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Le vote électronique débarque en cachette pour les présidentielles

Le 22 avril 2007, près d’un million de concitoyens vont être obligés d’utiliser une « machine à voter électronique » pour choisir leur Président de la République, c’est une première en France.

Des informaticiens se regroupent pour crier garde : « le vote électronique est potentiellement une énorme arnaque » car selon eux, le risque de fraude est ahurissant, sans que personne ne puisse ni s’en rendre compte ni rien vérifier.

Outre la possibilité de « pirater » ou « trafiquer » le système et les résultats, le contrôle par les citoyens pendant ou après les votes est strictement impossible, à plus forte raison pour des non-initiés.

J’avais déjà mis en garde par le passé tous ceux qui voulaient bien m’entendre à ce sujet en leur expliquant comment on pourrait très facilement envisager la « manipulation » des votes sur une machine à voter électronique, ayant moi même une longue expérience informatique et une vision éclairée sur la question des risques informatiques et de la sécurité informatique.

Un informaticien hollandais (qui est également hacker politiquement engagé à ses heures perdues) a démontré que la machine à voter électronique de la même marque que celle qui sera utilisée en France (homologuée par le Ministère de l’Intérieur) est facilement piratable.

C’est dramatique de s’en rendre compte à deux mois des élections, d’autant que le déploiement des machines à voter électronique en France est silencieux et se généralise, sans la moindre réflexion de fond.

Qui osera parler de décroissance?

Les Présidentielles de 2007 en France semblent revêtir une importance particulière, comparativement aux précédentes. On a le sentiment que le choix est crucial pour l’avenir du pays et de son peuple. Sans parler du rayonnement qu’il aura pour l’avenir de toute la construction européenne.

Les gens ont bien compris ce qui se joue cette fois, et pour certains, il n’est plus question de se tromper. Globalement, l’idée est de donner une nouvelle orientation politique stratégique pour la France, et par là même aussi pour l’Europe, qui n’a jamais réellement su convaincre. Certains observateurs soulignent que jamais, depuis plus de 40 ans, les élections présidentielles françaises n’auront été plus décisives.

Les candidats sont nombreux au delà des ténors Sarkozy, Royal, Le Pen et nouvellement Bayrou, on compte déjà une vingtaine de prétendants.

Tous abordent les mêmes thématiques avec leurs solutions, sans craindre d’être démagogues, parfois aveuglés par des visions trop larges (ou trop étroites), généralement toujours assez éloignées des réalités de terrain.

On entendra donc forcément parler d’économie, de fiscalité, d’emploi, de pouvoir d’achat, de santé, d’éducation, de sécurité, et aussi d’écologie, le véritable dernier sujet à la mode.

Les français qui aspirent à un profond changement dans leur vie quotidienne, peut-être même à un bouleversement radical du paysage politique, ont bien intégré les thèmes récurrents, ils ont également bien observé l’évolution de leur pays et de leur mode de vie depuis 30 ans, ils savent désormais que rien ne changera ni avec une politique de gauche traditionnelle, ni avec une politique de droite traditionnelle.

Jusqu’à preuve du contraire, la tendance lourde est quand même la rupture de confiance qui existe entre le peuple et les hommes politiques professionnels.

Tout le monde a bien compris que même s’il s’agit d’élections nationales qui portent à priori sur des questions nationales, un certain nombre de sujets incontournables et stratégiques ne pourront pas être éludés tels que les conséquences du réchauffement climatique, les problèmes de terrorisme international, les problèmes du Proche-Orient ou du Moyen-Orient, les interrogations sur les ressources énergétiques épuisables, l’avenir du développement durable, la gestion et le contrôle de l’immigration, les projets de co-développement, notre relation avec les pays à bas coûts de main d’œuvre ou à coûts de fabrication inéquitables, etc.

Alors vers qui faut-il se tourner? Les altermondialistes jugés trop “gauchistes” ou “idéalistes”? Les centristes jugés trop “mous”? Les libéraux jugés trop “outrageusement capitalistes”? Les nationalistes taxés de faire trop de … “nationalisme”?

Si les dés ne sont pas pipés (et si nous échappons à un déni de démocratie), les français se tourneront probablement cette fois vers l’homme qui incarne la vision la plus juste et la plus cohérente pour les intérêts du peuple en particulier et du pays en général.

Mais de quoi est-il question pour l’avenir de la France? Qu’est-ce qui fait que ces élections semblent si importantes?

Je pense avoir une réponse. Je crois que les français sont des gens particulièrement intelligents, objectifs, sensibles et émotifs, des gens qui ressentent les choses, peut-être même des gens qui pressentent parfaitement les choses, intuitivement. Ces facultés individuelles ou communautaires sont probablement liées à l’expérience et à l’immense patrimoine moral de ce grand pays.

Vous remarquerez que je ne parle pas de patriotisme ou d’un quelconque attachement, mais plus d’une capacité intrinsèque “à se faire sa propre idée par soi même avant que d’autres ne pensent pour vous”. D’ailleurs, l’Histoire me donne raison, il n’y a qu’à relever tous les événements où la France aura joué un rôle majeur, soit par l’anticipation, soit par l’initiative, soit par l’adaptation. La France n’est pas un pays comme les autres, elle l’a si souvent prouvé.

Je crois que les français sont intimement convaincus qu’il n’est plus possible de continuer à avancer dans des directions qui découlent de décisions qui leurs sont imposées et qu’ils jugent comme n’étant pas du tout les bonnes (pour eux, mais aussi pour les autres).

Je crois même, de façon volontairement imagée, que les français perçoivent nettement qu’un énorme mur très épais nous attend à une échéance qu’ils estiment n’être pas si éloignée que cela. Ce n’est pas être déclinologue que d’observer cela, c’est avoir du bon sens, un bon sens critique.

C’est pour toutes ces raisons que bien souvent de nombreux pays, ou de nombreux peuples dans le monde se tournent vers la France pour écouter son message, ou seulement l’entendre. La crédibilité de la France est certaine, ses valeurs et son expertise sont sûres.

Par ailleurs, les français réagissent comme ils peuvent, chacun à son niveau et avec ses capacités, à toutes les incohérences du système local et/ou global dans lequel ils vivent.

Mais quel est ce système? N’est-ce pas tout simplement ce qui apparaît comme un insupportable système économique mondialisé qui impose toujours plus de croissance, en consommant toujours plus de ressources, dans un productivisme qui semble illimité, et qui écrase l’individu en le pressurant?

Les français ont un problème avec la mondialisation de l’économie. Le modèle français, qualitatif et respectueux, presque naïf, apparaît comme parfaitement incompatible avec la mondialisation.

Les français semblent donc objectivement conscients des enjeux qui se profilent, des problématiques globales, et de ce qui est juste ou ne l’est pas, du point de vue des valeurs humaines, et du respect environnemental, même s’ils ne disposent pas de tous les détails, ils ont une perception intime qui leur est propre.

Comment parfaire le modèle français, dans le modèle européen, dans le modèle global, sans qu’il y ait un évident impact négatif sur la vie quotidienne de chaque individu, si l’on tient compte de ce que sont réellement l’hyper-capitalisme et la mondialisation, et leurs conséquences?

Je me permets de rappeler les propos de Kenneth Boulding : “Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un économiste.”

Également ceux de Bruno Clémentin et Vincent Cheynet : “Nul n’a besoin d’être économiste pour comprendre qu’un individu, ou une collectivité, tirant la majeure partie de ses ressources de son capital, et non de ses revenus, est destiné à la faillite. Tel est pourtant bien le cas des sociétés occidentales, puisqu’elles puisent dans les ressources naturelles de la planète, un patrimoine commun, sans tenir compte du temps nécessaire à leur renouvellement. Non content de piller ce capital, notre modèle économique, fondé sur la croissance, induit en plus une augmentation constante de ces prélèvements.”

Pour ma part, je suis convaincu qu’il sera bientôt question de ce qu’on appelle la “décroissance soutenable”, et que ce concept politique, économique et social va se généraliser.

La décroissance ne propose pas de vivre moins bien, mais mieux avec moins de biens et plus de liens.

Je préconise à chacun d’entre nous de s’habituer progressivement au concept de décroissance, et de soutenir le candidat présidentiable le plus pragmatique, qui aura la vision la plus réaliste et la plus honnête de la situation dans laquelle nous sommes, et qui propose le programme le plus cohérent, le plus sobre et le plus sécurisant pour notre pays et pour son peuple, de sorte que nous puissions être préparés à l’avenir le plus sereinement possible.

On n’est pas prêt d’arrêter d’entendre parler de décroissance.

Faut-il quitter la France?

On ne sait pas précisément combien de français quittent chaque année le pays pour s’expatrier, on n’en connaît même pas toujours exactement les raisons, mais ce dont on est absolument certain c’est qu’ils sont de plus en plus nombreux et que cela concerne désormais toutes les catégories de personnes, dans tous les milieux.

Le Ministère des Finances annonce un chiffre de 300 contribuables “très fortunés” qui s’exhilent ainsi chaque année pour raisons fiscales, mais il est fort probable que le nombre total de candidats au départ, quelque soit leur niveau de richesse et leurs motivations, dépasse largement plusieurs dizaines de milliers d’expatriés annuellement. D’après tous les observateurs, la tendance n’est ni à la stabilisation ni à la baisse. Au contraire.

Le problème nécessite d’être pris très sérieux, et nul ne sait réellement l’impact qu’il peut avoir sur la société française, encore moins sur l’économie française.

Ceux qui partent sont généralement des forces vives, des individus potentiellement proactifs, des investisseurs, des entrepreneurs, des ingénieurs, des scientifiques, des étudiants de haut niveau, des chercheurs, des cadres dirigeants, des cadres supérieurs, des créatifs, des inventeurs, des visionnaires. La nouveauté, c’est qu’ils ne sont plus seulement issus de la “matière grise”, de plus en plus de “travailleurs”, des gens dynamiques et actifs qui n’ont pas forcément fait de longues études, trouvent des opportunités ailleurs. Tous ces gens sont simplement déçus par la “décroissance” de la France, et décident de partir chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas dans leur pays.

Gardons bien à l’esprit que le modèle français est considéré partout à l’extérieur comme très qualitatif, il est perçu comme un système sans faille, parfait, idéal, envié même, où tout le monde semble y vivre heureux dans le meilleur environnement possible, bref une idée vieille de 30 ans.

Par conséquent, le français sera toujours accueilli de la meilleure manière qui soit partout ailleurs, le capital sympathie est tellement important, qu’on ne voit plus très bien où sont les freins au départ.

Quand on regarde les choses en face, ou de l’intérieur, on est bien obligé de constater qu’il y a un écart absolument énorme entre ce que le pays est censé être, et ce qu’il est vraiment, ou encore ce qu’il est censé apporter, et ce qu’il apporte vraiment. Pendant longtemps, cet écart pouvait être supporté, mais à force de se creuser davantage, il est devenu suffisamment inacceptable pour déclencher chez certains l’impulsion du projet de départ.

On ne peut pas reprocher le manque d’objectivité de ceux qui quittent le navire avant qu’il ne sombre. On ne peut pas non plus critiquer leur manque de patriotisme, ou d’honneur. Dans un monde global, où l’individualisme est un mode de vie largement répandu et même plébiscité, il n’est pas anormal de penser qu’on puisse trouver mieux ailleurs, surtout quand cela devient criant de vérité, et qu’il suffit de voyager un peu (réellement, ou simplement sur l’internet) pour s’en rendre compte.

La France donne des signes incontestables de déchéance. Le pays est “techniquement” en situation de faillite, et le terme n’est pas exagéré. Faillite économique et financière, d’abord, et faillite sociale ensuite. Dans tous les domaines, il est devenu très difficile de trouver des raisons valables pour rester vivre en France. Tous les indicateurs sont dans le rouge. Certains affirment même que dans bien des cas, il n’est plus possible de faire machine arrière sans une rupture brutale, et forcément toujours dramatique.

On pourrait évoquer quelques domaines où le malaise est fortement présent.

Le système éducatif français n’est plus à la hauteur,il est complètement à la dérive, à tous les niveaux. Le corps enseignant est démobilisé et rendu inefficace, les infrastructures sont inadaptées, les résultats sont catastrophiques. Quand le Ministère de l’Éducation annonce 82% de réussite au baccalauréat, les professeurs eux affirment qu’on ne dépasserait pas 30 ou 40% si l’on appliquait les mêmes règles qu’il y a 10 ans. Nos universités sont des dortoirs à étudiants qui n’ont aucune vocation à y être. Pour bénéficier d’un environnement éducatif un peu meilleur, il faut pouvoir intégrer des établissement privés, qui ne sont donc pas à la portée de toutes les bourses.

