• Le chômage, les entrepreneurs et la France qui se déchire : chronique d’un dialogue impossible
    Le chômage, les entrepreneurs et la France qui se déchire : chronique d’un dialogue impossible
    Le chômage atteint des sommets historiques en France tandis que les entrepreneurs réclament des mesures drastiques pour pouvoir embaucher. Entre incompréhension mutuelle et blocages idéologiques, le pays s’enfonce dans une crise qui touche désormais toutes les catégories sociales.

    Je regarde les chiffres du chômage ce matin, et je ne peux m’empêcher de penser à cette phrase que m’a lancée un confrère entrepreneur la semaine dernière : « On voudrait embaucher, mais on ne peut pas. C’est aussi simple que ça. » Voilà où nous en sommes fin 2013 : un pays où ceux qui veulent travailler ne trouvent pas d’emploi, et où ceux qui veulent embaucher ne le peuvent pas. Une équation absurde qui révèle l’ampleur du blocage français.

    Des chiffres qui donnent le vertige

    Les statistiques officielles parlent de plus de 3,3 millions de demandeurs d’emploi en catégorie A. Mais la réalité est bien pire. Il faut ajouter à ce chiffre ce que j’appelle les « désactivés résignés » : tous ceux qui ont abandonné l’idée même de chercher un emploi, découragés par des années de recherche infructueuse. On approche alors des 5 millions de personnes sans emploi.

    À cela s’ajoutent plus de 10 millions de pauvres et plus d’un million de personnes qui dépendent des Restos du Cœur pour se nourrir. Des chiffres qui devraient faire la une de tous les journaux, mais qui sont éclipsés par des polémiques stériles. Pendant qu’on débat de quenelles et autres gesticulations, des familles entières basculent dans la précarité.

    Le plus révoltant ? Quand Harlem Désir annonce avec aplomb que « le chômage des jeunes baisse », on se demande de quelle planète il nous parle. Les jeunes diplômés enchaînent les stages non rémunérés, les CDD précaires et les missions d’intérim. Ceux sans qualification ? Ils n’ont même plus accès à ces miettes.

    La spirale infernale des charges et de la rigidité

    Côté entrepreneurs, la situation n’est guère plus brillante. Dans les services aux entreprises, secteur que je connais bien, ceux qui limitent la casse à -10% de chiffre d’affaires cette année s’estiment chanceux. La plupart subissent des baisses de 20 à 30%, voire plus.

    Le problème fondamental ? Le coût du travail en France est devenu prohibitif. Entre charges sociales, cotisations diverses et contraintes administratives, embaucher un salarié au SMIC coûte près du double à l’entreprise. Pour un salaire net de 1 100 euros, l’employeur débourse environ 2 000 euros. Une équation impossible pour les petites structures.

    Mais ce n’est pas qu’une question de coût. C’est aussi et surtout une question de flexibilité. En France, embaucher c’est presque se marier. La rupture est complexe, coûteuse, risquée juridiquement. Résultat : les entrepreneurs n’embauchent plus, ou alors uniquement en CDD, stages et autres contrats précaires qui alimentent justement la précarité qu’on prétend combattre.

    Le cercle vicieux de la peur

    Cette rigidité crée un cercle vicieux. Les entreprises, effrayées par le risque d’embauche, préfèrent surcharger leurs équipes existantes plutôt que de recruter. Les salariés en poste, épuisés, voient leur productivité baisser. La qualité se dégrade, la compétitivité s’effondre, les carnets de commandes se vident. Et on licencie.

    Pendant ce temps, les politiques nous servent des mesurettes. Montebourg annonce des « nouvelles mesures » pour les entrepreneurs en difficulté. Lesquelles ? Des prêts, des reports de charges, des aides ponctuelles. Des pansements sur une jambe de bois. Ce qu’il faut, c’est une chirurgie lourde du système.

    Les solutions existent, mais qui veut les entendre ?

    Pourtant, les solutions sont connues. Je les répète depuis des années, comme beaucoup d’entrepreneurs :

    • Baisser les charges sociales d’au moins 30% pour redonner de l’oxygène aux entreprises
    • Permettre une vraie flexibilité à l’embauche ET au licenciement, comme dans tous les pays qui créent de l’emploi
    • Revenir aux 40 heures hebdomadaires pour augmenter la productivité
    • Défiscaliser massivement les heures supplémentaires pour augmenter le pouvoir d’achat sans alourdir les charges

    Ces mesures ne sont pas idéologiques. Elles sont pragmatiques. Regardez l’Allemagne, le Royaume-Uni, même l’Espagne qui commence à redresser la tête. Tous ont compris qu’un marché du travail flexible crée plus d’emplois qu’un marché rigide.

    Ségolène Royal l’a d’ailleurs bien compris quand elle parle d’un fonctionnement « gagnant-gagnant » entre entrepreneurs et salariés. Baissez significativement les charges, et nous embaucherons. C’est mathématique. Mais encore faut-il avoir le courage politique de le faire.

    Le modèle de la petite boîte flexible

    Contrairement aux caricatures, l’immense majorité des entrepreneurs ne rêvent pas de précariser leurs salariés. Nous voulons simplement pouvoir adapter nos effectifs à notre activité. Embaucher quand ça va bien, réduire la voilure quand ça va mal. C’est ce que j’appelle le modèle de la « petite boîte flexible ».

    Ce modèle n’est pas synonyme de salaires au rabais. Au contraire ! Une entreprise qui peut s’adapter rapidement est une entreprise qui survit aux crises et qui peut mieux rémunérer ses équipes dans les bonnes périodes. La flexibilité, c’est la survie de l’entreprise et donc la pérennité de l’emploi.

    L’alliance improbable des Bonnets Rouges

    Le mouvement des Bonnets Rouges en Bretagne illustre parfaitement cette convergence d’intérêts. On y trouve des chômeurs, des salariés, des retraités et… des patrons. Tous unis par la même colère face à un système qui broie les territoires et les hommes.

    J’ai été particulièrement touché par l’histoire de ce patron breton qui expliquait à ses salariés pourquoi il ne pouvait plus continuer. Pas de langue de bois, pas de com’ corporate. Juste la vérité crue : les charges, les taxes, les normes… l’entreprise n’en peut plus. Et ses salariés l’ont compris, l’ont soutenu. Voilà la vraie solidarité entrepreneuriale.

    Car contrairement aux fantasmes de certains, nous ne considérons pas nos employés comme une « charge ». En 25 ans d’entrepreneuriat, je n’ai jamais entendu un seul patron parler ainsi de ses équipes. Nous savons que nos entreprises ne sont rien sans les femmes et les hommes qui les font vivre. Mais nous savons aussi que sans entreprises rentables, il n’y a pas d’emplois.

    Le low cost, symptôme de notre déclin

    Montebourg a raison sur un point : le low cost est destructeur. Mais pas seulement d’emplois. Il détruit la valeur, la qualité, l’innovation. C’est le symptôme d’une économie qui ne sait plus créer de richesse et qui se contente de rogner sur tout.

    Le low cost, c’est la conséquence directe de notre manque de compétitivité. Quand les charges sont trop lourdes, quand la réglementation étouffe l’innovation, quand la fiscalité punit la réussite, que reste-t-il ? Baisser les prix, rogner sur la qualité, délocaliser. Une spirale mortifère.

    La vraie bataille, ce n’est pas contre le low cost. C’est pour retrouver notre capacité à créer de la valeur, à innover, à produire de la qualité. Et pour cela, il faut libérer les énergies entrepreneuriales, pas les étouffer sous des montagnes de contraintes.

    18 mois de retard minimum

    Le plus dramatique dans cette situation, c’est l’inertie du système. Même si le gouvernement prenait aujourd’hui les mesures radicales qui s’imposent, les effets ne seraient visibles qu’après 18 mois minimum. Le temps que les entreprises reprennent confiance, investissent, recrutent… C’est le temps économique, incompressible.

    Or, que fait-on ? On tergiverse, on négocie, on reporte. Chaque jour perdu, ce sont des entreprises qui ferment, des emplois qui disparaissent, des compétences qui s’exilent. Le temps joue contre nous, et nous regardons ailleurs.

    Et pendant ce temps, le monde bouge

    Pendant qu’on s’écharpe sur des polémiques stériles, le monde continue de tourner. Aux États-Unis, 1,3 million de chômeurs viennent de perdre leurs allocations. Une catastrophe sociale qui nous rappelle que notre modèle social, malgré tous ses défauts, reste un amortisseur précieux.

    Mais cet amortisseur a un coût. Un coût que nous ne pouvons plus nous permettre sans une économie dynamique pour le financer. C’est le paradoxe français : nous voulons préserver un modèle social généreux tout en tuant la poule aux œufs d’or qui le finance.

    La solution n’est pas de détruire notre protection sociale. Elle est de créer les conditions d’une économie prospère qui puisse la financer durablement. Et cela passe par une réconciliation entre le monde du travail et celui de l’entreprise.

    Rien ne peut mieux assurer l’avenir d’un employé que son employeur. Rien ne peut mieux assurer la prospérité d’une entreprise que des salariés motivés et compétents. Cette évidence semble pourtant échapper à nos dirigeants, englués dans des postures idéologiques d’un autre âge.

    Alors oui, faisons des marches. Mais pas seulement contre le racisme ou pour des causes nobles mais lointaines. Marchons pour l’emploi, pour la fin de la spoliation fiscale, pour une France qui travaille et qui entreprend. Car sans emploi, sans entreprises, sans création de richesse, c’est tout notre modèle de société qui s’effondre.

    Le chômage n’est pas une fatalité. C’est le résultat de choix politiques et économiques. D’autres pays ont su créer les conditions du plein emploi. Pourquoi pas nous ? La réponse tient peut-être dans notre incapacité collective à dépasser les clivages stériles entre patrons et salariés, entre droite et gauche, entre public et privé.

    Il est temps de changer de logiciel. Avant qu’il ne soit trop tard.

    Pour aller plus loin

    • « La France qui tombe » de Nicolas Baverez – Une analyse sans concession du déclin économique français
    • Les publications de l’Institut Montaigne – Des propositions concrètes pour réformer le marché du travail
    • « Le modèle allemand » de Guillaume Duval – Pour comprendre comment nos voisins ont créé le plein emploi
    • Les rapports de la Cour des Comptes – Les chiffres réels du coût du travail en France
    • Le mouvement des Pigeons – La mobilisation des entrepreneurs français face à la fiscalité

    Sources et références

    • INSEE – Chiffres du chômage au 3e trimestre 2013
    • Eurostat – Comparaisons européennes du coût du travail (2013)
    • OCDE – Rapport sur la flexibilité du marché du travail (2013)
    • Cour des Comptes – Rapport sur les prélèvements obligatoires (2013)

    Photo : Nk Ni / Unsplash

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  • La démocratie française en crise : pourquoi notre système politique est à bout de souffle
    La démocratie française en crise : pourquoi notre système politique est à bout de souffle
    Notre système politique est en pleine déliquescence. Les partis traditionnels sont incapables de se renouveler, les dirigeants vivent dans le déni total des réalités, et pendant ce temps, le Front National monte inexorablement. Il est temps de tout repenser.

