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  • Agriculteurs en colère, votre révolte ne suffira pas sans convergence des luttes
    Agriculteurs en colère, votre révolte ne suffira pas sans convergence des luttes
    Alors que les agriculteurs français bloquent routes et autoroutes depuis janvier 2024, leur mouvement révèle les limites d’une contestation sectorielle face à une crise systémique. Sans convergence avec l’ensemble des Français en colère, leur révolte risque de s’éteindre dans les promesses creuses du gouvernement.

    Depuis le 19 janvier, les tracteurs envahissent les routes françaises. L’A64 près de Toulouse, les préfectures, les centres de distribution : partout, les agriculteurs manifestent leur colère. Mais au-delà du spectacle médiatique des convois de tracteurs, une question cruciale se pose : ce mouvement peut-il vraiment changer la donne sans embrasser une cause plus large ?

    Je l’affirme depuis le début : si les agriculteurs ne roulent que pour leur boutique, ils vont se faire enfumer. Les promesses d’Attal, les négociations avec les préfets, tout ça n’est que de la poudre aux yeux. La vraie bataille se joue ailleurs, et elle nécessite l’union de tous les Français en colère.

    Une crise agricole qui dépasse largement le monde paysan

    Les revendications des agriculteurs sont légitimes : normes environnementales impossibles à respecter, concurrence déloyale, prix d’achat dérisoires, charges écrasantes. Mais ces problèmes ne sont que la partie émergée d’un iceberg bien plus massif.

    L’agriculture française est prise dans un étau. D’un côté, les normes européennes toujours plus contraignantes, imposées par des bureaucrates déconnectés de la réalité du terrain. De l’autre, la grande distribution qui pressure les prix jusqu’à l’asphyxie. Entre les deux, des exploitants qui travaillent 70 heures par semaine pour gagner moins que le SMIC.

    Mais voilà le problème : ces difficultés touchent aussi les millions d’artisans, d’autoentrepreneurs, d’indépendants et de petits patrons français. Les charges sociales qui écrasent un éleveur de vaches laitières sont les mêmes qui tuent le petit commerce de centre-ville. Les normes absurdes qui empêchent un maraîcher de vendre ses tomates sont cousines de celles qui paralysent l’artisan du bâtiment.

    C’est pour ça que je martèle ce message : les agriculteurs doivent comprendre qu’ils ne sont qu’un maillon d’une chaîne de souffrance économique bien plus vaste. Leur combat est notre combat à tous.

    La stratégie gouvernementale : diviser pour mieux régner

    Gabriel Attal, notre jeune Premier ministre, maîtrise parfaitement l’art de l’enfumage politique. Sa stratégie est claire : promettre quelques mesurettes, lâcher du lest sur des points secondaires, et attendre que le mouvement s’essouffle.

    Le 26 janvier, il a annoncé placer l’agriculture « au-dessus » de tout le reste. Au-dessus de la santé ? De l’éducation ? De la défense ? Évidemment, c’est du pipeau. Mais ça fait les gros titres et ça calme temporairement les esprits.

    Pendant ce temps, le gouvernement documente méthodiquement chaque action, chaque blocage, chaque dégradation. Les agriculteurs qui pensent manifester pacifiquement ne réalisent pas qu’ils constituent des dossiers judiciaires contre eux-mêmes. Les amendes et les poursuites viendront plus tard, quand les caméras seront parties et que l’opinion publique sera passée à autre chose.

    Cette tactique n’est pas nouvelle. C’est exactement ce qui s’est passé avec les Gilets jaunes : on laisse le mouvement s’exprimer, on fait quelques concessions symboliques, puis on réprime dans le silence médiatique. La seule différence, c’est que les agriculteurs ont des tracteurs au lieu de gilets fluorescents.

    Les limites du pacifisme face à un système verrouillé

    Les agriculteurs veulent mener des actions « pacifiques et non-violentes ». Des blocages « non-bloquants », des manifestations avec des « dégradations non-dégradantes ». Cette contradiction dans les termes révèle toute l’impasse de leur stratégie.

    Comment espérer faire plier un système qui vous méprise depuis des décennies avec des méthodes aussi timorées ? Les tracteurs sont impressionnants, certes, mais si leurs conducteurs n’ont pas la détermination d’aller au bout, ils ne servent à rien.

    Je ne prône pas la violence gratuite, mais il faut être lucide : sans rapport de force réel, sans menace crédible sur les intérêts vitaux du système, rien ne changera. Bloquer un supermarché local pendant quelques heures n’inquiète personne à Bercy ou à Bruxelles.

