• Le renseignement, un élément décisif contre le terrorisme, au delà de la menace nucléaire

    Lors d’une conférence donnée depuis une base militaire stratégique française en janvier 2006, Jacques Chirac, Président de la République Française, et donc également Commandant Des Armées a rappelé que s’il était avéré qu’un état ou qu’un gouvernement terroriste attaquait la France, la réponse pourrait être nucléaire. Selon lui, la France n’est pas à l’abri de « surprises et autres retournements stratégiques internationaux ». La situation mondiale sur le plan des crises étant plus tendue que jamais, en cas de conflit, l’arme nucléaire française pourrait être utilisée pour la défense du pays et de ses alliés, de manière ciblée a-t-il précisé.

    Le ton est donné. La menace nucléaire militaire, c’est rien de moins que le plus haut niveau défensif. Autant dire que si Jacques Chirac évoque l’arme nucléaire aussi directement et ouvertement, la menace terroriste est non seulement bien réelle, mais également à son plus haut niveau, et très proche de nous. En allant plus loin, quand on analyse les propos du Président, on s’aperçoit qu’il ne cherche plus réellement à utiliser le pouvoir historique et dissuasif du nucléaire, probablement parce qu’il sait que ce pouvoir n’en est plus vraiment un dans un monde où presque tous nos ennemis identifiés disposent potentiellement d’un armement nucléaire plus ou moins légal, mais qu’il évoque la réponse défensive, le stade opérationnel, l’usage de bombes nucléaires, de bombardements de missiles nucléaires, très concrètement.

    Une fois de plus dans l’histoire, et seulement quelques années après la fin de la guerre froide, l’Humanité frôle l’irréparable.

    Nous pouvons nous poser certaines questions bien légitimes : ceux qui, partout, cherchent à nous nuire, ceux qui cherchent à saboter, harceler, terroriser le système occidental libre et ses peuples libres, les gouvernements terroristes entendent-ils le message de Chirac? Comment réagiront-ils à de telles menaces? Les « populations terroristes » vont-elles cesser d’envisager de nous perturber, de nous attaquer et de nous saboter pour autant? Le terrorisme mondial va-t-il trembler en écoutant les propos d’un Président Chirac, aussi respectable soit-il. A mon sens, probablement pas, bien au contraire.

    Je crois qu’il est juste, réaliste et honnête d’affirmer que le terrorisme est en passe d’atteindre son objectif.

    Même si le nucléaire reste dissuasif contre des états et des gouvernements structurés et intégrés qui ont une conscience de leur responsabilité sur le plan international, la réponse nucléaire défensive à une attaque terroriste n’est pas du tout adaptée, car elle interviendra dans tous les cas à posteriori d’une offensive terroriste, forcément dramatique pour ceux qui la subiront.

    Gardons toujours à l’esprit que les extrémistes qui pratiquent le terrorisme dans ses actions les plus violentes, les plus sournoises et les plus extraordinaires n’ont souvent rien à perdre, et tellement à gagner à entretenir la déstabilisation. Soyons réalistes, l’utilisation nucléaire contre le terrorisme déstabilisera durablement le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

    Je ne dis pas qu’il ne faudra jamais utiliser le nucléaire en réponse à une action terroriste majeure, je dis que quand nous l’utiliserons, il sera hélas déjà trop tard pour nombre d’entre nous. Bien entendu que dans l’idéal, il ne faudrait jamais avoir à utiliser l’arme nucléaire.

    Un état doit pouvoir disposer d’une réponse militaire adaptée à une menace extérieure sérieuse, l’arme nucléaire face au terrorisme international est une réponse adaptée uniquement dans la pire des hypothèses, tout en ne résolvant rien au problème de fond.

    Je pense qu’il faut regarder la menace terroriste bien en face, avec tout le sérieux qu’elle mérite. Je suis inquiet et perplexe quand j’entends des spécialistes, des militaires, des politiciens, des stratèges déclarer qu’il ne faut pas craindre les terroristes, qu’ils ne nous effraient pas, que nous ne fléchirons jamais face au terrorisme, que nous ne négocierons pas avec les terroristes, et que nous gagnerons le combat quoi qu’il arrive, dans un conflit mondial que nous n’avons pas voulu.

    En théorie, de tels propos sont cohérents, mais en pratique, c’est l’inverse qui se produit.

    D’une manière générale, il ne faut jamais négliger ou sous-estimer son ennemi. En matière de terrorisme, je dirais qu’il faut plus que jamais craindre son ennemi, le prendre très au sérieux, le redouter tant il est violent, sournois, capable du pire voire de l’impensable. Le terroriste n’est pas un ennemi conventionnel, prévenir le terrorisme nécessite de prendre des mesures originales et audacieuses. Ayons le courage d’admettre que nous faisons face à la pire des menaces.

    Face au terrorisme dans sa forme la plus extrême, notamment celle que nous connaissons et redécouvrons quotidiennement en allumant notre poste de télévision, ou en lisant la presse, ce n’est pas être ni bien sérieux, ni suffisamment objectif que de se comporter comme des gens intouchables, terriblement sûrs d’eux et de leur capacité à se confronter au terrorisme et à se préserver dans la terreur, pour finalement se garantir la victoire coûte que coûte en s’auto-convaincant de cela.

    Pendant que notre civilisation occidentale palabre sur le fait que ses peuples libres vaincront le terrorisme sans qu’on sache précisément comment, même en imposant la démocratie en payant le prix fort, les terroristes infiltrés préparent chaque jour de nouvelles actions pour déstabiliser et saboter un peu plus tout ce que nous tentons d’améliorer ou de conforter.

    Nous ne savons pas précisément contre qui nous devons nous battre, nous ne connaissons pas bien nos ennemis, nous ne savons pas clairement les identifier, ni les localiser, nous ne savons pas ce qu’ils préparent, nous n’avons que de vagues renseignements imprécis et partiels, d’innombrables hypothèses.

    Ce que nous pensons savoir, c’est que nos ennemis sont parmi nous, ils nous observent, nous écoutent, ils apprennent de nous, ils s’adaptent, ils évoluent en fonction de ce que nous mettons en œuvre pour notre défense, ils s’arrangeront toujours pour être là où nous ne les attendons pas, et puisqu’ils agissent en très petits groupes, dans l’ombre et en quasi autonomie, ils auront toujours une longueur d’avance.

    Je suis perplexe devant ceux d’entre nous trop sûrs d’eux qui cherchent à nous rassurer, je préfère les gens très sûr d’eux, objectifs et en phase avec la réalité. La lutte contre le terrorisme telle qu’elle est menée actuellement n’a strictement rien de rassurant, et nous le savons tous.

    De mon point de vue, la seule réponse combinée au problème du terrorisme, c’est le renseignement et le contrôle préventif permanent, une sorte de culture de la vigilance au sein même de la société civile.

    Un continent comme l’Europe, et plus localement un pays comme la France devraient stimuler la surveillance de ses territoires en développant des réseaux de renseignements dignes de ce nom, via une agence centrale du renseignement, l’ensemble administré par le ministère de l’intérieur, en relation avec les armées.

    Le reporting d’informations liées à des activités suspectes d’individus ou de groupes d’individus doit être rendu légalement possible, simplifié, amélioré et fluidifié, la « cohésion civile et citoyenne » devrait être une priorité, et devrait prendre forme notamment par la voie de la contribution volontaire individuelle spontanée, ou élaborée dans le cadre d’une relation nouvelle à créer entre les citoyens et les institutions judiciaires. Les données récoltées devraient être centralisées, évaluées et exploitées par un service central du renseignement, qui fera contrôler les informations exploitables par des agents de terrains rattachés à l’agence. L’internet pourrait jouer un rôle majeur dans la simplification des récoltes d’informations à l’échelle nationale, et comme interface entre le ministère de l’intérieur et les citoyens qui souhaiteraient collaborer et apporter leur contribution.

    Les entreprises, les associations, et même les particuliers pourraient ainsi largement collaborer à la lutte antiterroriste, le plus sereinement possible, en toute intelligence. Le ministère de l’intérieur pourrait agréer toutes les personnes physiques ou morales qui souhaiteraient informer et renseigner ses services, sur la base d’une pré-enquête de bonne moralité, en envisageant même une rétribution financière. Une entreprise qui constate qu’un membre de son personnel a un comportement suspect devrait pouvoir reporter ces informations pour être évaluées et contrôlées par des professionnels de la sûreté, au même titre qu’un particulier qui estime que son voisin a des agissements ou des activités douteuses de nature à faire penser qu’il peut être lié de près ou de loin à une activité terroriste, ou à son financement.

    Un site internet officiel gouvernemental pourrait lister les profils de suspects recherchés, les comportements suspects, les activités suspectes, les déplacements suspects, en toute transparence, dans l’espoir d’obtenir des remontées d’informations et de renseignements par des citoyens confrontés à l’un ou l’autre des cas de figure, par le biais de formulaires électroniques, après que l’émetteur du renseignement se soit lui même identifié dans la mesure du possible.

    Vous ne partagerez peut-être pas spontanément mes idées, car vous craindrez les dérives liées à la délation, et vous prendrez peur à l’idée que quelqu’un qui vous veut du mal puisse reporter des informations fausses contre vous, une information n’est pas une preuve, ni une plainte, et les problèmes de droit commun ne seront pas traités, les fausses déclarations feront l’objet de poursuites, le droit prévoit déjà ces cas particuliers. Seuls les renseignements exploitables dans le cadre d’affaires de terrorisme seraient exploités et vérifiés.

