L’Europe des fous : pourquoi l’Union Européenne court à sa perte
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L’Union Européenne s’enfonce dans une logique autodestructrice entre élargissements hasardeux et réglementations absurdes. Les peuples européens commencent à se réveiller face à cette machine technocratique qui détruit les nations sans construire d’alternative viable.

On est chez les fous. Voilà ce que je me dis en découvrant que les commissaires européens viennent de donner leur feu vert pour négocier l’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du Nord. Comme si l’Europe n’avait pas déjà suffisamment de problèmes avec ses 28 membres actuels. Comme si la crise économique qui ravage le sud du continent n’existait pas. Comme si les peuples européens réclamaient encore plus d’élargissement.

Cette décision illustre parfaitement la déconnexion totale entre les technocrates de Bruxelles et la réalité vécue par les citoyens européens. Pendant que des millions de Grecs, d’Espagnols, de Portugais subissent les plans d’austérité imposés par la troïka, nos commissaires préparent tranquillement l’arrivée de nouveaux membres qui viendront diluer encore un peu plus ce qui reste de cohésion européenne.

L’écotaxe : le symbole d’une Europe qui impose sans écouter

L’affaire de l’écotaxe qui secoue la Bretagne ces dernières semaines révèle un autre aspect de cette folie européenne. Ce dispositif, imposé par notre gouvernement européen – car c’est bien de cela qu’il s’agit désormais – est obligatoire dans toute l’Europe. Il ne pourra pas être supprimé, quoi qu’en disent nos ministres qui font mine de reculer face aux Bonnets Rouges.

La directive européenne 2011/76/UE, dite « Eurovignette », oblige tous les États membres à mettre en place une taxation des poids lourds basée sur la distance parcourue et le niveau de pollution. La France a simplement appliqué ce que Bruxelles lui ordonnait. Et maintenant que le peuple breton se révolte, nos gouvernants font semblant de chercher des solutions alors qu’ils savent pertinemment qu’ils n’ont plus la main.

Cette écotaxe représente un surcoût estimé entre 3 et 4% pour les transporteurs. Dans une région périphérique comme la Bretagne, déjà pénalisée par l’éloignement des grands centres économiques européens, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les agriculteurs, les industriels de l’agroalimentaire, tous voient leurs marges déjà faibles fondre sous le poids de cette nouvelle taxe.

Mais le plus révoltant, c’est que cette taxe a été confiée à un consortium privé, Ecomouv’, qui empochera 20% des recettes pour faire fonctionner le système. On privatise la collecte de l’impôt ! Voilà où nous en sommes arrivés avec cette Europe ultra-libérale qui transforme tout en business, même la fiscalité.

Les Bonnets Rouges : l’avant-garde d’une révolte européenne ?

Tous les peuples d’Europe devraient regarder attentivement l’œuvre locale des Bonnets Rouges et s’en inspirer. Car ce mouvement breton préfigure peut-être ce qui attend l’ensemble du continent si les technocrates de Bruxelles continuent leur fuite en avant.

Les Bonnets Rouges ne sont pas des extrémistes. Ce sont des chefs d’entreprise, des salariés, des agriculteurs qui voient leur outil de travail menacé par des décisions prises à des milliers de kilomètres de chez eux, par des gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une usine ou une exploitation agricole. Leur révolte est celle du bon sens contre l’absurdité bureaucratique.

Leur méthode est efficace : blocages de routes, destructions de portiques écotaxe, manifestations massives. Ils ont compris que face à une Europe sourde aux revendications démocratiques, seul le rapport de force fonctionne. Et ils obtiennent des résultats : le gouvernement français, pris de panique, multiplie les reculs et les atermoiements.

Cette révolte bretonne pourrait faire tache d’huile. En Allemagne, les transporteurs grondent contre la LKW-Maut. En Belgique, les agriculteurs flamands s’organisent. Partout en Europe, la colère monte contre une Union qui impose toujours plus de contraintes sans jamais apporter de solutions aux vrais problèmes.

L’Europe contre les nations : une destruction programmée

L’Europe a une obligation constitutionnelle, celle de protéger à tous prix ses citoyens. Mais le prix est devenu trop élevé, et surtout, il est payé par les mauvaises personnes. Ce sont les classes moyennes et populaires qui subissent de plein fouet les conséquences des politiques européennes, pendant que les grandes entreprises et les banques profitent du grand marché et de la libre circulation des capitaux.

Tout ce qui est fait au niveau européen est à peu près contre-productif. La Politique Agricole Commune détruit les petites exploitations au profit de l’agriculture industrielle. La politique de la concurrence empêche les États de soutenir leurs champions nationaux. La monnaie unique étrangle les économies du Sud sans permettre les ajustements nécessaires.

Le projet européen actuel n’a aucune chance d’aboutir à quelque chose de satisfaisant. Il est trop destructeur des identités nationales, trop éloigné des préoccupations des peuples, trop soumis aux intérêts des lobbies et des multinationales. On construit une Europe hors-sol, déracinée, qui ne correspond à aucune réalité historique ou culturelle.

