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Sommes-nous à la veille d’un trouble majeur?

Le gouvernement français vient d’annoncer un taux de chômage historiquement bas puisqu’il revient à son niveau de 1983 (25 ans plus tôt, à 7,5% de la population active).

C’est formidable, n’est-ce pas? La tendance baissière est si forte que nous sommes à un cheveu du plein emploi (le Président Sarkozy s’y était engagé il n’y a pas si longtemps, il pourrait bien y parvenir visiblement).

Nul doute que selon la nouvelle formule de calcul de l’INSEE, ce taux est correct.

Dans le même temps, on ne peut pas critiquer l’acharnement visible et audible des ministres à vouloir réformer et changer le pays, sous l’impulsion d’un Président énergique, présent et actif.

Mais ce taux de 7,5% est-il celui qui donne la réelle image du chômage dans notre pays?

Il paraît évident que non. Pour le gouvernement, seuls un peu plus de 7 français sur 100 en capacité de fournir un travail nécessaire seraient des chômeurs. Qui peut croire cela?

Je suis un observateur avisé de la société, mais je suis surtout un entrepreneur exigeant, et dans mon métier, la prise en compte des paramètres est cruciale, autant que leur interprétation. J’ai donc besoin, comme tout décideur, des bons paramètres, des bonnes variables, au bon moment.

On n’imagine pas le nombre de décisions stratégiques, toutes placées dans leur contexte et à leur niveau, qui sont prises et les actions qui découlent d’une statistique donnée. Si la statistique est faussée, les décisions engagées ont bien souvent des répercussions catastrophiques.

Pour moi, le chômage doit être défini comme l’inactivité même partielle d’une personne en capacité de travailler et qui le nécessite, à plus forte raison lorsque le revenu de son travail ne lui permet pas de vivre régulièrement et sereinement, “selon les standards occidentaux”. Ces standards évoluant sans cesse.

Une personne “en capacité de travailler et qui le nécessite” dans la société occidentale, c’est quelqu’un, un homme ou une femme, qui a entre 18 et 65 ans, qui peut fournir un travail afin d’en générer un revenu, qui est dépendante du “système économique tel qu’il est conçu” pour subvenir à ses besoins les plus variés, qui ne soit pas ni scolarisé, ni malade au point de devoir être assisté par la société.

Les hommes et les femmes qui ont décidé de ne pas travailler en ayant la possibilité de vivre de leurs propres ressources, ou de celles de leurs proches ne sont pas concernées (femmes au foyer par exemple).

Depuis bien longtemps je ne me fis plus aveuglément aux données officielles. Je préfère bâtir mes projets, avoir ma propre idée et ma vision de long terme en tenant compte également des informations “grises” (peu vérifiables car peu documentées et officieuses), perçues plus réalistes, et qui circulent ou qui sont glanées dans “les milieux bien informés”.

Quel est donc le véritable taux de “chômage” en France? Probablement plus proche de 19% que de 7,5%. Ce qui change absolument tout. Certains estiment même qu’il dépasse nettement les 20% pour atteindre le quart de la population active, vous imaginez?

On peut s’amuser ainsi à évoquer d’autres données. Par exemple, la hausse des prix des produits de consommation courante depuis 10 ans, a-t-elle été de 15 à 17% si l’on s’en tient aux statistiques INSEE (+1,5% par an en moyenne basse), ou plutôt de 62 à 65% (voir plus sur certaines catégories de produits) si l’on considère que les prix ont augmenté réellement de 4,5% par an en moyenne basse ces dix dernières années?

Rappelez-vous il y a 15 ans, comme il était “prestigieux” de toucher un salaire de 10000 francs par mois, ce palier psychologique était important. Aujourd’hui, est-ce que vous avez l’impression que 1500 euros (l’équivalent de 10000 de nos anciens francs) suffisent à atteindre la moitié ou les deux tiers d’un mois pour vivre sereinement? Et combien gagnent plus que 1500 euros par mois, 15 ans après?…

De toute évidence, le nombre de pauvres augmente à grande vitesse, et dans le même moment, les pauvres s’enrichissent beaucoup plus lentement que les riches.

Le plus inquiétant, c’est que la tendance est loin de pouvoir s’inverser, au contraire, elle va nettement se consolider sur sa lancée avec les difficultés qui arrivent à nous, ou nous à elles.

Pour moi, la hausse du prix du pétrole va jouer un rôle déterminant dans le processus de “renversement” du système occidental, et pire, il n’est pas réellement intégré dans les stratégiques politiques de court et moyen terme.

Nous paierons bientôt le baril à 120$, puis des seuils comme 140$ à 180$ seront à portée des marchés dans les années qui suivront.

On ne réalise pas à quel point du prix du pétrole dépend intimement et absolument tout notre mécano économique et social.

Que dire encore de l’euro face au dollar, on nous assure qu’il nous protège, peut-être, c’est un point de vue, celui de Trichet notamment, il doit avoir ses raisons. L’écart économique entre la zone USD et la zone EUR se creuse à une vitesse folle. Certains évoquent un euro contre deux dollars prochainement. On y est presque, effectivement.

N’oublions pas que depuis de nombreuses années déjà, c’est hors de la zone EUR que la croissance est la plus forte et la plus dynamique, et que sur ces marchés, tout se négociera encore pendant longtemps en USD. L’Europe n’a donc aucune chance de pouvoir en profiter.

Qui peut en prédire les effets? Personne précisément, on sait juste qu’ils seront… dramatiques pour les peuples.

D’ailleurs, parlons croissance. En France, elle est annoncée et maintenue autour de 2 à 2,5% en 2008, que ce soit le Premier Ministre ou la Ministre de l’Économie, ils en sont convaincus, sur quelle base et sur quelles études, on ne sait pas. En réalité, il se dit que depuis quelques années, peut-être 2 ou 3 ans, la France n’est ni en croissance, ni même en stagnation, mais en “croissance déficitaire”. C’est très différent. C’est la décroissance.

Notre monde moderne est suspendu à certaines données économiques fondamentales (comme le prix du pétrole). Des populations civilisées, à priori structurées, vivant selon des “hauts standards humains” et qui semblent protégées par leurs institutions, telles que les nôtres, pourraient bien être retournées comme des crêpes, en l’espace de quelques années, à partir d’un certain seuil, mais on ne pourra pas le démontrer avant qu’il ne soit trop tard. Ni dire exactement comment cela va se produire, et avec quels effets.

C’est le principe de l’élastique qui va rompre lorsqu’il est trop étiré, on sait qu’il va rompre, mais on ne sait pas vraiment à quel moment.

Nous sommes à la veille d’un trouble majeur. Certains, personnes morales ou physiques, s’en sortiront néanmoins, mieux que la plupart, à condition d’y être bien préparé.

Bientôt des lendemains qui déchantent…

On a le sentiment que dimanche 22 avril 2007, la France avait rendez-vous avec son histoire.

Les analystes sont unanimes pour rappeler que les enjeux des Élections Présidentielles de 2007 étaient cruciaux, capitaux, déterminants, et dans tous les cas, lourds de conséquences pour l’avenir d’un pays qui sombre avec son peuple, tout du moins il en donne des signes indiscutables.

Dans toutes les couches de la population, la demande de rupture avec les politiques traditionnelles, le besoin d’un véritable changement profond semblait prédominer.

Un autre sentiment aussi qui ne nous aura pas échappé, celui d’un étouffement sous le poids de plus de trente années de politiques alternatives de gauche et de droite traditionnelle qui n’ont jamais amélioré le sort de l’individu, personne physique, ou de l’entreprise, personne morale, au contraire.

Pour tout observateur un peu honnête, il est flagrant de constater que les élections au premier tour permettent une fois de plus à deux candidats du système politique traditionnel de pouvoir briguer un mandat présidentiel, le pari du changement est loin d’être gagné. Derrière chacun des deux candidats, il y a un système, complexe, huilé, des appareils politiques indémontables, des inerties, un jeu de marionnettes tirées par des ficelles.

Un système politique bipolaire dont l’idéologie, les décisions stratégiques au travers des politiques successives sont indiscutablement à l’origine de la situation d’un pays comme la France, dépouillé de ses forces vives, de ses savoirs-faire, de son industrie, de sa recherche, de ses élans et de ses dynamiques, de ses qualités, de ce qui faisait de lui l’un des leaders mondiaux dans d’innombrables domaines, avec notamment la mise en valeur de “la qualité à la française”, la marque de fabrique du pays France.

Nicolas Sarkozy, non la France n’est plus la cinquième puissance mondiale mais plutôt la sixième depuis 2006 et bientôt la septième voire au delà si l’on en croit la tendance de fond, et il n’y a pas 2 millions de chômeurs en France (nombre d’actifs sans travail), mais probablement près du triple. Ségolène Royal, je ne vous ai pas entendu nous donner les véritables chiffres… ni même au moins votre sentiment.

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont probablement plein de bonnes volontés, sûrs de leur engagement respectif, motivés à atteindre les plus hautes responsabilités, résolus à présider un pays qui nécessite plus que jamais d’être redressé.

Objectivement, et il faut prendre beaucoup de hauteur pour le réaliser en tenant compte d’une multitude de paramètres ayant tous des conséquences les uns avec les autres, les programmes politiques de Royal ou Sarkozy ne permettront pas de sauver le pays, je le dis avec la plus grande gravité.

On pourrait citer d’innombrables raisons pour illustrer mes propos, mais globalement les freins viendront du poids des boulets à traîner, des influences des lobbies, de la puissance des groupes de pression qui gonflent, qui gonflent…

Les principales raisons sont néanmoins connues : les programmes politiques qu’ils représentent ne s’attaquent pas aux causes des problèmes, mais tentent de proposer des rustines qui auront toutes une telle inertie dans leur mise en œuvre que leur productivité sera imperceptible en définitive.

Par ailleurs, aucun des deux programmes ne permet de stabiliser, ou mieux de réduire la dette du pays évaluée à 2500 milliards d’euros (ce qui, je le rappelle, fait 15000 milliards de francs), au contraire ils alourdissent la colossale ardoise française.

D’ailleurs ayons le courage d’affirmer une fois pour toute que cette dette est purement et simplement irremboursable (ne serait-ce que techniquement), ce qui reviendrait à dire que le pays est ruiné, en situation avérée de faillite, auprès de l’ensemble de ses créanciers.