    Je suis atterré. Voilà le mot qui me vient spontanément quand j’observe l’état de notre démocratie. Atterré par le niveau de déni de nos dirigeants. Atterré par l’incapacité chronique de nos partis à se renouveler. Atterré par cette classe politique qui, 18 mois après avoir éjecté Nicolas Sarkozy, semble déjà avoir oublié pourquoi elle l’a fait.

    Le pire ? C’est que pendant que nos élites politiques jouent aux chaises musicales et que les journalistes s’excitent déjà sur 2017, le pays réel, lui, s’enfonce dans la crise. Et la seule force politique qui semble comprendre qu’elle a une obligation de résultat, c’est le Front National.

    Un système politique fossilisé

    Prenons l’UMP. Ce parti est devenu une véritable gérontocratie où aucune personnalité nouvelle ne peut émerger. Le résultat ? Un vide sidérant dans l’opposition de droite. Les mêmes têtes tournent en boucle depuis des années, incapables de proposer la moindre vision nouvelle.

    François Fillon fait parfois de bonnes analyses, je le reconnais. Mais quand il croit pouvoir récupérer les électeurs du FN en les narguant, il montre qu’il n’a rien compris. Ces électeurs ne veulent plus de la politique à papa. Ils veulent du changement radical, pas des ajustements cosmétiques.

    À gauche, c’est pire encore. François Hollande devrait rapidement faire entrer au gouvernement des personnalités du centre et de droite. Oui, vous avez bien lu. Face à l’ampleur de la crise, il faut dépasser les clivages partisans traditionnels. Mais en a-t-il seulement la vision ? J’en doute.

    Quant aux syndicats, n’en parlons même pas. Leurs dirigeants n’ont ni la culture, ni le niveau intellectuel, ni la capacité de vision pour comprendre les enjeux actuels. Ils restent bloqués dans des schémas de pensée du XXe siècle alors que nous sommes déjà dans un monde totalement différent.

    L’émergence inéluctable de nouvelles forces

    Dans ce contexte de faillite généralisée, est-il surprenant que le Front National monte ? Marine Le Pen et son mouvement sont objectivement ceux qui subissent la plus grande pression en matière d’obligation de résultat. Contrairement aux partis traditionnels qui peuvent se permettre de décevoir encore et encore, le FN sait qu’il n’aura pas de seconde chance.

    Mais le FN n’est pas la seule alternative. Des personnalités comme Nicolas Dupont-Aignan ou même Jean-Pierre Chevènement devraient travailler ensemble. Il faut construire une nouvelle politique transpartisane, rassembler une famille politique patriote qui dépasse les vieux clivages.

    Les positions de Florian Philippot et de Dupont-Aignan sur les dossiers actuels sont souvent les plus pertinentes et républicaines. Pourquoi ? Parce qu’ils osent dire ce que les autres taisent par conformisme ou lâcheté.

    Prenez l’affaire Dieudonné qui agite actuellement le pays. Combien de républicains défendront vraiment la liberté d’expression constitutionnelle ? Très peu, j’en ai peur. La plupart préféreront le confort du consensus médiatique plutôt que la défense des principes.

    Les Bonnets Rouges : un symptôme révélateur

    Le mouvement des Bonnets Rouges en Bretagne est symptomatique de cette crise profonde. Ces citoyens en colère contre l’écotaxe et plus largement contre un État qui les étouffe représentent le ras-le-bol général. Il est crucial de préserver ce mouvement de toute récupération politique. C’est une expression authentique de la colère populaire, pas un énième mouvement partisan.

    Mais nos dirigeants comprennent-ils ce signal d’alarme ? Non. Ils continuent à vivre dans leur bulle, déconnectés des réalités du terrain. Ils croient pouvoir continuer comme avant, avec les mêmes recettes éculées.

    Vers une révolution politique inévitable

    Je suis convaincu que dans les 30 prochaines années, toutes les personnalités politiques conventionnelles, consensuelles et non charismatiques devront sortir du jeu. Le système actuel est à bout de souffle. Les citoyens ne supportent plus ces politiciens interchangeables qui récitent les mêmes éléments de langage.

    Ce dont nous avons besoin, c’est de leaders charismatiques capables de porter une vision claire et de la défendre avec courage. Des personnalités qui osent trancher, qui assument leurs positions, qui ne cherchent pas constamment le consensus mou.

    Regardez ce qui se passe sur BFM TV : Ruth Elkrief passe 15 minutes à demander si Xavier Bertrand ou Ségolène Royal seront candidats en 2017. En pleine crise, alors que le pays a besoin de solutions immédiates, on parle déjà de la prochaine élection ! C’est pathétique.

    La nécessité d’une refondation démocratique

    Notre démocratie a besoin d’une refondation totale. Le système actuel produit des dirigeants médiocres, incapables de prendre les décisions courageuses qui s’imposent. Il favorise le conformisme, la pensée unique, le politiquement correct.

    Il faut repenser nos institutions pour qu’elles produisent de vrais leaders, pas des gestionnaires timorés. Il faut redonner la parole au peuple, pas seulement tous les cinq ans mais en permanence. Il faut casser les monopoles médiatiques qui formatent l’opinion.

    Certains parlent de VIe République. Pourquoi pas ? Mais attention aux fausses solutions. Ce n’est pas en changeant quelques articles de la Constitution qu’on résoudra le problème. C’est toute la culture politique française qu’il faut révolutionner.

    Les nouvelles générations qui arrivent devront être protégées. Je pense à des personnalités comme Pauline Delpech qui sera bientôt pleinement dans l’arène politique. Elle sera tiraillée entre ses utopies généreuses et nos dures réalités. Il faudra l’aider à ne pas perdre son âme tout en comprenant les contraintes du réel.

    Pour aller plus loin

    • « La crise de la représentation politique en France » – Rapport du CEVIPOF (2013)
    • « Les Bonnets rouges : révolte de la Bretagne périphérique » – Analyse de la Fondation Jean Jaurès
    • « Le Front National : mutations et normalisation » – Étude de Sciences Po
    • « La démocratie malade de ses élites » – Essai de Marcel Gauchet
    • « Vers une VIe République ? » – Débat constitutionnel en cours

    Notre démocratie est malade. Très malade. Les symptômes sont partout : abstention record, défiance généralisée, montée des extrêmes, mouvements sociaux radicaux. Face à cette crise systémique, nos dirigeants font l’autruche. Ils croient pouvoir continuer avec les vieilles recettes.

    Ils se trompent lourdement. Le peuple français ne supportera pas éternellement cette mascarade démocratique. Tôt ou tard, il balaiera cette classe politique vermoulue. La question n’est pas de savoir si cela arrivera, mais quand et comment.

    Serons-nous capables de faire cette révolution démocratique de manière pacifique et constructive ? Ou faudra-t-il attendre l’explosion pour tout reconstruire sur les ruines ? J’espère sincèrement la première option. Mais au vu du déni actuel de nos élites, je crains de plus en plus la seconde.

    Photo : Alice Triquet / Unsplash

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  • La France au bord du gouffre : pourquoi la révolution est inévitable
    La France au bord du gouffre : pourquoi la révolution est inévitable
    La France s’enfonce dans une crise systémique sans précédent, entre désindustrialisation massive, retard numérique et surdité politique. Une révolution différente de 1789 se profile, portée par l’exaspération des Français face à l’incapacité de leurs dirigeants à redresser le pays.

    Vous sentez cette tension dans l’air ? Cette impression que tout pourrait basculer d’un moment à l’autre ? Nous sommes fin 2013, et je n’ai jamais vu la France dans un tel état de délabrement. Pas seulement économique – ça, c’est la partie visible de l’iceberg. Non, je parle d’un effondrement bien plus profond : celui de notre capacité collective à regarder la réalité en face et à agir en conséquence.

    Depuis des mois, j’observe les signaux faibles qui annoncent la tempête. Les Bonnets rouges en Bretagne ne sont que le symptôme le plus visible d’un mal bien plus profond. La France est en décroissance, et en décroissance on ne croît plus, sauf à se défaire de ce qui plombe. Mais qui ose le dire ? Qui ose proposer les solutions radicales dont nous avons besoin ?

    L’effondrement industriel : la catastrophe silencieuse

    Je pense que c’est très difficile de prendre la pleine mesure de tout ce que la France a véritablement perdu industriellement. Les chiffres sont pourtant éloquents : depuis 2000, nous avons perdu près de 900 000 emplois industriels. Des usines ferment chaque semaine, des savoir-faire centenaires disparaissent dans l’indifférence générale.

    Prenez l’exemple de la sidérurgie lorraine. Florange n’était que le début. ArcelorMittal continue de démanteler méthodiquement notre appareil productif pendant que le gouvernement fait des moulinets. La réalité, c’est que nous assistons à une désindustrialisation méthodique du pays, orchestrée par une classe politique qui a abandonné toute ambition industrielle au profit d’une économie de services low-cost.

    Les conséquences sont dramatiques :

    • Balance commerciale déficitaire de plus de 60 milliards d’euros
    • Perte de compétences techniques irréversible
    • Dépendance accrue aux importations pour les biens essentiels
    • Appauvrissement des territoires industriels historiques

    Et pendant ce temps, on nous parle de « redressement productif ». Quelle farce ! Arnaud Montebourg peut bien faire le coq avec ses marinières, la réalité c’est qu’on a une France à réindustrialiser, et qu’il faudrait se mettre au travail au lieu de faire du théâtre médiatique.

    Le désastre numérique : 20 ans de retard

    En 2013, en France, toujours pas de e-Government digne de ce nom. Cette simple phrase résume à elle seule l’ampleur de notre retard numérique. Alors que l’Estonie dématérialise l’intégralité de ses services publics depuis 2000, nous en sommes encore à remplir des formulaires papier en trois exemplaires.

    Le contraste avec nos voisins européens est saisissant. Au Royaume-Uni, le Government Digital Service révolutionne l’administration. En Allemagne, les entreprises du Mittelstand se digitalisent à marche forcée. Et nous ? Nous débattons encore de la pertinence d’avoir une adresse email pour chaque fonctionnaire.

    Ce retard n’est pas qu’administratif. Il révèle une incapacité structurelle à penser la modernité :

    • Absence de vision stratégique sur le numérique
    • Résistance culturelle au changement dans l’administration
    • Manque d’investissement dans les infrastructures numériques
    • Formation inexistante des agents publics aux outils modernes

    Les « écoutes légales » à la française nous laissent toujours loin, très loin, très très loin de ce qui est fait par les USA. Non pas que je souhaite un État Big Brother, mais cette comparaison révèle notre incapacité technique à maîtriser les technologies de pointe. Nous sommes devenus des consommateurs passifs de technologies étrangères.

    L’aveuglement politique : quand les élites refusent de voir

    Le plus inquiétant reste l’aveuglement total de notre classe politique. L’UMP refuse toute remise en question. Jean-François Copé se trompe en tapant sur le FN de Marine Le Pen – les Français sont nettement moins dupes que ce qu’il croit. Cette stratégie du bouc émissaire ne fonctionne plus.