    Contre le terrorisme, plus nous serons nombreux unis et vigilants, plus nous préviendrons les risques, et moins nous serons rendus perméables aux attaques, aux sabotages et aux infiltrations. Les terroristes doivent savoir que désormais tous les citoyens qu’ils croisent au quotidien sont autant de paires d’yeux qui les observent. Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous ne serez pas gêné dans une telle société sécurisante et sécuritaire.

    Le pays qui parviendra à mettre au point une agence de renseignement efficace, accessible et transparente, mettant à profit des technologies innovantes de communication et la puissance de démultiplication de son propre peuple vigilant et contributif en matière de renseignement ouvert et de lutte contre la criminalité de haut vol, en isolant et surveillant tous les individus douteux, ce pays marquera un point décisif dans la lutte contre le terrorisme sur son territoire.

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  • Et si le commerce électronique était un vecteur de déclin économique?

    Les indicateurs sont au vert et la tendance est à l’optimisme dans le secteur du « e-business ». Les marchands en ligne se frottent les mains, leur chiffre d’affaire double tous les ans depuis 2001. Pourtant des doutes nombreux pesaient sur eux après l’effondrement cauchemardesque de la fameuse « bulle spéculative boursière des valeurs technologiques ». Les internautes, qui pour la moitié ont effectué au moins un achat en ligne en 2005, découvrent un moyen fort pratique d’acheter des marchandises ou des services, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, et à des tarifs qui semblent plus compétitifs que dans le commerce traditionnel. Les banques se réjouissent également, leurs flux électroniques augmentent, d’autant que leur traitement est moins coûteux, et les risques sont finalement moins importants que prévus compte tenu du volume, risques qui sont par ailleurs de mieux en mieux maîtrisés par l’ensemble des intervenants, vendeurs et acheteurs.

    A priori, tout irait pour le mieux, dans le meilleur des mondes, et pourvu que ça continu, pense-t-on. Les gouvernements n’hésitent pas à abonder dans ce sens.

    En effet, l’internet commercial a tout pour plaire, tout le monde s’y retrouve. Les consommateurs naviguent sur des sites marchands, qui sont en réalité des catalogues électroniques, à partir desquels ils peuvent commander tout ce dont ils rêvent en payant par carte bancaire, les marchands électroniques profitent de l’engouement récent pour ce nouveau mode de consommation et développent leurs affaires, et les banquiers ponctionnent leur commission non négligeable de l’ordre de 0,4 à 2% sur chaque transaction bancaire, en n’ayant presque rien à faire en contrepartie.

    Mais voilà que derrière ce portrait d’une apparente et très prometteuse nouvelle ère internet en plein essor se dessinent des aspects quelque peu perturbants pour celui qui s’y intéresse d’un peu plus près.

    Qui sont les marchands sur l’internet? Beaucoup de petits commerçants pas encore rentables qui développent des activités de quelques milliers d’euros par mois en ligne mais surtout un petit nombre de gros-faiseurs, qui se partagent 80% des parts de marché du commerce électronique. Des mastodontes de la vente en ligne, parfois nationaux, parfois continentaux, parfois internationaux qui font beaucoup parler d’eux dans les médias, et qui gesticulent aussi et surtout en bourse en faisant des vagues à coups de dizaines de millions de dollars ou d’euros.

    Tous ces marchands sont devenus (ou étaient déjà) des spécialistes par nature de la vente par correspondance, la classique et très controversée « VPC », désormais à la mode internet. La distribution directe, en d’autres termes, qui fait depuis longtemps concurrence aux réseaux de distribution traditionnels. Ces structures, pour les plus opérationnelles d’entre-elles, et elles tendent toutes à devenir hyper-opérationnelles, bénéficient de systèmes d’informations et de processus d’automatisation poussés à l’extrême grâce au « tout numérique », depuis l’avant-vente jusqu’à l’après-vente en passant par les services commerciaux, les services clients, l’acquisition des commandes, le traitement administratif dématérialisé, etc. Leurs plateformes commerciales et logistiques ont la capacité de traiter d’immenses quantités de commandes, avec finalement relativement peu d’infrastructures, et très peu de moyens, techniques ou humains.

    Certains sites marchands communiquent sur le fait qu’ils gèrent 1000, pour d’autres 5000 commandes par jour en période d’euphorie, et quelques dizaines de préparateurs de commande ou d’employés au picking suffisent. Effectivement, il ne faut pas hésiter à le souligner, le commerce électronique emploi relativement peu de monde, par rapport aux volumes traités. Combien faudrait-il d’employés dans un commerce traditionnel pour gérer 1000 achats quotidiens, et quelle infrastructure faudrait-il? Sûrement pas moins de 30 personnes comme dans une structure de vente directe qui aurait ce volume de business. L’optimisation et l’automatisation sont des éléments très présents chez les marchands électroniques, y compris au travers des ressources humaines.

    L’un des facteurs stratégiques qui fait que le commerce électronique, et plus largement la vente directe par l’internet, a le vent en poupe, c’est le paramètre prix. En effet, si les consommateurs achètent sur l’internet, c’est d’abord parce qu’ils ont le sentiment d’avoir accès à des tarifs plus avantageux que dans les magasins traditionnels.

    Le mécanisme est désormais connu, les consommateurs utilisent les magasins traditionnels et les réseaux traditionnels pour choisir le produit qu’ils veulent acheter, pour le voir physiquement, pour l’évaluer ou le toucher, pour obtenir les conseils de vendeurs, puis rentrent chez eux comparer les prix sur l’internet, et une fois leur choix arrêté, ils passent à la caisse, en ligne, et généralement auprès de l’un ou l’autre des poids lourds du secteur concerné.

    Bien souvent, les marchands électroniques utilisent indirectement, mais de manière parfaitement consciente, leurs concurrents (ou partenaires dans le cas de relation revendeur/fabricant) au travers des réseaux de distribution traditionnels comme de simples « show-room », bien malgré eux, et bien entendu sans jamais leur faire profiter des retombées commerciales.

    La stratégie de l’écrasement des prix, qui peut sembler profitable aux consommateurs, a pour conséquence de diminuer considérablement les marges brutes. Parallèlement, il faut évoquer la suppression des intermédiaires, qui est bien souvent le seul moyen pour parvenir à baisser les prix. Tout ceci conduit à l’effondrement progressif des réseaux de distribution traditionnels qui vivent des marges d’activité, et qui emploient des centaines de milliers de gens rien qu’en France.

    Comprimer un prix, revient à supprimer de la marge brute, et des intermédiaires, donc de l’emploi, donc du service, et de rogner sur la qualité. Rien ne permet d’affirmer que cette façon d’envisager une économie moderne soit la panacée, bien au contraire, et nous tomberons probablement tous d’accord là dessus. Au final, même si l’individu a gagné quelques pourcents sur son prix d’achat, c’est toute l’économie globale qui en paiera les erreurs. En outre, rien ne permet de garantir la pérennité des réseaux traditionnels face à la toute puissance de la vente directe sur l’internet, qui fait de l’écrasement des prix sa stratégie de conquête.

    De plus en plus, les marchands électroniques sont des semi-grossistes, des grossistes, voire même des fabricants, qui étouffent ou annihilent les réseaux de distribution traditionnels, en leur faisant une concurrence déloyale éhontée. En effet, pouvons-nous trouver normal que des grossistes vendent en direct (ou indirectement par le biais d’enseignes leur appartenant) par l’internet à des clients finaux à des prix inférieurs à ceux qu’ils offrent à leurs revendeurs? Pouvons-nous trouver normal que des fabricants d’ordinateurs vendent leurs équipements à des clients finaux à des prix inférieurs à ceux que leurs propres distributeurs peuvent pratiquer? Pouvons-nous trouver normal que des voyagistes vendent des billets électroniques en direct à des prix plus compétitifs que les mêmes vendus par des agences de voyage?

    Les innombrables revendeurs ou distributeurs qui sont autant d’innombrables P.M.E. ou T.P.E., qui se fournissent généralement à des tarifs plus élevés, ou quand ils ont de la chance aux mêmes conditions que les prix de vente des mastodontes de la distribution directe ne peuvent plus vivre de leur marge d’activité, puisque les repères des consommateurs sont les prix pratiqués par ceux qui tiennent le marché sur l’internet.

    Par conséquent, les distributeurs indirects, les commerçants traditionnels, les petits commerçants en ligne auront tendance naturellement à « maigrir » économiquement, puis progressivement disparaître naturellement en laissant leur place aux acteurs majeurs de la vente directe sur l’internet, qui ont une soif de développement exponentiel, et les moyens de leurs ambitions.

    La compression des prix de vente directe, la centralisation des activités de commerce et la suppression des intermédiaires supprime de l’emploi qualitatif, du service de proximité, c’est indéniable. N’attendons pas de l’internet commercial qu’il nous apporte du bien être à moyen terme, mais plutôt un formatage de notre manière de consommer, encadré strictement par un mode opératoire bien déterminé, qui va déchanter dans bien des domaines, pas tous, certes, mais dans de nombreux domaines où l’internet sera inévitable.

