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  • France 2013 : chronique d’un déclin entrepreneurial annoncé
    France 2013 : chronique d’un déclin entrepreneurial annoncé
    La France de 2013 vit une crise entrepreneuriale profonde : désindustrialisation massive, blocages politiques et administratifs, et exode des talents. Face à une décroissance assumée et un système qui décourage l’innovation, les entrepreneurs français se retrouvent pris au piège d’un pays qui semble avoir renoncé à son avenir économique.

    Je regarde la France de cette fin 2013 et je ne peux m’empêcher de ressentir une profonde tristesse mêlée de colère. Notre pays, jadis terre d’innovation et d’entrepreneuriat, semble s’enfoncer dans une spirale de déclin dont personne ne veut vraiment prendre la mesure. Les signaux sont pourtant tous au rouge.

    La désindustrialisation : une hémorragie silencieuse

    Quand je discute avec mes pairs entrepreneurs, notamment dans l’industrie, le constat est accablant. La France a perdu en vingt ans ce qu’elle avait mis un siècle à construire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : nous sommes passés de 5,3 millions d’emplois industriels en 1980 à moins de 3,2 millions aujourd’hui.

    Cette saignée n’est pas qu’une statistique abstraite. Derrière chaque fermeture d’usine, c’est tout un écosystème qui disparaît : sous-traitants, commerces locaux, savoir-faire centenaires. PSA supprime 11 200 postes, ArcelorMittal ferme ses hauts-fourneaux de Florange, et pendant ce temps, nos politiques débattent de la durée légale du travail.

    Le plus dramatique ? Cette désindustrialisation n’est pas compensée par une montée en gamme vers les services à haute valeur ajoutée. Nous perdons sur tous les tableaux. L’Allemagne produit, la Chine fabrique, les États-Unis innovent… et la France ? Elle réglemente.

    Un système politique à bout de souffle

    Comment en sommes-nous arrivés là ? La réponse tient en partie dans notre système politique sclérosé. Quand un gouvernement peut diriger le pays avec 15% d’opinions favorables, c’est que quelque chose dysfonctionne profondément dans notre démocratie.

    L’Assemblée Nationale est devenue une chambre d’enregistrement qui ne représente plus les aspirations réelles des Français. Le mode de scrutin majoritaire crée des majorités artificielles, déconnectées de la réalité du terrain. Les entrepreneurs, les créateurs, les innovateurs n’ont aucune voix dans ce théâtre d’ombres.

    Plus grave encore : ce gouvernement semble avoir renoncé à toute ambition de redressement. Il n’existe aujourd’hui aucune raison objective de croire qu’il puisse améliorer la situation. Les réformes structurelles nécessaires sont systématiquement repoussées, édulcorées, vidées de leur substance.

    L’exemple révélateur du e-Government

    Prenons un exemple concret : en 2013, la France n’a toujours pas de système de e-Government digne de ce nom. Pendant que l’Estonie dématérialise l’ensemble de ses services publics depuis 2000, que Singapour révolutionne l’interaction citoyen-État, nous en sommes encore aux formulaires papier en trois exemplaires.

    Cette incapacité à moderniser l’État est symptomatique d’un mal plus profond : la France refuse d’entrer dans le XXIe siècle. Elle s’accroche à des modèles obsolètes, à des procédures kafkaïennes qui découragent l’entrepreneuriat et l’innovation.

    La souveraineté économique bradée

    Notre dépendance aux agences de notation américaines illustre parfaitement notre perte de souveraineté. Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch dictent leur loi aux États européens, influençant les taux d’intérêt et donc notre capacité d’investissement.

    Pendant ce temps, la Russie développe RusRating, la Chine s’appuie sur Dagong. Ces pays ont compris qu’on ne peut pas laisser à d’autres le soin d’évaluer sa crédibilité financière. La France, elle, subit et se plaint.

    Cette abdication se retrouve dans tous les domaines. Nous laissons partir nos fleurons industriels, nous bradons nos brevets, nous formons des ingénieurs brillants qui s’expatrient faute de perspectives. Le brain drain français est une réalité que personne ne veut regarder en face.

    Les entrepreneurs français face au mur

    Dans ce contexte, que reste-t-il aux entrepreneurs français ? Trois options s’offrent à eux, toutes plus déprimantes les unes que les autres.

    Première option : s’expatrier. C’est le choix de plus en plus d’entrepreneurs, notamment dans le numérique. Londres, Berlin, la Silicon Valley accueillent à bras ouverts nos talents. La France forme, les autres récoltent.

