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Banques contre États, la guerre économique nous rattrape dans l’économie réelle!

Je ne vais pas revenir sur la modification majeure intervenue en 1973 à propos du financement des investissements publics par les marchés, je ne vais pas non plus expliquer ce qu’est la finance occidentale historiquement depuis sa création, ne pas entrer dans les détails de la globalisation et ce qu’a été la libération du système financier international ni même parler de Bretton Woods. L’internet permet à chacun d’entre nous de se faire une idée assez juste de ce qui s’est joué, dans le dos des peuples, depuis le début de l’ère capitaliste.

Pour mieux comprendre ce qui suit, je recommande d’aller s’informer sur ce qu’est l’accord « Glass Steagall ». Là encore, votre surprise sera grande.

LES BANQUIERS TOUS PUISSANTS

Si on entend partout et depuis toujours que « les banquiers sont des voleurs », c’est qu’il doit y avoir un semblant de vérité quelque part, n’est-ce pas?

Je vais faire très simple volontairement.

Depuis très longtemps, et de façon exponentielle, les banques prêtent de l’argent. L’idée était même de faire en sorte qu’elles aient un rôle « social et économique » majeur : assurer le financement de l’investissement et du développement économique.

Ce rôle, noble, a été souhaité plutôt par « le politique » dans son « univers », mais « le financier » est dans son propre univers et le moins qu’on puisse dire c’est que les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres.

Par la force des choses, le financier, prêteur, est toujours celui qui détermine le destin du demandeur, par l’acceptation ou non des financements et des crédits. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on estime que ce sont les banquiers qui dirigent le monde, et par extension qui se superposent aux pouvoirs politiques, eux-mêmes suspendus aux appréciations et desiderata des financiers (qui ne font pas de politique).

Au début, et dans le meilleur des mondes, tout va bien. Mais prêter de l’argent implique nécessairement de créer de l’endettement, donc du risque.

Bien entendu, il n’est pas question pour les créanciers de ne pas être remboursés.

Pour pouvoir faire plier leurs débiteurs en cas de défaillance de remboursement, les banques ont au moins trois armes redoutables.

La première arme, c’est la pression financière et psychologique induite, le débiteur, piégé par la dette, se voit acculé de nouveaux frais complémentaires augmentant son dû, au travers de relances constantes, d’agios et de frais divers. Le fait d’être « tenu » par son banquier en ayant l’impression de ne rien pouvoir faire génère un malaise psychologique plus ou moins important du type « tout puissant contre impuissant ».

La deuxième arme, c’est bien sûr le dispositif législatif confortable qui leur permet de saisir les biens et de mettre quiconque, personne physique ou morale, à terre très rapidement après l’avoir pillé et dépecé le débiteur et ses cautions éventuelles.

La troisième arme, c’est la fermeture pure et simple du robinet à liquidités. Pour un particulier, une entreprise ou une institution, la menace de ne plus pouvoir emprunter signifie bien souvent la fin de son histoire, avec banqueroute et faillite.

En réalité, il y a même une quatrième arme secrète, le fichage informatique automatisé, qui empêche quasiment toute tentative de rebond à l’avenir une fois que vous avez été identifié défaillant.

Si le débiteur est une personne physique, un individu, la ruine et la déchéance silencieuse est au bout du chemin, avec bien souvent un drame humain et un brusque retour à la réalité la plus dure.

Si le débiteur est une personne morale, une entreprise, éventuellement une administration, une autre banque, une collectivité publique ou même un État, la banqueroute est inéluctable (même si elle peut être artificiellement retardée un certain temps, ou atténuée) avec, en cascade, une multitude de situations dramatiques incalculables tant tout est lié dans le système actuel.

Les banquiers sont souvent perçus comme des gens très durs et sans cœur, ils ont des fonctionnements particuliers, se sentent intouchables et adoptent des attitudes et des comportements curieux, leur univers, assez hermétique, est très spécial.

D’une manière générale, les banquiers parviennent toujours à « avoir le dessus » sur leurs « clients débiteurs », rarement l’inverse. Ceci vient du fait qu’ils sont ceux qui tiennent les reines de la finance.

Au plus haut niveau de l’échelle, ils étaient convaincus, jusqu’à récemment encore, qu’à chaque crise économique, chaque fois que nécessaire, les États viendraient à leur secours quoi qu’il arrive.

DES OFFICINES DE L’OMBRE CONTRE LES INTÉRÊTS DES PEUPLES?

Si la spirale de l’endettement et l’assèchement des crédits forment un premier problème, il existe un autre sujet de grande inquiétude : la spéculation sur les marchés financiers.

Désormais, dans les mêmes institutions financières, devenues des organismes très complexes, vous y trouvez la banque de détail, la banque commerciale, la banque privée, la banque d’investissement et l’assurance.

Tout y est amalgamé au mépris du bon sens, si bien que l’argent difficilement gagné, déposé dans sa banque par un individu « en toute sécurité », est en réalité « joué » par des « traders » dans les places de marchés des officines bancaires qui ont pignon sur rue, pour parfois être perdu, sans que personne ne puisse rien y faire, et en totale contradiction (morale et technique) avec le fameux accord Glass Steagall qui prévoit la séparation de la banque commerciale et de la banque d’investissement.

Les gens qui travaillent dans le milieu bancaire subissent progressivement un « formatage » des esprits, mais il convient de nuancer en fonction de la position et du job dans l’organisation.

Entre votre conseiller bancaire, qui gère vos comptes, et les traders, les investisseurs dans les salles de marchés, les spéculateurs, et ceux qui créent les « produits dérivés », les « sous-jacents » et autres pépites financières comme les « warrants » ou les « turbos », il y a un gouffre!

Soyez sûr d’une chose, votre conseiller financier est inoffensif et ne sait quasiment rien de ce qui est réellement fait avec votre argent, son superviseur et son directeur d’agence presque autant, par contre, plus haut dans la hiérarchie, dans le cœur et la tête du système bancaire, il y a des individus très dangereux, qui sont des spéculateurs, et leurs dirigeants.

Pour la plupart, ils n’ont plus aucune morale ni aucune humanité, aucune conscience profonde des réalités, ni sociales, ni économiques, ne sont ni intéressés par la politique qu’ils regardent de haut, ni par le devenir des peuples globalement, ils manipulent des sommes d’argent absolument énormes, sont eux-mêmes payés des fortunes pour leurs « performances ». Ces gens sont centrés sur eux-mêmes, et ne s’intéressent qu’à leurs avantages. Le tout, à court terme.

Le principal reproche qu’on peut leur faire est qu’ils jouent avec l’argent des gens et des entreprises, qu’ils jouent à faire descendre et monter les cours des matières premières, qu’ils instaurent un « climat d’instabilité » et de « volatilité » si bien qu’il n’est plus possible d’avoir une vision sereine et de long terme.

Ces gens là ne sont pas très nombreux, ils ne représentent qu’un petit pourcentage du milieu bancaire, on ne sait pas très bien combien, ni qui ils sont, ni où ils sont, mais ils sont là, et ils tiennent entre les mains un pouvoir absolument considérable, aujourd’hui largement au delà de n’importe quelle puissance politique.

Le pouvoir de mettre au tapis toute l’organisation de la civilisation humaine moderne, dans un vaste chaos désorganisé, car ils ne maîtrisent absolument rien de ce qu’ils font!

QUELLE EST LA NATURE VÉRITABLE DE LA CRISE ÉCONOMIQUE GLOBALE?

C’est assez simple.

Nous (toutes les « entités » de notre système occidental, depuis l’individu jusqu’à l’État en passant par les milliers de structures intermédiaires) vivons à crédit, au dessus de nos moyens, nous avons emprunté des milliards de milliards depuis des dizaines d’années pour maintenir notre leadership de modèle civilisationnel.

Le souci est que nous avons emprunté à des organismes financiers privés, surtout depuis 40 ans. Avec intérêts.

Ces organismes, il faut les rembourser. Avec les intérêts cumulés.

Et comme nous ne parvenons jamais à rembourser ce que nous devons, puisque nous nous développons constamment et très vite, avons toujours de nouveaux besoins qu’il faut toujours financer à crédit, il faut toujours emprunter davantage chaque année, pour arriver au point de devoir emprunter de l’argent afin de rembourser les intérêts de nos précédents emprunts.

Et même en pratiquant ainsi, ça n’est jamais suffisant.

Situation totalement absurde, mais pourtant vérifiée dans tout le système occidental, les USA et l’Europe en première ligne, au grand damne des économistes silencieux (et tellement courageux!) qui crient au feu.

Hélas, pour d’innombrables raisons qui nous échappent ou pas, notre magnifique modèle sociétal ne produit jamais assez de richesses pour faire face à ses obligations financières et à ses échéances.

Du coup, les organismes financiers maintiennent une pression forte sur leurs débiteurs, en usant de leurs armes favorites.

Les débiteurs négocient des prorogations de délai de remboursement, ce qui n’annule pas leur dette, mais au contraire l’augmente dans la durée (effet d’atténuation temporaire par « lissage »).

L’engorgement, l’étranglement est inévitable à un moment.

Avant la crise, en cas de défaillance, les créanciers s’attaquaient comme ils pouvaient aux « plus petits » et cela n’était pas très visible, du coup, de manière latente, le système financier dégénérait tranquillement vers « le seuil de non retournement ».

Au début de la première séquence de la crise entre 2007 et 2009, la dégradation du système financier est soudainement visible du fait d’une défaillance majeure de plusieurs énormes sociétés (Lehman Brothers, AIG, etc.) faisant risquer un premier effondrement systémique, et les États ont été contraints de renflouer les banques par l’abondement massif d’argent public (impensable, pourtant c’est bien ce qui se passe depuis le fameux plan « Paulson »).

Mais à un moment, c’est l’État lui même qui ne peut plus faire face, ses ressources ne permettant plus de payer ses dettes aux échéances prévues, ni de pouvoir renflouer les malheureux banquiers.