Les nouvelles générations de français sont des individus formatés pour être systématiquement et lourdement assistés, qui n’ont aucun goût au travail ou à l’action proactive. Des idées simples, telles que “l’effort amène la récompense”, “le travail est un mal nécessaire” ou “la réjouissance passe par le travail” ont disparu de leur système de pensée.

La France disposerait à priori d’un bon réseau de santé et offre une bonne couverture sociale. Malheureusement, l’accueil qu’on nous réserve dans les hôpitaux se dégrade. Le niveau des équipements et des technologies n’est plus pertinent. On ne peut pas facilement être pris en charge dans des unités spécialisées pour bénéficier des meilleurs soins, on entend même ici ou là que pour se faire opérer par un spécialiste, il faut pouvoir payer des honoraires supplémentaires… plus ou moins discrétionnaires.

On ne cesse de le répéter, la France est championne du monde avec la fiscalité la plus lourde, mais aussi la plus injuste. Cette seule raison pourrait suffire à tous nous faire fuir, parce que partout ailleurs la charge qui pèse sur le fruit de notre travail serait inférieure.

Dans le domaine de l’entreprise, créer une société ou se “mettre à son compte” implique désormais des risques qui peuvent rapidement s’avérer insurmontables, les gens sont découragés lorsqu’ils observent l’expérience de ceux qui s’y sont essayés. Les “mauvaises surprises” s’accumulent quotidiennement, sans compter la dégradation de l’image du “patron” dans le pays. L’entrepreneur devrait être valorisé avec la plus haute distinction, puisqu’il est l’unique maillon de la chaîne économique qui est à l’origine de la création des richesses, et qui œuvre surtout pour les autres en définitive.

La France offre une grande liberté de façade, mais en réalité la complexité de ses règles, et la multiplicité des associations dont le but est d’augmenter les droits de certains en diminuant ceux des autres font qu’il devient de plus en plus difficile d’évoluer librement, ou d’entreprendre librement.

En France, la justice est à deux vitesses, voir à trois vitesses (on observe un traitement différent pour les riches, pour les pauvres, et pour les affaires médiatisées). Quand on interroge les français au sujet de la Justice, ils sont 75% à penser que la justice est injuste dans leur pays.

On pourrait passer des heures à lister tous les problèmes qui s’accumulent en France, on pourrait parler du pouvoir d’achat qui baisse du fait de l’augmentation des prix, de l’impact de l’euro, de l’augmentation des charges directes et indirectes inévitables sur les individus, de la situation des entreprises qui étouffent et se retrouvent souvent au bord du gouffre, et de tout ce qui est soutenu artificiellement, on pourrait encore parler d’injustice, de criminalité en hausse, d’insécurité, et de la dégradation de la qualité de vie en général.

Certains se demandent s’il ne faudrait pas tout recommencer à zéro, en mettant tout à plat une fois pour toute, en tapant du point sur la table. Politiquement, le pays ne devrait-il pas être dirigé par un “dictateur visionnaire et sage” plutôt que par des alternatives de droite et de gauche qui l’ont mené où il est aujourd’hui, et qui continueront dans une voie similaire, probablement dans un cadre démocratique qui n’en porte plus que le nom?

Pourquoi reste-t-on en France aujourd’hui? Pour une majorité d’entre nous, il est encore difficile d’admettre qu’on puisse laisser derrière soi l’endroit où on a toujours vécu, son travail, sa famille, sa maison, ses projets, … son pays, ne serait-ce que par principe. Le véritable frein aujourd’hui, ce n’est pas le patriotisme, mais plutôt un facteur psychologique lié à la peur de l’inconnu, qui s’estompe néanmoins.

Par ailleurs, je ne suis pas persuadé que ceux qui quittent la France le font exclusivement pour des questions financières, la majorité des expatriés que je rencontre partout dans le monde (en Amérique du Nord, en Asie, au Moyen-Orient ou un peu partout en Europe) assurent qu’ils ont surtout cherché une meilleure qualité de vie, plus de tranquillité, plus de liberté, moins de criminalité, plus de visibilité à long terme, plus de sécurité, moins de pressions diverses, plus de joie de vivre. L’argent vient souvent après toutes ces considérations naturelles et humaines.

Un autre élément troublant est que la plupart de ces gens qui partent ne souhaitent pas revenir en France si la situation s’améliorait, certains assurent même qu’ils ne reviendraient pour rien au monde.

J’ai bien peur que par la force des choses, de plus en plus de gens vont trouver évident de quitter la France pour trouver mieux ailleurs, ils découvrent que ce projet personnel est finalement assez réaliste et plutôt facile à faire aboutir.

Nous sommes à un seuil où les français les plus actifs vivant seuls, et ils sont nombreux, n’auront plus aucun complexe à quitter la France, et pourquoi pas l’Europe. Ce mécanisme me paraît inéluctable et hautement dangereux, et je ne vois pas bien ce qui pourrait le limiter ou l’inverser, il résulte naturellement d’une politique nationale et européenne déplorable dans bien des domaines.

Qu’est-ce qui peut sauver la France?

Au quatrième trimestre 2006, la France continue de sombrer dans un profond marasme, l’économie va mal, le moral des gens est en dessous de tout, et les perspectives sont dans le même ordre d’idée.

D’un autre côté on a un gouvernement qui nous assure que les indicateurs économiques sont « toujours meilleurs », que « le pouvoir d’achat des français augmente » et mieux encore « le chômage baisse ».

C’est du pipo! Les indicateurs économiques qui vont bien, s’il y en a, sont ceux qui reflètent une image globale tenant compte de « paramètres supérieurs globaux », en aucun cas les « indicateurs économiques précis et individuels », c’est à dire les paramètres de l’individu, ou ceux de l’entreprise à taille humaine, voire même des PME, qui forment je le rappelle l’immense majorité du tissu économique. Rappelez-vous que l’INSEE a publié un communiqué dernièrement à propos d’une « croissance de 0,0 % » en France. Savez-vous ce qu’est un pays qui ne croît pas? C’est un pays qui régresse, et avez-vous une idée de ce qu’est la réalité du chiffre lorsque l’INSEE annonce officiellement 0 % de croissance? C’est une décroissance, donc une valeur inférieure à zéro, probablement importante, qui a toujours des conséquences incalculables. Le pouvoir d’achat des français augmente? L’avez-vous constaté? Avez-vous constaté cela chez vos amis ou voisins, avez-vous entendu parler de gens qui assurent que leur pouvoir d’achat a augmenté dernièrement? Si vous êtes commerçant, avez-vous constaté que vos clients consomment plus, et que vous avez plus de clients? Le fabricant de voitures Renault a annoncé une baisse absolument considérable de ses ventes entre novembre 2005 et novembre 2006 évaluée à – 33%, vous avez bien lu, 33% de ventes en moins en une seule année! On nous dit que le chômage baisse, effectivement le chiffre officiel baisse, on est passé d’un peu plus de 10% à un peu moins de 9% en quelques mois, dans la pire période économique française depuis la dernière Guerre Mondiale, sûrement pas parce que la France a fabriqué des centaines de milliers d’emplois, mais plus probablement parce que le gouvernement a modifié les règles de calcul des inscrits à l’ANPE, et qu’il ne comptabilise plus les chômeurs en fin de droits, qui sont automatiquement supprimés des listes. Ne sont pas comptabilisés non plus tous ceux et celles qui « chôment » mais qui ne sont pas inscrits à l’ANPE.

De mon point de vue (et de l’avis de nombre de spécialistes et d’analystes qui travaillent dans l’ombre et qui ne sont jamais publiés), la situation de la France est plutôt proche d’une décroissance économique d’environ – 3%, peut-être plus profonde encore, d’une perte du pouvoir d’achat de 2 à 6% par an, et probablement de l’ordre de – 20% depuis l’arrivée de l’euro et plus spécifiquement depuis la fin du double affichage euro/franc, et d’un chômage situé autour de 14% à 18% si l’on tient compte des « actifs » qui « chôment » (individus en capacité de travailler mais qui ne travaillent pas, et qui sont néanmoins rémunérés par la société).

On va sûrement me reprocher mon incapacité à démontrer ces chiffres (ils sont invérifiables puisque non officiels et non publiés, mais peuvent être évalués ou recoupés avec beaucoup d’observation), ou on va me traiter de déclinologue, ou de démagogue. Peu importe, observez le pays en profondeur, analysez les situations individuelles, prenez la température, tenez compte de l’ampleur des problèmes, considérez un maximum de paramètres et vous n’arriverez peut-être pas à mes extrémités, mais vous ne trouverez pas non plus d’augmentation du pouvoir d’achat (qui signifie pour moi l’augmentation de la capacité individuelle à dépenser l’argent qu’il nous reste après avoir payé nos charges et nos taxes directes et indirectes), les revenus n’augmentent absolument pas plus vite que le coût de la vie. Vous ne trouverez pas non plus que le pays est économiquement plus sain et plus vigoureux et que les perspectives sont réjouissantes, et vous ne trouverez pas non plus que le chômage a baissé, dans le sens où il y aurait de plus en plus d’actifs qui auraient miraculeusement trouvé un travail alors qu’ils étaient au chômage préalablement.

La France va donc probablement bien plus mal qu’on nous laisse l’imaginer, et je suis convaincu que tout le monde s’en rend compte au quotidien. C’est un fait désormais, et il perdure depuis plusieurs années. On ne pourra pas tenir encore cinq ans à ce rythme.

Très bien, alors quelles sont les solutions qu’on nous propose? Cinq ans avec Ségolène Royal, ou cinq ans avec Nicolas Sarkozy, et ces deux solutions nous sont canardées à longueur de journée par absolument tous les médias, aucune autre hypothèse n’existe… officiellement.

Je suis convaincu que Sarkozy et Royal sont plein de bonne volonté pour la France, mais à mon avis, aucun des deux n’a le projet ni les idées qui vont suffisamment loin pour « sauver » la France et les français de la catastrophe et du drame qui les attend à une brève échéance.

Voici une liste de mesures concrètes qu’il faudrait à mon humble avis prendre dans l’urgence, c’est à dire au pire dans les mois qui suivent l’élection d’un nouveau Président, pour tenter d’infléchir la situation de la France et des français avec des résultats mesurables.

Domaine de l’éducation. Rétablissement de l’autorité au sein des établissements scolaires publics et privés, les professeurs et d’une manière générale tous ceux qui représentent l’Éducation Nationale devront être considérés à leur juste valeur et à leur juste place. Le système éducatif devra être inébranlable, respecté, et son autorité ne pourra pas être facilement contestée, ni par les élèves, ni par leurs parents. Ne seront par exemple plus admis dans les établissements scolaires tous individus dont le comportement social ne sera pas en adéquation avec ce qui aura été considéré comme acceptable.

Domaine de la sécurité. Mise en place de « centres de redressement fermés » à la destination des délinquants mineurs et majeurs, dans lesquels ils seraient recadrés de la manière la plus ferme qui soit, avec l’aide d’éducateurs spécialisés en nombre suffisants et de l’autorité pénitentiaire, voire de l’armée pour les individus les plus difficiles. Tolérance zéro pour un très grand nombre de délits. Dans ces centres seront notamment éduqués tous les jeunes difficiles qui ne pourraient pas suivre un enseignement traditionnel dans les établissements scolaires classiques et ouverts.

Domaine de l’immigration. La France pourrait accueillir sur ses terres tous ceux et celles motivés à l’idée de devenir français et d’adopter le modèle français (en se pliant à ses règles et à ses contraintes), et plus largement l’adoption au modèle européen, mais arriver en France illégalement ne pourra jamais permettre d’obtenir le droit d’être français. Acquérir la nationalité française devra se mériter dans les faits, une période de 2 à 5 années valant mise à l’épreuve sera indispensable, et des entretiens réguliers avec les services de l’immigration seront indispensables (ne serait-ce que pour valider que l’immigré a acquis la langue française et que son intégration est cautionnée par des faits concrets, comme avoir trouvé un travail par exemple et être financièrement autonome). Un étranger qui souhaite s’installer en France ne pourra jamais obtenir la nationalité française s’il aura commis des crimes ou délits pendant la période d’observation, de même il pourra perdre sa nationalité française dans les années qui suivent l’obtention de sa nationalité française s’il aura commis des crimes ou délits. La France ne pourra pas maintenir sur ses terres ni financer les immigrés illégaux, ni les immigrés qui ne justifient pas d’un travail régulier, ni et surtout ceux qui auront commis des crimes ou délits. Les droits acquis par ces immigrés devront être annulés, voir remboursés aux institutions françaises, et ils devront être renvoyés dans leur pays d’origine, si besoin par la force. Au contraire, tous les immigrés légalement entrés dans le pays et qui montrent leur intérêt pour la France et son modèle social, culturel et économique seront considérés au plus haut niveau, respectés, plébiscités et aidés.