    Les vrais leviers existent pourtant. La logistique des grandes surfaces, les plateformes de distribution, les axes routiers stratégiques, voire les aéroports comme Roissy-Charles de Gaulle : voilà où se trouvent les points de pression efficaces. Mais pour les activer, il faut accepter le conflit, pas le fuir.

    La mémoire courte du 4 mars 1976

    Les anciens s’en souviennent : le 4 mars 1976, à Montredon-Labessonnié dans le Tarn, la manifestation viticole avait dégénéré. Deux morts, des dizaines de blessés. C’est ce spectre qui plane sur le mouvement actuel et qui explique en partie la frilosité des leaders syndicaux agricoles.

    Mais entre la violence aveugle et la soumission résignée, il existe un espace pour l’action déterminée et stratégique. C’est cet espace que les agriculteurs doivent investir s’ils veulent vraiment changer la donne.

    La convergence des luttes : seule issue possible

    La solution, je la répète depuis le début : les Français en colère doivent converger. Gilets jaunes, artisans, petits patrons, salariés pressurés, tous ceux qui subissent ce système mortifère doivent faire front commun.

    Les agriculteurs ont les tracteurs, mais les Gilets jaunes ont l’expérience de la confrontation avec les forces de l’ordre. Les petits patrons ont les 4×4 et les fourgonnettes, les forestiers ont même des engins blindés. Ensemble, ils forment une force que le gouvernement ne pourra pas ignorer.

    Cette convergence commence déjà à se dessiner. En Moselle, près de la frontière allemande, des connexions se créent entre agriculteurs français et allemands. Les Gilets jaunes rejoignent les convois de tracteurs. Les restaurateurs, qui ont avalé des couleuvres pendant la crise du pass sanitaire, commencent à relever la tête.

    Mais pour que cette convergence devienne réalité, il faut que les agriculteurs acceptent de dépasser leur vision corporatiste. Leurs problèmes ne sont pas uniques, ils sont le symptôme d’un mal plus profond qui ronge toute la société française.

    L’horizon du Frexit

    Au fond, si on analyse lucidement la situation, une seule solution permettrait de résoudre durablement les problèmes de l’agriculture française : sortir du carcan européen. Les normes absurdes, la concurrence déloyale, la bureaucratie kafkaïenne, tout vient de Bruxelles.

    Sans l’équivalent d’un Frexit, c’est-à-dire une reprise en main de notre souveraineté agricole, alimentaire et économique, tous les efforts des agriculteurs seront vains. On leur jettera quelques miettes, on allégera temporairement certaines contraintes, mais le système continuera de les broyer inexorablement.

    Cette perspective peut sembler radicale, mais elle est la seule cohérente avec l’ampleur des défis. Continuer à mendier des aménagements marginaux dans un système structurellement hostile, c’est signer son arrêt de mort à petit feu.

    Les leçons à tirer pour l’avenir

    Le mouvement des agriculteurs de janvier-février 2024 restera dans l’histoire comme un rendez-vous manqué si les acteurs n’en tirent pas les bonnes leçons.

    Première leçon : la colère sectorielle ne suffit pas face à une crise systémique. Tant que chaque profession, chaque corporation défendra son pré carré, le pouvoir continuera de diviser pour mieux régner.

    Deuxième leçon : le pacifisme béat est une impasse. Sans rapport de force crédible, sans capacité de nuisance réelle, aucune négociation sérieuse n’est possible. Les tracteurs sont des outils formidables, encore faut-il avoir le courage de s’en servir efficacement.

    Troisième leçon : l’ennemi n’est pas le voisin Gilet jaune ou le petit patron en galère. L’ennemi, c’est ce système technocratique qui nous asphyxie tous, de Bruxelles à Paris, en passant par les multinationales de l’agroalimentaire et de la grande distribution.

    Les agriculteurs ont entre leurs mains une opportunité historique. Ils peuvent être le catalyseur d’un mouvement de libération nationale, ou se contenter de négocier leur survie pour quelques années de plus. Le choix leur appartient, mais le temps presse.

    Si le mouvement s’éteint sans résultats tangibles, sans vision d’avenir, sans convergence réelle, alors ce sera la fin de l’agriculture française telle que nous la connaissons. Et avec elle, c’est un pan entier de notre identité, de notre souveraineté et de notre avenir qui disparaîtra.

    Les tracteurs sont dans les rues. Les Français attendent. L’histoire jugera si cette colère aura su se transformer en révolution ou si elle n’aura été qu’un baroud d’honneur de plus dans la longue agonie de la France productive.

