Vous savez quoi ? J’en ai marre. Vraiment marre de cette hystérie collective qui s’empare de notre pays dès qu’on parle d’islam. Depuis l’attaque de la préfecture de police début octobre, on assiste à un déferlement médiatique et politique qui me donne la nausée. Et le pire dans tout ça ? C’est que les islamophobes sont en train de créer exactement ce qu’ils prétendent combattre.
La fabrique de la peur : comment on crée des monstres
Permettez-moi d’être direct : l’islamophobie est le terreau fertile du terrorisme que vous appelez islamiste. Oui, vous avez bien lu. Les islamophobes font le nid des islamistes et nourrissent leur soi-disant terrorisme. L’islamophobe est l’idiot utile de l’islamiste.
Comment ça marche ? C’est d’une simplicité désarmante. Prenez un jeune musulman lambda, bombardez-le quotidiennement de messages lui disant qu’il n’est pas français, que sa religion est incompatible avec la République, que sa mère voilée est une menace pour la laïcité. Ajoutez-y des discriminations à l’embauche, au logement, dans la rue. Saupoudrez le tout d’humiliations médiatiques permanentes.
Qu’est-ce que vous obtenez ? Un terreau parfait pour les recruteurs djihadistes qui n’ont plus qu’à dire : « Tu vois, on te l’avait dit, ils te détestent, viens avec nous. »
Les chiffres qui font mal
Selon le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), les actes islamophobes ont augmenté de 52% en 2019 par rapport à 2018. Plus de 70% de ces actes visent des femmes, principalement à cause du voile. Dans le même temps, les services de renseignement alertent sur la radicalisation de jeunes musulmans français.
Coïncidence ? Je ne crois pas. C’est un cercle vicieux parfaitement huilé.
Le voile de l’hypocrisie : quand l’obsession devient pathologique
Parlons-en, de ce fameux voile qui obsède tant nos élites. Un pays qui interdit le voile aux musulmanes, à mon sens c’est pire qu’un pays qui oblige le port du voile islamique. Interdire c’est toujours pire qu’obliger.
Pourquoi ? Parce qu’obliger, c’est imposer une contrainte extérieure qu’on peut contester, combattre, renverser. Interdire, c’est nier l’existence même de l’autre, c’est lui dire : « Tu n’as pas le droit d’être qui tu es. »
L’ignorance au pouvoir
Le plus consternant, c’est l’ignorance crasse de ceux qui prétendent nous protéger. Dire que « le voile islamique est un marqueur politique » est aussi con que de dire « les homosexuels sont tous soumis ». Une majorité de musulmanes qui portent le voile n’ont absolument aucune connaissance en politique, et surtout ne s’intéressent pas à la politique, du tout.
Elles portent le voile par conviction religieuse, par tradition familiale, par choix personnel. Point. Mais ça, nos grands penseurs de plateau télé ne peuvent pas le comprendre. Ils préfèrent fantasmer sur une cinquième colonne islamiste qui n’existe que dans leurs cauchemars.
J’ai des amies musulmanes voilées qui sont ingénieures, médecins, entrepreneuses. Elles parlent quatre langues, voyagent dans le monde entier, dirigent des équipes. Mais pour nos islamophobes de service, elles ne sont que des « voiles chariatiques ». Cette expression, d’ailleurs, est l’une des plus belles créations de la débilosphère et de l’islamophobisphère réunies.
Le 10 novembre : un tournant historique ignoré
Le 10 novembre 2019 restera une date importante. Pour la première fois, des dizaines de milliers de personnes ont marché contre l’islamophobie dans toute la France. À Paris, Nice, Marseille, Lyon… Les musulmans de France ont dit stop.
La réaction ? Un mélange de peur et de mépris. Les haineux ont peur. Le Gouvernement a peur. Les opposants politiques ont peur. Les islamophobes se sont chié dessus. C’est bon ça.
Mais une marche ne suffit pas. Les Gilets Jaunes n’ont rien obtenu en 52 manifestations. Obtenir des résultats demandera du temps. Cette première manifestation contre l’islamophobie est un énorme succès, mais il faut programmer la prochaine. Si ce n’est pas inscrit dans la durée, rien ne changera.