    Je le dis souvent, même si par ailleurs j’ai été un des pionniers dans la vente en ligne dès 1996, et que je continue à y consacrer une grande partie de mon énergie, pour moi les sites marchands ne sont rien d’autre que des distributeurs automatiques de marchandises ou de services à domicile, à travers l’écran de son ordinateur, et il ne faut pas attendre grand chose de plus de la plupart de ceux qui occupent tout l’écran, sauf à de rares exceptions.

    L’autre inquiétude grandissante concerne l’émergence et la progression de ce qu’on appelle le « C to C », le « consumer to consumer », le commerce entre particuliers, qui échappe totalement aux réseaux professionnels, totalement défiscalisé, puisque les particuliers vendent entre particuliers, sans encadrement juridique, et hors contrôle gouvernemental. Qui peut dire si ce « troc » fera ou non du mal aux entreprises commerciales? Moi je pense humblement pouvoir affirmer qu’il en fera, d’ailleurs vous penserez sûrement pareil en y réfléchissant bien.

    Pour ne pas sombrer dans le pessimisme, je pense qu’il faudrait prendre certaines mesures urgentes, comme empêcher les fabricants de vendre sur l’internet en direct sans intermédiaires à des conditions de prix déloyales par rapport aux réseaux traditionnels, et interdire aux grossistes de vendre aux clients finaux sans leurs intermédiaires historiques, qui sont les distributeurs et autres revendeurs par vocation.

    Plutôt que de se lancer dans la vente directe, que les fabricants et grossistes travaillent plutôt sur des systèmes qui permettraient aux revendeurs et aux distributeurs de passer leurs commandes par l’internet, en leur garantissant une marge d’activité cohérente, qu’ils aident à renforcer leurs réseaux de distribution, et que les commerçants nombreux, petits ou grands soient les véritables interlocuteurs au service des consommateurs. Que les marges brutes des intermédiaires soient préservées et protégées. Rappelons-nous que chaque intermédiaire est une structure commerciale qui génère de l’emploi, et donc du pouvoir d’achat, qui fait tourner l’économie.

    Avec l’internet commercial tel qu’il se dessine, nous assistons à ce que j’appelle la « convergence économique globale » (que d’autres appelleront également la « mondialisation »), de moins en moins d’interlocuteurs, qui vendent de plus en plus de marchandise et de moins en moins cher, avec de moins en moins de marge, de plus en plus de manière automatisée, avec de moins en moins de services, avec de moins en moins d’infrastructures, de manière de plus en plus centralisée, et avec de moins en moins de personnels humains, pour générer de plus en plus de gains mais profitant à de moins en moins de personnes.

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  • Grippe aviaire : que va-t-il se passer?

    L’Organisation Mondiale de la Santé est très claire et se fait insistante : une pandémie humaine de grippe aviaire est hautement probable, la question est désormais plus de savoir quand elle aura lieu que de savoir si elle aura bien lieu. L’O.M.S. exhorte tous les pays à prendre toutes les dispositions nécessaires et les mesures de précaution, en urgence.

    L’enjeu est majeur, puisqu’en cas d’épidémie humaine, les estimations les plus basses en pertes humaines font état de dizaines de millions de morts, alors que les spécialistes raisonnent plutôt en centaines de millions.

    La dernière épidémie aviaire (également appelée « grippe espagnole ») avait fait 20 millions de morts à la fin de la première guerre mondiale. Le virus de l’époque était moins « nocif » et moins violent que le H5N1 actuel, la population humaine était moins importante, moins dense et beaucoup moins mobile, et le contexte était nettement moins favorable qu’aujourd’hui à une pandémie majeure.

    La grippe aviaire A (H5N1) est une maladie virale plutôt bien connue, très ancienne, qui ne concerne en principe que les volailles. En janvier 2004, l’O.M.S. indique avoir détecté la présence du virus grippal aviaire H5N1 chez trois patients décédés d’une affection respiratoire aiguë en décembre 2003 et début janvier 2004 au Viet Nam. Tous les gènes séquencés étaient d’origine aviaire, ce qui suppose que le virus responsable du décès des trois cas confirmés n’avait pas encore acquis de gènes du virus grippal humain, mais que sa forme aviaire était transmissible à l’homme. Le virus H5N1 est hautement pathogène, ce qui signifie qu’il se transmet sans difficultés, lorsqu’il est présent dans l’air, ou lorsque l’on est en contact avec des entités contaminées.

    Entre fin 2003 et novembre 2005, l’O.M.S. compte officiellement 66 décès, tous dûs au virus grippal aviaire H5N1.

    Toute la question d’une pandémie de grippe aviaire repose sur l’hypothèse hautement probable d’une mutation du virus grippal H5N1 dans une forme humaine, offrant alors des possibilités de contamination interhumaine, en plus de ses capacités interanimales.

    Une contamination animale mondiale est malheureusement très réaliste du fait des mouvements migratoires (les oiseaux migrateurs sont les parfaits vecteurs transcontinentaux et transnationaux de grippe aviaire).

    En clair et pour faire simple, le virus grippal aviaire A (H5N1) est hautement pathogène, il se propage sous cette forme aux animaux prioritairement (volailles, porcs, etc. ce qui nécessite malheureusement des décontaminations massives lorsque des foyers sont détectés), mais depuis peu se transmet également aux hommes provoquant pour le moment de rares décès. Si comme le pressentent les spécialistes, le virus grippal aviaire H5N1 persiste à muter en devenant un virus grippal combinant des gènes aviaires et humains, nous serons alors dans le scénario le plus critique, puisque les animaux et les humains seront concernés et les décès par affections respiratoires aiguës se compteront nécessairement par millions au mieux, du fait des contaminations interhumaines. Faut-il ajouter ici que les scientifiques n’ont presque plus aucun doute sur le fait que ce virus soit en mesure de muter dans sa forme la plus critique, c’est à dire humaine, en quelques mois.

    Nous ne savons pas très bien combien de temps il faudra pour trouver et produire un vaccin efficace dans le cas d’une éventuelle contamination humaine, probablement plusieurs mois. On parle beaucoup du Tamiflu, un antiviral connu comme très efficace dans le cas des grippes humaines « classiques ». Le monde entier se jette sur ce médicament, à tel point que le laboratoire Roche, seul agréé par le propriétaire de la molécule (la société Gilead aux USA), ne parvient pas à répondre à la demande sur le plan quantitatif.

    En octobre 2005, on apprend que le virus aviaire H5N1 résisterait au Tamiflu, puis début novembre 2005, on nous explique qu’un laboratoire américain (le Adventist Medical Center de Portland, en Oregon par la voix du Dr Joseph Howton) a mis en évidence que le Tamiflu, combiné à un autre médicament (le Probénécide, connu sous les marques Benuryl et Benemid) doublerait l’efficacité d’une dose de l’antiviral, ce qui serait utile en cas de rupture de stock de Tamiflu.

    On pourrait encore palabrer des heures sur le H5N1, on pourrait retracer son histoire, se demander comment tout cela a pu arriver, et pourquoi subitement toute la planète est concernée. Je vais même jusqu’à évoquer des pistes crédibles, mais impossible à vérifier, bien au delà des pistes naturelles. Le virus H5N1 était-il développé par les militaires? Des terroristes sont-ils à l’origine de l’épidémie de grippe aviaire qui trouve naissance en Asie? Comme l’évoquait un rapport de l’institut Pasteur sur l’utilisation des armes biologiques, l’impact terroriste n’est pas nécessairement lié au nombre de victimes. Un tout petit nombre de cas signalés et confirmés, amplifié par la rumeur, peut déclencher une grande inquiétude et un climat anxiogène dans la population humaine. Et que dire de l’implication inattendue du très controversé Donald Rumsfled, qui se trouve être un des dirigeants de la société Gilead, propriétaire de la molécule du Tamiflu, présenté comme l’unique remède à l’épidémie de grippe aviaire? Nous pourrions polémiquer des jours entiers, nous ne parviendrions probablement pas à éclairer tous les points obscurs de ce dossier si complexe. Restons simplement concentrés sur les faits avérés et les probabilités de faits à venir.

    De mon point de vue, et compte tenu de l’analyse objective que j’ai pu faire de la situation connue, une épidémie de grippe aviaire H5N1 qui aura muté dans une forme interhumaine me semble inévitable à une échéance rapprochée. On ne doit donc pas reprocher aux gouvernements d’utiliser le principe de précaution pour prévenir le risque, toute mesure jugée utile doit être prise. Néanmoins, ce qui est autant curieux qu’inquiétant, c’est que les stocks de vaccins sont principalement destinés aux pays riches et puissants en Europe, ainsi qu’aux USA, au Canada, au Japon, en Israël, etc. Les populations de ces pays sont potentiellement mieux sécurisées.

    Qui se préoccupe de la Russie, de l’Amérique du Sud, de l’Asie du Sud et encore du continent africain? J’ai appris qu’en Chine, la molécule du Tamiflu était reproduite illégalement, plus ou moins à l’identique qualitativement, une contrefaçon en quelque sorte, pour subvenir à l’immense besoin du pays. La société Gilead et le laboratoire Roche n’apprécieraient pas.

    Une fois la contamination interhumaine avérée, les conséquences seront absolument catastrophiques, puisqu’il y aura probablement effectivement des millions de décès avant qu’un vaccin opérationnel puisse être déployé dans toutes les populations. Tous les pays seront potentiellement touchés, y compris et surtout sur les continents européen, asiatique et américain, même si c’est là qu’on pourra le mieux faire face.

