Dans six semaines exactement, pendant que les Français prépareront leurs fêtes de fin d’année, une bombe fiscale s’apprête à exploser. Le 1er janvier 2014, la TVA passera de 19,6% à 20%. Vous me direz : « 0,4 point, ce n’est rien ». Détrompez-vous. C’est précisément ce genre de raisonnement qui nous a menés dans le mur économique où nous sommes aujourd’hui.
Cette hausse, je ne la vois pas comme un simple ajustement technique. C’est un choc fiscal majeur qui va frapper de plein fouet une économie déjà à genoux. Et le pire ? Personne ne semble mesurer l’ampleur de la catastrophe qui se prépare.
L’effet domino que personne ne veut voir
Commençons par les bases. La TVA, c’est l’impôt le plus injuste qui soit. Pourquoi ? Parce qu’il frappe tout le monde de la même manière, que vous gagniez le SMIC ou que vous soyez millionnaire. Un litre de lait, un plein d’essence, une facture d’électricité : la TVA ne fait pas de distinction sociale.
Mais ce n’est pas le pire. Le vrai problème, c’est l’effet cascade. Quand la TVA augmente, ce n’est pas juste le prix final qui grimpe. C’est toute la chaîne de valeur qui se retrouve impactée :
- Le grossiste augmente ses prix pour maintenir sa marge
- Le transporteur répercute la hausse du carburant
- Le distributeur ajuste ses tarifs à la hausse
- Le consommateur final se retrouve avec une facture qui a explosé
Résultat ? Cette hausse de 0,4 point se transforme en réalité en une augmentation des prix de 1 à 2%, voire plus dans certains secteurs. C’est mathématique.
Le timing catastrophique de janvier 2014
Mais attendez, ce n’est pas fini. Cette hausse de TVA ne vient pas seule. Elle s’accompagne d’un cortège de mesures fiscales qui vont transformer janvier 2014 en véritable massacre du pouvoir d’achat :
D’abord, il y a l’écotaxe. Cette nouvelle taxe sur le transport routier, censée entrer en vigueur le 1er janvier également, va mécaniquement augmenter le coût du transport de marchandises. Et qui va payer au final ? Le consommateur, évidemment.
Ensuite, les cotisations sociales qui continuent leur inexorable progression. Les charges patronales, les charges salariales, tout augmente. Les entreprises n’ont que deux solutions : licencier ou augmenter leurs prix. Dans les deux cas, c’est la catastrophe.
Enfin, n’oublions pas que janvier, c’est traditionnellement le mois des augmentations tarifaires. Électricité, gaz, transports publics, assurances… Tout le monde profite du changement d’année pour réviser ses prix à la hausse.
Une économie déjà à genoux
Ce qui me met vraiment en colère, c’est qu’on applique ce choc fiscal à une économie déjà exsangue. Les chiffres sont là, implacables :
- Le chômage n’a jamais été aussi élevé depuis 1997
- La croissance est atone, proche de zéro
- Les défaillances d’entreprises explosent
- Le pouvoir d’achat des ménages recule depuis des mois
Dans ce contexte, augmenter la TVA, c’est comme donner un coup de pied à quelqu’un qui est déjà à terre. C’est de l’acharnement fiscal pur et simple.
Les commerçants que je rencontre sont désespérés. Ils me disent tous la même chose : « On n’arrive déjà plus à joindre les deux bouts. Si les prix augmentent encore, les clients vont définitivement déserter nos magasins. » Et ils ont raison.
L’absurdité économique du gouvernement
Ce qui me sidère, c’est l’aveuglement total du gouvernement. On nous explique que cette hausse de TVA est nécessaire pour financer le CICE (Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi). En clair : on augmente les impôts des consommateurs pour baisser les charges des entreprises.
Mais c’est complètement absurde ! Si les consommateurs n’achètent plus parce que tout est trop cher, à quoi bon baisser les charges des entreprises ? Elles vont faire quoi avec leurs baisses de charges si elles n’ont plus de clients ?
C’est exactement l’inverse qu’il faudrait faire. BAISSER la TVA pour relancer la consommation. BAISSER les charges pour permettre aux entreprises d’embaucher. Mais non, on fait l’inverse. On augmente d’un côté pour baisser de l’autre. C’est du grand n’importe quoi économique.
Les Bonnets Rouges : le début de la révolte fiscale ?
Il y a pourtant des signes d’espoir. En Bretagne, les Bonnets Rouges montrent la voie. Ils ont compris que trop d’impôt tue l’impôt. Leur mobilisation contre l’écotaxe est un premier pas. Mais il faut aller plus loin.
Ce mouvement doit s’emparer du dossier de la TVA. C’est LE combat prioritaire. Parce que contrairement à l’écotaxe qui ne touche « que » les transporteurs, la TVA, elle, frappe tout le monde. C’est l’impôt le plus large, le plus injuste, le plus destructeur pour l’économie.
Je lance donc un appel : il faut absolument que la mobilisation s’amplifie dans les prochaines semaines. Nous avons encore un mois et demi pour faire reculer le gouvernement. C’est court, mais c’est jouable.
Les solutions existent, il manque juste le courage politique
Soyons clairs : annuler la hausse de la TVA, c’est techniquement très simple. Un décret, et c’est réglé. Le problème, c’est le manque de courage politique.
Mais les alternatives existent pour financer le budget de l’État :
- Lutter vraiment contre la fraude fiscale (80 milliards d’euros par an)
- Supprimer les niches fiscales inutiles
- Taxer les transactions financières
- Réduire le train de vie de l’État
- Simplifier le millefeuille administratif
Au lieu de ça, on préfère la solution de facilité : augmenter la TVA. C’est simple, c’est rapide, et ça rapporte gros. Sauf que ça tue l’économie à petit feu.
Il est encore temps d’agir. Mais il faut faire vite. Très vite. Car dans six semaines, il sera trop tard. La bombe aura explosé, et les dégâts seront irréversibles.
Alors, qu’attendons-nous pour nous mobiliser ? Qu’attendons-nous pour dire stop à cette folie fiscale ? L’avenir de notre économie se joue maintenant. Pas dans six mois. Pas dans un an. Maintenant.
Pour aller plus loin
- Le rapport de la Cour des Comptes sur la TVA – Analyse détaillée de l’impact de la TVA sur l’économie française
- « L’impôt sur la consommation » de Maurice Lauré – Pour comprendre les mécanismes de la TVA
- Les études de l’INSEE sur le pouvoir d’achat – Les chiffres qui montrent la dégradation continue
- Le mouvement des Bonnets Rouges – Comprendre la révolte fiscale bretonne
- « La France surendettée » de François Lenglet – Pour une vision globale de la crise fiscale française
Sources et références
- Projet de loi de finances 2014 – Ministère de l’Économie et des Finances
- Rapport sur la compétitivité française – Louis Gallois, novembre 2012
- Étude INSEE sur l’évolution du pouvoir d’achat – octobre 2013
- Baromètre des défaillances d’entreprises – Altares, 3e trimestre 2013
- Enquête de conjoncture auprès des ménages – INSEE, novembre 2013
Photo : KOBU Agency / Unsplash
