Catégorie : POLITIQUE

  • Stigmatiser les entrepreneurs est une erreur capitale, renoncer au CPE en serait une autre

    Je souhaite exprimer une idée très simple, le plus clairement possible et sans ambiguïté.

    Personne ne peut assurer à quiconque un travail illimité. La sécurité absolue d’avoir un emploi demain est une utopie. Demander à des patrons, donc des employeurs de garantir un travail perpétuel à leurs employés, sous une forme ou une autre, sans tenir compte de paramètres qualitatifs économiques et humains fluctuant dans le temps est la pire chose qu’on pourrait imaginer. Ce n’est tout simplement pas possible dans notre système économique global.

    Par contre, on peut parfaitement affirmer sans se tromper que l’objectif évident des patrons, à qui je préfère le terme plus moderne d’entrepreneurs, est de maintenir et de développer leurs activités. Pour y parvenir, ils doivent nécessairement embaucher des collaborateurs, et donc créer des emplois. Si les collaborateurs qu’ils embauchent sont des éléments qualitatifs, l’activité est d’autant plus stimulée, tout le monde y gagne par principe.

    Nous parlons là des entreprises très petites, moyennes, petites industries, des artisans et des travailleurs indépendants, qui composent l’écrasante majorité des entrepreneurs. J’écarte bien sûr de mon raisonnement les quelques acteurs majeurs internationaux, généralement côtés en bourse, qui ont un mode de gestion des personnels humains déplorable, bien entendu. Parlons donc de choses à échelle humaine. Parlons de la réalité de ce que vivent la quasi-totalité des patrons, qui n’est pas du tout la même réalité que dans les très grosses entreprises.

    Les hommes et les femmes qui entreprennent sont des individus qui aspirent sans doute plus que d’autres à la liberté dans toutes ses formes et qu’il faut maintenir libres. En contrepartie de quoi ils stimulent l’économie du pays et peuvent même transmettre leur passion d’entreprendre, pouvant ainsi créer une émulation au sein de la population, visant à toujours plus d’activité, et donc d’emplois. Plus vous les enfermez et vous leur ferez subir des contraintes, moins ils seront combatifs, moins ils seront motivés, moins ils investiront leur énergie et moins ils agiront pour la cause commune, ou en intégrant d’autres individus à leur dynamique. Comme ils forment la seule et l’unique puissance créatrice d’emplois, en les bridant, on doit dès lors s’attendre à faire face à de sérieuses difficultés, les mots sont probablement trop faibles.

    Les entrepreneurs ont toujours besoin de respirer et d’avancer. Tant qu’on ne les étouffe pas, ils resteront productifs en terme de projets nouveaux, et donc d’emplois nouveaux. Malheureusement, désormais ils sont déjà en passe d’être asphyxiés.

    Aujourd’hui, les entrepreneurs subissent plus que jamais les pires pressions individuelles, et on se demande bien comment il est encore possible pour eux de les surmonter. Pression économique d’abord, ils voient leurs activités diminuer et ne parviennent pas à faire face à la concurrence internationale, européenne ou locale, souvent scandaleuse, déloyale, inéquitable et injuste. Pression sociale ensuite, ils sont critiqués et montrés du doigts par 70% de la population qui estime qu’ils ne pensent qu’à eux, et qu’ils se moquent bien de l’avenir de leurs employés, on dit d’eux qu’ils s’enrichissent sur le dos de leurs salariés, qu’eux sont les riches, et les autres les pauvres. Pression Fiscale également, leurs entreprises et eux-mêmes sont soumis à des taxes directes et indirectes qui dépassent le seuil de l’indécence. Pression financière, avec des charges fonctionnelles, structurelles, salariales, et patronales toujours plus importantes, ne cessant jamais de grimper, les coûts augmentent systématiquement et perpétuellement, les banquiers serrent les vis, et chaque jour il faut faire face à de nouvelles difficultés (pour 1000 euros payés net à un employé, il en coûtera plus de 2500 euros au patron, charges salariales, patronales, mais aussi fonctionnelles, opérationnelles et de formation incluses, donc bien plus du double). Pression psychologique finalement, avec des troubles comportementaux légitimes dans de telles conditions, qui peuvent avoir des conséquences multiples sur le plan relationnel vis à vis de leur entourage, de leurs salariés, de la population, de la justice, de la politique, du gouvernement, du système tout entier (des sentiments divers comme le doute, la suspicion, la méfiance, l’inquiétude, la paranoïa, la désolation, la déprime, l’incompréhension, la rupture peuvent légitimement prendre naissance lorsque des situations complexes s’installent dans la durée, bloquant ainsi l’individu dans une sorte d’impasse où il ne peut pas ni avancer ni reculer avec tout le poids de sa structure qui lui pèse, pouvant conduire à la liquidation de sa société et à sa faillite personnelle). Tout ceci serait insupportable à vivre pour la grande majorité des personnes. Pourtant, il y a une catégorie de gens, les entrepreneurs, pour qui c’est désormais le lot quotidien.