Pour être très concret, ce que les français n’ont probablement pas bien compris (parce qu’on se garde bien de le leur expliquer), mais aussi ce que la quasi majorité des candidats à la présidentielle, et non des moindres puisque les trois principaux ne le soulignent jamais, c’est que sans des mesures immédiates (par immédiates j’entends “à très court terme”, c’est à dire à une échelle de temps qui se mesure en mois et non en années), draconiennes, socialement et économiquement contraignantes, il est vain de croire que non seulement la France pourra investir pour son avenir, et donc se réformer, ni ne pourra être sauvée.

Sauvée de quoi me dira-t-on? Sauvée d’un pourrissement certain, qui la conduira de toute évidence à la formation d’un immense fossé entre quelques très riches, de pouvoir ou d’argent, et une masse incalculable de gens pauvres, et d’entreprises fragilisées. Un amalgame auquel il deviendra toujours plus difficile de se sortir sans drames inévitables.

On peut prendre le risque de tenter une analyse rarement produite ailleurs.

Si l’on considère, à raison, que les thèmes (mais pas forcément les idées) de l’immigration, de la nation, du protectionnisme social ou économique, de la fiscalité optimisée, de la sécurité qui sont généralement associés à ce qu’on appelle “l’extrême-droite nationaliste” (pourtant décriés et inabordables auparavant) ont été purement et simplement extorqués et utilisés au profit du racolage organisé par le PS et l’UMP dans le but de dépouiller son principal promoteur, l’original Jean-Marie Le Pen.

Nous avons tous assisté à ces surprenants pillages, lorsque Ségolène Royal promettait d’offrir des drapeaux français à tous les citoyens, quand elle chantait soudainement la Marseillaise à la fin de ses meetings, quand elle évoque l’encadrement militaire des jeunes délinquants ou encore quand Nicolas Sarkozy déclarait qu’il allait créer un Ministère de l’Immigration, ou quand il affirme que parler de Nation ne doit pas le taxer de nationalisme, n’est-il pas largement inspiré?

On doit donc légitimement penser qu’une partie des voies captées par Royal ou Bayrou sont acquises sur ces idées, et qu’il en est de même à plus forte raison pour Sarkozy également.

Si l’on considère, hypothèse basse mais tellement probable, que sur la base des idées “de leur ligne dure” respective, 10% des gens ont voté pour Royal (soit 2,6% des suffrages nationaux sur les 25,9% réalisés au premier tour), 5% pour Bayrou (soit 0,9% des suffrages nationaux sur les 18,5% réalisés au premier tour) et 15% pour Sarkozy (soit 4,7% des suffrages nationaux sur les 31,2% réalisés au premier tour), et que nous cumulons les scores de Le Pen (10,5%), De Villiers (2,2%), et Schivardi (0,5%) nous avons une idéologie de type “nationaliste” qui avoisine les 21,4 % dans la population.

Il y a donc bien en France, une poussée significative et continue d’une certaine idéologie que j’appelle “nationaliste moderne et progressiste” qui prône un peu plus de fermeté, et la construction d’un nouveau modèle sociétal, à la fois pour la France, mais aussi pour l’Europe, en rupture avec le “système” UMP-PS-UDF.

La nouvelle ligne politique de Jean-Marie Le Pen est donc logiquement la bonne, si l’on considère les thèmes évoqués précédemment, surtout dans ses nouvelles approches sociales et humanistes.

Il est bientôt venu le temps, où les pays du monde réaliseront à quel niveau la France a chuté, et pour le peuple de France je pressens des lendemains qui déchantent.

Qui pouvait prédire que des français issus de l’immigration allaient voter Front National?

La deuxième génération de français issus de l’immigration trouble et perturbe le jeu politique à la veille des Présidentielles. Voilà des individus citoyens légalement français, dont les parents sont originellement maghrébins ou africains et qui vont voter massivement Jean-Marie Le Pen, candidat du Front National.

Un Front National qui semble d’ailleurs épuré, rénové, objectif, autour d’une ligne politique beaucoup plus respectueuse des uns et des autres et où évoluent des idées sociales et économiques innovantes et à priori réalistes, un mouvement politique qui incarne désormais ce que j’appelle le nationalisme moderne, fédérateur.

Un Front National qui se déclare ni de droite ni de gauche, et encore moins d’extrême droite, et qui se positionne “hors système”.

Écoutez les messages et les arguments crédibles d’Ahmed (“La banlieue s’exprime”, labanlieuesexprime.org) ou encore de Farid Smahi (cadre Front National), ils revendiquent clairement leur identité française, leur appartenance à la France, leur Nationalité Française et l’idée qu’ils se font de la France, au point qu’un Gaulois pourrait parler comme eux, eux-mêmes parlent comme des Gaulois. N’est-ce pas suffisamment perturbant pour ne pas qu’on y attache un certain regard ? N’est-ce pas l’idéal absolu en matière d’intégration ?

Ahmed ou Farid représentent des dizaines de milliers de français issus de l’immigration, qui sont plein de bonne volonté, mais écrasés, désabusés et engloutis par un système mal pensé et mal conçu qui laisse définitivement certaines catégories de personnes à l’écart.

Ce sont des français issus de l’immigration qui comprennent que la préférence nationale du programme de Jean-Marie Le Pen les protège vraiment plus qu’il ne les fragilise.

Rappelez-vous qu’il n’y a pas si longtemps, dans les médias les Nationalistes étaient fondamentalement des racistes, alors qu’ils s’épuisaient à nous répéter que non. On nous aurait manipulé et menti à ce sujet ?

Dans les banlieues, on sait comme partout ailleurs que seuls quatre candidats ont une réelle chance de gouverner un pays malade, au bord d’un de ses plus grands drames.

Objectivement, le raisonnement des laissés pour compte est cohérent voire indiscutable, il rejoint celui de nombre d’analystes sérieux et anonymes. Depuis des dizaines d’années, les gouvernements ont accumulé dans des ghettos autour des grandes villes des millions de gens leurrés par des espoirs et des promesses jamais tenues, qui sont globalement exploités et à qui on n’offre rien d’autre qu’une misérable vie d’individus devenus infréquentables.

Le résultat, c’est qu’aujourd’hui, ces millions de gens se voient en plus enfermés dans une sorte de ghetto mental qui se referme sur eux. Aucun de ceux-là ne pourrait renouveler sa confiance ni au PS, ni à l’UMP, ni à l’UDF, pour l’évidente raison que ce sont ces mouvements politiques qui sont à l’origine de leur misérable existence, ce qui curieusement n’empêche pas leurs dirigeants respectifs d’assurer que le mal est du côté du Front National et de son mentor Jean-Marie Le Pen.

Une seule chose est certaine, l’orientation politique des banlieues est stratégique, compte tenu du poids qu’elles représentent.

L’idéologie a évolué, et désormais il va falloir compter sur l’engagement républicain de millions de gens qu’on n’attendait pas là, dans toutes les banlieues de France.

Les gens sentent ou savent qu’on leur ment, que les promesses servent à les endormir.

Dans les banlieues, les gens ont peut-être cette qualité instinctive qui les démarquent des autres français, ils seront les premiers à avoir le courage d’aller au bout de la démarche, une démarche qui consiste à donner sa chance à un homme de valeurs et de convictions, qui aura donné sa vie au combat politique malgré les innombrables difficultés pour la sauvegarde d’une certaine France, qualitative, libre, juste, respectueuse, humaine et humaniste, centrale dans le monde, à l’intérieur d’une autre Europe qui s’alignerait sur les mêmes valeurs.

D’une certaine manière, le combat de Jean-Marie Le Pen a fini par croiser celui des populations des banlieues. Leur rencontre même si elle apparaissait comme improbable, devient légitime et se renforce.

La nouveauté c’est qu’ils dialoguent, ils se surprennent à se comprendre et découvrent qu’ils ne sont pas ni opposés, ni ennemis … au contraire.

Le vote électronique débarque en cachette pour les présidentielles

Le 22 avril 2007, près d’un million de concitoyens vont être obligés d’utiliser une « machine à voter électronique » pour choisir leur Président de la République, c’est une première en France.

Des informaticiens se regroupent pour crier garde : « le vote électronique est potentiellement une énorme arnaque » car selon eux, le risque de fraude est ahurissant, sans que personne ne puisse ni s’en rendre compte ni rien vérifier.

Outre la possibilité de « pirater » ou « trafiquer » le système et les résultats, le contrôle par les citoyens pendant ou après les votes est strictement impossible, à plus forte raison pour des non-initiés.

J’avais déjà mis en garde par le passé tous ceux qui voulaient bien m’entendre à ce sujet en leur expliquant comment on pourrait très facilement envisager la « manipulation » des votes sur une machine à voter électronique, ayant moi même une longue expérience informatique et une vision éclairée sur la question des risques informatiques et de la sécurité informatique.

Un informaticien hollandais (qui est également hacker politiquement engagé à ses heures perdues) a démontré que la machine à voter électronique de la même marque que celle qui sera utilisée en France (homologuée par le Ministère de l’Intérieur) est facilement piratable.

C’est dramatique de s’en rendre compte à deux mois des élections, d’autant que le déploiement des machines à voter électronique en France est silencieux et se généralise, sans la moindre réflexion de fond.

Qui osera parler de décroissance?

Les Présidentielles de 2007 en France semblent revêtir une importance particulière, comparativement aux précédentes. On a le sentiment que le choix est crucial pour l’avenir du pays et de son peuple. Sans parler du rayonnement qu’il aura pour l’avenir de toute la construction européenne.

Les gens ont bien compris ce qui se joue cette fois, et pour certains, il n’est plus question de se tromper. Globalement, l’idée est de donner une nouvelle orientation politique stratégique pour la France, et par là même aussi pour l’Europe, qui n’a jamais réellement su convaincre. Certains observateurs soulignent que jamais, depuis plus de 40 ans, les élections présidentielles françaises n’auront été plus décisives.

Les candidats sont nombreux au delà des ténors Sarkozy, Royal, Le Pen et nouvellement Bayrou, on compte déjà une vingtaine de prétendants.

Tous abordent les mêmes thématiques avec leurs solutions, sans craindre d’être démagogues, parfois aveuglés par des visions trop larges (ou trop étroites), généralement toujours assez éloignées des réalités de terrain.

On entendra donc forcément parler d’économie, de fiscalité, d’emploi, de pouvoir d’achat, de santé, d’éducation, de sécurité, et aussi d’écologie, le véritable dernier sujet à la mode.