    Les difficultés auxquelles nous seront exposés seront inextricables. L’économie globale sera anéantie, ou au moins profondément altérée. Les marchandises et les hommes ne circuleront plus. L’accès à la nourriture sera rendu très compliqué et très réglementé.

    Les conséquences économiques d’une pandémie humaine sont impossibles à évaluer tant elles paraîtront surréalistes et hors de portée, même aux meilleurs économistes.

    L’activité économique des pays atteindra des niveaux dramatiquement bas du fait de l’angoisse des gens, ne serait-ce que pour se rendre à leur travail, quand leur entreprise ne sera pas purement et simplement fermée. Le système financier ne pourra pas résister longtemps à un phénomène d’une ampleur aussi gigantesque, un phénomène qui peut s’installer pendant plusieurs mois, peut-être même 2 ou 3 ans avant d’être à peu près stabilisé sur le plan médical.

    L’impact social sera intéressant à observer. On pourrait penser qu’une pandémie séparerait les peuples durablement en les laissant à l’écart les uns des autres, sans contact, mais les technologies de communication, avec l’internet en tête, pourraient bien atténuer la distance, au moins virtuellement. Les gens continueront à communiquer et resteront probablement liés, du fait de leur dépendance aux technologies. Ces technologies qui pourraient bien constituer un socle de base à un nouveau départ, même si un retour « aux sources » est aussi très probable.

    Mon but n’est pas de dramatiser davantage une situation qui est déjà très tendue et très discutée partout, ni de chercher à faire peur. En matière de prospective, je tente de rester objectif et réaliste en tenant compte d’une très grande quantité de paramètres et d’informations décryptées, j’aimerai pouvoir écrire ici que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », et que nous vivons dans le meilleur des mondes. Je ne peux pas écrire cela, simplement parce que ce n’est pas la vérité. Ce ne serait pas vrai non plus d’écrire qu’une pandémie de grippe aviaire aurait un impact limité sur les populations, et que cela ne troublerait pas profondément notre quotidien, et notre manière de vivre.

    Nous pourrions diminuer le risque d’une pandémie de grippe d’origine aviaire en limitant immédiatement nos déplacements locaux et internationaux et en portant des masques filtrants lors de nos déplacements habituels, en privilégiant une nourriture à base d’aliments sécurisés, en évitant le contact animal et surtout en limitant nos échanges avec l’Asie pour un temps.

    Nous ne devons surtout pas sombrer dans une psychose terrifiante, mais il faut que nous soyons tous vigilants et prêts.

    Pour finir, et si vous êtes assez large d’esprit, vous pourriez alors vous permettre de lire ce qui suit.

    En effet, une nouvelle question terrible et troublante me vient à l’esprit. Une dépopulation massive, rapide et sélective de la planète, n’est-ce pas ce qui pourrait sauvegarder à coup sûr l’espèce humaine? Je préfère me forcer à croire que l’épidémie qui s’annonce est naturelle, elle trouvera alors une solution naturelle.

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  • Et l’on découvre la notion de « terrorisme urbain »

    Fin octobre 2005, le monde observe attentivement ce qui se passe dans les banlieues parisiennes. Les violences inouïes et récurrentes qui s’y sont déroulées, par ailleurs assimilées à des scènes de guerre civile par tous les grands médias internationaux, CNN en tête, font trembler toutes les mégapoles sur tous les continents.

    Des centaines de véhicules brûlés, des dizaines de commerces ravagés, des entreprises ruinées, des batailles rangées au cocktail molotov et aux boules de pétanques lancées depuis les étages des immeubles dans le noir, des pompiers attaqués à chaque intervention, des coups de feu à balles réelles échangés avec la police, débordés de tous côtés, une bombe lacrymogène jetée dans une mosquée. Dans certains départements, une ville sur deux est concernée par les émeutes, les dommages matériels et les pillages. Les violences urbaines s’étendent chaque jour un peu plus après sept nuits d’affrontements acharnés entre émeutiers et forces de l’ordre. Le gouvernement mobilise jusqu’à 1000 gendarmes mobiles, des militaires, pour assister les CRS. Le Premier Ministre Dominique De Villepin assure que l’ordre et la justice primeront, les émeutiers crient « mort à Sarkozy ».

    Pourtant le pire n’est pas derrière nous. En effet, si vous observez comme moi ce qui se passe dans les banlieues depuis quelques années, vous ne pouvez pas envisager un autre scénario catastrophe que celui qui se déroule sous nos yeux, empirique. La situation est assez simple à comprendre. Les banlieues-ghetto regorgent de dizaines de milliers d’individus jeunes, majoritairement d’origine étrangère, immigrés ou fils d’immigrés (africains, nord-africains, maghrébins, etc.) avec toutes les difficultés sous-jacentes, sous-éduqués, élevés de manière inappropriée par des parents désemparés et en total décalage avec leur environnement, « parqués » dans des espèces d’immenses blocs de béton insalubres, incommodes, au chômage ou dans des situations précaires, qui subsistent souvent grâce aux économies « parallèles » illicites, qui se sentent légitimement abandonnés, dégradés, et nargués. Comme si cela ne suffisait pas, force est de constater qu’une certaine forme d’islamisme radical se développe dans ces zones fragilisées et fertiles, la religion islamique agit comme un liant fédérateur, un socle de base qui renforce les groupes de révoltés derrière des idées fondamentalistes.

    Vous avez probablement vu les images des journalistes montrant les émeutiers crier des slogans « Allah Akbar » (« Dieu est grand » en français) lors des affrontements. Un lien indéniable existe aujourd’hui entre les jeunes ultra-violents des banlieues, et l’islamisme radical. L’islam est une religion noble et respectable, la plupart des croyants islamistes sont des gens nobles et respectables. Ces derniers ne peuvent donc plus accepter qu’une minorité de jeunes ultra-violents utilisent cette religion, radicalisée.

    Je ne vais pas évoquer point par point tout ce qui nous amène aujourd’hui à un tel niveau de violence entre d’un côté la République, la société civile, la civilisation moderne, la liberté, les institutions républicaines, et de l’autre des milliers de « jeunes guerriers urbains » qui n’ont absolument rien à perdre, livrés à eux-mêmes. Les associations, les personnalités politiques, les sociologues et autres démagogues ont largement pointé du doigt, tour à tour depuis bientôt 35 ans, les défauts des banlieues telles que nous les avons construites. Aujourd’hui nous avons une situation critique a gérer : une véritable armée d’une dizaine de milliers de guerriers urbains, organisés en groupuscules mobiles et mobilisés par les mêmes idées antirépublicaines, qui s’opposent désormais frontalement au gouvernement français et aux institutions républicaines.

    Et voilà que nous découvrons ce que j’appelle le « terrorisme urbain », parfois je vais même plus loin en parlant de « terrorisme islamiste urbain », mais je sais que les esprits en France ne sont pas encore préparés à une telle éventualité, pourtant bien réelle. Des violences terrorisantes au cœur des quartiers ou des villes qui anéantissent indistinctement les aspects communautaires, sociologiques et économiques qui ont pu y être développés avec tant de mal, aux portes de Paris. Qui en est le déclencheur? Qu’est-ce qui provoque cela? Est-ce que Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur, est le problème? Est-il un facteur de désordre? Est-ce que sa sémantique est le problème? Le seul homme politique qui ose utiliser le véritable mot pour décrire ce qu’est l’ennemi de l’ordre (« la racaille ») est honteusement critiqué par tous ceux qui à la fois ont toujours utilisé la langue de bois, et n’ont jamais apporté la moindre solution pratique ou de principe.

    Non Nicolas Sarkozy n’est pas le problème dans cette affaire, il est probablement une solution, surtout s’il met en œuvre les moyens nécessaires pour enrayer l’hémorragie dans les banlieues, si ce n’est pas lui, un autre devra le faire de toute manière très rapidement. Pour être totalement honnête avec vous, peu importe que ce soit Nicolas Sarkozy ou un autre dirigeant politique qui soit central dans cette affaire, ce qui est important c’est que pour la première fois on utilise un terme qui me semble précis et juste : c’est bien la « racaille » qui déstabilise et décrédibilise nos banlieues, même si les banlieues ne sont évidemment pas uniquement peuplées par de la « racaille ». Je sais également que derrière ce terme « racaille » il y a des individus qui ont tous une histoire, pour moi ils sont potentiellement perdus pour la société, ils constituent, sur le plan humain, la pire chose qu’une société moderne puisse produire. J’espère que nous pourrons en réintégrer le plus grand nombre, mais je ne me fais pas d’illusions. Soyons réalistes, l’énergie à déployer pour intégrer ces gens me paraît raisonnablement impossible à mettre en œuvre sans que cela ne vienne d’eux-mêmes, dans la situation actuelle et compte tenu des paramètres de leur environnement. Bien sûr, on pourra toujours créer des associations d’aide à l’intégration, mais pour moi, la « racaille » ne s’y intéressera jamais.

    Nous ne pouvons plus accepter le niveau de criminalité actuel dans les banlieues, ni laisser se développer des zones de non droit. Faut-il être diplomate, ou modéré face aux terroristes urbains? Faut-il négocier ou parlementer avec la « racaille »? Sûrement pas, la tolérance zéro est désormais le seul objectif. La fermeté doit primer. S’il y a des événements insurrectionnels aujourd’hui dans les banlieues françaises, c’est bien parce que les émeutiers prennent les propos de Nicolas Sarkozy au sérieux : le risque pour eux d’être « nettoyés au Karcher » est bien réel. Leur économie « underground » va en prendre un sacré coup.

