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Bientôt des lendemains qui déchantent…

On a le sentiment que dimanche 22 avril 2007, la France avait rendez-vous avec son histoire.

Les analystes sont unanimes pour rappeler que les enjeux des Élections Présidentielles de 2007 étaient cruciaux, capitaux, déterminants, et dans tous les cas, lourds de conséquences pour l’avenir d’un pays qui sombre avec son peuple, tout du moins il en donne des signes indiscutables.

Dans toutes les couches de la population, la demande de rupture avec les politiques traditionnelles, le besoin d’un véritable changement profond semblait prédominer.

Un autre sentiment aussi qui ne nous aura pas échappé, celui d’un étouffement sous le poids de plus de trente années de politiques alternatives de gauche et de droite traditionnelle qui n’ont jamais amélioré le sort de l’individu, personne physique, ou de l’entreprise, personne morale, au contraire.

Pour tout observateur un peu honnête, il est flagrant de constater que les élections au premier tour permettent une fois de plus à deux candidats du système politique traditionnel de pouvoir briguer un mandat présidentiel, le pari du changement est loin d’être gagné. Derrière chacun des deux candidats, il y a un système, complexe, huilé, des appareils politiques indémontables, des inerties, un jeu de marionnettes tirées par des ficelles.

Un système politique bipolaire dont l’idéologie, les décisions stratégiques au travers des politiques successives sont indiscutablement à l’origine de la situation d’un pays comme la France, dépouillé de ses forces vives, de ses savoirs-faire, de son industrie, de sa recherche, de ses élans et de ses dynamiques, de ses qualités, de ce qui faisait de lui l’un des leaders mondiaux dans d’innombrables domaines, avec notamment la mise en valeur de “la qualité à la française”, la marque de fabrique du pays France.

Nicolas Sarkozy, non la France n’est plus la cinquième puissance mondiale mais plutôt la sixième depuis 2006 et bientôt la septième voire au delà si l’on en croit la tendance de fond, et il n’y a pas 2 millions de chômeurs en France (nombre d’actifs sans travail), mais probablement près du triple. Ségolène Royal, je ne vous ai pas entendu nous donner les véritables chiffres… ni même au moins votre sentiment.

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont probablement plein de bonnes volontés, sûrs de leur engagement respectif, motivés à atteindre les plus hautes responsabilités, résolus à présider un pays qui nécessite plus que jamais d’être redressé.

Objectivement, et il faut prendre beaucoup de hauteur pour le réaliser en tenant compte d’une multitude de paramètres ayant tous des conséquences les uns avec les autres, les programmes politiques de Royal ou Sarkozy ne permettront pas de sauver le pays, je le dis avec la plus grande gravité.

On pourrait citer d’innombrables raisons pour illustrer mes propos, mais globalement les freins viendront du poids des boulets à traîner, des influences des lobbies, de la puissance des groupes de pression qui gonflent, qui gonflent…

Les principales raisons sont néanmoins connues : les programmes politiques qu’ils représentent ne s’attaquent pas aux causes des problèmes, mais tentent de proposer des rustines qui auront toutes une telle inertie dans leur mise en œuvre que leur productivité sera imperceptible en définitive.

Par ailleurs, aucun des deux programmes ne permet de stabiliser, ou mieux de réduire la dette du pays évaluée à 2500 milliards d’euros (ce qui, je le rappelle, fait 15000 milliards de francs), au contraire ils alourdissent la colossale ardoise française.

D’ailleurs ayons le courage d’affirmer une fois pour toute que cette dette est purement et simplement irremboursable (ne serait-ce que techniquement), ce qui reviendrait à dire que le pays est ruiné, en situation avérée de faillite, auprès de l’ensemble de ses créanciers.

Pour être très concret, ce que les français n’ont probablement pas bien compris (parce qu’on se garde bien de le leur expliquer), mais aussi ce que la quasi majorité des candidats à la présidentielle, et non des moindres puisque les trois principaux ne le soulignent jamais, c’est que sans des mesures immédiates (par immédiates j’entends “à très court terme”, c’est à dire à une échelle de temps qui se mesure en mois et non en années), draconiennes, socialement et économiquement contraignantes, il est vain de croire que non seulement la France pourra investir pour son avenir, et donc se réformer, ni ne pourra être sauvée.

Sauvée de quoi me dira-t-on? Sauvée d’un pourrissement certain, qui la conduira de toute évidence à la formation d’un immense fossé entre quelques très riches, de pouvoir ou d’argent, et une masse incalculable de gens pauvres, et d’entreprises fragilisées. Un amalgame auquel il deviendra toujours plus difficile de se sortir sans drames inévitables.

On peut prendre le risque de tenter une analyse rarement produite ailleurs.

Si l’on considère, à raison, que les thèmes (mais pas forcément les idées) de l’immigration, de la nation, du protectionnisme social ou économique, de la fiscalité optimisée, de la sécurité qui sont généralement associés à ce qu’on appelle “l’extrême-droite nationaliste” (pourtant décriés et inabordables auparavant) ont été purement et simplement extorqués et utilisés au profit du racolage organisé par le PS et l’UMP dans le but de dépouiller son principal promoteur, l’original Jean-Marie Le Pen.

Nous avons tous assisté à ces surprenants pillages, lorsque Ségolène Royal promettait d’offrir des drapeaux français à tous les citoyens, quand elle chantait soudainement la Marseillaise à la fin de ses meetings, quand elle évoque l’encadrement militaire des jeunes délinquants ou encore quand Nicolas Sarkozy déclarait qu’il allait créer un Ministère de l’Immigration, ou quand il affirme que parler de Nation ne doit pas le taxer de nationalisme, n’est-il pas largement inspiré?

On doit donc légitimement penser qu’une partie des voies captées par Royal ou Bayrou sont acquises sur ces idées, et qu’il en est de même à plus forte raison pour Sarkozy également.

Si l’on considère, hypothèse basse mais tellement probable, que sur la base des idées “de leur ligne dure” respective, 10% des gens ont voté pour Royal (soit 2,6% des suffrages nationaux sur les 25,9% réalisés au premier tour), 5% pour Bayrou (soit 0,9% des suffrages nationaux sur les 18,5% réalisés au premier tour) et 15% pour Sarkozy (soit 4,7% des suffrages nationaux sur les 31,2% réalisés au premier tour), et que nous cumulons les scores de Le Pen (10,5%), De Villiers (2,2%), et Schivardi (0,5%) nous avons une idéologie de type “nationaliste” qui avoisine les 21,4 % dans la population.

Il y a donc bien en France, une poussée significative et continue d’une certaine idéologie que j’appelle “nationaliste moderne et progressiste” qui prône un peu plus de fermeté, et la construction d’un nouveau modèle sociétal, à la fois pour la France, mais aussi pour l’Europe, en rupture avec le “système” UMP-PS-UDF.

La nouvelle ligne politique de Jean-Marie Le Pen est donc logiquement la bonne, si l’on considère les thèmes évoqués précédemment, surtout dans ses nouvelles approches sociales et humanistes.

Il est bientôt venu le temps, où les pays du monde réaliseront à quel niveau la France a chuté, et pour le peuple de France je pressens des lendemains qui déchantent.