Les français qui aspirent à un profond changement dans leur vie quotidienne, peut-être même à un bouleversement radical du paysage politique, ont bien intégré les thèmes récurrents, ils ont également bien observé l’évolution de leur pays et de leur mode de vie depuis 30 ans, ils savent désormais que rien ne changera ni avec une politique de gauche traditionnelle, ni avec une politique de droite traditionnelle.

Jusqu’à preuve du contraire, la tendance lourde est quand même la rupture de confiance qui existe entre le peuple et les hommes politiques professionnels.

Tout le monde a bien compris que même s’il s’agit d’élections nationales qui portent à priori sur des questions nationales, un certain nombre de sujets incontournables et stratégiques ne pourront pas être éludés tels que les conséquences du réchauffement climatique, les problèmes de terrorisme international, les problèmes du Proche-Orient ou du Moyen-Orient, les interrogations sur les ressources énergétiques épuisables, l’avenir du développement durable, la gestion et le contrôle de l’immigration, les projets de co-développement, notre relation avec les pays à bas coûts de main d’œuvre ou à coûts de fabrication inéquitables, etc.

Alors vers qui faut-il se tourner? Les altermondialistes jugés trop “gauchistes” ou “idéalistes”? Les centristes jugés trop “mous”? Les libéraux jugés trop “outrageusement capitalistes”? Les nationalistes taxés de faire trop de … “nationalisme”?

Si les dés ne sont pas pipés (et si nous échappons à un déni de démocratie), les français se tourneront probablement cette fois vers l’homme qui incarne la vision la plus juste et la plus cohérente pour les intérêts du peuple en particulier et du pays en général.

Mais de quoi est-il question pour l’avenir de la France? Qu’est-ce qui fait que ces élections semblent si importantes?

Je pense avoir une réponse. Je crois que les français sont des gens particulièrement intelligents, objectifs, sensibles et émotifs, des gens qui ressentent les choses, peut-être même des gens qui pressentent parfaitement les choses, intuitivement. Ces facultés individuelles ou communautaires sont probablement liées à l’expérience et à l’immense patrimoine moral de ce grand pays.

Vous remarquerez que je ne parle pas de patriotisme ou d’un quelconque attachement, mais plus d’une capacité intrinsèque “à se faire sa propre idée par soi même avant que d’autres ne pensent pour vous”. D’ailleurs, l’Histoire me donne raison, il n’y a qu’à relever tous les événements où la France aura joué un rôle majeur, soit par l’anticipation, soit par l’initiative, soit par l’adaptation. La France n’est pas un pays comme les autres, elle l’a si souvent prouvé.

Je crois que les français sont intimement convaincus qu’il n’est plus possible de continuer à avancer dans des directions qui découlent de décisions qui leurs sont imposées et qu’ils jugent comme n’étant pas du tout les bonnes (pour eux, mais aussi pour les autres).

Je crois même, de façon volontairement imagée, que les français perçoivent nettement qu’un énorme mur très épais nous attend à une échéance qu’ils estiment n’être pas si éloignée que cela. Ce n’est pas être déclinologue que d’observer cela, c’est avoir du bon sens, un bon sens critique.

C’est pour toutes ces raisons que bien souvent de nombreux pays, ou de nombreux peuples dans le monde se tournent vers la France pour écouter son message, ou seulement l’entendre. La crédibilité de la France est certaine, ses valeurs et son expertise sont sûres.

Par ailleurs, les français réagissent comme ils peuvent, chacun à son niveau et avec ses capacités, à toutes les incohérences du système local et/ou global dans lequel ils vivent.

Mais quel est ce système? N’est-ce pas tout simplement ce qui apparaît comme un insupportable système économique mondialisé qui impose toujours plus de croissance, en consommant toujours plus de ressources, dans un productivisme qui semble illimité, et qui écrase l’individu en le pressurant?

Les français ont un problème avec la mondialisation de l’économie. Le modèle français, qualitatif et respectueux, presque naïf, apparaît comme parfaitement incompatible avec la mondialisation.

Les français semblent donc objectivement conscients des enjeux qui se profilent, des problématiques globales, et de ce qui est juste ou ne l’est pas, du point de vue des valeurs humaines, et du respect environnemental, même s’ils ne disposent pas de tous les détails, ils ont une perception intime qui leur est propre.

Comment parfaire le modèle français, dans le modèle européen, dans le modèle global, sans qu’il y ait un évident impact négatif sur la vie quotidienne de chaque individu, si l’on tient compte de ce que sont réellement l’hyper-capitalisme et la mondialisation, et leurs conséquences?

Je me permets de rappeler les propos de Kenneth Boulding : “Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un économiste.”

Également ceux de Bruno Clémentin et Vincent Cheynet : “Nul n’a besoin d’être économiste pour comprendre qu’un individu, ou une collectivité, tirant la majeure partie de ses ressources de son capital, et non de ses revenus, est destiné à la faillite. Tel est pourtant bien le cas des sociétés occidentales, puisqu’elles puisent dans les ressources naturelles de la planète, un patrimoine commun, sans tenir compte du temps nécessaire à leur renouvellement. Non content de piller ce capital, notre modèle économique, fondé sur la croissance, induit en plus une augmentation constante de ces prélèvements.”

Pour ma part, je suis convaincu qu’il sera bientôt question de ce qu’on appelle la “décroissance soutenable”, et que ce concept politique, économique et social va se généraliser.

La décroissance ne propose pas de vivre moins bien, mais mieux avec moins de biens et plus de liens.

Je préconise à chacun d’entre nous de s’habituer progressivement au concept de décroissance, et de soutenir le candidat présidentiable le plus pragmatique, qui aura la vision la plus réaliste et la plus honnête de la situation dans laquelle nous sommes, et qui propose le programme le plus cohérent, le plus sobre et le plus sécurisant pour notre pays et pour son peuple, de sorte que nous puissions être préparés à l’avenir le plus sereinement possible.

On n’est pas prêt d’arrêter d’entendre parler de décroissance.

Faut-il quitter la France?

On ne sait pas précisément combien de français quittent chaque année le pays pour s’expatrier, on n’en connaît même pas toujours exactement les raisons, mais ce dont on est absolument certain c’est qu’ils sont de plus en plus nombreux et que cela concerne désormais toutes les catégories de personnes, dans tous les milieux.

Le Ministère des Finances annonce un chiffre de 300 contribuables “très fortunés” qui s’exhilent ainsi chaque année pour raisons fiscales, mais il est fort probable que le nombre total de candidats au départ, quelque soit leur niveau de richesse et leurs motivations, dépasse largement plusieurs dizaines de milliers d’expatriés annuellement. D’après tous les observateurs, la tendance n’est ni à la stabilisation ni à la baisse. Au contraire.

Le problème nécessite d’être pris très sérieux, et nul ne sait réellement l’impact qu’il peut avoir sur la société française, encore moins sur l’économie française.

Ceux qui partent sont généralement des forces vives, des individus potentiellement proactifs, des investisseurs, des entrepreneurs, des ingénieurs, des scientifiques, des étudiants de haut niveau, des chercheurs, des cadres dirigeants, des cadres supérieurs, des créatifs, des inventeurs, des visionnaires. La nouveauté, c’est qu’ils ne sont plus seulement issus de la “matière grise”, de plus en plus de “travailleurs”, des gens dynamiques et actifs qui n’ont pas forcément fait de longues études, trouvent des opportunités ailleurs. Tous ces gens sont simplement déçus par la “décroissance” de la France, et décident de partir chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas dans leur pays.

Gardons bien à l’esprit que le modèle français est considéré partout à l’extérieur comme très qualitatif, il est perçu comme un système sans faille, parfait, idéal, envié même, où tout le monde semble y vivre heureux dans le meilleur environnement possible, bref une idée vieille de 30 ans.

Par conséquent, le français sera toujours accueilli de la meilleure manière qui soit partout ailleurs, le capital sympathie est tellement important, qu’on ne voit plus très bien où sont les freins au départ.

Quand on regarde les choses en face, ou de l’intérieur, on est bien obligé de constater qu’il y a un écart absolument énorme entre ce que le pays est censé être, et ce qu’il est vraiment, ou encore ce qu’il est censé apporter, et ce qu’il apporte vraiment. Pendant longtemps, cet écart pouvait être supporté, mais à force de se creuser davantage, il est devenu suffisamment inacceptable pour déclencher chez certains l’impulsion du projet de départ.

On ne peut pas reprocher le manque d’objectivité de ceux qui quittent le navire avant qu’il ne sombre. On ne peut pas non plus critiquer leur manque de patriotisme, ou d’honneur. Dans un monde global, où l’individualisme est un mode de vie largement répandu et même plébiscité, il n’est pas anormal de penser qu’on puisse trouver mieux ailleurs, surtout quand cela devient criant de vérité, et qu’il suffit de voyager un peu (réellement, ou simplement sur l’internet) pour s’en rendre compte.

La France donne des signes incontestables de déchéance. Le pays est “techniquement” en situation de faillite, et le terme n’est pas exagéré. Faillite économique et financière, d’abord, et faillite sociale ensuite. Dans tous les domaines, il est devenu très difficile de trouver des raisons valables pour rester vivre en France. Tous les indicateurs sont dans le rouge. Certains affirment même que dans bien des cas, il n’est plus possible de faire machine arrière sans une rupture brutale, et forcément toujours dramatique.

On pourrait évoquer quelques domaines où le malaise est fortement présent.

Le système éducatif français n’est plus à la hauteur,il est complètement à la dérive, à tous les niveaux. Le corps enseignant est démobilisé et rendu inefficace, les infrastructures sont inadaptées, les résultats sont catastrophiques. Quand le Ministère de l’Éducation annonce 82% de réussite au baccalauréat, les professeurs eux affirment qu’on ne dépasserait pas 30 ou 40% si l’on appliquait les mêmes règles qu’il y a 10 ans. Nos universités sont des dortoirs à étudiants qui n’ont aucune vocation à y être. Pour bénéficier d’un environnement éducatif un peu meilleur, il faut pouvoir intégrer des établissement privés, qui ne sont donc pas à la portée de toutes les bourses.

Les nouvelles générations de français sont des individus formatés pour être systématiquement et lourdement assistés, qui n’ont aucun goût au travail ou à l’action proactive. Des idées simples, telles que “l’effort amène la récompense”, “le travail est un mal nécessaire” ou “la réjouissance passe par le travail” ont disparu de leur système de pensée.

La France disposerait à priori d’un bon réseau de santé et offre une bonne couverture sociale. Malheureusement, l’accueil qu’on nous réserve dans les hôpitaux se dégrade. Le niveau des équipements et des technologies n’est plus pertinent. On ne peut pas facilement être pris en charge dans des unités spécialisées pour bénéficier des meilleurs soins, on entend même ici ou là que pour se faire opérer par un spécialiste, il faut pouvoir payer des honoraires supplémentaires… plus ou moins discrétionnaires.