    Quelles sont les mesures à prendre rapidement? Elles devront être inhabituelles et très impressionnantes pour un pays comme la France. Arrivé à un certain point, une phase de transition à tolérance zéro sera nécessaire. Il faudra absolument contrôler vigoureusement les accès des banlieues, limiter les entrées et les sorties, instaurer le couvre-feu, il faudra parvenir à identifier, isoler et exfiltrer la « racaille », il faudra créer des « camps » de redressement hermétiques, dirigés par du personnel pénitentiaire, social et éducatif adapté, il faudra « éduquer à la dure » (ou « à l’ancienne »). Des exemples existent aux USA, la plupart donnent de bons résultats. Le nettoyage des banlieues qu’évoque Nicolas Sarkozy est donc inévitable et devra s’opérer ainsi.

    Néanmoins je crois que nous n’avons jamais été aussi proche de la guerre civile, que j’apparente à une guerre de civilisations, en France. Nous avons totalement raté l’intégration des enfants d’immigrés nord-africains, ce n’est pas faute d’y avoir mis les moyens, l’écrasante majorité d’entre eux, “plus ou moins islamistes radicaux”, ne sont probablement pas intégrables à nos sociétés modernes civilisées et libres. Je ne sais pas. J’observe simplement le résultat, les faits. En même temps, je comprends tous ces jeunes désemparés et sans espoir, rejetés partout.

    Les choses seront vraiment sérieuses lorsque les émeutiers ne seront plus seulement des jeunes casseurs, mais quand ils seront rejoints par des dizaines de milliers d’adultes, minés par les dettes, par le chômage, par la pression fiscale, par le manque de libertés, par l’étouffement, par je ne sais quels autres problèmes individuels qui les rassemblent, ou pire qui les opposent. Entre les banlieues et Paris il n’y a qu’un pas, je suis convaincu que les violences se déporteront dans la capitale. Si ce n’est pas pour demain, c’est pour après demain. L’armée devra y renforcer les effectifs policiers, très vite dépassés par les événements. Une guerre, jusqu’alors invisible et latente, sera cette fois impossible à cacher. Et nous devrons vivre avec. Bien sûr, j’espère me tromper, dans ce cas nous aurons alors résolu le problème des banlieues.

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  • Plus il fait chaud, plus les éléments se déchaînent, et plus les éléments se déchaînent plus il fera chaud.

    L’Europe connaît une « arrière saison » pour le moins étonnante. 26° à Bordeaux dans le sud-ouest de la France un 29 octobre, 22° dans le nord-est à Metz, 25° à Milan dans le nord de l’Italie, 22° à Paris à l’aube du mois de novembre. Au menu des réjouissances : ciel bleu, soleil presque partout. L’écart avec les températures habituelles à ce moment de l’année est très important, parfois plus de 13° au dessus des normales saisonnières. Chaque soir à la télévision, les prévisionnistes annonçaient que les températures allaient baisser dans les jours suivants, mais cela ne s’est pas produit pendant tout le mois d’octobre, bien au contraire. La météo semble complètement en dehors de son modèle habituel.

    Cependant, personne ne semble s’en émouvoir, et on entend même des personnalités politiques souligner que « le beau temps sur la France donne le moral aux français, c’est positif ». Les gens sentent bien pourtant qu’il se passe quelque chose. Comment expliquer un temps aussi chaud à ce moment de l’année?

    En même temps, on nous annonce que le mois de septembre 2005 a été le plus chaud de toute l’histoire de la météorologie moderne (donc au moins depuis que les institutions enregistrent et analysent les températures).

    L’Europe est plongée dans une phase de grande sécheresse, elle sort d’un été très rude, où il n’a pas plu, et les réserves en eau sont vraiment mal en point. Le temps chaud et sec n’arrange rien, d’autant qu’il perdure très anormalement. Les pluies attendues ne sont pas au rendez-vous, et personne ne nous dit comment nous allons pouvoir réapprovisionner les réserves naturelles. L’année 2006 risque d’être très critique sur ce point.

    Depuis un certain temps déjà, on nous explique que le phénomène du réchauffement climatique est inéluctable. On nous a d’ailleurs donné des chiffres, peut-être deux degrés sur une période d’une centaine d’année à venir. Ce que nous constatons tous, c’est que la température a monté subitement ces deux dernières années, partout dans le monde, et que nous nous installons parfois dans des niveaux qui atteignent plus de dix degrés aux dessus des normales de saison.

    Tout ceci a forcément un impact immédiat et à court terme sur l’environnement. Quoi qu’on en dise. Il y a des choses qu’on sait évaluer, et probablement d’innombrables conséquences qu’on ne parvient pas à anticiper.

    Que dire de la sécheresse et de l’impact sur les cultures et sur l’économie agro-alimentaire? Que dire du manque d’eau pour les populations et les installations industrielles qui en nécessitent d’immenses quantités? Que dire de la fonte des glaciers, de l’absence de neige en montage? Plus loin de nous, que penser du réchauffement inévitable des océans? Comment vivre avec un gigantesque cyclone qui se formerait toutes les deux semaines en balayant des zones géographiques aussi vastes que l’europe? Plus grave, qui peut nous dire les conséquences probablement irrémédiables pour l’humanité ou pour les espèces vivantes de la fonte du permafrost sibérien?

    Le nombre d’événements climatiques dramatiques ne cesse de s’accroître autant en puissance qu’en fréquence. Tout ceci est probablement lié par ou à quelque chose. Certaines personnes disent que les événements que nous connaissons sont les conséquences de l’effet de serre, d’autres évoquent les manipulations climatiques d’origine humaine (pour la première fois en 2005, on parle de l’existence probable d’armes climatiques entre les mains des américains, des russes, des japonais, et même de terroristes non identifiés). Moi je ne sais pas. Tout est possible, y compris le pire.

    Ce qui semble évident, c’est que plus il fait chaud, plus les événements se déchaînent, et plus les événements se déchaînent, plus ils produisent de la chaleur. Nous sommes entrés dans un cycle exponentiel catastrophique. On ne voit pas ce qui pourrait l’arrêter.

    Qui peut croire une seconde qu’en roulant 20 km/h moins vite, qu’en payant le pétrole 30% plus cher, qu’en consommant un peu moins d’électricité en éteignant les télévisions au lieu de les laisser en veille, on va parvenir à résoudre le moindre problème sur un plan local, et encore plus largement global?

    Avons-nous la moindre idée de ce qu’il faut faire immédiatement pour espérer maintenir l’environnement terrestre à un niveau viable pour l’espèce humaine, ne serait-ce que progressivement?

    Oui nous le savons, certains le savent, je vais oser le rappeler, assurez-vous d’être bien assis sur votre siège et d’avoir l’esprit très large pour accepter ce qui suit, il faut être bien préparé.

    Les dizaines de millions d’installations industrielles polluantes doivent cesser de rejeter dans l’air des éléments nocifs et surtout caloriques, importante source de réchauffement, les quelques centaines de millions de climatiseurs doivent être débranchés définitivement, Les quelques centaines de millions de téléphones mobiles doivent cesser d’émettre électromagnétiquement, les dizaines de millions de bornes téléphoniques GSM doivent être coupées, les moyens aériens doivent être bannis, les centaines de millions de véhicules motorisés doivent être bannis.

    C’était un extrait suffisamment hallucinant des mesures draconiennes les plus exceptionnelles qui doivent être prises immédiatement. Vous ne me croirez pas si je vous explique que la liste est bien plus longue. Bien sûr, ces mesures sont insupportables, et utopiques tant elles sont impossible à mettre en œuvre. D’après moi, 90% des gens seraient bien incapables ne serait-ce que d’imaginer pouvoir en surmonter une seule d’entre elles. Pourtant, c’est ce qu’il faut envisager pour rééquilibrer la viabilité sur terre, oui il est bien question de viabilité, au sens le plus primordial du terme.

    Nous devrons donc nous contenter d’être spectateur de notre déchéance partielle, au pire totale, dans les 10, 20 ou peut-être avec un peu de chance 30 années à venir. Nous ne pourrons bien entendu pas continuer ainsi.

    Les solutions alternatives envisagées? On parle secrètement de diminuer dramatiquement la population humaine sans expliquer comment, d’imaginer des solutions énergétiques propres et alternatives sans nous dire lesquelles, ni quand elles seront déployées très largement partout sur le globe, de faire vivre les gens sous terre au frais, sans nous dire qui, où, à quel prix, et dans quelles conditions, etc.

    Le pire n’est pas derrière nous. Soyons simplement préparés à notre destin, nous le vivrons mieux.

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  • Combattre le chômage est une question de courage et d’audace

    Les gouvernements se heurtent consécutivement à l’inextricable problème de l’emploi et du chômage, sans jamais parvenir à le résoudre. En France par exemple, mais cela est valable pour d’autres pays d’Europe (comme l’Allemagne), le chômage ne cesse d’augmenter depuis 25 ans, pour frôler et dépasser les 10% de la population active en 2005. En réalité, ce sont surtout plus de 20% de cette même population dite active, peut être 30% qui sont en situation de revenus faibles à très faibles, du fait de contrats de travail à mi-temps ou à temps partiels.