    Est-ce que Karine Berger et le gouvernement se rendent compte des conséquences pour la France et les Français s’ils nous mènent dans le mur ? J’en doute fortement. Ils vivent dans une bulle parisienne, déconnectée des réalités du terrain. Les signaux d’alarme se multiplient pourtant :

    L’écotaxe : le symbole de trop

    L’affaire de l’écotaxe illustre parfaitement cette déconnexion. Ni la France et encore moins l’Europe ne cèderont sur l’implémentation de l’écotaxe – nous entrons dans un très long conflit avec les Bonnets rouges. Cette obstination face à la colère populaire révèle une forme d’autisme politique inquiétant.

    Les portiques détruits en Bretagne ne sont que le début. La colère gronde dans toute la France périphérique, celle qui subit de plein fouet la désindustrialisation et l’augmentation des charges. Mais nos élites persistent dans leur logique punitive, incapables de comprendre que la coupe est pleine.

    L’immigration : le tabou absolu

    J’ai assez rencontré de Bulgares et de Roumains pour avoir clairement cerné que leur target c’est la France. Cette réalité, personne n’ose la regarder en face. L’ouverture totale des frontières au 1er janvier 2014 va créer des tensions supplémentaires dans un pays déjà au bord de l’explosion.

    Non pas que je sois opposé à l’immigration en soi. Mais dans un contexte de chômage de masse et d’effondrement de notre modèle social, continuer à faire comme si de rien n’était relève de l’inconscience criminelle.

    La révolution qui vient : inévitable et imprévisible

    La France va connaître une révolution, elle sera civilisée et moderne, et conduira à un changement radical de pilotage politique, imminent. Cette conviction, je la porte depuis des mois. Nous allons avoir une révolution en France, qui ne prendra ni la forme ni n’aura la finalité de celle qu’on a connu en 1789.

    Les Français doivent comprendre qu’il n’existe qu’une seule solution objective pour que la situation S’AMÉLIORE, elle sera politique et dure. Le système actuel est à bout de souffle. Les partis traditionnels sont discrédités. Les corps intermédiaires sont dépassés. Il faut tout reconstruire.

    Cette révolution ne sera pas violente – du moins je l’espère. Elle sera :

    • Technologique : utilisation massive des réseaux sociaux et des outils numériques
    • Générationnelle : portée par une jeunesse qui refuse la fatalité du déclin
    • Territoriale : partie de la périphérie vers le centre
    • Idéologique : rejet du clivage gauche-droite traditionnel

    Les Français vont-ils se réveiller ? Les raisons d’en douter ne manquent pas. Mais je perçois aussi une colère sourde, une exaspération qui monte. « Ah parce que tu penses qu’on peut attendre 40 ans encore avant qu’un truc se produise ? Les Français veulent vos solutions ! » Cette impatience, je la ressens partout où je vais.

    Que faire ? Les pistes pour éviter le chaos

    Face à ce tableau apocalyptique, l’immobilisme n’est plus une option. Des solutions existent, mais elles demandent du courage politique :

    1. Réindustrialisation d’urgence

    Il faut un plan Marshall de réindustrialisation. Pas des mesurettes, mais un véritable choc : baisse massive des charges sur la production, simplification administrative radicale, investissements publics massifs dans les secteurs d’avenir.

    2. Révolution numérique de l’État

    Digitalisation intégrale des services publics en 5 ans. Formation obligatoire de tous les agents. Recrutement massif de profils tech. L’État doit devenir une plateforme, pas un mammouth administratif.

    3. Refonte du système politique

    Fin du cumul des mandats, limitation dans le temps, référendums d’initiative populaire, transparence totale des décisions. Il faut redonner le pouvoir aux citoyens.

    4. Nouveau pacte social

    Le modèle social français est à bout. Il faut le refonder sur de nouvelles bases : flexisécurité, formation continue, revenu universel… Des idées existent, il faut le courage de les mettre en œuvre.

    Bref. La France est au bord du gouffre. Nos élites font l’autruche. Le peuple gronde. La révolution approche. Elle peut être notre renaissance ou notre tombeau. À nous de choisir. Mais une chose est sûre : le statu quo n’est plus tenable. Le changement arrive, qu’on le veuille ou non. La seule question est : serons-nous acteurs ou victimes de cette transformation ?

    Les mois qui viennent seront décisifs. Je continuerai à alerter, à proposer, à secouer les consciences. Car au fond, j’aime trop ce pays pour le laisser sombrer sans rien faire. Et vous ?

    Pour aller plus loin

    • « La France qui tombe » de Nicolas Baverez – Une analyse sans concession du déclin français
    • « Le suicide français » d’Éric Zemmour – À paraître en 2014, mais dont les thèses circulent déjà
    • Les rapports de la Cour des comptes – Pour comprendre l’ampleur du désastre budgétaire
    • « La révolte des Bonnets rouges » – Documentaire sur le mouvement breton
    • Les analyses de l’INSEE sur la désindustrialisation – Des chiffres qui font froid dans le dos

    Sources et références

    • INSEE – « L’industrie manufacturière française » (rapport 2013)
    • Cour des comptes – « La situation et les perspectives des finances publiques » (juin 2013)
    • Commission européenne – « Digital Agenda Scoreboard 2013 »
    • Ministère du Redressement productif – « Pacte pour la compétitivité de l’industrie française » (novembre 2012)
    • OCDE – « Perspectives économiques de l’OCDE » (mai 2013)

    Photo : Michael McKay / Unsplash

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  • Quand la colère gronde et que les repères s’effondrent
    La France de fin 2013 traverse une crise politique et sociale majeure, marquée par l’affaire Leonarda, la montée du Front National et la révolte bretonne contre l’écotaxe. Un cocktail explosif qui révèle la fracture grandissante entre les élites et le peuple.

    Je regarde la France se déchirer en cette fin d’année 2013, et ce que je vois me glace. Entre l’expulsion de Leonarda, les manifestations bretonnes et la montée inexorable du Front National, notre pays semble avoir perdu ses repères. Mais au-delà des faits divers et des polémiques, c’est une lame de fond qui se dessine. Une colère sourde qui monte, et que nos dirigeants semblent incapables de comprendre.

    L’affaire Leonarda : le symbole d’une France qui ne sait plus où elle va

    L’expulsion de Leonarda Dibrani, cette collégienne de 15 ans interpellée lors d’une sortie scolaire, cristallise toutes les contradictions de notre époque. D’un côté, l’application stricte de la loi – dura lex, sed lex comme je le dis souvent. De l’autre, l’émotion légitime face à une jeune fille arrachée à ses camarades de classe.

    Mais regardons au-delà de l’émotion immédiate. Cette famille kosovare était en situation irrégulière depuis 2009. Les parents ont sciemment maintenu leurs enfants dans l’illégalité pendant des années. Et maintenant, on voudrait faire porter le chapeau à l’administration qui applique la loi ?

    Le plus pathétique dans cette affaire, c’est la proposition présidentielle : « Leonarda peut revenir, mais sans sa famille ». Quelle cruauté déguisée en humanisme ! On propose à une adolescente de choisir entre la France et sa famille. C’est du grand n’importe quoi institutionnel.

    Je prédis que Leonarda et sa famille reviendront illégalement en France avant 2017. Pourquoi ? Parce que c’est enfantin de franchir nos frontières passoires. Et pendant ce temps, des milliers de jeunes Français diplômés quittent le pays, écœurés par ce qu’il devient.

    Les lycéens dans la rue : la manipulation émotionnelle

    Les manifestations lycéennes qui ont suivi révèlent un autre problème : notre jeunesse est manipulée par l’émotion plutôt qu’éduquée à la réflexion. Des milliers d’adolescents dans la rue pour défendre le « droit » de rester illégalement en France ? On marche sur la tête.

    Pendant ce temps, ces mêmes lycéens ne manifestent pas contre le chômage qui les attend, contre la dette qu’on leur laisse, contre un système éducatif qui les prépare mal au monde réel. Non, ils manifestent pour Leonarda. C’est touchant, mais c’est surtout le signe d’une génération qu’on a privée de repères.

    Le Front National : de paria à première force politique

    Chaque polémique, chaque reculade gouvernementale, chaque manifestation de faiblesse de l’État renforce le Front National. Marine Le Pen doit « boire du petit lait » devant ce spectacle. Et elle a raison.

    Le FN n’est plus un parti d’extrême droite marginal. C’est potentiellement le premier parti de France. Pourquoi ? Parce qu’il a compris quelque chose que les autres refusent de voir : il n’est ni à droite, ni à gauche. Il est au-dessus, il enveloppe, il rassemble les patriotes de tous bords.

    Brignoles a été le premier signal fort. 40% des voix pour Laurent Lopez, le candidat FN. Dans une ville qui votait à gauche depuis des décennies. Le terme à la mode en 2014, ce sera « quenelle ». Une quenelle monumentale que les électeurs s’apprêtent à mettre à la classe politique traditionnelle.

    L’aveuglement des partis traditionnels

    François Fillon fait la bonne analyse mais continue de narguer le FN en espérant récupérer ses électeurs. Ça ne marchera pas. Jean-François Copé refuse tout accord avec Marine Le Pen. Il se condamne à l’insignifiance politique.

    À gauche, c’est encore pire. Le PS vit dans le déni total. Jean-Marie Le Guen ose dire qu’il n’y a pas de crise politique à gauche ! Alors que la France entière voit l’effondrement en direct.

    Seul Jean-Luc Mélenchon a le courage de dire une vérité : « Le FN est un parti comme les autres, arrêtons l’hypocrisie ». Il a raison. Continuer à diaboliser 25% des électeurs, c’est du suicide politique.

    La Bretagne se révolte : les Bonnets Rouges contre l’écotaxe

    L’écotaxe, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase breton. Mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas qu’une histoire de taxe sur les camions. C’est le ras-le-bol d’une France périphérique qu’on étrangle.

    Cette taxe va augmenter le prix du transport de TOUTES les marchandises pour TOUS les Français. Elle entre en vigueur en même temps que la hausse de la TVA en janvier 2014. Les prix vont faire un bond historique. C’est le carnage assuré pour le pouvoir d’achat.

    Les Bretons l’ont compris. Ils ne manifestent pas seulement contre une taxe. Ils manifestent contre un système qui les méprise, qui les ignore, qui les pressure. Les portiques écotaxe détruits ? C’est le symbole d’un État technocratique qu’on rejette.

    La suspension ne suffira pas

    Le gouvernement a reculé, suspendu l’écotaxe. Mais les Bonnets Rouges maintiennent leur manifestation. Ils ont raison. L’enjeu n’est évidemment pas l’écotaxe. L’objectif est bien au-delà.

    Les manifestations populaires ne font plus reculer les gouvernements. Les actions doivent évoluer. La désobéissance civile devient la norme quand l’État devient sourd. Combien faudrait-il de grévistes de l’impôt pour paralyser l’administration fiscale ? La réponse pourrait surprendre.