On ne cesse de le répéter, la France est championne du monde avec la fiscalité la plus lourde, mais aussi la plus injuste. Cette seule raison pourrait suffire à tous nous faire fuir, parce que partout ailleurs la charge qui pèse sur le fruit de notre travail serait inférieure.

Dans le domaine de l’entreprise, créer une société ou se “mettre à son compte” implique désormais des risques qui peuvent rapidement s’avérer insurmontables, les gens sont découragés lorsqu’ils observent l’expérience de ceux qui s’y sont essayés. Les “mauvaises surprises” s’accumulent quotidiennement, sans compter la dégradation de l’image du “patron” dans le pays. L’entrepreneur devrait être valorisé avec la plus haute distinction, puisqu’il est l’unique maillon de la chaîne économique qui est à l’origine de la création des richesses, et qui œuvre surtout pour les autres en définitive.

La France offre une grande liberté de façade, mais en réalité la complexité de ses règles, et la multiplicité des associations dont le but est d’augmenter les droits de certains en diminuant ceux des autres font qu’il devient de plus en plus difficile d’évoluer librement, ou d’entreprendre librement.

En France, la justice est à deux vitesses, voir à trois vitesses (on observe un traitement différent pour les riches, pour les pauvres, et pour les affaires médiatisées). Quand on interroge les français au sujet de la Justice, ils sont 75% à penser que la justice est injuste dans leur pays.

On pourrait passer des heures à lister tous les problèmes qui s’accumulent en France, on pourrait parler du pouvoir d’achat qui baisse du fait de l’augmentation des prix, de l’impact de l’euro, de l’augmentation des charges directes et indirectes inévitables sur les individus, de la situation des entreprises qui étouffent et se retrouvent souvent au bord du gouffre, et de tout ce qui est soutenu artificiellement, on pourrait encore parler d’injustice, de criminalité en hausse, d’insécurité, et de la dégradation de la qualité de vie en général.

Certains se demandent s’il ne faudrait pas tout recommencer à zéro, en mettant tout à plat une fois pour toute, en tapant du point sur la table. Politiquement, le pays ne devrait-il pas être dirigé par un “dictateur visionnaire et sage” plutôt que par des alternatives de droite et de gauche qui l’ont mené où il est aujourd’hui, et qui continueront dans une voie similaire, probablement dans un cadre démocratique qui n’en porte plus que le nom?

Pourquoi reste-t-on en France aujourd’hui? Pour une majorité d’entre nous, il est encore difficile d’admettre qu’on puisse laisser derrière soi l’endroit où on a toujours vécu, son travail, sa famille, sa maison, ses projets, … son pays, ne serait-ce que par principe. Le véritable frein aujourd’hui, ce n’est pas le patriotisme, mais plutôt un facteur psychologique lié à la peur de l’inconnu, qui s’estompe néanmoins.

Par ailleurs, je ne suis pas persuadé que ceux qui quittent la France le font exclusivement pour des questions financières, la majorité des expatriés que je rencontre partout dans le monde (en Amérique du Nord, en Asie, au Moyen-Orient ou un peu partout en Europe) assurent qu’ils ont surtout cherché une meilleure qualité de vie, plus de tranquillité, plus de liberté, moins de criminalité, plus de visibilité à long terme, plus de sécurité, moins de pressions diverses, plus de joie de vivre. L’argent vient souvent après toutes ces considérations naturelles et humaines.

Un autre élément troublant est que la plupart de ces gens qui partent ne souhaitent pas revenir en France si la situation s’améliorait, certains assurent même qu’ils ne reviendraient pour rien au monde.

J’ai bien peur que par la force des choses, de plus en plus de gens vont trouver évident de quitter la France pour trouver mieux ailleurs, ils découvrent que ce projet personnel est finalement assez réaliste et plutôt facile à faire aboutir.

Nous sommes à un seuil où les français les plus actifs vivant seuls, et ils sont nombreux, n’auront plus aucun complexe à quitter la France, et pourquoi pas l’Europe. Ce mécanisme me paraît inéluctable et hautement dangereux, et je ne vois pas bien ce qui pourrait le limiter ou l’inverser, il résulte naturellement d’une politique nationale et européenne déplorable dans bien des domaines.

Qu’est-ce qui peut sauver la France?

Au quatrième trimestre 2006, la France continue de sombrer dans un profond marasme, l’économie va mal, le moral des gens est en dessous de tout, et les perspectives sont dans le même ordre d’idée.

D’un autre côté on a un gouvernement qui nous assure que les indicateurs économiques sont « toujours meilleurs », que « le pouvoir d’achat des français augmente » et mieux encore « le chômage baisse ».

C’est du pipo! Les indicateurs économiques qui vont bien, s’il y en a, sont ceux qui reflètent une image globale tenant compte de « paramètres supérieurs globaux », en aucun cas les « indicateurs économiques précis et individuels », c’est à dire les paramètres de l’individu, ou ceux de l’entreprise à taille humaine, voire même des PME, qui forment je le rappelle l’immense majorité du tissu économique. Rappelez-vous que l’INSEE a publié un communiqué dernièrement à propos d’une « croissance de 0,0 % » en France. Savez-vous ce qu’est un pays qui ne croît pas? C’est un pays qui régresse, et avez-vous une idée de ce qu’est la réalité du chiffre lorsque l’INSEE annonce officiellement 0 % de croissance? C’est une décroissance, donc une valeur inférieure à zéro, probablement importante, qui a toujours des conséquences incalculables. Le pouvoir d’achat des français augmente? L’avez-vous constaté? Avez-vous constaté cela chez vos amis ou voisins, avez-vous entendu parler de gens qui assurent que leur pouvoir d’achat a augmenté dernièrement? Si vous êtes commerçant, avez-vous constaté que vos clients consomment plus, et que vous avez plus de clients? Le fabricant de voitures Renault a annoncé une baisse absolument considérable de ses ventes entre novembre 2005 et novembre 2006 évaluée à – 33%, vous avez bien lu, 33% de ventes en moins en une seule année! On nous dit que le chômage baisse, effectivement le chiffre officiel baisse, on est passé d’un peu plus de 10% à un peu moins de 9% en quelques mois, dans la pire période économique française depuis la dernière Guerre Mondiale, sûrement pas parce que la France a fabriqué des centaines de milliers d’emplois, mais plus probablement parce que le gouvernement a modifié les règles de calcul des inscrits à l’ANPE, et qu’il ne comptabilise plus les chômeurs en fin de droits, qui sont automatiquement supprimés des listes. Ne sont pas comptabilisés non plus tous ceux et celles qui « chôment » mais qui ne sont pas inscrits à l’ANPE.

De mon point de vue (et de l’avis de nombre de spécialistes et d’analystes qui travaillent dans l’ombre et qui ne sont jamais publiés), la situation de la France est plutôt proche d’une décroissance économique d’environ – 3%, peut-être plus profonde encore, d’une perte du pouvoir d’achat de 2 à 6% par an, et probablement de l’ordre de – 20% depuis l’arrivée de l’euro et plus spécifiquement depuis la fin du double affichage euro/franc, et d’un chômage situé autour de 14% à 18% si l’on tient compte des « actifs » qui « chôment » (individus en capacité de travailler mais qui ne travaillent pas, et qui sont néanmoins rémunérés par la société).

On va sûrement me reprocher mon incapacité à démontrer ces chiffres (ils sont invérifiables puisque non officiels et non publiés, mais peuvent être évalués ou recoupés avec beaucoup d’observation), ou on va me traiter de déclinologue, ou de démagogue. Peu importe, observez le pays en profondeur, analysez les situations individuelles, prenez la température, tenez compte de l’ampleur des problèmes, considérez un maximum de paramètres et vous n’arriverez peut-être pas à mes extrémités, mais vous ne trouverez pas non plus d’augmentation du pouvoir d’achat (qui signifie pour moi l’augmentation de la capacité individuelle à dépenser l’argent qu’il nous reste après avoir payé nos charges et nos taxes directes et indirectes), les revenus n’augmentent absolument pas plus vite que le coût de la vie. Vous ne trouverez pas non plus que le pays est économiquement plus sain et plus vigoureux et que les perspectives sont réjouissantes, et vous ne trouverez pas non plus que le chômage a baissé, dans le sens où il y aurait de plus en plus d’actifs qui auraient miraculeusement trouvé un travail alors qu’ils étaient au chômage préalablement.

La France va donc probablement bien plus mal qu’on nous laisse l’imaginer, et je suis convaincu que tout le monde s’en rend compte au quotidien. C’est un fait désormais, et il perdure depuis plusieurs années. On ne pourra pas tenir encore cinq ans à ce rythme.

Très bien, alors quelles sont les solutions qu’on nous propose? Cinq ans avec Ségolène Royal, ou cinq ans avec Nicolas Sarkozy, et ces deux solutions nous sont canardées à longueur de journée par absolument tous les médias, aucune autre hypothèse n’existe… officiellement.

Je suis convaincu que Sarkozy et Royal sont plein de bonne volonté pour la France, mais à mon avis, aucun des deux n’a le projet ni les idées qui vont suffisamment loin pour « sauver » la France et les français de la catastrophe et du drame qui les attend à une brève échéance.

Voici une liste de mesures concrètes qu’il faudrait à mon humble avis prendre dans l’urgence, c’est à dire au pire dans les mois qui suivent l’élection d’un nouveau Président, pour tenter d’infléchir la situation de la France et des français avec des résultats mesurables.

Domaine de l’éducation. Rétablissement de l’autorité au sein des établissements scolaires publics et privés, les professeurs et d’une manière générale tous ceux qui représentent l’Éducation Nationale devront être considérés à leur juste valeur et à leur juste place. Le système éducatif devra être inébranlable, respecté, et son autorité ne pourra pas être facilement contestée, ni par les élèves, ni par leurs parents. Ne seront par exemple plus admis dans les établissements scolaires tous individus dont le comportement social ne sera pas en adéquation avec ce qui aura été considéré comme acceptable.

Domaine de la sécurité. Mise en place de « centres de redressement fermés » à la destination des délinquants mineurs et majeurs, dans lesquels ils seraient recadrés de la manière la plus ferme qui soit, avec l’aide d’éducateurs spécialisés en nombre suffisants et de l’autorité pénitentiaire, voire de l’armée pour les individus les plus difficiles. Tolérance zéro pour un très grand nombre de délits. Dans ces centres seront notamment éduqués tous les jeunes difficiles qui ne pourraient pas suivre un enseignement traditionnel dans les établissements scolaires classiques et ouverts.