    Des solutions existent pourtant, je ne cesse de le penser et de le répéter. Elles s’appuient sur un seul des éléments fondateurs de notre république et des sociétés civilisées, il s’agit de la Liberté.

    La liberté d’entreprendre, ou de ne pas entreprendre. La liberté de choisir de faire ou de ne pas faire. La liberté d’agir ou de ne pas agir. La liberté de vouloir changer certaines choses, la liberté d’essayer au moins.

    Je propose un certain nombre de pistes à explorer, toutes devraient être mises en œuvre conjointement. Aucune ne nécessite un énorme effort gouvernemental, mis à part une volonté d’agir pour l’emploi, contre le chômage, courageusement.

    Horaires élargis, augmentation de l’amplitude d’ouverture.

    Dans un pays comme la France, mais dans bien d’autres également, il est quasiment impossible d’envisager de consommer ou d’espérer un service en dehors des plages d’ouverture classiques, qui sont grossièrement 9h à 12h et 14h à 18h. Les entreprises se bornent à ces horaires traditionnels hérités d’on ne sait quand. Obtenir un service, un conseil, ou même tenter d’acheter quelque chose en dehors de ces horaires est devenu impossible. Des centaines de milliers de petites entreprises et commerces sont fermés plus des deux tiers du temps exploitable économiquement. Comment peut-on espérer alors que leur activité économique soit stimulée, et comment espérer pouvoir leur permettre de créer des emplois, ne serait-ce que pour occuper le temps d’ouverture élargi? Le principal problème étant surtout que leurs horaires d’ouverture coïncide avec l’horaire de travail de leurs clients potentiels. Qui n’a pas regretté un soir, en sortant du travail, ne pas pouvoir visiter tel ou tel magasin avec l’idée d’acheter quelque chose, même tard? Je pense qu’il est crédible d’envisager la mise en place d’horaires de travail élargis au delà des horaires conventionnels. Le changement des habitudes se fera progressivement et sans contraintes. Les entreprises qui le souhaitent doivent pouvoir mettre en place une plus grande amplitude d’ouverture, depuis tôt le matin jusqu’à tard le soir, en s’engageant à embaucher du personnel volontaire pour ce type d’horaire. Les employés ne devront pas travailler plus s’ils ne le souhaitent pas et ne devront pas subir de contraintes ou de conditions, ceux qui souhaitent librement travailler plus pourront ainsi être mieux rémunérés, ceux qui ne le souhaitent pas verront leurs salaires maintenus, et les nouveaux employés volontaires pour des horaires élargis non conventionnels seront les bienvenus. Le gouvernement devra supprimer les charges sociales et salariales sur les emplois créés en dehors des horaires conventionnels par profession ou par entreprise, ce qui stimulera les entrepreneurs à élargir leur amplitude d’ouverture, sans en subir un éventuel poids financier tout en garantissant le succès d’une telle opération, les revenus des employés n’étant pas altérés ni diminués, au contraire. Tout ceci devra être déployé en toute liberté, sans conditions restrictives, sans contraintes insurmontables de part et d’autre, et en respectant les choix prioritaire des employés. Je sais que nous trouverons des centaines de milliers de futurs employés qui apprécieraient de travailler entre 16h et 22h par exemple, de disposer ainsi de toutes leurs matinées et des dizaines de milliers d’entreprises qui souhaiteraient tenter l’aventure en permettant à leurs clients de venir les rencontrer après 18h, jusqu’à tard le soir, tous les jours. Les syndicats participeront activement à la mise en place d’un tel dispositif, en veillant à ce que les acquis soient maintenus, et en respectant les employeurs et leurs salariés volontaires qui désirent sortir du cadre traditionnel.

    Par exemple, une entreprise de 8 salariés dont les activités seraient la distribution et les services informatiques et qui ouvre habituellement et traditionnellement de 9h à 18h, en fermant le vendredi à 17h et en ouvrant le lundi à 10h, pourrait très bien embaucher 2 nouveaux employés volontaires pour travailler en horaires élargis de 15h à 22h, ainsi l’amplitude d’ouverture et de service de cette entreprise va passer de 9h à 22h, la clientèle sera ravie, et l’entreprise ne subira pas la charge financière indirecte liée à cette nouvelle initiative heureuse puisque les heures au delà de 18h seront exonérées de charge. D’autant qu’entre 15h et 18h, l’équipe sera renforcée, ce qui va améliorer le travail collaboratif et la formation des nouvelles recrues.

    Cette notion d’élargissement des horaires qui s’appliquera prioritairement au secteur privé pourrait parfaitement fonctionner également dans le secteur public, notamment dans l’éducation, sur la base du volontariat. Les professeurs qui souhaiteraient enseigner le soir pourraient le faire, et les élèves qui souhaiteraient prendre leurs cours en soirée le pourraient également. L’aménagement est à discuter de manière ouverte sans que rien ne soit imposé, dans l’intérêt de tous.

    Comment trouver immédiatement 15% de temps d’ouverture stratégique supplémentaires pour les entreprises?

    En ouvrant le dimanche et les jours fériés, bien évidemment. Le dimanche représente un septième du temps d’activité potentiel, par conséquent en permettant aux entreprises qui le veulent et aux employés qui le souhaitent d’ouvrir le dimanche, c’est ainsi pas moins de 15% de temps de travail en plus qui est débloqué, autant à combler par la création de nouveaux emplois. Et je sais combien cette idée va faire bondir les récalcitrants. Pourtant que personne ne s’inquiète ou ne s’offusque, il n’est pas question d’imposer à quiconque de devoir travailler un dimanche, les employeurs qui ne veulent pas ouvrir le dimanche ne seront pas pénalisés, les employés qui ne veulent pas travailler le dimanche n’y seront pas contraints, seuls les volontaires, embauchés sur cette base, seront plébiscités. Encore une fois, la liberté et le volontariat seront indispensables et centraux dans les négociations. Combien de dizaines de milliers de jeunes et moins jeunes rêvent de travailler le dimanche dans une entreprise qui leur plaît? Combien de dizaines de milliers de clients frustrés rêvent de faire leur shopping au calme le dimanche? Et combien d’employés qui travailleraient le dimanche aimeraient disposer ainsi de temps libre en semaine en compensation. Je ne parle même pas de la dynamisation sociale et économique, regardez comme la France est triste et morose le dimanche sans toutes ses activités vivantes liées à la dynamique économique et commerciale. Le mot d’ordre, c’est la liberté, laissons les entrepreneurs disposer de la possibilité d’ouvrir le dimanche s’ils le souhaitent et de recruter des employés volontaires pour ce poste. Les entreprises craignent pour la rentabilité de l’ouverture le dimanche, le gouvernement devra exonérer de charge les emplois créés en dehors des ouvertures conventionnelles, notamment les jours fériés et les dimanches. Le risque pour l’employeur étant alors limité, c’est lui qui prend l’initiative, elle est aidée par l’état, qui est soulagé de ne pas avoir à supporter la charge de chômeurs qui auront ainsi trouvé un emploi. L’état demandera une contrepartie, il imposera que les entreprises qui souhaitent ouvrir le dimanche devront embaucher au moins une nouvelle personne à plein temps en contrat à durée indéterminée ou en contrat nouvelle embauche, pour obtenir l’exonération des charges les dimanches et jours fériés.

    Par exemple, une entreprise de 5 employés spécialisée dans la décoration, et qui ouvre traditionnellement du mardi au samedi de 9h à 18h pourrait embaucher une sixième personne volontaire pour travailler le dimanche, et même pourquoi pas le lundi. L’amplitude d’ouverture de cette entreprise serait alors sans interruption du lundi au dimanche, de 9h à 18h au moins. La nouvelle recrue sera exonérée de charges pour son travail le dimanche, et pourra en toute liberté choisir un jour de repos en semaine, pourquoi pas le samedi. Pour que cela fonctionne, il faut intégrer de la liberté et du volontariat, une fois de plus, dans la relation entrepreneur/employé/état. Les syndicats veilleront à la bonne coordination de l’ensemble dans le respect des choix et des libertés de chacun.

    Ce dispositif d’ouverture le dimanche pourra s’appliquer au secteur privé, comme au secteur public bien entendu.

    Exonération exceptionnelle de charges pour un emploi traditionnel créé dans les 6 mois.

    Le chômage est un tel fléau qu’il nécessite que des mesures exceptionnelles et originales soient prises. Une mesure toute simple pourrait être impulsée par un gouvernement audacieux, telle une opération spéciale délimitée dans le temps. Elle consisterait à permettre aux entrepreneurs de TPE ou PME d’embaucher dans les 6 mois jusqu’à deux nouveaux salariés en contrat à durée indéterminée ou en contrat nouvelle embauche en étant totalement exonéré de charges à vie sur ces deux emplois créés. La mesure permettrait une diminution immédiate et conséquente du nombre de chômeurs, un allégement immédiat des charges qui incombent à l’état ou aux pouvoirs publics, une amélioration immédiate de la vivacité des entreprises qui vont accroître ainsi leur dynamique commerciale et productive. C’est un pari à prendre. C’est une mesure fantastique qui pourrait résoudre d’innombrables problèmes. Un nouveau souffle pour l’état, pour les chômeurs, pour le pouvoir d’achat, pour dynamiser tout un pays et souder socialement toute la population. Économiquement, tout le monde est gagnant, et surtout l’état, qui prend en charge indirectement aujourd’hui tous les chômeurs. Demain, la charge serait idéalement supportée par les entreprises, elles même gagnantes puisqu’elles renforcent leurs effectifs dans le but de mieux se développer, tout en étant exonérées des charges sociales et patronales sur au moins deux de leurs employés. Cette impulsion, qui n’est pas irréaliste, est très attendue par des dizaines de milliers d’entrepreneurs qui ne peuvent plus embaucher du fait du coût du travail.

