus tôt, à 7,5% de la population active).

    C’est formidable, n’est-ce pas? La tendance baissière est si forte que nous sommes à un cheveu du plein emploi (le Président Sarkozy s’y était engagé il n’y a pas si longtemps, il pourrait bien y parvenir visiblement).

    Nul doute que selon la nouvelle formule de calcul de l’INSEE, ce taux est correct.

    Dans le même temps, on ne peut pas critiquer l’acharnement visible et audible des ministres à vouloir réformer et changer le pays, sous l’impulsion d’un Président énergique, présent et actif.

    Mais ce taux de 7,5% est-il celui qui donne la réelle image du chômage dans notre pays?

    Il paraît évident que non. Pour le gouvernement, seuls un peu plus de 7 français sur 100 en capacité de fournir un travail nécessaire seraient des chômeurs. Qui peut croire cela?

    Je suis un observateur avisé de la société, mais je suis surtout un entrepreneur exigeant, et dans mon métier, la prise en compte des paramètres est cruciale, autant que leur interprétation. J’ai donc besoin, comme tout décideur, des bons paramètres, des bonnes variables, au bon moment.

    On n’imagine pas le nombre de décisions stratégiques, toutes placées dans leur contexte et à leur niveau, qui sont prises et les actions qui découlent d’une statistique donnée. Si la statistique est faussée, les décisions engagées ont bien souvent des répercussions catastrophiques.

    Pour moi, le chômage doit être défini comme l’inactivité même partielle d’une personne en capacité de travailler et qui le nécessite, à plus forte raison lorsque le revenu de son travail ne lui permet pas de vivre régulièrement et sereinement, “selon les standards occidentaux”. Ces standards évoluant sans cesse.

    Une personne “en capacité de travailler et qui le nécessite” dans la société occidentale, c’est quelqu’un, un homme ou une femme, qui a entre 18 et 65 ans, qui peut fournir un travail afin d’en générer un revenu, qui est dépendante du “système économique tel qu’il est conçu” pour subvenir à ses besoins les plus variés, qui ne soit pas ni scolarisé, ni malade au point de devoir être assisté par la société.

    Les hommes et les femmes qui ont décidé de ne pas travailler en ayant la possibilité de vivre de leurs propres ressources, ou de celles de leurs proches ne sont pas concernées (femmes au foyer par exemple).

    Depuis bien longtemps je ne me fis plus aveuglément aux données officielles. Je préfère bâtir mes projets, avoir ma propre idée et ma vision de long terme en tenant compte également des informations “grises” (peu vérifiables car peu documentées et officieuses), perçues plus réalistes, et qui circulent ou qui sont glanées dans “les milieux bien informés”.

    Quel est donc le véritable taux de “chômage” en France? Probablement plus proche de 19% que de 7,5%. Ce qui change absolument tout. Certains estiment même qu’il dépasse nettement les 20% pour atteindre le quart de la population active, vous imaginez?

    On peut s’amuser ainsi à évoquer d’autres données. Par exemple, la hausse des prix des produits de consommation courante depuis 10 ans, a-t-elle été de 15 à 17% si l’on s’en tient aux statistiques INSEE (+1,5% par an en moyenne basse), ou plutôt de 62 à 65% (voir plus sur certaines catégories de produits) si l’on considère que les prix ont augmenté réellement de 4,5% par an en moyenne basse ces dix dernières années?

    Rappelez-vous il y a 15 ans, comme il était “prestigieux” de toucher un salaire de 10000 francs par mois, ce palier psychologique était important. Aujourd’hui, est-ce que vous avez l’impression que 1500 euros (l’équivalent de 10000 de nos anciens francs) suffisent à atteindre la moitié ou les deux tiers d’un mois pour vivre sereinement? Et combien gagnent plus que 1500 euros par mois, 15 ans après?…

    De toute évidence, le nombre de pauvres augmente à grande vitesse, et dans le même moment, les pauvres s’enrichissent beaucoup plus lentement que les riches.

    Le plus inquiétant, c’est que la tendance est loin de pouvoir s’inverser, au contraire, elle va nettement se consolider sur sa lancée avec les difficultés qui arrivent à nous, ou nous à elles.

    Pour moi, la hausse du prix du pétrole va jouer un rôle déterminant dans le processus de “renversement” du système occidental, et pire, il n’est pas réellement intégré dans les stratégiques politiques de court et moyen terme.

    Nous paierons bientôt le baril à 120$, puis des seuils comme 140$ à 180$ seront à portée des marchés dans les années qui suivront.

    On ne réalise pas à quel point du prix du pétrole dépend intimement et absolument tout notre mécano économique et social.

