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Banques contre États, la guerre économique nous rattrape dans l’économie réelle!

Je ne vais pas revenir sur la modification majeure intervenue en 1973 à propos du financement des investissements publics par les marchés, je ne vais pas non plus expliquer ce qu’est la finance occidentale historiquement depuis sa création, ne pas entrer dans les détails de la globalisation et ce qu’a été la libération du système financier international ni même parler de Bretton Woods. L’internet permet à chacun d’entre nous de se faire une idée assez juste de ce qui s’est joué, dans le dos des peuples, depuis le début de l’ère capitaliste.

Pour mieux comprendre ce qui suit, je recommande d’aller s’informer sur ce qu’est l’accord « Glass Steagall ». Là encore, votre surprise sera grande.

LES BANQUIERS TOUS PUISSANTS

Si on entend partout et depuis toujours que « les banquiers sont des voleurs », c’est qu’il doit y avoir un semblant de vérité quelque part, n’est-ce pas?

Je vais faire très simple volontairement.

Depuis très longtemps, et de façon exponentielle, les banques prêtent de l’argent. L’idée était même de faire en sorte qu’elles aient un rôle « social et économique » majeur : assurer le financement de l’investissement et du développement économique.

Ce rôle, noble, a été souhaité plutôt par « le politique » dans son « univers », mais « le financier » est dans son propre univers et le moins qu’on puisse dire c’est que les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres.

Par la force des choses, le financier, prêteur, est toujours celui qui détermine le destin du demandeur, par l’acceptation ou non des financements et des crédits. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on estime que ce sont les banquiers qui dirigent le monde, et par extension qui se superposent aux pouvoirs politiques, eux-mêmes suspendus aux appréciations et desiderata des financiers (qui ne font pas de politique).

Au début, et dans le meilleur des mondes, tout va bien. Mais prêter de l’argent implique nécessairement de créer de l’endettement, donc du risque.

Bien entendu, il n’est pas question pour les créanciers de ne pas être remboursés.

Pour pouvoir faire plier leurs débiteurs en cas de défaillance de remboursement, les banques ont au moins trois armes redoutables.

La première arme, c’est la pression financière et psychologique induite, le débiteur, piégé par la dette, se voit acculé de nouveaux frais complémentaires augmentant son dû, au travers de relances constantes, d’agios et de frais divers. Le fait d’être « tenu » par son banquier en ayant l’impression de ne rien pouvoir faire génère un malaise psychologique plus ou moins important du type « tout puissant contre impuissant ».

La deuxième arme, c’est bien sûr le dispositif législatif confortable qui leur permet de saisir les biens et de mettre quiconque, personne physique ou morale, à terre très rapidement après l’avoir pillé et dépecé le débiteur et ses cautions éventuelles.

La troisième arme, c’est la fermeture pure et simple du robinet à liquidités. Pour un particulier, une entreprise ou une institution, la menace de ne plus pouvoir emprunter signifie bien souvent la fin de son histoire, avec banqueroute et faillite.

En réalité, il y a même une quatrième arme secrète, le fichage informatique automatisé, qui empêche quasiment toute tentative de rebond à l’avenir une fois que vous avez été identifié défaillant.

Si le débiteur est une personne physique, un individu, la ruine et la déchéance silencieuse est au bout du chemin, avec bien souvent un drame humain et un brusque retour à la réalité la plus dure.

Si le débiteur est une personne morale, une entreprise, éventuellement une administration, une autre banque, une collectivité publique ou même un État, la banqueroute est inéluctable (même si elle peut être artificiellement retardée un certain temps, ou atténuée) avec, en cascade, une multitude de situations dramatiques incalculables tant tout est lié dans le système actuel.

Les banquiers sont souvent perçus comme des gens très durs et sans cœur, ils ont des fonctionnements particuliers, se sentent intouchables et adoptent des attitudes et des comportements curieux, leur univers, assez hermétique, est très spécial.

D’une manière générale, les banquiers parviennent toujours à « avoir le dessus » sur leurs « clients débiteurs », rarement l’inverse. Ceci vient du fait qu’ils sont ceux qui tiennent les reines de la finance.

Au plus haut niveau de l’échelle, ils étaient convaincus, jusqu’à récemment encore, qu’à chaque crise économique, chaque fois que nécessaire, les États viendraient à leur secours quoi qu’il arrive.

DES OFFICINES DE L’OMBRE CONTRE LES INTÉRÊTS DES PEUPLES?

Si la spirale de l’endettement et l’assèchement des crédits forment un premier problème, il existe un autre sujet de grande inquiétude : la spéculation sur les marchés financiers.

Désormais, dans les mêmes institutions financières, devenues des organismes très complexes, vous y trouvez la banque de détail, la banque commerciale, la banque privée, la banque d’investissement et l’assurance.

Tout y est amalgamé au mépris du bon sens, si bien que l’argent difficilement gagné, déposé dans sa banque par un individu « en toute sécurité », est en réalité « joué » par des « traders » dans les places de marchés des officines bancaires qui ont pignon sur rue, pour parfois être perdu, sans que personne ne puisse rien y faire, et en totale contradiction (morale et technique) avec le fameux accord Glass Steagall qui prévoit la séparation de la banque commerciale et de la banque d’investissement.

Les gens qui travaillent dans le milieu bancaire subissent progressivement un « formatage » des esprits, mais il convient de nuancer en fonction de la position et du job dans l’organisation.

Entre votre conseiller bancaire, qui gère vos comptes, et les traders, les investisseurs dans les salles de marchés, les spéculateurs, et ceux qui créent les « produits dérivés », les « sous-jacents » et autres pépites financières comme les « warrants » ou les « turbos », il y a un gouffre!

Soyez sûr d’une chose, votre conseiller financier est inoffensif et ne sait quasiment rien de ce qui est réellement fait avec votre argent, son superviseur et son directeur d’agence presque autant, par contre, plus haut dans la hiérarchie, dans le cœur et la tête du système bancaire, il y a des individus très dangereux, qui sont des spéculateurs, et leurs dirigeants.

Pour la plupart, ils n’ont plus aucune morale ni aucune humanité, aucune conscience profonde des réalités, ni sociales, ni économiques, ne sont ni intéressés par la politique qu’ils regardent de haut, ni par le devenir des peuples globalement, ils manipulent des sommes d’argent absolument énormes, sont eux-mêmes payés des fortunes pour leurs « performances ». Ces gens sont centrés sur eux-mêmes, et ne s’intéressent qu’à leurs avantages. Le tout, à court terme.

Le principal reproche qu’on peut leur faire est qu’ils jouent avec l’argent des gens et des entreprises, qu’ils jouent à faire descendre et monter les cours des matières premières, qu’ils instaurent un « climat d’instabilité » et de « volatilité » si bien qu’il n’est plus possible d’avoir une vision sereine et de long terme.

Ces gens là ne sont pas très nombreux, ils ne représentent qu’un petit pourcentage du milieu bancaire, on ne sait pas très bien combien, ni qui ils sont, ni où ils sont, mais ils sont là, et ils tiennent entre les mains un pouvoir absolument considérable, aujourd’hui largement au delà de n’importe quelle puissance politique.

Le pouvoir de mettre au tapis toute l’organisation de la civilisation humaine moderne, dans un vaste chaos désorganisé, car ils ne maîtrisent absolument rien de ce qu’ils font!

QUELLE EST LA NATURE VÉRITABLE DE LA CRISE ÉCONOMIQUE GLOBALE?

C’est assez simple.

Nous (toutes les « entités » de notre système occidental, depuis l’individu jusqu’à l’État en passant par les milliers de structures intermédiaires) vivons à crédit, au dessus de nos moyens, nous avons emprunté des milliards de milliards depuis des dizaines d’années pour maintenir notre leadership de modèle civilisationnel.

Le souci est que nous avons emprunté à des organismes financiers privés, surtout depuis 40 ans. Avec intérêts.

Ces organismes, il faut les rembourser. Avec les intérêts cumulés.

Et comme nous ne parvenons jamais à rembourser ce que nous devons, puisque nous nous développons constamment et très vite, avons toujours de nouveaux besoins qu’il faut toujours financer à crédit, il faut toujours emprunter davantage chaque année, pour arriver au point de devoir emprunter de l’argent afin de rembourser les intérêts de nos précédents emprunts.

Et même en pratiquant ainsi, ça n’est jamais suffisant.

Situation totalement absurde, mais pourtant vérifiée dans tout le système occidental, les USA et l’Europe en première ligne, au grand damne des économistes silencieux (et tellement courageux!) qui crient au feu.

Hélas, pour d’innombrables raisons qui nous échappent ou pas, notre magnifique modèle sociétal ne produit jamais assez de richesses pour faire face à ses obligations financières et à ses échéances.

Du coup, les organismes financiers maintiennent une pression forte sur leurs débiteurs, en usant de leurs armes favorites.

Les débiteurs négocient des prorogations de délai de remboursement, ce qui n’annule pas leur dette, mais au contraire l’augmente dans la durée (effet d’atténuation temporaire par « lissage »).

L’engorgement, l’étranglement est inévitable à un moment.

Avant la crise, en cas de défaillance, les créanciers s’attaquaient comme ils pouvaient aux « plus petits » et cela n’était pas très visible, du coup, de manière latente, le système financier dégénérait tranquillement vers « le seuil de non retournement ».

Au début de la première séquence de la crise entre 2007 et 2009, la dégradation du système financier est soudainement visible du fait d’une défaillance majeure de plusieurs énormes sociétés (Lehman Brothers, AIG, etc.) faisant risquer un premier effondrement systémique, et les États ont été contraints de renflouer les banques par l’abondement massif d’argent public (impensable, pourtant c’est bien ce qui se passe depuis le fameux plan « Paulson »).

Mais à un moment, c’est l’État lui même qui ne peut plus faire face, ses ressources ne permettant plus de payer ses dettes aux échéances prévues, ni de pouvoir renflouer les malheureux banquiers.

Du coup, il y a un sérieux problème, puisque les banques ne financeront plus rien, tant qu’elles n’auront pas la garantie d’être protégées à tout prix, et il n’y a aucune solution de remplacement pour les États, sauf à renoncer au capitalisme, au libéralisme, et à la globalisation.

Nous sommes arrivés à ce moment précis, où les banques ne reculeront pas, et où, tout en haut de l’échelle, les États ne pourront plus payer.

Ce n’est pas un combat politique. Les politiques sont dépassés et finissent par n’avoir plus aucune influence sur les marchés financiers.

Ce n’est pas une guerre criminelle et meurtrière. Les banques n’ont pas d’armées, ni de matériel militaire, et il n’y a pas de combats ni victimes directes. Les États ne vont pas se défendre en attaquant militairement les institutions bancaires.

C’est une « guerre dématérialisée », une véritable guerre économique contre laquelle on n’a pas de moyen de défense évident, sauf à renoncer à tout ce qui a été mis en place.