    Les syndicats auraient un rôle crucial social et médiateur dans une telle mesure, ils s’assureraient que les employés exonérés ne soient pas privilégiés par rapport aux employés déjà en place avant la mesure, notamment en veillant à ce que les niveaux de rémunération soient équilibrés et justes pour tout le personnel. L’état pourrait demander des contreparties, par exemple l’entreprise devra maintenir son effectif initial tant que des emplois exonérés y sont toujours présents, au risque de perdre les avantages acquis du point de vue des exonérations de charges.

    J’imagine qu’une telle mesure pourrait déboucher sur la création de centaines de milliers d’emplois dans un délai de 6 mois.

    Faciliter immédiatement l’embauche des seniors.

    On le sait, les chômeurs jeunes ont des difficultés à trouver un emploi, mais on peut légitimement penser que les mesures citées plus haut vont résoudre une partie de ce problème, il reste néanmoins une tranche non négligeable de la population qui éprouve également des difficultés à trouver un travail, ce sont les seniors, même si paradoxalement ce sont les personnels les plus opérationnels. Là aussi, une impulsion courageuse de l’état pourrait immédiatement régler le problème. Les entreprises hésitent à embaucher des gens de plus de 50 ans, craignant qu’ils leur coûtent trop cher du fait de leur éventuel manque de rentabilité au travail ou de leur lenteur. La solution consisterait alors à exonérer les seniors d’une importante partie de leurs charges patronales et salariales. Les entreprises pourraient alors embaucher ces gens en toute sérénité, l’état pourrait demander des contreparties, notamment en s’assurant que les jeunes ne soient pas négligés dans les stratégies d’embauche, et les syndicats pourraient une fois de plus jouer un rôle de médiateur vigilant. Par ailleurs, une entreprise qui dispose de « cadres » seniors est bien plus sûre qu’une entreprise qui n’embauche que des jeunes sous-formés. Pour ma part, je trouve indispensable qu’une entreprise intègre du personnel multigénérationnel.

    J’ai toujours segmenté la population en quatre groupes. Ceux qui peuvent et qui veulent, ceux qui peuvent mais qui ne veulent pas, ceux qui ne peuvent pas mais qui veulent, et finalement ceux qui ne peuvent pas et qui ne veulent pas non plus. Des intervenants sociaux peuvent facilement catégoriser un individu dans l’un ou l’autre de ces groupes. Si nous pratiquions ainsi, nous pourrions facilement savoir vers qui canaliser nos efforts, par exemple il faudrait donner toutes ses chances à ceux qui peuvent et qui veulent (les employés volontaires, les forces vives, les entrepreneurs, etc.), il faudrait recadrer ceux qui peuvent mais qui ne veulent pas (les fainéants et autres individus qui profitent du système), il faudrait véritablement aider ceux qui ne peuvent pas mais qui veulent (les gens biens qui veulent s’en sortir mais qui rament et qui nécessitent une assistance), et il faut médicaliser et encadrer ceux qui ne peuvent pas et qui ne veulent pas (les malades et autres individus qui devront rester à l’écart malgré eux et qui nécessitent une attention particulière du fait de leur incapacité à vivre une vie normale).

    Libérons les énergies créatives, aux économistes d’intégrer ces nouveaux paramètres, et aux politiques d’exécuter nos choix.

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  • Après l’ère industrielle, rien.

    L’ère industrielle est entrée dans sa phase critique. Le processus de diminution progressive est déjà bien entamé en 2005, et dans quelques années l’ère industrielle va s’arrêter, entendons par là que les installations industrielles de toutes natures ne pourront plus perdurer.

    La menace qui pèse sur les approvisionnements énergétiques condamne irrémédiablement les infrastructures industrielles existantes et les activités industrielles qui en découlent. Personne ne peut ignorer que les ressources énergétiques primaires arrivent à épuisement, c’est une question de quelques années, tout au plus, et en même temps, ces mêmes ressources vont voir leur prix de revient augmenter dramatiquement, conséquence de leur raréfaction face à une demande qui s’accroît chaque jour. Nous vivons dans un monde où tout découle intimement de ce qui se produit de manière industrielle. Du fait de l’organisation industrielle mondiale, un minuscule changement d’un paramètre primaire (comme le prix du pétrole par exemple) a des conséquences incalculables sur une quantité de choses.

    Le dernier souffle industriel viendra d’Asie, et plus particulièrement de la Chine, pendant ce temps là, les deux autres puissances, l’Amérique et l’Europe éprouveront d’insupportables difficultés à contenir leurs industries, les emplois de leurs industries, sans parler bien sûr des innombrables activités indirectement liées à leurs industries. N’évoquons même pas la situation de l’Afrique qui sombre. Après cela, plus rien.

    L’ère industrielle est apparue subitement, au début du XIXème siècle, dans une sorte d’émulation de technologies naissantes, de nouvelles possibilités économiques induites qui semblaient alors plutôt simples à mettre en œuvre à l’échelle humaine, telle une euphorie enthousiaste, mais qui n’a profité en réalité qu’à deux ou trois grandes puissances. Depuis toujours, ceux qui font l’industrie savent qu’elle ne sera pas éternelle.

    Aujourd’hui, cette « bulle spéculative enthousiaste » est déjà largement dégonflée d’un point de vue de sa dynamique et de ses perspectives, certes les activités économiques industrielles semblent encore présentes, mais sont déjà largement délocalisées vers des zones géographiques économiquement plus avantageuses, au détriment de quantité de choses. Une fois les ressources locales consommées, il n’y aura ensuite plus d’endroit où déporter la charge industrielle. Le continent africain ne pourra pas être utilisé comme l’aura été le continent asiatique du fait de son manque d’infrastructure, de son manque de préparation.

    La progression de la déconfiture de l’ère industrielle ira crescendo, dans un mouvement planétaire gigantesque et spectaculaire, hors de contrôle. Ce sont une quantité de paramètres qui se croiseront, se percuteront, et se répercuteront les uns aux autres. Peu d’économistes peuvent avoir une idée précise de ce à quoi il faut s’attendre, d’ailleurs un économiste seul enfermé dans ses analyses économiques ne peut pas prendre la pleine mesure de l’événement mécanique qui se produit dans sa terrible complexité. Des notions bien plus élargies que simplement économiques doivent être prises en compte face à l’immensité du problème, elles incluent des aspects politiques, géopolitiques, sociologiques, humanitaires, sécuritaires, énergétiques, environnementaux et même plus curieusement religieux ou nouvellement climatiques.

    Le monde d’aujourd’hui renferme plus de 6 milliards d’être humains, dont les problèmes individuels augmenteront selon un schéma mécanique facile à comprendre, qui est bien entendu fonction de la problématique globale qui les impactera dans leur vie.

    La plupart des organisations gouvernementales ignorent ces faits dans leur gestion, ces mêmes organisations qui dirigent le monde et les peuples vont faire face au plus inextricable problème jamais connu sur Terre par l’espèce humaine. Nous devrons probablement connaître des situations aussi horribles que des épisodes chaotiques meurtriers, guerriers, terroristes mêmes dans lesquels culmineront famines, épidémies et autres événements dramatiques, y compris bien sûr et surtout dans des pays civilisés.

    Bien avant l’épuisement des énergies essentielles, il sera déjà trop tard. Pour ma part, dans un réalisme contenu, j’exprime déjà souvent le fait que nous ayons déjà franchi le seuil de non retournement, point au delà duquel quoi que nous pourrions mettre en œuvre, il est déjà trop tard. Bien qu’à priori il n’y ait pas de cause à effet qui sonne l’évidence, le 11 septembre 2001 pourrait bien être ce point de non retournement tel que je le décris.

    Dès maintenant, et beaucoup plus dans un avenir proche, la vie de chacun d’entre nous va changer en profondeur, très rapidement.

    Ceux qui affirment que la situation ne se dégrade pas ne prennent pas en compte une large quantité de paramètres, leur esprit d’analyse ne leur permet pas de prendre une pleine mesure de la gravité du problème.

    Nous vivons dans des pays où tout est présent en abondance, nos besoins primitifs sont largement comblés, ils consistent à pouvoir se nourrir, et vivre à température ambiante contrôlée. Les industries remplissent largement leur rôle qui consiste à nourrir les peuples et à leur assurer les conditions de vie élémentaires viables. Lorsque les énergies primaires viendront à manquer et/ou que leur coût ne permettra plus leur rentabilité, les industries, telles des dominos, tomberont en cascade à une vitesse jamais envisagée, que j’estime à une dizaine d’années tout au plus. Les conditions de vie seront alors catastrophiquement compromises. Chaque individu sera alors concerné directement.