Domaine judiciaire. Renforcement des infrastructures, dématérialisation des procédures, renforcement très important des moyens humains. L’objectif étant d’adapter en permanence les tribunaux avec le nombre d’affaires à traiter pour que la Justice soit indiscutablement rendue dans un temps acceptable et de la manière la plus humaine possible.

Domaine militaire. Augmentation de l’implication militaire au niveau européen, accélération du processus de création d’une armée unifiée européenne, et parallèlement augmentation de la recherche militaire française, dans le but de la moderniser et d’en tirer des applications civiles quand c’est possible. Augmentation de la force militaire française, pour la maintenir à un haut niveau mondial en permanence, mais aussi pour protéger les intérêts français sur son territoire ou partout où cela serait nécessaire.

Domaine de la santé. Renforcement des infrastructures, modernisation permanente des hôpitaux, renforcement des moyens humains pour les ramener aux besoins réels sur le terrain, gratuité des prises en charge pour les français qui cotisent aux caisses d’assurance-maladie.

Domaine de l’écologie. Défiscalisation totale et contrôlée de tous les programmes écologiques ou d’une manière générale de tout ce qui aura pour but de préserver l’environnement ou d’améliorer les gains énergétiques ou environnementaux. Au delà de la défiscalisation de tels programmes, la France devra améliorer le déploiement de toutes les technologies qui apportent un avantage écologique chez les particuliers ou dans les entreprises (crédit gratuit en cas d’acquisition d’équipements écologiques, panneaux solaires à prix coûtant, financement de la recherche à 100%, priorisation des investissements écologiques, etc.). Les avantages devront être perceptibles pour chacun entre le choix écologique ou le choix qui ne l’est pas, et l’écart entre les deux devra être significatif.

Domaine de l’énergie. La France devra nettement améliorer ses programmes de recherche dans le domaine des économies d’énergie et des nouvelles technologies permettant l’innovation en matière d’énergie, notamment concernant l’énergie renouvelable et les énergies nouvelles.

Domaine du développement durable. La France devra être un leader international dans le domaine de l’accompagnement du développement à l’extérieur. Elle devra trouver les moyens de former et d’équiper tous les pays demandeurs d’une mise à niveau dans quelque domaine que ce soit (notamment en Afrique), et elle devra vendre ses services et ses hommes « à coût réel », sans motivation économique ou en prévision de générer des gains immédiats, les programmes seront d’autant mieux acceptés par les pays destinataires parce qu’ils seront justes. Le développement durable est le meilleur moyen à la fois de créer une quantité très importante d’emplois pour des français à l’étranger, de rayonner au niveau international avec la marque de la France et ce qui fait sa réputation traditionnelle de qualité et d’humanité, et de résoudre une grande partie du problème des flux migratoires. Sans compter également qu’il est plus que nécessaire d’apporter à l’extérieur le savoir faire français, ce qui n’implique pas d’en dévoiler les secrets, réduisant ainsi les fractures nombreuses entre les pays du nord et les pays du sud et équilibrant mieux le monde.

Domaine social. Diminution sensible des aides à ceux qui sont en capacité de travailler, mais qui refusent les emplois qui leurs sont proposés en dernier recours. Nous pourrions par exemple considérer qu’un salarié qui vient de perdre son travail bénéficiera d’une indemnisation ASSEDIC pendant 6 mois à condition qu’il prouve qu’il cherche activement du travail (augmentation des contrôles également pour éviter les abus), puis l’ANPE lui propose des emplois avec ou sans formation, qu’il pourra ne pas accepter sauf au delà de 6 mois, après quoi il devra accepter un ultime emploi (pas forcément celui dont il avait rêvé, mais qui lui permettra de maintenir son activité dans le monde professionnel et surtout ne plus être une charge pour la société), l’individu continuera à bénéficier d’un accompagnement en quête d’un emploi plus adapté s’il le souhaite, l’employeur est informé, le salarié sait qu’il peut évoluer et que c’est une question de temps et d’énergie qu’il consacre à cela. Les économies réalisées par ces simples mesures de bon sens, et qui ne sont pas injustes, seront suffisantes pour stimuler les entreprises dont les charges sur les salaires baisseront nettement, et les salariés qui bénéficieront de revenus redimensionnés.

Domaine de la recherche. Capitalisation maximale de la France dans les programmes de recherche fondamentale, et amélioration de la condition de chercheur. La France devra absolument aider ses chercheurs et les amener à aboutir à des réalisations pratiques et économiques quand c’est possible, dans l’intérêt des français, puis plus largement.

Domaine économique général. Rétablissement du double affichage des prix entre euro et franc pendant plusieurs années (10 ans par exemple ou sur une génération) pour adoucir la transition et permettre la comparaison permanente sur les prix et identifier les abus, les gens ayant massivement gardé les notions de prix en francs, beaucoup raisonnent encore en francs systématiquement, c’est d’ailleurs grâce à ce raisonnement qu’il a été possible de constater les abus avec l’arrivée de l’euro (une bouteille de jus de fruits vendue 10 francs dans un distributeur est désormais facturée 2 euros, soit près de 30% plus cher).

Domaine économique international. Les importations de marchandises pouvant être fabriquées ou produites en France, et qui seraient acquises auprès de pays où les règles sociales et économiques seraient inégales (Asie, Afrique, Inde, Amérique du Sud, ou Europe de l’Est, etc.) seront taxées à l’entrée dans un but dissuasif et d’équité. La taxe pourra partiellement être portée au crédit du pays exportateur qui devra alors s’engager à l’utiliser pour acquérir des produits français à l’exportation.

Domaine fiscal. Réduction importante et immédiate des impôts sur les revenus des classes moyennes et hautes, car on sait que ce sont ces gens qui investissent le plus et qui créent le plus de richesses partagées même indirectement, dans un mécanisme économique classique. On ne peut plus prélever jusqu’à 75% de taxes directes et indirectes sur un revenu pour financer tout et n’importe quoi. L’argent acquis dignement ne doit pas être ponctionné massivement et arbitrairement par l’État, sans quoi les gens les plus créateurs de richesses pour le pays quittent la France vers des pays fiscalement plus avantageux, et ils auraient raison puisque nous sommes dans un « monde global ». La fiscalité des entreprises doit également être assouplie, il n’est plus possible de ponctionner arbitrairement un tiers des gains d’une entreprise, qui représente le fruit du travail de l’entrepreneur qui supporte tous les risques.

Domaine de l’emploi. Libéralisation sur le principe du volontariat. Ceux qui veulent travailler plus, gagnent plus d’argent, ceux qui veulent travailler moins gagnent moins d’argent. Ceux qui travaillent longtemps sont plus méritants que ceux qui travaillent moins longtemps, de même que ceux qui ont un travail plus dur sont plus méritants que ceux qui ont un travail plus facile. Ceux qui veulent travailler le dimanche doivent pouvoir travailler le dimanche. Création d’un contrat d’embauche unique et non contraignant, et pour le salarié, et pour l’employeur. Réorganisation des syndicats. La liberté doit être au centre des débats dans ce domaine.

Domaine de l’entreprise. Les énergies créatives doivent être libérées, assouplissement des conditions de création d’une entreprise, amélioration des conditions d’accès au financement bancaire. Diminution radicale des charges pesant sur les salariés des entreprises (baisse de l’ordre de 50% au moins, car une mesure qui baisserait les charges de 5 ou 10% ne serait absolument pas décisive et n’aurait pas un impact significatif) ou distribution intégrale du salaire charges comprises au salarié (avec prélèvement des impôts à la source, comme au Luxembourg par exemple), en lui laissant le soin de choisir son mode de couverture sociale et de cotisations pour sa retraite auprès d’organismes privés, qu’il reste à créer.

Voilà en résumé ce qui peut sauver la France. Et la liste n’est pas exhaustive.

Maintenant reste à savoir qui peut mettre en œuvre tout ce qui vient d’être évoqué?

Face aux violences urbaines, faut-il créer des centres de redressement fermés?

Depuis quelques mois, et contrairement aux assurances gouvernementales, la violence urbaine augmente et progresse fortement dans les zones sensibles en France, et notamment dans les banlieues autour de Paris. On ne peut pas parler de simples groupes de jeunes isolés qui défient les forces de l’ordre, la réalité est bien différente et les choses prennent une nouvelle tournure qui ne rassure personne.

On assiste désormais à de véritables guet-apens organisés qui plongent les forces de l’ordre dans une réelle inquiétude. Les syndicats de police alarment les institutions publiques, et demandent plus de moyens matériels et surtout plus d’hommes sur le terrain. Ils insistent surtout sur l’urgence et supplient la Justice de répondre concrètement aux interpellations et de travailler main dans la main avec la Police. Seront-ils entendus assez tôt avant que de nouveaux drames sérieux surviennent?

Des groupes d’individus ultraviolents et très mobiles prennent la police pour cible lors d’opérations sournoises qui sont forcément un minimum planifiées et organisées sur le plan tactique et stratégique.

Que penser d’une action qui consiste à appeler Police Secours pour déclarer un faux vol à la roulotte, puis une fois que le véhicule de la Brigade Anti-Criminalité arrive sur les lieux, le bloquer par une voiture sans conducteur devant, puis par une deuxième derrière pour l’empêcher d’évoluer, pour enfin affronter directement les trois policiers armés qui sont à l’intérieur à plus de trente individus violents et armés de pierres de ballast et de battes de base-ball?

Il a fallu que les policiers utilisent leur arme de service pour pouvoir se dépêtrer au fond d’une impasse, en même temps que des renforts arrivaient sans quoi un lynchage était inévitable. L’un des policier a été sérieusement blessé au visage.

Peut-on imaginer une seconde ce que sont des agents de police de la BAC qui interviennent dans les zones sensibles? Ces agents sont connus pour être parmi les meilleurs éléments, ce sont des professionnels aguerris qui sont habitués à la violence directe, qui savent se battre et qui savent répondre à toute sorte d’agressions. Les jeunes qui s’attaquent à ces professionnels savent qu’ils s’en prennent aux meilleurs, pourtant ils n’hésitent pas à chercher l’affrontement et à chercher à les piéger par surprise.

Élaborer une opération criminelle contre des éléments de la BAC qui représente le dernier rempart républicain nécessite une bonne préparation et une idée précise de ce qu’on cherche à faire, et surtout un certain esprit « va-t-en-guerre ».

C’est précisément ce que j’appelle du terrorisme urbain.

Des individus, jeunes, souvent mineurs, qui raisonnent et agissent comme leurs homologues jeunes adultes qui les émulent, instaurent et alimentent un climat de terreur sur leur territoire, dans leur milieu urbain (dans leur quartier, mais aussi là où il se rendent en groupe sur d’autres territoires, y compris dans les moyens de transport) et plus généralement partout où la sécurité est fragile.

En 2005, la France a connu les plus importantes violences urbaines de toute son histoire contemporaine. Des dizaines de milliers de véhicules ont été brûlés faisant un nombre encore plus important de victimes dépitées qui souffrent en silence. Rares sont les pays civilisés qui aient eu à connaître de pareilles violences généralisées.

En octobre 2006, moins d’un an plus tard, on assiste à de nouveaux événements inédits et à mon avis encore plus inquiétants. Des groupes de jeunes encagoulés, armes au poing, prennent d’assaut des bus de transport public bondés en plein jour, évacuent les clients à l’arrache, et y mettent le feu après avoir imbibé le véhicule d’essence. En quelques jours, ce sont plusieurs bus qui sont la cible de telles actions violentes un peu partout en région parisienne. Je suis presque certain que le phénomène va aller en augmentation.

Brûler des voitures la nuit est une chose, s’en prendre aux transports en commun en plein jour avec une telle violence est une toute autre chose. La stratégie de terreur est la même, mais les conséquences sont bien plus importantes socialement et surtout économiquement.

Ces individus, si on les laisse faire, s’empareront de tous les territoires fragiles, et finiront par pourrir de l’intérieur tout ce qui a pu être fait pour améliorer l’aspect social dans les banlieues.