    Pour aller plus loin

    Photo : Ieva Brinkmane / Unsplash

  • La France de 2013 : entre colère fiscale et espoir entrepreneurial
    La France de 2013 vit une période de tensions extrêmes entre un État qui taxe toujours plus et des entrepreneurs qui fuient massivement. Les Bonnets rouges bretons incarnent cette colère populaire face à une fiscalité devenue insupportable, pendant que le gouvernement peine à convaincre de sa capacité à redresser l’économie.

    Je regarde la France de cette fin 2013 avec un mélange de tristesse et de colère. Après des décennies passées à entreprendre dans ce pays, je constate que nous avons atteint un point de non-retour. Les entrepreneurs français ne manifesteront pas. Ne demanderont plus rien. Vous ne les trouverez simplement plus ici demain.

    L’exode silencieux des forces vives

    Chaque semaine, je croise des entrepreneurs qui préparent leurs valises. Pas des exilés fiscaux millionnaires dont parlent les médias, non. Des patrons de PME, des créateurs de startups, des artisans qui n’en peuvent plus. Le phénomène est massif mais invisible : contrairement aux Bonnets rouges bretons qui manifestent bruyamment, les entrepreneurs partent en silence.

    Les chiffres officiels minimisent l’ampleur du désastre. Mais sur le terrain, la réalité est brutale : les plus dynamiques, les plus innovants, les plus courageux s’en vont. Direction la Belgique, le Luxembourg, Londres, Singapour. Partout sauf en France.

    Ce qui me frappe, c’est que ces Français qui s’expatrient ne sont pas des lâches mais des héros, des aventuriers, des courageux. Il faut du cran pour tout quitter, recommencer ailleurs, affronter l’inconnu. Mais ils n’ont plus le choix : les charges sociales, patronales et les coûts salariaux additionnels sont devenus insupportables en France.

    Le poids écrasant de la fiscalité

    Prenons un exemple concret. Un entrepreneur qui veut embaucher un salarié à 2000 euros nets devra débourser près de 4000 euros. Entre les charges patronales, les charges salariales, les taxes diverses, le coût du travail a explosé. Comment être compétitif face à nos voisins européens dans ces conditions ?

    L’État français prélève désormais plus de 46% du PIB en impôts et cotisations diverses. Un record européen. Et ce n’est pas fini : Benoît Hamon veut « verdir l’impôt ». Traduction : de nouvelles taxes écologiques qui vont noircir la vie des Français les plus actifs.

    Les Bonnets rouges : symbole d’une France qui craque

    La Bretagne peut jouer un rôle historique dans le destin de la France si les Bretons sont prêts au sacrifice ultime. Les manifestations contre l’écotaxe ne sont que la partie émergée de l’iceberg. C’est tout un peuple qui dit stop.

    L’écotaxe, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Une taxe de plus, imposée par Bruxelles, appliquée aveuglément par Paris, qui va achever de tuer ce qui reste de notre compétitivité. Les transporteurs bretons l’ont compris : c’est leur survie qui est en jeu.

    Ce que les Bretons obtiennent comme résultats en Bretagne, les Français partout ailleurs peuvent l’obtenir aussi. Le mouvement des Bonnets rouges montre la voie : face à un État sourd aux revendications légitimes, seule la révolte paye.

    Un gouvernement déconnecté des réalités

    François Hollande ose parler de reprise économique. Il affirme même que chez nous en France c’est plus rapide qu’ailleurs ! De qui se moque-t-on ? La réalité c’est que la France est en décroissance et qu’en décroissance on ne croît plus, sauf à se défaire de ce qui plombe.

    Les politiciens ne peuvent rien comprendre des problèmes des Français. Au-dessus de 8000 euros de salaire mensuel, ils ne sont pas impactés par les mesures qu’ils prennent. Ils vivent dans une bulle dorée, complètement déconnectés de la France réelle.

    L’espoir Montebourg : dernier rempart avant le naufrage ?

    Pour tous les entrepreneurs français, le dernier espoir dans le gouvernement actuel, c’est Arnaud Montebourg. C’est beaucoup pour un seul homme. Mais reconnaissons son travail pour la sauvegarde du tissu économique, pour les entreprises.

    Avec ses 34 plans pour la nouvelle France industrielle, Montebourg offre une vision. À nous entrepreneurs de développer l’activité par la recherche et l’innovation. L’autorisation donnée pour l’exploration des mines en France va dans le bon sens. Il faut aller plus loin, avec le charbon notamment.

    En 2004, la France a fermé sa dernière mine de charbon. C’est la fin de son industrie minière, l’une de ses plus grandes erreurs stratégiques. Pendant que l’Allemagne exploite encore ses ressources, nous importons massivement. Quelle aberration !