Du coup, il y a un sérieux problème, puisque les banques ne financeront plus rien, tant qu’elles n’auront pas la garantie d’être protégées à tout prix, et il n’y a aucune solution de remplacement pour les États, sauf à renoncer au capitalisme, au libéralisme, et à la globalisation.

Nous sommes arrivés à ce moment précis, où les banques ne reculeront pas, et où, tout en haut de l’échelle, les États ne pourront plus payer.

Ce n’est pas un combat politique. Les politiques sont dépassés et finissent par n’avoir plus aucune influence sur les marchés financiers.

Ce n’est pas une guerre criminelle et meurtrière. Les banques n’ont pas d’armées, ni de matériel militaire, et il n’y a pas de combats ni victimes directes. Les États ne vont pas se défendre en attaquant militairement les institutions bancaires.

C’est une « guerre dématérialisée », une véritable guerre économique contre laquelle on n’a pas de moyen de défense évident, sauf à renoncer à tout ce qui a été mis en place.

Une guerre « qui se fait virtuellement entre protagonistes de nature différente », mais dont les victimes sont pourtant bien dans le monde réel, et qui va produire beaucoup de drames individuels mais aussi collectifs, visibles.

Une guerre qui se déroule d’abord sur les marchés financiers, dans les bourses du monde entier, où les cours des valeurs et les « notes de solvabilité » des institutions sont « attaqués » à la moindre rumeur, à toute vitesse, de n’importe où et par n’importe qui.

Cette situation est assez inédite, puisque selon moi, contrairement à ce qui est indiqué par les gouvernements, ce n’est pas la pire crise que nous connaissons depuis 1930, mais plutôt la pire crise depuis le XVème siècle.

Autrement dit, absolument personne ne peut anticiper ce qui va se produire, on peut juste pressentir que cela sera terrible en terme de chaos socio-économique pendant plusieurs années.

QUI SONT LES ENNEMIS DES ÉTATS?

D’abord, je rappelle que les États, c’est nous. Le peuple.

Oui, c’est bien toujours le peuple qui dirige chez nous, et pour simplifier les processus démocratiques, nous votons pour des hommes et des femmes politiques sensés nous représenter et prendre les décisions que nous voulons, à notre place.

Si on attaque l’État, on attaque le peuple.

Je rappelle également que l’argent des États, c’est le nôtre, au travers des taxes et des impôts. Nos politiciens, qui dirigent nos États pour notre compte, gèrent notre argent.

Et pour finir, bien entendu l’argent qui sert à rembourser les dettes que nous avons contractées auprès des banques internationales, c’est encore notre argent.

Ces dettes sont donc les nôtres, mais est-ce vraiment ce que nous voulions? Pas sûr.

Nos créanciers sont des banques, mais pas l’agence bancaire au coin de votre rue. Non, je parle des sièges financiers, des grandes banques internationales, des institutions majeures, des banques tout en haut d’un système pyramidal, situées dans les capitales financières mondiales, notamment à New York, à Londres, au Luxembourg, et ailleurs…

Dans ces banques, nos ennemis sont les spéculateurs, des individus complètement en dehors des réalités, ils jouent avec l’argent des peuples en misant à la hausse mais aussi à la baisse sur la valeur des entreprises qui font travailler les gens, au risque de fragiliser davantage. Il n’y a aucune humanité ni aucune morale, la seule règle c’est « faire du pognon ». Ces gens sont tellement dans un autre monde, coupés des réalités sociales et économiques, qu’ils ne mesurent plus du tout l’impact de leurs décisions dans le temps.

Et comme si ça ne suffisait pas, tous ces spéculateurs utilisent trois techniques légales sans aucune gêne : la « vente à découvert », l’effet « levier » et les « ordres robotisés ».

La « vente à découvert » permet de miser à la baisse sur une valeur, si on considère que telle ou telle valeur d’actif ou telle action « a une chance » de baisser, alors on se renforce dessus à la baisse, on spécule sur le fait qu’elle va baisser, concrètement si une entreprise, une banque ou un État est fragile, même sur la base d’une rumeur, on peut gagner de l’argent, beaucoup d’argent en fragilisant d’avantage, en toute légalité, simplement en vendant d’abord au cours du marché (on vend ce qu’on ne possède pas), puis en rachetant sa position plus tard, quand le cours sera encore plus bas, au passage on prend sa marge car on aura acheté plus tard moins cher ce qu’on aura vendu plus tôt plus cher, invraisemblable dans le monde réel, mais légal et courant sur les marchés financiers.

Le « levier » permet de miser des centaines de fois plus d’argent qu’on dispose vraiment, en prenant des risques considérables (l’affaire Kerviel est un bon exemple, mais ne croyez pas que cela leur a servi de leçon). Ce phénomène est très parlant avec un exemple concret. Si une valeur est à 10 euros à l’instant T, et que vous disposez d’une liquidité de 10 euros pour investir, vous utilisez un levier 400 (les leviers forts sont réservés aux meilleurs traders), vous achetez donc légalement 400 actions à 10 euros, donc pour 4000 euros (vous dépensez donc 3990 euros que vous ne possédez pas, allez savoir par quel miracle, mais tout est prévu), et si l’action passe à 10,1 euros l’instant T+1, vous revendez vos 400 actions à 10,1 euros, et vous empochez 4040 euros, soit 40 euros de marge, alors que vous n’aviez que 10 euros, vous voilà avec 50 euros de liquidités et vous avez remboursé les 3990 euros « empruntés ». Vous répétez cela autant de fois que vous le pouvez, vous ne gagnez bien sûr pas à tous les coups, mais « en moyennant », parfois on s’en sort bien. Le drame arrive bien sûr lorsque les cours baissent, que vous êtes très exposé par un gros levier, et là vous perdez des sommes que vous ne pouvez pas rembourser (Kerviel, cas d’école).

Les « ordres robotisés » en rafales automatiques, ce sont des programmes informatiques, des algorithmes, créés par les spéculateurs ingénieux et privilégiés, qui vont envoyer des millions d’ordres d’achats et de vente espacés de quelques millisecondes, pour profiter d’écarts de cours minimes sur les valeurs (parfois avec une différence à 3 ou 4 chiffres après la virgule). Quand vous envoyez des millions d’ordres sur des millions d’euros qui ne génèrent des marges que de quelques centaines d’euros à chaque fois, à la fin de la journée, vous avez généré un bénéfice absolument énorme, et tout ceci est hors de contrôle. On estime que sur le NYSE à New York, des milliards d’opérations robotisées sont réalisées chaque jour, représentant la majorité des opérations en réalité.

Franchement, à quoi cela rime-t-il de miser en bourse par des allers-retours sur les actions qui se font parfois en « intraday » sur la même journée (activité de trader qui consiste à acheter et vendre une action plusieurs fois dans la même journée pour saisir les opportunités qui se présentent dans la même journée)? C’est bien loin de ce qu’on attendait des bourses, historiquement.

QUELLES SONT LES MESURES D’URGENCE À ENVISAGER POUR SE DÉFENDRE?

Puisque nous sommes déjà en guerre, aujourd’hui il n’est plus vraiment question de négocier, et puis d’ailleurs qui devrait négocier avec qui dans ce vaste système complexe désorganisé?

Les peuples (s’ils étaient forts et courageux), par l’utopique voie républicaine et politique, pourraient donc déclarer officiellement (par la voix de leurs représentants) la guerre à la spéculation financière, et la combattre.

Pour bien faire les choses, il faudrait pouvoir éliminer purement et simplement toute entité en capacité d’investir sur les marchés pour spéculer. En clair, il faudrait interdire la spéculation (à unique but lucratif), pour n’autoriser que l’investissement (profitant à l’intérêt général).

Les marchés financiers ne devraient définitivement plus être comparés à des casinos géants totalement légaux. Le mot « miser » (ou l’expression « jouer en bourse ») devrait être banni pour être remplacé par « investir ».

Dans toutes les banques du monde, il faudrait supprimer les officines plus ou moins discrètes (et secrètes) qui construisent des « produits financiers opaques et complexes » commercialisés à des gens qui n’y comprennent rien, il faut supprimer les « produits dérivés ».

Bien entendu, il faudrait également interdire la spéculation sur les matières premières, et d’une manière générale interdire toute spéculation sur ce qui va à l’encontre de l’intérêt général (alimentation, produits de nécessité, santé, eau, pétrole, électricité, métaux, etc.).

Il faudrait par ailleurs interdire la vente à découvert, l’effet de levier et bannir les ordres robotisés automatiques.

En gros, pour bien faire il faudrait revenir en arrière de plusieurs dizaines d’années, en urgence.

La sérénité, l’apaisement et la stabilité devrait être l’objectif, plutôt que l’affolement et la fluctuation « en temps réel ». Tout va trop vite, le rythme des choses devrait se « désaccélérer » (décroissance, puis déglobalisation). Le système ne doit pas avoir le dessus sur nous, mais au contraire, nous devrions garder toujours le dessus sur le système, et les technologies devraient être repensées pour nous y aider, plutôt que de nous contraindre.

Bien entendu, il est impératif que le politique reprenne le contrôle sur le financier, même s’il fallait nationaliser la plupart des institutions financières.

La solution ultime consistera bien entendu à ne plus autoriser le moindre paradis financier, et donc fiscal, partout sur la planète.

La sauvegarde de notre monde moderne vaut bien quelques dizaines de milliers d’emplois perdus dans la haute finance?

Hélas pour eux, je crains que les banquiers aient bientôt à devoir raser les murs, et se faire plus discrets.

« Protectionnisme raisonné », « frontières commerciales intelligentes », « taxes équilibrantes à l’importation », de grandes idées modernes?…

J’ai tendance à dire qu’il faudrait pouvoir enseigner Maurice Allais aux futurs économistes, au moins pour qu’ils aient plusieurs scénarios mondialistes possibles et ensuite pour qu’ils apprennent à réfléchir par eux mêmes et développer leur instinct critique.

C’est affligeant de réaliser que la France disposait d’un Nobel Économique, et qu’il n’est jamais cité en référence par les conseillers économiques des institutions politiques, d’ailleurs questionnez n’importe quel « économiste médiatique », il sera bien incapable de vous décrire le travail d’Allais dans sa substance.