    Gardons toujours à l’esprit qu’un employeur est un individu qui va prendre des risques majeurs pour lui, pour sa famille, et pour les gens dont il a la charge et la responsabilité.

    Aujourd’hui par le fait d’innombrables causes et conséquences que je ne vais pas lister car on en connaît tous au moins deux ou trois qui nous sembleront évidentes en fonction de nos propres expériences, il y a une « crise de confiance profonde » entre les employeurs, la population et le pouvoir politique.

    En réalité, ce qui se passe est simple. Les gens cherchent des responsables au fait qu’il n’y a pas suffisamment de travail, et que le peu de travail qu’on peut trouver est sous-payé, et souvent précaire. Les entrepreneurs sont stigmatisés, on considère qu’ils portent une responsabilité importante dans le marasme social. Pourtant ils sont également des victimes, à leur niveau. Je sais que c’est difficile à admettre, mais on ne peut pas reprocher à un entrepreneur de vouloir protéger ses investissements, sa création, ce qu’il considère comme ses projets, ses idées, et le temps et l’énergie qu’il aura dû consacrer à la réalisation de ses rêves ou de ses passions. Les plus grandes difficultés pour les décideurs c’est d’avoir des perspectives claires et sécurisantes, de la visibilité devant soit, et de pouvoir faire marche arrière quand cela devient nécessaire pour la survie de l’outil de travail. On ne peut pas demander aux entrepreneurs de voir dans un brouillard épais, tout en se déplaçant avec des boulets solidement fixés à leurs deux jambes.

    Dans le système économique tel qu’il existe aujourd’hui, quand l’activité augmente, il me paraît évident qu’on doit pouvoir embaucher, et créer des emplois libérés de toutes contraintes irréalistes, illogiques ou farfelues, et quand l’activité économique baisse, on doit pouvoir alléger les structures, ce qui leur permettra par ailleurs de rebondir ultérieurement au moment propice, regénérant de l’emploi. Dans un système fermé, pour une structure donnée, on ne peut pas garantir un accroissement constant, régulier et un cadre sécurisé qui pourrait garantir l’emploi et augmenter de manière permanente l’embauche.

    En expliquant cela, je fais simplement preuve de bon sens. Penchez-vous une seconde sur la question en toute objectivité et regardez les choses en face pour le comprendre.

    Par ailleurs, j’ajoute qu’on ne doit pas considérer que l’emploi est un dû, mais il doit se mériter. En contrepartie il doit bien entendu être rétribué loyalement, honnêtement, équitablement et de manière juste, dans le respect de toutes les parties.

    Je sais que les syndicats vont avoir un peu de mal avec moi sur ce sujet sensible, mais il ne m’a pas semblé qu’un seul syndicat ait pu créer un jour un seul emploi dans le cadre d’un projet d’entreprise qu’il aurait mené, depuis l’idée originale jusqu’à la création de la structure, en n’ayant jamais à critiquer les contraintes qu’il aura à subir.

    Mon sentiment profond est que les syndicats sont en dehors des réalités, et ils n’ont plus aucune légitimité à mes yeux, ils polluent et parasitent le système, corrompent les idées des salariés, et finissent par les tromper. Les syndicats sont à repenser totalement. Mais c’est un autre débat.

    Pour en revenir à l’initiative, le mécanisme est toujours le même. Des entrepreneurs ont des idées pour développer l’activité. Ils mettent sur pieds leurs projets avec leur énergie et leurs ressources financières. Ils chercheront à recruter des collaborateurs qui devront nécessairement être des gens formés et adaptables, fiables, loyaux, honnêtes, intègres, et bien sûr travailleurs, avec une conscience professionnelle et du respect partagé. Ensuite, comme dans toute entreprise humaine, des difficultés peuvent survenir, et il faut pouvoir revenir en arrière de façon intelligente et responsable.