    Une France qui se fracture

    Ce qui me frappe le plus en cette fin 2013, c’est l’ampleur de la fracture. D’un côté, une élite déconnectée qui vit dans sa bulle. De l’autre, un peuple qui n’en peut plus.

    Les jeunes diplômés fuient le pays. Thierry Mariani a raison d’alerter, mais pas assez fort. C’est une hémorragie. Les plus malins, les plus dynamiques, les plus entreprenants partent. Que restera-t-il ?

    Les femmes, traditionnellement plus prudentes politiquement, basculent massivement vers Marine Le Pen. Dans mes réseaux, c’est hallucinant de voir comme elles en parlent librement. Le tabou est tombé.

    Les entrepreneurs sont étranglés. Les délais de paiement de l’État dépassent désormais deux ans dans certains secteurs. Comment voulez-vous qu’une PME survive dans ces conditions ?

    Le racisme : l’arme de diversion

    Christiane Taubira se trompe de bonne foi quand elle dénonce le racisme à droite. Ma longue observation des milieux politiques m’a montré que le véritable racisme est massivement à gauche. Un racisme paternaliste, condescendant, qui infantilise les minorités.

    Eva Joly méconnaît totalement la psychologie des Roms qu’elle prétend défendre. C’est inadmissible pour une femme politique de son calibre. Mais c’est révélateur : on défend des causes sans connaître les gens.

    Et maintenant ?

    La France de fin 2013 est un pays qui a perdu ses repères. Entre l’Europe qui veut s’élargir à l’Albanie et la Macédoine (on est chez les fous !), les États-Unis au bord du défaut de paiement, et nos propres contradictions internes, nous naviguons à vue.

    Si Marine Le Pen ne prend pas la majorité des villes aux municipales, une majorité de députés européens et peut-être même la présidence en 2017, c’est que les Français sont plus patients que je ne le pense.

    Mais je n’y crois pas. La marmite bout. Le couvercle va sauter. Et quand ça arrivera, nos élites actuelles découvriront, ébahies, qu’elles ont tout fait pour que ça arrive.

    Bref. La France de 2013 me fait penser à ces derniers jours de l’Ancien Régime, quand les aristocrates dansaient à Versailles pendant que le peuple affûtait ses fourches. L’Histoire ne se répète pas, mais elle bégaie furieusement.

    Pour aller plus loin

    • « La France périphérique » de Christophe Guilluy – Pour comprendre la fracture territoriale française
    • « Le mystère français » d’Hervé Le Bras et Emmanuel Todd – Une analyse démographique et sociologique de la France actuelle
    • Les rapports de la Cour des Comptes – Pour mesurer l’ampleur du désastre des finances publiques
    • « Marianne et le Prophète » de Soheib Bencheikh – Sur l’islam de France et ses contradictions
    • Les études de l’INSEE sur l’émigration des jeunes diplômés – Des chiffres qui font froid dans le dos

    Sources et références

    • Données INSEE sur les flux migratoires (octobre 2013)
    • Sondages IFOP et CSA sur les intentions de vote FN (septembre-novembre 2013)
    • Rapports préfectoraux sur les manifestations bretonnes (octobre-novembre 2013)
    • Statistiques du ministère de l’Intérieur sur les reconduites à la frontière (2013)
    • Études économiques sur l’impact de l’écotaxe (Conseil économique et social de Bretagne, 2013)
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  • L’Europe des fous : pourquoi l’Union Européenne court à sa perte
    L’Europe des fous : pourquoi l’Union Européenne court à sa perte
    L’Union Européenne s’enfonce dans une logique autodestructrice entre élargissements hasardeux et réglementations absurdes. Les peuples européens commencent à se réveiller face à cette machine technocratique qui détruit les nations sans construire d’alternative viable.

    On est chez les fous. Voilà ce que je me dis en découvrant que les commissaires européens viennent de donner leur feu vert pour négocier l’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du Nord. Comme si l’Europe n’avait pas déjà suffisamment de problèmes avec ses 28 membres actuels. Comme si la crise économique qui ravage le sud du continent n’existait pas. Comme si les peuples européens réclamaient encore plus d’élargissement.

    Cette décision illustre parfaitement la déconnexion totale entre les technocrates de Bruxelles et la réalité vécue par les citoyens européens. Pendant que des millions de Grecs, d’Espagnols, de Portugais subissent les plans d’austérité imposés par la troïka, nos commissaires préparent tranquillement l’arrivée de nouveaux membres qui viendront diluer encore un peu plus ce qui reste de cohésion européenne.

    L’écotaxe : le symbole d’une Europe qui impose sans écouter

    L’affaire de l’écotaxe qui secoue la Bretagne ces dernières semaines révèle un autre aspect de cette folie européenne. Ce dispositif, imposé par notre gouvernement européen – car c’est bien de cela qu’il s’agit désormais – est obligatoire dans toute l’Europe. Il ne pourra pas être supprimé, quoi qu’en disent nos ministres qui font mine de reculer face aux Bonnets Rouges.

    La directive européenne 2011/76/UE, dite « Eurovignette », oblige tous les États membres à mettre en place une taxation des poids lourds basée sur la distance parcourue et le niveau de pollution. La France a simplement appliqué ce que Bruxelles lui ordonnait. Et maintenant que le peuple breton se révolte, nos gouvernants font semblant de chercher des solutions alors qu’ils savent pertinemment qu’ils n’ont plus la main.

    Cette écotaxe représente un surcoût estimé entre 3 et 4% pour les transporteurs. Dans une région périphérique comme la Bretagne, déjà pénalisée par l’éloignement des grands centres économiques européens, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les agriculteurs, les industriels de l’agroalimentaire, tous voient leurs marges déjà faibles fondre sous le poids de cette nouvelle taxe.

    Mais le plus révoltant, c’est que cette taxe a été confiée à un consortium privé, Ecomouv’, qui empochera 20% des recettes pour faire fonctionner le système. On privatise la collecte de l’impôt ! Voilà où nous en sommes arrivés avec cette Europe ultra-libérale qui transforme tout en business, même la fiscalité.

    Les Bonnets Rouges : l’avant-garde d’une révolte européenne ?

    Tous les peuples d’Europe devraient regarder attentivement l’œuvre locale des Bonnets Rouges et s’en inspirer. Car ce mouvement breton préfigure peut-être ce qui attend l’ensemble du continent si les technocrates de Bruxelles continuent leur fuite en avant.

    Les Bonnets Rouges ne sont pas des extrémistes. Ce sont des chefs d’entreprise, des salariés, des agriculteurs qui voient leur outil de travail menacé par des décisions prises à des milliers de kilomètres de chez eux, par des gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une usine ou une exploitation agricole. Leur révolte est celle du bon sens contre l’absurdité bureaucratique.

    Leur méthode est efficace : blocages de routes, destructions de portiques écotaxe, manifestations massives. Ils ont compris que face à une Europe sourde aux revendications démocratiques, seul le rapport de force fonctionne. Et ils obtiennent des résultats : le gouvernement français, pris de panique, multiplie les reculs et les atermoiements.

    Cette révolte bretonne pourrait faire tache d’huile. En Allemagne, les transporteurs grondent contre la LKW-Maut. En Belgique, les agriculteurs flamands s’organisent. Partout en Europe, la colère monte contre une Union qui impose toujours plus de contraintes sans jamais apporter de solutions aux vrais problèmes.

    L’Europe contre les nations : une destruction programmée

    L’Europe a une obligation constitutionnelle, celle de protéger à tous prix ses citoyens. Mais le prix est devenu trop élevé, et surtout, il est payé par les mauvaises personnes. Ce sont les classes moyennes et populaires qui subissent de plein fouet les conséquences des politiques européennes, pendant que les grandes entreprises et les banques profitent du grand marché et de la libre circulation des capitaux.

    Tout ce qui est fait au niveau européen est à peu près contre-productif. La Politique Agricole Commune détruit les petites exploitations au profit de l’agriculture industrielle. La politique de la concurrence empêche les États de soutenir leurs champions nationaux. La monnaie unique étrangle les économies du Sud sans permettre les ajustements nécessaires.

    Le projet européen actuel n’a aucune chance d’aboutir à quelque chose de satisfaisant. Il est trop destructeur des identités nationales, trop éloigné des préoccupations des peuples, trop soumis aux intérêts des lobbies et des multinationales. On construit une Europe hors-sol, déracinée, qui ne correspond à aucune réalité historique ou culturelle.

    Rendre le pouvoir aux nations : la seule solution

    Comprenez bien que nous n’avons pas besoin de casser l’Europe ou de sortir de l’Europe. Il suffit que l’Europe rende les pouvoirs aux nations. C’est la seule voie raisonnable pour éviter l’explosion finale.

    Les nations européennes ont mis des siècles à se construire. Elles correspondent à des réalités linguistiques, culturelles, historiques profondes. Vouloir les dissoudre dans un magma européen sans âme est non seulement impossible, mais dangereux. Les peuples ne l’accepteront pas.

    Ce qu’il faut, c’est revenir à une Europe des nations souveraines qui coopèrent librement sur des projets communs. Une Europe qui respecte les spécificités de chacun au lieu de vouloir tout uniformiser. Une Europe qui protège ses frontières extérieures au lieu de les ouvrir à tous vents. Une Europe qui défend ses intérêts face aux autres blocs économiques au lieu de se soumettre aux diktats du libre-échange mondialisé.

    Mais pour cela, il faudrait que nos élites acceptent de lâcher prise. Or, elles sont trop investies dans le projet européen actuel pour accepter de le remettre en cause. Elles préfèrent foncer dans le mur plutôt que de reconnaître leur erreur.

    La fuite des cerveaux et des capitaux : le sauve-qui-peut général

    Toute personne, morale ou physique, qui envisageait de réussir financièrement en Europe doit désormais fuir au risque de tout perdre. C’est le constat amer que je fais en observant ce qui se passe autour de moi.

    Les entrepreneurs partent à Londres, à Singapour, aux États-Unis. Les jeunes diplômés s’expatrient massivement. Les fortunes se délocalisent en Suisse ou au Luxembourg. C’est un exode massif des forces vives du continent, qui ne laissera derrière lui que les assistés et les fonctionnaires.

    La fiscalité européenne est devenue confiscatoire. Entre les charges sociales, l’impôt sur les sociétés, la TVA et maintenant l’écotaxe, il devient impossible de créer de la richesse en Europe. Les marges sont laminées, l’investissement découragé, l’innovation étouffée.

    Pendant ce temps, nos concurrents asiatiques et américains se frottent les mains. Ils récupèrent nos talents, nos entreprises, nos capitaux. L’Europe se suicide économiquement au nom d’idéaux fumeux de justice sociale et de protection de l’environnement.

    Détruire pour reconstruire : l’inéluctable refondation

    Tous ceux qui vous assurent qu’on peut construire l’Europe sans la détruire d’abord avant de recommencer vous mentent. Le système actuel est irréformable. Il est verrouillé par les traités, les institutions, les intérêts en place.

    Il faudra passer par une phase de destruction créatrice, comme disait Schumpeter. L’Union Européenne actuelle devra s’effondrer pour qu’autre chose puisse naître. Ce sera douloureux, chaotique, mais nécessaire.