« Protectionnisme raisonné », « frontières commerciales intelligentes », ou encore « taxes équilibrantes à l’importation », des grandes idées modernes mais politiquement incorrectes. Tant mieux!

LA SITUATION OBJECTIVE.

On ne peut plus continuer à délocaliser la production industrielle des pays riches auprès des pays exportateurs à faible coût de main d’œuvre et à protection sociale quasiment nulle. C’est devenu indécent.

C’est une vision politique de court terme qui a pu fonctionner pendant quelques dizaines d’années, et qui a été mise en œuvre successivement par des politiciens pas du tout visionnaires.

Outre le fait que ce soit criminel, et exceptionnellement hypocrite car on sait bien que la marge bénéficiaire reviendra aux capitalistes purs et durs (les « financiers » du système in fine) et que les travailleurs pauvres seront toujours exploités dès leur plus jeune âge, ne leur laissant aucune chance de s’émanciper.

C’est aussi se tirer une balle dans le pied à long terme, car nous, pays occidentaux, principaux bénéficiaires de production offshore, allons perdre progressivement de quoi financer notre haut niveau de protection sociale, après notre capacité à innover et à produire les choses que nous consommons.

C’est à peu près déjà la situation dans laquelle nous nous trouvons désormais.

En étudiant de près les travaux de l’unique Prix Nobel d’Économie français, Maurice Allais, on découvre à la fois ce qui explique la situation paradoxale dans laquelle le monde se trouve, mais aussi les solutions innovantes, originales et pratiques à mettre en œuvre pour se sortir de la tourmente.

Au risque de choquer encore, je crois que les grandes idées de demain, c’est le « protectionnisme raisonné » et les « frontières commerciales intelligentes ».

LE DÉSÉQUILIBRE ÉCONOMIQUE POUR LES NULS.

Pour faire simple, par un exemple que tout un chacun pourra comprendre, prenons le cas d’un distributeur français de t-shirts.

En France, il n’y a plus aucun fabricant de t-shirts, ils ont tous disparus, ils créaient pourtant des milliers d’emplois dans le textile il n’y a pas si longtemps et l’industrie textile française a toujours été fleurissante.

Notre distributeur, il y a 10 ou 20 ans, pouvait faire fabriquer en France ses t-shirts pour 5 à 10 euros (30 à 65 francs à l’époque). Le distributeur n’était pas vraiment sollicité à l’époque par les pays exportateurs à faible coûts de main d’œuvre, et le choix de sous-traitants étrangers était plus ou moins limité, on était pas encore dans la « mondialisation » telle qu’on la connaît aujourd’hui.

Le fabricant français, fournisseur du distributeur dans notre exemple, avait un prix de revient de 2 à 5 euros, et pouvait espérer une belle marge commerciale à deux chiffres lui permettant de faire prospérer son industrie textile en France, d’embaucher, de former, d’innover par l’investissement.

Dernièrement, avec l’internet qui diffuse une large offre internationale, qui accélère les « collaborations globales » entre offres et demandes et la logistique internationale (« global forwarding logistic services ») qui permet de transporter n’importe quelle marchandise d’un point à un autre du monde sans réelles contraintes et à coût maîtrisé, notre distributeur est sollicité par des fournisseurs de pays exportateurs à faible coût de main d’œuvre.

Les fournisseurs asiatiques vont proposer désormais à notre distributeur un t-shirt de qualité équivalent ou supérieure à ce qui se produisait en France (oui, je sais que c’est choquant de lire ça, mais sans qu’on ait eu le temps de s’en rendre compte, les chinois ont par exemple considérablement augmenté leur niveau de qualité, au point qu’on ne puisse plus vraiment affirmer que « produit chinois » signifie nécessairement « basse qualité », et il n’y a pas que les chinois en Asie par ailleurs) à un prix qui sera peut-être 2 ou 3 fois inférieur, malgré le coût du transport.

Notre distributeur, charmé par les offres de services qui se sont multipliées et la facilité de traiter avec les fournisseurs exportateurs à bas coûts a inévitablement abandonné son producteur local pour s’approvisionner là où il pouvait espérer de meilleures marges.

Du même coup, il a aussi baissé son chiffre d’affaire avec le temps, en proposant à des tarifs finaux moins élevés des produits qu’il a importé moins cher, baissant également sa marge, non pas en pourcentage, car elle a explosé « magiquement », mais en valeur nominale, et c’est là un des autres points cruciaux qui a échappé à tous les baratineurs défenseurs de cette mondialisation là.

En effet, en achetant un produit 8 euros fabriqué en France, qu’on vendait 15 euros, on réalisait 7 euros de marge nominale, soit 45% de marge environ sur le prix de vente, prix de vente qui était d’ailleurs acceptable pour le marché local, l’ensemble du système étant « maintenu ou orienté vers le haut » (c’est à dire qu’on ne cherchait pas le prix bas à tout prix, mais l’équilibre entre offre et demande locale).

Mais en achetant ce même produit en Asie, à 2 euros, on va avoir tendance à le vendre 7 euros, on va afficher une superbe marge de près de 70%, mais uniquement 5 euros de marge nominale. Dans le même mouvement, on va avoir tendance à « orienter le système vers le bas » (c’est à dire chercher à vendre encore moins cher, convaincu que c’est la panacé, produire donc moins de résultats in fine, ne pouvant plus ensuite assurer les niveaux de revenus d’avant).

Pour ce même article, le chiffre d’affaire va baisser de plus de 50%, il faudra vendre deux fois plus de produits pour être sûr de gagner plus d’argent que dans le scénario initial.

Vous connaissez beaucoup de commerçants qui vendent deux fois plus d’articles, qui consolident leur chiffre d’affaires et qui voient leur marge bénéficiaire nominale augmenter avec la mondialisation ? Pas moi. Par contre j’entends surtout des commerçants qui se plaignent.

L’idée qui consiste à dire qu’il faut pouvoir contrôler ce qu’on importe pour réguler les prix est objectivement intéressante. Je regrette qu’elle soit rejetée à Gauche et à Droite, mais ça ne m’étonne pas. Les solutions de demain ne viendront pas des mouvements politiques au pouvoir, obsolètes et indirectement corrompus.

LA SOLUTION MIRACULEUSE (QUI NE RELÈVE PAS DU MIRACLE MAIS DU COURAGE POLITIQUE).

Je dis que si un produit peut être fabriqué sur le marché local (en France pour ce qui nous concerne, ou en Europe si on veut l’envisager sur le plan européen en second temps), il faut pouvoir privilégier la fabrication locale, c’est le « protectionnisme raisonné ».

On n’empêchera pas un distributeur d’importer un produit identique ou similaire à 2 euros, lorsque ce dernier peut être fabriqué localement à 8 euros.

Par contre, on doit pouvoir demander à ce distributeur de contribuer à un « fond d’équilibre commercial » entre le marché local et international, par une taxe à l’importation.

Que ce fournisseur paye sa marchandise 2 euros à son partenaire asiatique, mais alors qu’on le taxe également de 6 euros supplémentaire pour que son prix de revient ne fasse jamais concurrence à ce qui peut se produire localement.

Cette taxe reviendra à l’industrie « pénalisée » par les importations de produits des pays à bas coûts (pour financer notamment les investissements locaux dans l’industrie respective, ou le maintient du haut niveau de protection sociale par un système à définir), et/ou viendra en crédit des pays exportateurs à bas coûts, les contraignants à consommer des marchandises produites dans notre pays, à nos coûts et à leur destination.

Bien entendu, ce modèle tel que je l’ai expliqué est volontairement simpliqué et vulgarisé, mais j’en décris le grand mécanisme d’équilibre.

Chaque industrie, chaque secteur d’activité devra disposer d’un organisme de contrôle et de régulation des prix, le plus neutralisé possible, le législateur estimera quels seront les produits et les secteurs industriels concernés par cette régulation équilibrante, en concertation avec les corporations.

Ce qui se produit avec le t-shirt en exemple, se reproduit également à l’infini dans tous les secteurs d’activité, hélas sans qu’on parvienne à contrôler quoi que ce soit, c’est la « mondialisation », la « globalisation » destructrice.

Le seul mouvement politique qui envisage de mettre en œuvre de telles politiques volontairement nouvelles et inspirées, c’est le Front National derrière Marine Le Pen.

J’appelle l’Europe à rapidement mettre Maurice Allay au programme de ses économistes les plus influents et à pimenter la vie économique européenne par un peu de protectionnisme raisonné.

Que la France donne rapidement le rythme d’une politique économique volontaire et innovante, pour le bien des peuples.

Le “plan Paulson”, plus grand hold-up du siècle?

Le 19 septembre 2008 est un jour historique, on ne le dira jamais assez.

Toutes les bourses du monde affichent d’indécentes hausses, incohérentes et surréalistes en tenant compte de la situation économique mondiale. Interrogez les traders et ils vous répondront qu’ils sont outrés et bleuffés par un événement surprenant qui les dépasse totalement. Personne n’a jamais vu ça auparavant.

Le “plan Paulson” imaginé par le Secrétaire américain au Trésor Henry Paulson est passé par là. Ma conviction est qu’on assiste plutôt impuissants au plus grand hold-up du siècle, applaudit évidemment par tous les médias internationaux (surtout occidentaux) tous dupés. J’ai de la tristesse pour nos amis contribuables américains, je ne suis pas convaincu qu’ils savent ce qui les attend au tournant.

Partout on vous explique que le “plan Paulson” a probablement sauvé la finance américaine et donc mondiale, alors qu’en réalité, il fait peser une nouvelle charge de plus de 1,000,000,000,000.00 de dollars (1000 milliards, et probablement bien au delà) sur les contribuables américains, en “isolant” les “fonds toxiques” des établissements financiers, en les faisant supporter par les fonds publics, qui vont les assumer dans une “structure” créée à cet effet. Selon les experts, le coût de cette opération pourrait atteindre 3500$ par américain, ou les dépasser.