Il est urgent d’agir globalement et sérieusement.

Ce que j’affirme, c’est que si on élimine la problématique d’insécurité dans les banlieues et plus largement dans toutes les zones où se développent des phénomènes d’insécurité liés aux aspects sociaux économiques, il se pourrait bien qu’on puisse même finir par y vivre bien. N’y subsisteraient alors que des gens, certes qui ne disposent pas des situations individuelles les plus avantageuses, mais qui pourraient au moins vivre libres, dans le calme et la sérénité et surtout dans des endroits propres et dépouillés de toute violence ou de toute agressivité. On permettrait alors ensuite un contexte plus favorable à l’insertion sociale et économique des plus défavorisés.

Le problème de la banlieue, ce n’est pas l’infrastructure qui est souvent critiquée, ou la qualité des gens qui y vivent, mais c’est la violence latente, visible et invisible, toujours inacceptable qu’on laisse gangrener depuis 30 ans dans tout le pays. On n’a jamais su répondre concrètement à cette montée de la violence.

C’est une évidence pour tout le monde désormais que la grande majorité des immigrés arrivés en France il y a 30 ans n’ont pas su, et ne sauront jamais éduquer leurs enfants, ces fils d’immigrés qui aujourd’hui, même s’ils ne sont pas responsables de ce qu’ils sont, restent néanmoins massivement à l’origine des troubles dans les banlieues. C’est ainsi. Je le regrette et le déplore comme n’importe lequel d’entre nous, mais c’est un fait, il faut le considérer tel quel et avoir le courage de dire les choses telles qu’elles sont, et d’appréhender le problème bien en face.

Bien entendu tous les fils d’immigrés maghrébins et tous les fils d’immigrés africains ne sont pas de la « racaille » et n’ont pas le destin qu’on pourrait hélas leur prêter. J’en connais qui sont des merveilles d’intégration et qui paient très cher leur origine à cause de leurs congénères dans les banlieues qui anéantissent souvent beaucoup du travail d’intégration qui tente d’être fait par les acteurs sociaux mobilisés depuis des dizaines d’années sur ce thème.

On ne pourra pas résorber le problème des violences urbaines sans que des mesures très précises et très concrètes soient prises à l’encontre de ces jeunes violents. Il est devenu absolument nécessaire d’enrayer ce type de phénomène, en pratiquant la règle de la tolérance zéro, et pourquoi pas, « à l’américaine » puisque c’est le seul langage que ces jeunes comprennent de toute manière. Les américains ont une excellente expérience dans ce domaine, une collaboration avec eux pour ce qui concerne l’encadrement, et le redressement des jeunes violents serait à mon avis quelque chose de réalisable et souhaitable. Le transfert de connaissance serait profitable, et le retard que nous avons pris sur ce sujet pourrait ainsi être résorbé plus rapidement.

On devrait pouvoir extraire des banlieues tout individu, surtout très jeune, qui présenterait des risques pour la société, notamment ceux qui fréquentent les communautés violentes, et l’isoler pour de bon, et pour un bon moment, en le contraignant à une sorte de « mise à niveau » sur le plan individuel.

Préalablement, il faut déjà pouvoir mettre en place un système de surveillance au coeur des banlieues et des zones urbaines sensibles. Un système qui permettrait d’identifier rapidement les auteurs de troubles, à savoir permettre à des citoyens de pouvoir indiquer anonymement à la police l’identité d’éléments perturbateurs susceptibles d’appartenir à des bandes ou à des groupes criminels et/ou violents, de sorte que la police puisse cibler ses actions de surveillance, et éventuellement appréhender des auteurs de faits avérés recoupés sur le terrain. Un site internet national pourrait être utilisé pour recueillir les témoignages de civils et ainsi aider au ciblage. Bien entendu, il n’est pas question d’appréhender sur simple dénonciation par l’internet pour un fait non prouvé, il s’agit simplement d’obtenir des renseignements qui pourraient éventuellement conduire ensuite à cibler la surveillance sur tel ou tel groupe de jeunes qui agiraient. Informations qui seraient discrétionnaires et à usage uniquement de la police, plus particulièrement des renseignements généraux ou de la D.S.T. dans le cadre d’affaires légalement menées. De mon point de vue, on parlerait là plus d’un devoir citoyen et de patriotisme que de délation, je vois déjà les critiques fuser.

Pour les jeunes incriminés dans des actions violentes et appréhendés ou ayant un comportement violent qu’il faut pouvoir déterminer dans le cadre d’un profilage comportemental (incluant l’évaluation de l’intégration sociale, les résultats scolaires, l’environnement familial, les fréquentations, les habitudes), il faut une réponse judiciaire.

Cette réponse judiciaire doit être un message très clair. En aucun cas il ne doit s’agir d’une simple garde à vue, puis d’une simple peine de prison avec sursis de 15 jours ou de travaux d’intérêt général qui ne seront jamais réalisés. La police n’en peut plus de retrouver dans la rue le jeune qu’ils viennent d’interpeller trois semaines plus tôt et qui récidive. Non, au contraire, il faut une mise à l’écart de la société, il faut aller jusqu’à un internement dans des centres de redressement fermés, surtout pour les jeunes et les très jeunes d’entre eux, ainsi que pour les jeunes adultes.

Ces centres devront être nombreux, déployés dans toutes les régions, organisés et administrés par un service spécialisé de l’institution pénitentiaire ou pourquoi pas avec une participation de l’armée. Les jeunes qui seront internés dans ces centres ne pourront pas en sortir ni le soir ni le week-end, les visites seront au maximum limitées à leurs parents immédiats dans certains cas et un traitement très strict leur sera imposé.

Des éducateurs spécialisés nombreux et permanents seront au coeur du dispositif. En priorité des adultes de plus de 45 ans psychologiquement robustes que des jeunes ne pourront pas impressionner. Ces éducateurs pourraient être recrutés auprès des cadres de l’armée, de la police, de la gendarmerie, de l’éducation nationale, d’intervenants sociaux, de sapeurs pompiers toujours sur la base du volontariat. Ils seront chargés d’accompagner les jeunes durant leur séjour dans le centre de redressement et de les évaluer en permanence au fur et à mesure des progressions individuelles. Des psychologues seront également indispensables à toutes les étapes de la réhabilitation.

Les jeunes y seront recadrés par tous moyens jugés utiles, civilisés, éduqués, formés, instruits, intéressés à différentes disciplines, responsabilisés, on leur apprendra à écrire, à lire, à compter, à s’exprimer, la société leur offrira une opportunité unique de réintégration, avec des moyens adaptés et conséquents. Le processus de redressement ira jusqu’à permettre à chacun d’atteindre sa maturité intellectuelle pour lui rendre sa liberté, l’étape suivante en cas de récidive étant la prison ferme.

Le coût de mise en application de telles mesures n’est pas nécessairement gigantesque comme certains le prédisent, et de toute manière ce coût est déjà intégré. Dans tous les cas il sera largement amorti par le gain immédiatement appréciable en sécurité, en tranquillité et en sérénité à tous les niveaux de la société civile et pour le pays en général, socialement mais également économiquement. On estime à environ 40000 le nombre de jeunes concernés. Pour n’évoquer qu’un seul avantage d’un tel système où les jeunes violents seraient identifiés et isolés, imaginez une seconde la qualité de l’enseignement en France à partir du moment où on aura exclu du système traditionnel tous les éléments perturbateurs dans les établissements scolaires.

Comme toujours en France, les choses changeront probablement dès qu’il y aura des morts, et il faudra de nombreux morts.

Sabotage, terrorisme et chaos

Quand on regarde le monde en face, et compte tenu des innombrables difficultés et conflits de tout ordre qui nous affectent directement ou indirectement, on peut être tenté de se demander « mais où allons-nous? combien de temps pourrons-nous résister à cela? ». Les experts ont une réponse plutôt courageuse si on lui donne son véritable sens, « nul ne sait ce qui peut encore nous arriver demain », ou mieux, « nul ne peut dire qu’elles en seront les conséquences ».

L’humanité toute entière est engagée dans un tourbillon infernal qui se nourrit des problèmes pour en produire d’autres, à un rythme effréné. Ce phénomène, qui existe probablement dans une forme latente, perceptible et mesurable depuis un peu plus d’un siècle, est désormais dans une phase hautement critique. Pour ma part j’estime même que, s’il a été pendant longtemps possible de pouvoir empêcher le pire, nous avons aujourd’hui dépassé un « seuil de non retournement », ce qui rend le mécanisme de broyage inéluctable et ininterruptible.

Depuis l’ère industrielle avec le renfort de la mondialisation et de l’économie globale, une mauvaise répartition des richesses et des gains, une distribution inéquitable des énergies fondamentales, l’injustice, la corruption, les erreurs historiques, les puissances politiques divergentes, le contrôle dans l’ombre, l’absence d’une stratégie globale saine et sage et la puissance des religions sont les causes des tensions toujours plus grandes entre les hommes et qui les poussent à s’opposer.

Si les spécialistes et les experts ne parviennent pas à se mettre d’accord sur les conséquences des troubles de la période actuelle et ne font que prévenir qu’elles ne seront pas négligeables, on peut quand même tenter de se faire une idée sur ce qui nous attend.

Pour résumer, on sait déjà que les pays modernes, l’occident en particulier, connaissent de sérieux problèmes économiques, et un ralentissement général de leurs activités. Ce sont eux aussi qui supportent les plus importantes charges structurelles, et qui sont donc aussi les plus vulnérables en théorie, car leur capacité de rebond est finalement assez réduite.

En même temps, le coût des matières premières et des énergies augmente significativement du fait de leur rareté et de leur sécurisation. Les réserves de pétrole et de gaz s’épuisent plus vite que prévu à cause du développement, pourtant prévisible, de l’Asie, les installations sont de plus en plus difficiles à exploiter, et il est de plus en plus dangereux de les acheminer. Presque toutes les zones de production étant en guerre ou en conflit plus ou moins naissant, ceci nécessite des moyens de sécurisation toujours plus lourds, généralement militaires. Pour être plus précis, toute l’économie globale, tout le monde occidental, toutes les populations des pays riches et même les autres ont un modèle de maintien et de développement qui repose directement sur la disponibilité des énergies fondamentales. Une modification même mineure d’un paramètre concernant la disponibilité ou le prix de revient a rapidement une conséquence fantastique sur une quantité de choses qui nous affectera tous, au quotidien.

L’impact sur les individus, essentiellement économique au début, est palpable, il se caractérise par une augmentation des charges et pressions de toutes natures, par la baisse du pouvoir d’achat, et par la rupture de confiance envers le système politique et gouvernemental, gouvernements qui n’ont successivement jamais apporté de réponses miraculeuses, toutes tendances modérées confondues.

Les personnes physiques, les individus, sont les éléments les plus fragiles dans la société, ils ont néanmoins une grande capacité d’adaptation et d’absorption des chocs, d’encaissement des problèmes successifs. Hélas comme toute résistance élastique, il y a toujours un seuil de rupture au delà duquel il serait bien hasardeux de se prononcer concernant la matière humaine.

Les personnes morales, les entreprises, sont le moteur du système, c’est autour d’elles que tout s’organise. Malmenées, ne disposant que de moyens limités pour subsister dans le temps à des longues périodes de ralentissement économique, évoluant dans une sorte de brouillard sans visibilité, subissant des contraintes financières toujours plus grandes, elles sont également sensibles aux troubles. Pour leur survie, elles suspendent l’embauche, ou licencient quand elles ne cessent pas tout simplement d’exister.

Les institutions publiques, au service des gouvernements et des populations, sont également soumises aux mêmes contraintes, plombées par le manque de rentabilité ou de dynamique, et par leur poids.

Face à cette situation, les diverses populations vont réagir de plus en plus violemment, pour atteindre de nouveaux standards. Les manifestations publiques seront de moins en moins pacifiques et toujours plus incontrôlables dans leurs débordements. On a déjà constaté par ailleurs que les forces de l’ordre ne s’opposent plus frontalement aux groupes violents, mais se contentent de protéger les biens publics et privés, au lieu d’entrer en confrontation directe, évitant ainsi probablement de nombreuses victimes.

Les conclusions des expériences passées seront mises à profit. Les gens savent désormais que des actions pacifiques n’apportent plus aucun résultat, ainsi, en marge nous assisterons à des actions violentes, rapides, parfois dévastatrices, opérées par de petits groupes, très mobiles et très motivés. Ces actions seront menées dans un esprit de vengeance, de forte revendication et d’anarchie, tous les problèmes seront mêlés pour finalement s’exacerber à l’occasion des manifestations publiques, chacun en profitant pour exprimer toujours plus de mécontentement. Tous les prétextes seront bons pour s’opposer au système et aux gens qui le font.

