Catégorie : ÉCONOMIE

  • Après l’ère industrielle, rien.

    L’ère industrielle est entrée dans sa phase critique. Le processus de diminution progressive est déjà bien entamé en 2005, et dans quelques années l’ère industrielle va s’arrêter, entendons par là que les installations industrielles de toutes natures ne pourront plus perdurer.

    La menace qui pèse sur les approvisionnements énergétiques condamne irrémédiablement les infrastructures industrielles existantes et les activités industrielles qui en découlent. Personne ne peut ignorer que les ressources énergétiques primaires arrivent à épuisement, c’est une question de quelques années, tout au plus, et en même temps, ces mêmes ressources vont voir leur prix de revient augmenter dramatiquement, conséquence de leur raréfaction face à une demande qui s’accroît chaque jour. Nous vivons dans un monde où tout découle intimement de ce qui se produit de manière industrielle. Du fait de l’organisation industrielle mondiale, un minuscule changement d’un paramètre primaire (comme le prix du pétrole par exemple) a des conséquences incalculables sur une quantité de choses.

    Le dernier souffle industriel viendra d’Asie, et plus particulièrement de la Chine, pendant ce temps là, les deux autres puissances, l’Amérique et l’Europe éprouveront d’insupportables difficultés à contenir leurs industries, les emplois de leurs industries, sans parler bien sûr des innombrables activités indirectement liées à leurs industries. N’évoquons même pas la situation de l’Afrique qui sombre. Après cela, plus rien.

    L’ère industrielle est apparue subitement, au début du XIXème siècle, dans une sorte d’émulation de technologies naissantes, de nouvelles possibilités économiques induites qui semblaient alors plutôt simples à mettre en œuvre à l’échelle humaine, telle une euphorie enthousiaste, mais qui n’a profité en réalité qu’à deux ou trois grandes puissances. Depuis toujours, ceux qui font l’industrie savent qu’elle ne sera pas éternelle.

    Aujourd’hui, cette « bulle spéculative enthousiaste » est déjà largement dégonflée d’un point de vue de sa dynamique et de ses perspectives, certes les activités économiques industrielles semblent encore présentes, mais sont déjà largement délocalisées vers des zones géographiques économiquement plus avantageuses, au détriment de quantité de choses. Une fois les ressources locales consommées, il n’y aura ensuite plus d’endroit où déporter la charge industrielle. Le continent africain ne pourra pas être utilisé comme l’aura été le continent asiatique du fait de son manque d’infrastructure, de son manque de préparation.

    La progression de la déconfiture de l’ère industrielle ira crescendo, dans un mouvement planétaire gigantesque et spectaculaire, hors de contrôle. Ce sont une quantité de paramètres qui se croiseront, se percuteront, et se répercuteront les uns aux autres. Peu d’économistes peuvent avoir une idée précise de ce à quoi il faut s’attendre, d’ailleurs un économiste seul enfermé dans ses analyses économiques ne peut pas prendre la pleine mesure de l’événement mécanique qui se produit dans sa terrible complexité. Des notions bien plus élargies que simplement économiques doivent être prises en compte face à l’immensité du problème, elles incluent des aspects politiques, géopolitiques, sociologiques, humanitaires, sécuritaires, énergétiques, environnementaux et même plus curieusement religieux ou nouvellement climatiques.

    Le monde d’aujourd’hui renferme plus de 6 milliards d’être humains, dont les problèmes individuels augmenteront selon un schéma mécanique facile à comprendre, qui est bien entendu fonction de la problématique globale qui les impactera dans leur vie.

    La plupart des organisations gouvernementales ignorent ces faits dans leur gestion, ces mêmes organisations qui dirigent le monde et les peuples vont faire face au plus inextricable problème jamais connu sur Terre par l’espèce humaine. Nous devrons probablement connaître des situations aussi horribles que des épisodes chaotiques meurtriers, guerriers, terroristes mêmes dans lesquels culmineront famines, épidémies et autres événements dramatiques, y compris bien sûr et surtout dans des pays civilisés.

    Bien avant l’épuisement des énergies essentielles, il sera déjà trop tard. Pour ma part, dans un réalisme contenu, j’exprime déjà souvent le fait que nous ayons déjà franchi le seuil de non retournement, point au delà duquel quoi que nous pourrions mettre en œuvre, il est déjà trop tard. Bien qu’à priori il n’y ait pas de cause à effet qui sonne l’évidence, le 11 septembre 2001 pourrait bien être ce point de non retournement tel que je le décris.

    Dès maintenant, et beaucoup plus dans un avenir proche, la vie de chacun d’entre nous va changer en profondeur, très rapidement.

    Ceux qui affirment que la situation ne se dégrade pas ne prennent pas en compte une large quantité de paramètres, leur esprit d’analyse ne leur permet pas de prendre une pleine mesure de la gravité du problème.