Mais ce plan interdit également ce qu’on appelle la “VAD”, la vente à découvert, ce mystérieux mécanisme (spéculatif puisqu’on parle de bourse) bien connu des traders qui permettait de vendre ce qu’on ne possède pas, avant de l’acheter un peu plus tard, à bon compte. Qu’est-ce que permettait la VAD? Tout simplement de gagner de l’argent lorsque le marché était baissier, mais aussi de “réguler à la baisse”, de contenir les dégringolades de cours et d’empêcher leur brutalité, car il y avait toujours des acheteurs, même à la baisse. Ainsi, on bourse, on gagnait toujours, que ça monte, ou que ça descende. Malheureusement, le revers de la médaille c’est que dans un marché profondément baissier où tout le monde venait à parier sur les baisses, faire en sorte qu’il reparte à la hausse relevait de l’utopie, et c’est bien dans cette situation là que nous étions.

Désormais, les gendarmes boursiers aux USA (SEC), en Angleterre (FSA) et en France (AMF) ont décidé, en 48h d’interdire la VAD… “temporairement” disent-ils.

Du coup, les hausses historiques enregistrées, à mon avis, sont essentiellement dues aux rachats de titres liés à ces nouvelles règles du jeu, et pas du tout à la confiance retrouvée dans les marchés. J’imagine au contraire que suite à ces opérations, la confiance sera encore plus limitée désormais. La bourse, c’est une grande part de psychologie, et tout le monde est effrayé, tétanisé même!

On peut discuter beaucoup de l’opportunité ou non de la vente à découvert et de la spéculation financière dans les deux sens, et on peut entendre ici ou là dire que c’est une bonne décision et finalement du bon sens de supprimer la possibilité de gagner de l’argent dans un mouvement baissier, et qu’en bourse, il est moral de ne gagner de l’argent que dans un mouvement haussier.

N’oublions pas les fondamentaux de la crise. Le plan imposé au monde par les autorités américaines n’élimine absolument pas le problème de fond, il ne sauve que les capitalistes stratégiques, et ceux que j’appelle les banquiers supérieurs. En aucun cas il ne résout les problèmes des gens anonymes, qui perdent ou vont perdre leur job, qui sont surimposés et abusés par toujours plus de taxes, qui n’ont plus accès au crédit, qui ont perdu ou vont perdre leur maison, et qui ne peuvent plus consommer. Le “plan Paulson” ne résout pas la crise, c’est une décision de courte-vue uniquement pour sauver très temporairement le système.

Pour ma part, je parie que la crise systémique globale sera plus forte encore, et que tout ceci ne contribuera qu’à l’attiser davantage.

Quoi qu’on en dise, la tendance lourde mondiale, surtout en occident, c’est la baisse. La décroissance, et sûrement pas la hausse dans les conditions actuelles.

La majorité des traders pariaient sur un enfoncement des marchés, au moins à moyen terme. S’ils ne peuvent plus faire gagner de l’argent à leurs patrons en misant sur les baisses, que le marché est baissier et qu’on leur impose de gagner sur les hausses, comment le système financier va-t-il pouvoir générer des profits dans un tel marché?

Le système financier mondial, ultra-capitaliste et ultra-libéral est cette fois définitivement remis en question. Le “plan Paulson” a le mérite de le démontrer, il donne raison aux détracteurs du système global, car c’est bien une institution publique qui vient au secours d’une institution privée, impensable. Maintenant il faut repenser la finance mondiale, très vite, car c’est elle qui assure le développement exponentiel qu’on a connu jusqu’alors (et dont il sera très douloureux, pour ne pas dire dramatique, de se passer).

Certains spécialistes évoquent la piste du système utilisé dans le monde arabo-musulman, avec les principes de la Charia transposés en matière bancaire et financière. Mais qui serait prêt à franchir le pas, en occident, en Europe, aux USA?…

Pour aller encore plus loin dans la recherche des conditions qui ont amené le gouvernement américain à une action stratégique majeure et à son interventionnisme en milieu privé, il existe d’autres hypothèses.

En effet, il y a une autre façon d’interpréter les mesures hallucinantes prises par les régulateurs des marchés en occident visant à interdire la vente à découvert. On peut très bien imaginer que ce changement brutal de règle du jeu cache en réalité une “contre-mesure militaire” (active ou préventive) en pleine guerre économique mondiale?

Qui peut affirmer aujourd’hui que le monde occidental n’était pas attaqué dernièrement au cœur de son système (ou ne le serait pas prochainement), là où ça fait le plus mal, par une ou des puissances qui visaient les intérêts économiques et financiers, en profitant d’une économie déjà malmenée, et en les faisant s’effondrer, par des opérations massives, continues et diluées, toutes baissières.

Mais dans le même temps, qui peut affirmer que le monde occidental n’a pas essayé de frapper, avec les mêmes armes, peut-être avec plus ou moins de succès, dans l’antre financière de ses ennemis?

Observons bien ce qui se passe, les péripéties récentes de la place financière russe sont un bon exemple à mon avis, de ce qu’il est possible de faire dans ce domaine.

Quel avenir pour les entrepreneurs?

Je suis de ceux qui estiment qu’on ne parle pas assez des entrepreneurs, je trouve qu’on n’en dit jamais assez de bien.

J’en profite pour leur rendre hommage, surtout en ces temps de crise, ils sont en première ligne, en pleine guerre économique mondiale, et doivent jongler quotidiennement avec des nouveaux problèmes qui les dépassent bien souvent.

Les entrepreneurs, parce qu’on les appelle aussi patrons, ne sont pas considérés à leur juste valeur dans la société.

Prenons garde de ne jamais confondre les « élites », ces haut dirigeants des grandes entreprises capitalistes qui ont des intérêts discutables, avec les millions de patrons de petites entreprises à taille humaine, qui se battent pour leur liberté d’entreprendre, ou simplement pour préserver ce qu’ils ont su créer.

Tous ces gens qui ont des idées, qui les mettent en œuvre, qui vivent de leurs initiatives, qui prennent des risques financiers souvent considérables en s’endettant, permettent à beaucoup d’autres, employés et collaborateurs, directs ou indirects, d’en vivre sans en avoir les soucis.

Je sais que c’est politiquement correct d’affirmer que sans les travailleurs, sans les employés, il n’y a pas d’entreprise, et donc pas de patrons, mais ce n’est pas manquer de respect aux employés que de rappeler que sans les entrepreneurs, sans les patrons, il n’y aurait jamais d’emplois, donc d’employés. Les uns nécessitent les autres. Néanmoins, contrairement à la question de savoir qui de l’œuf ou de la poule vient en premier, pour qu’il y ait des employés, il faut d’abord créer une entreprise à partir d’une idée et du courage d’un entrepreneur, c’est seulement une fois l’activité lancée qu’on peut envisager de créer de nouveaux emplois.

Toute société moderne nécessite des entrepreneurs qui ont des idées, à l’origine d’entreprises, à l’origine d’activités économiques, à l’origine de nouveaux emplois, à l’origine de la consommation. La boucle est bouclée. Tout ce qui viendrait enrayer cette logique, enraye le système, et compromet la cohésion sociale.

De mon point de vue, les entrepreneurs, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, représentent la première richesse de la communauté, et c’est à ce titre que je demande qu’ils soient respectés, dignement et simplement pour ce qu’ils sont, et ce qu’ils apportent.

La crise financière mondiale que nous traversons met en exergue l’un des principaux problèmes : le financement des projets d’entreprises, le financement du développement ou celui des investissements.

De l’avis de tous, les banques, en plus de faire de l’argent sur le dos de leurs clients, devraient jouer un rôle primordial et stratégique : assurer le financement du développement et de l’investissement, pour perpétuer continuellement et sans faille l’économie réelle des sociétés humaines.

Depuis de nombreuses années maintenant, les banques ne jouaient plus vraiment ce rôle, et avaient privilégié de « fabriquer » de l’argent « virtuellement » avec toujours plus d’argent « virtuel », notamment au travers des places financières et des mécanismes et produits financiers qu’elles ont inventé, au lieu de financer plus largement l’initiative économique, le développement de l’économie réelle.

La France regorge de talents, paraît-il, alors il faut sans plus attendre permettre à tous ceux et celles qui ont des prédispositions à s’engager dans de nouvelles activités en assurant le financement de leurs (bonnes) idées, et de leurs projets (réalistes).

Il faut financer la matérialisation des idées pour les transformer en réalisations concrètes chaque fois que c’est possible, c’est à dire en entreprises viables, en activités économiques réelles.

Hélas, aujourd’hui, la plupart du temps lorsque quelqu’un a une (bonne) idée, il ne trouve jamais le financement pour son investissement initial, c’est un véritable chemin de croix que de trouver des fonds pour se lancer y compris dans un vrai projet viable.

Le gouvernement français, sous l’impulsion du Président Sarkozy a bien compris l’enjeu stratégique que représentent les petites entreprises et les entrepreneurs, et a pris des mesures très intéressantes pour les protéger contre le tsunami de la crise mondiale.

Le déploiement très rapide d’un dispositif de soutient aux P.M.E., au travers des « Parrains P.M.E. » ou des « Médiateurs » est un premier succès, même s’il est encore insuffisant. Au moins il aura permis de résoudre un certain nombre de problèmes immédiats, et de « prendre la température ».

L’utilisation plus intensive et mieux organisée d’organismes tels qu’Oséo pour financer le développement est une excellente chose aussi, même si encore une fois, les procédures sont trop longues pour aboutir.

Quels sont les problèmes des entrepreneurs aujourd’hui, en pleine crise ?