    Rien qu’en Europe, comment faire déplacer quotidiennement des dizaines de millions de personnes qui doivent se rendre à leur travail à un niveau de coût acceptable, comment leur assurer un travail rentable, comment nourrir ces gens en leur portant leur nourriture jusqu’à chez eux comme c’est presque le cas aujourd’hui, comment occuper ces gens, comment faire des choses aussi simples que les chauffer en hiver, et les refroidir en été? Ce ne sont que quelques exemples pour évoquer les problèmes qui vont se poser à nous très vite et qui demanderont une réponse adaptée presque immédiate également.

    Des centaines de millions d’individus qui ont faim, qui ont froid, qui n’ont pas les ressources nécessaires pour subvenir à leurs besoins, ne serait-ce que financières, ou pire qui ont l’argent mais qui ne peuvent pas s’en servir ne pourront pas être contenus au calme simplement par des bonnes paroles. Des conflits seront inévitables et prendront des formes jamais envisagées.

    Les gouvernements ne mesurent pas la fragilité de leurs états. Aucun pays aujourd’hui peut se prévaloir d’un grand confort face aux crises à venir, tous les pays sont désormais devenus très sensibles à des changements économiques tels que ceux qui s’imposent à nous et qui donnent pourtant des signaux alarmants.

    L’ère industrielle ne nous a pas préparé à ce qui arrive, bien au contraire, elle nous a tous endormi. Avant l’ère industrielle, les groupes d’humains disposaient de leurs propres moyens de suffisance, ils étaient artisans ou paysans, ils étaient présents partout, et ce modèle a été supprimé purement et simplement au profit d’un modèle global centralisateur.

    L’humanité n’a jamais connu pareille situation, l’ère industrielle a troublé profondément le processus humain, et il n’est pas certain cette fois que nous pourrons rétablir la situation, en effet, il existe des situations faces auxquelles nous ne pouvons rien.

    Quand je dis cela, je veux dire que nous ne pourrons pas sauver 6 milliards d’humains. Nous pourrions peut-être en sauvegarder 2 milliards sur une période de quelques décennies, en espérant qu’ils pourront remettre sur pied un modèle viable. Mais je me garde bien de dire que ces 2 milliards d’humains sauvés seront localisés en Europe, en Amérique du Nord et dans les zones modernes de l’Asie, non il y aura bien d’innombrables morts y compris dans les pays civilisés, découlant d’un chaos généralisé qui me semble inévitable, malgré les moyens civils et militaires qui seront déployés par les gouvernements pour se protéger.

    Un événement tel que celui décrit et résumé ici mériterait que nous cessions tous de nous attacher à nos occupations inutiles habituelles et quotidiennes, pour se consacrer ensemble à une modification immédiate de nos comportements et de nos activités, mais personne ne fait rien, néanmoins de plus en plus de gens pressentent que ce qu’ils lisent ici pourrait bien ne plus être de la science fiction.

    J’espère me tromper, avoir tort d’être pessimiste ou trop réaliste, sans quoi nous pourrions bien prochainement connaître les heures les plus sombres de l’histoire Humaine.

  • Quelle est la bonne stratégie énergétique?

    Dans un certain temps, les énergies naturelles primaires qui sont le pétrole et le gaz viendront à disparaître de notre champ d’application industriel et commercial. D’ici quelques années, certains disent 30 ans, mais d’autres, beaucoup plus crédibles, prédisent 2010 ou 2012 au moment du « peak oil », nous devront assez subitement admettre de changer fondamentalement une quantité de choses qui font notre quotidien.

    De mon point de vue, il est fort probable qu’au rythme où vont les choses, nous serons durablement concernés par ce phénomène à l’horizon 2015, même si effectivement ses premiers effets se feront sentir dès 2008, notamment par la baisse du pouvoir d’achat et la baisse de la rentabilité des activités économiques, tous deux compressés par la hausse du coût des matières premières.

    En réalité, la discussion concernant le moment de la rupture d’approvisionnement est presque inutile et fortuite. Que ce soit dans 10, 20 ou 30 ans, nous sommes de toute manière déjà trop proche de l’échéance. Nous devons immédiatement déclencher des initiatives massives qui débouchent sur des résultats concrets en matière énergétique. L’électricité restera l’énergie inévitable. Maintenant reste à savoir comment la produire.

    Selon moi, il y a un certain nombre de choses qu’un gouvernement sérieux devrait mettre en œuvre immédiatement.

    Tout d’abord, il faudrait démocratiser les énergies naturelles renouvelables, solaires et éoliennes. C’est facile à dire, mais c’est aussi facile à faire. Qu’on ne vienne pas nous expliquer qu’implanter une technologie solaire ou éolienne est plus compliqué, plus coûteux et plus dangereux qu’une implantation nucléaire. Tout au plus, on pourra nous expliquer que cela rapporte moins à l’état, et moins aux industriels. Très honnêtement, ce soucis de profit ne doit pas être un paramètre à prendre en compte prioritairement face au problème qui se présente à l’horizon.

    La recherche, la fabrication et la distribution d’équipements autonomes individuels de production d’électricité doivent être grandement facilités et promotionnés par les institutions gouvernementales. Rien ne nous oblige à concentrer la production d’électricité dans un seul endroit confiné, avec un risque élevé pour les populations, telles les centrales nucléaires qui se multiplient partout à la surface de la planète, augmentant ainsi le risque nucléaire.

    Les implantations de parcs éoliens et autres installations à transformateurs solaires doivent être une priorité absolue dans la stratégie énergétique des pays. Les villages et les petites villes doivent se mettre en commun pour exploiter les ressources. Les grandes villes doivent bien sûr également acquérir progressivement une autonomie énergétique sur la base des énergies renouvelables.

    Par ailleurs, les maisons individuelles, ainsi que les immeubles, devront pouvoir être équipés de systèmes de production et d’accumulation d’énergie électrique à partir des rayonnements solaires.

    Les entreprises et les usines devront également intégrer des moyens d’autoproduction énergétique.

    Les technologies existent, il suffit de développer les réseaux de distribution, et de former les installateurs. De nouveaux métiers verront le jour, liés à la maintenance de tous ces équipements.

    Les économies réalisées par l’autoproduction, que ce soit à titre individuel, professionnel ou public, seront tellement importantes, que très rapidement le pouvoir d’achat va être amélioré nettement. Imaginez si votre chauffage ne vous coûte presque rien, votre climatiseur non plus, le chauffage de votre eau non plus, votre électricité domestique non plus, pareil pour toutes les dépenses énergétiques de votre entreprise, etc.

    Les investissements réalisés sur les réseaux de transport d’électricité sont sauvegardés, ces réseaux pourront parfaitement servir dans un contexte où la production sera mutualisée, puisque chacun déverse le surplus d’électricité produit dans ce réseau global, au profit de la communauté.

    Aujourd’hui les gouvernements européens misent sur « ITER » et son improbable réacteur à fusion nucléaire. Un projet gigantesque, extrêmement dangereux, et à un niveau de coût absolument vertigineux pour des résultats, à une échéance de 50 années impossibles à anticiper aujourd’hui. Les gens doivent bien comprendre que « ITER » est une installation pharaonique destinée à la recherche. « ITER » n’est absolument pas une sorte de super centrale nucléaire qui va produire de l’énergie à faible coût pour très longtemps et pour toute la planète, bien au contraire, avec « ITER », personne ne sait où nous allons, des scientifiques veulent simplement tenter de reproduire la production d’énergie sous une forme équivalente à ce qu’il se passe dans une étoile. Les gouvernements ont pourtant validé ce projet utopiste, qui a été par ailleurs décrié par de très grands scientifiques, certains assurent même que « ITER » n’aboutira jamais à un résultat exploitable.

    Les américains travaillent sur les moteurs Stirling (du nom de son inventeur), une technologie rudimentaire qui était aux oubliettes bien que hautement réaliste. En remplacement des centrales nucléaires, imaginez des centaines d’hectares recouverts de gros capteurs solaires inoffensifs, équipés de « suiveurs » du soleil, qui ne transforment pas les rayonnements en électricité (le rendement étant trop faible) mais qui servent à concentrer la chaleur ainsi récupérée vers un endroit stratégique de ce petit moteur placé au centre de ces capteurs paraboliques. Une partie du gaz qu’il contient est ainsi continuellement chauffé, il se dilate et fait tourner une dynamo à grande vitesse, c’est cette dynamo qui produit de l’électricité avec un rendement fantastique à un niveau de coût ridiculement bas, sans aucune pollution.

    Des dizaines de milliards d’euros pour « ITER » et son résultat incertain, rien pour les moteurs Stirling, quasiment rien pour les parcs éoliens immédiatement rentables, quasiment rien pour les capteurs solaires également immédiatement rentables, voilà où nous en sommes.

    En fait, seules les décisions politiques pourraient faire avancer les choses, et nous savons désormais comme il est improbable que les choses avancent quand il est question de politique. C’est le serpent qui se mord la queue.

    De deux choses l’une, soit la situation énergétique se décomplexe, les indicateurs passent du rouge vif à l’orange, le pouvoir politique prend les bonnes initiatives et d’ici quelques années les ressources énergétiques naturelles sont utilisées dans notre quotidien, soit la situation énergétique empire, les indicateurs persistent dans le rouge vif, et les politiques continuent de palabrer.

    Dans ce dernier cas il faudra trancher la question, la solution consistera à reprendre le contrôle de notre destin énergétique, il faudra admettre que les dirigeants politiques soient évincés au profit d’autres dirigeants, qui ne soient pas cette fois des personnalités politiques … mais des « sages ».

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