    Les signes avant-coureurs sont déjà là. La montée des partis eurosceptiques partout en Europe. Les tensions entre le Nord et le Sud sur la politique monétaire. Les divergences entre l’Est et l’Ouest sur l’immigration. Les Bonnets Rouges en Bretagne. Tout cela annonce la grande déflagration à venir.

    La question n’est plus de savoir si l’Union Européenne va exploser, mais quand et comment. Sera-ce un éclatement violent, avec retour aux monnaies nationales et fermeture des frontières ? Ou une dissolution progressive et négociée ? Personne ne peut le dire.

    Ce qui est sûr, c’est que le statu quo n’est plus tenable. Les peuples n’en peuvent plus. Les économies s’effondrent. Les tensions montent. L’Europe des fous court à sa perte, et il est peut-être déjà trop tard pour éviter le crash final.

    Pour aller plus loin

    • « La faute de l’Europe ? » de Jean-Pierre Chevènement – Une analyse critique de la construction européenne par un ancien ministre
    • « L’Europe sans les peuples » de Coralie Delaume – Décryptage des mécanismes antidémocratiques de l’UE
    • « Le piège de l’euro » de Jean-Jacques Rosa – Les dysfonctionnements de la monnaie unique expliqués
    • Les rapports de la Cour des comptes européenne – Pour comprendre le gaspillage institutionnalisé
    • « Comprendre l’empire » d’Alain Soral – Une vision alternative de la construction européenne

    Sources et références

    • Directive 2011/76/UE du Parlement européen et du Conseil du 27 septembre 2011
    • Rapport de la Commission européenne sur l’élargissement (octobre 2013)
    • Données Eurostat sur le chômage en Europe (novembre 2013)
    • Étude de l’INSEE sur l’expatriation des jeunes diplômés français (2013)
    • Rapport du Sénat sur l’écotaxe poids lourds (septembre 2013)

    Photo : Olivier Darbonville / Unsplash

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  • Entrepreneur en France : entre passion et parcours du combattant
    Entrepreneur en France : entre passion et parcours du combattant
    L’entrepreneuriat en France ressemble à un parcours du combattant où la passion doit sans cesse lutter contre une administration kafkaïenne et des charges écrasantes. Pourtant, nous sommes des millions à persister, convaincus que créer de la valeur et de l’emploi reste notre meilleure contribution à la société.

    Je suis entrepreneur. Ce n’est pas juste mon métier, c’est ma fonction, mon identité, ma raison d’être professionnelle. Depuis plus de vingt ans dans la tech, j’ai connu les hauts et les bas, les succès et les galères. Mais jamais, au grand jamais, je n’ai ressenti une telle incompréhension entre nous, créateurs d’entreprises, et ceux qui nous gouvernent.

    Le mouvement des Pigeons : quand la coupe déborde

    Souvenez-vous, il y a un an à peine, en octobre 2012, naissait le mouvement des Pigeons. Des entrepreneurs de tous horizons se mobilisaient contre une taxation confiscatoire des plus-values de cession. Un mouvement spontané, viral, qui a fait trembler le gouvernement. Un an après, où en sommes-nous ? Les amendements se succèdent, les promesses aussi, mais sur le terrain, rien ne change vraiment.

    Les Pigeons ont eu le mérite de mettre en lumière une réalité que nous vivons au quotidien : l’incompréhension totale entre le monde politique et celui de l’entreprise. Quand un député parle d’ »entreprises socialistes », je me demande sincèrement de quoi il parle. Une entreprise n’a pas de couleur politique. Elle a une éthique, des valeurs, une mission, mais elle reste avant tout un organisme vivant qui doit générer de la valeur pour survivre et se développer.

    La réalité quotidienne de l’entrepreneur français

    Permettez-moi de vous dresser le portrait-robot de l’entrepreneur français en 2013. Il n’est pas ce patron du CAC 40 que certains aiment caricaturer. Non, dans l’immense majorité des cas, c’est :

    • Un artisan qui se lève à 5h du matin et ne compte pas ses heures
    • Un auto-entrepreneur qui lance sa startup depuis son garage
    • Un petit patron qui emploie 2 à 10 personnes et jongle avec la trésorerie
    • Un indépendant qui a quitté le salariat pour vivre de sa passion

    Ces hommes et ces femmes ne demandent qu’une chose : qu’on leur fasse confiance et qu’on libère leurs énergies. Ils ne réclament pas de subventions, juste qu’on arrête de leur mettre des bâtons dans les roues.

    Les charges : le boulet au pied

    Parlons chiffres, parlons vrai. En France, pour 100 euros de salaire net versé à un employé, l’entreprise débourse environ 180 euros. C’est l’un des taux de charges les plus élevés d’Europe. Comment voulez-vous être compétitif dans ces conditions ? Comment embaucher quand chaque recrutement représente un risque financier considérable ?

    Je l’affirme haut et fort : baissez significativement les charges, et nous embaucherons. C’est mathématique. Donnez-nous de la flexibilité, et nous créerons des emplois. Ce n’est pas de l’idéologie, c’est du bon sens économique.

    Le mythe de l’entrepreneur exploiteur

    J’entends parfois dire que les entrepreneurs veulent « pourrir la vie sociale » de leurs employés. Quelle aberration ! Nous ne rêvons que d’une chose : pouvoir embaucher, faire grandir nos équipes, partager l’aventure entrepreneuriale. Un entrepreneur qui maltraite ses salariés est un entrepreneur qui court à sa perte. Dans une PME, l’ambiance de travail, la motivation des équipes, c’est vital.

    L’urgence de la réindustrialisation

    La France se désindustrialise à vitesse grand V. Entre 2000 et 2012, nous avons perdu près d’un million d’emplois industriels. Pendant ce temps, l’Allemagne renforçait sa base industrielle. La différence ? Une politique cohérente de soutien aux entreprises, des charges maîtrisées, une formation professionnelle efficace.

    Il est infernal de constater qu’aucune mesure concrète n’est prise pour inciter les entrepreneurs à réindustrialiser le pays. On nous parle de « redressement productif », mais où sont les actes ? Les annonces ministérielles se succèdent, mais sur le terrain, rien ne bouge.

    Ce qu’il faudrait faire (vraiment)

    Voici ce que nous, entrepreneurs, attendons concrètement :

    • Baisser massivement les charges : au moins 30% pour retrouver de la compétitivité
    • Simplifier drastiquement l’administration : un guichet unique, des procédures en ligne
    • Stabiliser la fiscalité : stop aux changements permanents qui rendent toute projection impossible
    • Faciliter l’accès au financement : les banques ne prêtent qu’aux riches
    • Valoriser l’échec entrepreneurial : en France, on n’a pas le droit à l’erreur

    Le modèle de la petite boîte flexible

    L’immense majorité des entrepreneurs ne rêve pas de créer la prochaine multinationale. Nous voulons des structures à taille humaine, agiles, réactives. Le modèle de la petite boîte flexible, c’est :

    • Une équipe soudée de 5 à 50 personnes
    • Une capacité d’adaptation rapide aux marchés
    • Des circuits de décision courts
    • Une proximité avec les clients
    • Une culture d’entreprise forte

    C’est ce tissu de PME qui fait la force d’une économie. En Allemagne, le Mittelstand représente 60% des emplois. En France, on préfère favoriser les grands groupes et étouffer les petits.

    Entrepreneurs : gardons espoir malgré tout

    Malgré ce tableau sombre, je refuse de baisser les bras. Nous sommes des millions d’entrepreneurs en France, et notre énergie finira par triompher de l’inertie administrative. Le mouvement des Pigeons l’a montré : quand nous nous mobilisons, nous pouvons faire bouger les lignes.

    À tous les entrepreneurs qui me lisent, à ceux qui galèrent, qui doutent, qui sont tentés d’abandonner, je dis : tenez bon ! Notre pays a besoin de nous. Sans entrepreneurs, pas d’innovation, pas d’emplois, pas de croissance. Nous sommes le moteur de l’économie, même si certains politiques semblent l’oublier.

    L’entrepreneuriat, c’est une philosophie de vie. C’est croire qu’on peut changer les choses, créer de la valeur, améliorer le quotidien des gens. C’est accepter le risque, l’incertitude, les nuits blanches. Mais c’est aussi la liberté de construire, d’innover, de transmettre.

    Alors oui, être entrepreneur en France en 2013, c’est compliqué. Mais c’est aussi passionnant. Et je suis convaincu qu’un jour, notre pays comprendra enfin que les entrepreneurs ne sont pas le problème, mais la solution.

    Pour aller plus loin

    • Le mouvement des Pigeons : Retour sur la mobilisation historique des entrepreneurs français
    • Rapport Gallois sur la compétitivité : Les 22 mesures pour redresser l’industrie française
    • CroissancePlus : L’association des entrepreneurs de croissance
    • CGPME : La voix des PME françaises
    • « La France des entrepreneurs » de Denis Payre : Témoignage d’un serial entrepreneur

    Sources et références

    • INSEE : Emploi salarié dans l’industrie manufacturière (2000-2012)
    • Eurostat : Comparatif des charges sociales en Europe (2013)
    • Rapport du Conseil d’Analyse Économique sur l’entrepreneuriat (2013)
    • Baromètre Ernst & Young de l’entrepreneuriat (2013)

    Photo : Izhak Agency / Unsplash

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  • La hausse de la TVA au 1er janvier 2014 : chronique d’une catastrophe annoncée
    La hausse de la TVA au 1er janvier 2014 : chronique d’une catastrophe annoncée
    La hausse de la TVA prévue au 1er janvier 2014 va provoquer une inflation en cascade de 2 à 4% sur tous les prix. Dans un contexte où les prélèvements obligatoires atteignent déjà des niveaux records, cette mesure risque d’anéantir définitivement la consommation des ménages français.

    Dans exactement 34 jours, la France va connaître un choc fiscal majeur. Le passage de la TVA de 19,6% à 20% peut sembler anodin sur le papier – après tout, ce n’est « que » 0,4 point de plus. Mais derrière cette apparente modestie se cache une bombe à retardement pour le pouvoir d’achat des Français.

    Je vais vous expliquer pourquoi cette hausse va provoquer bien plus qu’une simple augmentation de 0,4% des prix. Et pourquoi, dans le contexte actuel de matraquage fiscal généralisé, elle pourrait être la goutte d’eau qui fera déborder le vase.

    L’effet domino : quand 0,4% devient 4%

    Commençons par déconstruire l’illusion des « petits » 0,4 points. En réalité, le passage de 19,6% à 20% représente une hausse de 2,04% du montant de la TVA elle-même. Mais c’est là que commence l’effet domino.

    Chaque entreprise de la chaîne de valeur va répercuter cette hausse, avec sa marge. Le transporteur augmente ses tarifs de 2%. Le grossiste répercute ces 2% plus sa propre hausse de TVA. Le détaillant fait de même. Au final, par ce jeu de cascade, les prix à la consommation vont augmenter de 2% en théorie, mais plutôt 4% en réalité.

