Archives quotidiennes :

Combattre le chômage est une question de courage et d’audace

Les gouvernements se heurtent consécutivement à l’inextricable problème de l’emploi et du chômage, sans jamais parvenir à le résoudre. En France par exemple, mais cela est valable pour d’autres pays d’Europe (comme l’Allemagne), le chômage ne cesse d’augmenter depuis 25 ans, pour frôler et dépasser les 10% de la population active en 2005. En réalité, ce sont surtout plus de 20% de cette même population dite active, peut être 30% qui sont en situation de revenus faibles à très faibles, du fait de contrats de travail à mi-temps ou à temps partiels.

Des solutions existent pourtant, je ne cesse de le penser et de le répéter. Elles s’appuient sur un seul des éléments fondateurs de notre république et des sociétés civilisées, il s’agit de la Liberté.

La liberté d’entreprendre, ou de ne pas entreprendre. La liberté de choisir de faire ou de ne pas faire. La liberté d’agir ou de ne pas agir. La liberté de vouloir changer certaines choses, la liberté d’essayer au moins.

Je propose un certain nombre de pistes à explorer, toutes devraient être mises en œuvre conjointement. Aucune ne nécessite un énorme effort gouvernemental, mis à part une volonté d’agir pour l’emploi, contre le chômage, courageusement.

Horaires élargis, augmentation de l’amplitude d’ouverture.

Dans un pays comme la France, mais dans bien d’autres également, il est quasiment impossible d’envisager de consommer ou d’espérer un service en dehors des plages d’ouverture classiques, qui sont grossièrement 9h à 12h et 14h à 18h. Les entreprises se bornent à ces horaires traditionnels hérités d’on ne sait quand. Obtenir un service, un conseil, ou même tenter d’acheter quelque chose en dehors de ces horaires est devenu impossible. Des centaines de milliers de petites entreprises et commerces sont fermés plus des deux tiers du temps exploitable économiquement. Comment peut-on espérer alors que leur activité économique soit stimulée, et comment espérer pouvoir leur permettre de créer des emplois, ne serait-ce que pour occuper le temps d’ouverture élargi? Le principal problème étant surtout que leurs horaires d’ouverture coïncide avec l’horaire de travail de leurs clients potentiels. Qui n’a pas regretté un soir, en sortant du travail, ne pas pouvoir visiter tel ou tel magasin avec l’idée d’acheter quelque chose, même tard? Je pense qu’il est crédible d’envisager la mise en place d’horaires de travail élargis au delà des horaires conventionnels. Le changement des habitudes se fera progressivement et sans contraintes. Les entreprises qui le souhaitent doivent pouvoir mettre en place une plus grande amplitude d’ouverture, depuis tôt le matin jusqu’à tard le soir, en s’engageant à embaucher du personnel volontaire pour ce type d’horaire. Les employés ne devront pas travailler plus s’ils ne le souhaitent pas et ne devront pas subir de contraintes ou de conditions, ceux qui souhaitent librement travailler plus pourront ainsi être mieux rémunérés, ceux qui ne le souhaitent pas verront leurs salaires maintenus, et les nouveaux employés volontaires pour des horaires élargis non conventionnels seront les bienvenus. Le gouvernement devra supprimer les charges sociales et salariales sur les emplois créés en dehors des horaires conventionnels par profession ou par entreprise, ce qui stimulera les entrepreneurs à élargir leur amplitude d’ouverture, sans en subir un éventuel poids financier tout en garantissant le succès d’une telle opération, les revenus des employés n’étant pas altérés ni diminués, au contraire. Tout ceci devra être déployé en toute liberté, sans conditions restrictives, sans contraintes insurmontables de part et d’autre, et en respectant les choix prioritaire des employés. Je sais que nous trouverons des centaines de milliers de futurs employés qui apprécieraient de travailler entre 16h et 22h par exemple, de disposer ainsi de toutes leurs matinées et des dizaines de milliers d’entreprises qui souhaiteraient tenter l’aventure en permettant à leurs clients de venir les rencontrer après 18h, jusqu’à tard le soir, tous les jours. Les syndicats participeront activement à la mise en place d’un tel dispositif, en veillant à ce que les acquis soient maintenus, et en respectant les employeurs et leurs salariés volontaires qui désirent sortir du cadre traditionnel.