    Deuxième option : se résigner. Accepter la médiocrité, naviguer dans le maquis réglementaire, limiter ses ambitions. Survivre plutôt que vivre. C’est le choix par défaut de beaucoup, faute de mieux.

    Troisième option : se battre. Mais contre quoi exactement ? Contre un système qui a érigé l’immobilisme en art de gouverner ? Contre une administration qui voit dans chaque entrepreneur un fraudeur potentiel ? Le combat semble perdu d’avance.

    Le cas CanuaIsland : symbole d’un pays qui refuse d’entreprendre

    L’affaire CanuaIsland résume à elle seule l’absurdité française. Un projet innovant, créateur d’emplois, porté par des entrepreneurs passionnés… et bloqué par des considérations politiciennes et administratives. J’étais 100% favorable à ce projet, comme beaucoup d’entrepreneurs.

    Mais voilà, en France, on préfère protéger des rentes que créer de la valeur. On préfère l’immobilisme au risque entrepreneurial. Et pendant ce temps, d’autres pays construisent leur avenir.

    La décroissance : choix ou fatalité ?

    La réalité, c’est que la France est en décroissance. Et en décroissance, par définition, on ne croît plus. Cette évidence mathématique semble échapper à nos dirigeants qui continuent de promettre le retour de la croissance sans rien changer au système.

    Pour sortir de cette spirale, il faudrait se défaire de ce qui plombe : rigidités du marché du travail, fiscalité confiscatoire, bureaucratie tentaculaire. Mais qui aura le courage politique de s’y attaquer vraiment ?

    La Bretagne, avec sa tradition entrepreneuriale et son esprit d’indépendance, pourrait jouer un rôle historique dans le redressement français. Mais cela supposerait que les Bretons soient prêts au sacrifice ultime : rompre avec le modèle jacobin centralisateur qui étouffe toute initiative locale.

    2014 : vers la révolution ?

    Alors que 2013 touche à sa fin, les tensions s’accumulent. L’affaire de la « quenelle » qui agite les médias n’est que l’écume d’un malaise bien plus profond. La France de 2013 est un pays fracturé, désabusé, en colère.

    Nous allons avoir une révolution en France, j’en suis convaincu. Mais elle ne prendra ni la forme ni la finalité de celle de 1789. Ce ne sera pas une révolution des gueux contre les nobles, mais une révolution des créateurs contre les rentiers, des entrepreneurs contre les bureaucrates, de ceux qui veulent avancer contre ceux qui freinent.

    L’arrivée au 1er janvier 2014 de nos compatriotes bulgares et roumains, avec la fin des restrictions transitoires, va ajouter de la pression sur un système déjà à bout. Le dumping social qui s’annonce risque d’être la goutte d’eau qui fera déborder le vase.

    Bref. La France de fin 2013 est à un tournant. Soit elle trouve en elle les ressources pour se réinventer, soit elle s’enfonce définitivement dans le déclin. Pour les entrepreneurs français, l’heure du choix approche : partir, se soumettre ou se révolter. Personnellement, je n’ai pas encore tranché. Mais une chose est sûre : le statu quo n’est plus tenable.

    Pour aller plus loin

    • « La désindustrialisation de la France » – Rapport du Conseil d’analyse économique (2012)
    • « French Tech : les entrepreneurs français à l’assaut de la Silicon Valley » – Les Echos (2013)
    • « L’État en France : servir et se servir » – Pierre Birnbaum (2011)
    • « La France qui tombe » – Nicolas Baverez (2003)
    • « Pourquoi la France va faire faillite » – François Lenglet (2013)

    Sources et références

    • INSEE – Emploi salarié dans l’industrie manufacturière (données 2013)
    • Eurostat – Taux de croissance du PIB en zone euro (2013)
    • OCDE – Perspectives économiques de la France (novembre 2013)
    • Baromètre IFOP – Popularité du gouvernement (novembre 2013)
    • Rapport de la Cour des comptes sur la modernisation de l’État (2013)

    Photo : Norbu GYACHUNG / Unsplash

  • La France au bord du gouffre : pourquoi la révolution est inévitable
    La France au bord du gouffre : pourquoi la révolution est inévitable
    La France s’enfonce dans une crise systémique sans précédent, entre désindustrialisation massive, retard numérique et surdité politique. Une révolution différente de 1789 se profile, portée par l’exaspération des Français face à l’incapacité de leurs dirigeants à redresser le pays.