    Et ce n’est pas moi qui le dis. C’est la mécanique implacable de la formation des prix dans une économie où chaque intermédiaire doit maintenir ses marges pour survivre.

    Le cocktail explosif : TVA + écotaxe + charges sociales

    Mais le pire, c’est que cette hausse de TVA n’arrive pas seule. Elle débarque en même temps que l’écotaxe, ce nouveau prélèvement sur le transport routier que les Bonnets Rouges combattent actuellement en Bretagne.

    Imaginez la situation : les transporteurs vont subir une double peine. D’un côté l’écotaxe qui augmente leurs coûts directs. De l’autre la hausse de la TVA sur le carburant, l’entretien, les péages. Tout cela sera évidemment répercuté sur les prix des marchandises transportées.

    Ajoutez à cela les charges sociales qui continuent leur progression inexorable, et vous obtenez un cocktail explosif pour l’inflation. Les entreprises n’auront d’autre choix que de répercuter l’intégralité de ces hausses sur leurs prix de vente.

    Les secteurs les plus touchés

    • L’alimentaire : déjà sous pression avec la hausse des matières premières
    • Le transport : cumul écotaxe + TVA sur carburant
    • Le BTP : hausse des matériaux et de la main d’œuvre
    • Les services : répercussion directe sur les tarifs

    La France championne du monde de la pression fiscale

    Cette hausse de TVA intervient dans un contexte où la France détient déjà des records peu enviables. Selon les derniers chiffres de l’OCDE, notre pays affiche un taux de prélèvements obligatoires de 45% du PIB en 2013, contre 34% en moyenne dans les pays développés.

    Mais la réalité est encore plus sombre. Quand on additionne l’ensemble des taxes, charges et prélèvements directs et indirects, on arrive plutôt à 60% de ponction sur la richesse créée. Et si on y ajoute l’inflation et les prélèvements déguisés, on frôle les 75%.

    Comment voulez-vous que l’économie respire dans ces conditions ? Comment les entreprises peuvent-elles investir ? Comment les ménages peuvent-ils consommer ?

    Une spirale mortifère

    Le problème fondamental, c’est que nous sommes entrés dans une spirale mortifère. Plus l’État augmente les impôts pour combler ses déficits, plus l’économie ralentit. Plus l’économie ralentit, moins il y a de rentrées fiscales. Moins il y a de rentrées fiscales, plus l’État augmente les impôts.

    Cette logique absurde nous mène droit dans le mur. Les efforts fiscaux demandés aux Français sont systématiquement annulés par leurs contre-effets récessifs. C’est mathématique.

    L’alternative que personne ne veut entendre

    Pourtant, la solution existe. Elle est même d’une simplicité biblique : il faut BAISSER les impôts, pas les augmenter. Baisser la TVA au lieu de l’augmenter. Baisser les charges au lieu de les alourdir.

    Voici ce que devrait être une vraie réforme fiscale courageuse :

    • TVA à 5% sur la main d’œuvre pour relancer l’emploi
    • TVA à 10% sur les produits locaux pour favoriser les circuits courts
    • TVA à 15% sur les importations pour protéger notre industrie

    Cette modulation permettrait de relancer la consommation tout en favorisant la production nationale. Mais évidemment, cela suppose de remettre en cause le dogme de l’augmentation perpétuelle des dépenses publiques.

    La grève de l’impôt : l’arme ultime ?

    Face à cette dérive, une idée fait son chemin : la grève de l’impôt. Combien faudrait-il de contribuables en contentieux pour paralyser complètement l’administration fiscale ? Les chiffres donnent le vertige.

    Avec 37 millions de foyers fiscaux et seulement quelques milliers d’agents du fisc pour traiter les contentieux, il suffirait que 5% des contribuables entrent en résistance pour créer un embouteillage administratif ingérable.

    Je ne dis pas qu’il faut le faire. Je dis simplement que mathématiquement, le système est vulnérable. Et que si la pression fiscale continue d’augmenter, cette option pourrait devenir tentante pour de plus en plus de Français.

    Les Bonnets Rouges : un avertissement ignoré

    Le mouvement des Bonnets Rouges en Bretagne devrait pourtant servir d’avertissement. Ces entrepreneurs, salariés, agriculteurs qui se révoltent contre l’écotaxe ne sont que l’avant-garde d’un ras-le-bol fiscal généralisé.

    Mais que font-ils sur la hausse de la TVA ? Rien. Silence radio. Pourtant, cette mesure aura un impact bien plus dévastateur que l’écotaxe sur le pouvoir d’achat des Français.

    2014 : l’année du grand basculement ?

    Dans 34 jours, nous entrerons dans une nouvelle ère fiscale. Une ère où la ponction de l’État sur l’économie réelle dépassera tous les seuils psychologiques et économiques soutenables.

    Les conséquences seront immédiates : effondrement de la consommation, faillites en cascade dans le commerce, explosion du chômage. Et face à la baisse des recettes qui en résultera, que fera le gouvernement ? Il augmentera encore les impôts, évidemment.

    Cette fuite en avant ne peut avoir qu’une seule issue : un shutdown fiscal généralisé, suivi d’un blackout économique systémique. Quand les contribuables n’en pourront plus, quand les entreprises mettront la clé sous la porte les unes après les autres, le château de cartes s’effondrera.

    La vérité, c’est qu’au lieu d’augmenter les impôts, l’État devrait avoir le courage de s’attaquer à ses vrais problèmes : la dette et ses intérêts qui nous étranglent.

    Pourquoi l’État ne contraint-il pas ses créanciers à baisser les taux d’intérêt de la dette ? Pourquoi continue-t-il à verser 50 milliards d’euros par an d’intérêts, soit l’équivalent du budget de l’Éducation nationale ?

    Mais non, il est plus facile de pressurer toujours plus les classes moyennes et les actifs. Plus facile de tuer la poule aux œufs d’or que de s’attaquer aux vrais privilèges.

    Conclusion : le compte à rebours a commencé

    Dans 34 jours, la TVA passera à 20%. Ce sera le début de la fin pour des millions de Français déjà asphyxiés par la pression fiscale. Les prix vont flamber, la consommation va s’effondrer, et la spirale récessive va s’accélérer.

    Il est encore temps d’annuler cette mesure suicidaire. Mais qui aura le courage de le faire ? Certainement pas le gouvernement actuel, empêtré dans ses contradictions et son idéologie fiscaliste.

    Alors préparez-vous. Serrez les ceintures. Et surtout, n’oubliez pas : les impôts augmenteront, et ne cesseront plus d’augmenter, pour des années et des années. Jusqu’à ce que le système implose.

    Est-ce vraiment cela, l’avenir que nous voulons ?

    Pour aller plus loin

    • Rapport de la Cour des Comptes 2013 sur l’évolution des prélèvements obligatoires en France
    • Étude INSEE sur l’impact de la TVA sur les prix à la consommation (octobre 2013)
    • Les Échos – Dossier spécial sur la réforme fiscale (novembre 2013)
    • OCDE – Statistiques des recettes publiques 2013 – Comparaison internationale de la pression fiscale
    • Mouvement des Bonnets Rouges – Comprendre la révolte fiscale bretonne

    Sources et références

    • OCDE, Statistiques des recettes publiques 1965-2012, édition 2013
    • INSEE, Note de conjoncture, octobre 2013
    • Cour des Comptes, Rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques, juin 2013
    • Ministère de l’Économie et des Finances, Projet de loi de finances 2014

    Photo : Sébastien Ramage / Unsplash

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  • La France face à ses démons : entre déni de racisme et montée des tensions communautaires
    La France de 2013 se déchire sur la question du racisme, entre ceux qui dénoncent une société discriminante et ceux qui défendent l’universalisme républicain. Cette polarisation cache une réalité plus complexe : celle d’une société méfiante qui voit resurgir ses vieux démons.

    Je suis choqué par ce qui se passe en ce moment dans notre pays. D’un côté, on entend des voix s’élever pour dénoncer un racisme systémique qui gangrènerait la France. De l’autre, une majorité silencieuse qui s’indigne de ces accusations et défend l’idée d’une République colorblind. Au milieu de ce brouhaha médiatique et politique, une réalité s’impose : la France est en train de fracturer sur des lignes communautaires qu’on croyait dépassées.

    L’instrumentalisation politique du racisme

    Soyons clairs : ceux qui traitent les Français de racistes savent pertinemment que la France n’est pas un pays raciste. C’est une stratégie politique délibérée dont l’objectif principal est d’atteindre le Front National. En agitant le spectre du racisme généralisé, on espère mobiliser l’électorat contre l’extrême droite. Mais cette tactique est dangereuse.

    Elle crée un climat de suspicion permanente où chaque désaccord, chaque tension, chaque fait divers est immédiatement interprété sous le prisme racial. Cette grille de lecture systématique empoisonne le débat public et paradoxalement, elle fait le jeu de ceux qu’elle prétend combattre. Car à force de crier au loup, on finit par le faire venir.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, la France reste l’un des pays les plus tolérants d’Europe. 87% des Français considèrent que les citoyens français, quelle que soit leur origine, sont Français à part entière. Ces données contredisent le discours ambiant qui voudrait faire de notre pays un bastion du racisme.

    La réactivation des démons français

    Pourtant, je ne peux nier ce que j’observe depuis douze mois. La France réactive effectivement ses démons. L’homophobie s’est déchaînée lors des débats sur le mariage pour tous. Le racisme anti-noir refait surface dans certains discours. Et je crains que nous n’assistions bientôt à une montée du sentiment anti-musulman, voire à un retour de l’antisémitisme.

    Cette séquence n’est pas le fruit du hasard. Elle s’inscrit dans un contexte de crise économique profonde où les boucs émissaires sont facilement désignés. Le chômage atteint des records, le pouvoir d’achat s’effondre, et l’ascenseur social est en panne. Dans ce climat anxiogène, les réflexes de repli communautaire se multiplient.

    L’affaire récente de Minute Hebdo illustre parfaitement cette dérive. Que ce torchon puisse encore publier des unes ouvertement racistes en 2013 est proprement scandaleux. Il n’y a pas de place pour ce type de discours dans la République française. Mais condamner ces dérives ne doit pas nous conduire à généraliser et à stigmatiser l’ensemble de la population.

    Entre racisme et méfiance : la nuance nécessaire

    Car comprenez bien que la France n’est pas raciste, la France est méfiante. Cette distinction est fondamentale. La méfiance naît de l’incompréhension, de la peur de l’inconnu, des difficultés économiques. Elle peut être combattue par le dialogue, l’éducation, la mixité sociale. Le racisme, lui, est une idéologie de la haine qui hiérarchise les êtres humains selon leur supposée race.

    Cette méfiance s’explique par plusieurs facteurs :

    • La concentration de populations immigrées dans certains quartiers crée des ghettos où la mixité disparaît
    • Les difficultés d’intégration économique alimentent les tensions sociales
    • Les discours politiques anxiogènes sur l’identité nationale exacerbent les peurs
    • La médiatisation excessive des faits divers à connotation ethnique renforce les préjugés

    Face à cette méfiance grandissante, la tentation est grande de se replier sur sa communauté d’origine. C’est un cercle vicieux qui ne fait qu’aggraver les fractures. Au lieu de construire ensemble une société apaisée, on assiste à une balkanisation progressive du tissu social français.