    Réindustrialiser par étapes

    Pour réindustrialiser la France, procédons par étapes. Favorisons d’abord la création d’unités d’assemblage de produits importés. C’est ainsi que la Chine a commencé avant de devenir l’usine du monde.

    Mais attention : la France ne protège absolument pas assez ses entreprises technologiques, innovantes, performantes, exportatrices dans le jeu international. Nos fleurons industriels sont rachetés les uns après les autres par des groupes étrangers.

    La montée inexorable du Front National

    Beaucoup de Français rêvent d’être Brignolais aujourd’hui. La victoire du FN à Brignoles n’est que le début. Le Front National de Marine Le Pen est potentiellement le premier parti politique de France, et c’est un immense mouvement des patriotes.

    L’UMP se trompe en tapant sur le FN. Les Français sont nettement moins dupes. Ils voient bien que les partis traditionnels n’ont plus de solutions. Le pertinent éminent géopoliticien français Aymeric Chauprade rejoint le FN. Des wagons d’experts devraient suivre.

    Comprenez bien que la France n’est pas raciste, la France est méfiante ! En France nous avons le peuple patriote le moins raciste du monde, c’est plus de 20 années de voyages qui me permettent de l’affirmer.

    La question de l’immigration

    Ceux qui traitent les Français de racistes savent que la France n’est pas raciste, mais c’est le meilleur moyen d’atteindre le FN. La vérité c’est que les Français n’aiment pas les gens irrespectueux et incivilisés. Point.

    Je suis convaincu que de nos jours les Français font parfaitement la distinction entre les immigrés intégrés assimilés et la racaille. Claude Goasguen casse le tabou de l’immigration, des frontières, des faiblesses de la France. Il valide l’argumentation du FN. C’est courageux.

    Au risque de choquer, la France aurait énormément à gagner en ouvrant un peu ses portes aux immigrés philippins. Travailleurs, respectueux, catholiques, ils s’intègrent parfaitement. Mais nous préférons subir une immigration subie plutôt que choisie.

    Un pays au bord de la rupture

    Les Français doivent comprendre qu’il n’existe qu’une seule solution objective pour que la situation s’améliore. Elle sera politique et dure. Le système actuel est à bout de souffle.

    L’abaissement de la note de la France à AA par Standard & Poor’s va annuler tous les efforts fiscaux des Français. Nous payons le prix de décennies de gabegie. La France doit absolument disposer d’agences de notation concurrentes comme les Russes avec RusRating et les Chinois avec Dagong.

    Les touristes chinois, japonais, russes, arabes sont consternés, ébranlés par ce qu’ils ont vu de la France en rentrant chez eux. Notre image internationale s’effondre. Le pays des Lumières est devenu celui des grèves et de l’insécurité.

    2013, année charnière

    Une chanson va bientôt revenir à la mode en France… « Le Chant des Partisans ». Ce n’est pas une boutade. Le niveau de tension sociale atteint des sommets. Entre l’affaire Leonarda qui ridiculise notre administration et les Bonnets rouges qui défient l’État, le pouvoir vacille.

    En 2013, en France, toujours pas d’e-Government digne de ce nom. Pendant que l’Estonie dématérialise tous ses services publics, nous en sommes encore aux formulaires papier en trois exemplaires. Comment s’étonner de notre décrochage ?

    Le deal proposé à Leonarda résume tout : « soit la France, soit ta famille ». Que tous les Français qui le peuvent quittent le pays avant qu’il ne soit trop tard, parce que là, c’est plus possible !

    Quel avenir pour la France ?

    Je souhaite de tout cœur que la France retrouve la croissance et que les choses s’équilibrent et se stabilisent. Mais soyons lucides : sans changement radical de politique économique et fiscale, nous fonçons dans le mur.

    Si on continue, la France sera Marseille, mais avant ce sera Nice, Lyon, Paris et d’autres. Des zones de non-droit qui s’étendent, une économie qui s’effondre, une population qui se divise.

    Les entrepreneurs français ont longtemps rêvé de la réussite de Bernard Tapie qui était leur modèle. Ironiquement, ce modèle était socialiste ! Aujourd’hui, ils ne rêvent plus. Ils partent.

    Ni la France et encore moins l’Europe ne céderont sur l’implémentation de l’écotaxe. Nous entrons dans un très long conflit. Les Bonnets rouges ne sont que l’avant-garde d’une révolte plus large qui gronde.

    Bref. La France de 2013 est à un tournant historique. Soit nous prenons conscience de l’urgence et nous changeons radicalement de cap. Soit nous continuons dans le déni et nous courons à la catastrophe. Le choix est entre nos mains. Pour combien de temps encore ?

    Pour aller plus loin

    Sources et références