Une guerre « qui se fait virtuellement entre protagonistes de nature différente », mais dont les victimes sont pourtant bien dans le monde réel, et qui va produire beaucoup de drames individuels mais aussi collectifs, visibles.

Une guerre qui se déroule d’abord sur les marchés financiers, dans les bourses du monde entier, où les cours des valeurs et les « notes de solvabilité » des institutions sont « attaqués » à la moindre rumeur, à toute vitesse, de n’importe où et par n’importe qui.

Cette situation est assez inédite, puisque selon moi, contrairement à ce qui est indiqué par les gouvernements, ce n’est pas la pire crise que nous connaissons depuis 1930, mais plutôt la pire crise depuis le XVème siècle.

Autrement dit, absolument personne ne peut anticiper ce qui va se produire, on peut juste pressentir que cela sera terrible en terme de chaos socio-économique pendant plusieurs années.

QUI SONT LES ENNEMIS DES ÉTATS?

D’abord, je rappelle que les États, c’est nous. Le peuple.

Oui, c’est bien toujours le peuple qui dirige chez nous, et pour simplifier les processus démocratiques, nous votons pour des hommes et des femmes politiques sensés nous représenter et prendre les décisions que nous voulons, à notre place.

Si on attaque l’État, on attaque le peuple.

Je rappelle également que l’argent des États, c’est le nôtre, au travers des taxes et des impôts. Nos politiciens, qui dirigent nos États pour notre compte, gèrent notre argent.

Et pour finir, bien entendu l’argent qui sert à rembourser les dettes que nous avons contractées auprès des banques internationales, c’est encore notre argent.

Ces dettes sont donc les nôtres, mais est-ce vraiment ce que nous voulions? Pas sûr.

Nos créanciers sont des banques, mais pas l’agence bancaire au coin de votre rue. Non, je parle des sièges financiers, des grandes banques internationales, des institutions majeures, des banques tout en haut d’un système pyramidal, situées dans les capitales financières mondiales, notamment à New York, à Londres, au Luxembourg, et ailleurs…

Dans ces banques, nos ennemis sont les spéculateurs, des individus complètement en dehors des réalités, ils jouent avec l’argent des peuples en misant à la hausse mais aussi à la baisse sur la valeur des entreprises qui font travailler les gens, au risque de fragiliser davantage. Il n’y a aucune humanité ni aucune morale, la seule règle c’est « faire du pognon ». Ces gens sont tellement dans un autre monde, coupés des réalités sociales et économiques, qu’ils ne mesurent plus du tout l’impact de leurs décisions dans le temps.

Et comme si ça ne suffisait pas, tous ces spéculateurs utilisent trois techniques légales sans aucune gêne : la « vente à découvert », l’effet « levier » et les « ordres robotisés ».

La « vente à découvert » permet de miser à la baisse sur une valeur, si on considère que telle ou telle valeur d’actif ou telle action « a une chance » de baisser, alors on se renforce dessus à la baisse, on spécule sur le fait qu’elle va baisser, concrètement si une entreprise, une banque ou un État est fragile, même sur la base d’une rumeur, on peut gagner de l’argent, beaucoup d’argent en fragilisant d’avantage, en toute légalité, simplement en vendant d’abord au cours du marché (on vend ce qu’on ne possède pas), puis en rachetant sa position plus tard, quand le cours sera encore plus bas, au passage on prend sa marge car on aura acheté plus tard moins cher ce qu’on aura vendu plus tôt plus cher, invraisemblable dans le monde réel, mais légal et courant sur les marchés financiers.

Le « levier » permet de miser des centaines de fois plus d’argent qu’on dispose vraiment, en prenant des risques considérables (l’affaire Kerviel est un bon exemple, mais ne croyez pas que cela leur a servi de leçon). Ce phénomène est très parlant avec un exemple concret. Si une valeur est à 10 euros à l’instant T, et que vous disposez d’une liquidité de 10 euros pour investir, vous utilisez un levier 400 (les leviers forts sont réservés aux meilleurs traders), vous achetez donc légalement 400 actions à 10 euros, donc pour 4000 euros (vous dépensez donc 3990 euros que vous ne possédez pas, allez savoir par quel miracle, mais tout est prévu), et si l’action passe à 10,1 euros l’instant T+1, vous revendez vos 400 actions à 10,1 euros, et vous empochez 4040 euros, soit 40 euros de marge, alors que vous n’aviez que 10 euros, vous voilà avec 50 euros de liquidités et vous avez remboursé les 3990 euros « empruntés ». Vous répétez cela autant de fois que vous le pouvez, vous ne gagnez bien sûr pas à tous les coups, mais « en moyennant », parfois on s’en sort bien. Le drame arrive bien sûr lorsque les cours baissent, que vous êtes très exposé par un gros levier, et là vous perdez des sommes que vous ne pouvez pas rembourser (Kerviel, cas d’école).

Les « ordres robotisés » en rafales automatiques, ce sont des programmes informatiques, des algorithmes, créés par les spéculateurs ingénieux et privilégiés, qui vont envoyer des millions d’ordres d’achats et de vente espacés de quelques millisecondes, pour profiter d’écarts de cours minimes sur les valeurs (parfois avec une différence à 3 ou 4 chiffres après la virgule). Quand vous envoyez des millions d’ordres sur des millions d’euros qui ne génèrent des marges que de quelques centaines d’euros à chaque fois, à la fin de la journée, vous avez généré un bénéfice absolument énorme, et tout ceci est hors de contrôle. On estime que sur le NYSE à New York, des milliards d’opérations robotisées sont réalisées chaque jour, représentant la majorité des opérations en réalité.

Franchement, à quoi cela rime-t-il de miser en bourse par des allers-retours sur les actions qui se font parfois en « intraday » sur la même journée (activité de trader qui consiste à acheter et vendre une action plusieurs fois dans la même journée pour saisir les opportunités qui se présentent dans la même journée)? C’est bien loin de ce qu’on attendait des bourses, historiquement.

QUELLES SONT LES MESURES D’URGENCE À ENVISAGER POUR SE DÉFENDRE?

Puisque nous sommes déjà en guerre, aujourd’hui il n’est plus vraiment question de négocier, et puis d’ailleurs qui devrait négocier avec qui dans ce vaste système complexe désorganisé?

Les peuples (s’ils étaient forts et courageux), par l’utopique voie républicaine et politique, pourraient donc déclarer officiellement (par la voix de leurs représentants) la guerre à la spéculation financière, et la combattre.

Pour bien faire les choses, il faudrait pouvoir éliminer purement et simplement toute entité en capacité d’investir sur les marchés pour spéculer. En clair, il faudrait interdire la spéculation (à unique but lucratif), pour n’autoriser que l’investissement (profitant à l’intérêt général).

Les marchés financiers ne devraient définitivement plus être comparés à des casinos géants totalement légaux. Le mot « miser » (ou l’expression « jouer en bourse ») devrait être banni pour être remplacé par « investir ».

Dans toutes les banques du monde, il faudrait supprimer les officines plus ou moins discrètes (et secrètes) qui construisent des « produits financiers opaques et complexes » commercialisés à des gens qui n’y comprennent rien, il faut supprimer les « produits dérivés ».

Bien entendu, il faudrait également interdire la spéculation sur les matières premières, et d’une manière générale interdire toute spéculation sur ce qui va à l’encontre de l’intérêt général (alimentation, produits de nécessité, santé, eau, pétrole, électricité, métaux, etc.).

Il faudrait par ailleurs interdire la vente à découvert, l’effet de levier et bannir les ordres robotisés automatiques.

En gros, pour bien faire il faudrait revenir en arrière de plusieurs dizaines d’années, en urgence.

La sérénité, l’apaisement et la stabilité devrait être l’objectif, plutôt que l’affolement et la fluctuation « en temps réel ». Tout va trop vite, le rythme des choses devrait se « désaccélérer » (décroissance, puis déglobalisation). Le système ne doit pas avoir le dessus sur nous, mais au contraire, nous devrions garder toujours le dessus sur le système, et les technologies devraient être repensées pour nous y aider, plutôt que de nous contraindre.

Bien entendu, il est impératif que le politique reprenne le contrôle sur le financier, même s’il fallait nationaliser la plupart des institutions financières.

La solution ultime consistera bien entendu à ne plus autoriser le moindre paradis financier, et donc fiscal, partout sur la planète.

La sauvegarde de notre monde moderne vaut bien quelques dizaines de milliers d’emplois perdus dans la haute finance?

Hélas pour eux, je crains que les banquiers aient bientôt à devoir raser les murs, et se faire plus discrets.

Quel avenir pour les entrepreneurs?

Je suis de ceux qui estiment qu’on ne parle pas assez des entrepreneurs, je trouve qu’on n’en dit jamais assez de bien.

J’en profite pour leur rendre hommage, surtout en ces temps de crise, ils sont en première ligne, en pleine guerre économique mondiale, et doivent jongler quotidiennement avec des nouveaux problèmes qui les dépassent bien souvent.

Les entrepreneurs, parce qu’on les appelle aussi patrons, ne sont pas considérés à leur juste valeur dans la société.

Prenons garde de ne jamais confondre les « élites », ces haut dirigeants des grandes entreprises capitalistes qui ont des intérêts discutables, avec les millions de patrons de petites entreprises à taille humaine, qui se battent pour leur liberté d’entreprendre, ou simplement pour préserver ce qu’ils ont su créer.

Tous ces gens qui ont des idées, qui les mettent en œuvre, qui vivent de leurs initiatives, qui prennent des risques financiers souvent considérables en s’endettant, permettent à beaucoup d’autres, employés et collaborateurs, directs ou indirects, d’en vivre sans en avoir les soucis.

Je sais que c’est politiquement correct d’affirmer que sans les travailleurs, sans les employés, il n’y a pas d’entreprise, et donc pas de patrons, mais ce n’est pas manquer de respect aux employés que de rappeler que sans les entrepreneurs, sans les patrons, il n’y aurait jamais d’emplois, donc d’employés. Les uns nécessitent les autres. Néanmoins, contrairement à la question de savoir qui de l’œuf ou de la poule vient en premier, pour qu’il y ait des employés, il faut d’abord créer une entreprise à partir d’une idée et du courage d’un entrepreneur, c’est seulement une fois l’activité lancée qu’on peut envisager de créer de nouveaux emplois.

Toute société moderne nécessite des entrepreneurs qui ont des idées, à l’origine d’entreprises, à l’origine d’activités économiques, à l’origine de nouveaux emplois, à l’origine de la consommation. La boucle est bouclée. Tout ce qui viendrait enrayer cette logique, enraye le système, et compromet la cohésion sociale.

De mon point de vue, les entrepreneurs, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, représentent la première richesse de la communauté, et c’est à ce titre que je demande qu’ils soient respectés, dignement et simplement pour ce qu’ils sont, et ce qu’ils apportent.