    Que dire encore de l’euro face au dollar, on nous assure qu’il nous protège, peut-être, c’est un point de vue, celui de Trichet notamment, il doit avoir ses raisons. L’écart économique entre la zone USD et la zone EUR se creuse à une vitesse folle. Certains évoquent un euro contre deux dollars prochainement. On y est presque, effectivement.

    N’oublions pas que depuis de nombreuses années déjà, c’est hors de la zone EUR que la croissance est la plus forte et la plus dynamique, et que sur ces marchés, tout se négociera encore pendant longtemps en USD. L’Europe n’a donc aucune chance de pouvoir en profiter.

    Qui peut en prédire les effets? Personne précisément, on sait juste qu’ils seront… dramatiques pour les peuples.

    D’ailleurs, parlons croissance. En France, elle est annoncée et maintenue autour de 2 à 2,5% en 2008, que ce soit le Premier Ministre ou la Ministre de l’Économie, ils en sont convaincus, sur quelle base et sur quelles études, on ne sait pas. En réalité, il se dit que depuis quelques années, peut-être 2 ou 3 ans, la France n’est ni en croissance, ni même en stagnation, mais en “croissance déficitaire”. C’est très différent. C’est la décroissance.

    Notre monde moderne est suspendu à certaines données économiques fondamentales (comme le prix du pétrole). Des populations civilisées, à priori structurées, vivant selon des “hauts standards humains” et qui semblent protégées par leurs institutions, telles que les nôtres, pourraient bien être retournées comme des crêpes, en l’espace de quelques années, à partir d’un certain seuil, mais on ne pourra pas le démontrer avant qu’il ne soit trop tard. Ni dire exactement comment cela va se produire, et avec quels effets.

    C’est le principe de l’élastique qui va rompre lorsqu’il est trop étiré, on sait qu’il va rompre, mais on ne sait pas vraiment à quel moment.

    Nous sommes à la veille d’un trouble majeur. Certains, personnes morales ou physiques, s’en sortiront néanmoins, mieux que la plupart, à condition d’y être bien préparé.

  • Bientôt des lendemains qui déchantent…

    On a le sentiment que dimanche 22 avril 2007, la France avait rendez-vous avec son histoire.

    Les analystes sont unanimes pour rappeler que les enjeux des Élections Présidentielles de 2007 étaient cruciaux, capitaux, déterminants, et dans tous les cas, lourds de conséquences pour l’avenir d’un pays qui sombre avec son peuple, tout du moins il en donne des signes indiscutables.

    Dans toutes les couches de la population, la demande de rupture avec les politiques traditionnelles, le besoin d’un véritable changement profond semblait prédominer.

    Un autre sentiment aussi qui ne nous aura pas échappé, celui d’un étouffement sous le poids de plus de trente années de politiques alternatives de gauche et de droite traditionnelle qui n’ont jamais amélioré le sort de l’individu, personne physique, ou de l’entreprise, personne morale, au contraire.

    Pour tout observateur un peu honnête, il est flagrant de constater que les élections au premier tour permettent une fois de plus à deux candidats du système politique traditionnel de pouvoir briguer un mandat présidentiel, le pari du changement est loin d’être gagné. Derrière chacun des deux candidats, il y a un système, complexe, huilé, des appareils politiques indémontables, des inerties, un jeu de marionnettes tirées par des ficelles.

    Un système politique bipolaire dont l’idéologie, les décisions stratégiques au travers des politiques successives sont indiscutablement à l’origine de la situation d’un pays comme la France, dépouillé de ses forces vives, de ses savoirs-faire, de son industrie, de sa recherche, de ses élans et de ses dynamiques, de ses qualités, de ce qui faisait de lui l’un des leaders mondiaux dans d’innombrables domaines, avec notamment la mise en valeur de “la qualité à la française”, la marque de fabrique du pays France.

    Nicolas Sarkozy, non la France n’est plus la cinquième puissance mondiale mais plutôt la sixième depuis 2006 et bientôt la septième voire au delà si l’on en croit la tendance de fond, et il n’y a pas 2 millions de chômeurs en France (nombre d’actifs sans travail), mais probablement près du triple. Ségolène Royal, je ne vous ai pas entendu nous donner les véritables chiffres… ni même au moins votre sentiment.

    Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont probablement plein de bonnes volontés, sûrs de leur engagement respectif, motivés à atteindre les plus hautes responsabilités, résolus à présider un pays qui nécessite plus que jamais d’être redressé.

    Objectivement, et il faut prendre beaucoup de hauteur pour le réaliser en tenant compte d’une multitude de paramètres ayant tous des conséquences les uns avec les autres, les programmes politiques de Royal ou Sarkozy ne permettront pas de sauver le pays, je le dis avec la plus grande gravité.