Domaine de l’immigration. La France pourrait accueillir sur ses terres tous ceux et celles motivés à l’idée de devenir français et d’adopter le modèle français (en se pliant à ses règles et à ses contraintes), et plus largement l’adoption au modèle européen, mais arriver en France illégalement ne pourra jamais permettre d’obtenir le droit d’être français. Acquérir la nationalité française devra se mériter dans les faits, une période de 2 à 5 années valant mise à l’épreuve sera indispensable, et des entretiens réguliers avec les services de l’immigration seront indispensables (ne serait-ce que pour valider que l’immigré a acquis la langue française et que son intégration est cautionnée par des faits concrets, comme avoir trouvé un travail par exemple et être financièrement autonome). Un étranger qui souhaite s’installer en France ne pourra jamais obtenir la nationalité française s’il aura commis des crimes ou délits pendant la période d’observation, de même il pourra perdre sa nationalité française dans les années qui suivent l’obtention de sa nationalité française s’il aura commis des crimes ou délits. La France ne pourra pas maintenir sur ses terres ni financer les immigrés illégaux, ni les immigrés qui ne justifient pas d’un travail régulier, ni et surtout ceux qui auront commis des crimes ou délits. Les droits acquis par ces immigrés devront être annulés, voir remboursés aux institutions françaises, et ils devront être renvoyés dans leur pays d’origine, si besoin par la force. Au contraire, tous les immigrés légalement entrés dans le pays et qui montrent leur intérêt pour la France et son modèle social, culturel et économique seront considérés au plus haut niveau, respectés, plébiscités et aidés.

Domaine judiciaire. Renforcement des infrastructures, dématérialisation des procédures, renforcement très important des moyens humains. L’objectif étant d’adapter en permanence les tribunaux avec le nombre d’affaires à traiter pour que la Justice soit indiscutablement rendue dans un temps acceptable et de la manière la plus humaine possible.

Domaine militaire. Augmentation de l’implication militaire au niveau européen, accélération du processus de création d’une armée unifiée européenne, et parallèlement augmentation de la recherche militaire française, dans le but de la moderniser et d’en tirer des applications civiles quand c’est possible. Augmentation de la force militaire française, pour la maintenir à un haut niveau mondial en permanence, mais aussi pour protéger les intérêts français sur son territoire ou partout où cela serait nécessaire.

Domaine de la santé. Renforcement des infrastructures, modernisation permanente des hôpitaux, renforcement des moyens humains pour les ramener aux besoins réels sur le terrain, gratuité des prises en charge pour les français qui cotisent aux caisses d’assurance-maladie.

Domaine de l’écologie. Défiscalisation totale et contrôlée de tous les programmes écologiques ou d’une manière générale de tout ce qui aura pour but de préserver l’environnement ou d’améliorer les gains énergétiques ou environnementaux. Au delà de la défiscalisation de tels programmes, la France devra améliorer le déploiement de toutes les technologies qui apportent un avantage écologique chez les particuliers ou dans les entreprises (crédit gratuit en cas d’acquisition d’équipements écologiques, panneaux solaires à prix coûtant, financement de la recherche à 100%, priorisation des investissements écologiques, etc.). Les avantages devront être perceptibles pour chacun entre le choix écologique ou le choix qui ne l’est pas, et l’écart entre les deux devra être significatif.

Domaine de l’énergie. La France devra nettement améliorer ses programmes de recherche dans le domaine des économies d’énergie et des nouvelles technologies permettant l’innovation en matière d’énergie, notamment concernant l’énergie renouvelable et les énergies nouvelles.

Domaine du développement durable. La France devra être un leader international dans le domaine de l’accompagnement du développement à l’extérieur. Elle devra trouver les moyens de former et d’équiper tous les pays demandeurs d’une mise à niveau dans quelque domaine que ce soit (notamment en Afrique), et elle devra vendre ses services et ses hommes « à coût réel », sans motivation économique ou en prévision de générer des gains immédiats, les programmes seront d’autant mieux acceptés par les pays destinataires parce qu’ils seront justes. Le développement durable est le meilleur moyen à la fois de créer une quantité très importante d’emplois pour des français à l’étranger, de rayonner au niveau international avec la marque de la France et ce qui fait sa réputation traditionnelle de qualité et d’humanité, et de résoudre une grande partie du problème des flux migratoires. Sans compter également qu’il est plus que nécessaire d’apporter à l’extérieur le savoir faire français, ce qui n’implique pas d’en dévoiler les secrets, réduisant ainsi les fractures nombreuses entre les pays du nord et les pays du sud et équilibrant mieux le monde.

Domaine social. Diminution sensible des aides à ceux qui sont en capacité de travailler, mais qui refusent les emplois qui leurs sont proposés en dernier recours. Nous pourrions par exemple considérer qu’un salarié qui vient de perdre son travail bénéficiera d’une indemnisation ASSEDIC pendant 6 mois à condition qu’il prouve qu’il cherche activement du travail (augmentation des contrôles également pour éviter les abus), puis l’ANPE lui propose des emplois avec ou sans formation, qu’il pourra ne pas accepter sauf au delà de 6 mois, après quoi il devra accepter un ultime emploi (pas forcément celui dont il avait rêvé, mais qui lui permettra de maintenir son activité dans le monde professionnel et surtout ne plus être une charge pour la société), l’individu continuera à bénéficier d’un accompagnement en quête d’un emploi plus adapté s’il le souhaite, l’employeur est informé, le salarié sait qu’il peut évoluer et que c’est une question de temps et d’énergie qu’il consacre à cela. Les économies réalisées par ces simples mesures de bon sens, et qui ne sont pas injustes, seront suffisantes pour stimuler les entreprises dont les charges sur les salaires baisseront nettement, et les salariés qui bénéficieront de revenus redimensionnés.

Domaine de la recherche. Capitalisation maximale de la France dans les programmes de recherche fondamentale, et amélioration de la condition de chercheur. La France devra absolument aider ses chercheurs et les amener à aboutir à des réalisations pratiques et économiques quand c’est possible, dans l’intérêt des français, puis plus largement.

Domaine économique général. Rétablissement du double affichage des prix entre euro et franc pendant plusieurs années (10 ans par exemple ou sur une génération) pour adoucir la transition et permettre la comparaison permanente sur les prix et identifier les abus, les gens ayant massivement gardé les notions de prix en francs, beaucoup raisonnent encore en francs systématiquement, c’est d’ailleurs grâce à ce raisonnement qu’il a été possible de constater les abus avec l’arrivée de l’euro (une bouteille de jus de fruits vendue 10 francs dans un distributeur est désormais facturée 2 euros, soit près de 30% plus cher).

Domaine économique international. Les importations de marchandises pouvant être fabriquées ou produites en France, et qui seraient acquises auprès de pays où les règles sociales et économiques seraient inégales (Asie, Afrique, Inde, Amérique du Sud, ou Europe de l’Est, etc.) seront taxées à l’entrée dans un but dissuasif et d’équité. La taxe pourra partiellement être portée au crédit du pays exportateur qui devra alors s’engager à l’utiliser pour acquérir des produits français à l’exportation.

Domaine fiscal. Réduction importante et immédiate des impôts sur les revenus des classes moyennes et hautes, car on sait que ce sont ces gens qui investissent le plus et qui créent le plus de richesses partagées même indirectement, dans un mécanisme économique classique. On ne peut plus prélever jusqu’à 75% de taxes directes et indirectes sur un revenu pour financer tout et n’importe quoi. L’argent acquis dignement ne doit pas être ponctionné massivement et arbitrairement par l’État, sans quoi les gens les plus créateurs de richesses pour le pays quittent la France vers des pays fiscalement plus avantageux, et ils auraient raison puisque nous sommes dans un « monde global ». La fiscalité des entreprises doit également être assouplie, il n’est plus possible de ponctionner arbitrairement un tiers des gains d’une entreprise, qui représente le fruit du travail de l’entrepreneur qui supporte tous les risques.

Domaine de l’emploi. Libéralisation sur le principe du volontariat. Ceux qui veulent travailler plus, gagnent plus d’argent, ceux qui veulent travailler moins gagnent moins d’argent. Ceux qui travaillent longtemps sont plus méritants que ceux qui travaillent moins longtemps, de même que ceux qui ont un travail plus dur sont plus méritants que ceux qui ont un travail plus facile. Ceux qui veulent travailler le dimanche doivent pouvoir travailler le dimanche. Création d’un contrat d’embauche unique et non contraignant, et pour le salarié, et pour l’employeur. Réorganisation des syndicats. La liberté doit être au centre des débats dans ce domaine.

Domaine de l’entreprise. Les énergies créatives doivent être libérées, assouplissement des conditions de création d’une entreprise, amélioration des conditions d’accès au financement bancaire. Diminution radicale des charges pesant sur les salariés des entreprises (baisse de l’ordre de 50% au moins, car une mesure qui baisserait les charges de 5 ou 10% ne serait absolument pas décisive et n’aurait pas un impact significatif) ou distribution intégrale du salaire charges comprises au salarié (avec prélèvement des impôts à la source, comme au Luxembourg par exemple), en lui laissant le soin de choisir son mode de couverture sociale et de cotisations pour sa retraite auprès d’organismes privés, qu’il reste à créer.

Voilà en résumé ce qui peut sauver la France. Et la liste n’est pas exhaustive.

Maintenant reste à savoir qui peut mettre en œuvre tout ce qui vient d’être évoqué?

Face aux violences urbaines, faut-il créer des centres de redressement fermés?

Depuis quelques mois, et contrairement aux assurances gouvernementales, la violence urbaine augmente et progresse fortement dans les zones sensibles en France, et notamment dans les banlieues autour de Paris. On ne peut pas parler de simples groupes de jeunes isolés qui défient les forces de l’ordre, la réalité est bien différente et les choses prennent une nouvelle tournure qui ne rassure personne.

On assiste désormais à de véritables guet-apens organisés qui plongent les forces de l’ordre dans une réelle inquiétude. Les syndicats de police alarment les institutions publiques, et demandent plus de moyens matériels et surtout plus d’hommes sur le terrain. Ils insistent surtout sur l’urgence et supplient la Justice de répondre concrètement aux interpellations et de travailler main dans la main avec la Police. Seront-ils entendus assez tôt avant que de nouveaux drames sérieux surviennent?