    Depuis un certain temps déjà, force est de constater qu’il devient de plus en plus difficile de trouver sur le marché des demandeurs d’emploi motivés par le travail, formés à la réalité de l’entreprise, loyaux, honnêtes, intègres et respectueux, notamment dans les catégories des nouveaux entrants.

    Une majorité de jeunes qui cherchent du travail n’a aucune idée de comment travailler, comment être productif, quelles sont les attentes des employeurs, que signifie la conscience professionnelle, que signifie l’implication en entreprise, le travail collaboratif, le respect de la hiérarchie, l’investissement fait par les autres pour soi, la rentabilité. La plupart ne savent pas correctement ni lire ni écrire, et ne disposent pas des ressources élémentaires pour s’intégrer dans un cadre professionnel « en production », dans la réalité de terrain. Les entreprises ont besoin d’éléments opérationnels. Le système leur propose des jeunes « qualifiés » à tout, sauf bien sûr à être prêts à travailler.

    D’un côté vous avez des employeurs qui ne parviennent pas à impliquer les jeunes dans leur démarche d’entreprise, et de l’autre côté vous avez des jeunes qui veulent travailler le moins possible, pour gagner le plus possible, et immédiatement. C’est encore faire preuve de bon sens que de faire cette constatation, qui débouche sur une impasse absolue.

    Au milieu vous avez la machine à produire des travailleurs, le système éducatif.

    Pour bien comprendre le fond du problème, il faut déjà admettre que le système éducatif français est calamiteux. Les enseignants et professeurs sont déprimés par l’incapacité qu’ils ont à faire leur travail de transmission des connaissances, sans parler de l’amélioration des connaissances déjà acquises. Dans bien des cas, les élèves sont désintéressés, insolents et irrespectueux, condamnant ainsi toutes les démarches éducatives, ils n’ont pas conscience de ce qu’est le travail, de ce qu’il implique comme démarche personnelle. La productivité du système éducatif français (sous-entendu à générer des individus responsables et consciencieux) est anéantie.

    Aujourd’hui, les écoles, les lycées et les universités sont des garderies. Les professeurs sont de simples animateurs, presque des surveillants dans un environnement turbulent et improductif. Un système qui coûte une fortune aux actifs, pour un résultat déplorable, miséreux je dirais.

    Par ailleurs, les élèves pourraient en apprendre plus sur l’internet, et plus vite, que pendant une session de cours en classe.

    On ne parvient pas à transmettre les connaissances de base aux élèves, comment peut-on imaginer pouvoir les intéresser au travail? Admettons que la « qualité moyenne » d’un jeune à la recherche d’un emploi, et son « aptitude » au travail sont loin de pouvoir convaincre un employeur. A qui le reprocher? Au système éducatif trop laxiste, aux parents qui baissent les bras, aux politiques qui se succèdent sans jamais oser réformer, aux jeunes eux-mêmes et à tout ce qui fait que nous sommes tous dépassés par les événements, tant tout est de plus en plus complexe.

    Bien entendu, tous les jeunes qui entrent dans le marché du travail ne sont pas des illettrés, ne sont pas mal élevés ou irrespectueux, et ne sont pas des incapables, mais une proportion non négligeable et croissante d’entre eux le sont désormais. Les employeurs le savent, ils ne peuvent donc pas négliger ce paramètre au moment de l’embauche, et les conditions actuelles légales font qu’un employeur a deux possibilités, soit il ne se trompe pas et il embauche un collaborateur dont il va être fier, et dont il n’aura jamais à se plaindre, soit il se trompe et il va connaître des situations conflictuelles aux conséquences multiples et déplorables, parce qu’il ne pourra pas facilement s’en détacher.

    Prenez connaissance des dossiers qui sont traités dans les institutions prud’homales. Écoutez les patrons scandalisés qui affirment qu’ils n’embaucheront plus jamais personne, et surtout plus des jeunes, parce qu’ils ont eu à se défendre face à un employé à qui les syndicats expliquent qu’il aura toujours gain de cause et qu’il ne faut pas hésiter à attaquer son ex-employeur (jackpot à la clé).