Les idiots utiles du terrorisme
Je pense que les islamophobes sont des déséquilibrés. Je ne plaisante pas. Il faut être profondément perturbé pour passer ses journées à haïr 10% de la population française. Pour voir dans chaque femme voilée une menace existentielle. Pour transformer chaque fait divers impliquant un musulman en preuve du « grand remplacement ».
Ces gens-là ne se rendent pas compte qu’ils sont les meilleurs alliés objectifs des terroristes. Chaque tweet haineux, chaque émission anxiogène, chaque loi discriminatoire est une victoire pour Daech.
Les guerres oubliées : l’islamophobie géopolitique
Mais l’islamophobie ne s’arrête pas à nos frontières. Quand nous menons des guerres violentes, atroces, barbares et meurtrières dans des contrées lointaines en « Musulmanie », pour du gaz ou du pétrole, contre les Peuples musulmans, c’est déjà pour moi une première forme sournoise d’islamophobie et de grande mesquinerie.
L’Irak, la Libye, la Syrie, l’Afghanistan… Combien de morts ? Combien de vies détruites ? Et après on s’étonne que des jeunes se radicalisent ? On bombarde leurs cousins et on leur interdit de porter le voile. Brillant.
Le deux poids, deux mesures permanent
Observez bien : une fois de plus, personne ne s’interroge sur ces terroristes islamistes qui portent des explosifs factices, des armes à feu factices, des cellulaires qui ne fonctionnent pas, ces musulmans qui ne pratiquent pas l’Islam, qui prennent des stupéfiants, de l’alcool et des filles…
Bizarre, non ? Des terroristes qui ne connaissent rien à l’islam, qui violent tous ses préceptes, mais qui deviennent soudainement des soldats d’Allah au moment de passer à l’acte. Comme c’est pratique.
Sortir du piège : repenser notre vivre-ensemble
Alors, que faire ? D’abord, arrêter de nourrir la bête. Chaque discours islamophobe est une graine de terrorisme plantée. Chaque discrimination est un pas de plus vers la radicalisation.
Ensuite, reconnaître la diversité de l’islam de France. Je mange halal. Je bois du thé à la menthe presque tous les jours et des kebabs plusieurs fois par trimestre. Est-ce que ça fait de moi un islamiste ? Je ne pense pas.
Il y a autant d’islams que de musulmans. Des pratiquants, des non-pratiquants, des traditionalistes, des modernistes, des soufis, des salafistes, des musulmans culturels qui boivent de l’alcool et mangent du porc…
L’urgence d’un nouveau récit national
Nous avons besoin d’un nouveau récit national qui inclut tous les Français, quelle que soit leur religion. Un récit qui ne voit pas dans la diversité une menace mais une richesse. Qui comprend que la laïcité n’est pas l’athéisme obligatoire mais la liberté de croire ou de ne pas croire.
Le niveau de pénétration et de propagation du discours islamophobique à partir des réseaux sociaux est au maximum historique, toujours en hausse. Si nous ne faisons rien, nous courons à la catastrophe.
Conclusion : briser la spirale infernale
En tant qu’islamofrançais (né en islamolorraine), islamocompatible et islamoentrepreneur islamoadepte de l’islamofinance islamo-islamique j’ai islamotoujours été islamofavorable à l’islamoport de l’islamovoile islamochariatique al’islamohamdoulilah.
Cette phrase absurde résume bien l’absurdité de notre époque. On en est arrivé à un point où il faut tourner en dérision la haine pour survivre. Où il faut rire pour ne pas pleurer.
Mais au-delà de l’humour, il y a une urgence vitale : sortir de cette spirale infernale où islamophobie et terrorisme se nourrissent mutuellement. C’est une question de survie pour notre société.
Le premier homme à marcher sur Mars sera peut-être musulman. Ou pas. Et vous savez quoi ? On s’en fout. Ce qui compte, c’est qu’il soit humain. Comme nous tous.
Pour aller plus loin
- Collectif Contre l’Islamophobie en France – Rapports et statistiques
- Wikipédia – Article détaillé sur l’islamophobie
- Cairn.info – L’islamophobie, nouveau racisme français ?
- Amnesty International France – Combattre l’islamophobie
Sources et références
- Ministère de l’Intérieur – Statistiques 2018 sur les actes racistes et antireligieux
- Défenseur des droits – Enquête sur les discriminations 2017
- CNCDH – Rapport 2018 sur la lutte contre le racisme
Photo : Julie Ricard / Unsplash



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