Je suis atterré. Voilà le mot qui me vient spontanément quand j’observe l’état de notre démocratie. Atterré par le niveau de déni de nos dirigeants. Atterré par l’incapacité chronique de nos partis à se renouveler. Atterré par cette classe politique qui, 18 mois après avoir éjecté Nicolas Sarkozy, semble déjà avoir oublié pourquoi elle l’a fait.
Le pire ? C’est que pendant que nos élites politiques jouent aux chaises musicales et que les journalistes s’excitent déjà sur 2017, le pays réel, lui, s’enfonce dans la crise. Et la seule force politique qui semble comprendre qu’elle a une obligation de résultat, c’est le Front National.
Un système politique fossilisé
Prenons l’UMP. Ce parti est devenu une véritable gérontocratie où aucune personnalité nouvelle ne peut émerger. Le résultat ? Un vide sidérant dans l’opposition de droite. Les mêmes têtes tournent en boucle depuis des années, incapables de proposer la moindre vision nouvelle.
François Fillon fait parfois de bonnes analyses, je le reconnais. Mais quand il croit pouvoir récupérer les électeurs du FN en les narguant, il montre qu’il n’a rien compris. Ces électeurs ne veulent plus de la politique à papa. Ils veulent du changement radical, pas des ajustements cosmétiques.
À gauche, c’est pire encore. François Hollande devrait rapidement faire entrer au gouvernement des personnalités du centre et de droite. Oui, vous avez bien lu. Face à l’ampleur de la crise, il faut dépasser les clivages partisans traditionnels. Mais en a-t-il seulement la vision ? J’en doute.
Quant aux syndicats, n’en parlons même pas. Leurs dirigeants n’ont ni la culture, ni le niveau intellectuel, ni la capacité de vision pour comprendre les enjeux actuels. Ils restent bloqués dans des schémas de pensée du XXe siècle alors que nous sommes déjà dans un monde totalement différent.
L’émergence inéluctable de nouvelles forces
Dans ce contexte de faillite généralisée, est-il surprenant que le Front National monte ? Marine Le Pen et son mouvement sont objectivement ceux qui subissent la plus grande pression en matière d’obligation de résultat. Contrairement aux partis traditionnels qui peuvent se permettre de décevoir encore et encore, le FN sait qu’il n’aura pas de seconde chance.
Mais le FN n’est pas la seule alternative. Des personnalités comme Nicolas Dupont-Aignan ou même Jean-Pierre Chevènement devraient travailler ensemble. Il faut construire une nouvelle politique transpartisane, rassembler une famille politique patriote qui dépasse les vieux clivages.
Les positions de Florian Philippot et de Dupont-Aignan sur les dossiers actuels sont souvent les plus pertinentes et républicaines. Pourquoi ? Parce qu’ils osent dire ce que les autres taisent par conformisme ou lâcheté.
Prenez l’affaire Dieudonné qui agite actuellement le pays. Combien de républicains défendront vraiment la liberté d’expression constitutionnelle ? Très peu, j’en ai peur. La plupart préféreront le confort du consensus médiatique plutôt que la défense des principes.
Les Bonnets Rouges : un symptôme révélateur
Le mouvement des Bonnets Rouges en Bretagne est symptomatique de cette crise profonde. Ces citoyens en colère contre l’écotaxe et plus largement contre un État qui les étouffe représentent le ras-le-bol général. Il est crucial de préserver ce mouvement de toute récupération politique. C’est une expression authentique de la colère populaire, pas un énième mouvement partisan.
Mais nos dirigeants comprennent-ils ce signal d’alarme ? Non. Ils continuent à vivre dans leur bulle, déconnectés des réalités du terrain. Ils croient pouvoir continuer comme avant, avec les mêmes recettes éculées.
Vers une révolution politique inévitable
Je suis convaincu que dans les 30 prochaines années, toutes les personnalités politiques conventionnelles, consensuelles et non charismatiques devront sortir du jeu. Le système actuel est à bout de souffle. Les citoyens ne supportent plus ces politiciens interchangeables qui récitent les mêmes éléments de langage.
Ce dont nous avons besoin, c’est de leaders charismatiques capables de porter une vision claire et de la défendre avec courage. Des personnalités qui osent trancher, qui assument leurs positions, qui ne cherchent pas constamment le consensus mou.
Regardez ce qui se passe sur BFM TV : Ruth Elkrief passe 15 minutes à demander si Xavier Bertrand ou Ségolène Royal seront candidats en 2017. En pleine crise, alors que le pays a besoin de solutions immédiates, on parle déjà de la prochaine élection ! C’est pathétique.
La nécessité d’une refondation démocratique
Notre démocratie a besoin d’une refondation totale. Le système actuel produit des dirigeants médiocres, incapables de prendre les décisions courageuses qui s’imposent. Il favorise le conformisme, la pensée unique, le politiquement correct.
Il faut repenser nos institutions pour qu’elles produisent de vrais leaders, pas des gestionnaires timorés. Il faut redonner la parole au peuple, pas seulement tous les cinq ans mais en permanence. Il faut casser les monopoles médiatiques qui formatent l’opinion.
Certains parlent de VIe République. Pourquoi pas ? Mais attention aux fausses solutions. Ce n’est pas en changeant quelques articles de la Constitution qu’on résoudra le problème. C’est toute la culture politique française qu’il faut révolutionner.
Les nouvelles générations qui arrivent devront être protégées. Je pense à des personnalités comme Pauline Delpech qui sera bientôt pleinement dans l’arène politique. Elle sera tiraillée entre ses utopies généreuses et nos dures réalités. Il faudra l’aider à ne pas perdre son âme tout en comprenant les contraintes du réel.
Pour aller plus loin
- « La crise de la représentation politique en France » – Rapport du CEVIPOF (2013)
- « Les Bonnets rouges : révolte de la Bretagne périphérique » – Analyse de la Fondation Jean Jaurès
- « Le Front National : mutations et normalisation » – Étude de Sciences Po
- « La démocratie malade de ses élites » – Essai de Marcel Gauchet
- « Vers une VIe République ? » – Débat constitutionnel en cours
Notre démocratie est malade. Très malade. Les symptômes sont partout : abstention record, défiance généralisée, montée des extrêmes, mouvements sociaux radicaux. Face à cette crise systémique, nos dirigeants font l’autruche. Ils croient pouvoir continuer avec les vieilles recettes.
Ils se trompent lourdement. Le peuple français ne supportera pas éternellement cette mascarade démocratique. Tôt ou tard, il balaiera cette classe politique vermoulue. La question n’est pas de savoir si cela arrivera, mais quand et comment.
Serons-nous capables de faire cette révolution démocratique de manière pacifique et constructive ? Ou faudra-t-il attendre l’explosion pour tout reconstruire sur les ruines ? J’espère sincèrement la première option. Mais au vu du déni actuel de nos élites, je crains de plus en plus la seconde.
Photo : Alice Triquet / Unsplash


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