Des groupes d’individus ultraviolents et très mobiles prennent la police pour cible lors d’opérations sournoises qui sont forcément un minimum planifiées et organisées sur le plan tactique et stratégique.

Que penser d’une action qui consiste à appeler Police Secours pour déclarer un faux vol à la roulotte, puis une fois que le véhicule de la Brigade Anti-Criminalité arrive sur les lieux, le bloquer par une voiture sans conducteur devant, puis par une deuxième derrière pour l’empêcher d’évoluer, pour enfin affronter directement les trois policiers armés qui sont à l’intérieur à plus de trente individus violents et armés de pierres de ballast et de battes de base-ball?

Il a fallu que les policiers utilisent leur arme de service pour pouvoir se dépêtrer au fond d’une impasse, en même temps que des renforts arrivaient sans quoi un lynchage était inévitable. L’un des policier a été sérieusement blessé au visage.

Peut-on imaginer une seconde ce que sont des agents de police de la BAC qui interviennent dans les zones sensibles? Ces agents sont connus pour être parmi les meilleurs éléments, ce sont des professionnels aguerris qui sont habitués à la violence directe, qui savent se battre et qui savent répondre à toute sorte d’agressions. Les jeunes qui s’attaquent à ces professionnels savent qu’ils s’en prennent aux meilleurs, pourtant ils n’hésitent pas à chercher l’affrontement et à chercher à les piéger par surprise.

Élaborer une opération criminelle contre des éléments de la BAC qui représente le dernier rempart républicain nécessite une bonne préparation et une idée précise de ce qu’on cherche à faire, et surtout un certain esprit « va-t-en-guerre ».

C’est précisément ce que j’appelle du terrorisme urbain.

Des individus, jeunes, souvent mineurs, qui raisonnent et agissent comme leurs homologues jeunes adultes qui les émulent, instaurent et alimentent un climat de terreur sur leur territoire, dans leur milieu urbain (dans leur quartier, mais aussi là où il se rendent en groupe sur d’autres territoires, y compris dans les moyens de transport) et plus généralement partout où la sécurité est fragile.

En 2005, la France a connu les plus importantes violences urbaines de toute son histoire contemporaine. Des dizaines de milliers de véhicules ont été brûlés faisant un nombre encore plus important de victimes dépitées qui souffrent en silence. Rares sont les pays civilisés qui aient eu à connaître de pareilles violences généralisées.

En octobre 2006, moins d’un an plus tard, on assiste à de nouveaux événements inédits et à mon avis encore plus inquiétants. Des groupes de jeunes encagoulés, armes au poing, prennent d’assaut des bus de transport public bondés en plein jour, évacuent les clients à l’arrache, et y mettent le feu après avoir imbibé le véhicule d’essence. En quelques jours, ce sont plusieurs bus qui sont la cible de telles actions violentes un peu partout en région parisienne. Je suis presque certain que le phénomène va aller en augmentation.

Brûler des voitures la nuit est une chose, s’en prendre aux transports en commun en plein jour avec une telle violence est une toute autre chose. La stratégie de terreur est la même, mais les conséquences sont bien plus importantes socialement et surtout économiquement.

Ces individus, si on les laisse faire, s’empareront de tous les territoires fragiles, et finiront par pourrir de l’intérieur tout ce qui a pu être fait pour améliorer l’aspect social dans les banlieues.

Il est urgent d’agir globalement et sérieusement.

Ce que j’affirme, c’est que si on élimine la problématique d’insécurité dans les banlieues et plus largement dans toutes les zones où se développent des phénomènes d’insécurité liés aux aspects sociaux économiques, il se pourrait bien qu’on puisse même finir par y vivre bien. N’y subsisteraient alors que des gens, certes qui ne disposent pas des situations individuelles les plus avantageuses, mais qui pourraient au moins vivre libres, dans le calme et la sérénité et surtout dans des endroits propres et dépouillés de toute violence ou de toute agressivité. On permettrait alors ensuite un contexte plus favorable à l’insertion sociale et économique des plus défavorisés.

Le problème de la banlieue, ce n’est pas l’infrastructure qui est souvent critiquée, ou la qualité des gens qui y vivent, mais c’est la violence latente, visible et invisible, toujours inacceptable qu’on laisse gangrener depuis 30 ans dans tout le pays. On n’a jamais su répondre concrètement à cette montée de la violence.

C’est une évidence pour tout le monde désormais que la grande majorité des immigrés arrivés en France il y a 30 ans n’ont pas su, et ne sauront jamais éduquer leurs enfants, ces fils d’immigrés qui aujourd’hui, même s’ils ne sont pas responsables de ce qu’ils sont, restent néanmoins massivement à l’origine des troubles dans les banlieues. C’est ainsi. Je le regrette et le déplore comme n’importe lequel d’entre nous, mais c’est un fait, il faut le considérer tel quel et avoir le courage de dire les choses telles qu’elles sont, et d’appréhender le problème bien en face.

Bien entendu tous les fils d’immigrés maghrébins et tous les fils d’immigrés africains ne sont pas de la « racaille » et n’ont pas le destin qu’on pourrait hélas leur prêter. J’en connais qui sont des merveilles d’intégration et qui paient très cher leur origine à cause de leurs congénères dans les banlieues qui anéantissent souvent beaucoup du travail d’intégration qui tente d’être fait par les acteurs sociaux mobilisés depuis des dizaines d’années sur ce thème.

On ne pourra pas résorber le problème des violences urbaines sans que des mesures très précises et très concrètes soient prises à l’encontre de ces jeunes violents. Il est devenu absolument nécessaire d’enrayer ce type de phénomène, en pratiquant la règle de la tolérance zéro, et pourquoi pas, « à l’américaine » puisque c’est le seul langage que ces jeunes comprennent de toute manière. Les américains ont une excellente expérience dans ce domaine, une collaboration avec eux pour ce qui concerne l’encadrement, et le redressement des jeunes violents serait à mon avis quelque chose de réalisable et souhaitable. Le transfert de connaissance serait profitable, et le retard que nous avons pris sur ce sujet pourrait ainsi être résorbé plus rapidement.

On devrait pouvoir extraire des banlieues tout individu, surtout très jeune, qui présenterait des risques pour la société, notamment ceux qui fréquentent les communautés violentes, et l’isoler pour de bon, et pour un bon moment, en le contraignant à une sorte de « mise à niveau » sur le plan individuel.

Préalablement, il faut déjà pouvoir mettre en place un système de surveillance au coeur des banlieues et des zones urbaines sensibles. Un système qui permettrait d’identifier rapidement les auteurs de troubles, à savoir permettre à des citoyens de pouvoir indiquer anonymement à la police l’identité d’éléments perturbateurs susceptibles d’appartenir à des bandes ou à des groupes criminels et/ou violents, de sorte que la police puisse cibler ses actions de surveillance, et éventuellement appréhender des auteurs de faits avérés recoupés sur le terrain. Un site internet national pourrait être utilisé pour recueillir les témoignages de civils et ainsi aider au ciblage. Bien entendu, il n’est pas question d’appréhender sur simple dénonciation par l’internet pour un fait non prouvé, il s’agit simplement d’obtenir des renseignements qui pourraient éventuellement conduire ensuite à cibler la surveillance sur tel ou tel groupe de jeunes qui agiraient. Informations qui seraient discrétionnaires et à usage uniquement de la police, plus particulièrement des renseignements généraux ou de la D.S.T. dans le cadre d’affaires légalement menées. De mon point de vue, on parlerait là plus d’un devoir citoyen et de patriotisme que de délation, je vois déjà les critiques fuser.

Pour les jeunes incriminés dans des actions violentes et appréhendés ou ayant un comportement violent qu’il faut pouvoir déterminer dans le cadre d’un profilage comportemental (incluant l’évaluation de l’intégration sociale, les résultats scolaires, l’environnement familial, les fréquentations, les habitudes), il faut une réponse judiciaire.

Cette réponse judiciaire doit être un message très clair. En aucun cas il ne doit s’agir d’une simple garde à vue, puis d’une simple peine de prison avec sursis de 15 jours ou de travaux d’intérêt général qui ne seront jamais réalisés. La police n’en peut plus de retrouver dans la rue le jeune qu’ils viennent d’interpeller trois semaines plus tôt et qui récidive. Non, au contraire, il faut une mise à l’écart de la société, il faut aller jusqu’à un internement dans des centres de redressement fermés, surtout pour les jeunes et les très jeunes d’entre eux, ainsi que pour les jeunes adultes.

Ces centres devront être nombreux, déployés dans toutes les régions, organisés et administrés par un service spécialisé de l’institution pénitentiaire ou pourquoi pas avec une participation de l’armée. Les jeunes qui seront internés dans ces centres ne pourront pas en sortir ni le soir ni le week-end, les visites seront au maximum limitées à leurs parents immédiats dans certains cas et un traitement très strict leur sera imposé.

Des éducateurs spécialisés nombreux et permanents seront au coeur du dispositif. En priorité des adultes de plus de 45 ans psychologiquement robustes que des jeunes ne pourront pas impressionner. Ces éducateurs pourraient être recrutés auprès des cadres de l’armée, de la police, de la gendarmerie, de l’éducation nationale, d’intervenants sociaux, de sapeurs pompiers toujours sur la base du volontariat. Ils seront chargés d’accompagner les jeunes durant leur séjour dans le centre de redressement et de les évaluer en permanence au fur et à mesure des progressions individuelles. Des psychologues seront également indispensables à toutes les étapes de la réhabilitation.

Les jeunes y seront recadrés par tous moyens jugés utiles, civilisés, éduqués, formés, instruits, intéressés à différentes disciplines, responsabilisés, on leur apprendra à écrire, à lire, à compter, à s’exprimer, la société leur offrira une opportunité unique de réintégration, avec des moyens adaptés et conséquents. Le processus de redressement ira jusqu’à permettre à chacun d’atteindre sa maturité intellectuelle pour lui rendre sa liberté, l’étape suivante en cas de récidive étant la prison ferme.

Le coût de mise en application de telles mesures n’est pas nécessairement gigantesque comme certains le prédisent, et de toute manière ce coût est déjà intégré. Dans tous les cas il sera largement amorti par le gain immédiatement appréciable en sécurité, en tranquillité et en sérénité à tous les niveaux de la société civile et pour le pays en général, socialement mais également économiquement. On estime à environ 40000 le nombre de jeunes concernés. Pour n’évoquer qu’un seul avantage d’un tel système où les jeunes violents seraient identifiés et isolés, imaginez une seconde la qualité de l’enseignement en France à partir du moment où on aura exclu du système traditionnel tous les éléments perturbateurs dans les établissements scolaires.