La crise financière mondiale que nous traversons met en exergue l’un des principaux problèmes : le financement des projets d’entreprises, le financement du développement ou celui des investissements.

De l’avis de tous, les banques, en plus de faire de l’argent sur le dos de leurs clients, devraient jouer un rôle primordial et stratégique : assurer le financement du développement et de l’investissement, pour perpétuer continuellement et sans faille l’économie réelle des sociétés humaines.

Depuis de nombreuses années maintenant, les banques ne jouaient plus vraiment ce rôle, et avaient privilégié de « fabriquer » de l’argent « virtuellement » avec toujours plus d’argent « virtuel », notamment au travers des places financières et des mécanismes et produits financiers qu’elles ont inventé, au lieu de financer plus largement l’initiative économique, le développement de l’économie réelle.

La France regorge de talents, paraît-il, alors il faut sans plus attendre permettre à tous ceux et celles qui ont des prédispositions à s’engager dans de nouvelles activités en assurant le financement de leurs (bonnes) idées, et de leurs projets (réalistes).

Il faut financer la matérialisation des idées pour les transformer en réalisations concrètes chaque fois que c’est possible, c’est à dire en entreprises viables, en activités économiques réelles.

Hélas, aujourd’hui, la plupart du temps lorsque quelqu’un a une (bonne) idée, il ne trouve jamais le financement pour son investissement initial, c’est un véritable chemin de croix que de trouver des fonds pour se lancer y compris dans un vrai projet viable.

Le gouvernement français, sous l’impulsion du Président Sarkozy a bien compris l’enjeu stratégique que représentent les petites entreprises et les entrepreneurs, et a pris des mesures très intéressantes pour les protéger contre le tsunami de la crise mondiale.

Le déploiement très rapide d’un dispositif de soutient aux P.M.E., au travers des « Parrains P.M.E. » ou des « Médiateurs » est un premier succès, même s’il est encore insuffisant. Au moins il aura permis de résoudre un certain nombre de problèmes immédiats, et de « prendre la température ».

L’utilisation plus intensive et mieux organisée d’organismes tels qu’Oséo pour financer le développement est une excellente chose aussi, même si encore une fois, les procédures sont trop longues pour aboutir.

Quels sont les problèmes des entrepreneurs aujourd’hui, en pleine crise ?

– les banques ne financent pas les projets qui ne présentent pas les garanties nécessaires (pour faire simple, on prête un euro contre un euro en garantie en face),

– les banques ne financent ni le stock ni le fond de roulement, alors que pour vendre, quand elles ont des marchés, les entreprises nécessitent d’avoir du stock d’avance,

– les banques limitent ou annulent les découverts « autorisés » ou « tolérés », alors que la trésorerie des entreprises est toujours plus tendue, les délais de paiement des clients s’allongent par ailleurs,

– les assureurs-crédit limitent ou annulent les garanties auprès des fournisseurs ou des grossistes au moindre incident, contraignant les petites entreprises à devoir payer comptant leurs marchandises, alors qu’elles n’ont souvent pas de trésorerie,

– les contrôles fiscaux sont toujours plus nombreux, dans un système devenu plus sécuritaire, il faut que l’état puisse contrôler pour avoir confiance, hélas lorsque le monde de l’entreprise à taille humaine rencontre l’univers du contrôle fiscal, souvent ils ne se comprennent pas, et ils ne bataillent pas à armes égales,

– les services du Trésor Public ne facilitent pas les choses en ne remboursant pas rapidement les crédits d’impôts ou de TVA, parfois le Trésor Public, donc l’État doit des dizaines de milliers d’euros à des petites entreprises, qui doivent attendre des mois pour être remboursées, ou même avoir l’autorisation d’en faire simplement la demande !

– les charges patronales, sociales et générales augmentent continuellement, compromettant la compétitivité des entreprises et activités locales face aux entreprises et activités mondiales.

On ne pourra pas résoudre rapidement tous les problèmes des entrepreneurs, mais je souhaite qu’on puisse au moins en résoudre un : le financement des projets de développement et le financement des bonnes idées.

Il n’est plus acceptable que dans un pays comme la France, ce soient des banquiers qui décident, souvent en petit comité, de l’éligibilité au financement de tel ou tel projet. Chacun son métier. Qui peut prétendre aujourd’hui que les banquiers ont à eux seuls les compétences pour comprendre la vision d’un entrepreneur, saisir toute la pertinence d’une nouvelle idée ?

Je souhaite que tout dossier de financement de projet d’entreprise refusé par une banque soit systématiquement audité par un comité d’entrepreneurs et de business développeurs dont c’est le métier que de créer de l’activité économique, à qui on demandera un avis qui devra être entendu.

Avec un avis favorable, l’État apporterait une caution financière suffisante, permettant à la banque de débloquer le financement du projet à un taux préférentiel pour l’entrepreneur, porteur du projet.

Un organisme tel qu’Oséo pourrait parfaitement mettre en place, dans chaque région, une équipe d’entrepreneurs et d’experts dans différents secteurs d’activité, qui auraient leur mot à dire lorsqu’une banque rejette le financement d’un projet de création d’entreprise ou d’investissement, et qui pourraient faire basculer la balance dans le bon sens.

Trouvons ces experts, trouvons ces entrepreneurs déjà établis qui pourront comprendre leurs homologues, trouvons ces business développeurs, ces gens qui savent comment, à partir d’une idée, produire de l’activité, de manière sécurisée et viable. Au lieu de les voir partir à l’étranger où ils sont compris et reconnus, gardons-les, et utilisons leurs compétences !

Je sais que l’avenir est très sombre, mais si toutes les énergies créatives, si toutes les bonnes volontés se réunissent, la crise pourrait se transformer en une nouvelle chance de transformer nos institutions, et d’en réformer leur fonctionnement.

Crise économique et sociale : le scénario noir

Personne ne peut l’affirmer, mais il est désormais plus que probable que le monde entier a entamé la fameuse phase de décroissance annoncée par les spécialistes depuis des années

Malheureusement, toute l’organisation humaine, à la fois économique et sociale, est aujourd’hui “indexée” sur les produits énergétiques primaires et dérivés, notamment le pétrole. L’augmentation du prix du baril (qui a pratiquement quadruplé en l’espace de quelques années) et la faible valeur du dollar américain face aux autres monnaies conduisent à une situation jamais vue dont les conséquences immédiates, différées et latentes amènent à une criticité extrême.

Depuis des années, des centaines de scientifiques, économistes, spécialistes et autres chercheurs alarment les gouvernements partout sur la planète en expliquant qu’il est urgent d’agir, que le pétrole n’est pas éternel et que les menaces qui pèsent sur l’humanité sont immenses à partir du “peak oil” (que certains analystes considèrent comme étant déjà atteint).

Hélas, aucun pouvoir politique, nulle part sur la planète, n’a jamais cru bon devoir prendre suffisamment au sérieux les études alarmistes, pire : les déclinologues sont même décriés et critiqués. C’est ainsi que nous nous retrouvons, en 2008, au début de la plus sérieuse “crise systémique globale” de l’histoire humaine récente, qui selon moi, conduira à un changement de civilisation dramatique et brutal dans les 5 à 20 ans à venir.

Au risque de paraître “catastrophiste”, et je le dis froidement en mesurant tout ce que ça implique : il n’existe aucun “plan B”, aucune énergie alternative, et aucun moyen de maintenir l’humanité et son système économique dans un état stationnaire viable à moyen terme. Par conséquent, puisque c’est déjà trop tard, quoi qu’on fasse aujourd’hui, d’immenses drames vont se produire inévitablement, les contrées les plus pauvres seront bien entendu les premières à en subir les conséquences, mais nul ne sait à partir de quel seuil les contrées les plus riches seront préservées, notamment dans le monde occidental, ou dans les pays dits “émergents” ou “riches”.

Je suis objectif et pragmatique. Nous connaîtrons, y compris en Europe, une période sombre et très difficile à négocier où se dérouleront des drames qui vont plonger des millions de nos concitoyens les plus fragiles dans un état de grande pauvreté matérielle, physique et psychologique, entraînant avec eux toute la société moderne et développée dans une sorte de lente décroissance chaotique.

Depuis des années j’évalue et j’analyse des risques et leurs conséquences et je modélise et vulgarise des scénarios pour les expliquer, je concentre l’expérience et l’information tirés d’études diverses faites par tant d’autres spécialistes. La synthèse de cet ensemble permet de produire un scénario noir qui me semble le plus réaliste, et qui aujourd’hui est connu de tous les chefs de gouvernements occidentaux.

J’évoque ci-dessous, de manière succincte et non exhaustive ce qui pourrait se produire dans les mois et années à venir.

– Recrudescence de troubles sociaux violents, qui par ailleurs s’installeront dans la durée (manifestations violentes prolongées, grèves récurrentes, mouvements sociaux inattendus pouvant éclater à tout moment n’importe où pour des motifs plus ou moins sérieux nécessitant toujours plus de moyens humains et matériels coûteux pour assurer la sécurité publique).

– Populations de moins en moins hostiles aux actions de protestation et de blocage économique et politique au niveau du pays.

– Criminalité en hausse globalement, confrontations intercommunautaires et intra-communautaires, irritations et jalousies exacerbées entre les individus conduisant à une multiplication de situations conflictuelles, de plus en plus violentes.

– Augmentation du nombre d’initiatives criminelles personnelles et isolées (ou menées par des petits groupes) de type “actions terroristes” (non religieuses et indépendantes) ou de “sabotages” d’infrastructures, revendiqués ou non, visant à déstabiliser ou à critiquer les actions politiques sociales ou économiques qui nuisent aux intérêts des individus.

– Défaillance des gouvernements et débâcle politique (impossibilité de faire face aux problèmes par des mesures politiques), accentuation de la perte de confiance dans le pouvoir politique, décrédibilisation des gouvernements qui perdent en représentativité.

– Apparition du pouvoir centralisé et concentré, conduisant “mécaniquement” à des dérives vers la “dictature démocratique” puis vers le “totalitarisme démocratique” portant l’habit d’un gouvernement républicain.

– Contrôle accru des médias (l’internet en particulier), avec le risque qu’un fossé se creuse entre le pouvoir politique et le “cinquième pouvoir”. Apparition de la “censure informelle”, dite de “convenance politique”, défavorable aux journalistes indépendants et libres, qui créeront leurs propres canaux d’informations parallèles et indépendants.

– Accentuation du risque d’atteinte à l’intégrité physique des personnalités politiques ou publiques exposées, de quelque tendance que ce soit.

– Fragilisation du système bancaire par la recrudescence des faillites et des créances irrécouvrables, défaillances des remboursements des crédits à la consommation et défaillances des remboursements des crédits immobiliers.

-Amplification de la crise financière internationale, perte de lisibilité sur les principales places de marché, mouvements spéculatifs incontrôlés et trop dynamiques pour être maîtrisés, installation dans une tendance baissière lourde.