– les banques ne financent pas les projets qui ne présentent pas les garanties nécessaires (pour faire simple, on prête un euro contre un euro en garantie en face),

– les banques ne financent ni le stock ni le fond de roulement, alors que pour vendre, quand elles ont des marchés, les entreprises nécessitent d’avoir du stock d’avance,

– les banques limitent ou annulent les découverts « autorisés » ou « tolérés », alors que la trésorerie des entreprises est toujours plus tendue, les délais de paiement des clients s’allongent par ailleurs,

– les assureurs-crédit limitent ou annulent les garanties auprès des fournisseurs ou des grossistes au moindre incident, contraignant les petites entreprises à devoir payer comptant leurs marchandises, alors qu’elles n’ont souvent pas de trésorerie,

– les contrôles fiscaux sont toujours plus nombreux, dans un système devenu plus sécuritaire, il faut que l’état puisse contrôler pour avoir confiance, hélas lorsque le monde de l’entreprise à taille humaine rencontre l’univers du contrôle fiscal, souvent ils ne se comprennent pas, et ils ne bataillent pas à armes égales,

– les services du Trésor Public ne facilitent pas les choses en ne remboursant pas rapidement les crédits d’impôts ou de TVA, parfois le Trésor Public, donc l’État doit des dizaines de milliers d’euros à des petites entreprises, qui doivent attendre des mois pour être remboursées, ou même avoir l’autorisation d’en faire simplement la demande !

– les charges patronales, sociales et générales augmentent continuellement, compromettant la compétitivité des entreprises et activités locales face aux entreprises et activités mondiales.

On ne pourra pas résoudre rapidement tous les problèmes des entrepreneurs, mais je souhaite qu’on puisse au moins en résoudre un : le financement des projets de développement et le financement des bonnes idées.

Il n’est plus acceptable que dans un pays comme la France, ce soient des banquiers qui décident, souvent en petit comité, de l’éligibilité au financement de tel ou tel projet. Chacun son métier. Qui peut prétendre aujourd’hui que les banquiers ont à eux seuls les compétences pour comprendre la vision d’un entrepreneur, saisir toute la pertinence d’une nouvelle idée ?

Je souhaite que tout dossier de financement de projet d’entreprise refusé par une banque soit systématiquement audité par un comité d’entrepreneurs et de business développeurs dont c’est le métier que de créer de l’activité économique, à qui on demandera un avis qui devra être entendu.

Avec un avis favorable, l’État apporterait une caution financière suffisante, permettant à la banque de débloquer le financement du projet à un taux préférentiel pour l’entrepreneur, porteur du projet.

Un organisme tel qu’Oséo pourrait parfaitement mettre en place, dans chaque région, une équipe d’entrepreneurs et d’experts dans différents secteurs d’activité, qui auraient leur mot à dire lorsqu’une banque rejette le financement d’un projet de création d’entreprise ou d’investissement, et qui pourraient faire basculer la balance dans le bon sens.

Trouvons ces experts, trouvons ces entrepreneurs déjà établis qui pourront comprendre leurs homologues, trouvons ces business développeurs, ces gens qui savent comment, à partir d’une idée, produire de l’activité, de manière sécurisée et viable. Au lieu de les voir partir à l’étranger où ils sont compris et reconnus, gardons-les, et utilisons leurs compétences !

Je sais que l’avenir est très sombre, mais si toutes les énergies créatives, si toutes les bonnes volontés se réunissent, la crise pourrait se transformer en une nouvelle chance de transformer nos institutions, et d’en réformer leur fonctionnement.

Les riches pays arabes vont-ils sauver notre monde?

Le “plan Paulson” qui visait à “sauver” les institutions financières américaines, historique et très critiqué, n’a pas été adopté par la Chambre des représentants aux USA.

Désormais, il n’y a plus de solution officiellement, et le problème est devenu tellement énorme qu’il peut engendrer d’un jour à l’autre un cataclysme sur toute la planète en faisant radicalement exploser le système capitaliste et financier international, pour finalement le réduire à néant.

Soyons très objectifs, et revenons un peu sur les fondamentaux de la crise.

Le “système” mondialisé que nous connaissons dans nos civilisations avancées est basé exclusivement sur le développement exponentiel, sur la consommation exponentielle et sur la production exponentielle.

Désormais, l’idée que dans un “monde fini rien ne peut être exponentiel” a fait son chemin dans les consciences. La confiance dans ce “système” est fortement altérée, et à peu près rien ne pourrait inverser la tendance.

Dans la mesure où on ne peut pas se développer de manière exponentielle, le “système” arrive à son “point de rupture”, au pire moment de l’histoire.

De plus, en occident, nous sommes intimement dépendants de produits primaires tels que le pétrole, le gaz et d’autres encore que nous devons acheter, de plus en plus cher, en dehors de notre périmètre. Depuis toujours, nous n’avons cessé de transférer notre cash auprès des pays producteurs (nous avons fortement enrichi les arabes, et dans une moindre mesure les chinois, les russes…) en échange de produits primaires, que nous avons depuis consommé. De plus, nous avons initié des guerres et sommes associés à des troubles sur toute la planète, et l’image de l’occident s’est terriblement dégradée.

Nous les occidentaux, nous ne sommes crédibles que lorsque nous sommes très puissants, or à l’allure où vont les choses, nos civilisations modernes vont se retrouver assez rapidement au tapis pour un bon moment.

J’entends dire “c’est le moment, il faut changer le système, il faut repenser la finance internationale, trouver des nouvelles règles”. Le FMI se propose de s’en charger, s’il est mandaté, il se sent “investissable” pour cette mission.

Malheureusement, nous ne disposons pas de beaucoup de temps, et qui est en mesure d’imposer, au niveau international, dans un délai record, des nouvelles règles acceptables par toutes les parties? Bush? Sarkozy? Les chinois? Les russes? Les arabes?

Que faut-il faire désormais? Fermer les places financières quelques semaines? Quelques mois? C’est possible, c’est certainement une option qu’il aurait fallu retenir, hélas en sacrifiant des centaines de milliers d’emplois dans le domaine de la finance et de la haute finance.

Une autre option existe pourtant, elle n’est pas encore très évidente, mais elle pourrait bien s’imposer. Regardons simplement au Moyen-Orient, du côté des riches pays arabes.

Nous sommes le 29 septembre 2008, le Ramadan se termine aujourd’hui, on s’apprête à fêter l’Eid, et peut-être qu’après, d’ici quelques jours, et d’après ce qui se dit, on va passer à d’autres choses très sérieuses.

Depuis plus de 50 ans, les pays occidentaux ont enrichi les monarchies du Golfe (Koweït, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Bahreïn, Qatar…). Nul ne sait précisément de quel pactole ils disposent, tous réunis, mais on avance les chiffres faramineux de plusieurs dizaines de milliers de milliards de dollars.

Le plan pour sauver la finance américaine, c’était 700 milliards de dollars.

Les arabes disposent probablement de plus de 100 000 milliards de dollars d’actifs et de liquidités. C’est à dire plus de 140 fois le coût du fameux plan évoqué plus haut.

Globalement, lorsqu’ils seront décidés à le faire, ils pourraient racheter instantanément la dette des USA et celle de l’Europe. En quelques jours.

Mais qu’est-ce que les arabes peuvent racheter et contrôler, s’ils le désirent?

C’est très facile de répondre à cette question. Avec la chute vertigineuse des valeurs boursières respectives, techniquement ils peuvent prendre le contrôle des banques, mais aussi des entreprises, les petites comme les grandes. Les institutions très rapidement ensuite. Et tout ça sans bouger de chez eux, ou en utilisant leurs places financières ultramodernes.

Dubaï, par exemple, pourrait être le cœur (et la tête) de cette immense prise de contrôle à distance, redoutable d’efficacité.

Libre à eux, ensuite, de faire appliquer les règles de leur propre système (avec notamment les principes de la charia) sur nos territoires, puisqu’ils seront des actionnaires majeurs.

Nous sommes au beau milieu d’un mouvement à 180°, qui a peut-être commencé le 11 septembre 2001, et qui se terminera dans les prochaines années, avec à la clé des bouleversements de civilisation considérables, et un changement géopolitique d’une amplitude jamais observée. De nouvelles opportunités pourrait s’offrir à ceux qui sauront les saisir.

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir s’il faut en avoir peur ou pas.

La question serait plutôt… Vont-ils le faire?

Crise économique et sociale : le scénario noir

Personne ne peut l’affirmer, mais il est désormais plus que probable que le monde entier a entamé la fameuse phase de décroissance annoncée par les spécialistes depuis des années

Malheureusement, toute l’organisation humaine, à la fois économique et sociale, est aujourd’hui “indexée” sur les produits énergétiques primaires et dérivés, notamment le pétrole. L’augmentation du prix du baril (qui a pratiquement quadruplé en l’espace de quelques années) et la faible valeur du dollar américain face aux autres monnaies conduisent à une situation jamais vue dont les conséquences immédiates, différées et latentes amènent à une criticité extrême.

Depuis des années, des centaines de scientifiques, économistes, spécialistes et autres chercheurs alarment les gouvernements partout sur la planète en expliquant qu’il est urgent d’agir, que le pétrole n’est pas éternel et que les menaces qui pèsent sur l’humanité sont immenses à partir du “peak oil” (que certains analystes considèrent comme étant déjà atteint).

Hélas, aucun pouvoir politique, nulle part sur la planète, n’a jamais cru bon devoir prendre suffisamment au sérieux les études alarmistes, pire : les déclinologues sont même décriés et critiqués. C’est ainsi que nous nous retrouvons, en 2008, au début de la plus sérieuse “crise systémique globale” de l’histoire humaine récente, qui selon moi, conduira à un changement de civilisation dramatique et brutal dans les 5 à 20 ans à venir.

Au risque de paraître “catastrophiste”, et je le dis froidement en mesurant tout ce que ça implique : il n’existe aucun “plan B”, aucune énergie alternative, et aucun moyen de maintenir l’humanité et son système économique dans un état stationnaire viable à moyen terme. Par conséquent, puisque c’est déjà trop tard, quoi qu’on fasse aujourd’hui, d’immenses drames vont se produire inévitablement, les contrées les plus pauvres seront bien entendu les premières à en subir les conséquences, mais nul ne sait à partir de quel seuil les contrées les plus riches seront préservées, notamment dans le monde occidental, ou dans les pays dits “émergents” ou “riches”.