Comme toujours en France, les choses changeront probablement dès qu’il y aura des morts, et il faudra de nombreux morts.

Sabotage, terrorisme et chaos

Quand on regarde le monde en face, et compte tenu des innombrables difficultés et conflits de tout ordre qui nous affectent directement ou indirectement, on peut être tenté de se demander « mais où allons-nous? combien de temps pourrons-nous résister à cela? ». Les experts ont une réponse plutôt courageuse si on lui donne son véritable sens, « nul ne sait ce qui peut encore nous arriver demain », ou mieux, « nul ne peut dire qu’elles en seront les conséquences ».

L’humanité toute entière est engagée dans un tourbillon infernal qui se nourrit des problèmes pour en produire d’autres, à un rythme effréné. Ce phénomène, qui existe probablement dans une forme latente, perceptible et mesurable depuis un peu plus d’un siècle, est désormais dans une phase hautement critique. Pour ma part j’estime même que, s’il a été pendant longtemps possible de pouvoir empêcher le pire, nous avons aujourd’hui dépassé un « seuil de non retournement », ce qui rend le mécanisme de broyage inéluctable et ininterruptible.

Depuis l’ère industrielle avec le renfort de la mondialisation et de l’économie globale, une mauvaise répartition des richesses et des gains, une distribution inéquitable des énergies fondamentales, l’injustice, la corruption, les erreurs historiques, les puissances politiques divergentes, le contrôle dans l’ombre, l’absence d’une stratégie globale saine et sage et la puissance des religions sont les causes des tensions toujours plus grandes entre les hommes et qui les poussent à s’opposer.

Si les spécialistes et les experts ne parviennent pas à se mettre d’accord sur les conséquences des troubles de la période actuelle et ne font que prévenir qu’elles ne seront pas négligeables, on peut quand même tenter de se faire une idée sur ce qui nous attend.

Pour résumer, on sait déjà que les pays modernes, l’occident en particulier, connaissent de sérieux problèmes économiques, et un ralentissement général de leurs activités. Ce sont eux aussi qui supportent les plus importantes charges structurelles, et qui sont donc aussi les plus vulnérables en théorie, car leur capacité de rebond est finalement assez réduite.

En même temps, le coût des matières premières et des énergies augmente significativement du fait de leur rareté et de leur sécurisation. Les réserves de pétrole et de gaz s’épuisent plus vite que prévu à cause du développement, pourtant prévisible, de l’Asie, les installations sont de plus en plus difficiles à exploiter, et il est de plus en plus dangereux de les acheminer. Presque toutes les zones de production étant en guerre ou en conflit plus ou moins naissant, ceci nécessite des moyens de sécurisation toujours plus lourds, généralement militaires. Pour être plus précis, toute l’économie globale, tout le monde occidental, toutes les populations des pays riches et même les autres ont un modèle de maintien et de développement qui repose directement sur la disponibilité des énergies fondamentales. Une modification même mineure d’un paramètre concernant la disponibilité ou le prix de revient a rapidement une conséquence fantastique sur une quantité de choses qui nous affectera tous, au quotidien.

L’impact sur les individus, essentiellement économique au début, est palpable, il se caractérise par une augmentation des charges et pressions de toutes natures, par la baisse du pouvoir d’achat, et par la rupture de confiance envers le système politique et gouvernemental, gouvernements qui n’ont successivement jamais apporté de réponses miraculeuses, toutes tendances modérées confondues.

Les personnes physiques, les individus, sont les éléments les plus fragiles dans la société, ils ont néanmoins une grande capacité d’adaptation et d’absorption des chocs, d’encaissement des problèmes successifs. Hélas comme toute résistance élastique, il y a toujours un seuil de rupture au delà duquel il serait bien hasardeux de se prononcer concernant la matière humaine.

Les personnes morales, les entreprises, sont le moteur du système, c’est autour d’elles que tout s’organise. Malmenées, ne disposant que de moyens limités pour subsister dans le temps à des longues périodes de ralentissement économique, évoluant dans une sorte de brouillard sans visibilité, subissant des contraintes financières toujours plus grandes, elles sont également sensibles aux troubles. Pour leur survie, elles suspendent l’embauche, ou licencient quand elles ne cessent pas tout simplement d’exister.

Les institutions publiques, au service des gouvernements et des populations, sont également soumises aux mêmes contraintes, plombées par le manque de rentabilité ou de dynamique, et par leur poids.

Face à cette situation, les diverses populations vont réagir de plus en plus violemment, pour atteindre de nouveaux standards. Les manifestations publiques seront de moins en moins pacifiques et toujours plus incontrôlables dans leurs débordements. On a déjà constaté par ailleurs que les forces de l’ordre ne s’opposent plus frontalement aux groupes violents, mais se contentent de protéger les biens publics et privés, au lieu d’entrer en confrontation directe, évitant ainsi probablement de nombreuses victimes.

Les conclusions des expériences passées seront mises à profit. Les gens savent désormais que des actions pacifiques n’apportent plus aucun résultat, ainsi, en marge nous assisterons à des actions violentes, rapides, parfois dévastatrices, opérées par de petits groupes, très mobiles et très motivés. Ces actions seront menées dans un esprit de vengeance, de forte revendication et d’anarchie, tous les problèmes seront mêlés pour finalement s’exacerber à l’occasion des manifestations publiques, chacun en profitant pour exprimer toujours plus de mécontentement. Tous les prétextes seront bons pour s’opposer au système et aux gens qui le font.

Très rapidement, un nouveau type d’action va émerger, on en voit déjà les prémisses. Mais personne n’ose réellement prononcer son nom tant c’est inquiétant. Il s’agit du sabotage. Des actions insidieuses, subversives, difficile à prévenir, qui ont pour but de nuire.

Les sabotages pourront être orchestrés par des individus seuls, ou par des groupes motivés par la vengeance et le désespoir. L’essentiel de ces actions criminelles pourraient ne pas être signées, ni revendiquées ce qui en compliquera leur identification.

Ainsi, nous verrons de plus en plus d’incidents, d’accidents, d’anomalies, de « choses curieuses », à toutes échelles, qui auront des conséquences fâcheuses, sans que nous puissions clairement déterminer avec précision ni les causes ni les auteurs. Pour un bon nombre d’entre eux, il s’agira de sabotage, bien au delà du simple vandalisme. Je pourrais donner de nombreux exemples indémontrables, comme la rupture d’approvisionnement en électricité, la détérioration dans les systèmes de télécommunication, les ralentissements ou obstructions administratives, les perturbations dans les réseaux de transport, les malfaçons industrielles, les procédures de contrôles bâclées, mais néanmoins validées, faussant les informations, etc. Il existe des centaines d’hypothèses.

De plus en plus de gens ont conscience de pouvoir « ralentir », « paralyser », ou « parasiter » le système économique ou des décisions politiques en agissant par le sabotage.

Le sabotage est une forme de criminalité très opaque contre laquelle il est très difficile de lutter, tous les domaines peuvent être concernés. Une fois répandue, il me paraît peu probable que nous puissions aisément rétablir un climat sain et sécurisé.

Au delà du sabotage, il y a le terrorisme.

Pour le moment, on associe essentiellement le terrorisme à l’islamisme radical, or je rappelle que le terrorisme n’est évidemment pas toujours motivé par le fanatisme religieux. Dans l’avenir, le terrorisme pourrait être lié à toutes les formes de revendication, largement inspiré par le terrorisme islamique.

Le terrorisme est une notion qui doit définir tout ce qui amène ou installe la terreur dans l’esprit des gens. Il se formalise par des actions violentes, sournoises, inattendues. Ainsi, par exemple, je qualifierai de terroristes un groupe de producteurs de vin qui s’organise pour monter une opération de destruction de stock controversé, où les membres qui participent à l’opération sont cagoulés et armés n’hésitant pas à s’attaquer y compris aux forces de l’ordre en les faisant reculer ou fuir. Par ces propos je ne juge pas si ces actions, ou la manière de les mener, sont justifiées ou non, je dis simplement qu’il s’agit de terrorisme. En novembre 2005 lors des émeutes en France, j’avais déjà parlé de terrorisme urbain, propos repris dans la presse. Bientôt, nous pourrions voir émerger des opérations « commando » ici ou là, organisées par de petits groupes de gens en rupture sociale et économique, qui pourraient par exemple prendre d’assaut des centres commerciaux, dérober des biens, et s’enfuir très rapidement avec toujours des victimes innocentes, personnes morales ou physiques. Si en plus, comme je le pense, ceux qui participeront à de telles opérations seront cagoulés, nous serons bien en présence selon moi d’une action criminelle terroriste.

Un autre exemple me semble encore plus parlant. Quand le litre d’essence sera à deux euros ou plus, croyez-vous que nos véhicules seront à l’abri des vols de carburant par le perçage des réservoirs?

Une société humaine moderne, confrontée en permanence à une criminalité complexe, mêlant sabotages et terrorisme plongera dans le chaos. Cette idée me paraît tout à fait réaliste, sévère, mais réaliste. Qui pourrait nous assurer, nous affirmer, nous garantir même qu’une société civilisée républicaine avec tout ce que cela implique puisse s’en sortir, ou même simplement se maintenir, dans un environnement turbulent, instable, oppressant et que chaque individu ne va pas subir directement les aléas de telles situations par nature inmaîtrisables?

Même si je suis conscient de passer pour un déclinologue, selon la formule de certains, je peux quand même proposer aux plus objectifs d’entre nous de se préparer à vivre des moments plutôt difficiles, prochainement, au cas où. Face au pire, on s’en sort toujours mieux quand on est prêt et informé, et si on y réchappe on pourra toujours se dire qu’il vaut mieux prévenir que guérir.

Qui peut expliquer aux français ce qu’est la réalité du monde?

Comme je le dis souvent, le monde tend à être global. C’est un mécanisme inéluctable, qui a véritablement démarré il y près de deux siècles avec l’ère industrielle moderne, et qui fait appel désormais à un nombre incalculable de paramètres qui font que nul homme, nul groupe d’hommes, nulle organisation, nul gouvernement, nul pays, et même nul regroupement de pays ne peuvent ni le freiner, ni l’infléchir.

C’est un fait, sur lequel il faut s’appuyer et compter.