Rendre le pouvoir aux nations : la seule solution

Comprenez bien que nous n’avons pas besoin de casser l’Europe ou de sortir de l’Europe. Il suffit que l’Europe rende les pouvoirs aux nations. C’est la seule voie raisonnable pour éviter l’explosion finale.

Les nations européennes ont mis des siècles à se construire. Elles correspondent à des réalités linguistiques, culturelles, historiques profondes. Vouloir les dissoudre dans un magma européen sans âme est non seulement impossible, mais dangereux. Les peuples ne l’accepteront pas.

Ce qu’il faut, c’est revenir à une Europe des nations souveraines qui coopèrent librement sur des projets communs. Une Europe qui respecte les spécificités de chacun au lieu de vouloir tout uniformiser. Une Europe qui protège ses frontières extérieures au lieu de les ouvrir à tous vents. Une Europe qui défend ses intérêts face aux autres blocs économiques au lieu de se soumettre aux diktats du libre-échange mondialisé.

Mais pour cela, il faudrait que nos élites acceptent de lâcher prise. Or, elles sont trop investies dans le projet européen actuel pour accepter de le remettre en cause. Elles préfèrent foncer dans le mur plutôt que de reconnaître leur erreur.

La fuite des cerveaux et des capitaux : le sauve-qui-peut général

Toute personne, morale ou physique, qui envisageait de réussir financièrement en Europe doit désormais fuir au risque de tout perdre. C’est le constat amer que je fais en observant ce qui se passe autour de moi.

Les entrepreneurs partent à Londres, à Singapour, aux États-Unis. Les jeunes diplômés s’expatrient massivement. Les fortunes se délocalisent en Suisse ou au Luxembourg. C’est un exode massif des forces vives du continent, qui ne laissera derrière lui que les assistés et les fonctionnaires.

La fiscalité européenne est devenue confiscatoire. Entre les charges sociales, l’impôt sur les sociétés, la TVA et maintenant l’écotaxe, il devient impossible de créer de la richesse en Europe. Les marges sont laminées, l’investissement découragé, l’innovation étouffée.

Pendant ce temps, nos concurrents asiatiques et américains se frottent les mains. Ils récupèrent nos talents, nos entreprises, nos capitaux. L’Europe se suicide économiquement au nom d’idéaux fumeux de justice sociale et de protection de l’environnement.

Détruire pour reconstruire : l’inéluctable refondation

Tous ceux qui vous assurent qu’on peut construire l’Europe sans la détruire d’abord avant de recommencer vous mentent. Le système actuel est irréformable. Il est verrouillé par les traités, les institutions, les intérêts en place.

Il faudra passer par une phase de destruction créatrice, comme disait Schumpeter. L’Union Européenne actuelle devra s’effondrer pour qu’autre chose puisse naître. Ce sera douloureux, chaotique, mais nécessaire.

Les signes avant-coureurs sont déjà là. La montée des partis eurosceptiques partout en Europe. Les tensions entre le Nord et le Sud sur la politique monétaire. Les divergences entre l’Est et l’Ouest sur l’immigration. Les Bonnets Rouges en Bretagne. Tout cela annonce la grande déflagration à venir.

La question n’est plus de savoir si l’Union Européenne va exploser, mais quand et comment. Sera-ce un éclatement violent, avec retour aux monnaies nationales et fermeture des frontières ? Ou une dissolution progressive et négociée ? Personne ne peut le dire.

Ce qui est sûr, c’est que le statu quo n’est plus tenable. Les peuples n’en peuvent plus. Les économies s’effondrent. Les tensions montent. L’Europe des fous court à sa perte, et il est peut-être déjà trop tard pour éviter le crash final.

Pour aller plus loin

  • « La faute de l’Europe ? » de Jean-Pierre Chevènement – Une analyse critique de la construction européenne par un ancien ministre
  • « L’Europe sans les peuples » de Coralie Delaume – Décryptage des mécanismes antidémocratiques de l’UE
  • « Le piège de l’euro » de Jean-Jacques Rosa – Les dysfonctionnements de la monnaie unique expliqués
  • Les rapports de la Cour des comptes européenne – Pour comprendre le gaspillage institutionnalisé
  • « Comprendre l’empire » d’Alain Soral – Une vision alternative de la construction européenne

Sources et références

  • Directive 2011/76/UE du Parlement européen et du Conseil du 27 septembre 2011
  • Rapport de la Commission européenne sur l’élargissement (octobre 2013)
  • Données Eurostat sur le chômage en Europe (novembre 2013)
  • Étude de l’INSEE sur l’expatriation des jeunes diplômés français (2013)
  • Rapport du Sénat sur l’écotaxe poids lourds (septembre 2013)

Photo : Olivier Darbonville / Unsplash

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