    Nous vivons dans des pays où tout est présent en abondance, nos besoins primitifs sont largement comblés, ils consistent à pouvoir se nourrir, et vivre à température ambiante contrôlée. Les industries remplissent largement leur rôle qui consiste à nourrir les peuples et à leur assurer les conditions de vie élémentaires viables. Lorsque les énergies primaires viendront à manquer et/ou que leur coût ne permettra plus leur rentabilité, les industries, telles des dominos, tomberont en cascade à une vitesse jamais envisagée, que j’estime à une dizaine d’années tout au plus. Les conditions de vie seront alors catastrophiquement compromises. Chaque individu sera alors concerné directement.

    Rien qu’en Europe, comment faire déplacer quotidiennement des dizaines de millions de personnes qui doivent se rendre à leur travail à un niveau de coût acceptable, comment leur assurer un travail rentable, comment nourrir ces gens en leur portant leur nourriture jusqu’à chez eux comme c’est presque le cas aujourd’hui, comment occuper ces gens, comment faire des choses aussi simples que les chauffer en hiver, et les refroidir en été? Ce ne sont que quelques exemples pour évoquer les problèmes qui vont se poser à nous très vite et qui demanderont une réponse adaptée presque immédiate également.

    Des centaines de millions d’individus qui ont faim, qui ont froid, qui n’ont pas les ressources nécessaires pour subvenir à leurs besoins, ne serait-ce que financières, ou pire qui ont l’argent mais qui ne peuvent pas s’en servir ne pourront pas être contenus au calme simplement par des bonnes paroles. Des conflits seront inévitables et prendront des formes jamais envisagées.

    Les gouvernements ne mesurent pas la fragilité de leurs états. Aucun pays aujourd’hui peut se prévaloir d’un grand confort face aux crises à venir, tous les pays sont désormais devenus très sensibles à des changements économiques tels que ceux qui s’imposent à nous et qui donnent pourtant des signaux alarmants.

    L’ère industrielle ne nous a pas préparé à ce qui arrive, bien au contraire, elle nous a tous endormi. Avant l’ère industrielle, les groupes d’humains disposaient de leurs propres moyens de suffisance, ils étaient artisans ou paysans, ils étaient présents partout, et ce modèle a été supprimé purement et simplement au profit d’un modèle global centralisateur.

    L’humanité n’a jamais connu pareille situation, l’ère industrielle a troublé profondément le processus humain, et il n’est pas certain cette fois que nous pourrons rétablir la situation, en effet, il existe des situations faces auxquelles nous ne pouvons rien.

    Quand je dis cela, je veux dire que nous ne pourrons pas sauver 6 milliards d’humains. Nous pourrions peut-être en sauvegarder 2 milliards sur une période de quelques décennies, en espérant qu’ils pourront remettre sur pied un modèle viable. Mais je me garde bien de dire que ces 2 milliards d’humains sauvés seront localisés en Europe, en Amérique du Nord et dans les zones modernes de l’Asie, non il y aura bien d’innombrables morts y compris dans les pays civilisés, découlant d’un chaos généralisé qui me semble inévitable, malgré les moyens civils et militaires qui seront déployés par les gouvernements pour se protéger.

    Un événement tel que celui décrit et résumé ici mériterait que nous cessions tous de nous attacher à nos occupations inutiles habituelles et quotidiennes, pour se consacrer ensemble à une modification immédiate de nos comportements et de nos activités, mais personne ne fait rien, néanmoins de plus en plus de gens pressentent que ce qu’ils lisent ici pourrait bien ne plus être de la science fiction.

    J’espère me tromper, avoir tort d’être pessimiste ou trop réaliste, sans quoi nous pourrions bien prochainement connaître les heures les plus sombres de l’histoire Humaine.

  • Quelle est la bonne stratégie énergétique?

    Dans un certain temps, les énergies naturelles primaires qui sont le pétrole et le gaz viendront à disparaître de notre champ d’application industriel et commercial. D’ici quelques années, certains disent 30 ans, mais d’autres, beaucoup plus crédibles, prédisent 2010 ou 2012 au moment du « peak oil », nous devront assez subitement admettre de changer fondamentalement une quantité de choses qui font notre quotidien.

    De mon point de vue, il est fort probable qu’au rythme où vont les choses, nous serons durablement concernés par ce phénomène à l’horizon 2015, même si effectivement ses premiers effets se feront sentir dès 2008, notamment par la baisse du pouvoir d’achat et la baisse de la rentabilité des activités économiques, tous deux compressés par la hausse du coût des matières premières.

    En réalité, la discussion concernant le moment de la rupture d’approvisionnement est presque inutile et fortuite. Que ce soit dans 10, 20 ou 30 ans, nous sommes de toute manière déjà trop proche de l’échéance. Nous devons immédiatement déclencher des initiatives massives qui débouchent sur des résultats concrets en matière énergétique. L’électricité restera l’énergie inévitable. Maintenant reste à savoir comment la produire.

    Selon moi, il y a un certain nombre de choses qu’un gouvernement sérieux devrait mettre en œuvre immédiatement.