Dans ce monde global, où le capitalisme et l’économie sont les principaux piliers et vecteurs de développement, il en existe surtout un autre, non négligeable, la liberté, notamment la liberté individuelle.

On peut donc admettre que si le système économique global présente des contraintes, il intègre également des avantages.

Ce système, s’il semble aux yeux de l’essentiel des gouvernants de ce monde être le plus adapté au maintient de l’Humanité dans sa modernité, est en réalité très difficile à administrer du fait de son immense complexité, il me semble même devenu totalement ingérable. Mais encore une fois, c’est dans ce système que nous évoluons tous, d’autant qu’il est socialement en amélioration constante toutes proportions gardées, mais néanmoins inéquitable.

Dans ce monde global, et sur le plan stratégique et économique, les États-Unis ont une dynamique à la fois locale et globale, mais également l’Asie, et nouvellement le Moyen-Orient, avec sa mégapole bientôt incontournable, Dubaï. Ce sont eux qui font le monde d’aujourd’hui et surtout de demain. Quand on voyage dans ces zones du monde, on se rend vite compte comme l’activité y est dense et visible, les gens sont au travail, et ce sont des travailleurs, tout est en développement, tout va très vite. S’il fallait comparer l’Europe, avec les endroits du monde qui se développent depuis quelques années, vous n’avez pas d’autre choix que de constater que le continent entier, la France en tête, est à… l’arrêt.

L’Europe n’a à mon sens, plus aucune dynamique globale.

De mon point de vue, et nous sommes beaucoup à partager cette idée, même si elle est difficile à accepter, quand un pays est à l’arrêt, en réalité il est en récession, en déclin, il se meurt, et il est peu probable qu’il se redresse sans fracas et sans dégâts. Alors quand c’est un continent entier, 25 pays en plus inégaux, nul n’en connaît les conséquences, mais personne ne peut affirmer que c’est un détail, et que ça n’aura pas une importance critique pour son avenir.

L’Europe est un espace à part dans ce monde global. Les pays qui font l’Europe sont à l’arrêt, rien n’avance, tous se cherchent une place. Autour d’eux malheureusement, tout avance très vite, et nous avons probablement déjà dépassé le seuil de non retournement.

Les peuples d’Europe, les français en tête, à commencer par les gens les plus pauvres en ressources matérielles et/ou mentales, ont beaucoup de difficulté à franchir des étapes incontournables qui permettraient sa fusion intelligente dans la dynamique globale, autant à l’intérieur des pays qui composent la communauté européenne, qu’à l’extérieur. Toutes ces barrières, entre les peuples fébriles, et les gouvernements figés, font que les gens n’ont pas le moral parce que les promesses faites ne sont pas tenues, parce que l’activité est en berne, le chômage s’accentue, les coûts augmentent, le pouvoir d’achat individuel baisse, les gens sont minés par des paramètres qui les affectent directement.

Les réformes paraissent impossible à manœuvrer, partout en Allemagne, en Italie, en Angleterre, et surtout en France, elles sont empêchées par des groupes de la population, pas toujours les mêmes, qui descendent dans la rue, qui exercent une pression importante sur toute la communauté, même s’ils n’en sont pas représentatifs puisqu’ils ne représentent qu’eux même, qui sabotent les décisions, qui forcent les gouvernements à changer leur stratégie. Les européens les plus démunis, mal informés, peu structurés, sans aucune vision ni perspective au delà de leur propre champ quotidien, et sans qu’ils sachent réellement comment est le monde global dans lequel ils évoluent car ils ne l’ont pas réellement expérimenté, s’opposent systématiquement à tout changement, ne tentent rien, veulent à tout prix défendre des idéaux sociaux irréalistes, qui peuvent se résumer par « travailler toujours moins, toujours moins difficilement, gagner toujours plus d’argent, être toujours mieux protégé individuellement, gagner en sécurité individuelle, l’ensemble devant être supporté financièrement par les plus énergiques et les plus créatifs d’entre-nous sans qu’ils soient pour autant valorisés, ceci sans limitation de durée, et avec la garantie et la bénédiction des gouvernements ».

Entre une Europe à l’arrêt, et les USA, l’Asie, le Moyen-Orient en développement exponentiel débordant, il y a forcément des positions intermédiaires et alternatives, qui pourraient ne serait-ce que permettre aux européens d’améliorer leur quotidien et leur donner de la perspective, compte tenu du fait qu’ils regorgent en leur sein de tous les talents, et de toutes les énergies créatrices nécessaires, qualitatives notamment.

C’est le paradoxe de l’Europe. Un peuple à priori intelligent, mais bridé par une liberté toute relative, qui fait que ceux qui osent, ceux qui veulent, ceux qui ont des idées et qui pourraient vraiment améliorer les choses ne peuvent pas avancer à cause de ceux qui ne veulent pas, qui n’oseront pas, et qui n’ont en définitive pas d’autres idées que de s’opposer à ceux qui en ont. Certains diront que c’est le jeu politique, ou que c’est le jeu de la démocratie, je pense que c’est une erreur, un drame même. Qui peut affirmer objectivement qu’il est bon pour le monde moderne et civilisé que des énergies individuelles soient freinées dans leur mouvement par des groupes d’opposition conservateurs, surtout quand elles sont exercées pour contribuer au système et donc à la communauté dans son ensemble?

Je sais à quoi conduit cette situation dans la réalité. Voyez-vous, dans un monde global, où les mouvements sont libres, plus rien n’empêche personne d’abandonner sa situation pour une autre qui semble meilleure. L’Europe, et en particulier la France, se vide de son sang depuis de nombreuses années. Le mouvement ne cesse pas d’augmenter. L’énergie du pays, qui est construite autour des gens énergiques, créatifs, entrepreneurs et qui aspirent à la liberté, est en baisse. Ces gens de qualité, selon qu’ils sont assez forts ou non, décident soit de baisser les bras définitivement ou provisoirement, soit de quitter le navire avant qu’il ne sombre. Dans tous les cas, ils ne font pas profiter à leur pays de toute l’énergie qu’ils auraient pu donner et ils subissent une déception psychologique importante, parfois irréversible lorsqu’elle a atteint un seuil mobile selon les individus. C’est le point de rupture, la rupture de confiance. Un gâchis.

Aujourd’hui en France, et partout en Europe, vous avez une petite partie de la population qui peut tirer l’ensemble vers le haut. Hélas par manque de réalisme et d’expertise, par provocation, et par son incapacité à faire avancer les choses vers une issue progressiste, une autre petite partie de la population à l’opposé, généralement les jeunes inexpérimentés, les idéalistes, les anarchistes, les syndicalistes, les gauchistes, les professionnels de la politique aux idées courtes ou les altermondialistes qui utilisent la rue, et la manipulation mentale ou médiatique pour arriver à ses fins, anéantissent tous les efforts de ceux qui peuvent faire avancer les choses. L’ensemble de la dynamique communautaire est paralysée, parasitée par les blocages, les ultimatums, les grèves, etc.

En république, un gouvernement ne devrait pas céder à la rue, quand des experts indiquent que la bonne issue est précisément celle décriée. La raison doit toujours être plus forte que l’émotion, quitte à y mettre les moyens, pour préserver l’intérêt général. Au niveau d’un pays, c’est de l’ordre du vital.

Depuis 1980 environ, on a fait croire aux gens, en France mais aussi partout en Europe (sur le modèle français parfois), qu’un système éducatif « moderne » et des études longues pourraient permettre à 80% de la population d’obtenir une qualification élevée, débouchant sur un travail qualitatif, interprété comme tertiaire, assorti d’un salaire forcément en rapport. Vingt cinq ans plus tard, force est de constater que cette stratégie éducative est un échec absolu, les jeunes ne sont pas qualifiés pour aucun métier, ils sont bardés de diplômes qui ne leur servent pas, les besoins des entreprises ne sont pas en adéquation avec l’offre. La majorité des jeunes, souvent en échec scolaire, n’a aucun goût au travail. On les a habitué à vivre dans une société qui leur doit tout, dont ils savent qu’ils peuvent tout avoir, et dont ils connaissent toutes les failles pour mieux les exploiter, tant elles sont évidentes. Pour les autres, ils entrent sur le marché du travail à 26 ans, parfois plus, et ils ne savent pas travailler, on doit tout leur apprendre, et ils ne peuvent pas être payés comme « on devrait l’être » à 26 ans. Les jeunes adultes connaissent la précarité, et ont pour perspective encore plus de précarité, ils ne l’acceptent pas. Tous finissent par s’opposer. Ce qui conduit une fois de plus à une situation de blocage, de crise de confiance.

J’ai envie de dire, une nouvelle fois, « arrêtez de rêver! ». La France, au travers de l’Europe, doit se remettre au travail. « On n’a rien sans rien ». Les filières traditionnelles doivent être revalorisées. Les entreprises ont besoin de gens opérationnels, le plus tôt possible. Pour moi, une seule solution est acceptable, les élèves les plus studieux et les plus performants doivent suivre des études, financées au mérite, dans des institutions universitaires qualitatives et non des voies de garage comme elles tendent à l’être aujourd’hui. La majorité des autres jeunes doivent maîtriser les connaissances de base, lire et écrire correctement, maîtriser les technologies essentielles de communication, connaître une autre langue, et très rapidement, pourquoi pas entre 14 et 18 ans, doivent systématiquement intégrer les entreprises, dans tous les métiers. Au Canada, par exemple, les enfants de 15 ans travaillent sous contrat avec des entreprises dans de multiples domaines, et sont correctement rémunérés pour leur travail, ils suivent des études parallèles et trouveront immédiatement un travail par la suite. Ce ne sont pas des « petits boulots de vacances », mais ils sont intégrés dans l’entreprise, au bas de l’échelle bien sûr, et à chacun ensuite de grimper à son rythme.

Je rappelle toujours à ceux qui veulent bien l’entendre qu’avant d’être chef, il faut avoir démarré tout en bas, mais aussi et surtout avoir l’idée et l’envie de le devenir à son tour, sans compter que ça se gagne par le mérite et le travail. Chaque individu peut trouver sa place dans une société ouverte, moderne et libre. Chaque individu doit être respecté pour la place qu’il occupe, car elle aura toujours une importance relative.

Malheureusement la crise d’identité de l’Europe à l’intérieur du monde global est tellement profonde qu’il est peu probable que les changements fondamentaux qui doivent être opérés puissent l’être dans un avenir suffisamment proche pour que ça ne fasse pas d’autres drames historiques.

Les européens ne sont définitivement pas à la hauteur des enjeux.