Archives mensuelles : décembre 2006

Faut-il quitter la France?

On ne sait pas précisément combien de français quittent chaque année le pays pour s’expatrier, on n’en connaît même pas toujours exactement les raisons, mais ce dont on est absolument certain c’est qu’ils sont de plus en plus nombreux et que cela concerne désormais toutes les catégories de personnes, dans tous les milieux.

Le Ministère des Finances annonce un chiffre de 300 contribuables “très fortunés” qui s’exhilent ainsi chaque année pour raisons fiscales, mais il est fort probable que le nombre total de candidats au départ, quelque soit leur niveau de richesse et leurs motivations, dépasse largement plusieurs dizaines de milliers d’expatriés annuellement. D’après tous les observateurs, la tendance n’est ni à la stabilisation ni à la baisse. Au contraire.

Le problème nécessite d’être pris très sérieux, et nul ne sait réellement l’impact qu’il peut avoir sur la société française, encore moins sur l’économie française.

Ceux qui partent sont généralement des forces vives, des individus potentiellement proactifs, des investisseurs, des entrepreneurs, des ingénieurs, des scientifiques, des étudiants de haut niveau, des chercheurs, des cadres dirigeants, des cadres supérieurs, des créatifs, des inventeurs, des visionnaires. La nouveauté, c’est qu’ils ne sont plus seulement issus de la “matière grise”, de plus en plus de “travailleurs”, des gens dynamiques et actifs qui n’ont pas forcément fait de longues études, trouvent des opportunités ailleurs. Tous ces gens sont simplement déçus par la “décroissance” de la France, et décident de partir chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas dans leur pays.

Gardons bien à l’esprit que le modèle français est considéré partout à l’extérieur comme très qualitatif, il est perçu comme un système sans faille, parfait, idéal, envié même, où tout le monde semble y vivre heureux dans le meilleur environnement possible, bref une idée vieille de 30 ans.

Par conséquent, le français sera toujours accueilli de la meilleure manière qui soit partout ailleurs, le capital sympathie est tellement important, qu’on ne voit plus très bien où sont les freins au départ.

Quand on regarde les choses en face, ou de l’intérieur, on est bien obligé de constater qu’il y a un écart absolument énorme entre ce que le pays est censé être, et ce qu’il est vraiment, ou encore ce qu’il est censé apporter, et ce qu’il apporte vraiment. Pendant longtemps, cet écart pouvait être supporté, mais à force de se creuser davantage, il est devenu suffisamment inacceptable pour déclencher chez certains l’impulsion du projet de départ.

On ne peut pas reprocher le manque d’objectivité de ceux qui quittent le navire avant qu’il ne sombre. On ne peut pas non plus critiquer leur manque de patriotisme, ou d’honneur. Dans un monde global, où l’individualisme est un mode de vie largement répandu et même plébiscité, il n’est pas anormal de penser qu’on puisse trouver mieux ailleurs, surtout quand cela devient criant de vérité, et qu’il suffit de voyager un peu (réellement, ou simplement sur l’internet) pour s’en rendre compte.

La France donne des signes incontestables de déchéance. Le pays est “techniquement” en situation de faillite, et le terme n’est pas exagéré. Faillite économique et financière, d’abord, et faillite sociale ensuite. Dans tous les domaines, il est devenu très difficile de trouver des raisons valables pour rester vivre en France. Tous les indicateurs sont dans le rouge. Certains affirment même que dans bien des cas, il n’est plus possible de faire machine arrière sans une rupture brutale, et forcément toujours dramatique.

On pourrait évoquer quelques domaines où le malaise est fortement présent.

Le système éducatif français n’est plus à la hauteur,il est complètement à la dérive, à tous les niveaux. Le corps enseignant est démobilisé et rendu inefficace, les infrastructures sont inadaptées, les résultats sont catastrophiques. Quand le Ministère de l’Éducation annonce 82% de réussite au baccalauréat, les professeurs eux affirment qu’on ne dépasserait pas 30 ou 40% si l’on appliquait les mêmes règles qu’il y a 10 ans. Nos universités sont des dortoirs à étudiants qui n’ont aucune vocation à y être. Pour bénéficier d’un environnement éducatif un peu meilleur, il faut pouvoir intégrer des établissement privés, qui ne sont donc pas à la portée de toutes les bourses.