Je suis objectif et pragmatique. Nous connaîtrons, y compris en Europe, une période sombre et très difficile à négocier où se dérouleront des drames qui vont plonger des millions de nos concitoyens les plus fragiles dans un état de grande pauvreté matérielle, physique et psychologique, entraînant avec eux toute la société moderne et développée dans une sorte de lente décroissance chaotique.

Depuis des années j’évalue et j’analyse des risques et leurs conséquences et je modélise et vulgarise des scénarios pour les expliquer, je concentre l’expérience et l’information tirés d’études diverses faites par tant d’autres spécialistes. La synthèse de cet ensemble permet de produire un scénario noir qui me semble le plus réaliste, et qui aujourd’hui est connu de tous les chefs de gouvernements occidentaux.

J’évoque ci-dessous, de manière succincte et non exhaustive ce qui pourrait se produire dans les mois et années à venir.

– Recrudescence de troubles sociaux violents, qui par ailleurs s’installeront dans la durée (manifestations violentes prolongées, grèves récurrentes, mouvements sociaux inattendus pouvant éclater à tout moment n’importe où pour des motifs plus ou moins sérieux nécessitant toujours plus de moyens humains et matériels coûteux pour assurer la sécurité publique).

– Populations de moins en moins hostiles aux actions de protestation et de blocage économique et politique au niveau du pays.

– Criminalité en hausse globalement, confrontations intercommunautaires et intra-communautaires, irritations et jalousies exacerbées entre les individus conduisant à une multiplication de situations conflictuelles, de plus en plus violentes.

– Augmentation du nombre d’initiatives criminelles personnelles et isolées (ou menées par des petits groupes) de type “actions terroristes” (non religieuses et indépendantes) ou de “sabotages” d’infrastructures, revendiqués ou non, visant à déstabiliser ou à critiquer les actions politiques sociales ou économiques qui nuisent aux intérêts des individus.

– Défaillance des gouvernements et débâcle politique (impossibilité de faire face aux problèmes par des mesures politiques), accentuation de la perte de confiance dans le pouvoir politique, décrédibilisation des gouvernements qui perdent en représentativité.

– Apparition du pouvoir centralisé et concentré, conduisant “mécaniquement” à des dérives vers la “dictature démocratique” puis vers le “totalitarisme démocratique” portant l’habit d’un gouvernement républicain.

– Contrôle accru des médias (l’internet en particulier), avec le risque qu’un fossé se creuse entre le pouvoir politique et le “cinquième pouvoir”. Apparition de la “censure informelle”, dite de “convenance politique”, défavorable aux journalistes indépendants et libres, qui créeront leurs propres canaux d’informations parallèles et indépendants.

– Accentuation du risque d’atteinte à l’intégrité physique des personnalités politiques ou publiques exposées, de quelque tendance que ce soit.

– Fragilisation du système bancaire par la recrudescence des faillites et des créances irrécouvrables, défaillances des remboursements des crédits à la consommation et défaillances des remboursements des crédits immobiliers.

-Amplification de la crise financière internationale, perte de lisibilité sur les principales places de marché, mouvements spéculatifs incontrôlés et trop dynamiques pour être maîtrisés, installation dans une tendance baissière lourde.

– Émergence du phénomène de “stagflation” mélange de stagnation (économie molle, faible croissance, ou croissance nulle) et d’inflation, conduisant au pire scénario économique limitant toutes les marges de manœuvres, aux conséquences incalculables.

– Création de “bulles urbaines sécurisées” (zones commerciales, autour de grandes entreprises et d’institutions, infrastructures stratégiques, agglomérations privilégiées, quartiers résidentiels protégés, villes sous contrôles d’accès) et émergence de “zones de non droit” délaissées et hors de contrôle, ruinées, notamment les petites zones urbaines ou rurales, faute de moyens financiers et humain pour en assurer la sécurité et le développement.

– Impossibilité d’assurer la sécurité de manifestations publiques massives (événements sportifs, culturels, etc.), qui deviennent progressivement proscrites.

– Risque important de vandalisme dans les grandes surfaces et les grands commerces mal sécurisés et fortement fréquentés, où les gens excédés viendront se servir sans payer, lors de mouvements sociaux hostiles et localisés, qu’il sera par ailleurs très difficile de combattre ou d’empêcher.

– Stations services et dépôts de carburants dévalisés, puis vandalisés et saccagés, vols de matériaux énergétiques (recrudescence des vols de carburants depuis les réservoirs des véhicules privés et professionnels).

– Transports routiers et même trains complets de marchandises ciblés, piratés et vandalisés (vols en bandes organisées par des actions violentes de type paramilitaires).

– Apparition du marché noir et du troc, puis rapidement de la désobéissance civile, conduisant à l’impossibilité d’encaisser les taxes gouvernementales et d’assumer les budgets des États, et pour ceux qui le peuvent, fuite des capitaux vers les zones sécurisées (pays défiscalisés ou à fiscalité avantageuse).

– Difficultés pour les pays et les institutions publiques à payer les salaires des fonctionnaires, les indemnités de chômage ainsi que les retraites.

– Montée progressive du contrôle militaire dans la gestion quotidienne des crises, d’abord par l’utilisation de la gendarmerie, puis par les forces militaires conventionnelles, qui seront de plus en plus présentes et sollicitées.

– Émergence de nouveaux leaders et groupuscules “autonomes” difficiles à contrôler.

Le tableau est noir. J’en suis conscient. La liste des conséquences dans nos vies de tous les jours est encore longue. Quoi qu’il en soit, il vaut mieux être préparé au pire, en espérant que le pire n’arrive jamais.

Apprêtons-nous donc à traverser une période douloureuse en se disant qu’il y a toujours pire ailleurs, et profitons de chaque jour qui passe. Pensons également à prendre les bonnes décisions et à faire les bons choix. Voyons loin.

Après tout, le catastrophisme, c’est aussi un principe de précaution.

Sommes-nous à la veille d’un trouble majeur?

Le gouvernement français vient d’annoncer un taux de chômage historiquement bas puisqu’il revient à son niveau de 1983 (25 ans plus tôt, à 7,5% de la population active).

C’est formidable, n’est-ce pas? La tendance baissière est si forte que nous sommes à un cheveu du plein emploi (le Président Sarkozy s’y était engagé il n’y a pas si longtemps, il pourrait bien y parvenir visiblement).

Nul doute que selon la nouvelle formule de calcul de l’INSEE, ce taux est correct.

Dans le même temps, on ne peut pas critiquer l’acharnement visible et audible des ministres à vouloir réformer et changer le pays, sous l’impulsion d’un Président énergique, présent et actif.

Mais ce taux de 7,5% est-il celui qui donne la réelle image du chômage dans notre pays?

Il paraît évident que non. Pour le gouvernement, seuls un peu plus de 7 français sur 100 en capacité de fournir un travail nécessaire seraient des chômeurs. Qui peut croire cela?

Je suis un observateur avisé de la société, mais je suis surtout un entrepreneur exigeant, et dans mon métier, la prise en compte des paramètres est cruciale, autant que leur interprétation. J’ai donc besoin, comme tout décideur, des bons paramètres, des bonnes variables, au bon moment.

On n’imagine pas le nombre de décisions stratégiques, toutes placées dans leur contexte et à leur niveau, qui sont prises et les actions qui découlent d’une statistique donnée. Si la statistique est faussée, les décisions engagées ont bien souvent des répercussions catastrophiques.

Pour moi, le chômage doit être défini comme l’inactivité même partielle d’une personne en capacité de travailler et qui le nécessite, à plus forte raison lorsque le revenu de son travail ne lui permet pas de vivre régulièrement et sereinement, “selon les standards occidentaux”. Ces standards évoluant sans cesse.

Une personne “en capacité de travailler et qui le nécessite” dans la société occidentale, c’est quelqu’un, un homme ou une femme, qui a entre 18 et 65 ans, qui peut fournir un travail afin d’en générer un revenu, qui est dépendante du “système économique tel qu’il est conçu” pour subvenir à ses besoins les plus variés, qui ne soit pas ni scolarisé, ni malade au point de devoir être assisté par la société.

Les hommes et les femmes qui ont décidé de ne pas travailler en ayant la possibilité de vivre de leurs propres ressources, ou de celles de leurs proches ne sont pas concernées (femmes au foyer par exemple).

Depuis bien longtemps je ne me fis plus aveuglément aux données officielles. Je préfère bâtir mes projets, avoir ma propre idée et ma vision de long terme en tenant compte également des informations “grises” (peu vérifiables car peu documentées et officieuses), perçues plus réalistes, et qui circulent ou qui sont glanées dans “les milieux bien informés”.

Quel est donc le véritable taux de “chômage” en France? Probablement plus proche de 19% que de 7,5%. Ce qui change absolument tout. Certains estiment même qu’il dépasse nettement les 20% pour atteindre le quart de la population active, vous imaginez?

On peut s’amuser ainsi à évoquer d’autres données. Par exemple, la hausse des prix des produits de consommation courante depuis 10 ans, a-t-elle été de 15 à 17% si l’on s’en tient aux statistiques INSEE (+1,5% par an en moyenne basse), ou plutôt de 62 à 65% (voir plus sur certaines catégories de produits) si l’on considère que les prix ont augmenté réellement de 4,5% par an en moyenne basse ces dix dernières années?

Rappelez-vous il y a 15 ans, comme il était “prestigieux” de toucher un salaire de 10000 francs par mois, ce palier psychologique était important. Aujourd’hui, est-ce que vous avez l’impression que 1500 euros (l’équivalent de 10000 de nos anciens francs) suffisent à atteindre la moitié ou les deux tiers d’un mois pour vivre sereinement? Et combien gagnent plus que 1500 euros par mois, 15 ans après?…

De toute évidence, le nombre de pauvres augmente à grande vitesse, et dans le même moment, les pauvres s’enrichissent beaucoup plus lentement que les riches.

Le plus inquiétant, c’est que la tendance est loin de pouvoir s’inverser, au contraire, elle va nettement se consolider sur sa lancée avec les difficultés qui arrivent à nous, ou nous à elles.