    Tout d’abord, il faudrait démocratiser les énergies naturelles renouvelables, solaires et éoliennes. C’est facile à dire, mais c’est aussi facile à faire. Qu’on ne vienne pas nous expliquer qu’implanter une technologie solaire ou éolienne est plus compliqué, plus coûteux et plus dangereux qu’une implantation nucléaire. Tout au plus, on pourra nous expliquer que cela rapporte moins à l’état, et moins aux industriels. Très honnêtement, ce soucis de profit ne doit pas être un paramètre à prendre en compte prioritairement face au problème qui se présente à l’horizon.

    La recherche, la fabrication et la distribution d’équipements autonomes individuels de production d’électricité doivent être grandement facilités et promotionnés par les institutions gouvernementales. Rien ne nous oblige à concentrer la production d’électricité dans un seul endroit confiné, avec un risque élevé pour les populations, telles les centrales nucléaires qui se multiplient partout à la surface de la planète, augmentant ainsi le risque nucléaire.

    Les implantations de parcs éoliens et autres installations à transformateurs solaires doivent être une priorité absolue dans la stratégie énergétique des pays. Les villages et les petites villes doivent se mettre en commun pour exploiter les ressources. Les grandes villes doivent bien sûr également acquérir progressivement une autonomie énergétique sur la base des énergies renouvelables.

    Par ailleurs, les maisons individuelles, ainsi que les immeubles, devront pouvoir être équipés de systèmes de production et d’accumulation d’énergie électrique à partir des rayonnements solaires.

    Les entreprises et les usines devront également intégrer des moyens d’autoproduction énergétique.

    Les technologies existent, il suffit de développer les réseaux de distribution, et de former les installateurs. De nouveaux métiers verront le jour, liés à la maintenance de tous ces équipements.

    Les économies réalisées par l’autoproduction, que ce soit à titre individuel, professionnel ou public, seront tellement importantes, que très rapidement le pouvoir d’achat va être amélioré nettement. Imaginez si votre chauffage ne vous coûte presque rien, votre climatiseur non plus, le chauffage de votre eau non plus, votre électricité domestique non plus, pareil pour toutes les dépenses énergétiques de votre entreprise, etc.

    Les investissements réalisés sur les réseaux de transport d’électricité sont sauvegardés, ces réseaux pourront parfaitement servir dans un contexte où la production sera mutualisée, puisque chacun déverse le surplus d’électricité produit dans ce réseau global, au profit de la communauté.

    Aujourd’hui les gouvernements européens misent sur « ITER » et son improbable réacteur à fusion nucléaire. Un projet gigantesque, extrêmement dangereux, et à un niveau de coût absolument vertigineux pour des résultats, à une échéance de 50 années impossibles à anticiper aujourd’hui. Les gens doivent bien comprendre que « ITER » est une installation pharaonique destinée à la recherche. « ITER » n’est absolument pas une sorte de super centrale nucléaire qui va produire de l’énergie à faible coût pour très longtemps et pour toute la planète, bien au contraire, avec « ITER », personne ne sait où nous allons, des scientifiques veulent simplement tenter de reproduire la production d’énergie sous une forme équivalente à ce qu’il se passe dans une étoile. Les gouvernements ont pourtant validé ce projet utopiste, qui a été par ailleurs décrié par de très grands scientifiques, certains assurent même que « ITER » n’aboutira jamais à un résultat exploitable.

    Les américains travaillent sur les moteurs Stirling (du nom de son inventeur), une technologie rudimentaire qui était aux oubliettes bien que hautement réaliste. En remplacement des centrales nucléaires, imaginez des centaines d’hectares recouverts de gros capteurs solaires inoffensifs, équipés de « suiveurs » du soleil, qui ne transforment pas les rayonnements en électricité (le rendement étant trop faible) mais qui servent à concentrer la chaleur ainsi récupérée vers un endroit stratégique de ce petit moteur placé au centre de ces capteurs paraboliques. Une partie du gaz qu’il contient est ainsi continuellement chauffé, il se dilate et fait tourner une dynamo à grande vitesse, c’est cette dynamo qui produit de l’électricité avec un rendement fantastique à un niveau de coût ridiculement bas, sans aucune pollution.

    Des dizaines de milliards d’euros pour « ITER » et son résultat incertain, rien pour les moteurs Stirling, quasiment rien pour les parcs éoliens immédiatement rentables, quasiment rien pour les capteurs solaires également immédiatement rentables, voilà où nous en sommes.

    En fait, seules les décisions politiques pourraient faire avancer les choses, et nous savons désormais comme il est improbable que les choses avancent quand il est question de politique. C’est le serpent qui se mord la queue.

    De deux choses l’une, soit la situation énergétique se décomplexe, les indicateurs passent du rouge vif à l’orange, le pouvoir politique prend les bonnes initiatives et d’ici quelques années les ressources énergétiques naturelles sont utilisées dans notre quotidien, soit la situation énergétique empire, les indicateurs persistent dans le rouge vif, et les politiques continuent de palabrer.

    Dans ce dernier cas il faudra trancher la question, la solution consistera à reprendre le contrôle de notre destin énergétique, il faudra admettre que les dirigeants politiques soient évincés au profit d’autres dirigeants, qui ne soient pas cette fois des personnalités politiques … mais des « sages ».