Plus il fait chaud, plus les éléments se déchaînent, et plus les éléments se déchaînent plus il fera chaud.

L’Europe connaît une « arrière saison » pour le moins étonnante. 26° à Bordeaux dans le sud-ouest de la France un 29 octobre, 22° dans le nord-est à Metz, 25° à Milan dans le nord de l’Italie, 22° à Paris à l’aube du mois de novembre. Au menu des réjouissances : ciel bleu, soleil presque partout. L’écart avec les températures habituelles à ce moment de l’année est très important, parfois plus de 13° au dessus des normales saisonnières. Chaque soir à la télévision, les prévisionnistes annonçaient que les températures allaient baisser dans les jours suivants, mais cela ne s’est pas produit pendant tout le mois d’octobre, bien au contraire. La météo semble complètement en dehors de son modèle habituel.

Cependant, personne ne semble s’en émouvoir, et on entend même des personnalités politiques souligner que « le beau temps sur la France donne le moral aux français, c’est positif ». Les gens sentent bien pourtant qu’il se passe quelque chose. Comment expliquer un temps aussi chaud à ce moment de l’année?

En même temps, on nous annonce que le mois de septembre 2005 a été le plus chaud de toute l’histoire de la météorologie moderne (donc au moins depuis que les institutions enregistrent et analysent les températures).

L’Europe est plongée dans une phase de grande sécheresse, elle sort d’un été très rude, où il n’a pas plu, et les réserves en eau sont vraiment mal en point. Le temps chaud et sec n’arrange rien, d’autant qu’il perdure très anormalement. Les pluies attendues ne sont pas au rendez-vous, et personne ne nous dit comment nous allons pouvoir réapprovisionner les réserves naturelles. L’année 2006 risque d’être très critique sur ce point.

Depuis un certain temps déjà, on nous explique que le phénomène du réchauffement climatique est inéluctable. On nous a d’ailleurs donné des chiffres, peut-être deux degrés sur une période d’une centaine d’année à venir. Ce que nous constatons tous, c’est que la température a monté subitement ces deux dernières années, partout dans le monde, et que nous nous installons parfois dans des niveaux qui atteignent plus de dix degrés aux dessus des normales de saison.

Tout ceci a forcément un impact immédiat et à court terme sur l’environnement. Quoi qu’on en dise. Il y a des choses qu’on sait évaluer, et probablement d’innombrables conséquences qu’on ne parvient pas à anticiper.

Que dire de la sécheresse et de l’impact sur les cultures et sur l’économie agro-alimentaire? Que dire du manque d’eau pour les populations et les installations industrielles qui en nécessitent d’immenses quantités? Que dire de la fonte des glaciers, de l’absence de neige en montage? Plus loin de nous, que penser du réchauffement inévitable des océans? Comment vivre avec un gigantesque cyclone qui se formerait toutes les deux semaines en balayant des zones géographiques aussi vastes que l’europe? Plus grave, qui peut nous dire les conséquences probablement irrémédiables pour l’humanité ou pour les espèces vivantes de la fonte du permafrost sibérien?

Le nombre d’événements climatiques dramatiques ne cesse de s’accroître autant en puissance qu’en fréquence. Tout ceci est probablement lié par ou à quelque chose. Certaines personnes disent que les événements que nous connaissons sont les conséquences de l’effet de serre, d’autres évoquent les manipulations climatiques d’origine humaine (pour la première fois en 2005, on parle de l’existence probable d’armes climatiques entre les mains des américains, des russes, des japonais, et même de terroristes non identifiés). Moi je ne sais pas. Tout est possible, y compris le pire.

Ce qui semble évident, c’est que plus il fait chaud, plus les événements se déchaînent, et plus les événements se déchaînent, plus ils produisent de la chaleur. Nous sommes entrés dans un cycle exponentiel catastrophique. On ne voit pas ce qui pourrait l’arrêter.

Qui peut croire une seconde qu’en roulant 20 km/h moins vite, qu’en payant le pétrole 30% plus cher, qu’en consommant un peu moins d’électricité en éteignant les télévisions au lieu de les laisser en veille, on va parvenir à résoudre le moindre problème sur un plan local, et encore plus largement global?

Avons-nous la moindre idée de ce qu’il faut faire immédiatement pour espérer maintenir l’environnement terrestre à un niveau viable pour l’espèce humaine, ne serait-ce que progressivement?

Oui nous le savons, certains le savent, je vais oser le rappeler, assurez-vous d’être bien assis sur votre siège et d’avoir l’esprit très large pour accepter ce qui suit, il faut être bien préparé.

Les dizaines de millions d’installations industrielles polluantes doivent cesser de rejeter dans l’air des éléments nocifs et surtout caloriques, importante source de réchauffement, les quelques centaines de millions de climatiseurs doivent être débranchés définitivement, Les quelques centaines de millions de téléphones mobiles doivent cesser d’émettre électromagnétiquement, les dizaines de millions de bornes téléphoniques GSM doivent être coupées, les moyens aériens doivent être bannis, les centaines de millions de véhicules motorisés doivent être bannis.

C’était un extrait suffisamment hallucinant des mesures draconiennes les plus exceptionnelles qui doivent être prises immédiatement. Vous ne me croirez pas si je vous explique que la liste est bien plus longue. Bien sûr, ces mesures sont insupportables, et utopiques tant elles sont impossible à mettre en œuvre. D’après moi, 90% des gens seraient bien incapables ne serait-ce que d’imaginer pouvoir en surmonter une seule d’entre elles. Pourtant, c’est ce qu’il faut envisager pour rééquilibrer la viabilité sur terre, oui il est bien question de viabilité, au sens le plus primordial du terme.

Nous devrons donc nous contenter d’être spectateur de notre déchéance partielle, au pire totale, dans les 10, 20 ou peut-être avec un peu de chance 30 années à venir. Nous ne pourrons bien entendu pas continuer ainsi.

Les solutions alternatives envisagées? On parle secrètement de diminuer dramatiquement la population humaine sans expliquer comment, d’imaginer des solutions énergétiques propres et alternatives sans nous dire lesquelles, ni quand elles seront déployées très largement partout sur le globe, de faire vivre les gens sous terre au frais, sans nous dire qui, où, à quel prix, et dans quelles conditions, etc.

Le pire n’est pas derrière nous. Soyons simplement préparés à notre destin, nous le vivrons mieux.

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