– Émergence du phénomène de “stagflation” mélange de stagnation (économie molle, faible croissance, ou croissance nulle) et d’inflation, conduisant au pire scénario économique limitant toutes les marges de manœuvres, aux conséquences incalculables.

– Création de “bulles urbaines sécurisées” (zones commerciales, autour de grandes entreprises et d’institutions, infrastructures stratégiques, agglomérations privilégiées, quartiers résidentiels protégés, villes sous contrôles d’accès) et émergence de “zones de non droit” délaissées et hors de contrôle, ruinées, notamment les petites zones urbaines ou rurales, faute de moyens financiers et humain pour en assurer la sécurité et le développement.

– Impossibilité d’assurer la sécurité de manifestations publiques massives (événements sportifs, culturels, etc.), qui deviennent progressivement proscrites.

– Risque important de vandalisme dans les grandes surfaces et les grands commerces mal sécurisés et fortement fréquentés, où les gens excédés viendront se servir sans payer, lors de mouvements sociaux hostiles et localisés, qu’il sera par ailleurs très difficile de combattre ou d’empêcher.

– Stations services et dépôts de carburants dévalisés, puis vandalisés et saccagés, vols de matériaux énergétiques (recrudescence des vols de carburants depuis les réservoirs des véhicules privés et professionnels).

– Transports routiers et même trains complets de marchandises ciblés, piratés et vandalisés (vols en bandes organisées par des actions violentes de type paramilitaires).

– Apparition du marché noir et du troc, puis rapidement de la désobéissance civile, conduisant à l’impossibilité d’encaisser les taxes gouvernementales et d’assumer les budgets des États, et pour ceux qui le peuvent, fuite des capitaux vers les zones sécurisées (pays défiscalisés ou à fiscalité avantageuse).

– Difficultés pour les pays et les institutions publiques à payer les salaires des fonctionnaires, les indemnités de chômage ainsi que les retraites.

– Montée progressive du contrôle militaire dans la gestion quotidienne des crises, d’abord par l’utilisation de la gendarmerie, puis par les forces militaires conventionnelles, qui seront de plus en plus présentes et sollicitées.

– Émergence de nouveaux leaders et groupuscules “autonomes” difficiles à contrôler.

Le tableau est noir. J’en suis conscient. La liste des conséquences dans nos vies de tous les jours est encore longue. Quoi qu’il en soit, il vaut mieux être préparé au pire, en espérant que le pire n’arrive jamais.

Apprêtons-nous donc à traverser une période douloureuse en se disant qu’il y a toujours pire ailleurs, et profitons de chaque jour qui passe. Pensons également à prendre les bonnes décisions et à faire les bons choix. Voyons loin.

Après tout, le catastrophisme, c’est aussi un principe de précaution.

Sommes-nous à la veille d’un trouble majeur?

Le gouvernement français vient d’annoncer un taux de chômage historiquement bas puisqu’il revient à son niveau de 1983 (25 ans plus tôt, à 7,5% de la population active).

C’est formidable, n’est-ce pas? La tendance baissière est si forte que nous sommes à un cheveu du plein emploi (le Président Sarkozy s’y était engagé il n’y a pas si longtemps, il pourrait bien y parvenir visiblement).

Nul doute que selon la nouvelle formule de calcul de l’INSEE, ce taux est correct.

Dans le même temps, on ne peut pas critiquer l’acharnement visible et audible des ministres à vouloir réformer et changer le pays, sous l’impulsion d’un Président énergique, présent et actif.

Mais ce taux de 7,5% est-il celui qui donne la réelle image du chômage dans notre pays?

Il paraît évident que non. Pour le gouvernement, seuls un peu plus de 7 français sur 100 en capacité de fournir un travail nécessaire seraient des chômeurs. Qui peut croire cela?

Je suis un observateur avisé de la société, mais je suis surtout un entrepreneur exigeant, et dans mon métier, la prise en compte des paramètres est cruciale, autant que leur interprétation. J’ai donc besoin, comme tout décideur, des bons paramètres, des bonnes variables, au bon moment.

On n’imagine pas le nombre de décisions stratégiques, toutes placées dans leur contexte et à leur niveau, qui sont prises et les actions qui découlent d’une statistique donnée. Si la statistique est faussée, les décisions engagées ont bien souvent des répercussions catastrophiques.

Pour moi, le chômage doit être défini comme l’inactivité même partielle d’une personne en capacité de travailler et qui le nécessite, à plus forte raison lorsque le revenu de son travail ne lui permet pas de vivre régulièrement et sereinement, “selon les standards occidentaux”. Ces standards évoluant sans cesse.

Une personne “en capacité de travailler et qui le nécessite” dans la société occidentale, c’est quelqu’un, un homme ou une femme, qui a entre 18 et 65 ans, qui peut fournir un travail afin d’en générer un revenu, qui est dépendante du “système économique tel qu’il est conçu” pour subvenir à ses besoins les plus variés, qui ne soit pas ni scolarisé, ni malade au point de devoir être assisté par la société.

Les hommes et les femmes qui ont décidé de ne pas travailler en ayant la possibilité de vivre de leurs propres ressources, ou de celles de leurs proches ne sont pas concernées (femmes au foyer par exemple).

Depuis bien longtemps je ne me fis plus aveuglément aux données officielles. Je préfère bâtir mes projets, avoir ma propre idée et ma vision de long terme en tenant compte également des informations “grises” (peu vérifiables car peu documentées et officieuses), perçues plus réalistes, et qui circulent ou qui sont glanées dans “les milieux bien informés”.

Quel est donc le véritable taux de “chômage” en France? Probablement plus proche de 19% que de 7,5%. Ce qui change absolument tout. Certains estiment même qu’il dépasse nettement les 20% pour atteindre le quart de la population active, vous imaginez?

On peut s’amuser ainsi à évoquer d’autres données. Par exemple, la hausse des prix des produits de consommation courante depuis 10 ans, a-t-elle été de 15 à 17% si l’on s’en tient aux statistiques INSEE (+1,5% par an en moyenne basse), ou plutôt de 62 à 65% (voir plus sur certaines catégories de produits) si l’on considère que les prix ont augmenté réellement de 4,5% par an en moyenne basse ces dix dernières années?

Rappelez-vous il y a 15 ans, comme il était “prestigieux” de toucher un salaire de 10000 francs par mois, ce palier psychologique était important. Aujourd’hui, est-ce que vous avez l’impression que 1500 euros (l’équivalent de 10000 de nos anciens francs) suffisent à atteindre la moitié ou les deux tiers d’un mois pour vivre sereinement? Et combien gagnent plus que 1500 euros par mois, 15 ans après?…

De toute évidence, le nombre de pauvres augmente à grande vitesse, et dans le même moment, les pauvres s’enrichissent beaucoup plus lentement que les riches.

Le plus inquiétant, c’est que la tendance est loin de pouvoir s’inverser, au contraire, elle va nettement se consolider sur sa lancée avec les difficultés qui arrivent à nous, ou nous à elles.

Pour moi, la hausse du prix du pétrole va jouer un rôle déterminant dans le processus de “renversement” du système occidental, et pire, il n’est pas réellement intégré dans les stratégiques politiques de court et moyen terme.

Nous paierons bientôt le baril à 120$, puis des seuils comme 140$ à 180$ seront à portée des marchés dans les années qui suivront.

On ne réalise pas à quel point du prix du pétrole dépend intimement et absolument tout notre mécano économique et social.

Que dire encore de l’euro face au dollar, on nous assure qu’il nous protège, peut-être, c’est un point de vue, celui de Trichet notamment, il doit avoir ses raisons. L’écart économique entre la zone USD et la zone EUR se creuse à une vitesse folle. Certains évoquent un euro contre deux dollars prochainement. On y est presque, effectivement.

N’oublions pas que depuis de nombreuses années déjà, c’est hors de la zone EUR que la croissance est la plus forte et la plus dynamique, et que sur ces marchés, tout se négociera encore pendant longtemps en USD. L’Europe n’a donc aucune chance de pouvoir en profiter.

Qui peut en prédire les effets? Personne précisément, on sait juste qu’ils seront… dramatiques pour les peuples.

D’ailleurs, parlons croissance. En France, elle est annoncée et maintenue autour de 2 à 2,5% en 2008, que ce soit le Premier Ministre ou la Ministre de l’Économie, ils en sont convaincus, sur quelle base et sur quelles études, on ne sait pas. En réalité, il se dit que depuis quelques années, peut-être 2 ou 3 ans, la France n’est ni en croissance, ni même en stagnation, mais en “croissance déficitaire”. C’est très différent. C’est la décroissance.

Notre monde moderne est suspendu à certaines données économiques fondamentales (comme le prix du pétrole). Des populations civilisées, à priori structurées, vivant selon des “hauts standards humains” et qui semblent protégées par leurs institutions, telles que les nôtres, pourraient bien être retournées comme des crêpes, en l’espace de quelques années, à partir d’un certain seuil, mais on ne pourra pas le démontrer avant qu’il ne soit trop tard. Ni dire exactement comment cela va se produire, et avec quels effets.

C’est le principe de l’élastique qui va rompre lorsqu’il est trop étiré, on sait qu’il va rompre, mais on ne sait pas vraiment à quel moment.

Nous sommes à la veille d’un trouble majeur. Certains, personnes morales ou physiques, s’en sortiront néanmoins, mieux que la plupart, à condition d’y être bien préparé.

Bientôt des lendemains qui déchantent…

On a le sentiment que dimanche 22 avril 2007, la France avait rendez-vous avec son histoire.

Les analystes sont unanimes pour rappeler que les enjeux des Élections Présidentielles de 2007 étaient cruciaux, capitaux, déterminants, et dans tous les cas, lourds de conséquences pour l’avenir d’un pays qui sombre avec son peuple, tout du moins il en donne des signes indiscutables.

Dans toutes les couches de la population, la demande de rupture avec les politiques traditionnelles, le besoin d’un véritable changement profond semblait prédominer.

Un autre sentiment aussi qui ne nous aura pas échappé, celui d’un étouffement sous le poids de plus de trente années de politiques alternatives de gauche et de droite traditionnelle qui n’ont jamais amélioré le sort de l’individu, personne physique, ou de l’entreprise, personne morale, au contraire.

Pour tout observateur un peu honnête, il est flagrant de constater que les élections au premier tour permettent une fois de plus à deux candidats du système politique traditionnel de pouvoir briguer un mandat présidentiel, le pari du changement est loin d’être gagné. Derrière chacun des deux candidats, il y a un système, complexe, huilé, des appareils politiques indémontables, des inerties, un jeu de marionnettes tirées par des ficelles.