Très rapidement, un nouveau type d’action va émerger, on en voit déjà les prémisses. Mais personne n’ose réellement prononcer son nom tant c’est inquiétant. Il s’agit du sabotage. Des actions insidieuses, subversives, difficile à prévenir, qui ont pour but de nuire.

Les sabotages pourront être orchestrés par des individus seuls, ou par des groupes motivés par la vengeance et le désespoir. L’essentiel de ces actions criminelles pourraient ne pas être signées, ni revendiquées ce qui en compliquera leur identification.

Ainsi, nous verrons de plus en plus d’incidents, d’accidents, d’anomalies, de « choses curieuses », à toutes échelles, qui auront des conséquences fâcheuses, sans que nous puissions clairement déterminer avec précision ni les causes ni les auteurs. Pour un bon nombre d’entre eux, il s’agira de sabotage, bien au delà du simple vandalisme. Je pourrais donner de nombreux exemples indémontrables, comme la rupture d’approvisionnement en électricité, la détérioration dans les systèmes de télécommunication, les ralentissements ou obstructions administratives, les perturbations dans les réseaux de transport, les malfaçons industrielles, les procédures de contrôles bâclées, mais néanmoins validées, faussant les informations, etc. Il existe des centaines d’hypothèses.

De plus en plus de gens ont conscience de pouvoir « ralentir », « paralyser », ou « parasiter » le système économique ou des décisions politiques en agissant par le sabotage.

Le sabotage est une forme de criminalité très opaque contre laquelle il est très difficile de lutter, tous les domaines peuvent être concernés. Une fois répandue, il me paraît peu probable que nous puissions aisément rétablir un climat sain et sécurisé.

Au delà du sabotage, il y a le terrorisme.

Pour le moment, on associe essentiellement le terrorisme à l’islamisme radical, or je rappelle que le terrorisme n’est évidemment pas toujours motivé par le fanatisme religieux. Dans l’avenir, le terrorisme pourrait être lié à toutes les formes de revendication, largement inspiré par le terrorisme islamique.

Le terrorisme est une notion qui doit définir tout ce qui amène ou installe la terreur dans l’esprit des gens. Il se formalise par des actions violentes, sournoises, inattendues. Ainsi, par exemple, je qualifierai de terroristes un groupe de producteurs de vin qui s’organise pour monter une opération de destruction de stock controversé, où les membres qui participent à l’opération sont cagoulés et armés n’hésitant pas à s’attaquer y compris aux forces de l’ordre en les faisant reculer ou fuir. Par ces propos je ne juge pas si ces actions, ou la manière de les mener, sont justifiées ou non, je dis simplement qu’il s’agit de terrorisme. En novembre 2005 lors des émeutes en France, j’avais déjà parlé de terrorisme urbain, propos repris dans la presse. Bientôt, nous pourrions voir émerger des opérations « commando » ici ou là, organisées par de petits groupes de gens en rupture sociale et économique, qui pourraient par exemple prendre d’assaut des centres commerciaux, dérober des biens, et s’enfuir très rapidement avec toujours des victimes innocentes, personnes morales ou physiques. Si en plus, comme je le pense, ceux qui participeront à de telles opérations seront cagoulés, nous serons bien en présence selon moi d’une action criminelle terroriste.

Un autre exemple me semble encore plus parlant. Quand le litre d’essence sera à deux euros ou plus, croyez-vous que nos véhicules seront à l’abri des vols de carburant par le perçage des réservoirs?

Une société humaine moderne, confrontée en permanence à une criminalité complexe, mêlant sabotages et terrorisme plongera dans le chaos. Cette idée me paraît tout à fait réaliste, sévère, mais réaliste. Qui pourrait nous assurer, nous affirmer, nous garantir même qu’une société civilisée républicaine avec tout ce que cela implique puisse s’en sortir, ou même simplement se maintenir, dans un environnement turbulent, instable, oppressant et que chaque individu ne va pas subir directement les aléas de telles situations par nature inmaîtrisables?

Même si je suis conscient de passer pour un déclinologue, selon la formule de certains, je peux quand même proposer aux plus objectifs d’entre nous de se préparer à vivre des moments plutôt difficiles, prochainement, au cas où. Face au pire, on s’en sort toujours mieux quand on est prêt et informé, et si on y réchappe on pourra toujours se dire qu’il vaut mieux prévenir que guérir.

Qui peut expliquer aux français ce qu’est la réalité du monde?

Comme je le dis souvent, le monde tend à être global. C’est un mécanisme inéluctable, qui a véritablement démarré il y près de deux siècles avec l’ère industrielle moderne, et qui fait appel désormais à un nombre incalculable de paramètres qui font que nul homme, nul groupe d’hommes, nulle organisation, nul gouvernement, nul pays, et même nul regroupement de pays ne peuvent ni le freiner, ni l’infléchir.

C’est un fait, sur lequel il faut s’appuyer et compter.

Dans ce monde global, où le capitalisme et l’économie sont les principaux piliers et vecteurs de développement, il en existe surtout un autre, non négligeable, la liberté, notamment la liberté individuelle.

On peut donc admettre que si le système économique global présente des contraintes, il intègre également des avantages.

Ce système, s’il semble aux yeux de l’essentiel des gouvernants de ce monde être le plus adapté au maintient de l’Humanité dans sa modernité, est en réalité très difficile à administrer du fait de son immense complexité, il me semble même devenu totalement ingérable. Mais encore une fois, c’est dans ce système que nous évoluons tous, d’autant qu’il est socialement en amélioration constante toutes proportions gardées, mais néanmoins inéquitable.

Dans ce monde global, et sur le plan stratégique et économique, les États-Unis ont une dynamique à la fois locale et globale, mais également l’Asie, et nouvellement le Moyen-Orient, avec sa mégapole bientôt incontournable, Dubaï. Ce sont eux qui font le monde d’aujourd’hui et surtout de demain. Quand on voyage dans ces zones du monde, on se rend vite compte comme l’activité y est dense et visible, les gens sont au travail, et ce sont des travailleurs, tout est en développement, tout va très vite. S’il fallait comparer l’Europe, avec les endroits du monde qui se développent depuis quelques années, vous n’avez pas d’autre choix que de constater que le continent entier, la France en tête, est à… l’arrêt.

L’Europe n’a à mon sens, plus aucune dynamique globale.

De mon point de vue, et nous sommes beaucoup à partager cette idée, même si elle est difficile à accepter, quand un pays est à l’arrêt, en réalité il est en récession, en déclin, il se meurt, et il est peu probable qu’il se redresse sans fracas et sans dégâts. Alors quand c’est un continent entier, 25 pays en plus inégaux, nul n’en connaît les conséquences, mais personne ne peut affirmer que c’est un détail, et que ça n’aura pas une importance critique pour son avenir.

L’Europe est un espace à part dans ce monde global. Les pays qui font l’Europe sont à l’arrêt, rien n’avance, tous se cherchent une place. Autour d’eux malheureusement, tout avance très vite, et nous avons probablement déjà dépassé le seuil de non retournement.

Les peuples d’Europe, les français en tête, à commencer par les gens les plus pauvres en ressources matérielles et/ou mentales, ont beaucoup de difficulté à franchir des étapes incontournables qui permettraient sa fusion intelligente dans la dynamique globale, autant à l’intérieur des pays qui composent la communauté européenne, qu’à l’extérieur. Toutes ces barrières, entre les peuples fébriles, et les gouvernements figés, font que les gens n’ont pas le moral parce que les promesses faites ne sont pas tenues, parce que l’activité est en berne, le chômage s’accentue, les coûts augmentent, le pouvoir d’achat individuel baisse, les gens sont minés par des paramètres qui les affectent directement.

Les réformes paraissent impossible à manœuvrer, partout en Allemagne, en Italie, en Angleterre, et surtout en France, elles sont empêchées par des groupes de la population, pas toujours les mêmes, qui descendent dans la rue, qui exercent une pression importante sur toute la communauté, même s’ils n’en sont pas représentatifs puisqu’ils ne représentent qu’eux même, qui sabotent les décisions, qui forcent les gouvernements à changer leur stratégie. Les européens les plus démunis, mal informés, peu structurés, sans aucune vision ni perspective au delà de leur propre champ quotidien, et sans qu’ils sachent réellement comment est le monde global dans lequel ils évoluent car ils ne l’ont pas réellement expérimenté, s’opposent systématiquement à tout changement, ne tentent rien, veulent à tout prix défendre des idéaux sociaux irréalistes, qui peuvent se résumer par « travailler toujours moins, toujours moins difficilement, gagner toujours plus d’argent, être toujours mieux protégé individuellement, gagner en sécurité individuelle, l’ensemble devant être supporté financièrement par les plus énergiques et les plus créatifs d’entre-nous sans qu’ils soient pour autant valorisés, ceci sans limitation de durée, et avec la garantie et la bénédiction des gouvernements ».

Entre une Europe à l’arrêt, et les USA, l’Asie, le Moyen-Orient en développement exponentiel débordant, il y a forcément des positions intermédiaires et alternatives, qui pourraient ne serait-ce que permettre aux européens d’améliorer leur quotidien et leur donner de la perspective, compte tenu du fait qu’ils regorgent en leur sein de tous les talents, et de toutes les énergies créatrices nécessaires, qualitatives notamment.

C’est le paradoxe de l’Europe. Un peuple à priori intelligent, mais bridé par une liberté toute relative, qui fait que ceux qui osent, ceux qui veulent, ceux qui ont des idées et qui pourraient vraiment améliorer les choses ne peuvent pas avancer à cause de ceux qui ne veulent pas, qui n’oseront pas, et qui n’ont en définitive pas d’autres idées que de s’opposer à ceux qui en ont. Certains diront que c’est le jeu politique, ou que c’est le jeu de la démocratie, je pense que c’est une erreur, un drame même. Qui peut affirmer objectivement qu’il est bon pour le monde moderne et civilisé que des énergies individuelles soient freinées dans leur mouvement par des groupes d’opposition conservateurs, surtout quand elles sont exercées pour contribuer au système et donc à la communauté dans son ensemble?

Je sais à quoi conduit cette situation dans la réalité. Voyez-vous, dans un monde global, où les mouvements sont libres, plus rien n’empêche personne d’abandonner sa situation pour une autre qui semble meilleure. L’Europe, et en particulier la France, se vide de son sang depuis de nombreuses années. Le mouvement ne cesse pas d’augmenter. L’énergie du pays, qui est construite autour des gens énergiques, créatifs, entrepreneurs et qui aspirent à la liberté, est en baisse. Ces gens de qualité, selon qu’ils sont assez forts ou non, décident soit de baisser les bras définitivement ou provisoirement, soit de quitter le navire avant qu’il ne sombre. Dans tous les cas, ils ne font pas profiter à leur pays de toute l’énergie qu’ils auraient pu donner et ils subissent une déception psychologique importante, parfois irréversible lorsqu’elle a atteint un seuil mobile selon les individus. C’est le point de rupture, la rupture de confiance. Un gâchis.

Aujourd’hui en France, et partout en Europe, vous avez une petite partie de la population qui peut tirer l’ensemble vers le haut. Hélas par manque de réalisme et d’expertise, par provocation, et par son incapacité à faire avancer les choses vers une issue progressiste, une autre petite partie de la population à l’opposé, généralement les jeunes inexpérimentés, les idéalistes, les anarchistes, les syndicalistes, les gauchistes, les professionnels de la politique aux idées courtes ou les altermondialistes qui utilisent la rue, et la manipulation mentale ou médiatique pour arriver à ses fins, anéantissent tous les efforts de ceux qui peuvent faire avancer les choses. L’ensemble de la dynamique communautaire est paralysée, parasitée par les blocages, les ultimatums, les grèves, etc.

En république, un gouvernement ne devrait pas céder à la rue, quand des experts indiquent que la bonne issue est précisément celle décriée. La raison doit toujours être plus forte que l’émotion, quitte à y mettre les moyens, pour préserver l’intérêt général. Au niveau d’un pays, c’est de l’ordre du vital.

