
Surveiller n’est pas protéger
Fichage mondial, intelligence artificielle et faillite de la protection des plus vulnérables
Tout est enregistré. Rien n’est empêché.
Un mardi ordinaire. Une mère et sa fille de treize ans traversent une journée sans histoire, à Lyon, à Chicago, à Manchester ou à Bombay. Le soir, elles ont été enregistrées des centaines de fois : leurs téléphones ont signalé chacun de leurs déplacements, les sites visités ont vendu leur profil aux enchères, une caméra a lu la plaque de la voiture, et la carte de bus, l’application de l’école, la sonnette connectée du voisin, la télévision du salon ont gardé la trace du reste. Personne ne les a regardées. Tout est écrit. Rien n’est lu.
Ce livre pose à chacun de ces dispositifs une seule question : qu’est-ce que cela a empêché ? Il suit la réponse sur six terrains, des États-Unis à l’Inde, de Londres au Xinjiang, avec des dates, des chiffres et des noms. Les fichiers fuient. Ils se joignent. L’intelligence artificielle les lit, en déduit ce qu’on n’a jamais dit, et les relira demain avec des questions que personne ne pose encore. Et les attentats, les enfants morts, les femmes tuées, les retraités dépouillés avaient presque toujours laissé leur trace, avant, dans un dossier que personne n’a ouvert à temps.
Surveiller n’est pas protéger. Ce qui protège existe pourtant : des architectures qui prouvent sans révéler, des lignes rouges déjà tracées, des gens pour agir sur ce qu’on sait. Il reste à l’exiger, et ce livre dit comment.
- Prix
- 20,00 €
- Pages
- 204
- Format
- Broché, 15,2 × 22,9cm