    Le spectre du communautarisme

    Le danger qui nous guette, c’est le communautarisme. Quand chaque groupe se replie sur lui-même, quand on commence à opposer les Français blancs aux Français noirs ou maghrébins, on détruit le pacte républicain. La France s’est construite sur l’idée d’une citoyenneté qui transcende les origines. C’est ce modèle qui est aujourd’hui menacé.

    Les signaux d’alarme se multiplient. Dans certains quartiers, on observe une ségrégation de fait. Les commerces communautaires se développent, créant des économies parallèles. Les mariages mixtes, baromètre de l’intégration, stagnent voire reculent dans certaines communautés. Le vivre-ensemble devient un slogan vide de sens quand on ne vit plus ensemble.

    Cette dérive n’est pas l’apanage d’une seule communauté. Elle touche aussi bien les populations d’origine immigrée qui se sentent rejetées que les Français dits « de souche » qui se sentent dépossédés. Chacun cultive ses griefs, nourrit ses rancœurs, et le dialogue devient impossible.

    Les conséquences géopolitiques du malaise français

    Ce qui m’inquiète particulièrement, ce sont les répercussions internationales de ces tensions. Comprenez bien qu’être Français blanc en Afrique noire va devenir véritablement plus dangereux dans les années à venir. Le passé colonial de la France, mal digéré des deux côtés de la Méditerranée, ressurgit avec violence.

    Les interventions militaires françaises en Afrique, même justifiées par des impératifs sécuritaires, sont de plus en plus perçues comme du néo-colonialisme. Cette perception est alimentée par les discours victimaires qui présentent la France comme une puissance prédatrice. Le résultat ? Une hostilité croissante envers les ressortissants français, particulièrement en Afrique subsaharienne.

    Cette situation est d’autant plus préoccupante que la France a des intérêts économiques et stratégiques majeurs sur le continent africain. Si le climat continue à se dégrader, c’est toute notre politique africaine qui devra être repensée. Sans compter les conséquences pour les dizaines de milliers de Français qui vivent et travaillent en Afrique.

    Sortir de l’impasse

    Face à ce tableau sombre, que faire ? D’abord, cesser les postures et les anathèmes. Ni angélisme béat, ni diabolisation systématique. La France a des problèmes de discrimination, c’est indéniable. Mais elle n’est pas ce pays raciste que certains dépeignent avec complaisance.

    Ensuite, il faut s’attaquer aux vraies causes du malaise :

    • Lutter contre la ségrégation territoriale en favorisant la mixité sociale
    • Combattre les discriminations à l’embauche par des politiques volontaristes
    • Réformer l’école pour qu’elle redevienne un ascenseur social
    • Valoriser les parcours de réussite issus de la diversité
    • Sanctionner fermement les actes et propos racistes

    Mais au-delà de ces mesures techniques, c’est un changement de mentalité qu’il faut opérer. Arrêter de voir l’autre comme une menace. Cesser de cultiver la victimisation. Retrouver ce qui nous unit plutôt que ce qui nous divise. Bref, renouer avec l’idéal républicain d’une nation unie dans sa diversité.

    La route sera longue et difficile. Les blessures sont profondes, les méfiances tenaces. Mais nous n’avons pas le choix. Soit nous parvenons à reconstruire un pacte social inclusif, soit nous nous enfonçons dans une spirale de tensions communautaires dont personne ne sortira gagnant. À nous de choisir.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Pour aller plus loin

    Sources et références

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  • La France face au miroir déformant du racisme : entre réalité et instrumentalisation
    La France face au miroir déformant du racisme : entre réalité et instrumentalisation
    La France traverse une période de tensions identitaires où l’accusation de racisme devient une arme politique. Pourtant, après 20 ans de voyages, je constate que notre pays reste l’un des moins racistes au monde, même si la méfiance grandit dangereusement.

    Le débat sur le racisme en France me met profondément mal à l’aise. Non pas parce que je nie l’existence de comportements racistes – ils existent, c’est indéniable – mais parce que je vois comment cette question légitime est instrumentalisée à des fins politiques douteuses. Après plus de vingt années passées à voyager à travers le monde, à observer comment les différentes sociétés gèrent leur diversité, je peux affirmer une chose : la France n’est pas le pays raciste que certains dépeignent avec complaisance.

    Un constat forgé par l’expérience internationale

    Quand on a parcouru l’Asie, l’Afrique, les Amériques, quand on a vécu la ségrégation de fait dans certains pays du Golfe, les tensions ethniques en Europe de l’Est ou les discriminations systémiques dans certaines démocraties qu’on pensait exemplaires, on relativise forcément. La France, avec tous ses défauts, reste un pays où le vivre-ensemble fonctionne globalement bien.

    Prenez n’importe quelle grande ville française. Vous y verrez des couples mixtes, des amitiés inter-ethniques, des quartiers où cohabitent des populations d’origines diverses. C’est banal chez nous. C’est exceptionnel dans beaucoup d’autres pays. Cette réalité quotidienne, on l’oublie trop souvent au profit d’incidents certes condamnables mais qui ne reflètent pas la norme.

    Le peuple français a cette particularité d’avoir intégré, au fil des siècles, des vagues successives d’immigration. Italiens, Polonais, Espagnols, Portugais, Maghrébins, Africains subsahariens, Asiatiques… Tous ont fini par trouver leur place dans le creuset républicain. Pas sans heurts, pas sans difficultés, mais avec un succès relatif qu’on ne retrouve pas partout.

    L’instrumentalisation politique du racisme

    Ce qui me révolte, c’est de voir comment certains militants et responsables politiques utilisent l’accusation de racisme comme une massue. Ils savent pertinemment que la France n’est pas fondamentalement raciste, mais c’est un moyen efficace d’atteindre leurs adversaires politiques, notamment le Front National.

    Cette stratégie est doublement perverse. D’abord, elle banalise le vrai racisme, celui qui discrimine, qui exclut, qui humilie. Ensuite, elle alimente précisément ce qu’elle prétend combattre : à force de traiter de racistes des gens qui ne le sont pas, on finit par créer du ressentiment et de la défiance.

    Quand des personnalités médiatiques comme Rokhaya Diallo dépeignent la France comme un pays structurellement raciste, je suis consterné. Non seulement c’est faux, mais c’est contre-productif. Comment voulez-vous construire une société apaisée si vous passez votre temps à monter les uns contre les autres ?

    Les vrais racistes : une minorité à combattre

    Soyons clairs : le racisme existe en France. Des publications comme Minute en sont la preuve ignoble. Ces torchons n’ont pas leur place dans notre République. Mais justement, le fait qu’ils suscitent l’indignation générale montre bien que leurs idées sont rejetées par l’immense majorité des Français.

    Le danger, c’est de confondre cette frange extrémiste avec l’ensemble de la population. C’est de prendre quelques incidents isolés pour en faire une généralité. C’est surtout de ne pas voir que derrière ce qu’on appelle trop vite du racisme, il y a souvent de la méfiance.

    Méfiance n’est pas racisme

    La France n’est pas raciste, elle est méfiante. Nuance capitale. Cette méfiance s’explique par plusieurs facteurs :

    • La crise économique qui fragilise les plus modestes et crée des tensions
    • Les problèmes d’intégration dans certains quartiers
    • La montée de revendications communautaires perçues comme une menace pour le modèle républicain
    • Les attentats et la menace terroriste qui créent un climat d’anxiété

    Cette méfiance n’est pas dirigée contre des personnes en raison de leur couleur de peau, mais contre des comportements, des attitudes, des revendications perçues comme incompatibles avec nos valeurs communes.

    La réactivation inquiétante des vieux démons

    Ce qui m’inquiète vraiment, c’est la dynamique que je vois à l’œuvre depuis un an. Comme si la France réactivait ses vieux démons dans un ordre presque prévisible. D’abord l’homophobie avec les manifestations contre le mariage pour tous. Puis le racisme anti-noir qui refait surface. Bientôt, je le crains, ce sera au tour de l’islamophobie de monter en puissance, suivie inévitablement par l’antisémitisme.

    C’est un engrenage dangereux. Chaque forme de haine en alimente une autre. Chaque polémique en prépare la suivante. Et pendant ce temps, on oublie l’essentiel : construire ensemble un avenir commun.

    Le piège de la concurrence victimaire

    Un des aspects les plus pernicieux de cette situation, c’est la mise en concurrence des souffrances et des discriminations. Chaque communauté revendique sa part de reconnaissance, son statut de victime, ses réparations spécifiques. Cette logique fragmente la société au lieu de la rassembler.

    Au lieu de chercher ce qui nous unit, on cultive ce qui nous divise. Au lieu de construire un récit national inclusif, on multiplie les récits communautaires exclusifs. C’est une impasse.

    Les risques pour l’avenir

    Si nous continuons sur cette pente, les conséquences seront désastreuses. Je vois déjà les prémices d’un phénomène inquiétant : le développement d’un racisme anti-blanc dans certains milieux. C’est marginal pour l’instant, mais ça existe.

    Plus grave encore, cette tension permanente autour des questions raciales risque d’avoir des répercussions internationales. Être Français blanc en Afrique noire pourrait devenir plus compliqué dans les années à venir si nous ne parvenons pas à apaiser le débat chez nous. L’image de la France à l’étranger se dégrade, alimentée par nos propres polémiques internes.

    Le paradoxe, c’est que nous risquons de devenir ce que nous n’étions pas : un pays où les tensions raciales deviennent structurantes. À force de parler de racisme, de voir du racisme partout, de tout interpréter sous ce prisme, nous finissons par le créer.

    Retrouver le chemin de l’apaisement

    Comment sortir de cette spirale ? D’abord en retrouvant de la mesure dans nos débats. Arrêtons de crier au racisme à tout bout de champ. Réservons ce mot grave aux situations qui le méritent vraiment.

    Ensuite, valorisons ce qui fonctionne plutôt que de nous focaliser sur ce qui dysfonctionne. La France a réussi des choses remarquables en matière d’intégration. Nos équipes sportives, nos entreprises, nos institutions comptent des talents de toutes origines. C’est une richesse, célébrons-la.

    Enfin, refusons l’instrumentalisation politique de ces questions. Que ce soit pour gagner des voix en flattant les peurs ou pour disqualifier des adversaires en les traitant de racistes, ces stratégies sont toxiques pour notre démocratie.

    La France n’est pas parfaite. Aucun pays ne l’est. Mais elle reste, malgré tout, un des endroits au monde où des gens d’origines, de couleurs, de religions différentes peuvent vivre ensemble dans une relative harmonie. Ne gâchons pas cet acquis précieux par des polémiques stériles et des instrumentalisations politiciennes.

    Le vrai combat contre le racisme passe par l’éducation, par la rencontre, par le dialogue. Pas par l’anathème et la division. C’est en construisant ensemble que nous vaincrons les préjugés, pas en nous déchirant sur des questions identitaires.