Un système politique bipolaire dont l’idéologie, les décisions stratégiques au travers des politiques successives sont indiscutablement à l’origine de la situation d’un pays comme la France, dépouillé de ses forces vives, de ses savoirs-faire, de son industrie, de sa recherche, de ses élans et de ses dynamiques, de ses qualités, de ce qui faisait de lui l’un des leaders mondiaux dans d’innombrables domaines, avec notamment la mise en valeur de “la qualité à la française”, la marque de fabrique du pays France.

Nicolas Sarkozy, non la France n’est plus la cinquième puissance mondiale mais plutôt la sixième depuis 2006 et bientôt la septième voire au delà si l’on en croit la tendance de fond, et il n’y a pas 2 millions de chômeurs en France (nombre d’actifs sans travail), mais probablement près du triple. Ségolène Royal, je ne vous ai pas entendu nous donner les véritables chiffres… ni même au moins votre sentiment.

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont probablement plein de bonnes volontés, sûrs de leur engagement respectif, motivés à atteindre les plus hautes responsabilités, résolus à présider un pays qui nécessite plus que jamais d’être redressé.

Objectivement, et il faut prendre beaucoup de hauteur pour le réaliser en tenant compte d’une multitude de paramètres ayant tous des conséquences les uns avec les autres, les programmes politiques de Royal ou Sarkozy ne permettront pas de sauver le pays, je le dis avec la plus grande gravité.

On pourrait citer d’innombrables raisons pour illustrer mes propos, mais globalement les freins viendront du poids des boulets à traîner, des influences des lobbies, de la puissance des groupes de pression qui gonflent, qui gonflent…

Les principales raisons sont néanmoins connues : les programmes politiques qu’ils représentent ne s’attaquent pas aux causes des problèmes, mais tentent de proposer des rustines qui auront toutes une telle inertie dans leur mise en œuvre que leur productivité sera imperceptible en définitive.

Par ailleurs, aucun des deux programmes ne permet de stabiliser, ou mieux de réduire la dette du pays évaluée à 2500 milliards d’euros (ce qui, je le rappelle, fait 15000 milliards de francs), au contraire ils alourdissent la colossale ardoise française.

D’ailleurs ayons le courage d’affirmer une fois pour toute que cette dette est purement et simplement irremboursable (ne serait-ce que techniquement), ce qui reviendrait à dire que le pays est ruiné, en situation avérée de faillite, auprès de l’ensemble de ses créanciers.

Pour être très concret, ce que les français n’ont probablement pas bien compris (parce qu’on se garde bien de le leur expliquer), mais aussi ce que la quasi majorité des candidats à la présidentielle, et non des moindres puisque les trois principaux ne le soulignent jamais, c’est que sans des mesures immédiates (par immédiates j’entends “à très court terme”, c’est à dire à une échelle de temps qui se mesure en mois et non en années), draconiennes, socialement et économiquement contraignantes, il est vain de croire que non seulement la France pourra investir pour son avenir, et donc se réformer, ni ne pourra être sauvée.

Sauvée de quoi me dira-t-on? Sauvée d’un pourrissement certain, qui la conduira de toute évidence à la formation d’un immense fossé entre quelques très riches, de pouvoir ou d’argent, et une masse incalculable de gens pauvres, et d’entreprises fragilisées. Un amalgame auquel il deviendra toujours plus difficile de se sortir sans drames inévitables.

On peut prendre le risque de tenter une analyse rarement produite ailleurs.

Si l’on considère, à raison, que les thèmes (mais pas forcément les idées) de l’immigration, de la nation, du protectionnisme social ou économique, de la fiscalité optimisée, de la sécurité qui sont généralement associés à ce qu’on appelle “l’extrême-droite nationaliste” (pourtant décriés et inabordables auparavant) ont été purement et simplement extorqués et utilisés au profit du racolage organisé par le PS et l’UMP dans le but de dépouiller son principal promoteur, l’original Jean-Marie Le Pen.

Nous avons tous assisté à ces surprenants pillages, lorsque Ségolène Royal promettait d’offrir des drapeaux français à tous les citoyens, quand elle chantait soudainement la Marseillaise à la fin de ses meetings, quand elle évoque l’encadrement militaire des jeunes délinquants ou encore quand Nicolas Sarkozy déclarait qu’il allait créer un Ministère de l’Immigration, ou quand il affirme que parler de Nation ne doit pas le taxer de nationalisme, n’est-il pas largement inspiré?

On doit donc légitimement penser qu’une partie des voies captées par Royal ou Bayrou sont acquises sur ces idées, et qu’il en est de même à plus forte raison pour Sarkozy également.

Si l’on considère, hypothèse basse mais tellement probable, que sur la base des idées “de leur ligne dure” respective, 10% des gens ont voté pour Royal (soit 2,6% des suffrages nationaux sur les 25,9% réalisés au premier tour), 5% pour Bayrou (soit 0,9% des suffrages nationaux sur les 18,5% réalisés au premier tour) et 15% pour Sarkozy (soit 4,7% des suffrages nationaux sur les 31,2% réalisés au premier tour), et que nous cumulons les scores de Le Pen (10,5%), De Villiers (2,2%), et Schivardi (0,5%) nous avons une idéologie de type “nationaliste” qui avoisine les 21,4 % dans la population.

Il y a donc bien en France, une poussée significative et continue d’une certaine idéologie que j’appelle “nationaliste moderne et progressiste” qui prône un peu plus de fermeté, et la construction d’un nouveau modèle sociétal, à la fois pour la France, mais aussi pour l’Europe, en rupture avec le “système” UMP-PS-UDF.

La nouvelle ligne politique de Jean-Marie Le Pen est donc logiquement la bonne, si l’on considère les thèmes évoqués précédemment, surtout dans ses nouvelles approches sociales et humanistes.

Il est bientôt venu le temps, où les pays du monde réaliseront à quel niveau la France a chuté, et pour le peuple de France je pressens des lendemains qui déchantent.

Qui pouvait prédire que des français issus de l’immigration allaient voter Front National?

La deuxième génération de français issus de l’immigration trouble et perturbe le jeu politique à la veille des Présidentielles. Voilà des individus citoyens légalement français, dont les parents sont originellement maghrébins ou africains et qui vont voter massivement Jean-Marie Le Pen, candidat du Front National.

Un Front National qui semble d’ailleurs épuré, rénové, objectif, autour d’une ligne politique beaucoup plus respectueuse des uns et des autres et où évoluent des idées sociales et économiques innovantes et à priori réalistes, un mouvement politique qui incarne désormais ce que j’appelle le nationalisme moderne, fédérateur.

Un Front National qui se déclare ni de droite ni de gauche, et encore moins d’extrême droite, et qui se positionne “hors système”.

Écoutez les messages et les arguments crédibles d’Ahmed (“La banlieue s’exprime”, labanlieuesexprime.org) ou encore de Farid Smahi (cadre Front National), ils revendiquent clairement leur identité française, leur appartenance à la France, leur Nationalité Française et l’idée qu’ils se font de la France, au point qu’un Gaulois pourrait parler comme eux, eux-mêmes parlent comme des Gaulois. N’est-ce pas suffisamment perturbant pour ne pas qu’on y attache un certain regard ? N’est-ce pas l’idéal absolu en matière d’intégration ?

Ahmed ou Farid représentent des dizaines de milliers de français issus de l’immigration, qui sont plein de bonne volonté, mais écrasés, désabusés et engloutis par un système mal pensé et mal conçu qui laisse définitivement certaines catégories de personnes à l’écart.

Ce sont des français issus de l’immigration qui comprennent que la préférence nationale du programme de Jean-Marie Le Pen les protège vraiment plus qu’il ne les fragilise.

Rappelez-vous qu’il n’y a pas si longtemps, dans les médias les Nationalistes étaient fondamentalement des racistes, alors qu’ils s’épuisaient à nous répéter que non. On nous aurait manipulé et menti à ce sujet ?

Dans les banlieues, on sait comme partout ailleurs que seuls quatre candidats ont une réelle chance de gouverner un pays malade, au bord d’un de ses plus grands drames.

Objectivement, le raisonnement des laissés pour compte est cohérent voire indiscutable, il rejoint celui de nombre d’analystes sérieux et anonymes. Depuis des dizaines d’années, les gouvernements ont accumulé dans des ghettos autour des grandes villes des millions de gens leurrés par des espoirs et des promesses jamais tenues, qui sont globalement exploités et à qui on n’offre rien d’autre qu’une misérable vie d’individus devenus infréquentables.

Le résultat, c’est qu’aujourd’hui, ces millions de gens se voient en plus enfermés dans une sorte de ghetto mental qui se referme sur eux. Aucun de ceux-là ne pourrait renouveler sa confiance ni au PS, ni à l’UMP, ni à l’UDF, pour l’évidente raison que ce sont ces mouvements politiques qui sont à l’origine de leur misérable existence, ce qui curieusement n’empêche pas leurs dirigeants respectifs d’assurer que le mal est du côté du Front National et de son mentor Jean-Marie Le Pen.

Une seule chose est certaine, l’orientation politique des banlieues est stratégique, compte tenu du poids qu’elles représentent.

L’idéologie a évolué, et désormais il va falloir compter sur l’engagement républicain de millions de gens qu’on n’attendait pas là, dans toutes les banlieues de France.

Les gens sentent ou savent qu’on leur ment, que les promesses servent à les endormir.

Dans les banlieues, les gens ont peut-être cette qualité instinctive qui les démarquent des autres français, ils seront les premiers à avoir le courage d’aller au bout de la démarche, une démarche qui consiste à donner sa chance à un homme de valeurs et de convictions, qui aura donné sa vie au combat politique malgré les innombrables difficultés pour la sauvegarde d’une certaine France, qualitative, libre, juste, respectueuse, humaine et humaniste, centrale dans le monde, à l’intérieur d’une autre Europe qui s’alignerait sur les mêmes valeurs.

D’une certaine manière, le combat de Jean-Marie Le Pen a fini par croiser celui des populations des banlieues. Leur rencontre même si elle apparaissait comme improbable, devient légitime et se renforce.

La nouveauté c’est qu’ils dialoguent, ils se surprennent à se comprendre et découvrent qu’ils ne sont pas ni opposés, ni ennemis … au contraire.

Le vote électronique débarque en cachette pour les présidentielles

Le 22 avril 2007, près d’un million de concitoyens vont être obligés d’utiliser une « machine à voter électronique » pour choisir leur Président de la République, c’est une première en France.

Des informaticiens se regroupent pour crier garde : « le vote électronique est potentiellement une énorme arnaque » car selon eux, le risque de fraude est ahurissant, sans que personne ne puisse ni s’en rendre compte ni rien vérifier.

Outre la possibilité de « pirater » ou « trafiquer » le système et les résultats, le contrôle par les citoyens pendant ou après les votes est strictement impossible, à plus forte raison pour des non-initiés.

J’avais déjà mis en garde par le passé tous ceux qui voulaient bien m’entendre à ce sujet en leur expliquant comment on pourrait très facilement envisager la « manipulation » des votes sur une machine à voter électronique, ayant moi même une longue expérience informatique et une vision éclairée sur la question des risques informatiques et de la sécurité informatique.