Depuis 1980 environ, on a fait croire aux gens, en France mais aussi partout en Europe (sur le modèle français parfois), qu’un système éducatif « moderne » et des études longues pourraient permettre à 80% de la population d’obtenir une qualification élevée, débouchant sur un travail qualitatif, interprété comme tertiaire, assorti d’un salaire forcément en rapport. Vingt cinq ans plus tard, force est de constater que cette stratégie éducative est un échec absolu, les jeunes ne sont pas qualifiés pour aucun métier, ils sont bardés de diplômes qui ne leur servent pas, les besoins des entreprises ne sont pas en adéquation avec l’offre. La majorité des jeunes, souvent en échec scolaire, n’a aucun goût au travail. On les a habitué à vivre dans une société qui leur doit tout, dont ils savent qu’ils peuvent tout avoir, et dont ils connaissent toutes les failles pour mieux les exploiter, tant elles sont évidentes. Pour les autres, ils entrent sur le marché du travail à 26 ans, parfois plus, et ils ne savent pas travailler, on doit tout leur apprendre, et ils ne peuvent pas être payés comme « on devrait l’être » à 26 ans. Les jeunes adultes connaissent la précarité, et ont pour perspective encore plus de précarité, ils ne l’acceptent pas. Tous finissent par s’opposer. Ce qui conduit une fois de plus à une situation de blocage, de crise de confiance.

J’ai envie de dire, une nouvelle fois, « arrêtez de rêver! ». La France, au travers de l’Europe, doit se remettre au travail. « On n’a rien sans rien ». Les filières traditionnelles doivent être revalorisées. Les entreprises ont besoin de gens opérationnels, le plus tôt possible. Pour moi, une seule solution est acceptable, les élèves les plus studieux et les plus performants doivent suivre des études, financées au mérite, dans des institutions universitaires qualitatives et non des voies de garage comme elles tendent à l’être aujourd’hui. La majorité des autres jeunes doivent maîtriser les connaissances de base, lire et écrire correctement, maîtriser les technologies essentielles de communication, connaître une autre langue, et très rapidement, pourquoi pas entre 14 et 18 ans, doivent systématiquement intégrer les entreprises, dans tous les métiers. Au Canada, par exemple, les enfants de 15 ans travaillent sous contrat avec des entreprises dans de multiples domaines, et sont correctement rémunérés pour leur travail, ils suivent des études parallèles et trouveront immédiatement un travail par la suite. Ce ne sont pas des « petits boulots de vacances », mais ils sont intégrés dans l’entreprise, au bas de l’échelle bien sûr, et à chacun ensuite de grimper à son rythme.

Je rappelle toujours à ceux qui veulent bien l’entendre qu’avant d’être chef, il faut avoir démarré tout en bas, mais aussi et surtout avoir l’idée et l’envie de le devenir à son tour, sans compter que ça se gagne par le mérite et le travail. Chaque individu peut trouver sa place dans une société ouverte, moderne et libre. Chaque individu doit être respecté pour la place qu’il occupe, car elle aura toujours une importance relative.

Malheureusement la crise d’identité de l’Europe à l’intérieur du monde global est tellement profonde qu’il est peu probable que les changements fondamentaux qui doivent être opérés puissent l’être dans un avenir suffisamment proche pour que ça ne fasse pas d’autres drames historiques.

Les européens ne sont définitivement pas à la hauteur des enjeux.

Stigmatiser les entrepreneurs est une erreur capitale, renoncer au CPE en serait une autre

Je souhaite exprimer une idée très simple, le plus clairement possible et sans ambiguïté.

Personne ne peut assurer à quiconque un travail illimité. La sécurité absolue d’avoir un emploi demain est une utopie. Demander à des patrons, donc des employeurs de garantir un travail perpétuel à leurs employés, sous une forme ou une autre, sans tenir compte de paramètres qualitatifs économiques et humains fluctuant dans le temps est la pire chose qu’on pourrait imaginer. Ce n’est tout simplement pas possible dans notre système économique global.

Par contre, on peut parfaitement affirmer sans se tromper que l’objectif évident des patrons, à qui je préfère le terme plus moderne d’entrepreneurs, est de maintenir et de développer leurs activités. Pour y parvenir, ils doivent nécessairement embaucher des collaborateurs, et donc créer des emplois. Si les collaborateurs qu’ils embauchent sont des éléments qualitatifs, l’activité est d’autant plus stimulée, tout le monde y gagne par principe.

Nous parlons là des entreprises très petites, moyennes, petites industries, des artisans et des travailleurs indépendants, qui composent l’écrasante majorité des entrepreneurs. J’écarte bien sûr de mon raisonnement les quelques acteurs majeurs internationaux, généralement côtés en bourse, qui ont un mode de gestion des personnels humains déplorable, bien entendu. Parlons donc de choses à échelle humaine. Parlons de la réalité de ce que vivent la quasi-totalité des patrons, qui n’est pas du tout la même réalité que dans les très grosses entreprises.

Les hommes et les femmes qui entreprennent sont des individus qui aspirent sans doute plus que d’autres à la liberté dans toutes ses formes et qu’il faut maintenir libres. En contrepartie de quoi ils stimulent l’économie du pays et peuvent même transmettre leur passion d’entreprendre, pouvant ainsi créer une émulation au sein de la population, visant à toujours plus d’activité, et donc d’emplois. Plus vous les enfermez et vous leur ferez subir des contraintes, moins ils seront combatifs, moins ils seront motivés, moins ils investiront leur énergie et moins ils agiront pour la cause commune, ou en intégrant d’autres individus à leur dynamique. Comme ils forment la seule et l’unique puissance créatrice d’emplois, en les bridant, on doit dès lors s’attendre à faire face à de sérieuses difficultés, les mots sont probablement trop faibles.

Les entrepreneurs ont toujours besoin de respirer et d’avancer. Tant qu’on ne les étouffe pas, ils resteront productifs en terme de projets nouveaux, et donc d’emplois nouveaux. Malheureusement, désormais ils sont déjà en passe d’être asphyxiés.

Aujourd’hui, les entrepreneurs subissent plus que jamais les pires pressions individuelles, et on se demande bien comment il est encore possible pour eux de les surmonter. Pression économique d’abord, ils voient leurs activités diminuer et ne parviennent pas à faire face à la concurrence internationale, européenne ou locale, souvent scandaleuse, déloyale, inéquitable et injuste. Pression sociale ensuite, ils sont critiqués et montrés du doigts par 70% de la population qui estime qu’ils ne pensent qu’à eux, et qu’ils se moquent bien de l’avenir de leurs employés, on dit d’eux qu’ils s’enrichissent sur le dos de leurs salariés, qu’eux sont les riches, et les autres les pauvres. Pression Fiscale également, leurs entreprises et eux-mêmes sont soumis à des taxes directes et indirectes qui dépassent le seuil de l’indécence. Pression financière, avec des charges fonctionnelles, structurelles, salariales, et patronales toujours plus importantes, ne cessant jamais de grimper, les coûts augmentent systématiquement et perpétuellement, les banquiers serrent les vis, et chaque jour il faut faire face à de nouvelles difficultés (pour 1000 euros payés net à un employé, il en coûtera plus de 2500 euros au patron, charges salariales, patronales, mais aussi fonctionnelles, opérationnelles et de formation incluses, donc bien plus du double). Pression psychologique finalement, avec des troubles comportementaux légitimes dans de telles conditions, qui peuvent avoir des conséquences multiples sur le plan relationnel vis à vis de leur entourage, de leurs salariés, de la population, de la justice, de la politique, du gouvernement, du système tout entier (des sentiments divers comme le doute, la suspicion, la méfiance, l’inquiétude, la paranoïa, la désolation, la déprime, l’incompréhension, la rupture peuvent légitimement prendre naissance lorsque des situations complexes s’installent dans la durée, bloquant ainsi l’individu dans une sorte d’impasse où il ne peut pas ni avancer ni reculer avec tout le poids de sa structure qui lui pèse, pouvant conduire à la liquidation de sa société et à sa faillite personnelle). Tout ceci serait insupportable à vivre pour la grande majorité des personnes. Pourtant, il y a une catégorie de gens, les entrepreneurs, pour qui c’est désormais le lot quotidien.

Gardons toujours à l’esprit qu’un employeur est un individu qui va prendre des risques majeurs pour lui, pour sa famille, et pour les gens dont il a la charge et la responsabilité.

Aujourd’hui par le fait d’innombrables causes et conséquences que je ne vais pas lister car on en connaît tous au moins deux ou trois qui nous sembleront évidentes en fonction de nos propres expériences, il y a une « crise de confiance profonde » entre les employeurs, la population et le pouvoir politique.

En réalité, ce qui se passe est simple. Les gens cherchent des responsables au fait qu’il n’y a pas suffisamment de travail, et que le peu de travail qu’on peut trouver est sous-payé, et souvent précaire. Les entrepreneurs sont stigmatisés, on considère qu’ils portent une responsabilité importante dans le marasme social. Pourtant ils sont également des victimes, à leur niveau. Je sais que c’est difficile à admettre, mais on ne peut pas reprocher à un entrepreneur de vouloir protéger ses investissements, sa création, ce qu’il considère comme ses projets, ses idées, et le temps et l’énergie qu’il aura dû consacrer à la réalisation de ses rêves ou de ses passions. Les plus grandes difficultés pour les décideurs c’est d’avoir des perspectives claires et sécurisantes, de la visibilité devant soit, et de pouvoir faire marche arrière quand cela devient nécessaire pour la survie de l’outil de travail. On ne peut pas demander aux entrepreneurs de voir dans un brouillard épais, tout en se déplaçant avec des boulets solidement fixés à leurs deux jambes.

Dans le système économique tel qu’il existe aujourd’hui, quand l’activité augmente, il me paraît évident qu’on doit pouvoir embaucher, et créer des emplois libérés de toutes contraintes irréalistes, illogiques ou farfelues, et quand l’activité économique baisse, on doit pouvoir alléger les structures, ce qui leur permettra par ailleurs de rebondir ultérieurement au moment propice, regénérant de l’emploi. Dans un système fermé, pour une structure donnée, on ne peut pas garantir un accroissement constant, régulier et un cadre sécurisé qui pourrait garantir l’emploi et augmenter de manière permanente l’embauche.

En expliquant cela, je fais simplement preuve de bon sens. Penchez-vous une seconde sur la question en toute objectivité et regardez les choses en face pour le comprendre.

Par ailleurs, j’ajoute qu’on ne doit pas considérer que l’emploi est un dû, mais il doit se mériter. En contrepartie il doit bien entendu être rétribué loyalement, honnêtement, équitablement et de manière juste, dans le respect de toutes les parties.

Je sais que les syndicats vont avoir un peu de mal avec moi sur ce sujet sensible, mais il ne m’a pas semblé qu’un seul syndicat ait pu créer un jour un seul emploi dans le cadre d’un projet d’entreprise qu’il aurait mené, depuis l’idée originale jusqu’à la création de la structure, en n’ayant jamais à critiquer les contraintes qu’il aura à subir.

Mon sentiment profond est que les syndicats sont en dehors des réalités, et ils n’ont plus aucune légitimité à mes yeux, ils polluent et parasitent le système, corrompent les idées des salariés, et finissent par les tromper. Les syndicats sont à repenser totalement. Mais c’est un autre débat.

Pour en revenir à l’initiative, le mécanisme est toujours le même. Des entrepreneurs ont des idées pour développer l’activité. Ils mettent sur pieds leurs projets avec leur énergie et leurs ressources financières. Ils chercheront à recruter des collaborateurs qui devront nécessairement être des gens formés et adaptables, fiables, loyaux, honnêtes, intègres, et bien sûr travailleurs, avec une conscience professionnelle et du respect partagé. Ensuite, comme dans toute entreprise humaine, des difficultés peuvent survenir, et il faut pouvoir revenir en arrière de façon intelligente et responsable.

Depuis un certain temps déjà, force est de constater qu’il devient de plus en plus difficile de trouver sur le marché des demandeurs d’emploi motivés par le travail, formés à la réalité de l’entreprise, loyaux, honnêtes, intègres et respectueux, notamment dans les catégories des nouveaux entrants.

Une majorité de jeunes qui cherchent du travail n’a aucune idée de comment travailler, comment être productif, quelles sont les attentes des employeurs, que signifie la conscience professionnelle, que signifie l’implication en entreprise, le travail collaboratif, le respect de la hiérarchie, l’investissement fait par les autres pour soi, la rentabilité. La plupart ne savent pas correctement ni lire ni écrire, et ne disposent pas des ressources élémentaires pour s’intégrer dans un cadre professionnel « en production », dans la réalité de terrain. Les entreprises ont besoin d’éléments opérationnels. Le système leur propose des jeunes « qualifiés » à tout, sauf bien sûr à être prêts à travailler.