    Vous sentez cette tension dans l’air ? Cette impression que tout pourrait basculer d’un moment à l’autre ? Nous sommes fin 2013, et je n’ai jamais vu la France dans un tel état de délabrement. Pas seulement économique – ça, c’est la partie visible de l’iceberg. Non, je parle d’un effondrement bien plus profond : celui de notre capacité collective à regarder la réalité en face et à agir en conséquence.

    Depuis des mois, j’observe les signaux faibles qui annoncent la tempête. Les Bonnets rouges en Bretagne ne sont que le symptôme le plus visible d’un mal bien plus profond. La France est en décroissance, et en décroissance on ne croît plus, sauf à se défaire de ce qui plombe. Mais qui ose le dire ? Qui ose proposer les solutions radicales dont nous avons besoin ?

    L’effondrement industriel : la catastrophe silencieuse

    Je pense que c’est très difficile de prendre la pleine mesure de tout ce que la France a véritablement perdu industriellement. Les chiffres sont pourtant éloquents : depuis 2000, nous avons perdu près de 900 000 emplois industriels. Des usines ferment chaque semaine, des savoir-faire centenaires disparaissent dans l’indifférence générale.

    Prenez l’exemple de la sidérurgie lorraine. Florange n’était que le début. ArcelorMittal continue de démanteler méthodiquement notre appareil productif pendant que le gouvernement fait des moulinets. La réalité, c’est que nous assistons à une désindustrialisation méthodique du pays, orchestrée par une classe politique qui a abandonné toute ambition industrielle au profit d’une économie de services low-cost.

    Les conséquences sont dramatiques :

    • Balance commerciale déficitaire de plus de 60 milliards d’euros
    • Perte de compétences techniques irréversible
    • Dépendance accrue aux importations pour les biens essentiels
    • Appauvrissement des territoires industriels historiques

    Et pendant ce temps, on nous parle de « redressement productif ». Quelle farce ! Arnaud Montebourg peut bien faire le coq avec ses marinières, la réalité c’est qu’on a une France à réindustrialiser, et qu’il faudrait se mettre au travail au lieu de faire du théâtre médiatique.

    Le désastre numérique : 20 ans de retard

    En 2013, en France, toujours pas de e-Government digne de ce nom. Cette simple phrase résume à elle seule l’ampleur de notre retard numérique. Alors que l’Estonie dématérialise l’intégralité de ses services publics depuis 2000, nous en sommes encore à remplir des formulaires papier en trois exemplaires.

    Le contraste avec nos voisins européens est saisissant. Au Royaume-Uni, le Government Digital Service révolutionne l’administration. En Allemagne, les entreprises du Mittelstand se digitalisent à marche forcée. Et nous ? Nous débattons encore de la pertinence d’avoir une adresse email pour chaque fonctionnaire.

    Ce retard n’est pas qu’administratif. Il révèle une incapacité structurelle à penser la modernité :

    • Absence de vision stratégique sur le numérique
    • Résistance culturelle au changement dans l’administration
    • Manque d’investissement dans les infrastructures numériques
    • Formation inexistante des agents publics aux outils modernes

    Les « écoutes légales » à la française nous laissent toujours loin, très loin, très très loin de ce qui est fait par les USA. Non pas que je souhaite un État Big Brother, mais cette comparaison révèle notre incapacité technique à maîtriser les technologies de pointe. Nous sommes devenus des consommateurs passifs de technologies étrangères.

    L’aveuglement politique : quand les élites refusent de voir

    Le plus inquiétant reste l’aveuglement total de notre classe politique. L’UMP refuse toute remise en question. Jean-François Copé se trompe en tapant sur le FN de Marine Le Pen – les Français sont nettement moins dupes que ce qu’il croit. Cette stratégie du bouc émissaire ne fonctionne plus.

    Est-ce que Karine Berger et le gouvernement se rendent compte des conséquences pour la France et les Français s’ils nous mènent dans le mur ? J’en doute fortement. Ils vivent dans une bulle parisienne, déconnectée des réalités du terrain. Les signaux d’alarme se multiplient pourtant :

    L’écotaxe : le symbole de trop

    L’affaire de l’écotaxe illustre parfaitement cette déconnexion. Ni la France et encore moins l’Europe ne cèderont sur l’implémentation de l’écotaxe – nous entrons dans un très long conflit avec les Bonnets rouges. Cette obstination face à la colère populaire révèle une forme d’autisme politique inquiétant.

    Les portiques détruits en Bretagne ne sont que le début. La colère gronde dans toute la France périphérique, celle qui subit de plein fouet la désindustrialisation et l’augmentation des charges. Mais nos élites persistent dans leur logique punitive, incapables de comprendre que la coupe est pleine.