Un informaticien hollandais (qui est également hacker politiquement engagé à ses heures perdues) a démontré que la machine à voter électronique de la même marque que celle qui sera utilisée en France (homologuée par le Ministère de l’Intérieur) est facilement piratable.

C’est dramatique de s’en rendre compte à deux mois des élections, d’autant que le déploiement des machines à voter électronique en France est silencieux et se généralise, sans la moindre réflexion de fond.

Qui osera parler de décroissance?

Les Présidentielles de 2007 en France semblent revêtir une importance particulière, comparativement aux précédentes. On a le sentiment que le choix est crucial pour l’avenir du pays et de son peuple. Sans parler du rayonnement qu’il aura pour l’avenir de toute la construction européenne.

Les gens ont bien compris ce qui se joue cette fois, et pour certains, il n’est plus question de se tromper. Globalement, l’idée est de donner une nouvelle orientation politique stratégique pour la France, et par là même aussi pour l’Europe, qui n’a jamais réellement su convaincre. Certains observateurs soulignent que jamais, depuis plus de 40 ans, les élections présidentielles françaises n’auront été plus décisives.

Les candidats sont nombreux au delà des ténors Sarkozy, Royal, Le Pen et nouvellement Bayrou, on compte déjà une vingtaine de prétendants.

Tous abordent les mêmes thématiques avec leurs solutions, sans craindre d’être démagogues, parfois aveuglés par des visions trop larges (ou trop étroites), généralement toujours assez éloignées des réalités de terrain.

On entendra donc forcément parler d’économie, de fiscalité, d’emploi, de pouvoir d’achat, de santé, d’éducation, de sécurité, et aussi d’écologie, le véritable dernier sujet à la mode.

Les français qui aspirent à un profond changement dans leur vie quotidienne, peut-être même à un bouleversement radical du paysage politique, ont bien intégré les thèmes récurrents, ils ont également bien observé l’évolution de leur pays et de leur mode de vie depuis 30 ans, ils savent désormais que rien ne changera ni avec une politique de gauche traditionnelle, ni avec une politique de droite traditionnelle.

Jusqu’à preuve du contraire, la tendance lourde est quand même la rupture de confiance qui existe entre le peuple et les hommes politiques professionnels.

Tout le monde a bien compris que même s’il s’agit d’élections nationales qui portent à priori sur des questions nationales, un certain nombre de sujets incontournables et stratégiques ne pourront pas être éludés tels que les conséquences du réchauffement climatique, les problèmes de terrorisme international, les problèmes du Proche-Orient ou du Moyen-Orient, les interrogations sur les ressources énergétiques épuisables, l’avenir du développement durable, la gestion et le contrôle de l’immigration, les projets de co-développement, notre relation avec les pays à bas coûts de main d’œuvre ou à coûts de fabrication inéquitables, etc.

Alors vers qui faut-il se tourner? Les altermondialistes jugés trop “gauchistes” ou “idéalistes”? Les centristes jugés trop “mous”? Les libéraux jugés trop “outrageusement capitalistes”? Les nationalistes taxés de faire trop de … “nationalisme”?

Si les dés ne sont pas pipés (et si nous échappons à un déni de démocratie), les français se tourneront probablement cette fois vers l’homme qui incarne la vision la plus juste et la plus cohérente pour les intérêts du peuple en particulier et du pays en général.

Mais de quoi est-il question pour l’avenir de la France? Qu’est-ce qui fait que ces élections semblent si importantes?

Je pense avoir une réponse. Je crois que les français sont des gens particulièrement intelligents, objectifs, sensibles et émotifs, des gens qui ressentent les choses, peut-être même des gens qui pressentent parfaitement les choses, intuitivement. Ces facultés individuelles ou communautaires sont probablement liées à l’expérience et à l’immense patrimoine moral de ce grand pays.

Vous remarquerez que je ne parle pas de patriotisme ou d’un quelconque attachement, mais plus d’une capacité intrinsèque “à se faire sa propre idée par soi même avant que d’autres ne pensent pour vous”. D’ailleurs, l’Histoire me donne raison, il n’y a qu’à relever tous les événements où la France aura joué un rôle majeur, soit par l’anticipation, soit par l’initiative, soit par l’adaptation. La France n’est pas un pays comme les autres, elle l’a si souvent prouvé.

Je crois que les français sont intimement convaincus qu’il n’est plus possible de continuer à avancer dans des directions qui découlent de décisions qui leurs sont imposées et qu’ils jugent comme n’étant pas du tout les bonnes (pour eux, mais aussi pour les autres).

Je crois même, de façon volontairement imagée, que les français perçoivent nettement qu’un énorme mur très épais nous attend à une échéance qu’ils estiment n’être pas si éloignée que cela. Ce n’est pas être déclinologue que d’observer cela, c’est avoir du bon sens, un bon sens critique.

C’est pour toutes ces raisons que bien souvent de nombreux pays, ou de nombreux peuples dans le monde se tournent vers la France pour écouter son message, ou seulement l’entendre. La crédibilité de la France est certaine, ses valeurs et son expertise sont sûres.

Par ailleurs, les français réagissent comme ils peuvent, chacun à son niveau et avec ses capacités, à toutes les incohérences du système local et/ou global dans lequel ils vivent.

Mais quel est ce système? N’est-ce pas tout simplement ce qui apparaît comme un insupportable système économique mondialisé qui impose toujours plus de croissance, en consommant toujours plus de ressources, dans un productivisme qui semble illimité, et qui écrase l’individu en le pressurant?

Les français ont un problème avec la mondialisation de l’économie. Le modèle français, qualitatif et respectueux, presque naïf, apparaît comme parfaitement incompatible avec la mondialisation.

Les français semblent donc objectivement conscients des enjeux qui se profilent, des problématiques globales, et de ce qui est juste ou ne l’est pas, du point de vue des valeurs humaines, et du respect environnemental, même s’ils ne disposent pas de tous les détails, ils ont une perception intime qui leur est propre.

Comment parfaire le modèle français, dans le modèle européen, dans le modèle global, sans qu’il y ait un évident impact négatif sur la vie quotidienne de chaque individu, si l’on tient compte de ce que sont réellement l’hyper-capitalisme et la mondialisation, et leurs conséquences?

Je me permets de rappeler les propos de Kenneth Boulding : “Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un économiste.”

Également ceux de Bruno Clémentin et Vincent Cheynet : “Nul n’a besoin d’être économiste pour comprendre qu’un individu, ou une collectivité, tirant la majeure partie de ses ressources de son capital, et non de ses revenus, est destiné à la faillite. Tel est pourtant bien le cas des sociétés occidentales, puisqu’elles puisent dans les ressources naturelles de la planète, un patrimoine commun, sans tenir compte du temps nécessaire à leur renouvellement. Non content de piller ce capital, notre modèle économique, fondé sur la croissance, induit en plus une augmentation constante de ces prélèvements.”

Pour ma part, je suis convaincu qu’il sera bientôt question de ce qu’on appelle la “décroissance soutenable”, et que ce concept politique, économique et social va se généraliser.

La décroissance ne propose pas de vivre moins bien, mais mieux avec moins de biens et plus de liens.

Je préconise à chacun d’entre nous de s’habituer progressivement au concept de décroissance, et de soutenir le candidat présidentiable le plus pragmatique, qui aura la vision la plus réaliste et la plus honnête de la situation dans laquelle nous sommes, et qui propose le programme le plus cohérent, le plus sobre et le plus sécurisant pour notre pays et pour son peuple, de sorte que nous puissions être préparés à l’avenir le plus sereinement possible.

On n’est pas prêt d’arrêter d’entendre parler de décroissance.

Faut-il quitter la France?

On ne sait pas précisément combien de français quittent chaque année le pays pour s’expatrier, on n’en connaît même pas toujours exactement les raisons, mais ce dont on est absolument certain c’est qu’ils sont de plus en plus nombreux et que cela concerne désormais toutes les catégories de personnes, dans tous les milieux.

Le Ministère des Finances annonce un chiffre de 300 contribuables “très fortunés” qui s’exhilent ainsi chaque année pour raisons fiscales, mais il est fort probable que le nombre total de candidats au départ, quelque soit leur niveau de richesse et leurs motivations, dépasse largement plusieurs dizaines de milliers d’expatriés annuellement. D’après tous les observateurs, la tendance n’est ni à la stabilisation ni à la baisse. Au contraire.

Le problème nécessite d’être pris très sérieux, et nul ne sait réellement l’impact qu’il peut avoir sur la société française, encore moins sur l’économie française.

Ceux qui partent sont généralement des forces vives, des individus potentiellement proactifs, des investisseurs, des entrepreneurs, des ingénieurs, des scientifiques, des étudiants de haut niveau, des chercheurs, des cadres dirigeants, des cadres supérieurs, des créatifs, des inventeurs, des visionnaires. La nouveauté, c’est qu’ils ne sont plus seulement issus de la “matière grise”, de plus en plus de “travailleurs”, des gens dynamiques et actifs qui n’ont pas forcément fait de longues études, trouvent des opportunités ailleurs. Tous ces gens sont simplement déçus par la “décroissance” de la France, et décident de partir chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas dans leur pays.

Gardons bien à l’esprit que le modèle français est considéré partout à l’extérieur comme très qualitatif, il est perçu comme un système sans faille, parfait, idéal, envié même, où tout le monde semble y vivre heureux dans le meilleur environnement possible, bref une idée vieille de 30 ans.

Par conséquent, le français sera toujours accueilli de la meilleure manière qui soit partout ailleurs, le capital sympathie est tellement important, qu’on ne voit plus très bien où sont les freins au départ.

Quand on regarde les choses en face, ou de l’intérieur, on est bien obligé de constater qu’il y a un écart absolument énorme entre ce que le pays est censé être, et ce qu’il est vraiment, ou encore ce qu’il est censé apporter, et ce qu’il apporte vraiment. Pendant longtemps, cet écart pouvait être supporté, mais à force de se creuser davantage, il est devenu suffisamment inacceptable pour déclencher chez certains l’impulsion du projet de départ.

On ne peut pas reprocher le manque d’objectivité de ceux qui quittent le navire avant qu’il ne sombre. On ne peut pas non plus critiquer leur manque de patriotisme, ou d’honneur. Dans un monde global, où l’individualisme est un mode de vie largement répandu et même plébiscité, il n’est pas anormal de penser qu’on puisse trouver mieux ailleurs, surtout quand cela devient criant de vérité, et qu’il suffit de voyager un peu (réellement, ou simplement sur l’internet) pour s’en rendre compte.