D’un côté vous avez des employeurs qui ne parviennent pas à impliquer les jeunes dans leur démarche d’entreprise, et de l’autre côté vous avez des jeunes qui veulent travailler le moins possible, pour gagner le plus possible, et immédiatement. C’est encore faire preuve de bon sens que de faire cette constatation, qui débouche sur une impasse absolue.

Au milieu vous avez la machine à produire des travailleurs, le système éducatif.

Pour bien comprendre le fond du problème, il faut déjà admettre que le système éducatif français est calamiteux. Les enseignants et professeurs sont déprimés par l’incapacité qu’ils ont à faire leur travail de transmission des connaissances, sans parler de l’amélioration des connaissances déjà acquises. Dans bien des cas, les élèves sont désintéressés, insolents et irrespectueux, condamnant ainsi toutes les démarches éducatives, ils n’ont pas conscience de ce qu’est le travail, de ce qu’il implique comme démarche personnelle. La productivité du système éducatif français (sous-entendu à générer des individus responsables et consciencieux) est anéantie.

Aujourd’hui, les écoles, les lycées et les universités sont des garderies. Les professeurs sont de simples animateurs, presque des surveillants dans un environnement turbulent et improductif. Un système qui coûte une fortune aux actifs, pour un résultat déplorable, miséreux je dirais.

Par ailleurs, les élèves pourraient en apprendre plus sur l’internet, et plus vite, que pendant une session de cours en classe.

On ne parvient pas à transmettre les connaissances de base aux élèves, comment peut-on imaginer pouvoir les intéresser au travail? Admettons que la « qualité moyenne » d’un jeune à la recherche d’un emploi, et son « aptitude » au travail sont loin de pouvoir convaincre un employeur. A qui le reprocher? Au système éducatif trop laxiste, aux parents qui baissent les bras, aux politiques qui se succèdent sans jamais oser réformer, aux jeunes eux-mêmes et à tout ce qui fait que nous sommes tous dépassés par les événements, tant tout est de plus en plus complexe.

Bien entendu, tous les jeunes qui entrent dans le marché du travail ne sont pas des illettrés, ne sont pas mal élevés ou irrespectueux, et ne sont pas des incapables, mais une proportion non négligeable et croissante d’entre eux le sont désormais. Les employeurs le savent, ils ne peuvent donc pas négliger ce paramètre au moment de l’embauche, et les conditions actuelles légales font qu’un employeur a deux possibilités, soit il ne se trompe pas et il embauche un collaborateur dont il va être fier, et dont il n’aura jamais à se plaindre, soit il se trompe et il va connaître des situations conflictuelles aux conséquences multiples et déplorables, parce qu’il ne pourra pas facilement s’en détacher.

Prenez connaissance des dossiers qui sont traités dans les institutions prud’homales. Écoutez les patrons scandalisés qui affirment qu’ils n’embaucheront plus jamais personne, et surtout plus des jeunes, parce qu’ils ont eu à se défendre face à un employé à qui les syndicats expliquent qu’il aura toujours gain de cause et qu’il ne faut pas hésiter à attaquer son ex-employeur (jackpot à la clé).

La rupture de confiance est un fait, c’est désormais inutile d’en débattre. C’est un fait de société avéré pour qui est observateur.

Un employeur ne pourra plus prendre de risques avec un nouvel entrant dès le premier jour et pour une durée indéterminée, sans avoir pu expérimenter avec lui son chemin dans l’entreprise, et construire peu à peu une confiance quand c’est possible, surtout dans les entreprises qui ont moins de 20 salariés, et je le répète, il s’agit de l’écrasante majorité des cas.

Je considère que la confiance se mérite et se gagne avec des preuves et des engagements, et sur une période longue. Une période d’essai de 30, 60 ou même 90 jours ne permettra jamais de se faire une idée précise et juste, et ne laissera à personne le temps de créer un climat de confiance et de sereinité, propice à la prise d’initiatives et de risques maîtrisés.

Les employeurs ont désormais besoin de s’assurer qu’ils peuvent à la fois faire confiance en l’avenir et en leurs futurs employés, sans quoi ils ne créeront plus d’emplois parce qu’ils ont des craintes légitimes et fondamentales.

Le gouvernement français propose un « CNE » et un « CPE » pour les jeunes de moins de 26 ans, des contrats à durée illimitée, qui présentent la particularité de pouvoir être rompus par l’une ou l’autre des parties presque sans condition dans les deux premières années.

Voilà des nouveaux « outils » qui pourraient permettre de redonner un peu de confiance et d’énergie aux employeurs, qui pourront ainsi décider d’embaucher des jeunes, de financer leur formation et leur donner une expérience à faire valoir plus tard s’ils ne restent pas dans l’entreprise. Les jeunes, en retour devront faire preuve de respect, de vélocité, d’implication et de capacité d’intégration, c’est bien la moindre des choses quand on a gagné un premier emploi, un deuxième ou un troisième, qui sont à chaque fois autant de nouvelles expériences qui marqueront le début de leur vie professionnelle.

Avec de tels « outils », l’entreprise sait qu’elle a deux ans pour s’assurer que son nouvel élément s’intègre parfaitement à son nouveau travail, et qu’au pire si l’intégration échoue, elle peut mettre un terme à l’embauche (ce qui semble bien légitime, d’autant qu’à ma connaissance, il n’existe pas d’entrepreneurs qui investissent sur des collaborateurs avec un objectif de s’en séparer moins de deux ans plus tard, ce qui serait contre-productif et illogique), et le jeune employé bénéficie d’une période de deux ans pour s’intégrer et pour montrer qui il est vraiment, reconnaissant du travail qu’on lui offre, dans la mesure où il a accepté de le faire.

Je vais vous le dire comme je le pense. Quand on expérimente la relation humaine, le contact étroit avec les gens, le rapport employeur/employé, deux ans ce n’est pas trop long pour savoir si on a affaire à quelqu’un de bien, et pour l’un, et pour l’autre, par contre c’est une durée idéale pour décider à terme d’intégrer définitivement l’employé si l’expérience a été fructueuse.

Ces nouveaux contrats ne sont pas la solution au problème de l’emploi ni à celui de la crise économique, mais constituent des éléments de réponse. Avant de renoncer à une initiative, il vaut mieux parfois l’éprouver. Et si en plus, par miracle, les charges des entreprises pouvaient baisser de manière significative en contrepartie d’embauches solides, nous pourrions dire que nous avançons.

Grippe aviaire : que va-t-il se passer?

L’Organisation Mondiale de la Santé est très claire et se fait insistante : une pandémie humaine de grippe aviaire est hautement probable, la question est désormais plus de savoir quand elle aura lieu que de savoir si elle aura bien lieu. L’O.M.S. exhorte tous les pays à prendre toutes les dispositions nécessaires et les mesures de précaution, en urgence.

L’enjeu est majeur, puisqu’en cas d’épidémie humaine, les estimations les plus basses en pertes humaines font état de dizaines de millions de morts, alors que les spécialistes raisonnent plutôt en centaines de millions.

La dernière épidémie aviaire (également appelée « grippe espagnole ») avait fait 20 millions de morts à la fin de la première guerre mondiale. Le virus de l’époque était moins « nocif » et moins violent que le H5N1 actuel, la population humaine était moins importante, moins dense et beaucoup moins mobile, et le contexte était nettement moins favorable qu’aujourd’hui à une pandémie majeure.

La grippe aviaire A (H5N1) est une maladie virale plutôt bien connue, très ancienne, qui ne concerne en principe que les volailles. En janvier 2004, l’O.M.S. indique avoir détecté la présence du virus grippal aviaire H5N1 chez trois patients décédés d’une affection respiratoire aiguë en décembre 2003 et début janvier 2004 au Viet Nam. Tous les gènes séquencés étaient d’origine aviaire, ce qui suppose que le virus responsable du décès des trois cas confirmés n’avait pas encore acquis de gènes du virus grippal humain, mais que sa forme aviaire était transmissible à l’homme. Le virus H5N1 est hautement pathogène, ce qui signifie qu’il se transmet sans difficultés, lorsqu’il est présent dans l’air, ou lorsque l’on est en contact avec des entités contaminées.

Entre fin 2003 et novembre 2005, l’O.M.S. compte officiellement 66 décès, tous dûs au virus grippal aviaire H5N1.

Toute la question d’une pandémie de grippe aviaire repose sur l’hypothèse hautement probable d’une mutation du virus grippal H5N1 dans une forme humaine, offrant alors des possibilités de contamination interhumaine, en plus de ses capacités interanimales.

Une contamination animale mondiale est malheureusement très réaliste du fait des mouvements migratoires (les oiseaux migrateurs sont les parfaits vecteurs transcontinentaux et transnationaux de grippe aviaire).

En clair et pour faire simple, le virus grippal aviaire A (H5N1) est hautement pathogène, il se propage sous cette forme aux animaux prioritairement (volailles, porcs, etc. ce qui nécessite malheureusement des décontaminations massives lorsque des foyers sont détectés), mais depuis peu se transmet également aux hommes provoquant pour le moment de rares décès. Si comme le pressentent les spécialistes, le virus grippal aviaire H5N1 persiste à muter en devenant un virus grippal combinant des gènes aviaires et humains, nous serons alors dans le scénario le plus critique, puisque les animaux et les humains seront concernés et les décès par affections respiratoires aiguës se compteront nécessairement par millions au mieux, du fait des contaminations interhumaines. Faut-il ajouter ici que les scientifiques n’ont presque plus aucun doute sur le fait que ce virus soit en mesure de muter dans sa forme la plus critique, c’est à dire humaine, en quelques mois.

Nous ne savons pas très bien combien de temps il faudra pour trouver et produire un vaccin efficace dans le cas d’une éventuelle contamination humaine, probablement plusieurs mois. On parle beaucoup du Tamiflu, un antiviral connu comme très efficace dans le cas des grippes humaines « classiques ». Le monde entier se jette sur ce médicament, à tel point que le laboratoire Roche, seul agréé par le propriétaire de la molécule (la société Gilead aux USA), ne parvient pas à répondre à la demande sur le plan quantitatif.

En octobre 2005, on apprend que le virus aviaire H5N1 résisterait au Tamiflu, puis début novembre 2005, on nous explique qu’un laboratoire américain (le Adventist Medical Center de Portland, en Oregon par la voix du Dr Joseph Howton) a mis en évidence que le Tamiflu, combiné à un autre médicament (le Probénécide, connu sous les marques Benuryl et Benemid) doublerait l’efficacité d’une dose de l’antiviral, ce qui serait utile en cas de rupture de stock de Tamiflu.

On pourrait encore palabrer des heures sur le H5N1, on pourrait retracer son histoire, se demander comment tout cela a pu arriver, et pourquoi subitement toute la planète est concernée. Je vais même jusqu’à évoquer des pistes crédibles, mais impossible à vérifier, bien au delà des pistes naturelles. Le virus H5N1 était-il développé par les militaires? Des terroristes sont-ils à l’origine de l’épidémie de grippe aviaire qui trouve naissance en Asie? Comme l’évoquait un rapport de l’institut Pasteur sur l’utilisation des armes biologiques, l’impact terroriste n’est pas nécessairement lié au nombre de victimes. Un tout petit nombre de cas signalés et confirmés, amplifié par la rumeur, peut déclencher une grande inquiétude et un climat anxiogène dans la population humaine. Et que dire de l’implication inattendue du très controversé Donald Rumsfled, qui se trouve être un des dirigeants de la société Gilead, propriétaire de la molécule du Tamiflu, présenté comme l’unique remède à l’épidémie de grippe aviaire? Nous pourrions polémiquer des jours entiers, nous ne parviendrions probablement pas à éclairer tous les points obscurs de ce dossier si complexe. Restons simplement concentrés sur les faits avérés et les probabilités de faits à venir.

De mon point de vue, et compte tenu de l’analyse objective que j’ai pu faire de la situation connue, une épidémie de grippe aviaire H5N1 qui aura muté dans une forme interhumaine me semble inévitable à une échéance rapprochée. On ne doit donc pas reprocher aux gouvernements d’utiliser le principe de précaution pour prévenir le risque, toute mesure jugée utile doit être prise. Néanmoins, ce qui est autant curieux qu’inquiétant, c’est que les stocks de vaccins sont principalement destinés aux pays riches et puissants en Europe, ainsi qu’aux USA, au Canada, au Japon, en Israël, etc. Les populations de ces pays sont potentiellement mieux sécurisées.