Les nouvelles générations de français sont des individus formatés pour être systématiquement et lourdement assistés, qui n’ont aucun goût au travail ou à l’action proactive. Des idées simples, telles que “l’effort amène la récompense”, “le travail est un mal nécessaire” ou “la réjouissance passe par le travail” ont disparu de leur système de pensée.

La France disposerait à priori d’un bon réseau de santé et offre une bonne couverture sociale. Malheureusement, l’accueil qu’on nous réserve dans les hôpitaux se dégrade. Le niveau des équipements et des technologies n’est plus pertinent. On ne peut pas facilement être pris en charge dans des unités spécialisées pour bénéficier des meilleurs soins, on entend même ici ou là que pour se faire opérer par un spécialiste, il faut pouvoir payer des honoraires supplémentaires… plus ou moins discrétionnaires.

On ne cesse de le répéter, la France est championne du monde avec la fiscalité la plus lourde, mais aussi la plus injuste. Cette seule raison pourrait suffire à tous nous faire fuir, parce que partout ailleurs la charge qui pèse sur le fruit de notre travail serait inférieure.

Dans le domaine de l’entreprise, créer une société ou se “mettre à son compte” implique désormais des risques qui peuvent rapidement s’avérer insurmontables, les gens sont découragés lorsqu’ils observent l’expérience de ceux qui s’y sont essayés. Les “mauvaises surprises” s’accumulent quotidiennement, sans compter la dégradation de l’image du “patron” dans le pays. L’entrepreneur devrait être valorisé avec la plus haute distinction, puisqu’il est l’unique maillon de la chaîne économique qui est à l’origine de la création des richesses, et qui œuvre surtout pour les autres en définitive.

La France offre une grande liberté de façade, mais en réalité la complexité de ses règles, et la multiplicité des associations dont le but est d’augmenter les droits de certains en diminuant ceux des autres font qu’il devient de plus en plus difficile d’évoluer librement, ou d’entreprendre librement.

En France, la justice est à deux vitesses, voir à trois vitesses (on observe un traitement différent pour les riches, pour les pauvres, et pour les affaires médiatisées). Quand on interroge les français au sujet de la Justice, ils sont 75% à penser que la justice est injuste dans leur pays.

On pourrait passer des heures à lister tous les problèmes qui s’accumulent en France, on pourrait parler du pouvoir d’achat qui baisse du fait de l’augmentation des prix, de l’impact de l’euro, de l’augmentation des charges directes et indirectes inévitables sur les individus, de la situation des entreprises qui étouffent et se retrouvent souvent au bord du gouffre, et de tout ce qui est soutenu artificiellement, on pourrait encore parler d’injustice, de criminalité en hausse, d’insécurité, et de la dégradation de la qualité de vie en général.

Certains se demandent s’il ne faudrait pas tout recommencer à zéro, en mettant tout à plat une fois pour toute, en tapant du point sur la table. Politiquement, le pays ne devrait-il pas être dirigé par un “dictateur visionnaire et sage” plutôt que par des alternatives de droite et de gauche qui l’ont mené où il est aujourd’hui, et qui continueront dans une voie similaire, probablement dans un cadre démocratique qui n’en porte plus que le nom?

Pourquoi reste-t-on en France aujourd’hui? Pour une majorité d’entre nous, il est encore difficile d’admettre qu’on puisse laisser derrière soi l’endroit où on a toujours vécu, son travail, sa famille, sa maison, ses projets, … son pays, ne serait-ce que par principe. Le véritable frein aujourd’hui, ce n’est pas le patriotisme, mais plutôt un facteur psychologique lié à la peur de l’inconnu, qui s’estompe néanmoins.

Par ailleurs, je ne suis pas persuadé que ceux qui quittent la France le font exclusivement pour des questions financières, la majorité des expatriés que je rencontre partout dans le monde (en Amérique du Nord, en Asie, au Moyen-Orient ou un peu partout en Europe) assurent qu’ils ont surtout cherché une meilleure qualité de vie, plus de tranquillité, plus de liberté, moins de criminalité, plus de visibilité à long terme, plus de sécurité, moins de pressions diverses, plus de joie de vivre. L’argent vient souvent après toutes ces considérations naturelles et humaines.