    La rupture de confiance est un fait, c’est désormais inutile d’en débattre. C’est un fait de société avéré pour qui est observateur.

    Un employeur ne pourra plus prendre de risques avec un nouvel entrant dès le premier jour et pour une durée indéterminée, sans avoir pu expérimenter avec lui son chemin dans l’entreprise, et construire peu à peu une confiance quand c’est possible, surtout dans les entreprises qui ont moins de 20 salariés, et je le répète, il s’agit de l’écrasante majorité des cas.

    Je considère que la confiance se mérite et se gagne avec des preuves et des engagements, et sur une période longue. Une période d’essai de 30, 60 ou même 90 jours ne permettra jamais de se faire une idée précise et juste, et ne laissera à personne le temps de créer un climat de confiance et de sereinité, propice à la prise d’initiatives et de risques maîtrisés.

    Les employeurs ont désormais besoin de s’assurer qu’ils peuvent à la fois faire confiance en l’avenir et en leurs futurs employés, sans quoi ils ne créeront plus d’emplois parce qu’ils ont des craintes légitimes et fondamentales.

    Le gouvernement français propose un « CNE » et un « CPE » pour les jeunes de moins de 26 ans, des contrats à durée illimitée, qui présentent la particularité de pouvoir être rompus par l’une ou l’autre des parties presque sans condition dans les deux premières années.

    Voilà des nouveaux « outils » qui pourraient permettre de redonner un peu de confiance et d’énergie aux employeurs, qui pourront ainsi décider d’embaucher des jeunes, de financer leur formation et leur donner une expérience à faire valoir plus tard s’ils ne restent pas dans l’entreprise. Les jeunes, en retour devront faire preuve de respect, de vélocité, d’implication et de capacité d’intégration, c’est bien la moindre des choses quand on a gagné un premier emploi, un deuxième ou un troisième, qui sont à chaque fois autant de nouvelles expériences qui marqueront le début de leur vie professionnelle.

    Avec de tels « outils », l’entreprise sait qu’elle a deux ans pour s’assurer que son nouvel élément s’intègre parfaitement à son nouveau travail, et qu’au pire si l’intégration échoue, elle peut mettre un terme à l’embauche (ce qui semble bien légitime, d’autant qu’à ma connaissance, il n’existe pas d’entrepreneurs qui investissent sur des collaborateurs avec un objectif de s’en séparer moins de deux ans plus tard, ce qui serait contre-productif et illogique), et le jeune employé bénéficie d’une période de deux ans pour s’intégrer et pour montrer qui il est vraiment, reconnaissant du travail qu’on lui offre, dans la mesure où il a accepté de le faire.

    Je vais vous le dire comme je le pense. Quand on expérimente la relation humaine, le contact étroit avec les gens, le rapport employeur/employé, deux ans ce n’est pas trop long pour savoir si on a affaire à quelqu’un de bien, et pour l’un, et pour l’autre, par contre c’est une durée idéale pour décider à terme d’intégrer définitivement l’employé si l’expérience a été fructueuse.

    Ces nouveaux contrats ne sont pas la solution au problème de l’emploi ni à celui de la crise économique, mais constituent des éléments de réponse. Avant de renoncer à une initiative, il vaut mieux parfois l’éprouver. Et si en plus, par miracle, les charges des entreprises pouvaient baisser de manière significative en contrepartie d’embauches solides, nous pourrions dire que nous avançons.

  • Combattre le chômage est une question de courage et d’audace

    Les gouvernements se heurtent consécutivement à l’inextricable problème de l’emploi et du chômage, sans jamais parvenir à le résoudre. En France par exemple, mais cela est valable pour d’autres pays d’Europe (comme l’Allemagne), le chômage ne cesse d’augmenter depuis 25 ans, pour frôler et dépasser les 10% de la population active en 2005. En réalité, ce sont surtout plus de 20% de cette même population dite active, peut être 30% qui sont en situation de revenus faibles à très faibles, du fait de contrats de travail à mi-temps ou à temps partiels.

    Des solutions existent pourtant, je ne cesse de le penser et de le répéter. Elles s’appuient sur un seul des éléments fondateurs de notre république et des sociétés civilisées, il s’agit de la Liberté.

    La liberté d’entreprendre, ou de ne pas entreprendre. La liberté de choisir de faire ou de ne pas faire. La liberté d’agir ou de ne pas agir. La liberté de vouloir changer certaines choses, la liberté d’essayer au moins.