Pour moi, la hausse du prix du pétrole va jouer un rôle déterminant dans le processus de “renversement” du système occidental, et pire, il n’est pas réellement intégré dans les stratégiques politiques de court et moyen terme.

Nous paierons bientôt le baril à 120$, puis des seuils comme 140$ à 180$ seront à portée des marchés dans les années qui suivront.

On ne réalise pas à quel point du prix du pétrole dépend intimement et absolument tout notre mécano économique et social.

Que dire encore de l’euro face au dollar, on nous assure qu’il nous protège, peut-être, c’est un point de vue, celui de Trichet notamment, il doit avoir ses raisons. L’écart économique entre la zone USD et la zone EUR se creuse à une vitesse folle. Certains évoquent un euro contre deux dollars prochainement. On y est presque, effectivement.

N’oublions pas que depuis de nombreuses années déjà, c’est hors de la zone EUR que la croissance est la plus forte et la plus dynamique, et que sur ces marchés, tout se négociera encore pendant longtemps en USD. L’Europe n’a donc aucune chance de pouvoir en profiter.

Qui peut en prédire les effets? Personne précisément, on sait juste qu’ils seront… dramatiques pour les peuples.

D’ailleurs, parlons croissance. En France, elle est annoncée et maintenue autour de 2 à 2,5% en 2008, que ce soit le Premier Ministre ou la Ministre de l’Économie, ils en sont convaincus, sur quelle base et sur quelles études, on ne sait pas. En réalité, il se dit que depuis quelques années, peut-être 2 ou 3 ans, la France n’est ni en croissance, ni même en stagnation, mais en “croissance déficitaire”. C’est très différent. C’est la décroissance.

Notre monde moderne est suspendu à certaines données économiques fondamentales (comme le prix du pétrole). Des populations civilisées, à priori structurées, vivant selon des “hauts standards humains” et qui semblent protégées par leurs institutions, telles que les nôtres, pourraient bien être retournées comme des crêpes, en l’espace de quelques années, à partir d’un certain seuil, mais on ne pourra pas le démontrer avant qu’il ne soit trop tard. Ni dire exactement comment cela va se produire, et avec quels effets.

C’est le principe de l’élastique qui va rompre lorsqu’il est trop étiré, on sait qu’il va rompre, mais on ne sait pas vraiment à quel moment.

Nous sommes à la veille d’un trouble majeur. Certains, personnes morales ou physiques, s’en sortiront néanmoins, mieux que la plupart, à condition d’y être bien préparé.

En France, il y a (vraiment) du souci à se faire!

Contrairement aux attentes des plus utopistes, pardon, des plus optimistes d’entre-nous, il faut se rendre à l’évidence : la situation de la France, des entreprises françaises et des français ne s’améliore pas, au contraire elle se dégrade.

Dans la société, il y a un besoin et une attente combinée extrêmement forte, qui ne cesse pas de s’exacerber

Les gens, jusqu’à dans les couches moyennes ou favorisées, nécessitent d’être moins pressurés par les conditions de vie et son coût qui augmente (avec ses besoins). On n’est même plus sûr qu’ils accepteraient de “travailler plus, pour gagner plus”.

Quelle famille peut vivre aujourd’hui, dans le monde occidental moderne avec une seule voiture, sans au moins deux téléphones portables (avec les abonnements qui vont avec), sans au moins deux ordinateurs, sans abonnement internet, sans abonnement multimédia HD et sans la télévision Plasma Full HD qui vient de sortir? Les études montrent que les revenus ont augmenté ces 15 dernières années, bien sûr, et personne ne comprend pourquoi les gens se plaignent, mais le coût “invisible” des nouveaux besoins “vitaux” dépassent nettement les augmentations de salaire.

Pour ne pas arranger les choses, puisque le monde occidental “produit” des individualistes et des célibataires (hommes, femmes, ou parents isolés), leur budget explose car si dans un couple on peut mieux faire face avec deux salaires, il n’en est pas de même pour les personnes seules, notamment les plus jeunes (qui sont aussi celles qui ont le plus de “besoins” insatiables).

Les entreprises françaises de productivité semi-industrielle ou industrielles ne pourront pas résister longtemps face à une quadruple insupportable pression:

– à la fois d’un dollar extrêmement faible limitant ou empêchant les exportations de production nationale, dans un monde ou tout se négocie encore en dollars,

– de la nette baisse du pouvoir d’achat des particuliers (ou plutôt de leur incapacité à consacrer une partie de leur budget dans autre chose qu’un loyer, une voiture, un abonnement internet, téléphonique et dans la nourriture) mais aussi de la baisse de l’investissement professionnel (les entreprises perdant confiance progressivement et cherchant à se solidifier avec ce qu’elles ont déjà plutôt que de parier sur l’avenir),

– de la concurrence internationale déloyale, essentiellement asiatique (le “grossiste mondial”, mais aussi désormais le “frigidaire mondial”) à faible coût de main d’œuvre,

– du prix du pétrole qui va s’installer au delà de 100$ le baril et qui pèse sur l’ensemble de l’économie à différents niveaux, et dont on n’a pas encore ressenti tous les effets conséquents.

Combien de temps la situation est tenable? Qui peut le dire? Sûrement pas très longtemps. Des années? Des mois, avant d’en constater des signes irréversibles?

Les institutions économiques et statistiques, généralement proche du pouvoir politique, ne semblent pas communiquer sur de graves inquiétudes, alors que les économistes indépendants sont plus qu’alarmistes.

Et ce n’est pas qu’en France, c’est toute l’Europe qui est touchée plus ou moins au même niveau. Ralentissement en Allemagne, signes inquiétants en Belgique, en Italie, et même en Angleterre.

Verrons-nous bientôt les églises se transformer en dortoirs pour pauvres, transférés depuis les trottoirs, ruinés ou mal logés, les supermarchés et les commerçants dévalisés par des gens qui ne peuvent plus faire autrement que se servir sans payer et qui ne trouveront pas vraiment de résistance?

Est-ce un passage obligé? Probablement. C’est la “rupture”, dans tout ce qu’elle a de plus cynique.

Soyons objectifs.

On ne peut pas sortir de l’Europe qui nous étrangle, on ne peut pas enrayer l’immigration illégale qui nous pèse malgré le consensus de tous sur la question, on ne peut pas baisser les charges des entreprises d’au moins 30%, on ne peut pas augmenter les bas salaires de 25%, on ne peut pas baisser la TVA sur tout ce qui est consommé pour en alléger fortement le prix, on ne peut pas offrir plus de travail aux gens car il n’y en a pas plus à offrir et souvent les actifs travaillent déjà autant qu’ils peuvent, on ne peut pas transformer les banlieues des grandes villes en quartiers résidentiels agréables, on ne peut pas limiter ou interdire l’importation des produits asiatiques ou issus des zones à concurrence déséquilibrée qui pourraient être manufacturés ou fabriqués en France en dynamisant l’emploi et la création d’entreprises de taille moyenne, on ne peut pas lutter contre les politiques commerciales internationales mondialisées qui écrasent toujours plus les prix, soit disant pour donner plus de pouvoir d’achat aux travailleurs par la concurrence ouverte, alors qu’en réalité elles compressent les marges bénéficiaires et donc rendent impossible le partage de richesses qui d’ailleurs ne se constituent plus au même niveau, sans compter que la qualité des produits proposés est plus en plus contestée.

Il y a tant de choses qu’on ne peut plus faire, pour lesquelles il ne semble plus possible de revenir en arrière, qu’on voit mal comment toujours plus de gens vont s’en sortir toujours mieux dans un monde sensé devenir toujours meilleur.

Il est indiscutable, au moins en apparence, que le Président Sarkozy tente de faire remonter la pente à toute la machine France. Mais comment peut-on pousser un très lourd véhicule vers l’avant quand sa marche arrière est engagée, dans la boue?

J’ai bien peur hélas que toutes les mesures qui sont prises depuis l’élection de celui qu’on appelle l’Hyper Président, et toutes celles à venir pendant son mandat, et qui, du reste, seront toujours plus difficiles à faire avaler aux français, resteront nettement insuffisante et improductives de résultats, conduisant inéluctablement le pays, et surtout son peuple, vers une situation empirique.

On voit bien, avec les récents sondages d’opinion qui le place en janvier 2008 à 47% de satisfaction (et son Premier Ministre à 42%, tous deux en baisse continue depuis qu’ils sont au pouvoir) que les français sont de plus en plus sceptiques envers leur gouvernement. De plus, désormais, il existe un réel fossé entre la réussite personnelle de Nicolas Sarkozy et la réalité quotidienne des gens.

Mais qu’est-ce qu’une situation pire me direz-vous? Quel serait l’un des scénarios crédibles?

On peut envisager que de plus en plus d’entreprises seront en difficultés chroniques ou insurmontables, que de plus en plus d’actifs, y compris dans les classes moyennes ou confortables seront de plus en plus gênés et affaiblis, qu’il y aura de plus en plus de pauvres (ne parvenant plus ni à se nourrir correctement, ni à se loger décemment, ni à se chauffer dans les périodes froides, et encore moins à se payer du plaisir, pour compenser la morosité).

L’insécurité sera croissante, bien au delà des banlieues et jusque dans les cœurs des villes et largement en province (moins sécurisée), y compris dans les zones rurales.

La criminalité urbaine s’intensifiera, le niveau de violence grimpera, le climat insurrectionnel sera palpable, les forces de l’ordre seront plus présentes, beaucoup plus visibles, plus déployées, moins tolérantes. La tension ira crescendo.

Sur le plan économique, la situation sera intenable. L’émergence d’un marché noir sera inéluctable. Les banques qui gèrent les actifs seront progressivement mises en difficulté, et devront faire face aux situations détériorées de leurs clients particuliers et professionnels, toujours plus nombreuses.

L’inflation, rapide et sournoise, produira des effets terriblement néfastes, et le mouvement ne pourra pas s’inverser.