Un autre élément troublant est que la plupart de ces gens qui partent ne souhaitent pas revenir en France si la situation s’améliorait, certains assurent même qu’ils ne reviendraient pour rien au monde.

J’ai bien peur que par la force des choses, de plus en plus de gens vont trouver évident de quitter la France pour trouver mieux ailleurs, ils découvrent que ce projet personnel est finalement assez réaliste et plutôt facile à faire aboutir.

Nous sommes à un seuil où les français les plus actifs vivant seuls, et ils sont nombreux, n’auront plus aucun complexe à quitter la France, et pourquoi pas l’Europe. Ce mécanisme me paraît inéluctable et hautement dangereux, et je ne vois pas bien ce qui pourrait le limiter ou l’inverser, il résulte naturellement d’une politique nationale et européenne déplorable dans bien des domaines.

Qu’est-ce qui peut sauver la France?

Au quatrième trimestre 2006, la France continue de sombrer dans un profond marasme, l’économie va mal, le moral des gens est en dessous de tout, et les perspectives sont dans le même ordre d’idée.

D’un autre côté on a un gouvernement qui nous assure que les indicateurs économiques sont « toujours meilleurs », que « le pouvoir d’achat des français augmente » et mieux encore « le chômage baisse ».

C’est du pipo! Les indicateurs économiques qui vont bien, s’il y en a, sont ceux qui reflètent une image globale tenant compte de « paramètres supérieurs globaux », en aucun cas les « indicateurs économiques précis et individuels », c’est à dire les paramètres de l’individu, ou ceux de l’entreprise à taille humaine, voire même des PME, qui forment je le rappelle l’immense majorité du tissu économique. Rappelez-vous que l’INSEE a publié un communiqué dernièrement à propos d’une « croissance de 0,0 % » en France. Savez-vous ce qu’est un pays qui ne croît pas? C’est un pays qui régresse, et avez-vous une idée de ce qu’est la réalité du chiffre lorsque l’INSEE annonce officiellement 0 % de croissance? C’est une décroissance, donc une valeur inférieure à zéro, probablement importante, qui a toujours des conséquences incalculables. Le pouvoir d’achat des français augmente? L’avez-vous constaté? Avez-vous constaté cela chez vos amis ou voisins, avez-vous entendu parler de gens qui assurent que leur pouvoir d’achat a augmenté dernièrement? Si vous êtes commerçant, avez-vous constaté que vos clients consomment plus, et que vous avez plus de clients? Le fabricant de voitures Renault a annoncé une baisse absolument considérable de ses ventes entre novembre 2005 et novembre 2006 évaluée à – 33%, vous avez bien lu, 33% de ventes en moins en une seule année! On nous dit que le chômage baisse, effectivement le chiffre officiel baisse, on est passé d’un peu plus de 10% à un peu moins de 9% en quelques mois, dans la pire période économique française depuis la dernière Guerre Mondiale, sûrement pas parce que la France a fabriqué des centaines de milliers d’emplois, mais plus probablement parce que le gouvernement a modifié les règles de calcul des inscrits à l’ANPE, et qu’il ne comptabilise plus les chômeurs en fin de droits, qui sont automatiquement supprimés des listes. Ne sont pas comptabilisés non plus tous ceux et celles qui « chôment » mais qui ne sont pas inscrits à l’ANPE.

De mon point de vue (et de l’avis de nombre de spécialistes et d’analystes qui travaillent dans l’ombre et qui ne sont jamais publiés), la situation de la France est plutôt proche d’une décroissance économique d’environ – 3%, peut-être plus profonde encore, d’une perte du pouvoir d’achat de 2 à 6% par an, et probablement de l’ordre de – 20% depuis l’arrivée de l’euro et plus spécifiquement depuis la fin du double affichage euro/franc, et d’un chômage situé autour de 14% à 18% si l’on tient compte des « actifs » qui « chôment » (individus en capacité de travailler mais qui ne travaillent pas, et qui sont néanmoins rémunérés par la société).