    On pourrait citer d’innombrables raisons pour illustrer mes propos, mais globalement les freins viendront du poids des boulets à traîner, des influences des lobbies, de la puissance des groupes de pression qui gonflent, qui gonflent…

    Les principales raisons sont néanmoins connues : les programmes politiques qu’ils représentent ne s’attaquent pas aux causes des problèmes, mais tentent de proposer des rustines qui auront toutes une telle inertie dans leur mise en œuvre que leur productivité sera imperceptible en définitive.

    Par ailleurs, aucun des deux programmes ne permet de stabiliser, ou mieux de réduire la dette du pays évaluée à 2500 milliards d’euros (ce qui, je le rappelle, fait 15000 milliards de francs), au contraire ils alourdissent la colossale ardoise française.

    D’ailleurs ayons le courage d’affirmer une fois pour toute que cette dette est purement et simplement irremboursable (ne serait-ce que techniquement), ce qui reviendrait à dire que le pays est ruiné, en situation avérée de faillite, auprès de l’ensemble de ses créanciers.

    Pour être très concret, ce que les français n’ont probablement pas bien compris (parce qu’on se garde bien de le leur expliquer), mais aussi ce que la quasi majorité des candidats à la présidentielle, et non des moindres puisque les trois principaux ne le soulignent jamais, c’est que sans des mesures immédiates (par immédiates j’entends “à très court terme”, c’est à dire à une échelle de temps qui se mesure en mois et non en années), draconiennes, socialement et économiquement contraignantes, il est vain de croire que non seulement la France pourra investir pour son avenir, et donc se réformer, ni ne pourra être sauvée.

    Sauvée de quoi me dira-t-on? Sauvée d’un pourrissement certain, qui la conduira de toute évidence à la formation d’un immense fossé entre quelques très riches, de pouvoir ou d’argent, et une masse incalculable de gens pauvres, et d’entreprises fragilisées. Un amalgame auquel il deviendra toujours plus difficile de se sortir sans drames inévitables.

    On peut prendre le risque de tenter une analyse rarement produite ailleurs.

    Si l’on considère, à raison, que les thèmes (mais pas forcément les idées) de l’immigration, de la nation, du protectionnisme social ou économique, de la fiscalité optimisée, de la sécurité qui sont généralement associés à ce qu’on appelle “l’extrême-droite nationaliste” (pourtant décriés et inabordables auparavant) ont été purement et simplement extorqués et utilisés au profit du racolage organisé par le PS et l’UMP dans le but de dépouiller son principal promoteur, l’original Jean-Marie Le Pen.

    Nous avons tous assisté à ces surprenants pillages, lorsque Ségolène Royal promettait d’offrir des drapeaux français à tous les citoyens, quand elle chantait soudainement la Marseillaise à la fin de ses meetings, quand elle évoque l’encadrement militaire des jeunes délinquants ou encore quand Nicolas Sarkozy déclarait qu’il allait créer un Ministère de l’Immigration, ou quand il affirme que parler de Nation ne doit pas le taxer de nationalisme, n’est-il pas largement inspiré?

    On doit donc légitimement penser qu’une partie des voies captées par Royal ou Bayrou sont acquises sur ces idées, et qu’il en est de même à plus forte raison pour Sarkozy également.

    Si l’on considère, hypothèse basse mais tellement probable, que sur la base des idées “de leur ligne dure” respective, 10% des gens ont voté pour Royal (soit 2,6% des suffrages nationaux sur les 25,9% réalisés au premier tour), 5% pour Bayrou (soit 0,9% des suffrages nationaux sur les 18,5% réalisés au premier tour) et 15% pour Sarkozy (soit 4,7% des suffrages nationaux sur les 31,2% réalisés au premier tour), et que nous cumulons les scores de Le Pen (10,5%), De Villiers (2,2%), et Schivardi (0,5%) nous avons une idéologie de type “nationaliste” qui avoisine les 21,4 % dans la population.

    Il y a donc bien en France, une poussée significative et continue d’une certaine idéologie que j’appelle “nationaliste moderne et progressiste” qui prône un peu plus de fermeté, et la construction d’un nouveau modèle sociétal, à la fois pour la France, mais aussi pour l’Europe, en rupture avec le “système” UMP-PS-UDF.

    La nouvelle ligne politique de Jean-Marie Le Pen est donc logiquement la bonne, si l’on considère les thèmes évoqués précédemment, surtout dans ses nouvelles approches sociales et humanistes.