Les dirigeants d’entreprises chercheront à protéger leurs activités en augmentant les prix pour à la fois garantir leurs marges et compenser la hausse des coûts de production, quelles qu’en soit les conséquences sociales.

La confiance dans les marchés financiers continuera à se dégrader, offrant des opportunités de prise de contrôle à nos meilleurs ennemis, les investisseurs asiatiques, indiens ou arabes.

Le pétrole continuera à progresser, certains analystes envisagent des cours à plus de 120$ à brève échéance, les saoudiens évoquent même un pétrole à plus de 200$ rapidement. Des économistes mondiaux estimaient il y a quelques années qu’à partir d’un pétrole à 120$ le baril, certains pays modernes pourraient connaître le chaos social, y compris en Europe.

Par ailleurs, les USA, le gendarme global qui, même s’il est très critiqué, joue un rôle de régulation incontestable, va être fortement troublé par les Présidentielles “marketées” offrant comme choix aux américains un noir, une femme ou un religieux, ce qui ne va probablement pas arranger les affaires du monde occidental.

Rappelons-nous que le rôle d’un Président consiste à maintenir les intérêts supérieurs du pays. Si l’individu était l’intérêt supérieur d’un pays, j’imagine que depuis longtemps ça se saurait.

« Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas »

Tout le monde a encore en tête les mots du Président Sarkozy à la Concorde le soir de son élection : « Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas ».

Avec l’affaire des « infirmières bulgares » et des « tractations secrêtes avec la Libye », beaucoup s’interrogent, dans tous les milieux.

À gauche, on parle déjà d’un « mensonge d’état ».

Les Sarkozy on joué un rôle inattendu, qui paraît « opaque » ou « trouble » à certains dans le dénouement final.

Qui pourrait croire à une coïncidence de calendrier entre la libération surprise des infirmière bulgares et de la « signature » des contrats militaires entre la France et la Libye?

Qui pourrait croire à une autre coïncidence de calendrier entre le « vraissemblable » paiement par le Qatar de 400 millions de dollars, et la signature « surprise » d’un très gros contrat de fourniture d’avions Airbus quelques jours auparavent au Bourget, entre la France et le Qatar?

Qui peut comprendre les interrogations de l’Allemagne et leur étonnement sur les interventions des Sarkozy dans le dossier, et surtout quelle analyse doit-on faire après l’absence totale de réaction des américains et des anglais? La Libye, et les Kadhafi sont pourtant des « sortes d’ennemis » de nos alliés, américains et anglais.

Et pire que tout, comment comprendre les divergeances flagrantes de versions entre les officiels français, qui tentent par tous les moyens de cacher leur vérité, et celles des Kadhafi qui ont leur dignité à jouer.

Qui ment et pourquoi?

Une incroyable affaire d’état est en train de naître, alors que presque tous les membres du gouvernement français sont en vacances à l’extérieur du pays moins de trois mois après qu’ils aient pris leurs fonctions respectives.

La France ne semble pas prête d’être redressée.

Bientôt des lendemains qui déchantent…

On a le sentiment que dimanche 22 avril 2007, la France avait rendez-vous avec son histoire.

Les analystes sont unanimes pour rappeler que les enjeux des Élections Présidentielles de 2007 étaient cruciaux, capitaux, déterminants, et dans tous les cas, lourds de conséquences pour l’avenir d’un pays qui sombre avec son peuple, tout du moins il en donne des signes indiscutables.

Dans toutes les couches de la population, la demande de rupture avec les politiques traditionnelles, le besoin d’un véritable changement profond semblait prédominer.

Un autre sentiment aussi qui ne nous aura pas échappé, celui d’un étouffement sous le poids de plus de trente années de politiques alternatives de gauche et de droite traditionnelle qui n’ont jamais amélioré le sort de l’individu, personne physique, ou de l’entreprise, personne morale, au contraire.

Pour tout observateur un peu honnête, il est flagrant de constater que les élections au premier tour permettent une fois de plus à deux candidats du système politique traditionnel de pouvoir briguer un mandat présidentiel, le pari du changement est loin d’être gagné. Derrière chacun des deux candidats, il y a un système, complexe, huilé, des appareils politiques indémontables, des inerties, un jeu de marionnettes tirées par des ficelles.

Un système politique bipolaire dont l’idéologie, les décisions stratégiques au travers des politiques successives sont indiscutablement à l’origine de la situation d’un pays comme la France, dépouillé de ses forces vives, de ses savoirs-faire, de son industrie, de sa recherche, de ses élans et de ses dynamiques, de ses qualités, de ce qui faisait de lui l’un des leaders mondiaux dans d’innombrables domaines, avec notamment la mise en valeur de “la qualité à la française”, la marque de fabrique du pays France.

Nicolas Sarkozy, non la France n’est plus la cinquième puissance mondiale mais plutôt la sixième depuis 2006 et bientôt la septième voire au delà si l’on en croit la tendance de fond, et il n’y a pas 2 millions de chômeurs en France (nombre d’actifs sans travail), mais probablement près du triple. Ségolène Royal, je ne vous ai pas entendu nous donner les véritables chiffres… ni même au moins votre sentiment.

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont probablement plein de bonnes volontés, sûrs de leur engagement respectif, motivés à atteindre les plus hautes responsabilités, résolus à présider un pays qui nécessite plus que jamais d’être redressé.

Objectivement, et il faut prendre beaucoup de hauteur pour le réaliser en tenant compte d’une multitude de paramètres ayant tous des conséquences les uns avec les autres, les programmes politiques de Royal ou Sarkozy ne permettront pas de sauver le pays, je le dis avec la plus grande gravité.

On pourrait citer d’innombrables raisons pour illustrer mes propos, mais globalement les freins viendront du poids des boulets à traîner, des influences des lobbies, de la puissance des groupes de pression qui gonflent, qui gonflent…

Les principales raisons sont néanmoins connues : les programmes politiques qu’ils représentent ne s’attaquent pas aux causes des problèmes, mais tentent de proposer des rustines qui auront toutes une telle inertie dans leur mise en œuvre que leur productivité sera imperceptible en définitive.

Par ailleurs, aucun des deux programmes ne permet de stabiliser, ou mieux de réduire la dette du pays évaluée à 2500 milliards d’euros (ce qui, je le rappelle, fait 15000 milliards de francs), au contraire ils alourdissent la colossale ardoise française.

D’ailleurs ayons le courage d’affirmer une fois pour toute que cette dette est purement et simplement irremboursable (ne serait-ce que techniquement), ce qui reviendrait à dire que le pays est ruiné, en situation avérée de faillite, auprès de l’ensemble de ses créanciers.

Pour être très concret, ce que les français n’ont probablement pas bien compris (parce qu’on se garde bien de le leur expliquer), mais aussi ce que la quasi majorité des candidats à la présidentielle, et non des moindres puisque les trois principaux ne le soulignent jamais, c’est que sans des mesures immédiates (par immédiates j’entends “à très court terme”, c’est à dire à une échelle de temps qui se mesure en mois et non en années), draconiennes, socialement et économiquement contraignantes, il est vain de croire que non seulement la France pourra investir pour son avenir, et donc se réformer, ni ne pourra être sauvée.

Sauvée de quoi me dira-t-on? Sauvée d’un pourrissement certain, qui la conduira de toute évidence à la formation d’un immense fossé entre quelques très riches, de pouvoir ou d’argent, et une masse incalculable de gens pauvres, et d’entreprises fragilisées. Un amalgame auquel il deviendra toujours plus difficile de se sortir sans drames inévitables.

On peut prendre le risque de tenter une analyse rarement produite ailleurs.

Si l’on considère, à raison, que les thèmes (mais pas forcément les idées) de l’immigration, de la nation, du protectionnisme social ou économique, de la fiscalité optimisée, de la sécurité qui sont généralement associés à ce qu’on appelle “l’extrême-droite nationaliste” (pourtant décriés et inabordables auparavant) ont été purement et simplement extorqués et utilisés au profit du racolage organisé par le PS et l’UMP dans le but de dépouiller son principal promoteur, l’original Jean-Marie Le Pen.

Nous avons tous assisté à ces surprenants pillages, lorsque Ségolène Royal promettait d’offrir des drapeaux français à tous les citoyens, quand elle chantait soudainement la Marseillaise à la fin de ses meetings, quand elle évoque l’encadrement militaire des jeunes délinquants ou encore quand Nicolas Sarkozy déclarait qu’il allait créer un Ministère de l’Immigration, ou quand il affirme que parler de Nation ne doit pas le taxer de nationalisme, n’est-il pas largement inspiré?

On doit donc légitimement penser qu’une partie des voies captées par Royal ou Bayrou sont acquises sur ces idées, et qu’il en est de même à plus forte raison pour Sarkozy également.

Si l’on considère, hypothèse basse mais tellement probable, que sur la base des idées “de leur ligne dure” respective, 10% des gens ont voté pour Royal (soit 2,6% des suffrages nationaux sur les 25,9% réalisés au premier tour), 5% pour Bayrou (soit 0,9% des suffrages nationaux sur les 18,5% réalisés au premier tour) et 15% pour Sarkozy (soit 4,7% des suffrages nationaux sur les 31,2% réalisés au premier tour), et que nous cumulons les scores de Le Pen (10,5%), De Villiers (2,2%), et Schivardi (0,5%) nous avons une idéologie de type “nationaliste” qui avoisine les 21,4 % dans la population.

Il y a donc bien en France, une poussée significative et continue d’une certaine idéologie que j’appelle “nationaliste moderne et progressiste” qui prône un peu plus de fermeté, et la construction d’un nouveau modèle sociétal, à la fois pour la France, mais aussi pour l’Europe, en rupture avec le “système” UMP-PS-UDF.

La nouvelle ligne politique de Jean-Marie Le Pen est donc logiquement la bonne, si l’on considère les thèmes évoqués précédemment, surtout dans ses nouvelles approches sociales et humanistes.

Il est bientôt venu le temps, où les pays du monde réaliseront à quel niveau la France a chuté, et pour le peuple de France je pressens des lendemains qui déchantent.