On va sûrement me reprocher mon incapacité à démontrer ces chiffres (ils sont invérifiables puisque non officiels et non publiés, mais peuvent être évalués ou recoupés avec beaucoup d’observation), ou on va me traiter de déclinologue, ou de démagogue. Peu importe, observez le pays en profondeur, analysez les situations individuelles, prenez la température, tenez compte de l’ampleur des problèmes, considérez un maximum de paramètres et vous n’arriverez peut-être pas à mes extrémités, mais vous ne trouverez pas non plus d’augmentation du pouvoir d’achat (qui signifie pour moi l’augmentation de la capacité individuelle à dépenser l’argent qu’il nous reste après avoir payé nos charges et nos taxes directes et indirectes), les revenus n’augmentent absolument pas plus vite que le coût de la vie. Vous ne trouverez pas non plus que le pays est économiquement plus sain et plus vigoureux et que les perspectives sont réjouissantes, et vous ne trouverez pas non plus que le chômage a baissé, dans le sens où il y aurait de plus en plus d’actifs qui auraient miraculeusement trouvé un travail alors qu’ils étaient au chômage préalablement.

La France va donc probablement bien plus mal qu’on nous laisse l’imaginer, et je suis convaincu que tout le monde s’en rend compte au quotidien. C’est un fait désormais, et il perdure depuis plusieurs années. On ne pourra pas tenir encore cinq ans à ce rythme.

Très bien, alors quelles sont les solutions qu’on nous propose? Cinq ans avec Ségolène Royal, ou cinq ans avec Nicolas Sarkozy, et ces deux solutions nous sont canardées à longueur de journée par absolument tous les médias, aucune autre hypothèse n’existe… officiellement.

Je suis convaincu que Sarkozy et Royal sont plein de bonne volonté pour la France, mais à mon avis, aucun des deux n’a le projet ni les idées qui vont suffisamment loin pour « sauver » la France et les français de la catastrophe et du drame qui les attend à une brève échéance.

Voici une liste de mesures concrètes qu’il faudrait à mon humble avis prendre dans l’urgence, c’est à dire au pire dans les mois qui suivent l’élection d’un nouveau Président, pour tenter d’infléchir la situation de la France et des français avec des résultats mesurables.

Domaine de l’éducation. Rétablissement de l’autorité au sein des établissements scolaires publics et privés, les professeurs et d’une manière générale tous ceux qui représentent l’Éducation Nationale devront être considérés à leur juste valeur et à leur juste place. Le système éducatif devra être inébranlable, respecté, et son autorité ne pourra pas être facilement contestée, ni par les élèves, ni par leurs parents. Ne seront par exemple plus admis dans les établissements scolaires tous individus dont le comportement social ne sera pas en adéquation avec ce qui aura été considéré comme acceptable.

Domaine de la sécurité. Mise en place de « centres de redressement fermés » à la destination des délinquants mineurs et majeurs, dans lesquels ils seraient recadrés de la manière la plus ferme qui soit, avec l’aide d’éducateurs spécialisés en nombre suffisants et de l’autorité pénitentiaire, voire de l’armée pour les individus les plus difficiles. Tolérance zéro pour un très grand nombre de délits. Dans ces centres seront notamment éduqués tous les jeunes difficiles qui ne pourraient pas suivre un enseignement traditionnel dans les établissements scolaires classiques et ouverts.

Domaine de l’immigration. La France pourrait accueillir sur ses terres tous ceux et celles motivés à l’idée de devenir français et d’adopter le modèle français (en se pliant à ses règles et à ses contraintes), et plus largement l’adoption au modèle européen, mais arriver en France illégalement ne pourra jamais permettre d’obtenir le droit d’être français. Acquérir la nationalité française devra se mériter dans les faits, une période de 2 à 5 années valant mise à l’épreuve sera indispensable, et des entretiens réguliers avec les services de l’immigration seront indispensables (ne serait-ce que pour valider que l’immigré a acquis la langue française et que son intégration est cautionnée par des faits concrets, comme avoir trouvé un travail par exemple et être financièrement autonome). Un étranger qui souhaite s’installer en France ne pourra jamais obtenir la nationalité française s’il aura commis des crimes ou délits pendant la période d’observation, de même il pourra perdre sa nationalité française dans les années qui suivent l’obtention de sa nationalité française s’il aura commis des crimes ou délits. La France ne pourra pas maintenir sur ses terres ni financer les immigrés illégaux, ni les immigrés qui ne justifient pas d’un travail régulier, ni et surtout ceux qui auront commis des crimes ou délits. Les droits acquis par ces immigrés devront être annulés, voir remboursés aux institutions françaises, et ils devront être renvoyés dans leur pays d’origine, si besoin par la force. Au contraire, tous les immigrés légalement entrés dans le pays et qui montrent leur intérêt pour la France et son modèle social, culturel et économique seront considérés au plus haut niveau, respectés, plébiscités et aidés.