Qui se préoccupe de la Russie, de l’Amérique du Sud, de l’Asie du Sud et encore du continent africain? J’ai appris qu’en Chine, la molécule du Tamiflu était reproduite illégalement, plus ou moins à l’identique qualitativement, une contrefaçon en quelque sorte, pour subvenir à l’immense besoin du pays. La société Gilead et le laboratoire Roche n’apprécieraient pas.

Une fois la contamination interhumaine avérée, les conséquences seront absolument catastrophiques, puisqu’il y aura probablement effectivement des millions de décès avant qu’un vaccin opérationnel puisse être déployé dans toutes les populations. Tous les pays seront potentiellement touchés, y compris et surtout sur les continents européen, asiatique et américain, même si c’est là qu’on pourra le mieux faire face.

Les difficultés auxquelles nous seront exposés seront inextricables. L’économie globale sera anéantie, ou au moins profondément altérée. Les marchandises et les hommes ne circuleront plus. L’accès à la nourriture sera rendu très compliqué et très réglementé.

Les conséquences économiques d’une pandémie humaine sont impossibles à évaluer tant elles paraîtront surréalistes et hors de portée, même aux meilleurs économistes.

L’activité économique des pays atteindra des niveaux dramatiquement bas du fait de l’angoisse des gens, ne serait-ce que pour se rendre à leur travail, quand leur entreprise ne sera pas purement et simplement fermée. Le système financier ne pourra pas résister longtemps à un phénomène d’une ampleur aussi gigantesque, un phénomène qui peut s’installer pendant plusieurs mois, peut-être même 2 ou 3 ans avant d’être à peu près stabilisé sur le plan médical.

L’impact social sera intéressant à observer. On pourrait penser qu’une pandémie séparerait les peuples durablement en les laissant à l’écart les uns des autres, sans contact, mais les technologies de communication, avec l’internet en tête, pourraient bien atténuer la distance, au moins virtuellement. Les gens continueront à communiquer et resteront probablement liés, du fait de leur dépendance aux technologies. Ces technologies qui pourraient bien constituer un socle de base à un nouveau départ, même si un retour « aux sources » est aussi très probable.

Mon but n’est pas de dramatiser davantage une situation qui est déjà très tendue et très discutée partout, ni de chercher à faire peur. En matière de prospective, je tente de rester objectif et réaliste en tenant compte d’une très grande quantité de paramètres et d’informations décryptées, j’aimerai pouvoir écrire ici que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », et que nous vivons dans le meilleur des mondes. Je ne peux pas écrire cela, simplement parce que ce n’est pas la vérité. Ce ne serait pas vrai non plus d’écrire qu’une pandémie de grippe aviaire aurait un impact limité sur les populations, et que cela ne troublerait pas profondément notre quotidien, et notre manière de vivre.

Nous pourrions diminuer le risque d’une pandémie de grippe d’origine aviaire en limitant immédiatement nos déplacements locaux et internationaux et en portant des masques filtrants lors de nos déplacements habituels, en privilégiant une nourriture à base d’aliments sécurisés, en évitant le contact animal et surtout en limitant nos échanges avec l’Asie pour un temps.

Nous ne devons surtout pas sombrer dans une psychose terrifiante, mais il faut que nous soyons tous vigilants et prêts.

Pour finir, et si vous êtes assez large d’esprit, vous pourriez alors vous permettre de lire ce qui suit.

En effet, une nouvelle question terrible et troublante me vient à l’esprit. Une dépopulation massive, rapide et sélective de la planète, n’est-ce pas ce qui pourrait sauvegarder à coup sûr l’espèce humaine? Je préfère me forcer à croire que l’épidémie qui s’annonce est naturelle, elle trouvera alors une solution naturelle.

Et l’on découvre la notion de « terrorisme urbain »

Fin octobre 2005, le monde observe attentivement ce qui se passe dans les banlieues parisiennes. Les violences inouïes et récurrentes qui s’y sont déroulées, par ailleurs assimilées à des scènes de guerre civile par tous les grands médias internationaux, CNN en tête, font trembler toutes les mégapoles sur tous les continents.

Des centaines de véhicules brûlés, des dizaines de commerces ravagés, des entreprises ruinées, des batailles rangées au cocktail molotov et aux boules de pétanques lancées depuis les étages des immeubles dans le noir, des pompiers attaqués à chaque intervention, des coups de feu à balles réelles échangés avec la police, débordés de tous côtés, une bombe lacrymogène jetée dans une mosquée. Dans certains départements, une ville sur deux est concernée par les émeutes, les dommages matériels et les pillages. Les violences urbaines s’étendent chaque jour un peu plus après sept nuits d’affrontements acharnés entre émeutiers et forces de l’ordre. Le gouvernement mobilise jusqu’à 1000 gendarmes mobiles, des militaires, pour assister les CRS. Le Premier Ministre Dominique De Villepin assure que l’ordre et la justice primeront, les émeutiers crient « mort à Sarkozy ».

Pourtant le pire n’est pas derrière nous. En effet, si vous observez comme moi ce qui se passe dans les banlieues depuis quelques années, vous ne pouvez pas envisager un autre scénario catastrophe que celui qui se déroule sous nos yeux, empirique. La situation est assez simple à comprendre. Les banlieues-ghetto regorgent de dizaines de milliers d’individus jeunes, majoritairement d’origine étrangère, immigrés ou fils d’immigrés (africains, nord-africains, maghrébins, etc.) avec toutes les difficultés sous-jacentes, sous-éduqués, élevés de manière inappropriée par des parents désemparés et en total décalage avec leur environnement, « parqués » dans des espèces d’immenses blocs de béton insalubres, incommodes, au chômage ou dans des situations précaires, qui subsistent souvent grâce aux économies « parallèles » illicites, qui se sentent légitimement abandonnés, dégradés, et nargués. Comme si cela ne suffisait pas, force est de constater qu’une certaine forme d’islamisme radical se développe dans ces zones fragilisées et fertiles, la religion islamique agit comme un liant fédérateur, un socle de base qui renforce les groupes de révoltés derrière des idées fondamentalistes.

Vous avez probablement vu les images des journalistes montrant les émeutiers crier des slogans « Allah Akbar » (« Dieu est grand » en français) lors des affrontements. Un lien indéniable existe aujourd’hui entre les jeunes ultra-violents des banlieues, et l’islamisme radical. L’islam est une religion noble et respectable, la plupart des croyants islamistes sont des gens nobles et respectables. Ces derniers ne peuvent donc plus accepter qu’une minorité de jeunes ultra-violents utilisent cette religion, radicalisée.

Je ne vais pas évoquer point par point tout ce qui nous amène aujourd’hui à un tel niveau de violence entre d’un côté la République, la société civile, la civilisation moderne, la liberté, les institutions républicaines, et de l’autre des milliers de « jeunes guerriers urbains » qui n’ont absolument rien à perdre, livrés à eux-mêmes. Les associations, les personnalités politiques, les sociologues et autres démagogues ont largement pointé du doigt, tour à tour depuis bientôt 35 ans, les défauts des banlieues telles que nous les avons construites. Aujourd’hui nous avons une situation critique a gérer : une véritable armée d’une dizaine de milliers de guerriers urbains, organisés en groupuscules mobiles et mobilisés par les mêmes idées antirépublicaines, qui s’opposent désormais frontalement au gouvernement français et aux institutions républicaines.

Et voilà que nous découvrons ce que j’appelle le « terrorisme urbain », parfois je vais même plus loin en parlant de « terrorisme islamiste urbain », mais je sais que les esprits en France ne sont pas encore préparés à une telle éventualité, pourtant bien réelle. Des violences terrorisantes au cœur des quartiers ou des villes qui anéantissent indistinctement les aspects communautaires, sociologiques et économiques qui ont pu y être développés avec tant de mal, aux portes de Paris. Qui en est le déclencheur? Qu’est-ce qui provoque cela? Est-ce que Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur, est le problème? Est-il un facteur de désordre? Est-ce que sa sémantique est le problème? Le seul homme politique qui ose utiliser le véritable mot pour décrire ce qu’est l’ennemi de l’ordre (« la racaille ») est honteusement critiqué par tous ceux qui à la fois ont toujours utilisé la langue de bois, et n’ont jamais apporté la moindre solution pratique ou de principe.

Non Nicolas Sarkozy n’est pas le problème dans cette affaire, il est probablement une solution, surtout s’il met en œuvre les moyens nécessaires pour enrayer l’hémorragie dans les banlieues, si ce n’est pas lui, un autre devra le faire de toute manière très rapidement. Pour être totalement honnête avec vous, peu importe que ce soit Nicolas Sarkozy ou un autre dirigeant politique qui soit central dans cette affaire, ce qui est important c’est que pour la première fois on utilise un terme qui me semble précis et juste : c’est bien la « racaille » qui déstabilise et décrédibilise nos banlieues, même si les banlieues ne sont évidemment pas uniquement peuplées par de la « racaille ». Je sais également que derrière ce terme « racaille » il y a des individus qui ont tous une histoire, pour moi ils sont potentiellement perdus pour la société, ils constituent, sur le plan humain, la pire chose qu’une société moderne puisse produire. J’espère que nous pourrons en réintégrer le plus grand nombre, mais je ne me fais pas d’illusions. Soyons réalistes, l’énergie à déployer pour intégrer ces gens me paraît raisonnablement impossible à mettre en œuvre sans que cela ne vienne d’eux-mêmes, dans la situation actuelle et compte tenu des paramètres de leur environnement. Bien sûr, on pourra toujours créer des associations d’aide à l’intégration, mais pour moi, la « racaille » ne s’y intéressera jamais.

Nous ne pouvons plus accepter le niveau de criminalité actuel dans les banlieues, ni laisser se développer des zones de non droit. Faut-il être diplomate, ou modéré face aux terroristes urbains? Faut-il négocier ou parlementer avec la « racaille »? Sûrement pas, la tolérance zéro est désormais le seul objectif. La fermeté doit primer. S’il y a des événements insurrectionnels aujourd’hui dans les banlieues françaises, c’est bien parce que les émeutiers prennent les propos de Nicolas Sarkozy au sérieux : le risque pour eux d’être « nettoyés au Karcher » est bien réel. Leur économie « underground » va en prendre un sacré coup.

Quelles sont les mesures à prendre rapidement? Elles devront être inhabituelles et très impressionnantes pour un pays comme la France. Arrivé à un certain point, une phase de transition à tolérance zéro sera nécessaire. Il faudra absolument contrôler vigoureusement les accès des banlieues, limiter les entrées et les sorties, instaurer le couvre-feu, il faudra parvenir à identifier, isoler et exfiltrer la « racaille », il faudra créer des « camps » de redressement hermétiques, dirigés par du personnel pénitentiaire, social et éducatif adapté, il faudra « éduquer à la dure » (ou « à l’ancienne »). Des exemples existent aux USA, la plupart donnent de bons résultats. Le nettoyage des banlieues qu’évoque Nicolas Sarkozy est donc inévitable et devra s’opérer ainsi.

Néanmoins je crois que nous n’avons jamais été aussi proche de la guerre civile, que j’apparente à une guerre de civilisations, en France. Nous avons totalement raté l’intégration des enfants d’immigrés nord-africains, ce n’est pas faute d’y avoir mis les moyens, l’écrasante majorité d’entre eux, “plus ou moins islamistes radicaux”, ne sont probablement pas intégrables à nos sociétés modernes civilisées et libres. Je ne sais pas. J’observe simplement le résultat, les faits. En même temps, je comprends tous ces jeunes désemparés et sans espoir, rejetés partout.

Les choses seront vraiment sérieuses lorsque les émeutiers ne seront plus seulement des jeunes casseurs, mais quand ils seront rejoints par des dizaines de milliers d’adultes, minés par les dettes, par le chômage, par la pression fiscale, par le manque de libertés, par l’étouffement, par je ne sais quels autres problèmes individuels qui les rassemblent, ou pire qui les opposent. Entre les banlieues et Paris il n’y a qu’un pas, je suis convaincu que les violences se déporteront dans la capitale. Si ce n’est pas pour demain, c’est pour après demain. L’armée devra y renforcer les effectifs policiers, très vite dépassés par les événements. Une guerre, jusqu’alors invisible et latente, sera cette fois impossible à cacher. Et nous devrons vivre avec. Bien sûr, j’espère me tromper, dans ce cas nous aurons alors résolu le problème des banlieues.