La France donne des signes incontestables de déchéance. Le pays est “techniquement” en situation de faillite, et le terme n’est pas exagéré. Faillite économique et financière, d’abord, et faillite sociale ensuite. Dans tous les domaines, il est devenu très difficile de trouver des raisons valables pour rester vivre en France. Tous les indicateurs sont dans le rouge. Certains affirment même que dans bien des cas, il n’est plus possible de faire machine arrière sans une rupture brutale, et forcément toujours dramatique.

On pourrait évoquer quelques domaines où le malaise est fortement présent.

Le système éducatif français n’est plus à la hauteur,il est complètement à la dérive, à tous les niveaux. Le corps enseignant est démobilisé et rendu inefficace, les infrastructures sont inadaptées, les résultats sont catastrophiques. Quand le Ministère de l’Éducation annonce 82% de réussite au baccalauréat, les professeurs eux affirment qu’on ne dépasserait pas 30 ou 40% si l’on appliquait les mêmes règles qu’il y a 10 ans. Nos universités sont des dortoirs à étudiants qui n’ont aucune vocation à y être. Pour bénéficier d’un environnement éducatif un peu meilleur, il faut pouvoir intégrer des établissement privés, qui ne sont donc pas à la portée de toutes les bourses.

Les nouvelles générations de français sont des individus formatés pour être systématiquement et lourdement assistés, qui n’ont aucun goût au travail ou à l’action proactive. Des idées simples, telles que “l’effort amène la récompense”, “le travail est un mal nécessaire” ou “la réjouissance passe par le travail” ont disparu de leur système de pensée.

La France disposerait à priori d’un bon réseau de santé et offre une bonne couverture sociale. Malheureusement, l’accueil qu’on nous réserve dans les hôpitaux se dégrade. Le niveau des équipements et des technologies n’est plus pertinent. On ne peut pas facilement être pris en charge dans des unités spécialisées pour bénéficier des meilleurs soins, on entend même ici ou là que pour se faire opérer par un spécialiste, il faut pouvoir payer des honoraires supplémentaires… plus ou moins discrétionnaires.

On ne cesse de le répéter, la France est championne du monde avec la fiscalité la plus lourde, mais aussi la plus injuste. Cette seule raison pourrait suffire à tous nous faire fuir, parce que partout ailleurs la charge qui pèse sur le fruit de notre travail serait inférieure.

Dans le domaine de l’entreprise, créer une société ou se “mettre à son compte” implique désormais des risques qui peuvent rapidement s’avérer insurmontables, les gens sont découragés lorsqu’ils observent l’expérience de ceux qui s’y sont essayés. Les “mauvaises surprises” s’accumulent quotidiennement, sans compter la dégradation de l’image du “patron” dans le pays. L’entrepreneur devrait être valorisé avec la plus haute distinction, puisqu’il est l’unique maillon de la chaîne économique qui est à l’origine de la création des richesses, et qui œuvre surtout pour les autres en définitive.

La France offre une grande liberté de façade, mais en réalité la complexité de ses règles, et la multiplicité des associations dont le but est d’augmenter les droits de certains en diminuant ceux des autres font qu’il devient de plus en plus difficile d’évoluer librement, ou d’entreprendre librement.

En France, la justice est à deux vitesses, voir à trois vitesses (on observe un traitement différent pour les riches, pour les pauvres, et pour les affaires médiatisées). Quand on interroge les français au sujet de la Justice, ils sont 75% à penser que la justice est injuste dans leur pays.

On pourrait passer des heures à lister tous les problèmes qui s’accumulent en France, on pourrait parler du pouvoir d’achat qui baisse du fait de l’augmentation des prix, de l’impact de l’euro, de l’augmentation des charges directes et indirectes inévitables sur les individus, de la situation des entreprises qui étouffent et se retrouvent souvent au bord du gouffre, et de tout ce qui est soutenu artificiellement, on pourrait encore parler d’injustice, de criminalité en hausse, d’insécurité, et de la dégradation de la qualité de vie en général.

Certains se demandent s’il ne faudrait pas tout recommencer à zéro, en mettant tout à plat une fois pour toute, en tapant du point sur la table. Politiquement, le pays ne devrait-il pas être dirigé par un “dictateur visionnaire et sage” plutôt que par des alternatives de droite et de gauche qui l’ont mené où il est aujourd’hui, et qui continueront dans une voie similaire, probablement dans un cadre démocratique qui n’en porte plus que le nom?

Pourquoi reste-t-on en France aujourd’hui? Pour une majorité d’entre nous, il est encore difficile d’admettre qu’on puisse laisser derrière soi l’endroit où on a toujours vécu, son travail, sa famille, sa maison, ses projets, … son pays, ne serait-ce que par principe. Le véritable frein aujourd’hui, ce n’est pas le patriotisme, mais plutôt un facteur psychologique lié à la peur de l’inconnu, qui s’estompe néanmoins.

Par ailleurs, je ne suis pas persuadé que ceux qui quittent la France le font exclusivement pour des questions financières, la majorité des expatriés que je rencontre partout dans le monde (en Amérique du Nord, en Asie, au Moyen-Orient ou un peu partout en Europe) assurent qu’ils ont surtout cherché une meilleure qualité de vie, plus de tranquillité, plus de liberté, moins de criminalité, plus de visibilité à long terme, plus de sécurité, moins de pressions diverses, plus de joie de vivre. L’argent vient souvent après toutes ces considérations naturelles et humaines.

Un autre élément troublant est que la plupart de ces gens qui partent ne souhaitent pas revenir en France si la situation s’améliorait, certains assurent même qu’ils ne reviendraient pour rien au monde.

J’ai bien peur que par la force des choses, de plus en plus de gens vont trouver évident de quitter la France pour trouver mieux ailleurs, ils découvrent que ce projet personnel est finalement assez réaliste et plutôt facile à faire aboutir.

Nous sommes à un seuil où les français les plus actifs vivant seuls, et ils sont nombreux, n’auront plus aucun complexe à quitter la France, et pourquoi pas l’Europe. Ce mécanisme me paraît inéluctable et hautement dangereux, et je ne vois pas bien ce qui pourrait le limiter ou l’inverser, il résulte naturellement d’une politique nationale et européenne déplorable dans bien des domaines.

Qu’est-ce qui peut sauver la France?

Au quatrième trimestre 2006, la France continue de sombrer dans un profond marasme, l’économie va mal, le moral des gens est en dessous de tout, et les perspectives sont dans le même ordre d’idée.

D’un autre côté on a un gouvernement qui nous assure que les indicateurs économiques sont « toujours meilleurs », que « le pouvoir d’achat des français augmente » et mieux encore « le chômage baisse ».

C’est du pipo! Les indicateurs économiques qui vont bien, s’il y en a, sont ceux qui reflètent une image globale tenant compte de « paramètres supérieurs globaux », en aucun cas les « indicateurs économiques précis et individuels », c’est à dire les paramètres de l’individu, ou ceux de l’entreprise à taille humaine, voire même des PME, qui forment je le rappelle l’immense majorité du tissu économique. Rappelez-vous que l’INSEE a publié un communiqué dernièrement à propos d’une « croissance de 0,0 % » en France. Savez-vous ce qu’est un pays qui ne croît pas? C’est un pays qui régresse, et avez-vous une idée de ce qu’est la réalité du chiffre lorsque l’INSEE annonce officiellement 0 % de croissance? C’est une décroissance, donc une valeur inférieure à zéro, probablement importante, qui a toujours des conséquences incalculables. Le pouvoir d’achat des français augmente? L’avez-vous constaté? Avez-vous constaté cela chez vos amis ou voisins, avez-vous entendu parler de gens qui assurent que leur pouvoir d’achat a augmenté dernièrement? Si vous êtes commerçant, avez-vous constaté que vos clients consomment plus, et que vous avez plus de clients? Le fabricant de voitures Renault a annoncé une baisse absolument considérable de ses ventes entre novembre 2005 et novembre 2006 évaluée à – 33%, vous avez bien lu, 33% de ventes en moins en une seule année! On nous dit que le chômage baisse, effectivement le chiffre officiel baisse, on est passé d’un peu plus de 10% à un peu moins de 9% en quelques mois, dans la pire période économique française depuis la dernière Guerre Mondiale, sûrement pas parce que la France a fabriqué des centaines de milliers d’emplois, mais plus probablement parce que le gouvernement a modifié les règles de calcul des inscrits à l’ANPE, et qu’il ne comptabilise plus les chômeurs en fin de droits, qui sont automatiquement supprimés des listes. Ne sont pas comptabilisés non plus tous ceux et celles qui « chôment » mais qui ne sont pas inscrits à l’ANPE.

De mon point de vue (et de l’avis de nombre de spécialistes et d’analystes qui travaillent dans l’ombre et qui ne sont jamais publiés), la situation de la France est plutôt proche d’une décroissance économique d’environ – 3%, peut-être plus profonde encore, d’une perte du pouvoir d’achat de 2 à 6% par an, et probablement de l’ordre de – 20% depuis l’arrivée de l’euro et plus spécifiquement depuis la fin du double affichage euro/franc, et d’un chômage situé autour de 14% à 18% si l’on tient compte des « actifs » qui « chôment » (individus en capacité de travailler mais qui ne travaillent pas, et qui sont néanmoins rémunérés par la société).

On va sûrement me reprocher mon incapacité à démontrer ces chiffres (ils sont invérifiables puisque non officiels et non publiés, mais peuvent être évalués ou recoupés avec beaucoup d’observation), ou on va me traiter de déclinologue, ou de démagogue. Peu importe, observez le pays en profondeur, analysez les situations individuelles, prenez la température, tenez compte de l’ampleur des problèmes, considérez un maximum de paramètres et vous n’arriverez peut-être pas à mes extrémités, mais vous ne trouverez pas non plus d’augmentation du pouvoir d’achat (qui signifie pour moi l’augmentation de la capacité individuelle à dépenser l’argent qu’il nous reste après avoir payé nos charges et nos taxes directes et indirectes), les revenus n’augmentent absolument pas plus vite que le coût de la vie. Vous ne trouverez pas non plus que le pays est économiquement plus sain et plus vigoureux et que les perspectives sont réjouissantes, et vous ne trouverez pas non plus que le chômage a baissé, dans le sens où il y aurait de plus en plus d’actifs qui auraient miraculeusement trouvé un travail alors qu’ils étaient au chômage préalablement.

La France va donc probablement bien plus mal qu’on nous laisse l’imaginer, et je suis convaincu que tout le monde s’en rend compte au quotidien. C’est un fait désormais, et il perdure depuis plusieurs années. On ne pourra pas tenir encore cinq ans à ce rythme.

Très bien, alors quelles sont les solutions qu’on nous propose? Cinq ans avec Ségolène Royal, ou cinq ans avec Nicolas Sarkozy, et ces deux solutions nous sont canardées à longueur de journée par absolument tous les médias, aucune autre hypothèse n’existe… officiellement.

Je suis convaincu que Sarkozy et Royal sont plein de bonne volonté pour la France, mais à mon avis, aucun des deux n’a le projet ni les idées qui vont suffisamment loin pour « sauver » la France et les français de la catastrophe et du drame qui les attend à une brève échéance.