Par exemple, une entreprise de 8 salariés dont les activités seraient la distribution et les services informatiques et qui ouvre habituellement et traditionnellement de 9h à 18h, en fermant le vendredi à 17h et en ouvrant le lundi à 10h, pourrait très bien embaucher 2 nouveaux employés volontaires pour travailler en horaires élargis de 15h à 22h, ainsi l’amplitude d’ouverture et de service de cette entreprise va passer de 9h à 22h, la clientèle sera ravie, et l’entreprise ne subira pas la charge financière indirecte liée à cette nouvelle initiative heureuse puisque les heures au delà de 18h seront exonérées de charge. D’autant qu’entre 15h et 18h, l’équipe sera renforcée, ce qui va améliorer le travail collaboratif et la formation des nouvelles recrues.

Cette notion d’élargissement des horaires qui s’appliquera prioritairement au secteur privé pourrait parfaitement fonctionner également dans le secteur public, notamment dans l’éducation, sur la base du volontariat. Les professeurs qui souhaiteraient enseigner le soir pourraient le faire, et les élèves qui souhaiteraient prendre leurs cours en soirée le pourraient également. L’aménagement est à discuter de manière ouverte sans que rien ne soit imposé, dans l’intérêt de tous.

Comment trouver immédiatement 15% de temps d’ouverture stratégique supplémentaires pour les entreprises?

En ouvrant le dimanche et les jours fériés, bien évidemment. Le dimanche représente un septième du temps d’activité potentiel, par conséquent en permettant aux entreprises qui le veulent et aux employés qui le souhaitent d’ouvrir le dimanche, c’est ainsi pas moins de 15% de temps de travail en plus qui est débloqué, autant à combler par la création de nouveaux emplois. Et je sais combien cette idée va faire bondir les récalcitrants. Pourtant que personne ne s’inquiète ou ne s’offusque, il n’est pas question d’imposer à quiconque de devoir travailler un dimanche, les employeurs qui ne veulent pas ouvrir le dimanche ne seront pas pénalisés, les employés qui ne veulent pas travailler le dimanche n’y seront pas contraints, seuls les volontaires, embauchés sur cette base, seront plébiscités. Encore une fois, la liberté et le volontariat seront indispensables et centraux dans les négociations. Combien de dizaines de milliers de jeunes et moins jeunes rêvent de travailler le dimanche dans une entreprise qui leur plaît? Combien de dizaines de milliers de clients frustrés rêvent de faire leur shopping au calme le dimanche? Et combien d’employés qui travailleraient le dimanche aimeraient disposer ainsi de temps libre en semaine en compensation. Je ne parle même pas de la dynamisation sociale et économique, regardez comme la France est triste et morose le dimanche sans toutes ses activités vivantes liées à la dynamique économique et commerciale. Le mot d’ordre, c’est la liberté, laissons les entrepreneurs disposer de la possibilité d’ouvrir le dimanche s’ils le souhaitent et de recruter des employés volontaires pour ce poste. Les entreprises craignent pour la rentabilité de l’ouverture le dimanche, le gouvernement devra exonérer de charge les emplois créés en dehors des ouvertures conventionnelles, notamment les jours fériés et les dimanches. Le risque pour l’employeur étant alors limité, c’est lui qui prend l’initiative, elle est aidée par l’état, qui est soulagé de ne pas avoir à supporter la charge de chômeurs qui auront ainsi trouvé un emploi. L’état demandera une contrepartie, il imposera que les entreprises qui souhaitent ouvrir le dimanche devront embaucher au moins une nouvelle personne à plein temps en contrat à durée indéterminée ou en contrat nouvelle embauche, pour obtenir l’exonération des charges les dimanches et jours fériés.

Par exemple, une entreprise de 5 employés spécialisée dans la décoration, et qui ouvre traditionnellement du mardi au samedi de 9h à 18h pourrait embaucher une sixième personne volontaire pour travailler le dimanche, et même pourquoi pas le lundi. L’amplitude d’ouverture de cette entreprise serait alors sans interruption du lundi au dimanche, de 9h à 18h au moins. La nouvelle recrue sera exonérée de charges pour son travail le dimanche, et pourra en toute liberté choisir un jour de repos en semaine, pourquoi pas le samedi. Pour que cela fonctionne, il faut intégrer de la liberté et du volontariat, une fois de plus, dans la relation entrepreneur/employé/état. Les syndicats veilleront à la bonne coordination de l’ensemble dans le respect des choix et des libertés de chacun.

Ce dispositif d’ouverture le dimanche pourra s’appliquer au secteur privé, comme au secteur public bien entendu.

Exonération exceptionnelle de charges pour un emploi traditionnel créé dans les 6 mois.