    Pour aller plus loin

    Sources et références

    Photo : Alice Triquet / Unsplash

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  • L’entrepreneur face à l’État : pourquoi je défends un modèle de flexibilité responsable
    L’entrepreneur face à l’État : pourquoi je défends un modèle de flexibilité responsable
    Les entrepreneurs français étouffent sous le poids des charges et des contraintes administratives. Entre les discours idéologiques déconnectés et les promesses non tenues, il est temps de proposer un modèle économique pragmatique qui permette vraiment de créer des emplois.

    Je viens d’avoir un échange musclé sur Twitter avec des militants d’extrême gauche qui m’expliquent doctement comment je devrais gérer mon entreprise. Des gens qui n’ont jamais créé un seul emploi, jamais pris le moindre risque, mais qui savent mieux que nous, entrepreneurs, comment fonctionne l’économie réelle. Cette déconnexion totale entre le discours politique et la réalité du terrain me pousse à prendre la plume.

    Car oui, je suis entrepreneur depuis plus de vingt ans. J’ai créé des entreprises, embauché des dizaines de personnes, traversé des crises. Et aujourd’hui, en cette fin 2013, je vois mes confrères entrepreneurs désespérer face à un système qui les étouffe progressivement.

    Le mouvement des Pigeons : symptôme d’un mal profond

    Souvenez-vous, il y a tout juste un an, en octobre 2012, naissait le mouvement des Pigeons. Des entrepreneurs qui se révoltaient contre le projet de taxation des plus-values de cession à 60%. Un mouvement spontané, né sur les réseaux sociaux, qui a fait reculer le gouvernement. Mais au-delà de cette victoire symbolique, qu’est-ce qui a vraiment changé ?

    Les amendements se succèdent, les promesses aussi. Notre ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, multiplie les annonces. Mais sur le terrain, rien ne bouge. Les charges restent écrasantes, les contraintes administratives toujours plus lourdes, et les entrepreneurs continuent de fermer boutique.

    Le problème, c’est que nos politiques ne comprennent pas ce qu’est vraiment un entrepreneur. Ils voient en nous soit des exploiteurs capitalistes assoiffés de profit, soit des vaches à lait fiscales. Jamais ils ne perçoivent la réalité : nous sommes des créateurs d’emplois, des preneurs de risques, des passionnés qui investissent leur temps, leur argent et souvent leur santé dans des projets économiques.

    La petite boîte flexible : le modèle qui fonctionne

    Quand je défends le modèle de la « petite boîte flexible », on m’accuse immédiatement de vouloir précariser les salariés. C’est une vision totalement erronée de la réalité entrepreneuriale. Ce que nous voulons, c’est pouvoir embaucher sans prendre le risque de mettre la clé sous la porte si l’activité ralentit.

    Regardez les chiffres : en France, 90% des entreprises ont moins de 10 salariés. Ces TPE représentent près de 20% de l’emploi total. Elles sont le tissu économique de nos territoires, créent de la proximité, de l’innovation, du lien social. Mais elles sont aussi les plus fragiles face aux rigidités du système.

    Les freins à l’embauche : une réalité quotidienne

    Contrairement à ce que prétendent certains idéologues, les entrepreneurs ne rêvent que de pouvoir embaucher ! Mais voilà la réalité :

    • Un SMIC chargé coûte près de 1 600 euros par mois à l’employeur
    • Les procédures de licenciement peuvent durer des mois et coûter des fortunes
    • La complexité administrative décourage les plus motivés
    • L’incertitude juridique permanente paralyse la prise de décision

    Dans ces conditions, comment s’étonner que les entrepreneurs hésitent à recruter ? Ce n’est pas par manque d’éthique ou par volonté d’exploiter, c’est par simple survie économique.

    L’absurdité des « entreprises socialistes »

    J’ai failli m’étouffer quand on m’a parlé d’ »entreprises socialistes » comme modèle alternatif. De quoi parle-t-on exactement ? Des coopératives ? Des entreprises publiques ? Des structures subventionnées qui survivent grâce à l’argent du contribuable ?

    Je préfère mille fois des entrepreneurs ayant une éthique, qui créent de la valeur réelle, qui innovent, qui prennent des risques avec leur propre argent. La propriété privée n’est pas un gros mot, c’est le moteur de la créativité, de la passion, de la motivation et de l’ambition.

    Regardez les pays qui ont supprimé la propriété privée : où sont leurs innovations ? Où sont leurs success stories ? L’URSS a-t-elle créé Google ? La Chine de Mao a-t-elle inventé l’iPhone ? Non, l’innovation naît de la liberté d’entreprendre, du droit de propriété, de la possibilité de récolter les fruits de son travail.

    L’éthique entrepreneuriale : une réalité méconnue

    Ce que les politiques ne comprennent pas, c’est que la grande majorité des entrepreneurs ont une éthique forte. Nous ne sommes pas des rapaces sans scrupules. Nous avons des valeurs :

    • Le respect de nos salariés, qui sont notre première richesse
    • La satisfaction de nos clients, sans laquelle nous disparaissons
    • L’ancrage territorial, car nous vivons là où nous travaillons
    • La transmission, car nous voulons que nos entreprises nous survivent

    Mais cette éthique doit s’exercer dans un cadre économique viable. On ne peut pas demander aux entrepreneurs d’être des philanthropes tout en les écrasant de charges et de contraintes.

    Le modèle gagnant-gagnant : une solution pragmatique

    Quand Ségolène Royal évoque un fonctionnement « gagnant-gagnant » avec les entrepreneurs, elle touche juste. Mais pour que ce modèle fonctionne, il faut des mesures concrètes, pas des discours.

    Voici ce que nous demandons vraiment :

    • Une baisse significative des charges : pas des mesurettes, mais une vraie réduction qui permette d’embaucher
    • Une simplification administrative radicale : un guichet unique, des procédures allégées
    • Une flexibilité encadrée : pouvoir adapter les effectifs sans mettre en péril l’entreprise
    • Une stabilité fiscale : arrêter de changer les règles du jeu en permanence

    En échange, nous sommes prêts à nous engager sur l’emploi, la formation, l’investissement. Mais il faut nous en donner les moyens !

    L’exemple allemand : pragmatisme vs idéologie

    Regardez l’Allemagne : les réformes Hartz ont permis de créer un marché du travail plus flexible tout en maintenant une protection sociale. Le taux de chômage est passé de 11% en 2005 à moins de 6% aujourd’hui. Les entreprises embauchent, l’économie tourne, et les salariés trouvent du travail.

    Ce n’est pas du « néolibéralisme sauvage », c’est du pragmatisme économique. On peut critiquer certains aspects de ces réformes, mais force est de constater qu’elles fonctionnent mieux que notre immobilisme français.

    L’urgence d’agir : des entrepreneurs au bord du gouffre

    Chaque jour, je reçois des messages d’entrepreneurs en détresse. Des hommes et des femmes qui ont tout investi dans leur projet et qui voient leur rêve s’écrouler sous le poids des charges et des contraintes. Le taux de défaillances d’entreprises explose : plus de 60 000 en 2013, un record depuis 2009.

    Derrière ces chiffres, ce sont des vies brisées, des familles en difficulté, des salariés au chômage. Et pendant ce temps, nos politiques débattent de concepts abstraits, d’ »entreprises socialistes » ou de « justice fiscale », sans voir la réalité du terrain.

    Il est urgent de changer de paradigme. Non pas en abandonnant toute protection sociale, mais en créant un système qui permette vraiment de créer de l’emploi et de la richesse. Un système où l’entrepreneur n’est plus vu comme l’ennemi mais comme un partenaire du développement économique.

    L’entrepreneur en politique : une nécessité démocratique

    Je suis convaincu que l’avenir passe par l’entrée des entrepreneurs en politique. Non pas les grands dirigeants du CAC 40 qui sont déjà bien représentés dans les cercles du pouvoir, mais les vrais entrepreneurs, ceux qui connaissent la réalité du terrain.

    Nous avons besoin de voix qui portent l’expérience concrète de la création d’entreprise, de la gestion des ressources humaines, de la confrontation quotidienne avec l’administration. Des voix qui peuvent expliquer pourquoi telle mesure est inapplicable, pourquoi telle réforme va dans le mur.

    C’est notre responsabilité collective d’entrepreneurs de nous engager, de porter nos idées, de défendre notre vision d’une économie dynamique et responsable. Les mouvements comme les Pigeons montrent que nous pouvons nous mobiliser. Il faut maintenant passer à l’étape suivante : proposer et construire.

    Un nouveau contrat social entrepreneurial

    Ce que je propose, c’est un nouveau contrat social entre les entrepreneurs, l’État et la société :

    • Les entrepreneurs s’engagent à créer de l’emploi durable, à former leurs salariés, à respecter l’environnement
    • L’État s’engage à alléger les charges et les contraintes, à simplifier les procédures, à stabiliser la fiscalité
    • La société reconnaît le rôle positif de l’entrepreneur et accepte une certaine flexibilité en échange de création d’emplois

    Ce n’est pas de l’ultralibéralisme, c’est du bon sens économique. Un système où chacun y trouve son compte, où l’on sort des postures idéologiques pour entrer dans le pragmatisme.

    Bref. La France a besoin de ses entrepreneurs. Nous sommes prêts à jouer notre rôle, à prendre nos responsabilités, à créer de l’emploi et de la richesse. Mais il faut nous en donner les moyens. Les discours ne suffisent plus, les mesurettes non plus. Il faut une vraie révolution culturelle qui reconnaisse enfin l’entrepreneur pour ce qu’il est : un acteur essentiel du développement économique et social de notre pays.

    La balle est dans le camp du politique. Soit ils continuent à nous voir comme des ennemis à abattre ou des vaches à traire, et la France continuera son déclin économique. Soit ils acceptent de travailler avec nous, et nous pourrons ensemble construire une économie dynamique, créatrice d’emplois et socialement responsable. Le choix leur appartient. Mais le temps presse, et les entrepreneurs n’attendront pas éternellement.

    Pour aller plus loin

    • Le mouvement des Pigeons – Retrouvez l’histoire et les revendications du mouvement sur les réseaux sociaux #pigeons
    • « La France des petits patrons » de Sophie Boutillier et Dimitri Uzunidis – Une analyse sociologique de l’entrepreneuriat en France
    • Les rapports de l’INSEE sur les TPE-PME – Pour comprendre le poids réel des petites entreprises dans l’économie française
    • « L’entrepreneur face à l’État » de François Hurel – Un témoignage d’entrepreneur devenu parlementaire
    • Les études de l’APCE (Agence Pour la Création d’Entreprises) – Des données concrètes sur la création d’entreprise en France

    Sources et références

    • INSEE – Tableaux de l’économie française, édition 2013
    • Rapport Gallois sur la compétitivité, novembre 2012
    • Baromètre Ernst & Young de l’entrepreneuriat 2013
    • Données Banque de France sur les défaillances d’entreprises
    • Études OCDE sur l’emploi et le marché du travail, 2013

    Photo : Nick Sorockin / Unsplash

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