Voici une liste de mesures concrètes qu’il faudrait à mon humble avis prendre dans l’urgence, c’est à dire au pire dans les mois qui suivent l’élection d’un nouveau Président, pour tenter d’infléchir la situation de la France et des français avec des résultats mesurables.

Domaine de l’éducation. Rétablissement de l’autorité au sein des établissements scolaires publics et privés, les professeurs et d’une manière générale tous ceux qui représentent l’Éducation Nationale devront être considérés à leur juste valeur et à leur juste place. Le système éducatif devra être inébranlable, respecté, et son autorité ne pourra pas être facilement contestée, ni par les élèves, ni par leurs parents. Ne seront par exemple plus admis dans les établissements scolaires tous individus dont le comportement social ne sera pas en adéquation avec ce qui aura été considéré comme acceptable.

Domaine de la sécurité. Mise en place de « centres de redressement fermés » à la destination des délinquants mineurs et majeurs, dans lesquels ils seraient recadrés de la manière la plus ferme qui soit, avec l’aide d’éducateurs spécialisés en nombre suffisants et de l’autorité pénitentiaire, voire de l’armée pour les individus les plus difficiles. Tolérance zéro pour un très grand nombre de délits. Dans ces centres seront notamment éduqués tous les jeunes difficiles qui ne pourraient pas suivre un enseignement traditionnel dans les établissements scolaires classiques et ouverts.

Domaine de l’immigration. La France pourrait accueillir sur ses terres tous ceux et celles motivés à l’idée de devenir français et d’adopter le modèle français (en se pliant à ses règles et à ses contraintes), et plus largement l’adoption au modèle européen, mais arriver en France illégalement ne pourra jamais permettre d’obtenir le droit d’être français. Acquérir la nationalité française devra se mériter dans les faits, une période de 2 à 5 années valant mise à l’épreuve sera indispensable, et des entretiens réguliers avec les services de l’immigration seront indispensables (ne serait-ce que pour valider que l’immigré a acquis la langue française et que son intégration est cautionnée par des faits concrets, comme avoir trouvé un travail par exemple et être financièrement autonome). Un étranger qui souhaite s’installer en France ne pourra jamais obtenir la nationalité française s’il aura commis des crimes ou délits pendant la période d’observation, de même il pourra perdre sa nationalité française dans les années qui suivent l’obtention de sa nationalité française s’il aura commis des crimes ou délits. La France ne pourra pas maintenir sur ses terres ni financer les immigrés illégaux, ni les immigrés qui ne justifient pas d’un travail régulier, ni et surtout ceux qui auront commis des crimes ou délits. Les droits acquis par ces immigrés devront être annulés, voir remboursés aux institutions françaises, et ils devront être renvoyés dans leur pays d’origine, si besoin par la force. Au contraire, tous les immigrés légalement entrés dans le pays et qui montrent leur intérêt pour la France et son modèle social, culturel et économique seront considérés au plus haut niveau, respectés, plébiscités et aidés.

Domaine judiciaire. Renforcement des infrastructures, dématérialisation des procédures, renforcement très important des moyens humains. L’objectif étant d’adapter en permanence les tribunaux avec le nombre d’affaires à traiter pour que la Justice soit indiscutablement rendue dans un temps acceptable et de la manière la plus humaine possible.

Domaine militaire. Augmentation de l’implication militaire au niveau européen, accélération du processus de création d’une armée unifiée européenne, et parallèlement augmentation de la recherche militaire française, dans le but de la moderniser et d’en tirer des applications civiles quand c’est possible. Augmentation de la force militaire française, pour la maintenir à un haut niveau mondial en permanence, mais aussi pour protéger les intérêts français sur son territoire ou partout où cela serait nécessaire.

Domaine de la santé. Renforcement des infrastructures, modernisation permanente des hôpitaux, renforcement des moyens humains pour les ramener aux besoins réels sur le terrain, gratuité des prises en charge pour les français qui cotisent aux caisses d’assurance-maladie.

Domaine de l’écologie. Défiscalisation totale et contrôlée de tous les programmes écologiques ou d’une manière générale de tout ce qui aura pour but de préserver l’environnement ou d’améliorer les gains énergétiques ou environnementaux. Au delà de la défiscalisation de tels programmes, la France devra améliorer le déploiement de toutes les technologies qui apportent un avantage écologique chez les particuliers ou dans les entreprises (crédit gratuit en cas d’acquisition d’équipements écologiques, panneaux solaires à prix coûtant, financement de la recherche à 100%, priorisation des investissements écologiques, etc.). Les avantages devront être perceptibles pour chacun entre le choix écologique ou le choix qui ne l’est pas, et l’écart entre les deux devra être significatif.

Domaine de l’énergie. La France devra nettement améliorer ses programmes de recherche dans le domaine des économies d’énergie et des nouvelles technologies permettant l’innovation en matière d’énergie, notamment concernant l’énergie renouvelable et les énergies nouvelles.

Domaine du développement durable. La France devra être un leader international dans le domaine de l’accompagnement du développement à l’extérieur. Elle devra trouver les moyens de former et d’équiper tous les pays demandeurs d’une mise à niveau dans quelque domaine que ce soit (notamment en Afrique), et elle devra vendre ses services et ses hommes « à coût réel », sans motivation économique ou en prévision de générer des gains immédiats, les programmes seront d’autant mieux acceptés par les pays destinataires parce qu’ils seront justes. Le développement durable est le meilleur moyen à la fois de créer une quantité très importante d’emplois pour des français à l’étranger, de rayonner au niveau international avec la marque de la France et ce qui fait sa réputation traditionnelle de qualité et d’humanité, et de résoudre une grande partie du problème des flux migratoires. Sans compter également qu’il est plus que nécessaire d’apporter à l’extérieur le savoir faire français, ce qui n’implique pas d’en dévoiler les secrets, réduisant ainsi les fractures nombreuses entre les pays du nord et les pays du sud et équilibrant mieux le monde.

Domaine social. Diminution sensible des aides à ceux qui sont en capacité de travailler, mais qui refusent les emplois qui leurs sont proposés en dernier recours. Nous pourrions par exemple considérer qu’un salarié qui vient de perdre son travail bénéficiera d’une indemnisation ASSEDIC pendant 6 mois à condition qu’il prouve qu’il cherche activement du travail (augmentation des contrôles également pour éviter les abus), puis l’ANPE lui propose des emplois avec ou sans formation, qu’il pourra ne pas accepter sauf au delà de 6 mois, après quoi il devra accepter un ultime emploi (pas forcément celui dont il avait rêvé, mais qui lui permettra de maintenir son activité dans le monde professionnel et surtout ne plus être une charge pour la société), l’individu continuera à bénéficier d’un accompagnement en quête d’un emploi plus adapté s’il le souhaite, l’employeur est informé, le salarié sait qu’il peut évoluer et que c’est une question de temps et d’énergie qu’il consacre à cela. Les économies réalisées par ces simples mesures de bon sens, et qui ne sont pas injustes, seront suffisantes pour stimuler les entreprises dont les charges sur les salaires baisseront nettement, et les salariés qui bénéficieront de revenus redimensionnés.

Domaine de la recherche. Capitalisation maximale de la France dans les programmes de recherche fondamentale, et amélioration de la condition de chercheur. La France devra absolument aider ses chercheurs et les amener à aboutir à des réalisations pratiques et économiques quand c’est possible, dans l’intérêt des français, puis plus largement.

Domaine économique général. Rétablissement du double affichage des prix entre euro et franc pendant plusieurs années (10 ans par exemple ou sur une génération) pour adoucir la transition et permettre la comparaison permanente sur les prix et identifier les abus, les gens ayant massivement gardé les notions de prix en francs, beaucoup raisonnent encore en francs systématiquement, c’est d’ailleurs grâce à ce raisonnement qu’il a été possible de constater les abus avec l’arrivée de l’euro (une bouteille de jus de fruits vendue 10 francs dans un distributeur est désormais facturée 2 euros, soit près de 30% plus cher).

Domaine économique international. Les importations de marchandises pouvant être fabriquées ou produites en France, et qui seraient acquises auprès de pays où les règles sociales et économiques seraient inégales (Asie, Afrique, Inde, Amérique du Sud, ou Europe de l’Est, etc.) seront taxées à l’entrée dans un but dissuasif et d’équité. La taxe pourra partiellement être portée au crédit du pays exportateur qui devra alors s’engager à l’utiliser pour acquérir des produits français à l’exportation.

Domaine fiscal. Réduction importante et immédiate des impôts sur les revenus des classes moyennes et hautes, car on sait que ce sont ces gens qui investissent le plus et qui créent le plus de richesses partagées même indirectement, dans un mécanisme économique classique. On ne peut plus prélever jusqu’à 75% de taxes directes et indirectes sur un revenu pour financer tout et n’importe quoi. L’argent acquis dignement ne doit pas être ponctionné massivement et arbitrairement par l’État, sans quoi les gens les plus créateurs de richesses pour le pays quittent la France vers des pays fiscalement plus avantageux, et ils auraient raison puisque nous sommes dans un « monde global ». La fiscalité des entreprises doit également être assouplie, il n’est plus possible de ponctionner arbitrairement un tiers des gains d’une entreprise, qui représente le fruit du travail de l’entrepreneur qui supporte tous les risques.

Domaine de l’emploi. Libéralisation sur le principe du volontariat. Ceux qui veulent travailler plus, gagnent plus d’argent, ceux qui veulent travailler moins gagnent moins d’argent. Ceux qui travaillent longtemps sont plus méritants que ceux qui travaillent moins longtemps, de même que ceux qui ont un travail plus dur sont plus méritants que ceux qui ont un travail plus facile. Ceux qui veulent travailler le dimanche doivent pouvoir travailler le dimanche. Création d’un contrat d’embauche unique et non contraignant, et pour le salarié, et pour l’employeur. Réorganisation des syndicats. La liberté doit être au centre des débats dans ce domaine.

Domaine de l’entreprise. Les énergies créatives doivent être libérées, assouplissement des conditions de création d’une entreprise, amélioration des conditions d’accès au financement bancaire. Diminution radicale des charges pesant sur les salariés des entreprises (baisse de l’ordre de 50% au moins, car une mesure qui baisserait les charges de 5 ou 10% ne serait absolument pas décisive et n’aurait pas un impact significatif) ou distribution intégrale du salaire charges comprises au salarié (avec prélèvement des impôts à la source, comme au Luxembourg par exemple), en lui laissant le soin de choisir son mode de couverture sociale et de cotisations pour sa retraite auprès d’organismes privés, qu’il reste à créer.

Voilà en résumé ce qui peut sauver la France. Et la liste n’est pas exhaustive.

Maintenant reste à savoir qui peut mettre en œuvre tout ce qui vient d’être évoqué?