Domaine judiciaire. Renforcement des infrastructures, dématérialisation des procédures, renforcement très important des moyens humains. L’objectif étant d’adapter en permanence les tribunaux avec le nombre d’affaires à traiter pour que la Justice soit indiscutablement rendue dans un temps acceptable et de la manière la plus humaine possible.

Domaine militaire. Augmentation de l’implication militaire au niveau européen, accélération du processus de création d’une armée unifiée européenne, et parallèlement augmentation de la recherche militaire française, dans le but de la moderniser et d’en tirer des applications civiles quand c’est possible. Augmentation de la force militaire française, pour la maintenir à un haut niveau mondial en permanence, mais aussi pour protéger les intérêts français sur son territoire ou partout où cela serait nécessaire.

Domaine de la santé. Renforcement des infrastructures, modernisation permanente des hôpitaux, renforcement des moyens humains pour les ramener aux besoins réels sur le terrain, gratuité des prises en charge pour les français qui cotisent aux caisses d’assurance-maladie.

Domaine de l’écologie. Défiscalisation totale et contrôlée de tous les programmes écologiques ou d’une manière générale de tout ce qui aura pour but de préserver l’environnement ou d’améliorer les gains énergétiques ou environnementaux. Au delà de la défiscalisation de tels programmes, la France devra améliorer le déploiement de toutes les technologies qui apportent un avantage écologique chez les particuliers ou dans les entreprises (crédit gratuit en cas d’acquisition d’équipements écologiques, panneaux solaires à prix coûtant, financement de la recherche à 100%, priorisation des investissements écologiques, etc.). Les avantages devront être perceptibles pour chacun entre le choix écologique ou le choix qui ne l’est pas, et l’écart entre les deux devra être significatif.

Domaine de l’énergie. La France devra nettement améliorer ses programmes de recherche dans le domaine des économies d’énergie et des nouvelles technologies permettant l’innovation en matière d’énergie, notamment concernant l’énergie renouvelable et les énergies nouvelles.

Domaine du développement durable. La France devra être un leader international dans le domaine de l’accompagnement du développement à l’extérieur. Elle devra trouver les moyens de former et d’équiper tous les pays demandeurs d’une mise à niveau dans quelque domaine que ce soit (notamment en Afrique), et elle devra vendre ses services et ses hommes « à coût réel », sans motivation économique ou en prévision de générer des gains immédiats, les programmes seront d’autant mieux acceptés par les pays destinataires parce qu’ils seront justes. Le développement durable est le meilleur moyen à la fois de créer une quantité très importante d’emplois pour des français à l’étranger, de rayonner au niveau international avec la marque de la France et ce qui fait sa réputation traditionnelle de qualité et d’humanité, et de résoudre une grande partie du problème des flux migratoires. Sans compter également qu’il est plus que nécessaire d’apporter à l’extérieur le savoir faire français, ce qui n’implique pas d’en dévoiler les secrets, réduisant ainsi les fractures nombreuses entre les pays du nord et les pays du sud et équilibrant mieux le monde.

Domaine social. Diminution sensible des aides à ceux qui sont en capacité de travailler, mais qui refusent les emplois qui leurs sont proposés en dernier recours. Nous pourrions par exemple considérer qu’un salarié qui vient de perdre son travail bénéficiera d’une indemnisation ASSEDIC pendant 6 mois à condition qu’il prouve qu’il cherche activement du travail (augmentation des contrôles également pour éviter les abus), puis l’ANPE lui propose des emplois avec ou sans formation, qu’il pourra ne pas accepter sauf au delà de 6 mois, après quoi il devra accepter un ultime emploi (pas forcément celui dont il avait rêvé, mais qui lui permettra de maintenir son activité dans le monde professionnel et surtout ne plus être une charge pour la société), l’individu continuera à bénéficier d’un accompagnement en quête d’un emploi plus adapté s’il le souhaite, l’employeur est informé, le salarié sait qu’il peut évoluer et que c’est une question de temps et d’énergie qu’il consacre à cela. Les économies réalisées par ces simples mesures de bon sens, et qui ne sont pas injustes, seront suffisantes pour stimuler les entreprises dont les charges sur les salaires baisseront nettement, et les salariés qui bénéficieront de revenus redimensionnés.