    Je propose un certain nombre de pistes à explorer, toutes devraient être mises en œuvre conjointement. Aucune ne nécessite un énorme effort gouvernemental, mis à part une volonté d’agir pour l’emploi, contre le chômage, courageusement.

    Horaires élargis, augmentation de l’amplitude d’ouverture.

    Dans un pays comme la France, mais dans bien d’autres également, il est quasiment impossible d’envisager de consommer ou d’espérer un service en dehors des plages d’ouverture classiques, qui sont grossièrement 9h à 12h et 14h à 18h. Les entreprises se bornent à ces horaires traditionnels hérités d’on ne sait quand. Obtenir un service, un conseil, ou même tenter d’acheter quelque chose en dehors de ces horaires est devenu impossible. Des centaines de milliers de petites entreprises et commerces sont fermés plus des deux tiers du temps exploitable économiquement. Comment peut-on espérer alors que leur activité économique soit stimulée, et comment espérer pouvoir leur permettre de créer des emplois, ne serait-ce que pour occuper le temps d’ouverture élargi? Le principal problème étant surtout que leurs horaires d’ouverture coïncide avec l’horaire de travail de leurs clients potentiels. Qui n’a pas regretté un soir, en sortant du travail, ne pas pouvoir visiter tel ou tel magasin avec l’idée d’acheter quelque chose, même tard? Je pense qu’il est crédible d’envisager la mise en place d’horaires de travail élargis au delà des horaires conventionnels. Le changement des habitudes se fera progressivement et sans contraintes. Les entreprises qui le souhaitent doivent pouvoir mettre en place une plus grande amplitude d’ouverture, depuis tôt le matin jusqu’à tard le soir, en s’engageant à embaucher du personnel volontaire pour ce type d’horaire. Les employés ne devront pas travailler plus s’ils ne le souhaitent pas et ne devront pas subir de contraintes ou de conditions, ceux qui souhaitent librement travailler plus pourront ainsi être mieux rémunérés, ceux qui ne le souhaitent pas verront leurs salaires maintenus, et les nouveaux employés volontaires pour des horaires élargis non conventionnels seront les bienvenus. Le gouvernement devra supprimer les charges sociales et salariales sur les emplois créés en dehors des horaires conventionnels par profession ou par entreprise, ce qui stimulera les entrepreneurs à élargir leur amplitude d’ouverture, sans en subir un éventuel poids financier tout en garantissant le succès d’une telle opération, les revenus des employés n’étant pas altérés ni diminués, au contraire. Tout ceci devra être déployé en toute liberté, sans conditions restrictives, sans contraintes insurmontables de part et d’autre, et en respectant les choix prioritaire des employés. Je sais que nous trouverons des centaines de milliers de futurs employés qui apprécieraient de travailler entre 16h et 22h par exemple, de disposer ainsi de toutes leurs matinées et des dizaines de milliers d’entreprises qui souhaiteraient tenter l’aventure en permettant à leurs clients de venir les rencontrer après 18h, jusqu’à tard le soir, tous les jours. Les syndicats participeront activement à la mise en place d’un tel dispositif, en veillant à ce que les acquis soient maintenus, et en respectant les employeurs et leurs salariés volontaires qui désirent sortir du cadre traditionnel.

    Par exemple, une entreprise de 8 salariés dont les activités seraient la distribution et les services informatiques et qui ouvre habituellement et traditionnellement de 9h à 18h, en fermant le vendredi à 17h et en ouvrant le lundi à 10h, pourrait très bien embaucher 2 nouveaux employés volontaires pour travailler en horaires élargis de 15h à 22h, ainsi l’amplitude d’ouverture et de service de cette entreprise va passer de 9h à 22h, la clientèle sera ravie, et l’entreprise ne subira pas la charge financière indirecte liée à cette nouvelle initiative heureuse puisque les heures au delà de 18h seront exonérées de charge. D’autant qu’entre 15h et 18h, l’équipe sera renforcée, ce qui va améliorer le travail collaboratif et la formation des nouvelles recrues.