Le chômage est un tel fléau qu’il nécessite que des mesures exceptionnelles et originales soient prises. Une mesure toute simple pourrait être impulsée par un gouvernement audacieux, telle une opération spéciale délimitée dans le temps. Elle consisterait à permettre aux entrepreneurs de TPE ou PME d’embaucher dans les 6 mois jusqu’à deux nouveaux salariés en contrat à durée indéterminée ou en contrat nouvelle embauche en étant totalement exonéré de charges à vie sur ces deux emplois créés. La mesure permettrait une diminution immédiate et conséquente du nombre de chômeurs, un allégement immédiat des charges qui incombent à l’état ou aux pouvoirs publics, une amélioration immédiate de la vivacité des entreprises qui vont accroître ainsi leur dynamique commerciale et productive. C’est un pari à prendre. C’est une mesure fantastique qui pourrait résoudre d’innombrables problèmes. Un nouveau souffle pour l’état, pour les chômeurs, pour le pouvoir d’achat, pour dynamiser tout un pays et souder socialement toute la population. Économiquement, tout le monde est gagnant, et surtout l’état, qui prend en charge indirectement aujourd’hui tous les chômeurs. Demain, la charge serait idéalement supportée par les entreprises, elles même gagnantes puisqu’elles renforcent leurs effectifs dans le but de mieux se développer, tout en étant exonérées des charges sociales et patronales sur au moins deux de leurs employés. Cette impulsion, qui n’est pas irréaliste, est très attendue par des dizaines de milliers d’entrepreneurs qui ne peuvent plus embaucher du fait du coût du travail.

Les syndicats auraient un rôle crucial social et médiateur dans une telle mesure, ils s’assureraient que les employés exonérés ne soient pas privilégiés par rapport aux employés déjà en place avant la mesure, notamment en veillant à ce que les niveaux de rémunération soient équilibrés et justes pour tout le personnel. L’état pourrait demander des contreparties, par exemple l’entreprise devra maintenir son effectif initial tant que des emplois exonérés y sont toujours présents, au risque de perdre les avantages acquis du point de vue des exonérations de charges.

J’imagine qu’une telle mesure pourrait déboucher sur la création de centaines de milliers d’emplois dans un délai de 6 mois.

Faciliter immédiatement l’embauche des seniors.

On le sait, les chômeurs jeunes ont des difficultés à trouver un emploi, mais on peut légitimement penser que les mesures citées plus haut vont résoudre une partie de ce problème, il reste néanmoins une tranche non négligeable de la population qui éprouve également des difficultés à trouver un travail, ce sont les seniors, même si paradoxalement ce sont les personnels les plus opérationnels. Là aussi, une impulsion courageuse de l’état pourrait immédiatement régler le problème. Les entreprises hésitent à embaucher des gens de plus de 50 ans, craignant qu’ils leur coûtent trop cher du fait de leur éventuel manque de rentabilité au travail ou de leur lenteur. La solution consisterait alors à exonérer les seniors d’une importante partie de leurs charges patronales et salariales. Les entreprises pourraient alors embaucher ces gens en toute sérénité, l’état pourrait demander des contreparties, notamment en s’assurant que les jeunes ne soient pas négligés dans les stratégies d’embauche, et les syndicats pourraient une fois de plus jouer un rôle de médiateur vigilant. Par ailleurs, une entreprise qui dispose de « cadres » seniors est bien plus sûre qu’une entreprise qui n’embauche que des jeunes sous-formés. Pour ma part, je trouve indispensable qu’une entreprise intègre du personnel multigénérationnel.

J’ai toujours segmenté la population en quatre groupes. Ceux qui peuvent et qui veulent, ceux qui peuvent mais qui ne veulent pas, ceux qui ne peuvent pas mais qui veulent, et finalement ceux qui ne peuvent pas et qui ne veulent pas non plus. Des intervenants sociaux peuvent facilement catégoriser un individu dans l’un ou l’autre de ces groupes. Si nous pratiquions ainsi, nous pourrions facilement savoir vers qui canaliser nos efforts, par exemple il faudrait donner toutes ses chances à ceux qui peuvent et qui veulent (les employés volontaires, les forces vives, les entrepreneurs, etc.), il faudrait recadrer ceux qui peuvent mais qui ne veulent pas (les fainéants et autres individus qui profitent du système), il faudrait véritablement aider ceux qui ne peuvent pas mais qui veulent (les gens biens qui veulent s’en sortir mais qui rament et qui nécessitent une assistance), et il faut médicaliser et encadrer ceux qui ne peuvent pas et qui ne veulent pas (les malades et autres individus qui devront rester à l’écart malgré eux et qui nécessitent une attention particulière du fait de leur incapacité à vivre une vie normale).

Libérons les énergies créatives, aux économistes d’intégrer ces nouveaux paramètres, et aux politiques d’exécuter nos choix.