Domaine de la recherche. Capitalisation maximale de la France dans les programmes de recherche fondamentale, et amélioration de la condition de chercheur. La France devra absolument aider ses chercheurs et les amener à aboutir à des réalisations pratiques et économiques quand c’est possible, dans l’intérêt des français, puis plus largement.

Domaine économique général. Rétablissement du double affichage des prix entre euro et franc pendant plusieurs années (10 ans par exemple ou sur une génération) pour adoucir la transition et permettre la comparaison permanente sur les prix et identifier les abus, les gens ayant massivement gardé les notions de prix en francs, beaucoup raisonnent encore en francs systématiquement, c’est d’ailleurs grâce à ce raisonnement qu’il a été possible de constater les abus avec l’arrivée de l’euro (une bouteille de jus de fruits vendue 10 francs dans un distributeur est désormais facturée 2 euros, soit près de 30% plus cher).

Domaine économique international. Les importations de marchandises pouvant être fabriquées ou produites en France, et qui seraient acquises auprès de pays où les règles sociales et économiques seraient inégales (Asie, Afrique, Inde, Amérique du Sud, ou Europe de l’Est, etc.) seront taxées à l’entrée dans un but dissuasif et d’équité. La taxe pourra partiellement être portée au crédit du pays exportateur qui devra alors s’engager à l’utiliser pour acquérir des produits français à l’exportation.

Domaine fiscal. Réduction importante et immédiate des impôts sur les revenus des classes moyennes et hautes, car on sait que ce sont ces gens qui investissent le plus et qui créent le plus de richesses partagées même indirectement, dans un mécanisme économique classique. On ne peut plus prélever jusqu’à 75% de taxes directes et indirectes sur un revenu pour financer tout et n’importe quoi. L’argent acquis dignement ne doit pas être ponctionné massivement et arbitrairement par l’État, sans quoi les gens les plus créateurs de richesses pour le pays quittent la France vers des pays fiscalement plus avantageux, et ils auraient raison puisque nous sommes dans un « monde global ». La fiscalité des entreprises doit également être assouplie, il n’est plus possible de ponctionner arbitrairement un tiers des gains d’une entreprise, qui représente le fruit du travail de l’entrepreneur qui supporte tous les risques.

Domaine de l’emploi. Libéralisation sur le principe du volontariat. Ceux qui veulent travailler plus, gagnent plus d’argent, ceux qui veulent travailler moins gagnent moins d’argent. Ceux qui travaillent longtemps sont plus méritants que ceux qui travaillent moins longtemps, de même que ceux qui ont un travail plus dur sont plus méritants que ceux qui ont un travail plus facile. Ceux qui veulent travailler le dimanche doivent pouvoir travailler le dimanche. Création d’un contrat d’embauche unique et non contraignant, et pour le salarié, et pour l’employeur. Réorganisation des syndicats. La liberté doit être au centre des débats dans ce domaine.

Domaine de l’entreprise. Les énergies créatives doivent être libérées, assouplissement des conditions de création d’une entreprise, amélioration des conditions d’accès au financement bancaire. Diminution radicale des charges pesant sur les salariés des entreprises (baisse de l’ordre de 50% au moins, car une mesure qui baisserait les charges de 5 ou 10% ne serait absolument pas décisive et n’aurait pas un impact significatif) ou distribution intégrale du salaire charges comprises au salarié (avec prélèvement des impôts à la source, comme au Luxembourg par exemple), en lui laissant le soin de choisir son mode de couverture sociale et de cotisations pour sa retraite auprès d’organismes privés, qu’il reste à créer.

Voilà en résumé ce qui peut sauver la France. Et la liste n’est pas exhaustive.

Maintenant reste à savoir qui peut mettre en œuvre tout ce qui vient d’être évoqué?