    Cette notion d’élargissement des horaires qui s’appliquera prioritairement au secteur privé pourrait parfaitement fonctionner également dans le secteur public, notamment dans l’éducation, sur la base du volontariat. Les professeurs qui souhaiteraient enseigner le soir pourraient le faire, et les élèves qui souhaiteraient prendre leurs cours en soirée le pourraient également. L’aménagement est à discuter de manière ouverte sans que rien ne soit imposé, dans l’intérêt de tous.

    Comment trouver immédiatement 15% de temps d’ouverture stratégique supplémentaires pour les entreprises?

    En ouvrant le dimanche et les jours fériés, bien évidemment. Le dimanche représente un septième du temps d’activité potentiel, par conséquent en permettant aux entreprises qui le veulent et aux employés qui le souhaitent d’ouvrir le dimanche, c’est ainsi pas moins de 15% de temps de travail en plus qui est débloqué, autant à combler par la création de nouveaux emplois. Et je sais combien cette idée va faire bondir les récalcitrants. Pourtant que personne ne s’inquiète ou ne s’offusque, il n’est pas question d’imposer à quiconque de devoir travailler un dimanche, les employeurs qui ne veulent pas ouvrir le dimanche ne seront pas pénalisés, les employés qui ne veulent pas travailler le dimanche n’y seront pas contraints, seuls les volontaires, embauchés sur cette base, seront plébiscités. Encore une fois, la liberté et le volontariat seront indispensables et centraux dans les négociations. Combien de dizaines de milliers de jeunes et moins jeunes rêvent de travailler le dimanche dans une entreprise qui leur plaît? Combien de dizaines de milliers de clients frustrés rêvent de faire leur shopping au calme le dimanche? Et combien d’employés qui travailleraient le dimanche aimeraient disposer ainsi de temps libre en semaine en compensation. Je ne parle même pas de la dynamisation sociale et économique, regardez comme la France est triste et morose le dimanche sans toutes ses activités vivantes liées à la dynamique économique et commerciale. Le mot d’ordre, c’est la liberté, laissons les entrepreneurs disposer de la possibilité d’ouvrir le dimanche s’ils le souhaitent et de recruter des employés volontaires pour ce poste. Les entreprises craignent pour la rentabilité de l’ouverture le dimanche, le gouvernement devra exonérer de charge les emplois créés en dehors des ouvertures conventionnelles, notamment les jours fériés et les dimanches. Le risque pour l’employeur étant alors limité, c’est lui qui prend l’initiative, elle est aidée par l’état, qui est soulagé de ne pas avoir à supporter la charge de chômeurs qui auront ainsi trouvé un emploi. L’état demandera une contrepartie, il imposera que les entreprises qui souhaitent ouvrir le dimanche devront embaucher au moins une nouvelle personne à plein temps en contrat à durée indéterminée ou en contrat nouvelle embauche, pour obtenir l’exonération des charges les dimanches et jours fériés.

    Par exemple, une entreprise de 5 employés spécialisée dans la décoration, et qui ouvre traditionnellement du mardi au samedi de 9h à 18h pourrait embaucher une sixième personne volontaire pour travailler le dimanche, et même pourquoi pas le lundi. L’amplitude d’ouverture de cette entreprise serait alors sans interruption du lundi au dimanche, de 9h à 18h au moins. La nouvelle recrue sera exonérée de charges pour son travail le dimanche, et pourra en toute liberté choisir un jour de repos en semaine, pourquoi pas le samedi. Pour que cela fonctionne, il faut intégrer de la liberté et du volontariat, une fois de plus, dans la relation entrepreneur/employé/état. Les syndicats veilleront à la bonne coordination de l’ensemble dans le respect des choix et des libertés de chacun.

    Ce dispositif d’ouverture le dimanche pourra s’appliquer au secteur privé, comme au secteur public bien entendu.

    Exonération exceptionnelle de charges pour un emploi traditionnel créé dans les 6 mois.