    Il est bientôt venu le temps, où les pays du monde réaliseront à quel niveau la France a chuté, et pour le peuple de France je pressens des lendemains qui déchantent.

  • Qui pouvait prédire que des français issus de l’immigration allaient voter Front National?

    La deuxième génération de français issus de l’immigration trouble et perturbe le jeu politique à la veille des Présidentielles. Voilà des individus citoyens légalement français, dont les parents sont originellement maghrébins ou africains et qui vont voter massivement Jean-Marie Le Pen, candidat du Front National.

    Un Front National qui semble d’ailleurs épuré, rénové, objectif, autour d’une ligne politique beaucoup plus respectueuse des uns et des autres et où évoluent des idées sociales et économiques innovantes et à priori réalistes, un mouvement politique qui incarne désormais ce que j’appelle le nationalisme moderne, fédérateur.

    Un Front National qui se déclare ni de droite ni de gauche, et encore moins d’extrême droite, et qui se positionne “hors système”.

    Écoutez les messages et les arguments crédibles d’Ahmed (“La banlieue s’exprime”, labanlieuesexprime.org) ou encore de Farid Smahi (cadre Front National), ils revendiquent clairement leur identité française, leur appartenance à la France, leur Nationalité Française et l’idée qu’ils se font de la France, au point qu’un Gaulois pourrait parler comme eux, eux-mêmes parlent comme des Gaulois. N’est-ce pas suffisamment perturbant pour ne pas qu’on y attache un certain regard ? N’est-ce pas l’idéal absolu en matière d’intégration ?

    Ahmed ou Farid représentent des dizaines de milliers de français issus de l’immigration, qui sont plein de bonne volonté, mais écrasés, désabusés et engloutis par un système mal pensé et mal conçu qui laisse définitivement certaines catégories de personnes à l’écart.

    Ce sont des français issus de l’immigration qui comprennent que la préférence nationale du programme de Jean-Marie Le Pen les protège vraiment plus qu’il ne les fragilise.

    Rappelez-vous qu’il n’y a pas si longtemps, dans les médias les Nationalistes étaient fondamentalement des racistes, alors qu’ils s’épuisaient à nous répéter que non. On nous aurait manipulé et menti à ce sujet ?

    Dans les banlieues, on sait comme partout ailleurs que seuls quatre candidats ont une réelle chance de gouverner un pays malade, au bord d’un de ses plus grands drames.

    Objectivement, le raisonnement des laissés pour compte est cohérent voire indiscutable, il rejoint celui de nombre d’analystes sérieux et anonymes. Depuis des dizaines d’années, les gouvernements ont accumulé dans des ghettos autour des grandes villes des millions de gens leurrés par des espoirs et des promesses jamais tenues, qui sont globalement exploités et à qui on n’offre rien d’autre qu’une misérable vie d’individus devenus infréquentables.

    Le résultat, c’est qu’aujourd’hui, ces millions de gens se voient en plus enfermés dans une sorte de ghetto mental qui se referme sur eux. Aucun de ceux-là ne pourrait renouveler sa confiance ni au PS, ni à l’UMP, ni à l’UDF, pour l’évidente raison que ce sont ces mouvements politiques qui sont à l’origine de leur misérable existence, ce qui curieusement n’empêche pas leurs dirigeants respectifs d’assurer que le mal est du côté du Front National et de son mentor Jean-Marie Le Pen.

    Une seule chose est certaine, l’orientation politique des banlieues est stratégique, compte tenu du poids qu’elles représentent.

    L’idéologie a évolué, et désormais il va falloir compter sur l’engagement républicain de millions de gens qu’on n’attendait pas là, dans toutes les banlieues de France.

    Les gens sentent ou savent qu’on leur ment, que les promesses servent à les endormir.

    Dans les banlieues, les gens ont peut-être cette qualité instinctive qui les démarquent des autres français, ils seront les premiers à avoir le courage d’aller au bout de la démarche, une démarche qui consiste à donner sa chance à un homme de valeurs et de convictions, qui aura donné sa vie au combat politique malgré les innombrables difficultés pour la sauvegarde d’une certaine France, qualitative, libre, juste, respectueuse, humaine et humaniste, centrale dans le monde, à l’intérieur d’une autre Europe qui s’alignerait sur les mêmes valeurs.

    D’une certaine manière, le combat de Jean-Marie Le Pen a fini par croiser celui des populations des banlieues. Leur rencontre même si elle apparaissait comme improbable, devient légitime et se renforce.

    La nouveauté c’est qu’ils dialoguent, ils se surprennent à se comprendre et découvrent qu’ils ne sont pas ni opposés, ni ennemis … au contraire.