    L’immigration : le tabou absolu

    J’ai assez rencontré de Bulgares et de Roumains pour avoir clairement cerné que leur target c’est la France. Cette réalité, personne n’ose la regarder en face. L’ouverture totale des frontières au 1er janvier 2014 va créer des tensions supplémentaires dans un pays déjà au bord de l’explosion.

    Non pas que je sois opposé à l’immigration en soi. Mais dans un contexte de chômage de masse et d’effondrement de notre modèle social, continuer à faire comme si de rien n’était relève de l’inconscience criminelle.

    La révolution qui vient : inévitable et imprévisible

    La France va connaître une révolution, elle sera civilisée et moderne, et conduira à un changement radical de pilotage politique, imminent. Cette conviction, je la porte depuis des mois. Nous allons avoir une révolution en France, qui ne prendra ni la forme ni n’aura la finalité de celle qu’on a connu en 1789.

    Les Français doivent comprendre qu’il n’existe qu’une seule solution objective pour que la situation S’AMÉLIORE, elle sera politique et dure. Le système actuel est à bout de souffle. Les partis traditionnels sont discrédités. Les corps intermédiaires sont dépassés. Il faut tout reconstruire.

    Cette révolution ne sera pas violente – du moins je l’espère. Elle sera :

    • Technologique : utilisation massive des réseaux sociaux et des outils numériques
    • Générationnelle : portée par une jeunesse qui refuse la fatalité du déclin
    • Territoriale : partie de la périphérie vers le centre
    • Idéologique : rejet du clivage gauche-droite traditionnel

    Les Français vont-ils se réveiller ? Les raisons d’en douter ne manquent pas. Mais je perçois aussi une colère sourde, une exaspération qui monte. « Ah parce que tu penses qu’on peut attendre 40 ans encore avant qu’un truc se produise ? Les Français veulent vos solutions ! » Cette impatience, je la ressens partout où je vais.

    Que faire ? Les pistes pour éviter le chaos

    Face à ce tableau apocalyptique, l’immobilisme n’est plus une option. Des solutions existent, mais elles demandent du courage politique :

    1. Réindustrialisation d’urgence

    Il faut un plan Marshall de réindustrialisation. Pas des mesurettes, mais un véritable choc : baisse massive des charges sur la production, simplification administrative radicale, investissements publics massifs dans les secteurs d’avenir.

    2. Révolution numérique de l’État

    Digitalisation intégrale des services publics en 5 ans. Formation obligatoire de tous les agents. Recrutement massif de profils tech. L’État doit devenir une plateforme, pas un mammouth administratif.

    3. Refonte du système politique

    Fin du cumul des mandats, limitation dans le temps, référendums d’initiative populaire, transparence totale des décisions. Il faut redonner le pouvoir aux citoyens.

    4. Nouveau pacte social

    Le modèle social français est à bout. Il faut le refonder sur de nouvelles bases : flexisécurité, formation continue, revenu universel… Des idées existent, il faut le courage de les mettre en œuvre.

    Bref. La France est au bord du gouffre. Nos élites font l’autruche. Le peuple gronde. La révolution approche. Elle peut être notre renaissance ou notre tombeau. À nous de choisir. Mais une chose est sûre : le statu quo n’est plus tenable. Le changement arrive, qu’on le veuille ou non. La seule question est : serons-nous acteurs ou victimes de cette transformation ?

    Les mois qui viennent seront décisifs. Je continuerai à alerter, à proposer, à secouer les consciences. Car au fond, j’aime trop ce pays pour le laisser sombrer sans rien faire. Et vous ?

    Pour aller plus loin

    • « La France qui tombe » de Nicolas Baverez – Une analyse sans concession du déclin français
    • « Le suicide français » d’Éric Zemmour – À paraître en 2014, mais dont les thèses circulent déjà
    • Les rapports de la Cour des comptes – Pour comprendre l’ampleur du désastre budgétaire
    • « La révolte des Bonnets rouges » – Documentaire sur le mouvement breton
    • Les analyses de l’INSEE sur la désindustrialisation – Des chiffres qui font froid dans le dos

    Sources et références

    • INSEE – « L’industrie manufacturière française » (rapport 2013)
    • Cour des comptes – « La situation et les perspectives des finances publiques » (juin 2013)
    • Commission européenne – « Digital Agenda Scoreboard 2013 »
    • Ministère du Redressement productif – « Pacte pour la compétitivité de l’industrie française » (novembre 2012)
    • OCDE – « Perspectives économiques de l’OCDE » (mai 2013)

    Photo : Michael McKay / Unsplash