    Le chômage est un tel fléau qu’il nécessite que des mesures exceptionnelles et originales soient prises. Une mesure toute simple pourrait être impulsée par un gouvernement audacieux, telle une opération spéciale délimitée dans le temps. Elle consisterait à permettre aux entrepreneurs de TPE ou PME d’embaucher dans les 6 mois jusqu’à deux nouveaux salariés en contrat à durée indéterminée ou en contrat nouvelle embauche en étant totalement exonéré de charges à vie sur ces deux emplois créés. La mesure permettrait une diminution immédiate et conséquente du nombre de chômeurs, un allégement immédiat des charges qui incombent à l’état ou aux pouvoirs publics, une amélioration immédiate de la vivacité des entreprises qui vont accroître ainsi leur dynamique commerciale et productive. C’est un pari à prendre. C’est une mesure fantastique qui pourrait résoudre d’innombrables problèmes. Un nouveau souffle pour l’état, pour les chômeurs, pour le pouvoir d’achat, pour dynamiser tout un pays et souder socialement toute la population. Économiquement, tout le monde est gagnant, et surtout l’état, qui prend en charge indirectement aujourd’hui tous les chômeurs. Demain, la charge serait idéalement supportée par les entreprises, elles même gagnantes puisqu’elles renforcent leurs effectifs dans le but de mieux se développer, tout en étant exonérées des charges sociales et patronales sur au moins deux de leurs employés. Cette impulsion, qui n’est pas irréaliste, est très attendue par des dizaines de milliers d’entrepreneurs qui ne peuvent plus embaucher du fait du coût du travail.

    Les syndicats auraient un rôle crucial social et médiateur dans une telle mesure, ils s’assureraient que les employés exonérés ne soient pas privilégiés par rapport aux employés déjà en place avant la mesure, notamment en veillant à ce que les niveaux de rémunération soient équilibrés et justes pour tout le personnel. L’état pourrait demander des contreparties, par exemple l’entreprise devra maintenir son effectif initial tant que des emplois exonérés y sont toujours présents, au risque de perdre les avantages acquis du point de vue des exonérations de charges.

    J’imagine qu’une telle mesure pourrait déboucher sur la création de centaines de milliers d’emplois dans un délai de 6 mois.

    Faciliter immédiatement l’embauche des seniors.

    On le sait, les chômeurs jeunes ont des difficultés à trouver un emploi, mais on peut légitimement penser que les mesures citées plus haut vont résoudre une partie de ce problème, il reste néanmoins une tranche non négligeable de la population qui éprouve également des difficultés à trouver un travail, ce sont les seniors, même si paradoxalement ce sont les personnels les plus opérationnels. Là aussi, une impulsion courageuse de l’état pourrait immédiatement régler le problème. Les entreprises hésitent à embaucher des gens de plus de 50 ans, craignant qu’ils leur coûtent trop cher du fait de leur éventuel manque de rentabilité au travail ou de leur lenteur. La solution consisterait alors à exonérer les seniors d’une importante partie de leurs charges patronales et salariales. Les entreprises pourraient alors embaucher ces gens en toute sérénité, l’état pourrait demander des contreparties, notamment en s’assurant que les jeunes ne soient pas négligés dans les stratégies d’embauche, et les syndicats pourraient une fois de plus jouer un rôle de médiateur vigilant. Par ailleurs, une entreprise qui dispose de « cadres » seniors est bien plus sûre qu’une entreprise qui n’embauche que des jeunes sous-formés. Pour ma part, je trouve indispensable qu’une entreprise intègre du personnel multigénérationnel.

    J’ai toujours segmenté la population en quatre groupes. Ceux qui peuvent et qui veulent, ceux qui peuvent mais qui ne veulent pas, ceux qui ne peuvent pas mais qui veulent, et finalement ceux qui ne peuvent pas et qui ne veulent pas non plus. Des intervenants sociaux peuvent facilement catégoriser un individu dans l’un ou l’autre de ces groupes. Si nous pratiquions ainsi, nous pourrions facilement savoir vers qui canaliser nos efforts, par exemple il faudrait donner toutes ses chances à ceux qui peuvent et qui veulent (les employés volontaires, les forces vives, les entrepreneurs, etc.), il faudrait recadrer ceux qui peuvent mais qui ne veulent pas (les fainéants et autres individus qui profitent du système), il faudrait véritablement aider ceux qui ne peuvent pas mais qui veulent (les gens biens qui veulent s’en sortir mais qui rament et qui nécessitent une assistance), et il faut médicaliser et encadrer ceux qui ne peuvent pas et qui ne veulent pas (les malades et autres individus qui devront rester à l’écart malgré eux et qui nécessitent une attention particulière du fait de leur incapacité à vivre une vie normale).

    Libérons les énergies créatives, aux économistes d’intégrer ces nouveaux paramètres, et aux politiques d’exécuter nos choix.